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Pour attribuer à Dieu un Acte (Fi'l), un Attribut (Wasf/Sifa) ou un Nom Qualificatif (Ism Sifa), est-il nécessaire ou non que ces termes aient été employés au sujet de Dieu dans le Coran ou la Sunna ? (6/7)

Par Anas • 23 oct, 2010 • Catégorie: - 2.1 - Généralités, 1.3 - Les (99 et plus) Noms de Dieu (أسماء الله)

Ibn Taymiyya écrit qu'il existe sur le sujet 3 avis :
Avis a) on ne peut employer, au sujet de Dieu, que les termes qui ont dûment été employés à Son Sujet dans le Coran ou la Sunna, et rien d'autre ;
Avis b) on peut également employer, au sujet de Dieu, un terme qui n'a pas été employé dans le Coran ni la Sunna au sujet de Dieu, mais dont le sens est correct par rapport à l'Etre de Dieu ;
Avis c) on peut employer, pour donner une information au sujet de Dieu, un nom qui n'a pas été employé dans le Coran ni la Sunna au sujet de Dieu, mais dont le sens est établi au sujet de Dieu. Par contre, invoquer Dieu ne peut être fait que par l'un de Ses Noms les plus Beaux (Asmâ' Husnâ).

Pour Ibn Taymiyya, c'est l'avis c qui est pertinent (Al-Jawâb us-sahîh 3/163).

Voici l'originel arabe de son écrit : "وذلك أن المسلمين في أسماء الله تعالى على طريقتين، فكثير منهم يقول: إن أسماءه سمعية شرعية، فلا يسمى إلا بالأسماء التي جاءت بها الشريعة، فإن هذه عبادة، والعبادات مبناها على التوقيف والاتباع. ومنهم من يقول: ما صح معناه في اللغة، وكان معناه ثابتا له، لم يحرم تسميته به، فإن الشارع لم يحرم علينا ذلك، فيكون عفوا. والصواب القول الثالث: وهو أن يفرق بين أن يدعى بالأسماء أو يخبر بها عنه؛ فإذا دعي لم يدع إلا بالأسماء الحسنى كما قال تعالى: ولله الأسماء الحسنى فادعوه بها وذروا الذين يلحدون في أسمائه؛ وأما الإخبار عنه فهو بحسب الحاجة" (Al-Jawâb us-sahîh 3/163).

C'est ce que son élève Ibn ul-Qayyim a formulé ainsi : "وكذلك باب الإخبار عنه بالاسم أوسع من تسميته به؛ فإنه يخبر عنه بأنه "شيء" و"موجود" و"مذكور" و"معلوم" و"مراد"؛ ولا يسمى بذلك" (Madârij us-sâlikîn, 3/433 dans l'édition que je possède).

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I) Il y a donc deux chapitres distincts et différents : celui de donner une information au sujet de Dieu, et celui d'invoquer Dieu en L'appelant par un Nom :

Ces deux chapitres sont différents dans la mesure où le premier offre plus de latitude que le second :
– on peut dire de Dieu : "الله فاعل" (le terme "fâ'ïl" étant alors khabar, c'est-à-dire, en grammaire française : prédicat /attribut du sujet) : cela relève de l'information (ikhbâr 'an illâh) ;
– mais on ne peut pas dire à Dieu : "اللهم أنت فاعل" (du'â uth-thanâ'), ni : "يا فاعل، انصرني" (du'â ul-mas'ala) : cela relève de l'invocation (du'â ullâh).

Or on ne peut invoquer Dieu que par le moyen de l'un de Ses Noms les plus Beaux (Asmâ' Husnâ) : soit Son Nom Propre (ism dhât) (اسم ذات) ; soit un de Ses Noms qualificatifs (ism sifa) (اسم صفة). (Il est à noter que Ses Noms Qualificatifs sont plus nombreux que 99 : cliquez ici et ici).

Un Attribut (wasf/sifa) (صفة) dont on sait que Dieu en est Détenteur car cela est dit explicitement dans le Coran (par exemple Rahma – Miséricorde –, Quwwa – Force –), on ne peut pas lui adresser directement une invocation : on ne peut pas dire : "O Miséricorde de Dieu, aide-moi !", ni : "O Miséricorde de Dieu, combien tu es vaste !" (يا رحمةَ الله) (nous avons déjà exposé cela dans un autre article). Par contre, on peut invoquer Dieu en utilisant, avant cet Attribut, un terme qui fait un lien entre lui et son Détenteur (Dieu) : "يا ذا الْجَلَالِ وَالْإِكْرَامِ" ("O Détenteur de la Majesté et de la Faveur!") ; "يا مَن رحمتُه وسعَتْ كل شيء" ("O Celui dont la Miséricorde englobe toute chose !").

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II) Si le chapitre de l'information donnée au sujet de Dieu offre plus de latitude que celui de l'invocation adressée à Dieu, cela ne signifie pas qu'il ne s'y trouve pas malgré tout certaines normes :

En fait il y a 4 cas de figure à propos des termes qui existent et qui pourraient théoriquement être employés au sujet de Dieu...

– Cas 1 : Le sens que le terme véhicule constitue en soi une Faiblesse, une Imperfection : "tomber malade" / "être malade" ; "mourir" / "être mort" ; "se fatiguer" / "être fatigué" ; etc. ;
– Cas 2 : Le sens que le terme véhicule constitue en soi tantôt une Perfection, tantôt une Imperfection : "ruser" ; "se moquer de" ; "tromper" ;
– Cas 3 : Le sens que le terme véhicule constitue en soi une Perfection, mais peut constituer, en fonction de certaines des choses auxquelles il est lié, une Imperfection : "vouloir" : cela constitue une perfection ; mais si l'être veut ce qui est en soi et de façon absolue le mal, là cela devient une imperfection ;
– Cas 4 : Le sens que le terme véhicule constitue en soi et de façon inconditionnelle une Perfection : "faire miséricorde" / "être miséricordieux".

(Shar'h ul-qawâ'ïd il-muthlâ fî sifât illâhi wa asmâ'ihi-l-husnâ, Ibn ul-Uthaymîn, pp. 11-13.)

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Le Cas 1 : Le sens que le terme véhicule constitue en soi (في نفس المعنى) un Défaut, ou bien une Faiblesse (une Imperfection) (نقص في كلّ حال) :

Un tel terme, on ne peut l'employer au sujet de Dieu :
– ni pour donner une information au sujet de Dieu ;
ni pour invoquer Dieu.

On n'emploiera donc évidemment pas au sujet de Dieu les noms qualificatifs "faible" (ضعيف), "fatigué" (تعبان), "malade" (مريض), "mort" (ميِّت), "triste" (حزين), "affamé" (جائع), ni les verbes leur correspondant ("s'affaiblir", "être trop faible pour", etc.), ni les attributs en étant les substantifs ("la faiblesse", etc.).

De tels qualificatifs n'ont pas été employés au sujet de Dieu dans le Coran ni dans la Sunna.

Ici la question de l'intention et de la perception ne se pose absolument pas : il est évidemment impossible d'employer de tels termes au sujet de Dieu.

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Le Cas 2 : Le sens que le terme véhicule peut constituer en soi (في نفس المعنى) une Perfection comme une Imperfection, de façon égale (هو كمال في حال و نقص في حال) :

Un tel terme :
– on peut l'employer (sous la forme du verbe présent dans les textes, sous la forme de l'attribut présent dans les textes, voire même du nom qualificatif extrait du verbe ou de l'attribut ayant été employé dans les textes) au sujet de Dieu pour donner une information au sujet de Dieu, mais à condition de respecter les nuances avec lesquelles ce terme a été employé dans le Coran ou la Sunna (يذكر مقيَّدًا كما ورد في النص) ;
– par contre on ne peut pas du tout l'employer pour invoquer Dieu.

Le fait est qu'il est certains Ism, Fi'l ou Wasf/Sifa dont la raison humaine constate bien que, malgré qu'ils ont été employés au sujet de Dieu dans le Coran ou la Sunna, ils ne véhiculent pas tels quels un sens de perfection (kamâl) : ils ne véhiculent cela que par rapport à quelque chose de précis (هو كمال إذا كان مقيَّدًا بمتعلق خاصّ). Et, d'ailleurs, une lecture attentive du texte dans lequel ils ont été employés au sujet de Dieu révèle que c'est de cette façon restreinte que ces Ism, Fi'l et Wasf/Sifa y ont été employés au sujet de Dieu.
Il faut donc veiller à bien reproduire les nuances avec lesquelles ils y ont été employés.
Parlant de Fi'l de ce genre, Ibn ul-Qayyim écrit : "Dieu, Elevé, ne S'est pas qualifié par le "كيد", le "مكر", le "خداع" et le "استهزاء" tels quels (mutlaqan) (...). Ces Af'âl ne sont pas loués tels quels (mutlaqan), mais ils sont loués dans un lieu et blâmés dans un autre. Il n'est pas donc pas autorisé de les attribuer à Dieu tels quels (mutlaqan). On ne dira donc pas : "الله يمكر و يخادع و يستهزئ و يكيد" ("Dieu ruse, trompe, se moque, fait un stratagème")". (...) Ce que (je) veux dire c'est que Dieu, Elevé, ne S'est qualifié par le "كيد", le "مكر", le "خداع" et le "استهزاء" qu'à titre de rétribution pour celui qui fait ainsi injustement" (Mukhtassar as-sawâ'ïq il-mursala, p. 407).
On ne peut donc pas dire, même à titre de pure information (ikhbâr) : "Dieu est Celui qui Trompe" ("الله خادِعٌ"). Certes, Dieu a employé ce Ism Sifa : "خادِعٌ" à Son propre Sujet dans le Coran, mais c'est uniquement par rapport à ceux qui cherchent à Le tromper, à savoir les Hypocrites. Il dit ainsi : "Les Hypocrites (cherchent à) tromper Dieu, alors que Lui est Celui qui les trompe" (و هو خادعهم) (Coran 4/142)". Attention, donc, à ne pas employer de façon absolue (mutlaqan) un tel qualificatif. Tout ce qu'on peut dire c'est donc : "Dieu trompe ceux qui cherchent à Le tromper".
De même, on ne peut pas dire : "Dieu oublie" ("ينسى الله"). Certes, Dieu a employé ce verbe (Fi'l) : "نسي" à Son propre Sujet dans le Coran, mais c'est uniquement par rapport à ceux qui L'oublient, à savoir les Hypocrites (munâfiq) ; de même que, de façon plus générale, tous ceux qui seront morts incroyants (kâfir) et n'auront donc pas préparé (ou pas préparé au point d'apporter la foi que Dieu agrée) la venue du Jugement Dernier. Il dit : "(Les Hypocrites) ont oublié Dieu, alors Il les a oubliés" (فنسيهم) (Coran 9/67). A propos de ce qui se passera le Jour Dernier, Dieu dit : "Il sera dit : "Aujourd'hui Nous vous oublions, comme vous aviez oublié la rencontre du jour que voici"" (45/34). Tout ce qu'on peut dire c'est donc : "Dieu oublie ceux qui ont choisi de L'oublier".
On ne peut pas dire non plus : "Dieu ruse" ("يمكر الله"). Certes, Dieu a employé ce verbe (Fi'l) : "يمكر" à Son propre Sujet dans le Coran, mais c'est uniquement par rapport à ceux qui eux-mêmes rusent contre Son Plan. Il dit : "Et ils ourdirent une ruse, et Nous ourdîmes une ruse alors qu'ils ne s'en rendaient pas compte" (27/50) ; "Et ils rusèrent, et Dieu rusa, et Dieu est le meilleur de ceux qui rusent" (3/54). Tout ce qu'on peut dire c'est donc : "Dieu fait une ruse face à ceux qui rusent contre Son Plan".
La même chose est valable par rapport aux verbes "كاد" ("faire un stratagème") et "استهزء" ("se moquer de") : on ne peut utiliser pas ces verbes tels quels (mutlaqan) au sujet de Dieu ; si on veut les utiliser, on doit les faire suivre de la même nuance qu'ils ont dans le Coran.

Pareillement, il est certains Fi'l ou Wasf/Sifa dont la raison humaine constate bien que, malgré qu'ils ont été employés au sujet de Dieu dans le Coran ou la Sunna, ils véhiculent un sens constituant un tort, un méfait (dharar, sharr) (celui-ci ne pouvant évidemment être que partiel, juz'î, et relatif, idhâfî, par rapport à des créatures), et la Perfection réside dans le fait que ce sont les deux Fi'l que Dieu fait : celui qui constitue pour les créatures un bienfait, et celui qui est son opposé et cause aux créatures un méfait. Dès lors, par respect pour Dieu, le Fi'l qui constitue un méfait pour les créatures, on ne l'attribue pas à Dieu de façon isolée, mais on le Lui attribue en conjonction avec ce qui constitue un bienfait. C'est d'ailleurs avec cette mise en opposition, ce parallélisme, que ces Fi'l et Wasf/Sifa ont été employés au sujet de Dieu dans le Coran ou la Sunna : "Dieu égare ("يضلّ") qui Il veut et guide ("يهدي") qui Il veut" (Coran 35/8) ; Abraham avait dit : Dieu est "Celui qui me fera mourir ("يُميتني") puis me fera (re)vivre ("يُحْيِيني")" (Coran 26/81). Quand on donne une information au sujet de Dieu (ikhbâr 'an illâh) en employant des Fi'l de ce genre, il faut donc veiller à bien reproduire ce parallélisme, et non pas dire seulement par exemple : "Dieu égare".
Ibn ul-Qayyim
a écrit des lignes exposant cela. Il justifie cela ainsi : "Car la perfection (kamâl) réside dans la conjonction de chacun de ces Noms avec ce qui lui fait face. Car ce qui est voulu dire c'est que (Dieu) est Seul à gérer les créatures : dans le fait de donner et dans celui de retenir ; dans le fait de causer du bienfait et dans celui de causer un tort ; dans le fait de pardonner et dans celui de punir" (Badâ'ï' ul-fawâ'ïd, p. 144, Dix-septième point).

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Le Cas 3 : Le sens que le terme véhicule constitue en soi (في نفس المعنى) une Perfection ; cependant, en fonction de certaines des choses auxquelles il est lié (متعلق), cela en devient parfois une Imperfection (فهو كمال و لكن ليس غاية الكمال) :

Un tel terme :
– on peut l'employer (sous la forme du verbe présent dans les textes, voire même du nom qualificatif extrait du verbe ayant été employé dans les textes) tel quel (mutlaqan) au sujet de Dieu pour donner une information à Son sujet ;
– par contre on ne peut pas l'employer pour invoquer Dieu.

Ainsi, Dieu a dit de Sa Création : "صُنْع الله" (Sun' Allâh) (Fait de Dieu) (Coran 27/88) (certes, cela est en réalité ici un participe passif, pour "masnû' allâh", cependant cela sous-tend l'existence de l'action de Dieu qu'est le "Sun'"). Par contre, Il n'a pas dit qu'Il est "صانِع" (Sâni') (Celui qui fait). Peut-on alors déduire ce terme "Sâni'" du nom d'action "Sun'" employé en Coran 27/88 ?
- Peut-on dire : "الله صانِع" ("Dieu est Celui qui fait") ? Oui, car il s'agit d'une information qu'on donne au sujet de Dieu.
- Mais peut-on dire que "صانِع" (Sâni') fait partie des Noms Qualificatifs les plus Beaux (Asmâ' Husnâ) de Dieu ? Non. Dès lors, on ne peut pas invoquer Dieu en Lui disant : "اللهم أنت صانِع" (du'â uth-thanâ'), ni : "يا صانِع، انصرني" (du'â ul-mas'ala).

La même chose peut être dite de "متكلم", "مريد", "فاعل", etc.

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Le Cas 4 : Le sens que le terme véhicule constitue en soi et de façon inconditionnelle une Perfection (فهو غاية الكمال) :

Un tel terme :
on peut l'employer (sous la forme du verbe présent dans les textes, voire même du nom qualificatif extrait du verbe ayant été employé dans les textes) tel quel (mutlaqan) au sujet de Dieu pour donner une information au sujet de Dieu ;
– et on peut l'employer tel quel (mutlaqan) pour invoquer Dieu.

Ainsi, le Nom Qualificatif "رَحِيْم", on peut l'employer pour donner une information au sujet de Dieu, et dire : "الله رَحِيْم" ("Dieu est Miséricordieux"), et on peut l'employer pour invoquer Dieu et dire : "اللهم أنت رَحِيْم" (du'â uth-thanâ'), ou : "يا رَحِيْم، انصرني" (du'â ul-mas'ala).

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III) Un autre écrit de Ibn Taymiyya :

Des 3 avis (a, b et c) cités en début d'article, Ibn Taymiyya pense, nous l'avons dit, que c'est le c qui est pertinent.

En un autre écrit, Ibn Taymiyya a exposé la conséquence de cet avis là ainsi :
"ويفرق بين دعائه والإخبار عنه:
فلا يدعى إلا بالأسماء الحسنى؛
وأما الإخبار عنه فلا يكون باسم سيئ، لكن قد يكون باسم حسن، أو باسم ليس بسيئ وإن لم يحكم بحسنه؛ مثل اسم "شيء"، و"ذات"، و"موجود" (إذا أريد به "الثابت"؛ وأما إذا أريد به "الموجود عند الشدائد" فهو من الأسماء الحسنى)، وكذلك "المريد" و"المتكلم" (فإن الإرادة والكلام تنقسم إلى محمود ومذموم، فليس ذلك من الأسماء الحسنى). بخلاف "الحكيم"، و"الرحيم" و"الصادق" ونحو ذلك، فإن ذلك لا يكون إلا محمودًا" (MF 6/142).

On voit ici qu'il existe théoriquement 4 types de noms qualificatifs :
type 1) le nom qui exprime un sens qui est mauvais (par rapport aux Attributs de Dieu) (الاسم السيء) ;
type 2) le nom qui exprime un sens qui n'est pas mauvais, mais qui n'exprime pas non plus une chose bonne (الاسم الذي ليس سيئًا وإن لم يحكم بحسنه) ;
type 3) le nom qui exprime un sens qui est bon (الاسم الحسن) ;
type 4) le nom qui exprime un sens qui est excellent (الاسم الأحسن).

Le type 1 exposé ici correspond au cas 1 évoqué plus haut.
Le type 2 correspond au cas 2.
Le type 3 correspond au cas 3.
Et le type 4 correspond au cas 4.

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IV) Un point supplémentaire à propos des Noms qui ne sont pas qualificatifs (اسم جامد) :

Un tel nom (il s'agit d'un nom n'étant pas dérivé d'un nom d'action, et qu'on appelle en arabe : ism jâmid (اسم جامد)), qui a dûment été employé dans le Coran ou la Sunna au sujet de Dieu :
on peut l'employer pour donner une information au sujet de Dieu ;
– on ne peut pas l'employer pour invoquer Dieu (vu qu'un tel nom, n'étant pas qualificatif, ne fait pas partie des Asmâ' Husnâ ; or on ne peut invoquer Dieu que par un de Ses Asmâ' Husnâ).

Ainsi on peut dire, comme al-Bukhârî l'a expliqué : "Allâhu Shay'un" (الله شيء) ("Dieu est Shay'"), puisqu'Il a dit dans le Coran : "Qul ayyu shay'in akbaru shahâdah ? Quli'llâh" (Coran 6/19) (voir Sahîh ul-Bukhârî, kitâb ut-tawhîd, bâb 21).
Par contre, on ne peut donc pas dire : "Yâ Shay' !" (يا شيء).

De même, le Prophète (sur lui soit la paix) a relaté que Dieu a dit : "Wa ana-d-dahr (و أنا الدهر), bi yadi-l-amr, uqallibu-l-layla wa-n-nahâr" ("Je suis l'époque, dans Ma Main se trouve la décision, Je fais tourner la nuit et la journée") (al-Bukhârî 7053 etc., Muslim 2246) : en fait le cas de ce nom est différent du précédent, car ici il y a un autre nom qui est sous-entendu : "muqallib" : "ana-d-dahr" signifie : "ana muqallib ud-dahr".
Par contre, on ne peut pas non plus dire à Dieu "Yâ Dahr !" (يا دَهْر).

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V) Peut-on employer des Noms qui ont le même sens que ceux ayant été employés dans le Coran et la Sunna ?

Le terme arabe "شيء" signifie "موجود" (Existant), comme Ibn Hajar l'a écrit en toutes lettres (Fat'h ul-bârî 13/493). C'est pourquoi on peut employer ce second terme aussi pour donner une information au sujet de Dieu, et dire : "الله موجود".

De même, "قائم بنفسه" (Ne Dépendant de rien, Etant suffisant à Lui-même pour Etre) ressort des Noms Qualificatifs de Dieu "صمد" et "قيّوم", et on peut donc donner une information au sujet de Dieu en employant ce terme, et dire : "الله قائم بنفسه".

De même, on peut dire : "الله ذات" (Ibn Taymiyya l'a écrit, voir le début de cet article), bien que ce terme ne figure pas dans le Coran ni la Sunna, ni ne constitue la traduction de termes y figurant ; en fait le sen qu'il a exprime bien une réalité qui s'applique à Dieu. On peut donc employer ce terme au sujet de Dieu. Par contre, on ne peut pas invoquer Dieu par son biais.

A quelqu'un qui lui avait demandé s'il est vrai qu'on ne peut invoquer Dieu que par le moyen des 99 Noms évoqués dans le hadîth et qu'on ne peut donc pas L'invoquer par "يا دليل الحائرين", Ibn Taymiyya répondit que selon l'avis correct, on pouvait L'invoquer par ce Nom (MF 22/481-482). Le fait est que ce Nom a le même sens que "هادي الضالّين".

Par contre, tout Ism Jâmid ou Ism Sifa qui n'a été employé au sujet de Dieu ni dans le Coran ni dans la Sunna, et qui n'est pas non plus le synonyme d'un Ism qui y a dûment été employé (lâ yurâdifu), on ne peut pas l'employer au sujet de Dieu, même pour donner une information à Son Sujet. Ainsi, on ne peut pas dire : "الله جسم" "Dieu est un Jism : un Corps".
Ibn Taymiyya fut convoqué en l'an 705 de l'hégire par le gouverneur résidant à Damas, sur ordre du roi mamelouk, résidant en Egypte, pour un débat contradictoire (munâzara) au sujet des croyances qu'ils professait au sujet de Dieu. Il relate lui-même les faits. Sont appelés : les juges de Damas, leurs suppléants, les muftis et les maîtres soufis (mashâ'ïkh) (MF 3/160-161). A un moment donné, sur questionnement de l'un de ses contradicteurs, Ibn Taymiyya explique qu'il emploie au sujet de Dieu les Sifât que Lui-même a employés à Son Sujet ou que le Prophète a employés à Son Sujet, sans tomber dans le tamthîl ("comme...") ni le takyîf ("comment..."). "L'un des grands opposants, relate Ibn Taymiyya, dit alors : "A ce moment là, il serait autorisé de dire : "هو جسم لا كالأجسام" ("(Dieu) est un Corps, pas comme les corps") ! " Moi et certain des vertueux présents lui dîmes alors : "Ce qui a été dit c'est qu'on qualifie Dieu de ce dont Il s'est qualifié Lui-même, ou de ce dont Son Messager, qu'Il le bénisse et le salue, L'a qualifié. Or dans le Coran et la Sunna il n'y a pas que Dieu est un Jism, de sorte que cette question soit impliquée"" (Majmû' ul-fatâwâ, 3/168).

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).