Comment comprendre le hadîth qui dit que c'est la dominance du liquide masculin ou féminin qui détermine le sexe du fœtus ? - Et autres questions liées à l'embryologie telle qu'évoquée dans le Coran et la Sunna

Question :

J'ai découvert dans un livret 3 hadîths qui m'ont beaucoup perturbé :
L'un dit que si le sperme émis par le mari domine le liquide de la femme, le bébé ressemble à son père, par contre, si le liquide de la femme domine le sperme du mari, le bébé ressemble à sa mère. Vous vous doutez bien que ça ne correspond pas aux découvertes scientifiques actuelles.
L'autre va encore plus loin : il dit que si le sperme émis par le mari domine le liquide de la femme, le bébé sera un garçon, par contre, si le liquide de la femme domine le sperme du mari, le bébé sera une fille.
Le dernier dit que c'est au bout de 40 jours qu'il est décidé si le bébé sera un garçon ou une fille.
Déjà ce dernier contredit le précédent : là-bas c'est la dominance du liquide, au moment de la conception, qui détermine le sexe du bébé, alors qu'ici il est dit que cela n'est décidé qu'au bout de 40 jours.
Ensuite ce dernier contredit les découvertes scientifiques : c'est depuis la conception que le bébé est soit XX soit XY, tout le monde sait cela aujourd'hui, et pas au bout de 40 jours.

Eclairez-moi, s'il vous plaît, car je suis maintenant la proie au doute.

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Réponse :

Nous allons voir ces hadîths ensemble, avec la Permission de Dieu.

Mais avant tout, un résumé de la réponse à vos questions...

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I) Résumé de la réponse :

Le Hadîth auquel vous avez fait allusion en premier ("إذا علا ماؤها ماء الرجل، أشبه الولد أخواله؛ وإذا علا ماء الرجل ماءها، أشبه أعمامه") peut être interprété comme signifiant ceci :
si ce sont les gènes relatifs aux traits physiques externes et qui sont contenus dans une partie du liquide masculin (en l'occurrence dans le spermatozoïde qui fécondera l'ovule) qui sont dominants, alors l'enfant ressemble plus au père ;
et si ce sont les gènes relatifs à ces traits et qui sont contenus dans une partie du "liquide féminin" (en fait dans l'ovule) qui sont dominants, alors l'enfant ressemble plus à la mère (voir plus bas : les Hadîths numéros 2 et 3).

Le Hadîth auquel vous avez fait allusion en second ("فإذا اجتمعا، فعلا مني الرجل مني المرأة، أذكرا بإذن الله؛ وإذا علا مني المرأة مني الرجل، آنثا بإذن الله") est tel que, bien qu'ayant été rapporté par Muslim dans son Sahîh, la partie précise qui dit que la dominance de tel liquide sur tel autre entraîne que l'enfant est un garçon ou au contraire une fille, l'authenticité de cette partie précise a été qualifiée de "discutable" par Ibn Taymiyya (voir plus bas : le Hadîth n° 4).

Quant au Hadîth auquel vous avez fait allusion en dernier ("إذا مر بالنطفة ثنتان وأربعون ليلة، بعث الله إليها ملكا، فصورها وخلق سمعها وبصرها وجلدها ولحمها وعظامها، ثم قال: يا رب أذكر أم أنثى؟ فيقضي ربك ما شاء، ويكتب الملك"), son contenu est, contrairement à ce que vous pensez, entièrement conforme à de récentes découvertes scientifiques.
Certes, c'est depuis la conception que les dés sont jetés : si c'est un spermatozoïde Y qui féconde l'ovule (forcément X), ce sera un garçon (XY). Et si c'est un spermatozoïde X qui féconde l'ovule, ce sera une fille (XX).
Cependant, on a découvert que pendant les premières semaines, l'embryon (qu'il soit XX ou XY) se développe sur un même modèle, avec une ébauche d'organes communs (même les organes génitaux, alors à "l'état d'ébauche", sont communs). Plus encore : tout embryon se développe alors selon un programme féminisant. Mais si, chez l'embryon XX, les choses continuent sur la voie de ce développement féminisant, en revanche, chez l'embryon XY, entre la 6ème semaine (ce qui donne précisément 42 jours) et la 8ème semaine, un gène, SRY, entre en jeu qui donne le coup d'arrêt au développement féminin et donne le coup de départ du développement masculin.
Cela ne rejoint-il pas ce que le Hadîth dit ? (Voir plus bas : le Hadîth n° 6).

Voici maintenant le détail et les preuves (dalîl, pl. adilla) de ce que je viens de vous dire...

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II) Ci-après quelques versets en rapport avec le sujet :

"إِنَّا خَلَقْنَا الْإِنسَانَ مِن نُّطْفَةٍ أَمْشَاجٍ نَّبْتَلِيهِ فَجَعَلْنَاهُ سَمِيعًا بَصِيرًا" : "Nous avons créé l'homme d'une goutte, de mélanges..." (Coran 76/2).
Il s'agit des liquides de l'homme et de la femme, s'étant retrouvés mélangés dans le corps de la femme suite à une relation intime"قوله عز وجل: إنا خلقنا الإنسان يعني: ولد آدم من نطفة أمشاج قال ابن قتيبة: أي: أخلاط. يقال: مشجته، فهو مشيج، يريد: اختلاط ماء المرأة بماء الرجل" (Zâd ul-massîr).

"يَا أَيُّهَا النَّاسُ إِن كُنتُمْ فِي رَيْبٍ مِّنَ الْبَعْثِ فَإِنَّا خَلَقْنَاكُم مِّن تُرَابٍ ثُمَّ مِن نُّطْفَةٍ ثُمَّ مِنْ عَلَقَةٍ ثُمَّ مِن مُّضْغَةٍ مُّخَلَّقَةٍ وَغَيْرِ مُخَلَّقَةٍ لِّنُبَيِّنَ لَكُمْ وَنُقِرُّ فِي الْأَرْحَامِ مَا نَشَاء إِلَى أَجَلٍ مُّسَمًّى ثُمَّ نُخْرِجُكُمْ طِفْلًا" (Coran 22/5 ; Al-Hajj).
"وَلَقَدْ خَلَقْنَا الْإِنسَانَ مِن سُلَالَةٍ مِّن طِينٍ ثُمَّ جَعَلْنَاهُ نُطْفَةً فِي قَرَارٍ مَّكِينٍ ثُمَّ خَلَقْنَا النُّطْفَةَ عَلَقَةً فَخَلَقْنَا الْعَلَقَةَ مُضْغَةً فَخَلَقْنَا الْمُضْغَةَ عِظَامًا فَكَسَوْنَا الْعِظَامَ لَحْمًا ثُمَّ أَنشَأْنَاهُ خَلْقًا آخَرَ فَتَبَارَكَ اللَّهُ أَحْسَنُ الْخَالِقِينَ" (Coran 23/14 ; Al-Mu'minûn). L'un des commentaires de ce verset est que cette création consistant à lui conférer un autre type de forme (qui constitue la 6ème étape de la création du fœtus) se produit lorsque l'âme est insufflée dans ce fœtus : "قوله تعالى: {ثم أنشأناه خلقا آخر} هذه الحالة السابعة. قال علي رضي الله عنه: "لا تكون موؤودة حتى تمر على التارات السبع". وفي محل هذا الإنشاء قولان: أحدهما: أنه بطن الأم. ثم في صفة الإنشاء قولان: أحدهما: أنه نفخ الروح فيه، رواه عطاء عن ابن عباس، وبه قال أبو العالية، والشعبي، ومجاهد، وعكرمة، والضحاك في آخرين. والثاني: أنه جعله ذكرا أو أنثى، قاله الحسن. والقول الثاني: أنه بعد خروجه من بطن أمه. ثم في صفة هذا الإنشاء أربعة أقوال: أحدها: أن ابتداء ذلك الإنشاء أنه استهل، ثم" (Zâd ul-massîr).

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III) Ci-après 8 hadîths en rapport avec le sujet :

1) Le Hadîth (relaté par Abû Sa'îd) concernant la question de la licéité de la méthode contraceptive du 'azl :

Alors que quelqu'un avait questionné le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) au sujet du 'Azl [est-ce licite d'y avoir recours, ou pas], il répondit : "Ce n'est pas de tout le liquide que l'enfant vient à l'existence. (...)" : "عن أبي سعيد الخدري، سمعه يقول: سئل رسول الله صلى الله عليه وسلم، عن العزل، فقال: "ما من كل الماء يكون الولد، وإذا أراد الله خلق شيء، لم يمنعه شيء" (Muslim, 1438).

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2) Le Hadîth concernant la question de Ummu Sulaym et celle de Ummu Salama :

Ummu Sulaym vint trouver le Prophète, que Dieu le bénisse et le salue, et lui dit : "Messager de Dieu, Dieu n'a pas honte par rapport à ce qui est vrai ! La femme doit-elle faire les grandes ablutions si elle voit un rêve érotique ?"
Aïcha* dit alors : "Ummu Sulaym, tu as déshonoré les femmes ! Que tes mains soient dans la terre** !"
Le Prophète dit à Aïcha : "Laisse-la. Plutôt, toi, que tes mains soient dans la terre !", puis dit à Ummu Sulaym : "Si (à son réveil) cette femme trouve du liquide, alors : oui."
Ummu Salama dit alors : "وهل يكون هذا؟" (Muslim n° 311) / "يا رسول الله، وتحتلم المرأة؟" (Muslim n° 313) : "Messager de Dieu, cela se produirait-il ? La femme aussi émettrait-elle du liquide ?"
Le Prophète lui répondit : "نعم، فمن أين يكون الشبه؟ إن ماء الرجل غليظ أبيض، وماء المرأة رقيق أصفر؛ فمن أيهما علا أو سبق، يكون منه الشبه" (Muslim n° 311) / "وهل يكون الشبه إلا من قبل ذلك؟ إذا علا ماؤها ماء الرجل، أشبه الولد أخواله؛ وإذا علا ماء الرجل ماءها، أشبه أعمامه" (Muslim n° 314) :
"Oui. Sinon d'où proviendrait la ressemblance (de l'enfant avec sa mère) ?
Le liquide masculin est épais et blanchâtre, et celui de la femme est fluet et jaunâtre.
Si le liquide de la femme domine celui de l'homme, l'enfant ressemble à ses oncles maternels. Et si le liquide de l'homme domine son liquide, l'enfant ressemble à ses oncles paternels"
(Muslim, numéros 310 à 314. Ce hadîth a également été rapporté par al-Bukhârî, n° 130 etc. ; at-Tirmidhî, Abû Dâoûd, etc.).
(* D'après certains autres narrateurs, ce serait Ummu Salama qui a dit cela à Ummu Sulaym : voir la version rapportée par at-Tirmidhî : c'est à la fin que Ummu Salama fait ce reproche à Ummu Sulaym. Mais en fait il semble que Aïcha et Ummu Salama aient toutes deux fait ce reproche à Ummu Sulaym, lors de cette même assise, cependant à deux intervalles différents.)
(** Ce genre de phrases, les Arabes les utilisaient pour faire un léger reproche, et ne leur donnaient pas leur sens premier.)

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3) Le Hadîth (relaté par Anas) concernant les questions de Abdullâh ibn Salâm :

Lorsque le prophète Muhammad (que Dieu le bénisse et le salue) vint s'installer dans l'oasis de Yathrib (la ville qui s'appellera dès lors "Médine"), Abdullâh ibn Salâm, alors érudit de confession juive, vint le rencontrer et lui poser quelques questions.
Parmi celles-ci figure : "Qu'est-ce qui fait ressembler l'enfant à son père ou à sa mère ?" : "ومن أي شيء ينزع الولد إلى أبيه، ومن أي شيء ينزع إلى أخواله؟" (al-Bukhârî, n° 3151) / "وما ينزع الولد إلى أبيه أو إلى أمه؟" (al-Bukhârî, n° 4210).
Le Prophète lui répondit : "Quant à la ressemblance de l'enfant, eh bien lorsque l'homme a une relation intime avec la femme et que le liquide de l'homme domine celui de la femme, la ressemblance va à l'homme ; et si le liquide de la femme domine celui de l'homme, la ressemblance va à la femme" : "وأما الشبه في الولد، فإن الرجل إذا غشي المرأة فسبقها ماؤه كان الشبه له، وإذا سبق ماؤها كان الشبه لها" (n° 3151) / "وأما الولد، فإذا سبق ماء الرجل ماء المرأة نزع الولد، وإذا سبق ماء المرأة ماء الرجل نزعت الولد" (n° 3723).
A la fin Abdullâh ibn Salâm lui dit : "Je témoigne que tu es envoyé par Dieu" (al-Bukhârî).

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4) Le Hadîth (relaté par Thawbân) concernant les questions d'un érudit juif de Médine :

Un érudit juif de Médine vit trouver le Prophète et lui posa quelques questions, avec l'intention de vérifier s'il était réellement un prophète.
La dernière question fut : "جئت أسألك عن الولد؟" : "Je suis venu te questionner (également) au sujet de l'enfant."
Le Prophète lui dit : "ماء الرجل أبيض، وماء المرأة أصفر، فإذا اجتمعا، فعلا مني الرجل مني المرأة، أذكرا بإذن الله، وإذا علا مني المرأة مني الرجل، آنثا بإذن الله" : "Le liquide de l'homme est blanchâtre, et celui de la femme est jaunâtre. Si tous deux se mélangent et que le liquide de l'homme domine le liquide de la femme, ils donnent naissance à un garçon, par la permission [takwînî] de Dieu. Et si le liquide de la femme domine le liquide de l'homme, ils donnent naissance à une fille, par la permission [takwînî] de Dieu."
Le juif lui dit alors : "Tu as dit vrai, et tu es un prophète."
Puis il s'en alla (…) (Muslim, n° 315).

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5) Le Hadîth concernant le propos du bédouin qui étaient, lui et son épouse, de teint clair, et dont l'épouse avait mis au monde un enfant de teint noir :

"عن أبي هريرة: أن أعرابيا أتى رسول الله صلى الله عليه وسلم، فقال: "إن امرأتي ولدت غلاما أسود، وإني أنكرته." فقال له رسول الله صلى الله عليه وسلم: "هل لك من إبل؟" قال: نعم. قال: "فما ألوانها؟" قال: حمر. قال: "هل فيها من أورق؟" قال: إن فيها لورقا. قال: "فأنى ترى ذلك جاءها؟" قال: يا رسول الله، عرق نزعها! قال: "ولعل هذا عرق نزعه!" ولم يرخص له في الانتفاء منه"
Un bédouin vint trouver le Prophète (sur lui soit la paix) pour lui dire : "Ma femme a mis au monde un enfant de couleur noire. Je ne le reconnais pas." Le Prophète lui dit : "As-tu des chameaux ? - Oui. - De quelle couleur sont-ils ? - Roux. - S'y trouve-t-il un chameau argenté ? - Il s'y trouvent plusieurs chameaux argentés ! - D'où penses-tu que cela provient-il ? - Messager de Dieu, une souche ancestrale les a tirés ! - Eh bien, peut-être que ton enfant aussi, une souche ancestrale l'a tiré !" Le Prophète ne lui accorda pas la possibilité de renier la paternité de son enfant (al-Bukhârî, 6884, Muslim, 1500).

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6) Le Hadîth relaté par Abû Hurayra :

"عن أبي هريرة، أن رسول الله صلى الله عليه وسلم، قال: "كل ابن آدم يأكله التراب؛ إلا عجب الذنب؛ منه خلق، وفيه يركب" : "La totalité du (corps) du fils de Adam, la terre la mange ; sauf le coccyx : à partir de cela il a été créé, et à partir de lui il sera recomposé" (Muslim, 2955, Abûd Dâoûd, an-Nassâ'ï, Ibn Mâja, Ahmad).

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7) Le Hadîth relaté par Hudhayfa ibn Assîd :

Dans les différentes versions de ce Hadîth telles que les a rapportées Muslim, on lit que "un ange est en charge des matrices", .

Voici une de ses versions : "إذا مر بالنطفة ثنتان وأربعون ليلة، بعث الله إليها ملكا، فصورها وخلق سمعها وبصرها وجلدها ولحمها وعظامها؛ ثم قال: يا رب أذكر أم أنثى؟ فيقضي ربك ما شاء، ويكتب الملك؛ ثم يقول: يا رب أجله، فيقول ربك ما شاء، ويكتب الملك؛ ثم يقول: يا رب رزقه، فيقضي ربك ما شاء، ويكتب الملك. ثم يخرج الملك بالصحيفة في يده، فلا يزيد على ما أمر ولا ينقص" : "Lorsque passent sur la goutte* 42 nuits, Dieu dépêche l'ange, lequel lui donne forme, façonne son ouïe, sa vue, sa peau, sa chair et ses os. Puis l'ange demande à Dieu : "Seigneur ! Un garçon ou une fille ?" L'ange écrit alors cela (au sujet du fœtus, d'après la réponse qu'il reçoit). Et alors Dieu en fait un garçon ou une fille. (...)"  (Muslim, 2645).
(* C'est ce qu'on appelle aujourd'hui : l'œuf.).

Dans une autre version de ce hadîth relaté par Hudhayfa, on lit : "40 nuits", également : "45 nuits" : "عن حذيفة بن أسيد، يبلغ به النبي صلى الله عليه وسلم، قال: "يدخل الملك على النطفة بعد ما تستقر في الرحم بأربعين، أو: خمسة وأربعين ليلة، فيقول: يا رب أشقي أو سعيد؟ فيكتبان؛ فيقول: أي رب أذكر أو أنثى؟ فيكتبان؛ ويكتب عمله وأثره وأجله ورزقه؛ ثم تطوى الصحف، فلا يزاد فيها ولا ينقص" (Muslim, 2644).
Dans une autre version encore, on lit : "40 et quelques nuits" (Muslim, 2645/4).

Ibn Rajab constate au sujet de ce hadîth : ظاهر هذا الحديث يدل على أن تصوير الجنين وخلق سمعه وبصره وجلده ولحمه وعظامه يكون في أول الأربعين الثانية؛ فيلزم من ذلك أن يكون في الأربعين الثانية لحما وعظاما" (Jâmi' ul-'ulûm wa-l-hikam, commentaire du hadîth n° 4).

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8) Le Hadîth relaté par Abdullâh ibn Mas'ûd :

"عن عبد الله، حدثنا رسول الله صلى الله عليه وسلم وهو الصادق المصدوق: "إن أحدكم يجمع في بطن أمه أربعين يوما، ثم يكون علقة مثل ذلك، ثم يكون مضغة مثل ذلك، ثم يبعث الله إليه ملكا بأربع كلمات، فيكتب عمله، وأجله، ورزقه، وشقي أو سعيد، ثم ينفخ فيه الروح، فإن الرجل ليعمل بعمل أهل النار، حتى ما يكون بينه وبينها إلا ذراع، فيسبق عليه الكتاب فيعمل بعمل أهل الجنة فيدخل الجنة، وإن الرجل ليعمل بعمل أهل الجنة، حتى ما يكون بينه وبينها إلا ذراع، فيسبق عليه الكتاب، فيعمل بعمل أهل النار، فيدخل النار" (al-Bukhârî, 3154).
Il ressort de la version de ce hadîth qui a été rapportée par al-Bukhârî que durant 40 jours cela reste une goutte [= un œuf], puis, pendant les 40 jours suivants, cela a l'apparence d'un caillot de sang, puis, pendant les 40 jours suivants, cela a la forme d'un morceau de chair mâchée. Puis un ange est chargé d'écrire à son sujet quatre choses :
- quelles seront les actions de cet être humain (sur Terre) ;
- quelle sera la durée de sa vie terrestre ;
- quelle sera la subsistance qu'il aura (tout au long de sa vie terrestre) ;
- sera-t-il parmi les bienheureux (les habitants du Paradis) ou bien les malheureux (les habitants de la Géhenne).
Puis l'âme est insufflée en lui
(...) (al-Bukhârî, 3154).

Il faut savoir que la version de ce même hadîth tel que rapporté par Muslim est légèrement différente : "حدثنا أبو بكر بن أبي شيبة، حدثنا أبو معاوية ووكيع (ح) وحدثنا محمد بن عبد الله بن نمير الهمداني - واللفظ له - حدثنا أبي وأبو معاوية ووكيع، قالوا: حدثنا الأعمش، عن زيد بن وهب، عن عبد الله، قال: حدثنا رسول الله صلى الله عليه وسلم وهو الصادق المصدوق: "إن أحدكم يجمع خلقه في بطن أمه أربعين يوما، ثم يكون في ذلك علقة مثل ذلك، ثم يكون في ذلك مضغة مثل ذلك، ثم يرسل الملك فينفخ فيه الروح، ويؤمر بأربع كلمات: بكتب رزقه، وأجله، وعمله، وشقي أو سعيد، فوالذي لا إله غيره إن أحدكم ليعمل بعمل أهل الجنة حتى ما يكون بينه وبينها إلا ذراع، فيسبق عليه الكتاب، فيعمل بعمل أهل النار، فيدخلها، وإن أحدكم ليعمل بعمل أهل النار، حتى ما يكون بينه وبينها إلا ذراع، فيسبق عليه الكتاب، فيعمل بعمل أهل الجنة، فيدخلها" (Muslim, 2643) : cette version du hadîth dit que durant 40 jours cela reste une goutte [= un œuf], puis, pendant ces mêmes 40 jours, cela a l'apparence d'un caillot de sang, puis, pendant ces mêmes 40 jours, cela a la forme d'un morceau de chair mâchée. Ensuite un ange est chargé d'écrire à son sujet quatre choses (etc.).

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IV) Tentative d'explication de ces hadîths en fonction d'une part de ce qu'en ont dit les anciens ulémas, et d'autre part de ce qu'en ont dit certains spécialistes contemporains :

Concernant le Hadîth 1 :

Il évoque que ce n'est pas tout le liquide masculin qui entre en jeu dans la formation d'un fœtus ; ce n'est qu'une (infiniment petite) partie du liquide émis.

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Concernant les Hadîths 2 et 3 (qui parlent du fait que c'est la prédominance de tel liquide sur l'autre qui entraîne la ressemblance de l'enfant avec son père ou avec sa mère) :

Primo : On relève que certains de ces hadîths font mention du "liquide de la femme" , "ماء المرأة" : il semble s'agir d'un terme général, qui englobe tout à la fois :
le liquide émis lors de l'orgasme (lequel liquide est distinct de celui émis lors de l'excitation). C'est à ce liquide que le Prophète aura fait allusion quand il a répondu à Ummu Sulaym à propos du rêve érotique : "Si (à son réveil) cette femme trouve du liquide, alors : oui". L'étonnement de Ummu Salama : "Messager de Dieu, cela se produirait-il ? La femme aussi émettrait-elle du liquide ?" n'est pas étrange, vu que de nombreuses femmes ne connaissent pas cela (voir l'article de Wikipedia vers lequel nous avons renvoyé ; voir également Fat'h ul-bârî, 1/302-303) ;
le "liquide" de l'ovule : c'est ainsi que se comprend la suite du Hadîth 1, où il est dit que la ressemblance de l'enfant avec sa mère provient de quelque chose de ce liquide. Car on sait aujourd'hui que cela ne dépend pas du liquide émis lors de la jouissance, mais de l'ovule lui-même. Pour rappel : l'ovule est émis par un follicule de Graaf, lequel se transforme ensuite en "corps jaune". Est-ce à cela que le Prophète a fait allusion en disant que "le liquide féminin est fluet et jaunâtre" ? Je ne sais pas (لا أدري).

En tous cas cet emploi d'un terme auquel a été conféré un sens assez général et englobant donc des réalités différentes mais voisines, cela s'est vu avec le terme "qiyâma" : celui-ci a été employé dans le Coran et dans les Hadîths pour désigner des moments différents :
stricto sensu il désigne : la résurrection des humains et des djinns, et ses différentes étapes ("qiyâma" provient de "qiyâm", qui veut dire : "se lever") ;
– pourtant il a également été employé maintes fois dans les textes pour désigner : la fin du monde (voir Fat'h ul-bârî).

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Secundo : "سَبَقَ", présent dans les Hadîths 2 et 3, nous ne l'appréhenderons pas au sens de "être le premier" mais de "dominer", qui est celui du terme "غَلَبَ", et ce d'après la possibilité exposée par al-Qurtubî à ce propos (relaté de lui par as-Suyûtî dans Shar'h Sunan in-Nassâ'ï, 1/116).

Ce sens correspond à celui du terme qui figure dans une version du Hadîth 2 : "عَلَا", "dominer". Une autre version de ce Hadîth 2 montre d'ailleurs les deux termes être mentionnés, sans que le transmetteur se souvienne exactement de celui qu'il a entendu de son professeur : "فمن أيهما علا أو سبق، يكون منه الشبه" (Muslim, n° 311).

Le terme "سَبَقَ" signifiant la même chose que le terme "غَلَبَ", c'est-à-dire : "dominer", cela s'est par ailleurs vu dans un autre hadîth, relatif à tout autre chose : "Lorsque Dieu eut créé la création, Il écrivit un écrit à Son Sujet : "إِنَّ رَحْمَتِى غَلَبَتْ غَضَبِى" (ou : "إِنَّ رَحْمَتِى تَغْلِبُ غَضَبِى" ou encore : "إِنَّ رَحْمَتِى سَبَقَتْ غَضَبِى") : "Ma Miséricorde domine / dépasse Mon Courroux". Cela est écrit auprès de Lui, au-dessus du Trône" (al-Bukhârî, 3022, 6969, 6986, 7015, 7114 ; Muslim, 2751, etc.). Lire notre article commentant cet autre hadîth.

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Tertio : "علا", nous ne l'appréhenderons pas au sens de "dominer quantitativement" mais de "dominer qualitativement". Cela d'autant plus qu'un autre hadîth montre bien que le bébé n'est pas conçu par la totalité du liquide masculin : "ما من كل الماء يكون الولد" : "Ce n'est pas de tout le liquide (masculin) que le bébé est conçu" (Muslim, 1438).

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Suite à quoi nous interpréterons ces Hadîths 2 et 3 en disant qu'ils désignent peut-être le fait que :

si ce sont les gènes relatifs aux traits physiques externes qui sont contenus dans une partie du liquide masculin (en l'occurrence dans le spermatozoïde qui fécondera l'ovule) qui sont dominants, alors l'enfant ressemble plus au père ;
et si ce sont les gènes relatifs à ces traits qui sont contenus dans une partie du "liquide féminin" (en fait dans l'ovule) qui sont dominants, alors l'enfant ressemble plus à la mère (voir plus bas, en V, un bref récapitulatif des connaissances scientifiques actuelles sur le sujet).

Dieu sait mieux.

Il peut également y avoir d'autres explications à ces Hadîths 2 et 3, dont les humains n'ont pas encore connaissance aujourd'hui.

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Concernant le Hadîth 5 (avec le bédouin de teint clair marié à une dame au teint clair, et n'acceptant pas que son enfant soit né noir) :

Le terme ayant été employé par le bédouin et ayant été repris par le Prophète est "عِرْق", que nous avons traduit par "souche ancestrale". Il désigne aussi : "le filon dans une mine" ; "la nervure dans la pierre" ; "la veine conduisant le sang".

Ibn Hajar
écrit : "والمراد بالعرق: الأصل من النسب، شبَّهه بعرق الشجرة. ومنه قولهم: "فلان عريق في الأصالة" أي أن أصله متناسب؛ وكذا: "معرق في الكرم أو اللؤم". وأصل النزع" الجذب، وقد يطلق على الميل؛ ومنه ما وقع في قصة عبد الله بن سلام حين سئل عن شبه الولد بأبيه أو بأمه نزع إلى أبيه أو إلى أمه" (Fat'h ul-bârî, tome 9).
An-Nawawî écrit quant à lui : "والمراد بالعرق هنا: الأصل من النسب، تشبيها بعرق الثمرة. ومنه قولهم: "فلان معرق في النسب والحسب وفي اللؤم والكرم". ومعنى "نزعه": أشبهه واجتذبه إليه وأظهر لونه عليه. وأصل النزع: الجذب؛ فكأنه جذبه إليه لشبهه؛ يقال منه نزع الولد لأبيه وإلى أبيه ونزعه أبوه ونزعه إليه. وفي هذا الحديث أن الولد يلحق الزوج وإن خالف لونه لونه حتى لو كان الأب أبيض والولد أسود أو عكسه لحقه، ولا يحل له نفيه بمجرد المخالفة في اللون، وكذا لو كان الزوجان أبيضين فجاء الولد أسود أو عكسه، لاحتمال أنه نزعه عرق من أسلافه" (Shar'h Muslim).

Cela désigne donc une souche ancestrale.

Le Prophète voulait lui dire que ce mari ou son épouse avaient peut-être un ancêtre de couleur noire, et c'est pour cela que, bien que tous deux de teint blanc, leur enfant était né noir : une "souche ancestrale" l'avait peut-être "tiré" à elle. Cette éventualité ne lui permettait pas de renier la filiation de cet enfant pour simple différence de couleur avec ses parents.

Cela correspond tout à fait à ce que l'on sait aujourd'hui sur le plan scientifique : l'un des deux parents peut être porteur, dans son génotype, d'un gène qui ne s'exprime pas dans son phénotype, mais qu'il transmet à son enfant, chez qui celui-ci va s'exprimer.

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Concernant le Hadîth 4 (qui dit, en réponse à la question du juif, que la prédominance de tel liquide sur l'autre détermine le sexe de l'enfant) :

Le texte du Hadîth n° 4 se lit, rappelons-le, ainsi : "Si tous deux [= le liquide de l'homme et celui de la femme] se mélangent et que le liquide de l'homme domine celui de la femme, ils donnent naissance à un garçon, par la permission [takwînî] de Dieu. Et si le liquide de la femme domine celui de l'homme, ils donnent naissance à une fille, par la permission [takwînî] de Dieu."
Ce Hadîth 4 comporte peut-être une erreur de la part d'un transmetteur sur ce point précis. Et cela car, justement, il contredit sur ce point les Hadîths 2 et 3. En effet, ces derniers disent que la prédominance de tel liquide sur tel autre influe sur la ressemblance du bébé avec tel ou tel parent. Alors que le Hadîth n° 4 dit que la prédominance du liquide de l'homme sur celui de la femme ou vice-versa détermine le sexe du bébé. En d'autres termes : ce n'est peut-être pas ce qui figure dans ce Hadîth n° 4, comme effet de la dominance de tel liquide sur tel autre, que le Prophète a dit, mais un transmetteur ultérieur s'est trompé.

Ibn Taymiyya a dit ainsi, au sujet de ce Hadîth, ce que son élève Ibn ul-Qayyim relate de la sorte : "وسمعت شيخنا رحمه الله يقول: في صحة هذا اللفظ نظر" : "L'authenticité de ce passage est discutable" (At-Turuq al-hukmiyya, p. 260).
Ibn ul-Qayyim commente cela ainsi : "قلت: لأن المعروف المحفوظ في ذلك إنما هو تأثير سبق الماء في الشبه؛ وهو الذي ذكره البخاري من حديث أنس، أن عبد الله بن سلام بلغه مقدم النبي صلى الله عليه وسلم المدينة، فأتاه، فسأله عن أشياء، قال النبي صلى الله عليه وسلم : "وأما الولد فإذا سبق ماء الرجل ماء المرأة نزع الولد، وإذا سبق ماء المرأة ماء الرجل نزعت الولد". فهذا السؤال الذي سأل عنه عبد الله بن سلام والجواب الذي أجابه به النبي صلى الله عليه وسلم: هو نظير السؤال الذي سأل عنه الحبر؛ والجواب واحد، ولا سيما إن كانت القصة واحدة والحبر هو عبد الله بن سلام، فإنه سأله وهو على دين اليهود، فأنسي اسمه، وثوبان قال: "جاء حبر من اليهود". وإن كانتا قصتين والسؤال واحد فلا بد أن يكون الجواب كذلك"" (Ibid., p. 260). Ici a été mis en exergue le fait que, à la même question ("Qu'est-ce qui fait que l'enfant ressemble à son père ou bien à sa mère ?"), la réponse du Prophète ne peut pas avoir été ici totalement différente de ce qu'il a dit et qui est établi par ailleurs dans les Hadîths 2 et surtout 3. Et cela encore plus si l'érudit juif ici évoqué sans avoir été nommé est Abdullâh ibn Salâm comme cela a été spécifié dans le Hadîth 3, rapporté par al-Bukhârî.

Ibn Taymiyya a écrit par ailleurs à propos des hadîths rapportés par Muslim dans son Sahîh qu'ils sont pour leur quasi-totalité authentiques, mais que quelques rares hadîths (أحاديث) parmi eux ont été discutés, quant à leur authenticité, par de grands spécialistes de niveau comparable à celui de Muslim. De même que, au sein des hadîths unanimement reconnus authentiques, l'authenticité de certains termes précis (ألفاظ), tels que figurant dans le Sahîh de Muslim, a été discutée par de tels spécialistes. Et Ibn Taymiyya a cité quelques exemples.
Ibn Taymiyya précise que al-Bukhârî était encore plus érudit que Muslim, et encore plus connaisseur que lui des 'ilal de l'ensemble de ce qui est rapporté comme hadîth attribué au Prophète (sur lui soit la paix).
Cf.
Majmu' ul-fatâwâ : tome 1 p. 256 ; tome 17 p. 235 ; tome 18 p. 17 ; tome 20 p. 321.

Nous en avons un exemple ici avec, au sein de ce Hadîth n° 4, ce passages précis concernant l'effet de la dominance de ce que l'homme apporte sur ce que la femme apporte, et vice-versa.

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Concernant le Hadîth 7 (qui dit que le développement de l'embryon humain se fait à partir du coccyx) :

Cela est en tous points conforme à des découvertes scientifiques récentes... C'est ce qu'on appelle la ligne primitive (linea primitiva ; Primitive Streak).
Ce mode de développement est commun aux embryons des humains, des mammifères, des reptiles et des oiseaux.

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Concernant le Hadîth 7 (qui dit que c'est au bout d'un moment situé entre le 40ème et le 49ème jours que le sexe de l'enfant est déterminé) :

Cela est en tous points conforme à des découvertes scientifiques récentes...

Oui, c'est vrai, c'est depuis la fécondation de l'ovule par un spermatozoïde que le sexe de l'enfant est déterminé. Certains spermatozoïdes sont porteurs du chromosome X, d'autres du chromosome Y. Par contre, l'ovule est pour sa part toujours porteur du chromosome X. Dès lors, si c'est un spermatozoïde X qui féconde l'ovule (toujours X), le bébé sera une fille. Par contre, si c'est un spermatozoïde Y qui féconde l'ovule, le bébé sera un garçon.

Cependant, on a découvert assez récemment que, entre la 6ème semaine (soit les 42 jours mentionnés dans le Hadîth) et la 8ème semaine, quelque chose de particulier se passe quant au développement du programme masculin ou féminin du fœtus.

L'œuf, une fois fécondé, descend et se nidifie dans l'utérus. Il devient alors embryon, qui se développe au fur et à mesure de la gestation (9 mois).

Ce sont tous ses organes qui apparaissent peu à peu. Et, dès la 2ème ou la 3ème semaines, les organes génitaux aussi font leur apparition. "Mais à ce stade, contre toute attente, tous les embryons semblent être faits sur le même modèle."

"Que les chromosomes soient XX ou XY, en effet", les embryons présentent alors, "une fente évoquant sans ambiguïté un sexe féminin surmonté d'un petit bourgeon charnu, le tubercule". Ceci pour les organes externes.
Idem pour les organes génitaux internes : "les gonades, ébauche des glandes sexuelles destinées à devenir testicules ou ovaires, n'ont pas encore opté pour la différence." Et "entre chaque gonade (...) et les organes génitaux (...), deux canaux parallèles sont déjà formés. Un seul d'entre eux sera utilisé pour chaque sexe."
En fait, à ce moment là, les embryons XX comme XY sont faits sur le même modèle : un modèle commun, encore indifférencié, avec une ébauche commune de ce qui pourrait devenir aussi bien l'organe génital masculin que l'organe génital féminin : chacun possède donc en quelque sorte les organes génitaux "en double".

Plus encore : pendant les premières semaines, l'embryon, qu'il soit XX ou XY, se développe selon un programme féminisant. Mais si, chez l'embryon XX, les choses continuent sur la même voie (la voie du développement féminin), en revanche, chez l'embryon XY, entre la 6ème et la 8ème semaines, un gène, SRY, entre en jeu qui donne le coup d'arrêt au développement féminisant et donne le coup de départ du développement masculin. C'est grâce à ceci que, au fur et à mesure, l'ébauche commune d'organes génitaux va se transformer en organes masculins : les gonades deviennent testicules, la fente du départ se referme, le canal de Müller disparaît, le canal de Wolff devient conduit et prostate...
Alors que chez l'embryon XX, les gonades deviennent ovaires, la fente devient vagin, le tubercule devient clitoris, le canal de Wolff s'efface...

D'après certains chercheurs, le gène SRY aurait peut-être un "frère ennemi", un gène qu'ils ont nommé Z, et qui jouerait le rôle d'interrupteur. Présent chez le XX comme chez le XY, il donnerait un "coup de pouce" au programme de féminisation de XX, mais serait par contre annihilé par le gène SRY chez les XY.

(Ces élément sont tous extraits de Science et vie junior, dossier hors série : L'hérédité et le pouvoir des gènes, pp. 46-55.)

En tous cas, chez l'embryon XY, c'est entre la 6ème et la 8ème semaines que, chez l'embryon XY, le gène SRY "sort de l'ombre" pour arrêter le programme commun et passer au programme spécifique de masculinisation.

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Concernant le Hadîth 8 :

– Le Hadîth 7 dit que c'est peu après la fin des 40 premiers jours que le fœtus est formé : ظاهر هذا الحديث يدل على أن تصوير الجنين وخلق سمعه وبصره وجلده ولحمه وعظامه يكون في أول الأربعين الثانية؛ فيلزم من ذلك أن يكون في الأربعين الثانية لحما وعظاما" (Jâmi' ul-'ulûm wa-l-hikam, commentaire du hadîth n° 4).

Or le Hadîth 8 semble contredire cela, lui qui dit que durant 40 jours cela reste une goutte [= un œuf], puis, pendant les 40 jours suivants, cela a l'apparence d'un caillot de sang, puis, pendant les 40 jours suivants, cela a la forme d'un morceau de chair mâchée. Puis un ange est chargé d'écrire à son sujet quatre choses, avant d'insuffler l'âme en lui (...).

En fait il faut savoir que c'est là la version de ce Hadîth tel que rapporté par al-Bukhârî : "إن أحدكم يجمع في بطن أمه أربعين يوما، ثم يكون علقة مثل ذلك، ثم يكون مضغة مثل ذلك، ثم يبعث الله إليه ملكا بأربع كلمات" (al-Bukhârî, 3154).

Par contre, la version de ce même Hadîth tel que rapporté par Muslim dit chose différente : ""إن أحدكم يجمع خلقه في بطن أمه أربعين يوما، ثم يكون في ذلك علقة مثل ذلك، ثم يكون في ذلك مضغة مثل ذلك، ثم يرسل الملك فينفخ فيه الروح، ويؤمر بأربع كلمات" (Muslim, 2643).
Il ressort de cette version de ce hadîth que c'est durant les 40 premiers jours que la forme du fœtus est rassemblée dans le ventre de sa mère ; puis (durant ces mêmes 40 premiers jours) en tant que caillot de sang, de la même façon, puis (durant ces mêmes 40 premiers jours) en tant que morceau de chair mâchée. Puis l'ange est chargé d'écrire à son sujet les 4 choses susmentionnés, puis l'âme est insufflée en lui.

Ibn uz-Zamalkânî (m. en 727 a. h.) a donné préférence à cette version de Muslim, arguant qu'elle correspond à ce que dit le Hadîth relaté par Hudhayfa ibn Assîd [le Hadîth 7 ici]  : "وأما حديث البخاري فنزل على ذلك، إذ معنى "يجمع في بطن أمه"، أي يحكم ويتقن، ومنه: "رجل جميع" أي مجتمع الخلق؛ فهما متساويان في مسمى الإتقان والإحكام لا في خصوصه. "ثم إنه يكون مضغة" في حصتها أيضا من الأربعين، محكمة الخلق مثلما أن صورة الإنسان محكمة بعد الأربعين يوما؛ فنصب "مثل ذلك" على المصدر، لا على الظرف. ونظيره في الكلام قولك: "إن الإنسان يتغير في الدنيا مدة عمره"، ثم تشرح تغيره فتقول: "ثم إنه يكون رضيعا ثم فطيما ثم يافعا ثم شابا ثم كهلا ثم شيخا ثم هرما ثم يتوفاه الله بعد ذلك"؛ وذلك من باب ترتيب الإخبار عن أطواره التي ينتقل فيها مدة بقائه في الدنيا. ومعلوم من قواعد اللغة العربية أن "ثم" تفيد الترتيب والتراخي بين الخبر قبلها وبين الخبر بعدها، إلا إذا جاءت قرينة تدل على أنها لا تفيد ذلك، مثل قوله تعالى: {ذلكم وصاكم به لعلكم تتقون ثم آتينا موسى الكتاب}، ومن المعلوم أن وصية الله لنا في القرآن جاءت بعد كتاب موسى، فـ"ثم" هنا لا تفيد ترتيب المخبر عنه في الآية. وعلى هذا يكون حديث ابن مسعود: "إن أحدكم يجمع خلقه في بطن أمه أربعين يوما؛ ثم يكون في ذلك" أي في ذلك العدد من الأيام "علقة" مجتمعة في خلقها "مثل ذلك" أي مثلما اجتمع خلقكم في الأربعين؛ "ثم يكون في ذلك" أي في نفس الأربعين يوما "مضغة" مجتمعة مكتملة الخلق المقدر لها "مثل ذلك" أي مثلما اجتمع خلقكم في الأربعين يوما" (Al-Bur'hân al-kâshif 'an i'jâz il-qur'ân : cité par Cheikh 'Abd ul-Jawwâd as-Sâwî dans sa recherche sur le sujet).

Il ressort de tout cela que le fait de prendre la forme du caillot du sang, puis du morceau de chair mâchée, cela se fait durant les 40 premiers jours. Puis, durant le début de la 2nde tranche des 40 jours, ce sont ses os qui sont formés, lesquels sont recouverts peu après de chair.
Or le Hadîth 7 enseigne que c'est également à ce moment-là que l'ange écrit les grandes lignes de la destinée du bébé : "إذا مر بالنطفة ثنتان وأربعون ليلة، بعث الله إليها ملكا، فصورها وخلق سمعها وبصرها وجلدها ولحمها وعظامها؛ ثم قال: يا رب أذكر أم أنثى؟ فيقضي ربك ما شاء، ويكتب الملك؛ ثم يقول: يا رب أجله، فيقول ربك ما شاء، ويكتب الملك؛ ثم يقول: يا رب رزقه، فيقضي ربك ما شاء، ويكتب الملك. ثم يخرج الملك بالصحيفة في يده، فلا يزيد على ما أمر ولا ينقص" ; autre version : "عن حذيفة بن أسيد، يبلغ به النبي صلى الله عليه وسلم، قال: "يدخل الملك على النطفة بعد ما تستقر في الرحم بأربعين، أو: خمسة وأربعين ليلة، فيقول: يا رب أشقي أو سعيد؟ فيكتبان؛ فيقول: أي رب أذكر أو أنثى؟ فيكتبان؛ ويكتب عمله وأثره وأجله ورزقه؛ ثم تطوى الصحف، فلا يزاد فيها ولا ينقص".

Et l'âme, est-elle insufflée dans ce corps durant cette 2nde tranche de 40 jours aussi ? ou bien, pour sa part, ne serait-elle insufflée qu'après la fin de la 3ème tranche des 40 jours, c'est-à-dire au début de la 4ème tranche des 40 jours, soit après 120 jours ?
--- Si on retient le Hadîth 8 version de Muslim ("إن أحدكم يجمع خلقه في بطن أمه أربعين يوما، ثم يكون في ذلك علقة مثل ذلك، ثم يكون في ذلك مضغة مثل ذلك، ثم يرسل الملك فينفخ فيه الروح، ويؤمر بأربع كلمات: بكتب رزقه، وأجله، وعمله، وشقي أو سعيد"), il en ressort que c'est peu après que les 4 choses évoquées sont écrites que l'âme est insufflée. Selon cela, et si on retient l'interprétation de Ibn uz-Zamalkânî : l'âme serait insufflée elle aussi au début de la 2nde tranche de 40 jours.
--- Sinon, si on prend l'autre version de ce Hadîth ("ثم يبعث الله إليه ملكا بأربع كلمات، فيكتب عمله، وأجله، ورزقه، وشقي أو سعيد؛ ثم ينفخ فيه الروح"), un commentateur pourra toujours faire valoir que le "Thumma" signifie que les 4 choses susmentionnées sont écrites au bout d'une 40aine de jours, mais c'est plus tard ("thumma") - au bout de 120 jours - que, pour sa part, l'âme est insufflée.

Certes, des auteurs ont relaté l'accord (ittifâq) des ulémas sur le fait que l'âme est insufflée après 120 jours de vie fœtale (cf. Shar'h Muslim, 16/191).

Cependant, l'avis de Ibn Sîrîn est différent : selon lui, l'âme peut être insufflée avant 120 jours de vie fœtale : "فأما من لم يأت له أربعة أشهر، فإنه لا يغسل ولا يصلى عليه، ويلف في خرقة ويدفن: ولا نعلم فيه خلافا؛ إلا عن ابن سيرين، فإنه قال: يصلى عليه إذا علم أنه نفخ فيه الروح. وحديث الصادق المصدوق يدل على أنه لا ينفخ فيه الروح إلا بعد أربعة أشهر؛ وقبل ذلك فلا يكون نسمة، فلا يصلى عليه، كالجمادات والدم" (Al-Mughnî, 3/329). Cet avis de Ibn Sîrîn pourrait donc aller dans le sens de ce qu'implique l'interprétation de Ibn uz-Zamalkânî : l'âme serait insufflée dans le corps au début de la 2nde tranche de 40 jours.

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V) Quelques rappels à propos des connaissances scientifiques actuelles à propos de l'organisation créée par Dieu et qui entraîne la ressemblance physique de l'enfant avec l'un ou l'autre parent :

Toute la substance de ce qui suit est extraite de Science et vie junior, dossier hors série : L'hérédité et le pouvoir des gènes.

On sait aujourd'hui que la ressemblance à l'un ou à l'autre de ses deux parents dépend des gènes dont l'enfant hérite de l'un ou de l'autre.

Le noyau de chaque cellule de notre corps s'appelle l'ADN : c'est une longue molécule, de forme hélicoïdale (c'est même une double hélice), qui contient une sorte de message codé, porteur des informations nécessaires pour la fabrication des protéines. Ce sont ces protéines qui font les particularités de chaque espèce par rapport à l'autre, et, au sein de l'espèce, qui font les particularités physiques de chaque individu par rapport à l'autre.

Chaque espèce animale possède son ADN, qui fait d'un singe quelque chose de différent d'un loup, etc.

L'espèce humaine possède aussi son ADN. Et à côté des informations générales communes à tous les individus humains, il existe des informations particulières, qui font les particularités des individus les uns par rapport aux autres : yeux marron, chevelure noire, nez de telle forme, etc.

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La molécule d'ADN est immensément longue. Pour tenir dans le noyau de la cellule, elle est fragmentée en 46 morceaux : les chromosomes. Chaque chromosome marche par paires : il y a donc 23 paires de chromosomes dans notre ADN humain. Chacun de ces 23 chromosomes est dit "homologue" de l'autre.

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Chaque portion de la double hélice d'ADN s'appelle un gène. Il y a donc un gène qui est à l'origine de la couleur des yeux, un autre à l'origine de la couleur des cheveux, etc.

Etant donné que l'hélice d'ADN est double, il y a donc 2 gènes au même niveau : ils s'appellent des allèles. L'un a été hérité du père, l'autre de la mère.

On dit qu'il y a, dans le noyau de chaque cellule de chacun de nous, 2 allèles de chaque gène.

Les 2 gènes se trouvant au même endroit de la double hélice travaillent donc "en couple".

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Sur les 23 paires de chromosomes que comporte l'ADN humain, il n'y a aucune différence entre l'homme et la femme quant aux 22 premières paires. C'est seulement la dernière paire (la 23ème) qui différencie l'homme et la femme : XY pour le premier et XX pour la seconde. Le chromosome X est plus grand que le Y (plus petit).

L'humain de sexe masculin possède donc un chromosome X (contre 2 X pour l'humain de sexe féminin) et un chromosome Y ; ce dernier porte des gènes différents du X, notamment ceux à l'origine de l'apparition du sexe masculin (lors du développement fœtal), ou de l'apparition de poils dans les oreilles.

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Comme toute autre cellule, les cellules souches destinées à la reproduction possèdent 23 paires de chromosomes. Mais ces cellules souches se divisent ensuite en deux pour donner les gamètes : spermatozoïdes chez l'homme, et ovule chez la femme. Ceux-ci ne possèdent donc plus que 23 chromosomes (et non plus 23 paires de chromosomes).

C'est la fécondation d'un ovule par un spermatozoïde qui donnera de nouveau un programme génétique complet, comportant de nouveau 23 paires de chromosomes : les 23 du spermatozoïde et les 23 de l'ovule.

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Mais lors de la division, les chromosomes homologues se séparent : pour chaque paire, il y a donc 2 choix : ce peut être l'un qui migre dans le futur gamète, ou l'autre. Et ce choix opère pour chacun des 23 chromosomes homologues.

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Ainsi, certains spermatozoïdes vont être porteurs du chromosome X, d'autres du chromosome Y ; cela car l'homme de sexe masculin est porteur de la paire de chromosomes : XY. Par contre, l'ovule est pour sa part toujours porteur du chromosome X ; cela car l'ovule est issu d'un être humain porteur de la paire de chromosomes : XX.
(C'est ce qui fait que parfois c'est un spermatozoïde X qui féconde l'ovule (toujours X), et le bébé est une fille (XX) ; alors que d'autre fois c'est un spermatozoïde Y qui féconde l'ovule, et le bébé est alors un garçon (XY).)

Cela est cependant également vrai pour les 22 autres chromosomes homologues.

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Ceci nous donne une quantité de combinaisons possibles : en tout, les manières par lesquelles le "choix" s'opère entre 23 chromosomes "simples", parmi 23 paires de chromosomes initiaux, se chiffrent à : 2 puissance 23.

Or cela doit encore être multiplié par 2, à cause de la présence de l'autre parent.

C'est ce qui explique pourquoi des individus d'une même fratrie peuvent présenter parfois certains mêmes caractères physiques, et d'autres fois des caractères physiques si différents.

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Pourquoi ressemble-t-on davantage au père qu'à la mère, ou vice-versa ?

Il y a ici deux choses : le phénotype, et le génotype. Le phénotype est l'ensemble de ce qui apparaît chez un individu (ses caractères physiques, etc.). Le génotype, lui, est l'ensemble des gènes.

En général, le phénotype correspond au génotype. Cependant, certains éléments du phénotype peuvent avoir été façonnés par d'autres éléments que les seuls gènes (tels que le climat, l'alimentation, le mode de vie, etc.).

Ce n'est pas que les gènes commandant l'apparence physique (nez, yeux, etc.) qui nous viendraient du père, alors que les gènes commandant les organes internes (cœur, poumon, etc.) nous viendraient de la mère. Non, tout notre programme est double : deux programmes pour le nez, l'un provenant du père, l'autre de la mère ; deux programmes pour la couleur des yeux : l'un provenant du père, l'autre de la mère ; deux programmes pour le cœur : l'un provenant du père, l'autre de la mère ; etc. Ceci car, comme nous l'avons déjà vu, nous possédons 2 allèles pour chaque gène.

Chaque caractère physique est le fruit de l'action de ces 2 gènes.

En fait, comme nous l'avons vu, les 2 allèles de chaque gène travaillent "en couple". Or, comme dans tout couple, les deux peuvent travailler de concert (les deux sont alors dits : "condominants"), ou bien l'un peut dominer l'autre (le premier est alors dit : "dominant" ; le second : "récessif").

Il y a certains gènes qui sont ainsi faits que un seul allèle communiquant telle caractéristique est, à lui tout seul, capable de dominer l'autre et donc de "se faire entendre" dans le phénotype.
Tandis que d'autres gènes sont tels que les deux allèles doivent être semblables (homozygotie) pour que le caractère y étant associé s'exprime dans le phénotype.

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

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