Un message :
Comment peut-on être crédible quand on continue, aujourd'hui encore, à lire et à tenir comme vérité un livre qui reprend les légendes bibliques et dit qu'il y a eu un déluge universel. Un livre, qui, en plus, dit que l'arche de Noé a accosté en Judée (voir Coran 11.44).
Vous devriez savoir que l'assyriologue Jean Bottéro a découvert en Mésopotamie un texte, l'Epopée de Gilgamesh, qui montre que les Fils d'Israël n'ont fait que recopier une légende de la région pour donner un sens à l'histoire humaine sur terre, avec un âge d'or suivi d'une déchéance de l'homme et d'un anéantissement par les dieux.
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Réponse :
I)
Ce au sujet de quoi le Coran est explicite, c'est que les fils d'Israël descendent de qui était à bord de l'arche de Noé.
En effet, dans un passage s'adressant explicitement aux fils d'Israël, Dieu dit : "O descendants de ceux que Nous avions portés avec Noé" (Coran 17/3) : "وَآتَيْنَا مُوسَى الْكِتَابَ وَجَعَلْنَاهُ هُدًى لِّبَنِي إِسْرَائِيلَ أَلاَّ تَتَّخِذُواْ مِن دُونِي وَكِيلاً {17/2} ذُرِّيَّةَ مَنْ حَمَلْنَا مَعَ نُوحٍ إِنَّهُ كَانَ عَبْدًا شَكُورًا {17/3} وَقَضَيْنَا إِلَى بَنِي إِسْرَائِيلَ فِي الْكِتَابِ لَتُفْسِدُنَّ فِي الأَرْضِ مَرَّتَيْنِ وَلَتَعْلُنَّ عُلُوًّا كَبِيرًا {17/4}".
Ils sont en faits descendants des fils de Noé précisément, parmi tous les humains qui étaient à bord de l'arche.
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Or si les fils d'Israël descendent de Noé (sur lui soit la paix), alors leur ancêtre Abraham (sur lui soit la paix) descend lui aussi de Noé.
Et alors Ismaël, fils d'Abraham (sur eux soit la paix), descend, pareillement, de Noé ; et, dès lors, les Arabes adnânites également.
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Par contre, le Coran ne dit pas explicitement si le Déluge a concerné toute la planète, ou seulement une région de la Terre. Et donc si tous les humains actuels descendent de Noé, ou si seulement une partie d'entre eux descendent de Noé.
Et il y a divergence d'avis entre les ulémas (les érudits dans les sciences islamiques) sur la question : les uns disent que le Déluge a été universel, les autres qu'il a été régional.
Ibn 'Âshûr a relaté ces deux possibilités en ces termes :
"و"الأرض" يجوز أن يراد بها جميع الكرة الدنيوية، وأن يراد أرض معهودة للمتكلم والمخاطب (كما في قوله تعالى: {قال اجعلني على خزائن الأرض} يعني أرض مصر في سورة يوسف). ويحتمل أن يكون البشر يومئذ منحصرين في قوم نوح، ويجوز خلافه.
وعلى هذه الاحتمالات ينشأ احتمال أن يكون الطوفان قد غمر جميع الكرة الأرضية، واحتمال أن يكون طوفانا قاصرا على ناحية كبيرة من عموم الأرض. والله أعلم" (At-Tahrîr wa-t-tanwîr, commentaire de sourate Nûh).
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– Cheikh Thânwî a relaté lui aussi ces deux avis, puis a écrit qu'il considère le premier avis comme étant le plus pertinent : selon lui le déluge a été universel ; et tous les humains actuels descendent de Noé (sur lui soit la paix) : "ہر چند کہ بعض عدم عموم طوفان کے قائل ہوئے ہیں، لیکن ظاہرِ آیات سے - جن کو ماول کہنا بعید ہے - عموم معلوم ہوتا ہے" (Bayân ul-qur'ân, 5/47) ; "ظاہر مطلب یہ ہے کہ انہی کی اولاد کی نسل چلی؛ کفار تو غرق ہو گئے، اور بقیہ اہل کشتی کی نسل بھی نہیں چلی. پس اب جس قدر آدمی دنیا میں ہیں، سب کا نسب نوح علیہ السلام تک منتہی ہوتا ہے" (Bayân ul-qur'ân, 9/126) ; cheikh Thânwî a également cité ce hadîth comme argument : "حدثنا بشر بن معاذ العقدي قال: حدثنا يزيد بن زريع، عن سعيد بن أبي عروبة، عن قتادة، عن الحسن، عن سمرة بن جندب، أن رسول الله صلى الله عليه وسلم قال: "سام أبو العرب، ويافث أبو الروم، وحام أبو الحبش". هذا حديث حسن. ويقال: يافث ويافت ويفث" (at-Tirmidhî, 3931) ; cependant il est dha'îf. Puis, après avoir cité les versets que nous évoquerons plus bas ainsi que celui disant qu'un couple de chaque animal fut embarqué dans l'arche, cheikh Thânwî dit : "طوفان کا تمام روئے زمین کے لیے عام ہونا معلوم ہوتا ہے (...)، اور جمہور نے اسی کو اختیار کیا ہے. اور قدرے قلیل کا یہ قول ہے کہ یہ طوفان صرف ارض عرب میں تھا جہاں نوح علیہ السلام تشریف رکھتے تھے؛ اور "وَجَعَلْنَا ذُرِّيَّتَهُ هُمْ الْبَاقِينَ" میں حصر باعتبار خاص ارضِ مغرقينِ ارضِ عرب کے کہتے ہیں، گو دوسرے ممالک کے لوگوں کی نسل باقی ہو؛ اور "لَا تَذَرْ عَلَى الْأَرْضِ مِنَ الْكَافِرِينَ دَيَّارًا" میں بھی "أرض" سے مراد خاص ارض لیتے ہیں" (Bayân ul-qur'ân, 9/126).
– Cheikh Syôhârwî a relaté lui aussi ces deux avis, puis a écrit que le second avis est à son sens le plus pertinent : selon lui le déluge a été régional ; et il dit trouver discutable que tous les humains actuels descendraient de Noé (sur lui soit la paix) : "صحیح مسلک یہی ہے کہ طوفان خاص تھا عام نہ تھا. اور یہ مسئلہ بھی محلِ نظر ہے کہ تمام کائناتِ انسانی صرف حضرت نوح علیہ السلام کی نسل سے ہے. اور آیت "إِنَّكَ إِن تَذَرْهُمْ يُضِلُّوا عِبَادَكَ" بھی کچھ اسی طرف اشارہ کرتی ہے" (Qassas ul-qur'ân 1/76-77) ; "یہ دعوی کے موجودہ کل کائنات صرف نوح کی ذریت ہے، قابل غور ہے" (Qassas ul-qur'ân, note de bas de page sur 3/184).
Voilà deux ulémas indiens ayant vécu à la même époque, qui relatent tous deux les deux avis existants, et qui donnent chacun préférence à un avis différent.
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– Le premier avis se fonde notamment sur le verset qui relate cette invocation de Noé : "Seigneur, ne laisse sur la terre, des incroyants, aucun" : "وَقَالَ نُوحٌ رَّبِّ لَا تَذَرْ عَلَى الْأَرْضِ مِنَ الْكَافِرِينَ دَيَّارًا" (Coran 71/26). Aucun incroyant ne sera donc laissé sur la surface de toute la terre, ce qui montre bien que dans l'esprit de Noé, le cataclysme qu'il demande sera universel.
De plus, un autre verset dit : "Nous avons fait de ses descendants ceux qui survécurent" : "وَجَعَلْنَا ذُرِّيَّتَهُ هُمْ الْبَاقِينَ" (Coran 37/77), c'est-à-dire que ceux qui continuèrent à peupler la terre furent tous des descendants de Noé.
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– Le second avis interprète le premier de ces versets (Coran 71/26) en disant que, ici, "sur la terre" ne désigne pas toute la surface du globe mais seulement la terre de la région.
--- D'ailleurs, dans l'invocation de Noé, juste après avoir demandé au Créateur : "Seigneur, ne laisse sur la terre, des incroyants, aucun" (Coran 71/26), ce prophète dit : "Si tu les laisses (vivre encore), il égareront Tes serviteurs et n'enfanteront que pervers très ingrat" : "إِنَّكَ إِن تَذَرْهُمْ يُضِلُّوا عِبَادَكَ وَلَا يَلِدُوا إِلَّا فَاجِرًا كَفَّارًا" (Coran 71/27).
Après cela, Noé invoque Dieu en ces termes : "Seigneur, pardonne-moi, ainsi qu'à mes deux parents, à celui qui est entré dans la maison en étant croyant, et aux croyants et croyantes. Et n'augmente les injustes qu'en perte" : "رَبِّ اغْفِرْ لِي وَلِوَالِدَيَّ وَلِمَن دَخَلَ بَيْتِيَ مُؤْمِنًا وَلِلْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِنَاتِ وَلَا تَزِدِ الظَّالِمِينَ إِلَّا تَبَارًا" (Coran 71/28).
Il faut savoir que Dieu dit, parlant de Noé : "Et n'avait cru avec lui que peu (de gens)" : "وَمَا آمَنَ مَعَهُ إِلاَّ قَلِيلٌ" (Coran 11/40).
Au verset 71/27, il est relaté que Noé a évoqué 3 groupes :
----- 1) ceux de son peuple qui, malgré sa très longue période de prédication, se sont entêtés dans leur idolâtrie ;
----- 2) ceux qui naîtraient du premier groupe si ce dernier demeurait sur Terre, et que celui-ci éduquerait alors dans l'idolâtrie ;
----- 3) les "'ibâd" de Dieu que le premier groupe pourraient à leur tour égarer.
Or qui donc Noé a-t-il désigné par ce terme "'ibâda-ka" ?
------- a) ceux de son peuple qui étaient alors croyants, et au sujet desquels il redoutait que le premier groupe les mène (ou les ramène) à l'égarement de l'idolâtrie ?
------- b) ceux qui ne faisaient pas partie de son peuple et habitaient dans d'autres régions de la Terre, qui étaient demeurés dans le monothéisme (dans leur peuple aussi il y avait probablement du polycultisme, mais celui-ci n'était pas dominant comme chez le peuple chez qui Noé fut suscité) et au sujet desquels il redoutait que la mécréance du premier groupe, se diffusant, finisse par les atteindre et les toucher, eux ou leur descendance ?
Le fait est que, comme cela est dit dans un autre article, ce qui est certain c'est qu'au début de l'humanité tout le monde était monothéiste, jusqu'à ce qu'ensuite le Shirk Akbar apparaisse : "وَمَا كَانَ النَّاسُ إِلاَّ أُمَّةً وَاحِدَةً فَاخْتَلَفُواْ" (Coran 10/19) ; "وأحسن الأقوال أنهم كانوا على دين واحد مُوحِّدين، فاختلفوا وعبدوا الأصنام" (Zâd ul-massîr). Cependant, plusieurs avis existent quant au moment de cette apparition du premier Shirk Akbar chez des humains : un avis est que cela aurait débuté chez des descendants de Caïn. A retenir cet avis-là :
----- avant Noé le Shirk Akbar aurait déjà existé chez les humains, mais en proportion plus ou moins égale au monothéisme ;
----- par contre, juste avant l'apostolat de Noé, le shirk akbar devint dominant ou seul existant (dans la région où Noé habitait), et c'est pourquoi Dieu dépêcha ce prophète rassûl.
Si on retient la seconde possibilité (b) sus-citée, l'invocation de Noé va dans le sens d'un caractère régional du Déluge. As-Syôharwî a formulé cela ainsi : "صحیح مسلک یہی ہے کہ طوفان خاص تھا عام نہ تھا. اور یہ مسئلہ بھی محلِ نظر ہے کہ تمام کائناتِ انسانی صرف حضرت نوح علیہ السلام کی نسل سے ہے. اور آیت "إِنَّكَ إِن تَذَرْهُمْ يُضِلُّوا عِبَادَكَ" بھی کچھ اسی طرف اشارہ کرتی ہے" (Qassas ul-qur'ân 1/76-77).
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--- Au sujet de cette invocation faite par Noé : "رَبِّ اغْفِرْ لِي وَلِوَالِدَيَّ وَلِمَن دَخَلَ بَيْتِيَ مُؤْمِنًا وَلِلْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِنَاتِ وَلَا تَزِدِ الظَّالِمِينَ إِلَّا تَبَارًا" : "Seigneur, pardonne-moi, ainsi qu'à mes deux parents, à celui qui est entré dans ma maison en étant croyant, et aux croyants et croyantes" (Coran 71/28), on trouve, parmi les commentaires classiques, un commentaire disant que la proposition relative "celui qui est entré dans ma maison en étant croyant" désigne : "celui qui a apporté foi en ma compagnie".
Quant aux termes "les croyants et les croyantes" :
----- on trouve un commentaire disant que Noé parlait là des croyants et croyantes devant apparaître depuis son époque jusqu'à la fin des temps ("وقيل: منزله الذي هو ساكن فيه (...). وانتصاب {مؤمنا} على الحال، أي: "لمن دخل بيتي متصفا بصفة الإيمان"، فيخرج من دخله غير متصف بهذه الصفة كامرأته وولده الذي قال "سآوي إلى جبل يعصمني من الماء" : Fat'h ul-Qadîr. "وعن ابن عباس أيضا: يعني: صديقي الداخل إلى منزلي؛ حكاه الماوردي. وقيل: أراد: داري. وقيل: سفينتي. {وللمؤمنين والمؤمنات} عامة إلى يوم القيامة؛ قاله الضحاك. وقال الكلبي: من أمة محمد صلى الله عليه وسلم. وقيل: من قومه" : Tafsîr ul-Qurtubî) ;
----- mais y aurait-il un Commentateur fiable qui a dit que Noé évoquait là les croyants et croyantes d'autres peuples, habitant d'autres régions de la Terre, à la même époque que la sienne ? Je ne sais pas (لا أدري), mais je recherche pareil commentaire.
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--- Par ailleurs, dans le Coran on lit que Noé fut suscité à son peuple (qawm), et que c'est son peuple qui fut détruit : "وَلَقَدْ أَرْسَلْنَا نُوحًا إِلَى قَوْمِهِ. فَلَبِثَ فِيهِمْ أَلْفَ سَنَةٍ إِلَّا خَمْسِينَ عَامًا. فَأَخَذَهُمُ الطُّوفَانُ وَهُمْ ظَالِمُونَ" (Coran 29/14) ; "وَأُوحِيَ إِلَى نُوحٍ أَنَّهُ لَن يُؤْمِنَ مِن قَوْمِكَ إِلاَّ مَن قَدْ آمَنَ فَلاَ تَبْتَئِسْ بِمَا كَانُواْ يَفْعَلُونَ" (Coran 11/36). Or, dans un célèbre hadîth, le prophète Muhammad (sur lui soit la paix) a dit qu'il a été suscité à tous les habitants de la Terre, alors que les prophètes-messagers avant lui ne furent suscités qu'à leur peuple : "عن جابر بن عبد الله، أن النبي صلى الله عليه وسلم قال: "أعطيت خمسا لم يعطهن أحد قبلي: نصرت بالرعب مسيرة شهر، وجعلت لي الأرض مسجدا وطهورا، فأيما رجل من أمتي أدركته الصلاة فليصل، وأحلت لي المغانم ولم تحل لأحد قبلي، وأعطيت الشفاعة، وكان النبي يبعث إلى قومه خاصة وبعثت إلى الناس عامة" (al-Bukhârî, 328, Muslim, 521).
Si Noé fut bien suscité à son peuple seulement, alors, sachant que Dieu ne suscite sur des gens kâfir un châtiment de destruction terrestre complète qu'après qu'un prophète leur soit venu et qu'ils aient refusé de se conformer à sa prédication ("وَمَا كُنَّا مُعَذِّبِينَ حَتَّى نَبْعَثَ رَسُولاً" : Coran 17/15) :
----- soit - si on est de l'avis qui dit que le Déluge toucha toute la surface de la Terre - on est amené à interpréter ce hadîth en disant :
------- soit que, sur toute la Terre, il n'existait alors que le peuple de Noé ;
------- soit que, malgré que beaucoup d'autres peuples existaient alors sur toute la Terre, et, bien que Noé n'ait pas été suscité pour ces peuples-là aussi, son message finit par parvenir à eux aussi (durant son vivant même) et ces autres peuples aussi refusèrent de revenir à l'adoration de Dieu Seul ;
----- soit on est amené à reconnaître que ce hadîth va dans le sens de l'avis d'un Déluge seulement régional.
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--- Que les termes "la terre" (en Coran 71/26) désignent seulement la portion de la Terre où Noé vivait, cela est exactement comme dans cet autre verset coranique : "Ils ont failli t'arracher de la terre, afin de t'en exiler" : "وَإِن كَادُواْ لَيَسْتَفِزُّونَكَ مِنَ الأَرْضِ لِيُخْرِجوكَ مِنْهَا وَإِذًا لاَّ يَلْبَثُونَ خِلافَكَ إِلاَّ قَلِيلاً" (Coran 17/76) : ici aussi le mot "terre" ("ardh") est employé avec l'article défini al-, et pourtant, il va de soi que l'exil ne peut avoir lieu que d'une partie de la terre – la ville dans laquelle le Prophète vivait, la Mecque, ou, selon un autre commentaire, la région dans laquelle il vivait, le Hedjaz – et non de toute la surface du globe, sinon ce n'est plus un exil mais un assassinat.
Il existe encore d'autres versets du Coran où les termes "la terre" ne désigne pas toute la terre mais seulement la terre où le locuteur se trouve.
--- Quant au verset 37/77, il parlerait de même de "ceux qui survécurent" dans la région.
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II)
Vous avez confondu "Djûdî" – évoqué dans ce verset : "وَقِيلَ يَا أَرْضُ ابْلَعِي مَاءكِ وَيَا سَمَاء أَقْلِعِي وَغِيضَ الْمَاء وَقُضِيَ الأَمْرُ وَاسْتَوَتْ عَلَى الْجُودِيِّ وَقِيلَ بُعْداً لِّلْقَوْمِ الظَّالِمِينَ" : Coran 11/44 – avec "Judée" à cause de la similitude entre l'orthographe et la phonétique de ces deux termes dans notre langue, le français.
Or, en arabe, "Judée" ne se dirait pas "Djûdî" mais "Yahûdiyya", exactement comme "Juda" se dit : "Yahûdâ" ; "Juif" : "Yahûdî" ; et "judaïsme" : "yahûdiyyah".
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III)
Ce n'est pas parce que certains éléments d'un récit présent dans des textes dits "religieux" ont été découverts dans des traditions présentes dans la même région que celle où ces textes ont été rédigés que les premiers ont forcément été recopiés sur les seconds.
Quel lien logique formel y a-t-il là ?
Nous musulmans y voyons au contraire un indice supplémentaire allant dans le sens de l'idée que ces textes "religieux" relatent un récit qui s'est réellement et historiquement passé, puisque relaté par d'autres sources aussi, différentes.
"Mésopotamie" signifie : "entre les deux eaux" : il s'agit du pays entre les deux fleuves, le Tigre et l'Euphrate. Ce pays est recouvert d'une couche d'argile limoneuse, peut-être le témoignage d'un temps où toute la plaine était recouverte d'une immense coulée d'eau. Serait-ce une trace du Déluge ?
Il faut également noter que le Coran ne dit pas combien de temps avant notre époque le Déluge s'est-il déroulé.
Et vous avez cité Jean Bottéro, qui a découvert l'épopée de Gilgamesh, où se trouve un récit du déluge dans sa version babylonienne. Mais on a aussi trouvé trace d'un récit du déluge chez d'autres peuples ; tous font état d'un héros ayant réussi à échapper au déluge. Ce héros est appelé Ziusudra dans la tradition sumérienne, Utnapishtim dans la tradition assyrienne, Naahmuliel dans la tradition hittite, et Manu dans la tradition indienne.
Je rappelle en passant que si les récits de ces traditions parlent tous d'un déluge, de la destruction d'humains et d'un héros qui est sauvé, le cadre dans lequel ces éléments sont insérés est différent. Ainsi, les Ecritures monothéistes parlent du sauvetage de Noé et de l'anéantissement des incroyants, alors que dans la tradition babylonienne, le récit du déluge est inséré dans une histoire qui fait intervenir Gilgamesh, un homme à la recherche de l'immortalité, et qui, dans sa quête, finit par arriver jusqu'au Supersage – c'est celui qui a été sauvé du déluge, l'équivalent de Noé –, lequel lui annonce que l'immortalité n'existe pas et qu'il doit donc se résigner à mourir un jour.
Il est également à noter que les Ecritures monothéistes parlent d'un déluge ayant pour objectif l'anéantissement des hommes mauvais. Tandis que dans l'Epopée de Gilgamesh, l'explication du déluge est tout autre et relève de la légende : le texte de l'Epopée dit qu'il y avait les dieux fainéants et les dieux travailleurs, les premiers gouvernant la vie et les derniers l'organisant ; or, un jour, les dieux travailleurs sont las d'agir alors que les premiers se prélassent, et décident de cesser leurs activités ; les fainéants sont alors dépourvus ; mais l'un d'eux, Enki-Ea, crée alors l'homme, qui agira pour eux ; le problème c'est que les hommes, ne connaissant pas la maladie et vivant très longtemps, se multiplient au point d'emplir la terre ; les dieux fainéants sont bientôt indisposés par cette bruyante multitude ; Enlil, leur roi, décide alors d'anéantir les hommes ; il leur envoie l'Epidémie, puis la Sécheresse et la Famine ; mais à chaque fois Enki-Ea agit pour que les hommes, ses créatures à lui, ne soient pas détruits. Alors Enlil décide d'envoyer le Déluge, et fait promettre à tous les fainéants de ne rien dire aux hommes ; mais Enki-Ea s'arrange pour avertir le Supersage de l'imminence du fléau, par l'intermédiaire d'un songe prémonitoire. A la suite de cela, Enki-Ea peut négocier avec Enlil un nouveau statut pour les hommes : une vie plus courte, des maladies, etc.
Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).