Le ciel a été solidement gardé à l'occasion de la révélation du Coran (commentaire de Coran 37/6-10 et 67/5)

- Le Coran dit que les humains se guident sur la position des étoiles ; et il le rappelle en tant que faveur divine (Coran 16/16).
- Il dit aussi que les étoiles (ou les planètes) constituent une décoration pour le ciel le plus bas (Coran 67/5 ; 37/6).
- Il dit enfin que les étoiles filantes résultent du lancer de projectiles contre des djinns venus écouter certaines choses :
--- "Nous avons embelli le ciel le plus bas avec des lampes, et avons fait de celles-ci des projectiles lancés contre les démons…" (Coran 67/5) ;
--- dans un autre verset il est, pareillement, dit des "kawâkib" (soit les étoiles, soit les planètes seulement) qu'elles sont "une décoration" pour "le ciel le plus bas", "et un [moyen de] protection contre tout démon rebelle : ceux-ci ne peuvent pas être à l'écoute de l'assemblée la plus élevée [des Anges] et sont harcelés de tout côté et refoulés – et ils auront un châtiment perpétuel – sauf celui qui saisit [quelque information], celui-là, une flamme transperçante le poursuit" (Coran 37/6-10).

En fait il ne s'agit pas réellement des étoiles, mais de météorites.

-

Premier point) Est-ce que, dans les temps fort antérieurs à la révélation du Coran au prophète Muhammad (que Dieu le bénisse et le salue), des météores étaient lancés sur les djinns essayant de se saisir d'une information ?

Si cette question se pose, c'est parce que, dans le Coran :

--- certes, d'un côté Dieu donne cette information de façon inconditionnelle : "Nous avons placé dans le ciel des constellations et l'avons embelli pour ceux qui le regardent. Et Nous l'avons protégé contre tout démon banni. A moins que l'un d'eux cherche à entendre à la dérobée, alors une flamme transperçante le poursuit" (Coran 15/16-18) ;

--- cependant, d'un autre côté Dieu relate que ce fut peu avant le début de la mission du Prophète que des djinns, ayant essayé comme à leur habitude de se saisir d'une information en provenance du ciel, trouvèrent celui-ci solidement gardé, et se virent alors visés par des projectiles : "وَأَنَّا لَمَسْنَا السَّمَاء فَوَجَدْنَاهَا مُلِئَتْ حَرَسًا شَدِيدًا وَشُهُبًا {72/8} وَأَنَّا كُنَّا نَقْعُدُ مِنْهَا مَقَاعِدَ لِلسَّمْعِ فَمَن يَسْتَمِعِ الْآنَ يَجِدْ لَهُ شِهَابًا رَّصَدًا {72/9} وَأَنَّا لَا نَدْرِي أَشَرٌّ أُرِيدَ بِمَن فِي الْأَرْضِ أَمْ أَرَادَ بِهِمْ رَبُّهُمْ رَشَدًا {72/10" : "Et nous avons touché le ciel et l'avons trouvé être empli d'une garde solide et de flammes. Et nous nous asseyions en des lieux du (ciel) pour écouter, or celui qui s'(y) assoit maintenant trouve pour lui une flamme prête" (Coran 72/8-10 : sourate Al-Djinn).

-
Par ailleurs, les Hadîths aussi donnent des informations différentes sur le sujet :

--- Hadîth relaté par Abû Hurayra) "عن أبي هريرة، يبلغ به النبي صلى الله عليه وسلم قال: " إذا قضى الله الأمر في السماء، ضربت الملائكة بأجنحتها خضعانا لقوله، كالسلسلة على صفوان - قال علي: وقال غيره: صفوان ينفذهم ذلك - فإذا فزع عن قلوبهم، قالوا: ماذا قال ربكم، قالوا للذي قال: الحق، وهو العلي الكبير. فيسمعها مسترقو السمع، ومسترقو السمع هكذا واحد فوق آخر - ووصف سفيان بيده، وفرج بين أصابع يده اليمنى، نصبها بعضها فوق بعض - فربما أدرك الشهاب المستمع قبل أن يرمي بها إلى صاحبه فيحرقه، وربما لم يدركه حتى يرمي بها إلى الذي يليه، إلى الذي هو أسفل منه، حتى يلقوها إلى الأرض - وربما قال سفيان: حتى تنتهي إلى الأرض - فتلقى على فم الساحر، فيكذب معها مائة كذبة، فيصدق فيقولون: ألم يخبرنا يوم كذا وكذا، يكون كذا وكذا، فوجدناه حقا؟ للكلمة التي سمعت من السماء" :
Abû Hurayra relate que le Prophète a expliqué que des djinns tentent de se saisir d'une des paroles des anges, lorsque ceux-ci parlent d'une décision prise au ciel ; ces djinns arrivent (parfois) à se saisir d'une parole de ce genre. Alors : parfois la flamme atteint le djinn avant qu'ils ait pu retransmettre la parole au djinn lui servant de "relais" ; d'autres fois le djinn a pu retransmettre la parole au djinn "relais" avant que la flamme atteigne le premier ; cette parole arrive jusqu'au magicien, qui la mélange à quantité de choses qu'ils inventent (al-Bukhârî, 4424).
On note qu'ici il est bien dit que les djinns cherchent à entendre à la dérobée les propos des anges, et qu'ils réussissent parfois à se saisir d'une parole et à la retransmettre, alors que d'autres fois ils sont atteints par un projectile. Cependant, il n'est pas dit à quel niveau ces djinns cherchent à arriver. Mais qu'un projectile le touche alors, cela semble être l'indice que cela ne se déroule pas au niveau des nuages, mais bien plus haut.

--- Hadîth relaté par Ibn Abbâs) "عن ابن شهاب، حدثني علي بن حسين، أن عبد الله بن عباس، قال: أخبرني رجل من أصحاب النبي صلى الله عليه وسلم من الأنصار، أنهم بينما هم جلوس ليلة مع رسول الله صلى الله عليه وسلم رمي بنجم فاستنار، فقال لهم رسول الله صلى الله عليه وسلم: «ماذا كنتم تقولون في الجاهلية، إذا رمي بمثل هذا؟» قالوا: الله ورسوله أعلم، كنا نقول ولد الليلة رجل عظيم، ومات رجل عظيم، فقال رسول الله صلى الله عليه وسلم: «فإنها لا يرمى بها لموت أحد ولا لحياته، ولكن ربنا تبارك وتعالى اسمه، إذا قضى أمرا سبح حملة العرش، ثم سبح أهل السماء الذين يلونهم، حتى يبلغ التسبيح أهل هذه السماء الدنيا» ثم قال الذين يلون حملة العرش لحملة العرش: ماذا قال ربكم؟ فيخبرونهم ماذا قال: قال فيستخبر بعض أهل السماوات بعضا، حتى يبلغ الخبر هذه السماء الدنيا، فتخطف الجن السمع فيقذفون إلى أوليائهم، ويرمون به، فما جاءوا به على وجهه فهو حق، ولكنهم يقرفون فيه ويزيدون" : Ibn Abbâs relate d'un autre Compagnon qu'une nuit, le Prophète (sur lui la paix) était assis en compagnie de certains Compagnons, quand une étoile filante se fit voir dans le ciel. "Que disiez-vous à propos de choses semblables dans la période pré-islamique ? demanda le Prophète. – Nous disions : "Un grand va mourir" ou "Un grand va naître"." Le Prophète déclara : "Eh bien ce genre de choses n'a lieu ni pour la mort ni pour la vie de quelqu'un. Mais lorsque notre Seigneur décrète quelque chose, les anges porteurs du Trône proclament Sa pureté. Puis les gens du ciel qui sont proches d'eux proclament Sa pureté, puis ceux qui sont proches, jusqu'à ce que la proclamation atteigne ce ciel. Puis les gens du sixième ciel demandent à ceux du septième ciel : "Qu'a dit votre Seigneur ?" Ils les en informent. Puis les gens de chaque ciel se renseignent (de même), jusqu'à ce que l'information atteigne les gens du ciel le plus proche. Des djinns mauvais cherchent alors à entendre à la dérobée. Un projectile est alors lancé sur eux. Ils donnent l'information à leurs alliés. Ce que ceux-ci transmettent comme il l'est, cela est vrai ; mais ils le falsifient et y rajoutent des choses" (Muslim, 2229 ; at-Tirmidhî, 3224).
On note que cela s'est passé à l'époque du Prophète (sur lui soit la paix) : donc à son époque des djinns étaient toujours repoussés de la sorte aux portes du ciel.

--- Hadîth relaté par Aïcha) "عن عائشة رضي الله عنها، زوج النبي صلى الله عليه وسلم، أنها سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلم، يقول: "إن الملائكة تنزل في العنان: وهو السحاب، فتذكر الأمر قضي في السماء، فتسترق الشياطين السمع فتسمعه، فتوحيه إلى الكهان، فيكذبون معها مائة كذبة من عند أنفسهم" : Aïcha relate que le Prophète a expliqué que des djinns tentent de se saisir d'une des paroles des anges, lorsque ceux-ci, au niveau des nuages, parlent d'une décision prise au ciel ; ces djinns arrivent à se saisir d'une parole de ce genre, et la retransmettent aux devins, qui mélangent cette parole de vérité à quantité de choses qu'ils inventent (al-Bukhârî, n° 3038).
On note qu'ici il est bien dit que des djinns cherchent à entendre à la dérobée les propos des anges, et qu'ils réussissent parfois à se saisir d'une parole et à la retransmettre. Cependant, ici il n'est pas dit que ces djinns sont alors touchés par des projectiles.

-

Alors : Est-ce que, dans les temps fort antérieurs à la révélation du Coran au prophète Muhammad (que Dieu le bénisse et le salue), des flammes étaient lancées sur les djinns essayant de se saisir d'une information ?

Un premier avis sur le sujet est que c'est justement depuis peu avant le début de la mission du Prophète que les projectiles ont commencé à être lancés sur les djinns cherchant à se saisir d'une information. Avant sa mission, cela n'existait pas du tout (Tafsîr Ibn Kathîr, Al-Ahqâf, tome 4 p. 145). Tous les passages qui parlent de cela de façon inconditionnelle sont donc à comprendre comme parlant de ce qui se passe depuis peu avant le début de la mission du Prophète.

--- Or c'est avis constitue une erreur (khata 'ijtihâdî), car le hadîth de Ibn Abbâs montre que le lancer de météores sur des djinns existait bien avant la mission du Prophète, et a continué à exister après le début de sa mission, puisqu'il a vu une étoile filante de ses yeux, et a alors demandé à ses Compagnons comment ils percevaient ce phénomène avant la venue de son message.

L'avis de az-Zuhrî est que auparavant le lancer de projectiles incandescents existait déjà, mais il s'est renforcé juste avant le début de la mission du Prophète (Tafsîr Ibn Kathîr, Saba', tome 3 p. 458). Auparavant les projectiles étaient moins fréquents, ce qui fait que des djinns arrivaient parfois à se saisir d'une information. Avant le début de la mission du Prophète, les djinns ne purent plus du tout s'approcher du ciel, car immédiatement visés et atteints par un projectile.
Pareillement, Ibn Hazm et Cheikh Thânwî ont écrit que les djinns ne peuvent absolument plus aller écouter les propos des anges jusqu'aux portes du premier ciel (Al-Fissal fi-l-milal wa-l-ahwâ'ï wa-n-nihal, 1/353-354, Bayân ul-qurân, 6/24).

--- Cependant, le hadîth de Abû Hurayra suscité peut poser objection par rapport à cet avis, car ce hadîth dit que parfois le djinn parvient à retransmettre l'information avant que le projectile l'atteigne, et parfois le projectile l'atteint avant : on voit ici que, même après le début de la mission du Prophète, des djinns parvenaient toujours à se saisir d'une information.

--- Réponse à cette objection, par Cheikh Thânwî : Après le début de la mission du Prophète, les djinns ne purent plus s'approcher du niveau du premier ciel, et c'est en fait seulement au niveau des nuages que des djinns purent arriver, et c'est à ce niveau-là que les projectiles furent lancés (cela conformément au hadîth de Aïcha : voir plus haut : al-Bukhârî, n° 3038) (Bayân ul-qur'ân, 6/24).

--- Cependant, il ne semble pas (wallâhu A'lam) que des météorites puissent exister au niveau des nuages : cela se passe beaucoup plus haut.

--- Voici donc une proposition personnelle de réponse à l'objection suscitée :

----- Comme l'a dit az-Zuhrî, après le début de la mission du Prophète, le lancer de météores fut renforcé, de sorte que des djinns ne purent plus s'approcher de ciel et ne purent plus rien en capter comme information.

----- Quant au hadîth de Abû Hurayra (qui dit que des djinns peuvent parfois se saisir d'une information entendue au ciel), il parle de ce qui se passait avant le début de la mission du Prophète, et pas après : car après le début de sa mission, ce fut systématiquement que des projectiles furent lancés, et les djinns ne purent plus jamais se saisir d'une information au niveau du ciel. C'est ainsi que s'explique le hadîth de Ibn Abbas, qui dit que des météores existèrent toujours après le début de la mission du Prophète : ils visaient des djinns.

----- Quant au hadîth de Aïcha, qui dit que des djinns peuvent parfois se saisir d'une information, il parle du niveau des nuages, et, justement, ne dit pas que des météorites sont alors lancés.

----- En un mot : les djinns qui cherchent à s'élever très haut vers le premier ciel, auparavant, parfois ils pouvaient capter une information, et parfois ils étaient atteints par un projectile avant d'avoir pu la capter. Tandis que, après le début de la mission du Prophète, ils ne purent plus capter quelque information que ce soit au niveau du premier ciel, car la garde fut extrêmement renforcée : les météores les frappaient systématiquement. Après le début de la mission du Prophète, ce fut seulement au niveau des nuages que des djinns purent capter une information ; et, à ce niveau-là, il n'y a pas de météore lancé.

Car ce que les sources de l'islam ont nommé "le niveau du premier ciel" est beaucoup plus élevé que le niveau des nuages (Bayân ul-qur'ân). Par ailleurs, dans le passage relatant les propos du groupe de djinns étant allés s'enquérir de la raison de l'impossibilité pour eux de dérober des informations du ciel, il est dit ceci, qui peut nous interpeler quant à la localisation du premier ciel : "وَأَنَّا لَمَسْنَا السَّمَاء فَوَجَدْنَاهَا مُلِئَتْ حَرَسًا شَدِيدًا وَشُهُبًا {72/8} وَأَنَّا كُنَّا نَقْعُدُ مِنْهَا مَقَاعِدَ لِلسَّمْعِ فَمَن يَسْتَمِعِ الْآنَ يَجِدْ لَهُ شِهَابًا رَّصَدًا {72/9} وَأَنَّا لَا نَدْرِي أَشَرٌّ أُرِيدَ بِمَن فِي الْأَرْضِ أَمْ أَرَادَ بِهِمْ رَبُّهُمْ رَشَدًا {72/10" : "Et nous avons touché le ciel et l'avons trouvé être empli d'une garde solide et de flammes. Et nous nous asseyions en des lieux du (ciel) pour écouter, or celui qui s'(y) assoit maintenant trouve pour lui une flamme prête" (Coran 72/8-10). Est-ce à dire que ces djinns étaient parvenus jusqu'aux portes du premier ciel ? Pas sûr, car, comme Cheikh Thânwî l'a écrit, ce verset peut signifier qu'ils parvenaient à des lieux élevés par rapport à la Terre, et c'est ce qui a été décrit comme "ciel" (Bayân ul-qur'ân). En effet, parfois le terme "ciel" signifie seulement "le haut", comme dans le verset : "Il a fait descendre du ciel une eau, puis a fait sortir par son moyen toutes sortes de fruits comme nourriture pour vous" (Coran 2/22). 20 autres versets (cf. Anwâr ud-dirâyât) disent la même chose : la pluie descend du ciel. Mais un autre verset existe qui dit aussi : "Avez-vous considéré l'eau que vous buvez ? Est-ce vous qui l'avez fait descendre du nuage ou est-ce Nous ?" (Coran 56/68-69) (voir aussi 78/14). Les versets du premier groupe sont donc à comprendre à la lumière de ceux du second : comme le disent ceux-ci, c'est du nuage que la pluie tombe ; mais du point de vue de l'homme qui se trouve sur terre, sous l'averse, la pluie lui semble "tomber du ciel" ; cela a donc été la formulation coranique dans les autres versets.

Il faut rappeler ici qu'il est très difficile de se prononcer sur ce genre de choses, car on parle là de choses qui n'ont plus seulement trait au monde physique mais à propos desquelles la frontière entre monde physique et monde métaphysique et spirituel est assez ténue. Lire notre article.

-

Second point) Comment se fait-il que le lancer d'un rocher puisse anéantir un djinn ?

Si cette question se pose c'est parce que :
si les djinns sont des corps non physiques, comment un rocher lancé sur eux pourrait-il leur faire quelque chose ?
et s'ils sont des corps physiques, alors comment Iblis, qui est un djinn (comme l'a dit le Coran 18/50), avait-il pu être dans l'assemblée des anges (comme l'a dit aussi le Coran), alors que ceux-ci sont, tout le monde le sait, des corps non physiques ?

Pour ce qui est du tort qu'un météore porté à incandescence peut faire à un djinn, il est tout à fait compréhensible dans la mesure où, même si le djinn a été créé "à partir de la flamme d'un feu sans fumée" comme l'a dit le Coran (55/15), trop de feu ne peut que le brûler ("nâr paydâ ho jâtî hô, jiss sé shayâtîn kô halâkat" : Bayân ul-qur'ân, 6/24, at-Thânwî).

Pour ce qui est du corps des djinns et de la place d'Iblîs – l'un d'eux – parmi les anges, j'avais un jour questionné Abder-Raouf Ben Halima sur ce point. Il m'avait donné l'explication suivante (certains mots sont de moi, l'explication globale est de lui) :
"Einstein a découvert la formule permettant de passer de la masse à l'énergie : E=mc². L'énergie pouvant être transformée en chaleur, énergie motrice, électricité, lumière, sons, il en résulte que tout ce qui constitue l'univers physique peut être ramené à une même nature.
Or on peut dire que les djinns sont des êtres physiques, même s'ils ne sont pas solides : ils ont eux aussi un corps (les âmes sont un autre domaine encore) ; seulement leur corps semble être constitué d'une sorte d'énergie électromagnétique, alors que le nôtre est fait d'atomes et de molécules.
Le fait qu'ils ont eux aussi un corps rend possible des interactions entre ces créatures créées à partir d'une flamme de feu sans fumée et les humains créés à partir de terre : c'est ainsi que les djinns peuvent prendre possession d'un humain, se matérialiser aux yeux d'humains, participer à un repas d'humains si le Nom de Dieu n'a pas été invoqué... S'il n'y avait aucun dénominateur commun, ces choses ne seraient pas possibles.
Cependant, le fait que leur corps soit différent du nôtre explique aussi qu'ils vivent dans un monde différent du nôtre bien que lui étant parallèle ou imbriqué : leur espace n'est pas le même (ils se déplacent selon d'autres lois que nous) et leur temps non plus (le temps peut passer pour un djinn plus rapidement ou plus lentement que pour nous).
D'un autre côté, les djinns ont une nature changeante : quand ils sont mauvais ils deviennent ténébreux ; mais quand ils sont bons ils deviennent luminescents, et il est alors normal qu'ils puissent établir des sortes de contacts avec les anges, ceux-ci étant créés à partir de lumière, comme l'a dit le Hadîth. De plus, le djinn est plus porté sur sa passion que sur sa raison (comme l'est par contre l'être humain) ; aussi, quand un djinn est passionné par la religion, il se désintéresse grandement de toute autre chose et s'adonne alors presque exclusivement à l'adoration de Dieu. C'est ainsi qu'il s'intègre facilement dans le monde des anges. Ainsi était Iblis avant d'être maudit et rejeté."

Ben Halima précise : "Certaines de ces réflexions sont le fruit de mes expériences dans le domaine de la "roqya". Wallâhu A'lam."

-

Troisième point) Il y eut différentes rencontres du Prophète (sur lui soit la paix) avec des djinns :

Peu avant le début de la mission du Prophète (sur lui soit la paix), un groupe des djinns, ayant essayé comme à leur habitude de se saisir d'une information en provenance du ciel, s'élevèrent. Mais ils trouvèrent le ciel être solidement gardé, et furent systématiquement la cible de projectiles (Coran 72/8-10). Ils se mirent alors à rechercher la cause de ce changement. Un groupe d'entre eux, parcourant la Terre, finirent par entendre le Prophète réciter le Coran en prière, le matin, à Nakhla, alors que le Prophète et certains Compagnons se rendaient à la foire de 'Ukâzh. Ces djinns comprirent alors que c'était là la parole qui était la cause de la solide garde du ciel. Ils apportèrent alors foi en l'unicité de Dieu et en le caractère véridique du Coran, et retournèrent auprès des leurs prêcher.

Cela est relaté dans le Coran (46/29-32 et 72/8-10).

Voici le récit qu'a fait Ibn Abbas de cet événement :
"عن عبد الله بن عباس رضي الله عنهما، قال: "انطلق النبي صلى الله عليه وسلم في طائفة من أصحابه عامدين إلى سوق عكاظ. وقد حيل بين الشياطين وبين خبر السماء، وأرسلت عليهم الشهب، فرجعت الشياطين إلى قومهم، فقالوا: ما لكم؟ فقالوا: حيل بيننا وبين خبر السماء، وأرسلت علينا الشهب! قالوا: ما حال بينكم وبين خبر السماء إلا شيء حدث، فاضربوا مشارق الأرض ومغاربها، فانظروا ما هذا الذي حال بينكم وبين خبر السماء. فانصرف أولئك الذين توجهوا نحو تهامة إلى النبي صلى الله عليه وسلم وهو بنخلة عامدين إلى سوق عكاظ، وهو يصلي بأصحابه صلاة الفجر. فلما سمعوا القرآن استمعوا له، فقالوا: هذا والله الذي حال بينكم وبين خبر السماء. فهنالك حين رجعوا إلى قومهم، وقالوا: يا قومنا: {إنا سمعنا قرآنا عجبا، يهدي إلى الرشد، فآمنا به ولن نشرك بربنا أحدا}، فأنزل الله على نبيه صلى الله عليه وسلم: {قل أوحي إلي أنه استمع نفر من الجن}  وإنما أوحي إليه قول الجن""
(al-Bukhârî, 739, et Muslim, 449) (voir Tafsîr Ibn Kathîr et Fat'h ul-bârî).

Cette fois-là, le Prophète ne conversa pas avec ces djinns.
En fait il ne les vit même pas, comme cela est dit dans la version de Muslim : "عن ابن عباس قال: ما قرأ رسول الله صلى الله عليه وسلم على الجن وما رآهم. انطلق رسول الله صلى الله عليه وسلم في طائفة من أصحابه عامدين إلى سوق عكاظ" (Muslim).

-
Par ailleurs ultérieurement une rencontre du Prophète eut lieu avec des djinns. Cela aussi se passa à La Mecque, mais constitue une occasion ultérieure à celle du premier récit.

Cela est relaté par Ibn Mas'ûd qui n'était pas présent sur les lieux mais qui a, avec d'autres Compagnons, cherché où était le Prophète :
"قال علقمة: أنا سألت ابن مسعود، فقلت: هل شهد أحد منكم مع رسول الله صلى الله عليه وسلم ليلة الجن؟ قال: لا ولكنا كنا مع رسول الله ذات ليلة ففقدناه فالتمسناه في الأودية والشعاب. فقلنا: استطير أو اغتيل. قال: فبتنا بشر ليلة بات بها قوم فلما أصبحنا إذا هو جاء من قبل حراء. قال: فقلنا يا رسول الله فقدناك فطلبناك فلم نجدك فبتنا بشر ليلة بات بها قوم. فقال: "أتاني داعي الجن فذهبت معه فقرأت عليهم القرآن." قال: فانطلق بنا فأرانا آثارهم وآثار نيرانهم. وسألوه الزاد فقال: "لكم كل عظم ذكر اسم الله عليه يقع في أيديكم أوفر ما يكون لحما وكل بعرة علف لدوابكم." فقال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "فلا تستنجوا بهما فإنهما طعام إخوانكم" (Muslim, 450, at-Tirmidhî, 3258).

On lit ici que le Prophète a alors récité le Coran devant eux et qu'ils lui ont demandé certaines choses.

Ces djinns-là étaient originaires de Nassîbîn, comme, beaucoup plus tard, à Médine, le Prophète le racontera à Abû Hurayra :
"عن أبي هريرة رضي الله عنه: أنه كان يحمل مع النبي صلى الله عليه وسلم إداوة لوضوئه وحاجته، فبينما هو يتبعه بها، فقال: "من هذا؟" فقال: أنا أبو هريرة. فقال: "ابغني أحجارا أستنفض بها، ولا تأتني بعظم ولا بروثة." فأتيته بأحجار أحملها في طرف ثوبي، حتى وضعتها إلى جنبه. ثم انصرفت حتى إذا فرغ مشيت، فقلت: ما بال العظم والروثة؟ قال: "هما من طعام الجن، وإنه أتاني وفد جن نصيبين، ونعم الجن، فسألوني الزاد، فدعوت الله لهم أن لا يمروا بعظم، ولا بروثة إلا وجدوا عليها طعاما" (al-Bukhârî, 3647).

-
– Une autre rencontre encore est rapportée ainsi par Ibn Mas'ûd, qui était alors sur les lieux :
"عن ابن مسعود، قال: صلى رسول الله صلى الله عليه وسلم العشاء ثم انصرف فأخذ بيد عبد الله بن مسعود حتى خرج به إلى بطحاء مكة فأجلسه ثم خط عليه خطا ثم قال: "لا تبرحن خطك فإنه سينتهي إليك رجال فلا تكلمهم فإنهم لا يكلمونك." قال: ثم مضى رسول الله صلى الله عليه وسلم حيث أراد، فبينا أنا جالس في خطي إذ أتاني رجال كأنهم الزط أشعارهم وأجسامهم لا أرى عورة ولا أرى قشرا وينتهون إلي، لا يجاوزون الخط ثم يصدرون إلى رسول الله صلى الله عليه وسلم" (at-Tirmidhî, 2861).

Ici il est seulement dit que le Prophète les a rencontrés.

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

Print Friendly