Il existe 2 sens au terme "Shar'î" - Qu'est-ce qu'un "Hukm Shar'î" ? un "Dalîl Shar'î" ? une "Siyâssa Shari'yya" ? un "Libâs Shar'î" ?(p. 2/2)

"Shar'î" est le qualificatif lié au nom : "Shar'".

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Or, comme nous l'avons vu dans le précédent article, la "Shar' ullâh" est :
--- a) au sens strict : "l'ensemble des Textes du Coran et de la Sunna" ;
--- b) en un sens plus large : "ce qui est une interprétation possible (zannî) des textes du Coran et de la Sunna" (entre donc aussi dans la Shar' ullâh : "ce qui est fondé sur un ijtihad digne de ce nom et qui est possible en tant qu'avis" : "Mabnî 'ala-jtihâd sâ'ïgh et mumkin ul-issâba").

Et "Shar'î", qui est le qualificatif lié à ce nom : "Shar'", que signifie-t-il ?

En fait il possède un Premier Sens, et un Second Sens...

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1) Premier sens : "Shar'î" signifie : "qui est ce que l'on trouve TEL QUEL DANS la Shar' ullâh" :

Cela se vérifie pour les croyances pures ('aqâïd mahdha), ainsi que pour les normes (ahkâm ta'abbudiyya) :

Ainsi, un Hukm Shar'î est un Hukm  :
--- qui est dit de façon formelle du Coran et de la Sunna (a) ;
--- ou au moins qui est un ijtihâdî et mumkin ul-issâba (= qui n'est pas une khata' ijtihâdî qat'î) (b).

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Un Dalîl Shar'î est un argument :
--- qui se trouve dans le texte du Coran et de la Sunna de façon formelle et explicite (a) ;
--- ou bien au moins qui s'y trouve d'après l'une des interprétations possibles (b).

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2) Second sens : "Shar'î" signifie : "qui est CONFORME AUX ahkâm shar'iyya (donc à ce que la Shar' ullâh dit sur le sujet), même si on ne trouve pas cela TEL QUEL DANS la Shar' ullâh" :

Cela se vérifie pour les objets, ou encore pour les façons temporelles de faire (pour tous les cas où la règle n'est pas le tawqîf) :

Ainsi...

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Qu'est-ce qu'une Ruqya Shar'iyya ?

Le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) parla un jour de l'interdiction du recours aux ruqya. Il voulait parler des ruqya qui s'adressent à autre que Dieu. Mais les gens de la famille de 'Amr ibn Hazm se méprirent sur le sens de son propos ; ils vinrent le rencontrer et lui dirent : "Nous pratiquions une ruqya contre la piqûre de scorpion, mais tu as interdit la ruqya". Ils lui présentèrent alors leur ruqya. Le Prophète, ayant pris connaissance de son contenu, dit alors : "Je n'y vois pas de problème. Celui qui peut apporter un profit (naf') à son frère, qu'il le fasse" (Muslim, 2199). Une autre fois il dit : "Présentez-moi vos ruqya. Il n'y a pas de problème dans les ruqya tant qu'elle ne contiennent pas de (parole de) shirk" (Muslim, 2200).
On voit ici que toute ruqya n'ayant pas été enseignée par le Prophète mais comportant des invocations adressées exclusivement et explicitement à Dieu est autorisée, mashrû'. Elle est donc une Ruqya Shari'yya.

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Qu'est-ce qu'un Libâs Shar'î (tenue vestimentaire shar'î) ?

C'est la tenue vestimentaire qui est conforme à l'ensemble des normes que la Shar' a communiquées pour le musulman, même si elle n'est pas la tenue vestimentaire que le Prophète (sur lui soit la paix) avait.

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Qu'est-ce qu'une Siyâssa Shar'iyya (gestion shar'î de la cité) ?

C'est la façon de gérer la cité qui est conforme aux règles du Coran et de la Sunna, et non pas la façon de gérer la cité tel que le Prophète l'a fait, rien de plus et rien de moins.

Ibn ul-Qayyim écrit dans At-Turuq ul-hukmiyya :
"وقال ابن عقيل في الفنون ": جرى في جواز العمل في السلطنة بالسياسة الشرعية: أنه هو الحزم، ولا يخلو من القول به إمام.
فقال شافعي: لا سياسة إلا ما وافق الشرع. فقال ابن عقيل: السياسة ما كان فعلا يكون معه الناس أقرب إلى الصلاح، وأبعد عن الفساد، وإن لم يضعه الرسول صلى الله عليه وسلم، ولا نزل به وحي. فإن أردت بقولك: "إلا ما وافق الشرع" أي: لم يخالف ما نطق به الشرع، فصحيح. وإن أردت: لا سياسة إلا ما نطق به الشرع: فغلط، وتغليط للصحابة (...)، ولو لم يكن إلا تحريق عثمان المصاحف: فإنه كان رأيا اعتمدوا فيه على مصلحة الأمة"

"Ibn 'Aqîl a dit dans Al-Funûn : "Quant au fait qu'il soit permis d'agir selon la siyâssa shar'iyya à propos de la sultana, il est établi que c'est ce qui est déterminé. Aucun référent ("imâm") n'a manqué à dire cela. Un shafi'ite a dit : "Pas de siyâssa sauf par ce qui correspond à la shar'". Ibn 'Aqîl dit alors : "La siyâssa est un acte avec lequel les hommes sont le plus proche de la salâh et le plus éloigné de la fassâd, même si le Messager ne l'a pas institué et que la révélation ne l'a pas apportée.
Si
donc
par ton propos "sauf par ce qui correspond à la shar'" tu veux dire : "sauf par ce qui ne contredit pas le texte de la shar'", alors c'est correct.
Mais si
tu veux dire :
"Pas de siyâssa sauf par le texte de la shar'", alors c'est faux, et (cela revient à) traiter les Compagnons d'auteurs d'erreurs (…). S'il n'y avait que le fait que 'Uthmân a fait brûler les mus'haf ! il s'agissait d'un avis à propos duquel ils se sont appuyés sur la maslaha de la Oumma (…)."

Ibn ul-Qayyim écrit ensuite :
"وهذا موضع مزلة أقدام، ومضلة أفهام، وهو مقام ضنك، ومعترك صعب.
فرط فيه طائفة، فعطلوا الحدود، وضيعوا الحقوق، وجرءوا أهل الفجور على الفساد، وجعلوا الشريعة قاصرة لا تقوم بمصالح العباد، محتاجة إلى غيرها، وسدوا على نفوسهم طرقا صحيحة من طرق معرفة الحق والتنفيذ له، وعطلوها، مع علمهم وعلم غيرهم قطعا أنها حق مطابق للواقع، ظنا منهم منافاتها لقواعد الشرع. ولعمر الله إنها لم تناف ما جاء به الرسول - صلى الله عليه وسلم -، وإن نافت ما فهموه من شريعته باجتهادهم. والذي أوجب لهم ذلك: نوع تقصير في معرفة الشريعة، وتقصير في معرفة الواقع، وتنزيل أحدهما على الآخر.
فلما رأى ولاة الأمور ذلك، وأن الناس لا يستقيم لهم أمرهم إلا بأمر وراء ما فهمه هؤلاء من الشريعة، أحدثوا من أوضاع سياساتهم شرا طويلا، وفسادا عريضا. فتفاقم الأمر، وتعذر استدراكه، وعز على العالمين بحقائق الشرع تخليص النفوس من ذلك، واستنقاذها من تلك المهالك.
وأفرطت طائفة أخرى قابلت هذه الطائفة، فسوغت من ذلك ما ينافي حكم الله ورسوله، وكلتا الطائفتين أتيت من تقصيرها في معرفة ما بعث الله به رسوله، وأنزل به كتابه."

Il dit ici :
"Ceci est un lieu où des pieds ont glissé et où des compréhensions se sont fourvoyées ; et c'est un endroit serré et un champ de bataille difficile.
Un groupe a fait preuve de manquement : ils ont rendu la sharî'a insuffisante pour pourvoir aux maslaha des serviteurs, et (l'ont rendu telle qu'elle) a besoin de quelque chose d'autre (…).
Et un autre groupe a fait preuve de dépassement, à l'opposé de ce (premier) groupe : il a autorisé en la matière ce qui contredit le hukm de Dieu et de Son Messager (…)"
.

Ibn ul-Qayyim écrit à propos de la posture du premier groupe : "Lorsque les détenteurs de l'autorité ont vu cela et (ont vu) que l'affaire des gens ne sera droite que par quelque chose qui est au-delà de la sharî'ah, ils ont inventé un long mal et un large tort comme situation de leurs siyâssa".
Ibn ul-Qayyim veut dire ici que, voyant que, selon l'enseignement du premier groupe, la siyâssa ne peut se faire que par le moyen de ce qui est explicitement stipulé dans les textes du Coran et de la Sunna, les détenteurs de l'autorité sont tombés dans les travers du second groupe : ils ont fait de la siyâssa par des actions qui contredisent les règles présentes dans les textes du Coran et de la Sunna. Alors que la vérité se trouve entre les deux, c'est celle que Ibn 'Aqîl a évoquée : "Non à la siyâssa par une action qui contredit une règle des textes ; oui à la siyâssa par une action qui ne contredit aucune règle des textes, même si elle n'est pas mentionnée dans les textes et n'a pas été entreprise par le Prophète".

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Qu'est-ce qu'une Bayyina Shar'iyya (preuve juridique) ?

Ibn ul-Qayyim est d'avis que la "bayyina", la preuve (ce qui est requis dans le cas d'un litige ou d'un acte criminel pour montrer la vérité) ne se limite pas au témoignage du nombre de personnes requis : il peut s'agir de bien d'autres choses (At-Turuq ul-hukmiyya, pp. 16-17, p. 122, pp. 22-23 ; pp. 125-127 ; pp. 137 et suivantes).

A la question qui se pose donc de savoir si ce qui constitue une preuve formelle mais dont le Coran et la Sunna n'ont pas fait mention peut ou non être pris en compte par le juge musulman, Ibn ul-Qayyim apporte la réponse suivante : "Dieu – pureté à Lui – a envoyé Ses Messagers et fait descendre Ses Livres pour que les gens établissent l'équité ; et il s'agit de la justice grâce à laquelle la Terre et les cieux sont debout. Dès lors, lorsque les indices de la justice apparaissent et que le visage de celle-ci est découvert de n'importe quelle façon, là se trouve la Shar' de Dieu et Son Dîn. Dieu – pureté à Lui – est plus Savant, plus Sage et plus Juste que de restreindre à quelque chose les moyens de ce qui est juste ainsi que ses indices et ses signes, et de faire la négation de ce qui est plus évident, plus fort en indication et plus clair en signe, de ne pas le faire relever de ces [signes de ce qui est juste], et de ne pas juger selon ce que cela implique quand cela est présent. Dieu a, au contraire, montré par les moyens qu'Il a institués que l'objectif en est l'établissement de la justice parmi Ses serviteurs et le fait que les hommes établissent l'équité. Aussi, tout moyen (tarîq) par lequel on peut faire apparaître la justice et l'équité, cela relève du Dîn et ne le contredit pas. On ne doit donc pas dire "La Siyâssa qui est juste contredit ce que la Shar' a dit explicitement" ; elle est au contraire conforme à cette dernière ; elle est même une partie d'elle. Nous l'appelons "siyâssa" par suite de leur usage, mais il s'agit en fait de la justice de Dieu et de Son Messager" (At-Turuq ul-hukmiyya, pp. 21-23). Cet élément n'est donc pas ta'abbudî mahdh mais ta'abbudî ma'qûl ul-ma'nâ.

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Qu'est-ce qu'un Dalîl Shar'î (argument shar'î) ?

C'est une donnée qui sert d'argument à un hukm shar'î (= à un hukm déjà établi dans la Shar' ullâh).

Or "Dalîl shar'î" a un sens restreint et un sens élargi :
--- sens restreint : ce qui est un argument pour un hukm shar'î, et qui est présent dans les textes du Coran ou de la Sunna, ou au moins d'après une interprétation acceptable de ces textes (cela correspond à ce que nous avons vu plus haut comme Premier Sens du terme : "Shar'î") ;
--- sens élargi : ce qui est un argument pour un hukm shar'î, même si cet argument ne figure nullement dans un texte du Coran ni de la Sunna mais est extrait de l'Observation, de l'Expérience ou du Raisonnement.

Ibn Taymiyya écrit ainsi :
"ثم الشرعي قد يكون سمعياً وقد يكون عقلياً.
فإن كون الدليل شرعياً:
يراد به: كون الشرع أثبته ودل عليه؛
ويراد به: كون الشرع أباحه وأذن فيه.
فإذا أريد بالشرعي ما أثبته الشرع:
فإما أن يكون معلوماً بالعقل أيضاً، ولكن الشرع نبه عليه ودل عليه، فيكون شرعياً [أي سمعياً و] عقلياً [أي
معلومة بالعقل].
وهذا كالأدلة التي نبه الله تعالي عليها في كتابه العزيز، من الأمثال المضروبة وغيرها الدالة علي توحيده وصدق رسله وإثبات صفاته وعلي المعاد: فتلك كلها أدلة عقلية يعلم صحتها بالعقل، وهي براهين ومقاييس عقلية، وهي مع ذلك شرعية.
وإما أن يكون الدليل الشرعي لا يعلم إلا بمجرد خبر الصادق؛ فإنه إذا أخبر بما لا يعلم إلا بخبره كان ذلك شرعياً سمعياً
[غير عقلي أي غير معلوم بالعقل، وإن كان غير متعارض للعقل].
وكثير من أهل الكلام يظن أن الأدلة الشرعية منحصرة في خبر الصادق فقط، وأن الكتاب والسنة لا يدلان إلا من هذا الوجه، ولهذا يجعلون أصول الدين نوعين: العقليات، والسمعيات، ويجعلون القسم الأول مما لا يعلم بالكتاب والسنة. وهذا غلط منهم، بل القرآن دل علي الأدلة العقلية وبينها ونبه عليها، وإن كان من الأدلة العقلية ما يعلم بالعيان ولوازمه، كما قال تعالى {سنريهم آياتنا في الآفاق وفي أنفسهم حتى يتبين لهم أنه الحق أولم يكف بربك أنه على كل شيء شهيد}.
وأما إذا أريد بالشرعي ما أباحه الشرع وأذن فيه، فيدخل في ذلك:
ما أخبر به الصادق وما دل عليه ونبه عليه القرآن،
وما دلت عليه وشهدت به الموجودات"
(Dar' ta'ârudh il-'aql wa-n-naql, 1/198-199 : 1/213-214 dans l'édition que je possède).

Ainsi, exposer des arguments qui ne figurent ni dans le Coran ni dans la Sunna mais qui étayent ce que le Coran ou la Sunna dit, cela est aussi, au sens second du terme : un Dalîl Shar'î :

--- la découverte scientifique prouvant que c'est au bout de 42 jours que le programme de développement masculin du fœtus se met en route : cela est un Dalîl purement 'Aqlî (et donc Shar'î aussi, en ce sens élargi) pour ce que dit le hadîth suivant : Dans les différentes versions de ce Hadîth telles que les a rapportées Muslim, on lit que "un ange est en charge des matrices", et que "إذا مر بالنطفة ثنتان وأربعون ليلة، بعث الله إليها ملكا، فصورها وخلق سمعها وبصرها وجلدها ولحمها وعظامها، ثم قال: يا رب أذكر أم أنثى؟ فيقضي ربك ما شاء، ويكتب الملك" : "lorsque la goutte* est demeurée dans la matrice" "40 nuits" / "42 nuits" / "45 nuits" / "40 et quelques nuits", "l'ange demande à Dieu : "Seigneur ! Un garçon ou une fille ?" L'ange écrit alors cela (au sujet du fœtus, d'après la réponse qu'il reçoit). Et alors Dieu en fait un garçon ou une fille. (...)" : "فيقول: يا رب أذكر أو أنثى؟ فيجعله الله ذكرا أو أنثى. ثم يقول: يا رب أسوي أو غير سوي، فيجعله الله سويا أو غير سوي. ثم يقول: يا رب ما رزقه؟ ما أجله؟ ما خلقه؟ ثم يجعله الله شقيا أو سعيدا" (Muslim, numéros 2644 et 2645)" (Comment comprendre le hadîth qui dit que c'est la dominance du liquide masculin ou féminin qui détermine le sexe du fœtus ?) ;

--- les expériences de John Gray (Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus) montrant que l'homme et la femme, tous deux humains à part entière, ont leurs spécificités, qu'il serait nocif de vouloir contrecarrer : ces expériences constituent des Dalîl 'Aqlî (et donc Shar'î) pour la même information que le Coran et la Sunna ont dite.

--- etc.

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La même chose que nous venons de voir à propos des 2 sens du terme "Shar'î" se retrouve à propos du terme : "Sunna" : ce terme possède 2 sens principaux :

– Sens A) Le terme "Sunna" désigne : "la Sunna du Prophète (que Dieu le bénisse et le salue)" : "السُنَّة هي: ما قاله النبي صلى الله عليه وسلّم أو فَعَله أو قرّره، أو كيف كان" : "ce que le Prophète a fait, ce qu'il a dit, ce qu'il a approuvé" (à l'exclusion de ce qui figure dans le Coran) ;

Sens B) Le qualificatif "Sunna" désigne : "un statut particulier, qui s'applique à par exemple telle action, que cette action ait été faite par le Prophète, ou pas" : "السُنَّة هي: حُكْمٌ شرعيّ" : "ce qui est institué" ("ما هو مشروع") (par opposition à ce qui est une "innovation", "بدعة").

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Ainsi, que ce soit par le moyen de la monnaie que l'on s'acquitte de la zakât ul-fitr, est-ce "Sunna" ?

--- au sens A : Cela ne relève pas de "la Sunna du Prophète", car le Prophète (sur lui soit la paix) n'a pas enseigné ce moyen pour s'acquitter de la zakât ul-fitr ;
--- au sens B : Cela est "sunna", car cela est mashrû' d'après l'avis de ces grands mujtahids qui ont déclaré la monnaie comme étant "équivalente aux denrées alimentaires" : Est-ce contraire à la Sunna que de s'acquitter de la Zakât ul-fitr (ou Sadaqat ul-fitr) en donnant au pauvre non pas une mesure de l'une des denrées que le Prophète (صلى الله عليه وسلم) a mentionnées, mais la valeur de celle-ci en monnaie ?

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Ash-Shâtibî a exposé ainsi l'existence d'une pluralité de sens au terme "sunna" :

"المسألة الأولى:

يطلق لفظ "السنة" على ما جاء منقولا عن النبي صلى الله عليه وسلم على الخصوص، مما لم ينص عليه في الكتاب العزيز، بل إنما نص عليه من جهته عليه الصلاة والسلام، كان بيانا لما في الكتاب، أو لا.

ويطلق أيضا في مقابلة البدعة؛ فيقال: "فلان على سنة" إذا عمل على وفق ما عمل عليه النبي صلى الله عليه وسلم، كان ذلك مما نص عليه في الكتاب، أو لا؛ ويقال: "فلان على بدعة" إذا عمل على خلاف ذلك.
وكأن هذا الإطلاق إنما اعتبر فيه عمل صاحب الشريعة؛ فأطلق عليه لفظ السنة من تلك الجهة، وإن كان العمل بمقتضى الكتاب.

ويطلق أيضا لفظ السنة على ما عمل عليه الصحابة، وُجِدَ ذلك في الكتاب أو السنة، أو لم يوجد؛ لكونه: اتباعًا لسنة ثبتت عندهم لم تنقل إلينا، أو اجتهادًا مجتمعًا عليه منهم أو من خلفائهم. فإن إجماعهم إجماع، وعمل خلفائهم راجع أيضا إلى حقيقة الإجماع، من جهة حمل الناس عليه حسبما اقتضاه النظر المصلحي عندهم. فيدخل تحت هذا الإطلاق المصالح المرسلة والاستحسان، كما فعلوا في حد الخمر، وتضمين الصناع،وجمع المصحف، وحمل الناس على القراءة بحرف واحد من الحروف السبعة، وتدوين الدواوين، وما أشبه ذلك.
ويدل على هذا الإطلاق قوله عليه الصلاة والسلام: "عليكم بسنتي وسنة الخلفاء الراشدين المهديين".

وإذا جمع ما تقدم، تحصل منه في الإطلاق أربعة أوجه: قوله عليه الصلاة والسلام وفعله، وإقراره؛ وكل ذلك: إما متلقى بالوحي، أو بالاجتهاد (بناء على صحة الاجتهاد في حقه). وهذه ثلاثة.
والرابع ما جاء عن الصحابة أو الخلفاء؛ وهو وإن كان ينقسم إلى القول والفعل والإقرار، ولكن عُدَّ وجهًا واحدًا إذ لم يتفصل الأمر فيما جاء عن الصحابة تفصيلَ ما جاء عن النبي صلى الله عليه وسلم"

(Al-Muwâfaqât, 2/389-392).

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Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

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