Le 'Âlim ud-Dîn et le Amîr : entre Erudits dans la Connaissance Religieuse ('Ilm ud-Dîn) et Dirigeants (d'au moins une partie) de la Communauté Musulmane - علماءُ الدين وأمراءُ المسلمين

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'Âlim ud-dîn et Amîr ul-jamâ'ah sont les deux autorités humaines existant au sein de la Umma (en sus de celle que le Messager de Dieu exerçait de son vivant, et que, par voie d'incidence, la Sunna continue à exercer mais en tant qu'"ensemble de données") :

Dieu dit : "يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُواْ أَطِيعُواْ اللّهَ وَأَطِيعُواْ الرَّسُولَ وَأُوْلِي الأَمْرِ مِنكُمْ؛ فَإِن تَنَازَعْتُمْ فِي شَيْءٍ فَرُدُّوهُ إِلَى اللّهِ وَالرَّسُولِ إِن كُنتُمْ تُؤْمِنُونَ بِاللّهِ وَالْيَوْمِ الآخِرِ؛ ذَلِكَ خَيْرٌ وَأَحْسَنُ تَأْوِيلاً" : "O les croyants, obéissez à Dieu, obéissez au Messager, ainsi qu'aux détenteurs de l'autorité parmi vous. Si alors vous divergez au sujet de quelque chose, renvoyez-la à Dieu et à Son Messager, si vous êtes croyants en Dieu et au Jour Dernier. Ceci est mieux et de meilleur devenir" (Coran 4/59).

Qui sont désignés par la formule "أُوْلِي الأَمْرِ مِنكُمْ", "les détenteurs de l'autorité parmi vous", ici évoqués ?
Il y a justement ces deux commentaires :
--- ce sont les 'ulamâ', ulémas (pluriel de : 'âlim) ;
--- ce sont les umarâ' (pluriel de : amîr, émir).

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Les Ulémas constituent l'autorité de référence en terme d'orientation (الإرشاد), et ce par l'instruction qu'ils délivrent (التعليم) et l'éducation qu'ils prodiguent (التربية) : ils fournissent, sous forme de "produit fini", les données du Coran et de la Sunna en matière de croyances orthodoxes et de normes à suivre : ils font connaître les textes (التبليغ), ils interprètent ces textes (الشرح), ils font l'analogie (قياس التمثيل) pour les cas nouveaux, et ils relativisent certains de ces textes en les restreignant (التخصيص) aux cas auxquels ils s'appliquent réellement.
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Ils fournissent cela à l'ensemble de la Communauté musulmane, depuis la base de cette dernière jusqu'au Amîr suprême, chaque musulman étant concerné par les normes qui s'appliquent à la fonction qu'il occupe.
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Les Ulémas
font aussi le rappel (التذكير), la prédication (الخطبة والقصص). Constatant des manquements chez les gens qui les entourent, ils font des rappels sur le sujet (الأمر بالمعروف والنهي عن المنكر باللسان).

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Le Amîr constitue l'autorité décisionnelle (الأمر), celui qui prend les décisions qui concernent le groupe qu'il dirige (ما فيه أعظم المصلحة وأقلّ المفسدة).
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En Dâr ul-islâm, le Amîr est aussi une autorité exécutive (التنفيذ), qui exerce la puissance publique (الأمر بالمعروف والنهي عن المنكر بالسلطان).
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Dans tous les cas, le Amîr mène (القيادة) le groupe qu'il préside.

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(Ceci était un extrait de l'article consacré aux Ulémas et aux Umarâ'.)

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Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) réunissait différentes fonctions :

--- il était législateur (d'un caractère relatif, cependant, vu que c'est Dieu qui est le Seul Législateur Absolu) : le Prophète transmettait et exposait aux hommes les normes matérialisant ce que Dieu agrée et ce qu'Il n'agrée pas de la part des humains ;
--- il était muftî (donnant des fatwas, ou avis juridiques circonstanciés) ;
--- il était aussi dirigeant de la Communauté musulmane (et ce depuis le début, à La Mecque) ;
--- il fut également chef d'Etat (et ce depuis après son installation à Médine) ;
--- il était également un mari et un père de famille ;
--- il était aussi un homme avec ses habitudes personnelles et d'autres purement culturelles (liées à son arabité) ;
--- il cumulait d'autres fonctions encore.

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Dans tout ce que le Messager a fait, il y a :

--- ce qui est Ta'abbudî / Dînî ;
--- ce qui est Maslahî ;
--- ce qui est 'Âdî.

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◼️ Ce qui est 'Âdî, c'est ce que le Prophète (sur lui soit la paix) a fait en tant qu'élément purement culturel ou lié à son goût personnel. Par exemple s'asseoir par terre pour manger ; manger avec ses doigts ; s'habiller d'un vêtement "oriental".

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◼️ Ce qui est Ta'abbudî, c'est tout élément qui est fixé tel quel dans les textes (Coran ou Hadîths) ; cela rapproche de Dieu "en son élémentarité même" ("bi juz'iyyatihî" : بِجُزْئِيّّتِهِ). Par exemple : faire la prière rituelle de tant de cycles (rak'ah) ; pendant cette prière, croiser les mains à telle hauteur. De même : utiliser sa main droite (et pas sa main gauche) pour porter les aliments à sa bouche. Entrer dans tel endroit noble par le biais du pied droit en premier. Entrer dans tel endroit sale par le biais du pied gauche en premier.

Parallèlement :
--- ▪️ certains éléments Ta'abbudî font l'objet d'une divergence qui "tient la route" (par exemple : est-ce que la musulmane peut voyager seule si le chemin est sûr ; est-ce que le fait de porter des pantalons qui dépassent les chevilles, mais sans le faire pour exprimer de la fierté, cela est interdit aussi, ou seulement mak'rûh tanzîhî ?) ;
--- ▪️ tandis que d'autres éléments Ta'abbudî sont tels que soit il y a consensus sur eux (c'est tel Hukm, et rien d'autre), soit l'avis qui diverge à leur sujet est erroné de façon Qat'î (et ne peut donc pas être pratiqué : il faut à tout prix appliquer tel Hukm).
Tout cela est Ta'abbudî.

De plus, parmi l'ensemble des éléments Ta'abbudî :
--- ▪️ il en est dont la forme (shak'l) est fixe (شَكْلُهُ مُعَيَّنٌ) : par exemple il s'agit bien de croiser les mains à telle hauteur pendant la prière (et pas à telle autre hauteur) ; il s'agit bien de garder la barbe (et pas de se dire que du moment qu'on reconnaît que je suis masculin, je n'ai pas besoin de porter la barbe, vu que celle-ci n'avait que cet objectif d'exprimer la masculinité) ; il s'agit bien d'entrer dans les lieux nobles en avançant d'abord le pied droit ; etc. Si on le fait avec sincérité pour Allah, cet élément / cette action, rapproche donc de Lui "bi juz'iyyati-hî wa shak'lihî" (بِجُزْئِيّّتِهِ وَشَكْلِهِ) ;
--- ▪️ mais il en est dont la forme (shak'l) peut changer, car un ou des équivalents existent qui permettent la réalisation du même objectif Ta'abbudî : c'est le cas - d'après l'école hanafite - du fait de s'acquitter de la sadaqat ul-fitr par le biais de la monnaie.

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◼️ Ce qui est Maslahî, c'est ce que le Prophète (sur lui soit la paix) a fait parce que cela permet de réaliser tel objectif Ta'abbudî. Ce qui est Maslahî ne rapproche pas de Dieu en son élémentarité : c'est ce qu'il permet de réaliser qui rapproche du Créateur.
Ainsi, si, à Uhud, le Prophète (sur lui soit la paix) ordonné à 50 hommes de se poster à tel endroit, il leur était alors obligatoire de lui obéir. Mais c'était par Maslaha : l'objectif était de prévenir d'une attaque de l'ennemi Mecquois de ce côté-là. Il ne s'agit donc pas, pour un autre Amîr, de disposer ses hommes à lui exactement de la même façon : cet Amîr devra rechercher ce qui, d'après la configuration dans laquelle il se trouve, présente le plus de Maslaha par rapport à l'objectif recherché. Le Prophète (sur lui soit la paix) lui-même n'avait-il pas, lors de al-Ahzâb, suivi la proposition de Salmân de creuser un fossé ? Ce qui est Ta'abbudî, c'était d'empêcher l'ennemi d'envahir la cité de Médine. Mais pour ce qui est du moyen (poster les archers sur la colline, ou creuser un fossé), il était d'ordre Maslahî.
De même, quand le Prophète a voulu écrire des lettres aux rois et souverains de sa région pour leur faire da'wa, quelqu'un l'a informé que ces souverains ne lisent de lettre que si celle-ci porte un cachet ; alors il s'est fait faire un sceau, qu'il portait à son doigt. C'était par Maslaha, afin qu'ils lisent la lettre. Faire la da'wa est, lui, Ta'abbudî ; utiliser une lettre pour ce faire est l'une des formes possibles (la forme n'est pas fixe) ; quant à apposer un cachet sur la lettre, cela était Maslahî.
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Le Amîr prend justement des décisions Maslahî (en sus de veiller à l'application - s'il est un Amîr à l'autorité publique -, par la force publique, des éléments Ta'abbudî applicables à l'échelle publique).

Il ne faut cependant pas que ce que le Amîr prenne de décision Maslahî, cela contredise une norme Ta'abbudî fixe et ne faisant pas l'objet d'une divergence qui tient la route.

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De la nécessité de se référer aux Coran et aux Hadîths, et du fait de faire la critique de celui qui lui oppose quelque chose qui n'est pas établi :

--- Abû Qatâda raconte : "Nous étions, tout un groupe, auprès de 'Imrân ibn Hussayn ; parmi nous il y avait (aussi) Bushayr ibn Ka'b. 'Imrân nous cita ce jour-là des hadîths : il dit : "Le Messager de Dieu - que Dieu le bénisse et le salue - a dit : "La pudeur est bien tout entière", ou il a dit : "La pudeur est tout entière du bien"". Or Bushayr ibn Ka'b lui dit : "Nous trouvons dans certains livres de sagesse que de la pudeur naît de la sérénité et de la dignité pour Dieu, et que d'elle naît de la faiblesse". 'Imrân fut alors mécontent, et lui dit : "Que je ne vois pas que je te relate des paroles du Messager de Dieu, et que tu leur opposes (d'autres paroles) !". 'Imrân répéta alors le hadîth. Mais Bushayr réitéra son propos. Alors 'Imrân se fâcha. Nous ne cessâmes alors de lui dire : "(Bushayr) fait partie des nôtres, ô Abû Nujayd ! Il n'est pas problématique". "عن إسحاق - وهو ابن سويد -، أن أبا قتادة حدث، قال: "كنا عند عمران بن حصين في رهط، وفينا بشير بن كعب. فحدثنا عمران يومئذ، قال: "قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "الحياء خير كله"، قال: "أو قال: "الحياء كله خير". فقال بشير بن كعب: "إنا لنجد في بعض الكتب - أو الحكمة - أن منه سكينة ووقارا لله، ومنه ضعف". قال: فغضب عمران حتى احمرتا عيناه، وقال: "ألا أرى أحدثك عن رسول الله صلى الله عليه وسلم، وتعارض فيه!". قال: فأعاد عمران الحديث؛ قال: فأعاد بشير. فغضب عمران. قال: "فما زلنا نقول فيه: "إنه منا يا أبا نجيد، إنه لا بأس به"" (Muslim, 37) (voir aussi al-Bukhârî, 5766).

--- Sahl ibn Hunayf a dit à ceux qui ont refusé que 'Alî ibn Abî Tâlib accepte l'arrêt des combats à Siffîn : "Remettez en cause votre opinion personnelle (Ra'y) par rapport au Dîn (lorsque les sources du Dîn disent quelque chose de différent) ! Car je me suis vu, le jour de Abû Jandal [= de al-Hudaybiya], être tel que si j'avais alors pu signifier au Messager de Dieu mon refus de sa décision [prise ce jour-là], je l'aurais fait. Or Dieu et Son Messager (se) sont (avérés) plus sachants ! (...)" : "قال أبو وائل: لما قدم سهل بن حنيف من صفين، أتيناه نستخبره، فقال: "اتهموا الرأي! فلقد رأيتني يوم أبي جندل ولو أستطيع أن أرد على رسول الله صلى الله عليه وسلم أمره لرددت. والله ورسوله أعلم! وما وضعنا أسيافنا على عواتقنا لأمر يفظعنا إلا أسهلن بنا إلى أمر نعرفه قبل هذا الأمر، ما نسد منها خصما إلا انفجر علينا خصم  ما ندري كيف نأتي له" (al-Bukhârî, 3953, Muslim) ; "اتهموا رأيكم" (al-Bukhârî, 3010, Muslim, 1785/95) ; "اتهموا رأيكم على دينكم" (al-Bukhârî, 6878, Muslim, 1785/96) ; "اتهموا أنفسكم" (al-Bukhârî, 3011, Muslim, 1785/94).

--- Alors que Abdullâh ibn Omar avait relaté que le Messager de Dieu (sur lui soit la paix) a dit : "N'empêchez pas les femmes de venir aux mosquées lorsqu'elles vous le demandent", son fils Bilâl fit : "Par Dieu, nous les empêcherons". [L'impératif négatif que le Prophète a utilisé ici est un Nah'yu Irshâd , ou quelque chose ayant valeur de Karâhiyya Tahnzîhiyya ; dès lors, s'il y a véritablement Mafsada, le mari a bel et bien le droit de dire : "Je préfère que tu n'y ailles pas".] Mais Abdullâh ibn Omar n'apprécia pas la façon par laquelle son fils Bilâl avait opposé sa parole à celle qu'il entendait être relatée du Messager de Dieu ; Abdullâh ibn Omar blâma donc sévèrement son fils pour la généralité de son propos ou pour la façon dont il l'avait exprimé : "عن ابن شهاب، قال: أخبرني سالم بن عبد الله، أن عبد الله بن عمر قال: "سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلم يقول: "لا تمنعوا نساءكم المساجد إذا استأذنكم إليها"". قال: فقال بلال بن عبد الله: "والله لنمنعهن". قال: فأقبل عليه عبد الله فسبّه سبًّا سيّئا ما سمعته سبّه مثله قط، وقال: "أخبرك عن رسول الله صلى الله عليه وسلم، وتقول: "والله لنمنعهن" (Muslim, 442/135) ; "عن بلال بن عبد الله بن عمر، عن أبيه قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "لا تمنعوا النساء حظوظهن من المساجد، إذا استأذنوكم." فقال بلال: "والله، لنمنعهن!"، فقال له عبد الله: "أقول: "قال رسول الله صلى الله عليه وسلم"، وتقول أنت: "لنمنعهن" (Muslim, 442/140, et FB 2/449-450).
Lire mon article au sujet de la venue des femmes à la mosquée.

--- Omar ibn ul-Khattâb avait dit de ne pas faire le petit pèlerinage ('umra) pendant les mois du grand pèlerinage (hajj) ; en fait c'était là, de sa part, une mesure d'ordre Maslahî : son souhait était que, toute l'année, des musulmans viennent de différentes régions à la Kaaba. Mais certains personnages crurent que Omar l'avait interdit sur le plan Ta'abbudî ; parmi eux, 'Imrân ibn Hussayn fit ainsi la critique de ce que Omar avait dit : "عن عمران بن حصين رضي الله عنهما، قال: "أنزلت آية المتعة في كتاب الله، ففعلناها مع رسول الله صلى الله عليه وسلم، ولم ينزل قرآن يحرمه، ولم ينه عنها حتى مات. قال رجل برأيه ما شاء" (al-Bukhârî, 4246, Muslim 1226).
"عن سالم قال: كان عبد الله بن عمر يفتي بالذي أنزل الله عز وجل من الرخصة بالتمتع وما سنّ رسول الله - صلي الله عليه وسلم - فيه. فيقول ناس لابن عمر: "كيف تخالف أباك وقد نهى عن ذلك؟"، فيقول لهم عبد الله: "ويلكم، ألا تتقون الله؟ إنْ كان عمر نهى عن ذلك يبتغي فيه الخير يلتمس به تمام العمرة، فلِم تحرّمون ذلك؟ قد أحلّه الله وعمل به رسول الله - صلي الله عليه وسلم -! أفرسول الله - صلى الله عليه وسلم - أحق أن تتبعوا سنته، أم سنة عمر؟ إنّ عمر لم يقل لكم إنّ العمرة في أشهر الحج حرام، ولكنه قال: إنّ أتمَّ العمرة أنْ تفردوها من أشهر الحج" (Ahmad, 5700).
Alors qu'un jour Abdullâh ibn Abbâs dit (lui aussi) que l'accomplissement à la fois de la 'umra et du hadj pendant les mois du hajj, cela était autorisé (mashrû'), 'Urwa ibn uz-Zubayr lui dit : "Tu nous dis d'accomplir la 'umra pendant les mois du hajj, alors que Abû Bakr et Omar ont défendu de faire cela !". Abdullâh ibn Abbâs rétorqua alors : "Je dis : "Le Prophète - que Dieu le bénisse et le salue - a dit ainsi. Et lui ('Urwa) (m'oppose un) : "Abû Bakr et Omar ont interdit (cela) !"""عن الفضيل بن عمرو، قال: أراه عن سعيد بن جبير، عن ابن عباس، قال: "تمتع النبي صلى الله عليه وسلم"، فقال عروة بن الزبير: "نهى أبو بكر وعمر عن المتعة"، فقال ابن عباس: "ما يقول عرية؟"، قال: "يقول: "نهى أبو بكر وعمر عن المتعة"". فقال ابن عباس: "أراهم سيهلكون؛ أقول: "قال النبي صلى الله عليه وسلم"، ويقول: "نهى أبو بكر وعمر" (Ahmad, 3121), "عن ابن أبي مليكة، قال: قال عروة لابن عباس: حتى متى تضل الناس يا ابن عباس؟"، قال: "ما ذاك يا عرية؟"، قال: "تأمرنا بالعمرة في أشهر الحج، وقد نهى أبو بكر وعمر". فقال ابن عباس: "قد فعلها رسول الله صلى الله عليه وسلم"، فقال عروة: "هما كانا أتبع لرسول الله صلى الله عليه وسلم، وأعلم به منك" (Ahmad, 2277). "وذكر عبد الرزاق قال: أنا معمر، عن أيوب، قال: قال عروة لابن عباس: "ألا تتقي الله ترخص في المتعة؟"، فقال ابن عباس: "سل أمك يا عرية"، فقال عروة: "أما أبو بكر وعمر، فلم يفعلا". فقال ابن عباس: "والله ما أراكم منتهين حتى يعذبكم الله! نحدثكم عن رسول الله صلى الله عليه وسلم، وتحدثونا عن أبي بكر وعمر". وذكر الحديث. قال أبو عمر: يعني متعة الحج وهو فسخ الحج في عمرة. وليس عن أبي بكر وعمر في متعة النساء رخصة، ولا أحد من الصحابة، إلا ابن عباس" (Jâmi' bayân il-'ilm wa fadhli-hî, 1247).

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I) Le Dirigeant Suprême (lui-même un Compagnon) demande aux Compagnons présents si l'un d'entre eux a connaissance de ce que le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) a dit (de Hukm Ta'abbudî) au sujet de tel point précis (car lui n'en a pas connaissance) :

▪️ Abû Bakr (que Dieu l'agrée), premier calife de l'Islam, mort deux ans après le Prophète, demanda une fois aux Compagnons si quelqu'un avait entendu le Prophète dire quelque chose au sujet de la part d'héritage de la grand-mère. Al-Mughîra ibn Shu'ba affirma qu'il avait, lui, entendu le Prophète lui donner le sixième de la somme laissée en héritage. Abû Bakr vérifia : "Y a-t-il quelqu'un d'autre avec toi ?". Muhammad ibn Maslama confirma alors les dires de al-Mughîra. "عن قبيصة بن ذؤيب قال: جاءت الجدة إلى أبي بكر تسأله ميراثها، قال: فقال لها: "ما لك في كتاب الله شيء، وما لك في سنة رسول الله صلى الله عليه وسلم شيء؛ فارجعي حتى أسأل الناس". فسأل الناس فقال المغيرة بن شعبة: "حضرت رسول الله صلى الله عليه وسلم فأعطاها السدس". فقال أبو بكر: "هل معك غيرك؟" فقام محمد بن مسلمة الأنصاري، فقال مثل ما قال المغيرة بن شعبة. فأنفذه لها أبو بكر. قال: ثم جاءت الجدة الأخرى إلى عمر بن الخطاب تسأله ميراثها، فقال: "ما لك في كتاب الله شيء، ولكن هو ذاك السدس، فإن اجتمعتما فيه فهو بينكما، وأيتكما خلت به فهو لها" (at-Tirmidhî, 2101, Abû Dâoûd, 2894, etc. ; hassan sahîh d'après at-Tirmidhî).

▪️ Omar ibn ul-Khattâb (que Dieu soit Satisfait de lui), alors Calife (donc Chef et Dirigeant Suprême), demanda aux Compagnons : "Lequel d'entre vous a entendu le Prophète - que Dieu le bénisse et le salue - dire quelque chose au sujet de (la règle que l'on doit appliquer au cas où) une femme enceinte perd son bébé qu'elle attendait (à cause d'un coup volontaire de la part de quelqu'un) ?". Al-Mughîra ibn Shu'ba affirma qu'il avait entendu le Prophète dire que l'auteur du coup devait dédommager la famille par une ghurra (don d'un esclave). Omar exigea : "Amène-moi quelqu'un qui témoigne avec toi (avoir entendu cela du Prophète)". Ce fut Muhammad ibn Maslama qui apporta alors son témoignage. "عن المغيرة بن شعبة، قال: سأل عمر بن الخطاب عن إملاص المرأة، هي التي يضرب بطنها فتلقي جنينا، فقال: "أيكم سمع من النبي صلى الله عليه وسلم فيه شيئا؟" فقلت: أنا، فقال: ما هو؟ قلت: "سمعت النبي صلى الله عليه وسلم يقول: "فيه غرة، عبد أو أمة"". فقال: "لا تبرح حتى تجيئني بالمخرج فيما قلت"، فخرجت فوجدت محمد بن مسلمة فجئت به، فشهد معي أنه سمع النبي صلى الله عليه وسلم يقول: "فيه غرة، عبد أو أمة" (al-Bukhârî, 6887, Muslim, 1682) ; "فشهد محمد بن مسلمة: أنه شهد النبي صلى الله عليه وسلم قضى به" (al-Bukhârî, 6509) ; "عن المسور بن مخرمة قال: استشار عمر بن الخطاب الناس في إملاص المرأة، فقال المغيرة بن شعبة: "شهدت النبي صلى الله عليه وسلم قضى فيه بغرة عبد أو أمة". قال: فقال عمر: "ائتني بمن يشهد معك". قال: فشهد محمد بن مسلمة" (Muslim, 1689).

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I') Le Dirigeant Suprême (lui-même un Compagnon) consulte des Compagnons afin de procéder à une recherche approfondie concernant un Hukm Ta'abbudî, et ce parce que des avis contradictoires circulent sur le sujet :

▪️ Ce fut le cas concernant le fait de savoir si les grandes ablutions (الغُسل) sont rendues obligatoires par le seul acte sexuel (الإيلاج), ou bien par l'émission de semence (الإمناء). Omar ibn ul-Khattâb (que Dieu soit Satisfait de lui) fit faire une recherche sur le sujet, puis, ayant su par information donnée par Aïcha (que Dieu soit Satisfait d'elle) lequel de ces deux avis était correct, énonça que nul ne devait plus pratiquer l'autre avis.
"عن عبيد الله بن عدي بن الخيار، قال: تذاكر أصحاب رسول الله صلى الله عليه وسلم عند عمر بن الخطاب الغسل من الجنابة، فقال بعضهم: "إذا جاوز الختان الختان، فقد وجب الغسل"، وقال بعضهم: "إنما الماء من الماء". فقال عمر رضي الله عنه: "قد اختلفتم علي وأنتم أهل بدر الأخيار، فكيف بالناس بعدكم؟". فقال علي بن أبي طالب رضي الله عنه: "يا أمير المؤمنين، إن أردت أن تعلم ذلك، فأرسل إلى أزواج النبي صلى الله عليه وسلم فسلهن عن ذلك". فأرسل إلى عائشة رضي الله عنها. فقالت: "إذا جاوز الختان الختان فقد وجب الغسل". فقال عمر رضي الله عنه عند ذلك: "لا أسمع أحدا يقول "الماء من الماء" إلا جعلته نكالا" (Shar'hu ma'ânî-l-âthâr, 338). "عن عبيد بن رفاعة الأنصاري، قال: كنا في مجلس فيه زيد بن ثابت، فتذاكرنا الغسل من الإنزال، فقال زيد: "ما على أحدكم إذا جامع فلم ينزل إلا أن يغسل فرجه ويتوضأ وضوءه للصلاة". فقام رجل من أهل المجلس، فأتى عمر فأخبره بذلك. فقال عمر للرجل: "اذهب أنت بنفسك فائتني به حتى يكون أنت الشاهد عليه". فذهب فجاء به، وعند عمر ناس من أصحاب رسول الله صلى الله عليه وسلم فيهم علي بن أبي طالب ومعاذ بن جبل رضي الله عنهما. فقال عمر: "أنت - عدو نفسك - تفتي الناس بهذا؟"، فقال زيد: "أم والله ما ابتدعته، ولكني سمعته من عماي رفاعة بن رافع ومن أبي أيوب الأنصاري". فقال عمر لمن عنده من أصحاب النبي صلى الله عليه وسلم: "ما تقولون؟". فاختلفوا عليه. فقال عمر: "يا عباد الله، فمن أسأل بعدكم وأنتم أهل بدر الأخيار؟"، فقال له علي بن أبي طالب: "فأرسل إلى أزواج النبي صلى الله عليه وسلم، فإنه إن كان شيء من ذلك، ظهرت عليه". فأرسل إلى حفصة فسألها، فقالت: "لا علم لي بذلك". ثم أرسل إلى عائشة رضي الله عنها، فقالت: "إذا جاوز الختان الختان، فقد وجب الغسل". فقال عمر رضي الله عنه عند ذلك: "لا أعلم أحدا فعله ثم لم يغتسل إلا جعلته نكالا" (Shar'hu ma'âni-l-âthâr, 335).

Abû Mûssâ al-Ash'arî
avait lui aussi procédé à cette recherche, et avait appris l'avis correct auprès de Aïcha : "عن أبي بردة، عن أبي موسى الأشعري، قال: اختلف في ذلك رهط من المهاجرين والأنصار؛ فقال الأنصاريون: "لا يجب الغسل إلا من الدفق أو من الماء"؛ وقال المهاجرون: "بل إذا خالط فقد وجب الغسل". قال: قال أبو موسى: "فأنا أشفيكم من ذلك"، فقمت، فاستأذنت على عائشة، فأذن لي، فقلت لها: "يا أماه - أو يا أم المؤمنين - إني أريد أن أسألك عن شيء، وإني أستحييك"، فقالت: "لا تستحيي أن تسألني عما كنت سائلا عنه أمك التي ولدتك، فإنما أنا أمك"، قلت: "فما يوجب الغسل؟"، قالت: "على الخبير سقطت؛ قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "إذا جلس بين شعبها الأربع ومس الختان الختان، فقد وجب الغسل" (Muslim, 349).

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II) Le Dirigeant Suprême (lui-même un Compagnon) consulte des Compagnons afin de prendre une décision (d'ordre Maslahî) (puis il s'avère qu'il y a sur le sujet un Hukm Ta'abbudî) :

▪️ Face à l'augmentation de la consommation d'alcool, Omar ibn ul-Khattâb consulta les Compagnons de son Conseil. Il prit alors une décision d'ordre Maslahî (c'est l'un des avis des mujtahidûn sur le sujet : il s'est agi là d'une ta'zîr). 
"عن السائب بن يزيد، قال: كنا نؤتى بالشارب على عهد رسول الله صلى الله عليه وسلم وإمرة أبي بكر وصدرا من خلافة عمر، فنقوم إليه بأيدينا ونعالنا وأرديتنا؛ حتى كان آخر إمرة عمر، فجلد أربعين؛ حتى إذا عتوا وفسقوا، جلد ثمانين
" (al-Bukhârî, 6397). "عن أنس بن مالك، أن نبي الله صلى الله عليه وسلم جلد في الخمر بالجريد، والنعال. ثم جلد أبو بكر أربعين. فلما كان عمر، ودنا الناس من الريف والقرى، قال: "ما ترون في جلد الخمر؟"، فقال عبد الرحمن بن عوف: "أرى أن تجعلها كأخف الحدود". قال: فجلد عمر ثمانين" (Muslim, 1706). "عن عبد الرحمن بن أزهر، قال: " رأيت رسول الله صلى الله عليه وسلم غداة الفتح - وأنا غلام شاب - يتخلل الناس يسأل عن منزل خالد بن الوليد؛ فأتي بشارب، فأمرهم، فضربوه بما في أيديهم: فمنهم من ضربه بالسوط، ومنهم من ضربه بعصا، ومنهم من ضربه بنعله، وحثى رسول الله صلى الله عليه وسلم التراب. فلما كان أبو بكر، أتي بشارب، فسألهم عن ضرب النبي صلى الله عليه وسلم الذي ضربه، فحزروه أربعين، فضرب أبو بكر أربعين. فلما كان عمر، كتب إليه خالد بن الوليد: "إن الناس قد انهمكوا في الشرب، وتحاقروا الحد والعقوبة"، قال: "هم عندك، فسلهم"، وعنده المهاجرون الأولون؛ فسألهم، فأجمعوا على أن يضرب ثمانين. قال: وقال علي: "إن الرجل إذا شرب، افترى؛ فأرى أن يجعله كحد الفرية" (Abû Dâoûd, 4489).

▪️ Omar ibn ul-Khattâb, se dirigeant vers Shâm, apprit en chemin qu'une épidémie de peste s'était déclarée là-bas ; il consulta alors les Compagnons l'accompagnant pendant ce voyage : devait-il continuer son chemin et s'en remettre à ce qui était écrit pour lui et ceux qui étaient avec lui ? ou bien devait-il s'en retourner ?
Il fit appeler l'un après l'autre 2 groupes de Compagnons (les Muhâjirûn Awwalûn, puis les Ansâr) : chez les 2, certains furent du premier avis, et d'autres du second.
Puis il fit venir un 3ème groupe de Compagnons (les Muhâjirat ul-Fat'h) : tous furent du second avis.
A la fin, 'Abdur-Rahmân ibn 'Awf survint - il n'était pas présent précédemment - qui informa Omar qu'il avait entendu le Prophète (sur lui soit la paix) dire que celui qui était à l'extérieur de la région où une épidémie s'était déclarée ne devait pas y entrer ; et que celui qui se trouvait à l'intérieur de pareille région ne devait pas en partir pour fuir l'épidémie. En fait ni Omar ni les autres Compagnons présents lors de ce voyage ne connaissaient ce hadîth, et c'est pourquoi ils avaient fait leur propre ijtihâd ; mais ayant pris connaissance de ce hadîth, ils s'y conformèrent.
"عن عبد الله بن عباس: أن عمر بن الخطاب رضي الله عنه، خرج إلى الشأم، حتى إذا كان بسرغ لقيه أمراء الأجناد، أبو عبيدة بن الجراح وأصحابه، فأخبروه أن الوباء قد وقع بأرض الشأم. قال ابن عباس: فقال عمر: "ادع لي المهاجرين الأولين"، فدعاهم فاستشارهم، وأخبرهم أن الوباء قد وقع بالشأم، فاختلفوا، فقال بعضهم: "قد خرجت لأمر، ولا نرى أن ترجع عنه"، وقال بعضهم: "معك بقية الناس وأصحاب رسول الله صلى الله عليه وسلم، ولا نرى أن تقدمهم على هذا الوباء"، فقال: "ارتفعوا عني". ثم قال: "ادعوا لي الأنصار"، فدعوتهم فاستشارهم، فسلكوا سبيل المهاجرين، واختلفوا كاختلافهم، فقال: "ارتفعوا عني". ثم قال: "ادع لي من كان ها هنا من مشيخة قريش من مهاجرة الفتح"، فدعوتهم، فلم يختلف منهم عليه رجلان، فقالوا: "نرى أن ترجع بالناس ولا تقدمهم على هذا الوباء". فنادى عمر في الناس: "إني مصبح على ظهر فأصبحوا عليه". قال أبو عبيدة بن الجراح: "أفرارا من قدر الله؟"، فقال عمر: "لو غيرك قالها يا أبا عبيدة! نعم، نفر من قدر الله إلى قدر الله. أرأيت لو كان لك إبل هبطت واديا له عدوتان، إحداهما خصبة، والأخرى جدبة، أليس إن رعيت الخصبة رعيتها بقدر الله، وإن رعيت الجدبة رعيتها بقدر الله؟". قال: فجاء عبد الرحمن بن عوف - وكان متغيبا في بعض حاجته - فقال: "إن عندي في هذا علما: سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلم يقول: "إذا سمعتم به بأرض فلا تقدموا عليه، وإذا وقع بأرض وأنتم بها فلا تخرجوا فرارا منه". قال: فحمد الله عمر ثم انصرف" (al-Bukhârî, 5397, Muslim, 2219).

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III) Un Compagnon vient relater un Hadîth au Dirigeant, ce qui amène ce dirigeant à agir en fonction :

▪️ Abû Maryam al-Azdî se rendit auprès de Mu'âwiya (que Dieu soit Satisfait d'eux). Ce dernier lui demanda : "Qu'est-ce qui nous fait profiter de ta (venue) ?" Il répondit : "Un hadîth que j'ai entendu, et dont je vais t'informer : j'ai entendu le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) dire : "Celui à qui Dieu a confié la responsabilité de quelque chose de l'affaire des musulmans, et qui, alors, ne se préoccupe pas de leurs besoins, de leur indigence et de leur pauvreté, Dieu ne Se préoccupera pas de ses besoins, de son indigence et de son dénuement le jour du jugement". Mu'âwiya nomma alors un homme responsable des besoins de gens.
"عن أبي مريم الأزدي، قال: دخلت على معاوية فقال: "ما أنعمَنا بك أبا فلان" - وهي كلمة تقولها العرب -؛ فقلت: "حديثا سمعتُه أُخبِرك به، سمعتُ رسول الله صلى الله عليه وسلم يقول: "من ولاه الله عز وجل شيئا من أمر المسلمين فاحتجب دون حاجتهم، وخلتهم وفقرهم، احتجب الله عنه دون حاجته وخلته، وفقره". قال: فجعل رجلا على حوائج الناس" (Abû Dâoûd, 2948, at-Tirmidhî, 1332).

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IV) Un Compagnon vient, de sa propre initiative, faire comprendre au Dirigeant Suprême (lui-même un Compagnon) qu'il allait faire une erreur. Le Dirigeant réalise son erreur, et suit ce que ce Compagnon lui dit :

▪️ Alî ibn Abî Tâlib vint dire à Omar ibn ul-Khattâb qu'il est possible que la durée de gestation d'une dame soit de seulement 6 mois : "عن أبي حرب بن الأسود الديلي، عن أبيه قال: رفع إلى عمر امرأة ولدت لستة أشهر، فأراد عمر أن يرجمها. فجاءت أختها إلى علي بن أبي طالب رضي الله عنه، فقالت: "إن عمر يرجم أختي، فأنشدك الله إن كنت تعلم أن لها عذرا لما أخبرتني به". فقال علي: "إن لها عذرا"، فكبرت تكبيرة سمعها عمر من عنده، فانطلقت إلى عمر فقالت: "إن عليا زعم أن لأختي عذرا". فأرسل عمر إلى علي: "ما عذرها؟"، قال: "إن الله عز وجل يقول: {والوالدات يرضعن أولادهن حولين كاملين} وقال: {وحمله وفصاله ثلاثون شهرا}؛ فالحمل ستة أشهر، والفصل أربعة وعشرون شهرا". قال: فخلى عمر سبيلها. قال: ثم إنها ولدت بعد ذلك لستة أشهر" (Abdur-Razzâq, 13444).

▪️ Alî ibn Abî Tâlib vint rappeler à Omar ibn ul-Khattâb un Hadîth qu'il connaissait mais qu'il allait - par oubli (dhuhûl) - ne pas appliquer face au cas de figure précis qu'il avait devant lui : "عن ابن عباس، قال: أتي عمر بمجنونة قد زنت، فاستشار فيها أناسا، فأمر بها عمر أن ترجم. مر بها على علي بن أبي طالب رضوان الله عليه، فقال: "ما شأن هذه؟"، قالوا: "مجنونة بني فلان؛ زنت، فأمر بها عمر أن ترجم". قال: فقال: "ارجعوا بها"، ثم أتاه، فقال: "يا أمير المؤمنين، أما علمت أن القلم قد رفع عن ثلاثة: عن المجنون حتى يبرأ، وعن النائم حتى يستيقظ، وعن الصبي حتى يعقل؟"، قال: "بلى"، قال: "فما بال هذه ترجم؟"، قال: "لا شيء"، قال: "فأرسِلْها". قال: فأرسلها. قال: فجعل يكبّر" (Abû Dâoûd, 4399).

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IV) Un Compagnon vient dire à un Dirigeant (lui-même Compagnon) quelque chose concernant une action. Or ce Dirigeant n'est pas convaincu, et persiste (il persiste soit sur la base d'un autre Hadîth, soit sur ce qu'il perçoit comme Maslaha, soit parce qu'il n'est pas convaincu par la relation du Hadîth qu'on lui a faite) ; cependant, il y a alors un débat 'Ilmî digne de ce nom :

▪️ Après le décès du Prophète (que Dieu le bénisse et le salue), quelques tribus - parmi les très nombreuses à avoir accepté l'islam du vivant du Messager - dirent que, avec le décès du Messager, la Zakât était devenue caduque (elle était due lorsque le Messager était vivant, prétendaient-elles ; le Contexte ayant changé, la règle changeait elle aussi) ; quelques autres tribus dirent pour leur part qu'elles ne s'acquitteraient plus de la Zakât (même si elles ne disaient pas qu'elle n'est plus obligatoire).
Le premier calife, Abû Bakr, voulut alors intervenir :
--- par rapport au 1er groupe, il allait leur expliquer (iqâmat ul-hujja), mais, s'ils persistaient, il les considérerait comme ayant quitté l'islam pour avoir renié un élément (Ma'lûm min ad-Dîn dharûratan) ;
--- et par rapport au 2nd groupe, il fallait qu'ils cessent ce refus organisé et qu'ils s'acquittent de nouveau de la Zakât.
Mais Omar vint lui dire qu'il ne devrait pas faire cela par rapport au 2nd groupe. Et il lui cita un Hadîth.
Or Abû Bakr se montra inflexible, et ce sur la base d'une déduction faite à partir du même Hadîth que Omar lui avait cité.
A la fin, ce fut Omar qui se rangea à l'avis de Abû Bakr.
"عن أبي هريرة رضي الله عنه قال: لما توفي رسول الله صلى الله عليه وسلم وكان أبو بكر رضي الله عنه، وكفر من كفر من العرب، فقال عمر رضي الله عنه: "كيف تقاتل الناس، وقد قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "أمرت أن أقاتل الناس حتى يقولوا: "لا إله إلا الله"، فمن قالها فقد عصم مني ماله ونفسه إلا بحقه، وحسابه على الله"؟"، فقال: "والله لأقاتلن من فرق بين الصلاة والزكاة، فإن الزكاة حق المال. والله لو منعوني عناقا كانوا يؤدونها إلى رسول الله صلى الله عليه وسلم، لقاتلتهم على منعها". قال عمر رضي الله عنه: "فوالله ما هو إلا أن قد شرح الله صدر أبي بكر رضي الله عنه، فعرفت أنه الحق" (al-Bukhârî, 1335, Muslim, 20).

▪️ Alors que 'Ammâr vint relater à Omar ibn ul-Khattâb que le tayammum remplaçait également les grandes ablutions (ghusl), Omar ne fut pas convaincu [pourtant, c'est bien l'avis qui dit que le tayammum peut remplacer le ghusl aussi, qui est l'avis correct] : "عن عبد الرحمن بن أبزى، أن رجلا أتى عمر، فقال: "إني أجنبت فلم أجد ماء"، فقال: "لا تصل". فقال عمار: "أما تذكر يا أمير المؤمنين إذ أنا وأنت في سرية فأجنبنا فلم نجد ماء، فأما أنت فلم تصل، وأما أنا فتمعكت في التراب وصليت، فقال النبي صلى الله عليه وسلم: "إنما كان يكفيك أن تضرب بيديك الأرض، ثم تنفخ، ثم تمسح بهما وجهك، وكفيك"". فقال عمر: "اتق الله يا عمار". قال: "إن شئت لم أحدث به". قال الحكم: وحدثنيه ابن عبد الرحمن بن أبزى، عن أبيه، مثل حديث ذر قال: وحدثني سلمة، عن ذر، في هذا الإسناد الذي ذكر الحكم، فقال عمر: "نوليك ما توليت" (Muslim, 368). "عن شقيق، قال: كنت جالسا مع عبد الله وأبي موسى الأشعري، فقال له أبو موسى: "لو أن رجلا أجنب فلم يجد الماء شهرا، أما كان يتيمم ويصلي؟ فكيف تصنعون بهذه الآية في سورة المائدة: {فلم تجدوا ماء فتيمموا صعيدا طيبا}؟"، فقال عبد الله: "لو رخص لهم في هذا لأوشكوا إذا برد عليهم الماء أن يتيمموا الصعيد". قلت: "وإنما كرهتم هذا لذا؟"، قال: "نعم"، فقال أبو موسى: "ألم تسمع قول عمار لعمر: "بعثني رسول الله صلى الله عليه وسلم في حاجة، فأجنبت فلم أجد الماء، فتمرغت في الصعيد كما تمرغ الدابة، فذكرت ذلك للنبي صلى الله عليه وسلم، فقال: "إنما كان يكفيك أن تصنع هكذا"، فضرب بكفه ضربة على الأرض، ثم نفضها، ثم مسح بهما ظهر كفه بشماله أو ظهر شماله بكفه، ثم مسح بهما وجهه". فقال عبد الله: "أفلم تر عمر لم يقنع بقول عمار؟" (al-Bukhârî, 340).

▪️ Après l'assassinat du 3ème Calife ('Uthmân), 'Alî ibn Abî Tâlib devint Calife. Or il y eut bientôt 2 groupes de Compagnons qui, à la tête soit d'une ville soit de toute une région, n'entrèrent pas sous son autorité (Bagh'y 'an tâ'ati-hî). Alî pensa les y faire entrer par la force. Son propre fils, al-Hassan, le pria de ne pas faire cela. Mais, n'étant pas convaincu, 'Alî maintint sa position.
Après une première bataille (Jamal) avec l'un de ces 2 groupes, puis une seconde (Siffîn) avec le 2nd, Alî regretta n'avoir pas écouté son fils : "عن أبي الضحى، قال: قال سليمان بن صرد الخزاعي للحسن بن علي: "أعذرني عند أمير المؤمنين، فإنما منعني من يوم الجمل كذا وكذا." قال: فقال الحسن: "لقد رأيته حين اشتد القتال يلوذ بي ويقول: "يا حسن، لوددت أني مت قبل هذا بعشرين حجة" (Ibn Abî Shayba, 37835). "ابن إدريس، عن ليث، عن طلحة بن مصرف، أن عليا أجلس طلحة يوم الجمل ومسح عن وجهه التراب، ثم التفت إلى حسن فقال: "إني وددت أني مت قبل هذا" (Ibn Abî Shayba, 37796). "عن الحارث، قال: لما رجع علي من صفين، علم أنه لا يملك أبدا، فتكلم بأشياء كان لا يتكلم بها، وحدث بأحاديث كان لا يتحدث بها. فقال فيما يقول: "أيها الناس، لا تكرهوا إمارة معاوية، والله لو قد فقدتموه لقد رأيتم الرؤوس تندر من كواهلها كالحنظل" (Ibn Abî Shayba, 37854). "عن محمد بن الضحاك الحزامي، قال: قام علي بن أبي طالب رضي الله عنه على منبر الكوفة حين اختلف الحكمان، فقال: "قد كنت نهيتكم عن هذه الحكومة فعصيتموني". (...) ثم التفت إلى الناس، فقال: "لله منزل نزله سعد بن مالك وعبد الله بن عمر، والله لئن كان ذنبا إنه لصغير مغفور، ولئن كان حسنا إنه لعظيم مشكور" (at-Tabarânî, Al-Mu'jam ul-kabîr, 319).

▪️ La veuve mettant au monde, quelque temps seulement après le décès de son mari, l'enfant qu'elle portait, doit-elle attendre quand même 4 mois et 10 jours quand même ? ou bien cet accouchement marque-t-il la fin de son délai ('idda). 'Alî ibn Abî Tâlib dit qu'elle doit attendre celui de ces deux délais qui est le plus long. Or Ibn Mas'ûd dit pour sa part que c'est l'accouchement qui marque la fin de son délai ; mais 'Alî ne fut pas convaincu : "عن عبد الرحمن بن معقل، قال: شهدت عليا وسأله رجل عن امرأة توفي عنها زوجها وهي حامل، قال: "تتربص أبعد الأجلين". فقال ابن مسعود: "نقول: تسفي نفسها؟"، فقال علي: "إن فرّوخَ لا يعلم" (Ibn Abî Shayba, 17392). Or c'est Ibn Mas'ûd qui a raison : il y a sur le sujet le hadîth concernant Subay'a bint ul-Hârith : "فكتب عمر بن عبد الله بن الأرقم إلى عبد الله بن عتبة، يخبره أن سبيعة بنت الحارث أخبرته: أنها كانت تحت سعد بن خولة - وهو من بني عامر بن لؤي، وكان ممن شهد بدرا -، فتوفي عنها في حجة الوداع وهي حامل. فلم تنشب أن وضعت حملها بعد وفاته. فلما تعلّت من نفاسها، تجملت للخطاب. فدخل عليها أبو السنابل بن بعكك - رجل من بني عبد الدار -، فقال لها: "ما لي أراك تجملت للخطاب، ترجين النكاح؟ فإنك والله ما أنت بناكح حتى تمر عليك أربعة أشهر وعشر". قالت سبيعة: فلما قال لي ذلك، جمعت علي ثيابي حين أمسيت، وأتيت رسول الله صلى الله عليه وسلم، فسألته عن ذلك. فأفتاني بأني قد حللت حين وضعت حملي، وأمرني بالتزوج إن بدا لي" (al-Bukhârî, 3770, Muslim, 1484).

▪️ Alors que Mu'âwiya (alors émir de l'armée, sous le califat de Omar) avait ordonné de vendre des ustensiles en argent contre des pièces d'argent à crédit (l'échéance étant le moment de la réception des allocations) ; un certain nombre de personnes achetèrent donc ces ustensiles. Cela parvint à 'Ubâda ibn us-Sâmit ; il se leva alors et dit que cela était interdit, vu qu'il y a sur le sujet un hadîth interdisant de vendre de l'argent contre de l'argent à crédit. Mais Mu'âwiya ne fut pas convaincu : "عن أبي قلابة، قال: كنت بالشام في حلقة فيها مسلم بن يسار، فجاء أبو الأشعث. قال: قالوا: "أبو الأشعث، أبو الأشعث". فجلس، فقلت له: "حدث أخانا حديث عبادة بن الصامت"، قال: "نعم. غزونا غزاة وعلى الناس معاوية. فغنمنا غنائم كثيرة. فكان فيما غنمنا آنية من فضة. فأمر معاوية رجلا أن يبيعها في أعطيات الناس، فتسارع الناس في ذلك. فبلغ عبادة بن الصامت، فقام، فقال: "إني سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلم ينهى عن بيع الذهب بالذهب، والفضة بالفضة، والبر بالبر، والشعير بالشعير، والتمر بالتمر، والملح بالملح، إلا سواء بسواء، عينا بعين، فمن زاد، أو ازداد، فقد أربى". فرد الناس ما أخذوا. فبلغ ذلك معاوية فقام خطيبا، فقال: "ألا ما بال رجال يتحدثون عن رسول الله صلى الله عليه وسلم أحاديث قد كنا نشهده ونصحبه فلم نسمعها منه". فقام عبادة بن الصامت فأعاد القصة، ثم قال: "لنحدثن بما سمعنا من رسول الله صلى الله عليه وسلم، وإن كره معاوية - أو قال: وإن رغم -. ما أبالي أن لا أصحبه في جنده ليلة سوداء" (Muslim, 1587).
Il y a cet autre récit au contenu voisin, avec Mu'âwiya et Abu-d-Dardâ' : ici il s'est agi de vendre un ustensile en or ou en argent contre des pièces de monnaie du même métal, mais d'un poids supérieur à celui de l'ustensile. Abu-d-Dardâ' lui dit que cela est interdit, mais Mu'âwiya ne fut pas convaincu. Alors Abu-d-Dardâ' se rendit auprès de Omar ibn ul-Khattâb et lui raconta ce qui s'était passé. Omar écrivit alors une lettre à Mu'âwiya lui disant de ne vendre ce genre de choses que contre un même poids du même métal : "وحدثني عن مالك، عن زيد بن أسلم، عن عطاء بن يسار، أن معاوية بن أبي سفيان باع سقاية من ذهب أو ورق بأكثر من وزنها. فقال أبو الدرداء: "سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلم ينهى عن مثل هذا إلا مثلا بمثل". فقال له معاوية: "ما أرى بمثل هذا بأسا". فقال أبو الدرداء: "من يعذرني من معاوية؟ أنا أخبره عن رسول الله صلى الله عليه وسلم، ويخبرني عن رأيه. لا أساكنك بأرض أنت بها". ثم قدم أبو الدرداء على عمر بن الخطاب فذكر ذلك له. فكتب عمر بن الخطاب إلى معاوية أن لا تبيع ذلك إلا مثلا بمثل وزنا بوزن" (Muwatta' Mâlik).
Al-Qurtubî fait valoir que le hadîth n'était pas parvenu à Mu'âwiya (Al-Muf'him) ; certes, mais ensuite le hadîth lui a été transmis, et il a quand même persisté.
Je penche donc vers l'une des deux autres interprétations : peut-être que Mu'âwiya considérait que l'interdit du ribâ fi-l-buyû' ne s'applique qu'à l'or et à l'argent en pièces ou en barres, et pas aux ustensiles (en or ou en argent) : "ويحتمل أنه تأول أن النهى فى المصكوك والذى فى منعه من التجارة به والحرص على اقتنائه مصلحة للمسلمين، إذ به التعامل وهو قيم المتعلقات؛ فإذا كان مملوكا كان كسائر العروض" (Ikmâl ul-mu'lim) ("ويحتمل أن يقال: إن معاوية كان لا يرى ربا الفضل كابن عباس وغيره" : Al-Muf'him).

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V) Un Compagnon vient dire à un Dirigeant (qui n'est pas un Compagnon) que ce qu'il veut entreprendre / ce qu'il fait déjà, cela entre en contradiction avec ce que Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) a dit. Or le Dirigeant lui notifie une fin de non-recevoir, sur la base de... rien de fondé :

▪️ Alors que 'Amr ibn Sa'îd était à Médine en train de préparer une armée pour envoyer celle-ci déloger 'Abdullâh ibn uz-Zubayr, réfugié à La Mecque, Abû Shurayh vint lui dire - après un respectueux : "Permets-moi, ô Dirigeant, que je te relate" - qu'il avait entendu le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) dire, le lendemain de la Conquête de La Mecque, que cette conquête lui avait été autorisée exceptionnellement par Allah, et que nul ne devait plus attaquer cette Cité. Mais 'Amr ibn Sa'îd lui rétorqua : "Je suis plus connaisseur de cela que toi, ô Abû Shuraysh : le Haram (Makkî) ne donne pas refuge à celui qui a commis une faute, ni à celui qui s'y est réfugié (après avoir) commis un assassinat, ni à celui qui s'y est réfugié (après avoir) commis un vol" : "عن أبي شريح العدوي، أنه قال لعمرو بن سعيد وهو يبعث البعوث إلى مكة: "ائذن لي أيها الأمير، أحدثك قولا قام به رسول الله صلى الله عليه وسلم للغد من يوم الفتح، فسمعته أذناي ووعاه قلبي وأبصرته عيناي حين تكلم به: إنه حمد الله وأثنى عليه، ثم قال: "إن مكة حرمها الله ولم يحرمها الناس. فلا يحل لامرئ يؤمن بالله واليوم الآخر أن يسفك بها دما، ولا يعضد بها شجرة. فإن أحد ترخص لقتال رسول الله صلى الله عليه وسلم، فقولوا له: "إن الله أذن لرسوله صلى الله عليه وسلم، ولم يأذن لكم"؛ وإنما أذن لي ساعة من نهار، وقد عادت حرمتها اليوم كحرمتها بالأمس. وليبلغ الشاهد الغائب". فقيل لأبي شريح: "ما قال لك عمرو؟"، قال: "أنا أعلم بذلك منك يا أبا شريح: إن الحرم لا يعيذ عاصيا، ولا فارا بدم، ولا فارا بخربة" (al-Bukhârî, 1735, Muslim, 1354).
Ibn Battâl écrit que la réponse que 'Amr ibn Sa'îd fit ici à Abû Shurayh fut "une réponse à côté" : Ibn uz-Zubayr n'avait pas commis un crime sur le sol de La Mecque, ni à l'extérieur du Haram Makkî puis s'était réfugié à La Mecque : il n'avait commis aucun crime : "وفى قول أبى شريح لعمرو حين رآه يبعث البعوث إلى مكة لقتال ابن الزبير: "ائذن لى أحدثك"، فيه من الفقه أنه يجب على العالم الإنكار على الأمير إذا غَيَّر شيئًا من الدين، وإن لم يسأل العالم عن ذلك. (...) فاحتج أبو شريح بالحديث على وجهه ونَهَى عمرو بن سعيد عن بعث الخيل إلى قتال ابن الزبير بمكة خشية أن تستباح حرمتها. وابن الزبير عند علماء أهل السنة أولى بالخلافة من يزيد* وعبد الملك، لأنه بُويع لابن الزبير قبل هؤلاء*، وهو من أصحاب رسول الله - صلى الله عليه وسلم. وقد قال مالك: "إن ابن الزبير أولى من عبد الملك". وأما قول عمرو لأبى شريح: "أنا أعلم منك، إن مكة لا تعيذ عاصيًا، ولا فارًا بدمٍ، ولا فارًا بخربة"، فليس هذا بجواب لأبى شريح، لأنه لم يختلف معه فى أن من أصاب حدًا فى غير الحرم ثم لجأ إلى الحرم هل يجوز أن يقام عليه فى الحرم، أم لا؟ وإنما أنكر عليه أبو شريح بعثه الخيل إلى مكة واستباحة حرمتها ونصب الحرب عليها، فأحسن فى استدلاله. وحَاد عمرو عن الجواب وجاوبه عن غير سؤاله؛ وهو: الرجل يصيب حدًا فى غير الحرم، هل يعيذه الحرم؟ وسيأتى اختلاف العلماء فى هذه المسألة فى كتاب الحج إن شاء الله" (Shar'h Ibn Battâl) (* s'il avait écrit : "أولى بالخلافة من مروان وعبد الملك، لأنه بُويع لابن الزبير قبل هذين", cela aurait été mieux).

▪️ 'Ubaydullâh ibn Ziyâd était un gouverneur tyrannique. Un jour, un Compagnon, 'Â'ïdh ibn 'Amr, vint lui dire : "Ô fils, j'ai entendu le Messager de Dieu - que Dieu le bénisse et le salue - dire : "Le pire des bergers est celui qui brise". Aussi, préserve-toi d'être de ceux-là". Mais 'Ubaydullâh ibn Ziyâd lui rétorqua : "Assieds-toi ! Tu fais partie, parmi les Compagnons de Muhammad, de la partie qui est à jeter". 'Â'ïdh ibn 'Amr lui répondit alors : "Il n'y a pas de "partie à jeter" parmi les (Compagnons). C'est parmi autres qu'eux, venus après eux, qu'il y a "ce qui est à jeter"". "عن الحسن، أن عائذ بن عمرو - وكان من أصحاب رسول الله صلى الله عليه وسلم - دخل على عبيد الله بن زياد، فقال: "أي بني، إني سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلم يقول: "إن شر الرعاء الحطمة"، فإياك أن تكون منهم". فقال له: "اجلس، فإنما أنت من نخالة أصحاب محمد صلى الله عليه وسلم". فقال: "وهل كانت لهم نخالة؟ إنما كانت النخالة بعدهم وفي غيرهم" (Muslim, 1830).
Pour sa part, Ma'qil ibn Yassâr avait attendu d'être à l'orée de la mort pour relater à 'Ubaydullâh ibn Ziyâd un hadîth du même genre : "Tout esclave (de Dieu) à qui Dieu confie la responsabilité sur des gens, et qui ensuite meurt - le jour où il meurt - en ayant voulu le mal pour eux, Dieu rend interdit pour lui le Paradis" : "عن الحسن، قال: عاد عبيد الله بن زياد معقلَ بن يسار المزني في مرضه الذي مات فيه، قال معقل: "إني محدّثك حديثا سمعته من رسول الله صلى الله عليه وسلم، لو علمت أن لي حياة ما حدثتك. إني سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلم يقول: "ما من عبد يسترعيه الله رعية، يموت يوم يموت وهو غاش لرعيته، إلا حرم الله عليه الجنة" (al-Bukhârî، 6731, Muslim, 142/227) : soit Ma'qil savait que 'Ubaydullâh ne suivrait pas ce qu'il lui dirait ; soit Ma'qil avait crainte que 'Ubaydullâh procède à des représailles à son encontre : "إما لأنه علم قبل أنه ممن لا ينفعه العظات، كما ظهر منه مع غيره، ثم خرج آخرا من كتمه الحديث ورأى تبليغه لأمر النبى صلى الله عليه وسلم أصحابه بالبلاغ؛ أو لأنه خافه من ذكره مدة حياته لما يهيج عليه ذكر هذا الحديث ويثبته فى قلوب الناس من سوء حاله" (Ikmâl ul-mu'lim).

▪️ Marwân ibn ul-Hakam s'était mis à faire la Khutba de Eid avant la Salât de Eid ; Abû Sa'îd al-Khud'rî et un autre le reprirent sur ce point, et lui dirent que pour le Eid, la Khutba se fait après la Salât. Mais Marwân leur rétorqua : "Cette (façon de faire) est délaissée, maintenant !". "عن أبي سعيد الخدري، أن رسول الله صلى الله عليه وسلم كان يخرج يوم الأضحى ويوم الفطر، فيبدأ بالصلاة؛ فإذا صلى صلاته وسلم، قام فأقبل على الناس وهم جلوس في مصلاهم (...). فلم يزل كذلك حتى كان مروان بن الحكم. فخرجتُ مخاصرا مروان حتى أتينا المصلى، فإذا كثير بن الصلت قد بنى منبرا من طين ولبن، فإذا مروان ينازعني يده كأنه يجرني نحو المنبر، وأنا أجره نحو الصلاة؛ فلما رأيت ذلك منه، قلت: "أين الابتداء بالصلاة؟"، فقال: "لا، يا أبا سعيد، قد ترك ما تعلم"، قلت: "كلا، والذي نفسي بيده لا تأتون بخير مما أعلم" ثلاث مرار؛ ثم انصرف" (Muslim، 889). "وعن طارق بن شهاب، قال: "أول من بدأ بالخطبة يوم العيد قبل الصلاة مروان. فقام إليه رجل، فقال: "الصلاة قبل الخطبة!"، فقال: "قد ترك ما هنالك!"؛ فقال أبو سعيد: "أما هذا فقد قضى ما عليه؛ سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلم يقول: "من رأى منكم منكرا فليغيره بيده، فإن لم يستطع فبلسانه، فإن لم يستطع فبقلبه، وذلك أضعف الإيمان"" (Muslim, 49, at-Tirmidhî, 2172).

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VI) Au sujet de la même question, deux avis complètement différents apparaissent chez des Compagnons, voire chez le même Compagnon (à un an d'écart) : la détermination de l'avis correct n'est ici possible qu'à un niveau Zannî :

▪️ En l'absence du père (déjà décédé depuis avant), c'est le grand-père paternel qui le remplace comme héritier (le Coran ayant mentionné le père) : ceci est la règle normale en islam.
Cependant, cette règle est-elle également applicable au cas où le défunt laisse également des frères germains ou consanguins, de sorte que le grand-père paternel prenne la part du père (ce dernier étant déjà décédé), et que ces frères n'aient alors aucune part (mahjûb) dans le legs ?
--- Abû Bakr et Ibn Abbâs ont effectivement appliqué cette règle à ce cas aussi ;
--- et c'est ce que Omar ibn ul-Khattâb avait voulu faire, concernant son propre cas : l'un de ses fils mourut avant lui, et, plus tard, un de ses petits-fils décéda lui aussi avant lui, laissant des frères mais pas de père : Omar pensa donc prendre, en tant que grand-père paternel, la part accordé par le Coran au père, en l'absence de ce dernier. Mais Zayd ibn Thabit et 'Alî ibn Abî Tâlib vinrent alors le trouver, et lui dirent qu'ils pensaient plutôt qu'il devait hériter du défunt comme s'il était l'un des frères de celui-ci, et pas comme s'il était son père. Omar changea alors d'avis et se rangea au leur (fin de citation). De combien le grand-père paternel et les frères héritent-ils alors, cela est un peu complexe, et n'est pas l'objet du présent article.
"فأما عمر: فأخرج الدارمي بسند صحيح عن الشعبي قال: "أول جد ورث في الإسلام عمر؛ فأخذ ماله؛ فأتاه علي وزيد - يعني بن ثابت - فقالا: "ليس لك ذلك. إنما أنت كأحد الأخوين"". وأخرج بن أبي شيبة من طريق عبد الرحمن بن غنم مثله - دون قوله "فأتاه إلخ" -، لكن قال: "فأراد عمر أن يحتاز المال، فقلت له: "يا أمير المؤمنين إنهم شجرة دونك" يعني بني أبيه. وأخرج الدارقطني بسند قوي عن زيد بن ثابت أن عمر أتاه، فذكر قصة، فيها: "إن مثل الجد كمثل شجرة نبتت على ساق واحد، فخرج منها غصن، ثم خرج من الغصن غصن؛ فإن قطعت الغصن، رجع الماء إلى الساق؛ وإن قطعت الثاني، رجع الماء إلى الأول"؛ فخطب عمر الناس فقال: "إن زيدا قال في الجد قولا، وقد أمضيته". وأخرج الدارمي من طريق إسماعيل بن أبي خالد قال: قال عمر: "خذ من الجد ما اجتمع عليه الناس"؛ وهذا منقطع. وأخرج الدارمي من طريق عيسى الخياط عن الشعبي قال: "كان عمر يقاسم الجد مع الأخ والأخوين؛ فإذا زادوا، أعطاه الثلث؛ وكان يعطيه مع الولد السدس". وأخرج البيهقي بسند صحيح عن يونس بن يزيد عن الزهري حدثني سعيد بن المسيب وعبيد الله بن عبد الله بن عتبة وقبيصة بن ذؤيب أن عمر قضى أن الجد يقاسم الإخوة للأب والأم والإخوة للأب، ما كانت المقاسمة خيرا له من الثلث؛ فإن كثر الإخوة، أعطي الجد الثلث". وأخرج يزيد بن هارون في كتاب الفرائض عن هشام بن حسان عن محمد بن سيرين عن عبيدة بن عمرو قال: "إني لأحفظ عن عمر في الجد مائة قضية، كلها ينقض بعضها بعضا"؛ وروينا في الجزء الحادي عشر من فوائد أبي جعفر الرازي بسند صحيح إلى بن عون عن محمد بن سيرين: "سألت عبيدة عن الجد، فقال: "قد حفظت عن عمر في الجد مائة قضية مختلفة"". وقد استبعد بعضهم هذا عن عمر. وتأول البزار صاحب المسند قوله "قضايا مختلفة" على اختلاف حال من يرث مع الجد، كأن يكون أخ واحد أو أكثر أو أخت واحدة أو أكثر. ويدفع هذا التأويل ما تقدم من قول عبيدة بن عمرو "ينقض بعضها بعضا". وسيأتي عن عمر أقوال أخرى" (Fat'h ul-bârî, 12/262-27).

▪️ Il y a également le cas où, dans un cas d'héritage, Omar ibn ul-Khattâb conféra un tiers du legs aux frères utérins du défunt, et pas à ses frères germains. Or, un an après, ayant eu affaire à un autre cas semblable, il associa dans le tiers du legs : les frères utérins du défunt ainsi que ses frères germains. En fait son ijtihâd avait changé. "عن وهب بن منبه، عن مسعود بن الحكم قال: أُتِي عمر رضي الله عنه في زوج وأم وإخوة لأم وإخوة لأب وأم؛ فأَعطَى الزوج النصف، وأعطى الأم السدس، وأعطى الثلث الباقيَ للإخوة للأم، دون بني الأب والأم. فلما كان من قابل، أُتِي فيها، فأعطى النصف الزوج والأم السدس، وشرك بين بني الأم وبني الأب والأم في الثلث، وقال: "إن لم يزدهم الأب قربا، لم يزدهم بعدا". فقام إليه رجل فقال: "يا أمير المؤمنين شهدتك عام أول قضيت فيها بكذا وكذا"، فقال عمر رضي الله عنه: "تلك على ما قضينا، وهذه على ما قضينا" (Jâmi'u bayân il-'ilm wa fadhli-hî) (le nom correct est : al-Hakam ibn Mas'ûd) (cet événement est rapporté également par Ibn Abî Shayba, 'Abd ur-Razzâq, al-Bayhaqî, et d'autres encore).

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VIII) Un Compagnon dit que telle chose que tel autre Compagnon (et il s'agit parfois du Dirigeant Suprême, ou d'un Dirigeant local) a dite, cela est complètement erroné (Khata' Qat'î) :

▪️ Ayant appris quelque chose que 'Alî a entrepris (et cela se passa lors du califat de ce dernier), Ibn Abbâs dit que si cela avait été lui, il n'aurait pas fait cela, car cela contredit un Hadîth [mais apparemment le Hadîth n'était pas parvenu à 'Alî]. "عن عكرمة، قال: أُتِي علي رضي الله عنه، بزنادقة فأحرقهم، فبلغ ذلك ابن عباس، فقال: "لو كنت أنا لم أحرقهم، لنهي رسول الله صلى الله عليه وسلم: "لا تعذبوا بعذاب الله"؛ ولقتلتهم، لقول رسول الله صلى الله عليه وسلم: "من بدل دينه فاقتلوه" (al-Bukhârî, 6524).

▪️ Ussâma ibn Zayd, Abû Bak'ra, Abû Mûssâ et Abû Mas'ûd exprimèrent qu'ils estimaient que la marche que 'Alî ibn Abî Tâlib fit contre le groupe n'étant pas sous son autorité (bâghî 'an tâ'ati-hî) constituait une erreur [Khata' Ijitihâdî]. "عن محمد بن علي، أن حرملة مولى أسامة أخبره قال: "أرسلني أسامة إلى علي وقال: "إنه سيسألك الآن فيقول: "ما خلف صاحبك؟"، فقل له: "يقول لك: "لو كنت في شدق الأسد، لأحببت أن أكون معك فيه؛ ولكن هذا أمر لم أره""" (al-Bukhârî, 6693). "عن الأحنف بن قيس قال: خرجت بسلاحي ليالي الفتنة، فاستقبلني أبو بكرة، فقال: "أين تريد؟"، قلت: "أريد نصرة ابن عم رسول الله صلى الله عليه وسلم"، قال: "قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "إذا تواجه المسلمان بسيفيهما فكلاهما من أهل النار". قيل: "فهذا القاتل، فما بال المقتول؟"، قال: "إنه أراد قتل صاحبه" (al-Bukhârî, 31, Muslim, 2888). "عن شقيق بن سلمة، كنت جالسا مع أبي مسعود وأبي موسى وعمار، فقال أبو مسعود: "ما من أصحابك أحد إلا لو شئت لقلت فيه، غيرك. وما رأيت منك شيئا منذ صحبت النبي صلى الله عليه وسلم أعيب عندي من استسراعك في هذا الأمر". قال عمار: "يا أبا مسعود، وما رأيت منك ولا من صاحبك هذا شيئا منذ صحبتما النبي صلى الله عليه وسلم أعيب عندي من إبطائكما في هذا الأمر" (al-Bukhârî, 6690).

▪️ Abdullâh ibn Omar dit que le fait, pour la majorité des habitants de Médine, de rompre l'allégeance qu'il avaient faite au calife Yazîd (en l'an 63) et donc de sortir de sous son autorité, cela n'était pas autorisé : "عن نافع: "لما خلع أهل المدينة يزيد، جمع ابن عمر بنيه وأهله، ثم تشهد وقال: "أما بعد، فإنا قد بايعنا هذا الرجل على بيع الله ورسوله. وإني سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلم يقول: "إن الغادر ينصب له لواء يوم القيامة يقال: هذه غدرة فلان"، وإن من أعظم الغدر - إلا أن يكون الإشراك بالله - أن يبايع رجل رجلا على بيع الله ورسوله ثم ينكث. فلا يخلعن أحد منكم يزيد" (Ahmad, 5088). Or les deux leaders de ce mouvement à Médine étaient : Abdullâh ibn Hanzala (c'est un Compagnon) et 'Abdullâh ibn Mutî' (d'après certains ulémas c'est aussi un Compagnon). Abdullâh ibn Omar vint d'ailleurs exprimer cela à Abdullâh ibn Mutî', lui citant un Hadîth : "وقال نافع: "جاء عبد الله بن عمر إلى عبد الله بن مطيع حين كان من أمر الحرة ما كان، زمن يزيد بن معاوية. فقال: "اطرحوا لأبي عبد الرحمن وسادة"، فقال: "إني لم آتك لأجلس. أتيتك لأحدثك حديثا سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلم يقوله: سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلم يقول: "من خلع يدا من طاعة، لقي الله يوم القيامة لا حجة له. ومن مات وليس في عنقه بيعة، مات ميتة جاهلية" (Muslim, 1851).

▪️ Omar ibn ul-Khattâb dit à Qudâma ibn Maz'ûn que celui-ci s'était complètement trompé quant à l'interprétation qu'il faisait du verset 5/93 : "فقال عمر لقدامة: "إني حادّك"، فقال: "لو شربتُ كما يقولون، ما كان لكم أن تجلدوني"، فقال عمر: "لم؟"، قال قدامة: "قال الله تعالى: {ليس على الذين آمنوا وعملوا الصالحات جناح فيما طعموا إذا ما اتقوا وآمنوا}" الآية. فقال عمر: "أخطأتَ التأويل! إنك إذا اتقيتَ، اجتنبتَ ما حرم الله عليك" (Abdur-Razzâq, 17076).

▪️ Ibn Abbâs dit au sujet de Abdullâh ibn Omar que celui-ci s'était complètement trompé au sujet de son interprétation du verset 2/223 : "عن ابن عباس قال: "إن ابن عمر - والله يغفر له - أوهم! إنما كان هذا الحى من الأنصار - وهم أهل وثن - مع هذا الحى من يهود - وهم أهل كتاب -؛ وكانوا يرون لهم فضلا عليهم فى العلم؛ فكانوا يقتدون بكثير من فعلهم. وكان من أمر أهل الكتاب أن لا يأتوا النساء إلا على حرف، وذلك أستر ما تكون المرأة. فكان هذا الحى من الأنصار قد أخذوا بذلك من فعلهم. وكان هذا الحى من قريش يشرحون النساء شرحا منكرا ويتلذذون منهن مقبلات ومدبرات ومستلقيات. فلما قدم المهاجرون المدينة تزوج رجل منهم امرأة من الأنصار؛ فذهب يصنع بها ذلك فأنكرته عليه وقالت: "إنما كنا نؤتَى على حرف، فاصنَعْ ذلك وإلا فاجتنبنى"؛ حتى شرى أمرهما. فبلغ ذلك رسول الله صلى الله عليه وسلم، فأنزل الله عز وجل: {نساؤكم حرث لكم فأتوا حرثكم أنى شئتم}: أى مقبلات ومدبرات ومستلقيات، يعنى بذلك موضع الولد" (Abû Dâoûd, 2164).

▪️ Alî relata à Ibn Abbâs 2 Hadîths du Prophète pour lui signifier que ces 2 Hadîths contredisent 2 de ses fatwas [en fait Ibn Abbâs connaissait ces 2 Hadîths, mais les interprétait différemment ; cependant, c'est en effet Ibn Abbâs qui faisait une erreur au sujet de ces 2 points] : "عن ابن شهاب، عن الحسن وعبد الله ابني محمد بن علي، عن أبيهما، عن علي، أنه سمع ابن عباس يلين في متعة النساء، فقال: "مهلا يا ابن عباس! فإن رسول الله صلى الله عليه وسلم نهى عنها يوم خيبر، وعن لحوم الحمر الإنسية" (Muslim, 1407/31) ; "عن الزهري عن حسن وعبد الله ابني محمد بن علي، عن أبيهما، أن عليا رضي الله عنه قال لابن عباس: "إن النبي صلى الله عليه وسلم نهى عن المتعة، وعن لحوم الحمر الأهلية زمن خيبر" (al-Bukhârî, 4825, Ahmad, 592).

▪️ Aïcha dit que Abdullâh ibn Omar s'était trompé lorsqu'il dit que le Prophète (sur lui soit la paix) a accompli une 'umra au mois de Rajab : "عن مجاهد، قال: دخلت أنا وعروة بن الزبير المسجد، فإذا عبد الله بن عمر رضي الله عنهما جالس إلى حجرة عائشة، وإذا ناس يصلون في المسجد صلاة الضحى. قال: فسألناه عن صلاتهم، فقال: "بدعة". ثم قال له: "كم اعتمر رسول الله صلى الله عليه وسلم؟"، قال: "أربعا، إحداهن في رجب"؛ فكرهنا أن نرد عليه. قال: وسمعنا استنان عائشة أم المؤمنين في الحجرة، فقال عروة: "يا أماه، يا أم المؤمنين، ألا تسمعين ما يقول أبو عبد الرحمن؟"، قالت: "ما يقول؟"، قال: "يقول: "إن رسول الله صلى الله عليه وسلم اعتمر أربع عمرات إحداهن في رجب"". قالت: "يرحم الله أبا عبد الرحمن! ما اعتمر عمرة إلا وهو شاهده؛ وما اعتمر في رجب قط" (al-Bukhârî, 1685, Muslim 1255/220).

▪️ Ayant appris que Samura ibn Jundub (que Dieu soit Satisfait de lui) avait vendu de l'alcool [il croyait qu'en vendre demeurait autorisé et que seul le fait d'en boire était interdit], Omar exprima sa désapprobation de cela, et cita un Hadîth : "عن ابن عباس، قال: بلغ عمر أن سمرة باع خمرا، فقال: "قاتل الله سمرة، ألم يعلم أن رسول الله صلى الله عليه وسلم قال: "لعن الله اليهود، حرمت عليهم الشحوم، فجملوها، فباعوها" (Muslim, 1582 ; al-Bukhârî, 2110).

▪️ Ibn Mas'ûd dit au sujet de Abû Mûssâ qu'il s'était complètement trompé quant à la réponse qu'il avait donnée par rapport à un cas d'héritage lui ayant été soumis : le défunt laissait une fille, la fille d'un fils décédé avant lui, et une sœur. [En fait, Abû Mûssâ avait pensé que la petite-fille ne recevait aucune part du legs - puisqu'il y avait une fille, laquelle recevait la moitié du legs -, et la sœur touchait donc la moitié restante. Or il existait un hadîth pour ce cas de figure : la fille du fils doit toucher un sixième. Mais celui-ci n'était pas parvenu à Abû Mûssâ.] "عن هزيل بن شرحبيل، قال: سئل أبو موسى عن بنت وابنة ابن وأخت، فقال: "للبنت النصف، وللأخت النصف. وأت ابن مسعود، فسيتابعني". فسئل ابن مسعود، وأخبر بقول أبي موسى، فقال: "لقد ضللت إذا وما أنا من المهتدين! أقضي فيها بما قضى النبي صلى الله عليه وسلم: "للابنة النصف، ولابنة ابن السدس تكملة الثلثين، وما بقي فللأخت". فأتينا أبا موسى فأخبرناه بقول ابن مسعود، فقال: "لا تسألوني ما دام هذا الحبر فيكم" (al-Bukhârî, 6355).

W'Allâhu A'lam (Dieu sait mieux).