De la différence entre "causer du déplaisir" (Îdhâ') et "causer du tort" (Dharr) - الفرق بين الإيْذَاء والضَّرّ

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I) Le Adhâ et le Dharar :

--- Il y a le "Adhâ", "أذًى".
--- Et il y a le "Dharar", "ضَرَرٌ".
Comme nous le verrons tout au long de cet article :

le terme "أذًى" est plus général que celui de "ضرر" :
--- tout "ضرر" constitue un "أذًى" aussi ;
--- alors que tout "أذًى" ne constitue pas du "ضرر" aussi : certains "أذًى" constituent du "ضرر" aussi, mais d'autres "أذًى" ne constituent pas du "ضرر".

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--- "Îdhâ'", "إِيْذَاء", est le nom d'action du verbe du groupe IV : il signifie : "causer (à quelqu'un) du déplaisir, du Adhâ" (أذًى).
--- "Dharr", "ضَرّ", est le nom d'action d'un verbe du groupe I ; il signifie pour sa part : "causer (à quelqu'un) du tort, du Dharar" (ضَرَرٌ) ("ضَرّ" est donc le nom d'action, masdar, signifiant : "faire l'action de causer du tort" ; et c'est ce "tort" qui se dit pour sa part : ""ضَرَرٌ" -, et on le trouve dans "غَيْرُ أُوْلِي الضَّرَرِ", Coran 4/95) (quant au terme "ضُرّ" - que l'on retrouve dans par exemple "يَا أَيُّهَا الْعَزِيزُ مَسَّنَا وَأَهْلَنَا الضُّرُّ", Coran 12/88 -, il est encore différent : lui signifie : "état mauvais, déplorable" : "سوء الحال" : Al-Muf'radât).

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--- "Ta'adhdhî", "تَأذِّي", est le nom d'action du verbe du groupe V : il veut dire : "prendre du déplaisir de (quelque chose)".
--- "Tadharrur", "تَضَرُّر", est le nom d'action du verbe du groupe V : il veut dire : "pâtir de (quelque chose)".

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II) Les réalités du "Îdhâ'" et du "Dharr" :

Le "Ta'adhdhî", "prendre déplaisir de (quelque chose)" (verbe du groupe V), c'est une action intérieure, que connaît celui vis-à-vis de qui une personne fait quelque chose qu'il n'aime pas - lâ yuhibbu-hû - ; que cela - étant injustifié - constitue du Zulm, "injustice" ; ou que cela - étant justifié - ne constitue pas du Zulm, "injustice".

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Tandis que causer du tort (Dharr), on ne peut le faire qu'à celui que telle chose met en danger, ou cause chez lui un "manque à gagner" (Nuqsân) : lui infliger cette chose, c'est lui causer du tort.

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La même chose peut d'ailleurs être dite pour le contraire, à savoir : "causer du bien à...", "Naf'" : cela ne peut se faire que vis-à-vis de l'être qui a besoin de quelque chose (Hâja), ou qui souffre si telle autre chose l'atteint, parce que lui causant du tort (Dharar).

Dans le Coran, ce couple de termes revient souvent : "Naf'", "نفْع", et "Dharr", "ضَرّ" : voici quelques versets où on le retrouve :
--- "قُلْ أَتَعْبُدُونَ مِن دُونِ اللّهِ مَا لاَ يَمْلِكُ لَكُمْ ضَرًّا وَلاَ نَفْعًا" (Coran 5/76) ; "قُلْ أَفَرَأَيْتُم مَّا تَدْعُونَ مِن دُونِ اللَّهِ إِنْ أَرَادَنِيَ اللَّهُ بِضُرٍّ هَلْ هُنَّ كَاشِفَاتُ ضُرِّهِ، أَوْ أَرَادَنِي بِرَحْمَةٍ هَلْ هُنَّ مُمْسِكَاتُ رَحْمَتِهِ" (Coran 39/38) ;
--- "يَدْعُو مِن دُونِ اللَّهِ مَا لَا يَضُرُّهُ وَمَا لَا يَنفَعُهُ ذَلِكَ هُوَ الضَّلَالُ الْبَعِيدُ يَدْعُو لَمَن ضَرُّهُ أَقْرَبُ مِن نَّفْعِهِ لَبِئْسَ الْمَوْلَى وَلَبِئْسَ الْعَشِيرُ" (Coran 22/12-13) ;
--- "قُل لاَّ أَمْلِكُ لِنَفْسِي نَفْعًا وَلاَ ضَرًّا إِلاَّ مَا شَاء اللّهُ" (Coran 7/188).

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--- Si ce qui cause à un être précis du "Adhâ", cela ne lui cause pas, aussi, de manque ni d'excès extérieurs, ni ne l'afflige intérieurement, alors cela lui cause du Adhâ mais pas du Dharar :

Ce qui a été dit précédemment explique bien pourquoi, employé avec comme complément d'objet direct les noms "Dieu et Son Messager", on trouve dans le Coran le terme "Îdhâ'", "causer du déplaisir".
Dieu dit ainsi : "Ceux qui causent du déplaisir à Dieu et Son Messager, Dieu les éloigne (de Sa Miséricorde) dans la vie basse et la (demeure) dernière..." : "إِنَّ الَّذِينَ يُؤْذُونَ اللَّهَ وَرَسُولَهُ لَعَنَهُمُ اللَّهُ فِي الدُّنْيَا وَالْآخِرَةِ وَأَعَدَّ لَهُمْ عَذَابًا مُهِينًا" (Coran 33/57) : il s'agit du fait d'attribuer à Dieu des associés dans Son caractère divin ("اختلف العلماء في أذية الله بماذا تكون؟ فقال الجمهور من العلماء: معناه: بالكفر ونسبة الصاحبة والولد والشريك إليه، ووصفه بما لا يليق به" : Tafsîr ul-Qurtubî ; "هم الكفار يصفون الله بما هو منزه عنه من الولد والشريك ويكذبون رسوله" : Tafsîr ul-Jalâlayn).
Et on trouve dans la Sunna le même terme employé avec pour complément d'objet direct le Nom "Dieu" : "Dieu a dit : "Le fils d'Adam Me cause du déplaisir : il dit du mal de l'époque. Alors que Je suis (Celui qui gère les événements de) l'époque : la Décision est dans Ma Main ; J'alterne la nuit et le jour" : "قال الله عز وجل: "يؤذيني ابن آدم يسب الدهر؛ وأنا الدهر ، بيدي الأمر أقلب الليل والنهار" (al-Bukhârî, 4549, Muslim, 2246) ; "Nul n'est autant patient que Dieu par rapport à une (parole) déplaisante qu'il entend : on Lui donne des associés et on Lui donne des fils, et ensuite Il maintient ceux (qui font ainsi) et pourvoit à leurs besoins""لا أحد أصبر على أذى يسمعه من الله عز وجل؛ إنه يشرك به، ويجعل له الولد، ثم هو يعافيهم ويرزقهم" (Muslim, 2804 ; al-Bukhârî, 5748).
Cela constitue également du Zulm, de l'Injustice, par rapport au Droit de Dieu.
On lit aussi ceci dans le Coran : "(...) Et Dieu S'est Courroucé contre eux (...)" : "وَيُعَذِّبَ الْمُنَافِقِينَ وَالْمُنَافِقَاتِ وَالْمُشْرِكِينَ وَالْمُشْرِكَاتِ الظَّانِّينَ بِاللَّهِ ظَنَّ السَّوْءِ عَلَيْهِمْ دَائِرَةُ السَّوْءِ وَغَضِبَ اللَّهُ عَلَيْهِمْ وَلَعَنَهُمْ وَأَعَدَّ لَهُمْ جَهَنَّمَ وَسَاءتْ مَصِيرًا" (Coran 48/6).

Par contre, on lit dans le Coran la négation que quelqu'un puisse causer du tort à Dieu. Notre Créateur dit ainsi : "Ceux qui ont pris le kufr en échange de la foi ne causeront aucun Dharar à Dieu..." : "إِنَّ الَّذِينَ اشْتَرَوُاْ الْكُفْرَ بِالإِيمَانِ لَن يَضُرُّواْ اللّهَ شَيْئًا وَلهُمْ عَذَابٌ أَلِيمٌ" (Coran 3/177).
Dans la Sunna, le Messager de Dieu (que Dieu le rapproche de Lui et le salue) a, pareillement, rapporté que Dieu a dit : "Mes serviteurs, vous ne parviendrez absolument à chose qui Me causerait du tort, de sorte que vous puissiez Me causer du tort ; et vous ne parviendrez absolument pas à chose qui Me causerait du bien, de sorte que vous puissiez Me causer du bien" : "يا عبادي إنكم لن تبلغوا ضَرّي فتضرّوني، ولن تبلغوا نفعي فتنفعوني. يا عبادي لو أن أولكم وآخركم وإنسكم وجنكم كانوا على أتقى قلب رجل واحد منكم، ما زاد ذلك في ملكي شيئا. يا عبادي لو أن أولكم وآخركم وإنسكم وجنكم كانوا على أفجر قلب رجل واحد، ما نقص ذلك من ملكي شيئا" (Muslim, 2577) ; "من يطع الله ورسوله، فقد رشد. ومن يعصهما، فإنه لا يضرّ إلا نفسه ولا يضرّ الله شيئا" (Abû Dâoûd, 1097 etc. : sahîh d'après an-Nawawî).

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Par ailleurs, dans le Coran Dieu dit également aux Croyants, parlant de certains Incroyants : "Ils ne vous causeront pas de tort, si ce n'est un déplaisir" : "لَنْ يَضُرُّوكُمْ إِلَّا أَذًى" (Coran 3/111) (قيل: هو منقطع؛ والمعنى: "لن يضروكم ألبتة، لكن يؤذونكم بما يسمعونكم" : Tafsîr ul-Qurtubî).

Il y a aussi ces autres versets, qui montrent que les croyants recevront parfois du Adhâ de la part de certains non-musulmans, mais que cela ne leur fera pas de Dharar s'ils font preuve de patience et de piété :
--- "وَلَتَسْمَعُنَّ مِنَ الَّذِينَ أُوتُواْ الْكِتَابَ مِن قَبْلِكُمْ وَمِنَ الَّذِينَ أَشْرَكُواْ أَذًى كَثِيرًا وَإِن تَصْبِرُواْ وَتَتَّقُواْ فَإِنَّ ذَلِكَ مِنْ عَزْمِ الأُمُورِ" (Coran 3/186) ;
--- "يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُواْ لاَ تَتَّخِذُواْ بِطَانَةً مِّن دُونِكُمْ. لاَ يَأْلُونَكُمْ خَبَالاً. وَدُّواْ مَا عَنِتُّمْ. قَدْ بَدَتِ الْبَغْضَاء مِنْ أَفْوَاهِهِمْ، وَمَا تُخْفِي صُدُورُهُمْ أَكْبَرُ. قَدْ بَيَّنَّا لَكُمُ الآيَاتِ إِن كُنتُمْ تَعْقِلُونَ. هَاأَنتُمْ أُوْلاء تُحِبُّونَهُمْ وَلاَ يُحِبُّونَكُمْ وَتُؤْمِنُونَ بِالْكِتَابِ كُلِّهِ. وَإِذَا لَقُوكُمْ قَالُواْ آمَنَّا، وَإِذَا خَلَوْاْ عَضُّواْ عَلَيْكُمُ الأَنَامِلَ مِنَ الْغَيْظِ؛ قُلْ مُوتُواْ بِغَيْظِكُمْ إِنَّ اللّهَ عَلِيمٌ بِذَاتِ الصُّدُورِ. إِن تَمْسَسْكُمْ حَسَنَةٌ تَسُؤْهُمْ، وَإِن تُصِبْكُمْ سَيِّئَةٌ يَفْرَحُواْ بِهَا. وَإِن تَصْبِرُواْ وَتَتَّقُواْ لاَ يَضُرُّكُمْ كَيْدُهُمْ شَيْئًا" (Coran 3/118-120).

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--- Par contre, si celui qui ressent le "Adhâ" en est - de plus - affligé intérieurement, alors cela constitue également du tort (Dharar) psychologique, qu'il subit :

--- A Médine, certaines personnes, parmi les non-musulmans et les hypocrites, faisaient exprès de converser entre eux à voix basse au passage de musulmans, et ces derniers, se demandant s'ils ne complotaient pas contre eux, ou si une mauvaise nouvelle en provenance de musulmans envoyés en campagne ne leur étaient pas parvenus, en ressentaient de l'affliction. Dieu blâma cette façon de procéder (au verset 58/8) ; puis, au verset 58/10, dit ceci : "Ce (genre de) conversation privée n'est (suggérée) que par le Diable, afin d'affliger ceux qui ont apporté foi. Et cela ne leur fera de tort en rien sauf avec la Permission de Dieu ; et qu'à Dieu les croyants s'en remettent" : "أَلَمْ تَرَ إِلَى الَّذِينَ نُهُوا عَنِ النَّجْوَى ثُمَّ يَعُودُونَ لِمَا نُهُوا عَنْهُ وَيَتَنَاجَوْنَ بِالْإِثْمِ وَالْعُدْوَانِ وَمَعْصِيَتِ الرَّسُولِ وَإِذَا جَاؤُوكَ حَيَّوْكَ بِمَا لَمْ يُحَيِّكَ بِهِ اللَّهُ وَيَقُولُونَ فِي أَنفُسِهِمْ لَوْلَا يُعَذِّبُنَا اللَّهُ بِمَا نَقُولُ حَسْبُهُمْ جَهَنَّمُ يَصْلَوْنَهَا فَبِئْسَ الْمَصِيرُ. يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا إِذَا تَنَاجَيْتُمْ فَلَا تَتَنَاجَوْا بِالْإِثْمِ وَالْعُدْوَانِ وَمَعْصِيَتِ الرَّسُولِ وَتَنَاجَوْا بِالْبِرِّ وَالتَّقْوَى وَاتَّقُوا اللَّهَ الَّذِي إِلَيْهِ تُحْشَرُونَ. إِنَّمَا النَّجْوَى مِنَ الشَّيْطَانِ لِيَحْزُنَ الَّذِينَ آمَنُوا وَلَيْسَ بِضَارِّهِمْ شَيْئًا إِلَّا بِإِذْنِ اللَّهِ وَعَلَى اللَّهِ فَلْيَتَوَكَّلِ الْمُؤْمِنُونَ" (Coran 58/8-10). "ليحزن الذين آمنوا} أي: ليسوءهم. وليس ذلك {بضارهم شيئا إلا بإذن الله}. ومن أحس من ذلك شيئا، فليستعذ بالله وليتوكل على الله، فإنه لا يضره شيء بإذن الله" (Tafsîr Ibn Kathîr).

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--- De même, si ce qui cause à quelqu'un du Adhâ lui cause également un manque ou un excès extérieurs, alors cela constitue également du Dharar, qu'il subit :

C'est le cas dans ce que ces versets du Coran évoquent :
--- "وَلَقَدْ كُذِّبَتْ رُسُلٌ مِّن قَبْلِكَ فَصَبَرُواْ عَلَى مَا كُذِّبُواْ وَأُوذُواْ حَتَّى أَتَاهُمْ نَصْرُنَا وَلاَ مُبَدِّلَ لِكَلِمَاتِ اللّهِ وَلَقدْ جَاءكَ مِن نَّبَإِ الْمُرْسَلِينَ" (Coran 6/34) ; or certains prophètes de Dieu ont été frappés ;
--- "قَالَتْ لَهُمْ رُسُلُهُمْ إِن نَّحْنُ إِلاَّ بَشَرٌ مِّثْلُكُمْ وَلَكِنَّ اللّهَ يَمُنُّ عَلَى مَن يَشَاء مِنْ عِبَادِهِ وَمَا كَانَ لَنَا أَن نَّأْتِيَكُم بِسُلْطَانٍ إِلاَّ بِإِذْنِ اللّهِ وَعلَى اللّهِ فَلْيَتَوَكَّلِ الْمُؤْمِنُونَ وَمَا لَنَا أَلاَّ نَتَوَكَّلَ عَلَى اللّهِ وَقَدْ هَدَانَا سُبُلَنَا وَلَنَصْبِرَنَّ عَلَى مَا آذَيْتُمُونَا وَعَلَى اللّهِ فَلْيَتَوَكَّلِ الْمُتَوَكِّلُونَ" (Coran 14/11-12) ;
--- "وَقَالَ الْمَلأُ مِن قَوْمِ فِرْعَونَ أَتَذَرُ مُوسَى وَقَوْمَهُ لِيُفْسِدُواْ فِي الأَرْضِ وَيَذَرَكَ وَآلِهَتَكَ قَالَ سَنُقَتِّلُ أَبْنَاءهُمْ وَنَسْتَحْيِي نِسَاءهُمْ وَإِنَّا فَوْقَهُمْ قَاهِرُونَ. قَالَ مُوسَى لِقَوْمِهِ اسْتَعِينُوا بِاللّهِ وَاصْبِرُواْ إِنَّ الأَرْضَ لِلّهِ يُورِثُهَا مَن يَشَاء مِنْ عِبَادِهِ وَالْعَاقِبَةُ لِلْمُتَّقِينَ. قَالُواْ أُوذِينَا مِن قَبْلِ أَن تَأْتِينَا وَمِن بَعْدِ مَا جِئْتَنَا قَالَ عَسَى رَبُّكُمْ أَن يُهْلِكَ عَدُوَّكُمْ وَيَسْتَخْلِفَكُمْ فِي الأَرْضِ فَيَنظُرَ كَيْفَ تَعْمَلُونَ" (Coran 7/127-129) ;
--- "فَالَّذِينَ هَاجَرُواْ وَأُخْرِجُواْ مِن دِيَارِهِمْ وَأُوذُواْ فِي سَبِيلِي وَقَاتَلُواْ وَقُتِلُواْ لأُكَفِّرَنَّ عَنْهُمْ سَيِّئَاتِهِمْ وَلأُدْخِلَنَّهُمْ جَنَّاتٍ تَجْرِي مِن تَحْتِهَا الأَنْهَارُ ثَوَابًا مِّن عِندِ اللّهِ وَاللّهُ عِندَهُ حُسْنُ الثَّوَابِ" (Coran 3/195) ;
--- "وَمِنَ النَّاسِ مَن يَقُولُ آمَنَّا بِاللَّهِ فَإِذَا أُوذِيَ فِي اللَّهِ جَعَلَ فِتْنَةَ النَّاسِ كَعَذَابِ اللَّهِ وَلَئِن جَاء نَصْرٌ مِّن رَّبِّكَ لَيَقُولُنَّ إِنَّا كُنَّا مَعَكُمْ أَوَلَيْسَ اللَّهُ بِأَعْلَمَ بِمَا فِي صُدُورِ الْعَالَمِينَ" (Coran 29/10).

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--- Quant aux versets suivants, la négation du Dharar y porte non pas sur tout Dharar, mais sur un Dharar particulier (khâss) :

--- "وَلَوْلاَ فَضْلُ اللّهِ عَلَيْكَ وَرَحْمَتُهُ لَهَمَّت طَّآئِفَةٌ مُّنْهُمْ أَن يُضِلُّوكَ وَمَا يُضِلُّونَ إِلاُّ أَنفُسَهُمْ وَمَا يَضُرُّونَكَ مِن شَيْءٍ" (Coran 4/113) : le mot "Dharar" y désigne un tort particulier : le Idhlâl : c'est égarer le Prophète (sur lui soit la paix) qu'ils ne purent absolument pas ;
--- dans le verset : "لاَ يَضُرُّكُمْ كَيْدُهُمْ شَيْئًا" (Coran 3/120), cela ne désigne pas l'absence de tout Dharar intérieur, mais l'absence du Dharar extérieur que ces Hypocrites tentaient d'infliger aux Croyants : ils faisaient un complot (kayd) pour cela.

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On le voit : le "Îdhâ'" peut également constituer parfois (souvent ?) du Dharr ; et parfois pas.

C'est ce que Ibn ul-'Uthaymîn a ainsi formulé : "لا يلزم من الأذية الضرر" : "Le "ضرر" n'est pas impliqué par le "أذى"" (Al-Qawl ul-mufîd, p. 823).

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En fait le terme "أذًى" est plus général que celui de "ضرر" :
--- tout "ضرر" constitue un "أذًى" aussi ;
--- alors que tout "أذًى" ne constitue pas du "ضرر" aussi : certains "أذًى" constituent du "ضرر" aussi, mais d'autres "أذًى" ne constituent pas du "ضرر".

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Voici un croquis exposant cela :


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Dans cet autre verset du Coran, qui parle des menstrues, "وَيَسْأَلُونَكَ عَنِ الْمَحِيضِ قُلْ هُوَ أَذًى فَاعْتَزِلُواْ النِّسَاء فِي الْمَحِيضِ وَلاَ تَقْرَبُوهُنَّ حَتَّىَ يَطْهُرْنَ" (Coran 2/222), le terme "Adhâ" signifie :
--- "ce qui incommode" (مكروه يتأذى بريحه وضرره أو نجاسته) (Ahkâm ul-qur'ân, Ibn ul-'Arabî) ; (قذر) (Ahkâm ul-qur'ân, Ibn ul-'Arabî ; Al-Mu'jam ul-wassît) ;
--- ou : "ce qui cause quelque tort" (الضرر غير الجسيم) (Al-Mu'jam ul-wassît).

--- Le premier de ces sens est aussi celui qui est signifié dans les hadîths qui suivent, lesquels parlent certes de tout autre chose, mais le terme "Adhâ" y a bien ce premier sens : "عن جابر، قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "إذا وقعت لقمة أحدكم، فليأخذها، فليمط ما كان بها من أذى، وليأكلها، ولا يدعها للشيطان" (Muslim, 2033) (voir aussi 2034) ; "عن معاوية بن أبي سفيان، أنه سأل أخته أم حبيبة زوج النبي صلى الله عليه وسلم: "هل كان رسول الله صلى الله عليه وسلم يصل في الثوب الذي يجامعها فيه؟"، فقالت: "نعم إذا لم ير فيه أذى" (Abû Dâoûd, 366) ; "عن أبي سعيد الخدري، قال: بينما رسول الله صلى الله عليه وسلم يصلي بأصحابه إذ خلع نعليه فوضعهما عن يساره، فلما رأى ذلك القوم ألقوا نعالهم، فلما قضى رسول الله صلى الله عليه وسلم صلاته، قال: "ما حملكم على إلقاء نعالكم"، قالوا: "رأيناك ألقيت نعليك، فألقينا نعالنا"، فقال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "إن جبريل صلى الله عليه وسلم أتاني فأخبرني أن فيهما قذرا" - أو قال: "أذى" -، وقال: "إذا جاء أحدكم إلى المسجد فلينظر: فإن رأى في نعليه قذرا" - أو: "أذى" -، "فليمسحه وليصل فيهما" (Abû Dâoûd, 650).

--- Quant au second sens, si on le retient, le verset 2/222 peut vouloir évoquer un tort que l'épouse connaît lors de cette période (de par son état général d'alors), ou un tort que le fait d'avoir alors des relations intimes causerait à l'époux et/ou l'épouse. C'est en tous cas avec ce sens de "Dharar" que ce terme "Adhâ" a été employé dans cet autre verset, qui parle de tout autre chose (il est interdit de se raser la tête en état de sacralisation, sauf si on connaît "un Adhâ provenant de sa tête" : il est alors autorisé de se la raser, mais il faudra s'acquitter d'une compensation) : "وَلاَ تَحْلِقُواْ رُؤُوسَكُمْ حَتَّى يَبْلُغَ الْهَدْيُ مَحِلَّهُ فَمَن كَانَ مِنكُم مَّرِيضاً أَوْ بِهِ أَذًى مِّن رَّأْسِهِ فَفِدْيَةٌ مِّن صِيَامٍ أَوْ صَدَقَةٍ أَوْ نُسُكٍ" (Coran 2/196).

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W'Allâhu A'lam (Dieu sait mieux).