Cela dans une perspective différente de celle évoquée dans l'article déjà intitulé "فقه الواقع" :
--- là-bas c'était davantage dans une perspective de fiqh pur ;
--- ici c'est dans une perspective plus globale : ici se trouve une dimension de prise en compte du moyen terme (المآل والعاقبة), ainsi que d'apporter sa contribution au dîn en tant qu'institution (تأييد الدين).
Le fait est que l'islam enseigne de se rapprocher de Dieu (Allah Ta'âlâ) personnellement (dhikr ullâh en les sens A et B évoqués dans l'autre article), et cela par une croyance et un agir personnels qui nous font progresser vers Dieu, sans oublier d'y mettre du coeur.
Mais l'islam enseigne aussi d'apporter sa contribution pour le Dîn en tant qu'institution.
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Il est certains frères et soeurs en islam qui ont la croyance voulue et qui pratiquent sereinement, discrètement. Il n'y a aucun problème à cela, du moment qu'ils font aussi au moins la partie qui est obligatoire sur eux de Ta'yîd ud-Dîn. Eux ne connaissent pas forcément les spécificités du Réel qui les entoure.
Par contre, tous ceux qui ont une responsabilité au niveau communautaire - soit en tant que responsables des musulmans (umarâ'), soit en tant qu'émetteurs d'avis fiqhî ('ulamâ') -, eux ne peuvent, ni ne doivent, être ignorants ni du contenu des sources de l'islam - Coran et Sunna - ni du contexte - Réel - dans lequel ils évoluent. (Forcément, ceux qui sont des responsables communautaires mais qui ne sont pas ulémas ont moins de connaissances du contenu des sources de l'islam que ceux qui ont fait des études en la matière ; cependant, une interaction et un enrichissement doivent voir le jour.)
En fait, ignorer le contenu des Sources, cela mènera - fatalement et directement - à dire ou faire des choses aux antipodes de ce que Dieu agrée de leur part.
Quant à ignorer le Réel, cela mène - parfois et indirectement - à dire ou faire des choses qui ne sont pas ce que Dieu agrée, et ce dans la mesure où la non-connaissance du Réel amène à déclarer autorisé ce qui, vu le Réel, s'avèrera en fait très nocif (dans le regard de Dieu) ; ou à déclarer obligatoire ce qui, vu l'état du Réel, ne fera qu'aggraver la situation ; ou encore à s'abstenir de déclarer obligatoire (par qiyâs ul-maslaha) ce qui aurait dû être déclaré "obligatoire" au vu de ce que cela va permettre de réaliser, de nécessaire (ta'abbudan), dans le Réel.
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Ibn ul-Qayyim écrit :
"L'Idéal (al-wâjib) est une chose ; et le Réel (al-wâqi') est (autre) chose. Le Faqîh (véritable) est celui qui établit un lien entre le Réel et l'Idéal, et applique l'Idéal selon les possibilités (offertes véritablement par) le (Réel). Ce n'est pas celui qui jette l'inimitié entre l'Idéal et le Réel. (...)" : "فالواجب شيء، والواقع شيء؛ والفقيه من يطبق بين الواقع والواجب وينفذ الواجب بحسب استطاعته، لا من يلقى العداوة بين الواجب والواقع؛ فلكل زمان حكم، والناس بزمانهم أشبه منهم بآبائهم. وإذا عم الفسوق وغلب على أهل الأرض، فلو منعت إمامة الفساق وشهاداتهم وأحكامهم وفتاويهم وولاياتهم، لعطلت الأحكام وفسد نظام الخلق، وبطلت أكثر الحقوق. ومع هذا فالواجب اعتبار الأصلح فالأصلح؛ وهذا عند القدرة والاختيار. وأما عند الضرورة والغلبة بالباطل، فليس إلا الاصطبار والقيام بأضعف مراتب الإنكار" (A'lâm ul-muwaqqi'în, 4/169).
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– Ibn ul-Qayyim déplore ici le cas de...
... celui qui ne tient pas compte du réel, et applique tel quel certaines choses telles qu'il les trouve dans les Textes (Coran et Sunna), oubliant ceux de ces Textes qui montrent le Prophète tenir compte du Réel sur certains points.
Cela conduit à des avis (fatwas) complètement coupés de la Réalité du Terrain :
------ soit intransigeants sur des ahkâm qui sont seulement 'urfiyya (liées à l'usage d'un pays précis) ;
------ soit mettant l'accent sur des choses seulement recommandées (mustahabb) devant un public qui a délaissé des choses obligatoires (fardh) ou qui commet des actes strictement interdits (muharram) ;
------ soit se retenant de déclarer "nécessaires" (wâjib li ghayri-hî) des actions sans lesquelles - eu égard au Réel - des choses voulues (maqsûda) ne peuvent pas se réaliser ;
----- soit déclarant autorisées des actions qui relèvent certes de la permission originelle (al-ibâha al-asliyya), mais qui, au vu du Réel, auraient dû être déclarées "mak'rûh tahrîmî li ghayri-hâ", vu qu'elles conduisent (dharî'a) - eu égard au Réel - à telle chose interdite.
Cela conduit aussi à entreprendre :
----- des actions certes en soi instituées (mashrû') mais qui, dans ce Réel précisément, vont entraîner des choses plus nocives encore (mafsadatun akbar), ou vont faire perdre des acquis, et ce à cause de la réaction prévisible de forces qui sont présentes. Ainsi, par rapport à un pays qui est déjà en état de belligérance contre un pays musulman : ce dernier pays doit-il préparer une attaque contre le premier, ou bien préférer le statut quo et attendre des jours meilleurs ? Cela dépend de l'évaluation des forces en présence, et donc des chances et des risques. C'est bien pourquoi Ibn Taymiyya écrit à ce sujet qu'il s'agit, pour l'émir, de prendre l'avis de personnes qui sont versées à la fois dans ce que le Dîn dit sur le sujet, et qui ont une grande connaissance en matière de stratégie : "والواجب أن يعتبر في أمور الجهاد برأي أهل الدين الصحيح الذين لهم خبرة بما عليه أهل الدنيا؛ دون أهل الدنيا الذين يغلب عليهم النظر في ظاهر الدين - فلا يؤخذ برأيهم -، ولا برأي أهل الدين الذين لا خبرة لهم في الدنيا" (Al-Fatâwâ al-kub'râ 5/538).
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– Par contre, à l'autre extrême, est également à déplorer...
... celui qui tient compte du réel au point d'en faire l'idéal, et de :
------ soit se satisfaire de ce réel en le présentant aux gens comme étant l'idéal islamique ;
------ soit - plus encore - aller jusqu'à tordre les textes - ou les tronquer - afin de faire croire aux gens vivant dans ce réel que celui-ci correspond à l'idéal des textes islamiques.
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– Celui que Ibn ul-Qayyim évoque comme étant le Faqîh (véritable), c'est...
... celui qui sait ce qu'est l'idéal (présenté dans le Coran et la Sunna), mais d'une part applique cet idéal de façon pragmatique, et d'autre part tient compte des nécessaires étapes, gardant pour le moment silence sur le reste et fermant les yeux dessus ; enfin et cependant, jamais ne présente la partie du Réel qui est contraire à l'Idéal et qu'il ne peut (pour sa part et pour le moment) pas modifier, comme étant conforme à l'Idéal.
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En fait, dans tout ce qui se trouve dans Coran et Hadîths et qui n'est pas abrogé :
--- certains éléments sont applicables tels quels, partout : il y a 5 prières rituelles quotidiennes qui sont obligatoires à accomplir (sauf cas d'empêchement : période menstruelle en ce qui concerne la femme ; folie) ;
--- mais d'autres éléments, leur applicabilité requiert des conditions (Shurût), lesquelles ne sont pas forcément présentes dans le Réel ;
--- d'autres encore dépendent du Contexte, dans la mesure où c'est si celui-ci renferme la Cause (Sabab), on applique ce que le Prophète (sur lui soit la paix) a enseigné. Si la cause (Sabab) n'est pas présente, on n'applique pas la règle qui lui est liée. Si par exemple on est un prédicateur et que tout le monde qui nous écoutent travaillent pour gagner leur subsistance sans attendre l'assistanat, pourquoi faire un rappel quant à la nécessité de manger le fruit de son labeur (comme tant de prédicateurs le font dans certains autres pays, où trop de jeunes sont dans l'oisiveté) ?
--- d'autres éléments, enfin, dépendent de notre fonction : si on n'est pas chef (amîr) d'un groupe, on n'applique pas les règles enseignées par le Prophète (sur lui soit la paix) et qui concernent le amîr ; par contre, ces règles doivent être appliquées et vécues par celui qui est amîr (et il revient aux Ulémas de les exposer au Amîr).
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Le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) avait une connaissance de la société dans laquelle il vivait, ainsi que des pays voisins :
--- Lorsque, encore à La Mecque, le Prophète (sur lui soit la paix) vit ses Compagnons y subir l'oppression des Mecquois, il leur dit : "Il y a en Abyssinie un roi auprès duquel nul ne subit l'injustice. Rejoignez donc son pays, jusqu'à ce que Dieu crée pour vous une facilité et une porte de sortie, par rapport à (la situation) dans laquelle vous êtes (actuellement ici)" : "عن أم سلمة زوج النبي صلى الله عليه وآله وسلم أنها قالت: "لما ضاقت علينا مكة وأوذي أصحاب رسول الله صلى الله عليه وآله وسلم وفتنوا، ورأوا ما يصيبهم من البلاء والفتنة في دينهم، وأن رسول الله صلى الله عليه وآله وسلم لا يستطيع دفع ذلك عنهم - وكان رسول الله صلى الله عليه وآله وسلم في منعة من قومه ومن عمه، لا يصل إليه شيء مما يكره مما ينال أصحابه -، فقال لهم رسول الله صلى الله عليه وآله وسلم: "إن بأرض الحبشة ملكا لا يُظلَم أحد عنده. فالحقوا ببلاده حتى يجعل الله لكم فرَجا ومخرجا مما أنتم فيه". فخرجنا إليها أرسالا، حتى اجتمعنا بها، فنزلنا بخير دار وإلى خير جار، أمِنَّا على ديننا، ولم نخش منه ظلما. فلما رأت قريش أنا قد أصبنا دارا وأمنا، اجتمعوا على أن يبعثوا إليه فينا، فيخرجنا من بلاده، وليردنا عليهم. فبعثوا عمرو بن العاص وعبد الله بن أبي ربيعة، فجمعوا له هدايا ولبطارقته" (al-Bayhaqî dans Dalâ'ïl un-nubuwwa ; As-Silsila as-Sahîha, 3190). Le Prophète avait donc connaissance de cette situation au sujet des différents pays autour du sien : ce fut l'Abyssinie qu'il désigna, et pas un autre.
--- Alors que le Prophète (sur lui soit la paix) était encore à La Mecque, 'Amr ibn 'Abassa vint l'y trouver pour le questionner quant à ce qu'il enseignait. Ayant été convaincu par ses réponses, il se convertit à l'islam. Et il lui dit : "Je vais rester avec toi." Mais le Prophète (sur lui soit la paix) lui répondit : "Tu ne le pourras pas en le jour présent. Ne vois-tu ma situation, et ce que font les gens ? Mais retourne auprès des tiens, puis, lorsque tu auras entendu que j'ai émergé, rejoins-moi". C'est ce que 'Amr fit : il retourna auprès des siens. Plus tard, ayant appris que l'islam avait émergé suite à l'émigration du Prophète (sur lui soit la paix) à Médine, il alla l'y rejoindre : "عن أبي أمامة، قال: قال عمرو بن عبسة السلمي: كنت وأنا في الجاهلية أظن أن الناس على ضلالة، وأنهم ليسوا على شيء وهم يعبدون الأوثان، فسمعت برجل بمكة يخبر أخبارا، فقعدت على راحلتي، فقدمت عليه، فإذا رسول الله صلى الله عليه وسلم مستخفيا جرءاء عليه قومه، فتلطفت حتى دخلت عليه بمكة، فقلت له: "ما أنت؟"، قال: "أنا نبي"، فقلت: "وما نبي؟"، قال: "أرسلني الله"، فقلت: "وبأي شيء أرسلك؟"، قال: "أرسلني بصلة الأرحام، وكسر الأوثان، وأن يوحد الله لا يشرك به شيء"، قلت له: "فمن معك على هذا؟" قال: "حر، وعبد" - قال: ومعه يومئذ أبو بكر، وبلال ممن آمن به. فقلت: "إني متبعك"، قال: "إنك لا تستطيع ذلك يومك هذا، ألا ترى حالي وحال الناس؟ ولكن ارجع إلى أهلك فإذا سمعت بي قد ظهرت فأتني". قال: فذهبت إلى أهلي. وقدم رسول الله صلى الله عليه وسلم المدينة. وكنت في أهلي فجعلت أتخبر الأخبار، وأسأل الناس حين قدم المدينة. حتى قدم علي نفر من أهل يثرب من أهل المدينة، فقلت: "ما فعل هذا الرجل الذي قدم المدينة؟"، فقالوا: "الناس إليه سراع، وقد أراد قومه قتله فلم يستطيعوا ذلك". فقدمت المدينة فدخلت عليه، فقلت: يا رسول الله أتعرفني؟ قال: "نعم، أنت الذي لقيتني بمكة" (Muslim, 832).
--- Alors que le Prophète (sur lui soit la paix) était encore à La Mecque, Abû Dharr vint l'y trouver pour le questionner quant à ce qu'il enseignait. Ayant été touché par ses propos, il se convertit à l'islam. Le Prophète lui dit : "Cache cette affaire [= ta conversion] [par rapport aux gens de la Mecque] et retourne dans ta ville ; lorsque la nouvelle de notre émergence te sera parvenue, reviens". Mais Abû Dharr alla le proclamer devant la Kaaba, ce qui lui valut d'être battu férocement, au point où il serait mort sous les coups des Mecquois si al-'Abbâs n'était pas intervenu pour calmer le jeu : "حتى دخل ودخلت معه على النبي صلى الله عليه وسلم، فقلت له: اعرض علي الإسلام، فعرضه فأسلمت مكاني. فقال لي: "يا أبا ذر، اكتم هذا الأمر، وارجع إلى بلدك؛ فإذا بلغك ظهورنا، فأقبل". فقلت: "والذي بعثك بالحق، لأصرخن بها بين أظهرهم". فجاء إلى المسجد وقريش فيه، فقال: "يا معشر قريش، إني أشهد أن لا إله إلا الله، وأشهد أن محمدا عبده ورسوله"، فقالوا: قوموا إلى هذا الصابئ، فقاموا فضربت لأموت، فأدركني العباس فأكب علي، ثم أقبل عليهم، فقال: ويلكم، تقتلون رجلا من غفار، ومتجركم وممركم على غفار، فأقلعوا عني، فلما أن أصبحت الغد رجعت، فقلت مثل ما قلت بالأمس، فقالوا: قوموا إلى هذا الصابئ فصنع بي مثل ما صنع بالأمس، وأدركني العباس فأكب علي، وقال مثل مقالته بالأمس" (al-Bukhârî, 3328). "فقال له النبي صلى الله عليه وسلم: "ارجع إلى قومك، فأخبرهم، حتى يأتيك أمري". قال: "والذي نفسي بيده، لأصرخن بها بين ظهرانيهم"، فخرج حتى أتى المسجد، فنادى بأعلى صوته: "أشهد أن لا إله إلا الله، وأن محمدا رسول الله" (al-Bukhârî, 3648).
--- Lorsqu'ils étaient encore à La Mecque, et qu'ils apprirent la victoire des Perses Sassanides sur les Byzantins (en l'an 615 / l'an 6 du prophétat), les Compagnons du Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) (et que Dieu les agrée) souhaitèrent la victoire des Byzantins, car ces derniers, bien que Trinitaires, étaient des Gens du Livre, croyant en la résurrection et le jugement dernier. Ceci figure dans les deux relations suivantes : "عن سفيان الثوري، عن حبيب بن أبي عمرة، عن سعيد بن جبير، عن ابن عباس، في قول الله تعالى: {الم غلبت الروم في أدنى الأرض} قال: "غلبت وغلبت. كان المشركون يحبّون أن يظهر أهل فارس على الروم لأنهم وإياهم أهل أوثان؛ وكان المسلمون يحبّون أن يظهر الروم على فارس لأنهم أهل كتاب. فذكروه لأبي بكر فذكره أبو بكر لرسول الله صلى الله عليه وسلم قال: "أما إنهم سيغلبون." فذكره أبو بكر لهم، فقالوا: "اجعل بيننا وبينك أجلا، فإن ظهرنا كان لنا كذا وكذا، وإن ظهرتم كان لكم كذا وكذا". فجعل أجلا خمس سنين. فلم يظهروا. فذكر ذلك للنبي صلى الله عليه وسلم، قال: "ألا جعلته إلى دون - قال: أراه: العشر". قال سعيد: والبضع ما دون العشر. قال: ثم ظهرت الروم بعد. قال: فذلك قوله تعالى: {الم غلبت الروم} إلى قوله {يفرح المؤمنون بنصر الله ينصر من يشاء}. قال سفيان: سمعت أنهم ظهروا عليهم يوم بدر" (at-Tirmidhî, 3193). "عن نيار بن مكرم الأسلمي، قال: " لما نزلت {الم غلبت الروم في أدنى الأرض وهم من بعد غلبهم سيغلبون في بضع سنين} فكانت فارس يوم نزلت هذه الآية قاهرين للروم؛ وكان المسلمون يحبون ظهور الروم عليهم لأنهم وإياهم أهل كتاب، وفي ذلك قول الله تعالى: {ويومئذ يفرح المؤمنون بنصر الله ينصر من يشاء وهو العزيز الرحيم}. فكانت قريش تحبّ ظهور فارس لأنهم وإياهم ليسوا بأهل كتاب ولا إيمان ببعث. فلما أنزل الله تعالى هذه الآية، خرج أبو بكر الصديق يصيح في نواحي مكة {الم غلبت الروم في أدنى الأرض وهم من بعد غلبهم سيغلبون في بضع سنين}، قال ناس من قريش لأبي بكر: "فذلك بيننا وبينكم، زعم صاحبك أن الروم ستغلب فارس في بضع سنين، أفلا نراهنك على ذلك؟" قال: "بلى"، وذلك قبل تحريم الرهان. فارتهن أبو بكر والمشركون وتواضعوا الرهان، وقالوا لأبي بكر: "كم تجعل البضع: ثلاث سنين إلى تسع سنين؟" فسم بيننا وبينك وسطا تنتهي إليه، قال: فسموا بينهم ست سنين. قال: فمضت الست سنين قبل أن يظهروا، فأخذ المشركون رهن أبي بكر. فلما دخلت السنة السابعة ظهرت الروم على فارس، فعاب المسلمون على أبي بكر تسمية ست سنين، لأن الله تعالى قال: {في بضع سنين}. قال: وأسلم عند ذلك ناس كثير" (at-Tirmidhî, 3194).
--- Omar ibn ul-Khattâb (que Dieu soit Satisfait de lui) raconte : "وكنا معشر قريش نغلب النساء، فلما قدمنا على الأنصار إذا قوم تغلبهم نساؤهم، فطفق نساؤنا يأخذن من أدب نساء الأنصار" : "Et nous les Quraysh (à La Mecque), nous dominions les femmes. Mais quand nous nous installâmes chez les Ansâr (à Médine), voilà que c'était des hommes que leurs femmes dominaient. Nos femmes se mirent alors à prendre la façon d'être des femmes ansarites" (al-Bukhârî, 2336, 4895, Muslim, 1479). Quand Omar exposa cela devant le Prophète (sur lui soit la paix), celui-ci sourit : "ثم قلت وأنا قائم أستأنس: يا رسول الله، لو رأيتني وكنا معشر قريش نغلب النساء، فلما قدمنا على قوم تغلبهم نساؤهم، فذكره فتبسم النبي صلى الله عليه وسلم، ثم قلت: لو رأيتني، ودخلت على حفصة، فقلت: لا يغرنك أن كانت جارتك هي أوضأ منك، وأحب إلى النبي صلى الله عليه وسلم - يريد عائشة -، فتبسم أخرى، فجلست حين رأيته تبسم" (al-Bukhârî, 2336, 4895, Muslim, 1479).
En pareille situation, à Médine, le Prophète (sur lui soit la paix) n'a pas "brisé" les femmes, ni n'a donné "entière liberté" aux hommes pour rétablir leur autorité.
Cependant, il n'a pas non plus cherché à "ouvrir des portes déjà ouvertes", juste "pour plaire" : il n'a pas fait de discours devant ces femmes déjà en situation de prédominance (ghalaba) pour leur dire que, de façon généralisée, leurs droits n'étaient pas suffisamment respectés et qu'elles devaient donc encore et toujours davantage faire des revendications.
Au contraire, il a adapté certains conseils et certaines directives afin de rapprocher le réel de l'idéal (lire notre article au sujet des idéaux en la matière)...
----- Ainsi, un jour de Eid, à Médine, après avoir accompli la prière de la fête, le Prophète passa près des femmes, et (leur) tint alors ce discours : "Donnez l'aumône. On m'a fait voir que vous constituez le plus grand nombre des gens du Feu [temporaire]. – Et à cause de quoi cela, ô Messager de Dieu ? demandèrent-elles alors. – Vous maudissez beaucoup, et vous faites preuve d'ingratitude envers le mari. (...)" : "عن أبي سعيد الخدري، قال: خرج رسول الله صلى الله عليه وسلم في أضحى أو فطر إلى المصلى، فمر على النساء، فقال: "يا معشر النساء تصدقن فإني أريتكن أكثر أهل النار". فقلن: "وبم يا رسول الله؟"، قال: "تكثرن اللعن، وتكفرن العشير. ما رأيت من ناقصات عقل ودين أذهب للب الرجل الحازم من إحداكن". قلن: "وما نقصان ديننا وعقلنا يا رسول الله؟"، قال: "أليس شهادة المرأة مثل نصف شهادة الرجل؟"، قلن: "بلى"، قال: "فذلك من نقصان عقلها. أليس إذا حاضت لم تصل ولم تصم؟"، قلن: "بلى"، قال: "فذلك من نقصان دينها" (al-Bukhârî 298, 1393, Muslim, 79-80) (lire la suite de ce hadîth ainsi que son commentaire).
----- Ainsi encore, plus tard, quand il y eut une éclipse solaire à Médine (shawwâl 10 / janvier 632), le Prophète, après avoir accompli la prière de l'éclipse, dit plusieurs choses, parmi lesquelles celle-ci : "Et on m'a fait voir le Feu. Je n'ai jamais vu scène aussi effrayante. Et j'ai vu que le plus grand nombre des gens se trouvant dans le Feu [temporaire] étaient des femmes. – Pourquoi, ô Messager de Dieu ?, demandèrent alors des hommes. – A cause de leur kufr. – Feraient-elles du kufr [reniement] vis-à-vis de Dieu ? – Elles font du kufr [= ingratitude] vis-à-vis du mari. Et elles font du kufr [= reniement] vis-à-vis du bien qu'on leur a fait. Si tu fais le bien vis-à-vis de l'une d'elle toute une vie et qu'ensuite elle voit un petit quelque chose chez toi, elle dira : "Je n'ai jamais vu de bien de ta part"" : "عن عبد الله بن عباس، قال: انخسفت الشمس على عهد رسول الله صلى الله عليه وسلم، فصلى رسول الله صلى الله عليه وسلم، (...). ثم انصرف وقد تجلت الشمس، فقال صلى الله عليه وسلم: "إن الشمس والقمر آيتان من آيات الله، لا يخسفان لموت أحد ولا لحياته، فإذا رأيتم ذلك، فاذكروا الله". قالوا: "يا رسول الله، رأيناك تناولت شيئا في مقامك ثم رأيناك كعكعت؟"، قال صلى الله عليه وسلم: "إني رأيت الجنة، فتناولت عنقودا، ولو أصبته لأكلتم منه ما بقيت الدنيا. وأريت النار، فلم أر منظرا كاليوم قط أفظع، ورأيت أكثر أهلها النساء". قالوا: "بم يا رسول الله؟" قال: "بكفرهن". قيل: "يكفرن بالله؟" قال: "يكفرن العشير، ويكفرن الإحسان. لو أحسنت إلى إحداهن الدهر كله، ثم رأت منك شيئا، قالت: "ما رأيت منك خيرا قط"" (al-Bukhârî, 1004, Muslim 907).
----- Ainsi encore, une dame s'étant rendue auprès de lui pour évoquer une affaire la concernant, le Prophète lui demanda (une fois que son affaire fut réglée) : "Es-tu mariée ? – Oui. – Comment es-tu pour lui [= ton mari] ? – Je ne fais pas de manquement ; je ne délaisse que ce dont je ne suis pas capable. – Regarde bien où tu en es par rapport à lui, car (son contentement ou son mécontentement) sera la (cause de ton admission au) paradis ou (au) feu (temporaire)" : "عن الحصين بن محصن، أن عمة له أتت النبي صلى الله عليه وسلم في حاجة، ففرغت من حاجتها، فقال لها النبي صلى الله عليه وسلم: "أذات زوج أنت؟"، قالت: "نعم"، قال: "كيف أنت له؟"، قالت: "ما آلوه إلا ما عجزت عنه"، قال: "فانظري أين أنت منه، فإنما هو جنتك ونارك" (Ahmad, 18233).
--- Aïcha (que Dieu l'agrée) avait, à Médine, organisé le mariage d'une de ses parentes avec un Ansarite. Le Prophète (sur lui soit la paix) lui dit alors qu'elle aurait dû donner, dans la célébration du mariage, place à un divertissement, car, expliqua-t-il, "les Ansâr aiment le divertissement" : "يا عائشة ما كان معكم لهو؟ فإن الأنصار يعجبهم اللهو" (al-Bukhârî 4868). On voit ici le Prophète mettre en exergue une différence de goût et de coutume – le tout étant que l'on reste dans le domaine du licite – entre Ansâr, natifs de Médine, et Muhâjirûn, originaires de La Mecque : lors de la célébration d'un mariage, la présence d'un divertissement – bien sûr licite – était nécessaire dans le goût et la coutume des Ansâr, à la différence de celui des Muhâjirûn.
--- Aïcha (que Dieu l'agrée) demanda au Prophète (sur lui soit la paix) pourquoi [ayant déjà conquis La Mecque et ayant purifié la Kaaba des idoles que les Quraysh y avaient introduites, il n'allait pas plus loin et] il ne la reconstruisait pas entièrement selon le modèle que Abraham avait bâti. Le Prophète lui répondit : "Si ce n'était pas récemment que ton peuple était dans le kufr – car je crains que leurs cœurs désapprouvent cela –, j'aurais fait entrer la (partie du) Hatîm dans la Maison, et j'aurais ramené sa porte au (niveau du) sol" : "عن عائشة رضي الله عنها قالت: "سألت النبي صلى الله عليه وسلم عن الجدر أمن البيت هو؟"، قال: "نعم"، قلت: "فما لهم لم يدخلوه في البيت؟"، قال: "إن قومك قصرت بهم النفقة." قلت: "فما شأن بابه مرتفعا؟"، قال: "فعل ذلك قومك ليدخلوا من شاءوا ويمنعوا من شاءوا. ولولا أن قومك حديث عهدهم بالجاهلية، فأخاف أن تنكر قلوبهم، أن أدخل الجدر في البيت، وأن ألصق بابه بالأرض" (al-Bukhârî, 1507).
--- Au mois de dhu-l-hijja de l'an 9 de l'hégire, le Prophète envoya Abû Bakr diriger le pèlerinage à la Mecque ; il le chargea aussi d'y proclamer plusieurs mesures dictées par la révélation, notamment la fin des traités avec les polycultistes et le fait qu'ils ont un délai des 4 mois pour quitter l'Arabie. Cependant, il se ravisa ensuite : le désaveu d'un traité ne se fera que par lui-même, ou par l'un de ses proches parents ; le Prophète envoya alors 'Alî faire ces annonces, Abû Bakr restant le chef : "حدثنا حماد بن سلمة، عن سماك بن حرب، عن أنس بن مالك، قال: بعث النبي صلى الله عليه وسلم ببراءة مع أبي بكر، ثم دعاه فقال: "لا ينبغي لأحد أن يبلغ هذا إلا رجل من أهلي"؛ فدعا عليا فأعطاه إياه" (at-Tirmidhî, 3090) ; "قال ابن شهاب: فأخبرني حميد بن عبد الرحمن، أن أبا هريرة، قال: "بعثني أبو بكر رضي الله عنه في تلك الحجة في المؤذنين، بعثهم يوم النحر يؤذنون بمنى أن: "لا يحج بعد العام مشرك. ولا يطوف بالبيت عريان"؛ قال حميد: "ثم أردف النبي صلى الله عليه وسلم بعلي بن أبي طالب فأمره أن يؤذن ببراءة". قال أبو هريرة: "فأذن معنا علي في أهل منى يوم النحر ببراءة، وأن "لا يحج بعد العام مشرك. ولا يطوف بالبيت عريان" (al-Bukhârî, 4379) ; "عن المحرر بن أبي هريرة، عن أبيه، قال: "جئت مع علي بن أبي طالب حين بعثه رسول الله صلى الله عليه وسلم إلى أهل مكة ببراءة"، قال: "ما كنتم تنادون؟"، قال: "كنا ننادي: "إنه لا يدخل الجنة إلا نفس مؤمنة. ولا يطوف بالبيت عريان. ومن كان بينه وبين رسول الله صلى الله عليه وسلم عهد، فأجله أو أمده إلى أربعة أشهر؛ فإذا مضت الأربعة أشهر، فإن الله بريء من المشركين ورسوله. ولا يحج بعد العام مشرك"، فكنت أنادي حتى صحل صوتي" (an-Nassâ'ï, 2958).
Il est possible que ce soit du fait suivant qu'il s'est alors souvenu : c'était là la coutume chez les Arabes : "قال العلماء: إن الحكمة في إرسال علي بعد أبي بكر أن عادة العرب جرت بأن لا ينقض العهد إلا من عقده أو من هو منه بسبيل من أهل بيته؛ فأجراهم في ذلك على عادتهم؛ ولهذا قال: لا يبلغ هذا إلا أنا أو رجل من أهلي" (Tuhfat ul-ahwadhî).
--- Voyant l'extrême sobriété régnant dans la pièce où le Prophète (sur lui soit la paix) s'était retiré quand ses épouses l'avaient trop pressé quant au matériel, Omar ibn ul-Khattâb lui dit : "Chosroes et César [= le Basileus] sont dans les fruits et les ruisseaux, et toi tu es le messager de Dieu et Son élu, et voilà ce que tu possèdes !" Entendant cela, le Prophète - qui était appuyé - se redressa et lui dit : "Est-ce dans cette [façon de voir], que tu es, ô fils de al-Khattâb ? N'es-tu pas satisfait que nous ayons la vie dernière, et eux ce monde ?" : "فجلست حين رأيته تبسم، فرفعت بصري في بيته، فوالله ما رأيت في بيته شيئا يرد البصر، غير أهبة ثلاثة، فقلت: "يا رسول الله ادع الله فليوسع على أمتك، فإن فارس والروم قد وسع عليهم وأعطوا الدنيا، وهم لا يعبدون الله." فجلس النبي صلى الله عليه وسلم وكان متكئا، فقال: "أو في هذا أنت يا ابن الخطاب؟ إن أولئك قوم عجلوا طيباتهم في الحياة الدنيا." فقلت: يا رسول الله استغفر لي" (al-Bukhârî 4895) ; "فلما بلغت حديث أم سلمة تبسم رسول الله صلى الله عليه وسلم، وإنه لعلى حصير ما بينه وبينه شيء، وتحت رأسه وسادة من أدم حشوها ليف، وإن عند رجليه قرظا مصبوبا، وعند رأسه أهب معلقة، فرأيت أثر الحصير في جنبه فبكيت، فقال: "ما يبكيك؟" فقلت: "يا رسول الله إن كسرى وقيصر فيما هما فيه، وأنت رسول الله." فقال: "أما ترضى أن تكون لهم الدنيا ولنا الآخرة" (al-Bukhârî 4629, Muslim 1479, etc.). Ici le Prophète a voulu détourner Omar d'envier les richesses de gens incroyants, parce que, justement, étant incroyants, eux n'avaient pas la richesse de la foi et des bonnes actions.
L'insertion de cet échange ici est motivée par le fait de montrer que les Compagnons étaient au courant de ce qui se passait dans les pays alentour.
--- En l'an 9 de l'hégire, envoyant Mu'âdh ibn Jabal au Yémen, le Prophète lui dit : "Tu te rends auprès de Gens du Livre. Que la première chose à laquelle tu les invites soit l'adoration de Dieu. Lorsqu'ils connaîtront Dieu, informe-les que Dieu a rendu obligatoires cinq prières dans la journée et la nuit…" : "عن ابن عباس رضي الله عنهما، قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم لمعاذ بن جبل حين بعثه إلى اليمن: "إنك ستأتي قوما أهل كتاب. فإذا جئتهم، فادعهم إلى أن يشهدوا أن لا إله إلا الله وأن محمدا رسول الله. فإن هم أطاعوا لك بذلك، فأخبرهم أن الله قد فرض عليهم خمس صلوات في كل يوم وليلة. فإن هم أطاعوا لك بذلك، فأخبرهم أن الله قد فرض عليهم صدقة تؤخذ من أغنيائهم فترد على فقرائهم؛ فإن هم أطاعوا لك بذلك، فإياك وكرائم أموالهم. واتق دعوة المظلوم، فإنه ليس بينه وبين الله حجاب" (al-Bukhârî, 1425, Muslim, 19, etc.). Pourquoi lui a-t-il dit cela ? Parce qu'il voulait lui rappeler que débattre avec les Gens du Livre présents au Yémen, cela ne se fera pas avec les mêmes argumentations que celles ayant servi pour débattre avec les Idolâtres qui, eux, étaient majoritaires au Hedjaz : "إنك ستقدم على قوم أهل كتاب) يعني به: اليهود والنصارى؛ لأنهم كانوا في اليمن أكثر من مشركي العرب أو أغلب؛ وإنما نبهه على هذا ليتهيأ لمناظرتهم ويعدّ الأدلة لإفحامهم، لأنهم أهل علم سابق، بخلاف المشركين وعبدة الأوثان" (Al-Muf'him) ; "واختلف هل كان معاذ واليا أو قاضيا؟ فجزم ابن عبد البر بالثاني، والغساني بالأول. قوله "ستأتي قوما أهل كتاب" هي كالتوطئة للوصية لتستجمع همته عليها، لكون أهل الكتاب أهل علم في الجملة، فلا تكون العناية في مخاطبتهم كمخاطبة الجهال من عبدة الأوثان. وليس فيه أن جميع من يقدم عليهم من أهل الكتاب بل يجوز أن يكون فيهم من غيرهم وإنما خصهم بالذكر تفضيلا لهم على غيرهم. قوله "فإذا جئتهم" قيل عبر بلفظ إذا تفاؤلا بحصول الوصول إليهم. قوله "فادعهم إلى أن يشهدوا أن لا إله إلا الله وأن محمدا رسول الله": كذا للأكثر؛ وقد تقدم في أول الزكاة بلفظ "وأني رسول الله": كذا في رواية زكريا بن إسحاق لم يختلف عليه فيها" (Fat'h ul-bârî, 3/).
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Entre autres cette connaissance du Réel servait (comme on le voit avec l'exemple de la Kaaba) à ne pas entreprendre ce qui aurait causé un problème (Mafsada) plus grand que ce qui n'était déjà pas l'Idéal. Cependant, le Prophète (sur lui soit la paix) ne tombait jamais dans la Falsification (Tahrîf) des Normes à lui révélées par Dieu (c'est-à-dire ne présentait jamais ce qui n'était pas l'idéal, comme étant l'idéal islamique).
Lire aussi notre article parlant de l'approbation - par le silence - faite par le Prophète (sur lui soit la paix).
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Trois exemples contemporains :
Pour que ceux qui désirent mériter le titre de "Héritiers de ce que les Prophètes ont laissé" (Warathat ul-Anbiyâ') puissent répondre à cette question, il faut qu'ils le fassent à la lumière du Legs des Prophètes (إرث الأنبياء). Et, pour cela, il y a 2 étapes :
--- étudier de façon suivie ce que Coran, Hadîths et Ulémas anciens ont dit sur le sujet : quel est le statut (Hukm) de cette émigration ? quelles sont les causes (Sabab) entraînant ce statut relatif à cette action (émigrer) ? quelles sont les conditions (Shurût) de l'applicabilité de cette règle ?
--- étudier de façon suivie la réalité de la société dans laquelle on vit, afin de déterminer si telle Cause y est véritablement présente ou pas, et si tel Empêchant (Mâni') en est bien absent, ou pas ? Etudier, pareillement, la réalité de telle société, afin de déterminer si aller s'y installer constituera vraiment une solution pour soi, ou bien si cela conduira à un problème dînî plus grand encore, mais sur un autre plan ?
D'où l'importance :
--- de se référer au Coran et à la Sunna ;
--- ainsi que de connaître la situation du Réel ('Ilm bi-l-Wâqi')...
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– 2) Il existe différentes façons acceptables d'articuler les droits des maris et ceux des épouses...
Or, ce qu'il s'agit d'établir ici, c'est ce qui suit :
--- Quels sont les modèles idéaux dans le regard de Coran et Sunna ? Par raisonnement inverse, qu'est-ce qui est excessif ?
--- Quel est le réel dans la société où on vit ?
--- Sur quoi faut-il travailler pour tenter de rapprocher le réel de l'un des idéaux ?
– Se trouve-t-on dans une société où, globalement, ce sont les maris qui sont injustes envers leurs épouses ? ou bien dans une société où, globalement, ce sont les maris qui sont dominés (تغلبهم نساءهم) ?
Quels sont les indices montrant que telle société se trouve dans le premier cas, ou le second ?
Et, d'abord, qu'est-ce qui constitue un abus de la part du mari vis-à-vis de son épouse : s'il ne maltraite pas celle-ci, s'il la consulte mais de temps à autre ne peut pas le faire, est-ce une injustice de sa part ? et si, quand il la consulte, il le fait sincèrement mais, ensuite, se réserve la prérogative de prendre la décision finale, est-ce une injustice de sa part ?
De la détermination de cela dépend le discours que l'on va tenir devant les femmes : va-t-on insister devant elles sur leurs droits ? ou bien va-t-on, devant elles, insister plutôt sur leurs devoirs qu'elles ont vis-à-vis de leur mari ?.
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– 3) Concernant les relations internationales (entre les Dâr ul-islâm et les autres Dâr)...
Il y a aujourd'hui de très nombreux Etats avec lesquels les Dâr ul-islam sont en état de paix ('Ahd).
Et puis il y a quelques Etats avec lesquels quelques-unes des Dâr ul-islâm sont en état de conflit non-résolu.
Ces Dâr ul-islâm doivent-elles, peuvent-elles, signer un traité de paix et donc tourner la page du conflit ? ou ne doivent-elle pas le faire ?
Si elles ne doivent pas le faire, s'agit-il pour autant pour elles de mener une attaque contre l'armée de ces Etats avec lesquels elles sont en état de conflit, ou doivent-elles attendre et résister d'une autre façon ?
Entreprendre quoi que ce soit de toutes ces options demande que cela soit fait par Maslaha ; or, établir cela demande, de nouveau, une connaissance des Textes ainsi que du Réel.
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W'Allâhu A'lam (Dieu sait mieux).