Soucieux de voir les couples formés être le plus stables possible, l'islam a encouragé les jeunes gens à se marier avec des gens avec qui ils ont le plus de chances possibles de pouvoir vivre une vie conjugale ensemble. L'apparence physique compte bien sûr, et c'est bien pourquoi l'islam a permis et même exhorté à se voir avant le mariage, afin que les deux (éventuels) futurs conjoints voient s'ils se conviennent l'un et l'autre. Cependant, l'islam enseigne aussi que l'apparence physique ne doit pas être le premier et le seul critère du choix : vivre ensemble toute une vie demande que l'on recherche des qualités autres que la seule beauté...
Quels critères prendre en compte quand on recherche la princesse de sa vie ou le prince charmant de ses rêves ?
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Premier point :
Un musulman et une musulmane devraient orienter leur recherche en fonction de l'important critère que constitue pour eux le fait de vivre pleinement l'islam ("dîn") : il ne s'agit pas d'un aspect bigot mais d'une réelle présence, au quotidien, de ce que l'islam demande d'actes cultuels mais aussi d'une conception précise de la vie, de valeurs particulières, de spiritualité, etc.
Le Prophète (sur lui soit la paix) a dit : "On se marie avec une femme pour une de ces quatre choses : pour son argent, pour sa parenté, pour sa beauté et pour sa pratique de la religion. Réussis donc en choisissant celle qui pratique la religion, que tes mains soient dans la terre" : "عن أبي هريرة رضي الله عنه، عن النبي صلى الله عليه وسلم قال: "تنكح المرأة لأربع: لمالها ولحسبها وجمالها ولدينها، فاظفر بذات الدين، تربت يداك" (al-Bukhârî, 4802, Muslim, 1466).
L'apparence physique compte aussi, nous allons le voir, mais ce qui est dit ici c'est qu'il ne devrait pas constituer le premier critère sur lequel se basera notre choix.
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Second point :
Quelque chose d'autre à prendre compte est le caractère de la personne : il faut choisir comme futur conjoint une personne avec le caractère de qui on a des affinités. Imaginez quelqu'un de caractère très "soft" se marier avec une personne au caractère très impulsif : comment feront-ils pour s'entendre ?
Le Prophète (sur lui soit la paix) n'a-t-il pas dit : "Les meilleurs femmes à avoir utilisé comme moyen de transport les chameaux* sont les femmes qurayshites : elles sont celles qui accordent le plus d'attention à l'enfant pendant son enfance, celles qui font le plus attention à ce que possède le mari" : "عن أبي هريرة، قال: سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلم، يقول: "نساء قريش خير نساء ركبن الإبل، أحناه على طفل، وأرعاه على زوج في ذات يده". يقول أبو هريرة على إثر ذلك: ولم تركب مريم بنت عمران بعيرا قط" (al-Bukhârî, 3251, Muslim, 2527) ; * les Arabes.
"Les hommes sont (comme) des mines. Les plus valeureux d'entre eux dans la Jâhiliyya seront les plus valeureux d'entre eux dans (la période de) l'Islam, à condition qu'ils aient intégré la compréhension profonde (des enseignements de l'islam)" : "عن أبي هريرة رضي الله عنه، سئل رسول الله صلى الله عليه وسلم: من أكرم الناس؟ قال: "أتقاهم لله." قالوا: ليس عن هذا نسألك. قال: "فأكرم الناس يوسف نبي الله، ابن نبي الله، ابن نبي الله، ابن خليل الله." قالوا: ليس عن هذا نسألك، قال: "فعن معادن العرب تسألوني؟ الناس معادن، خيارهم في الجاهلية خيارهم في الإسلام، إذا فقهوا" (al-Bukhârî, 3203, Muslim).
Il ne faut cependant pas oublier que la vie n'est pas un conte de fées, et que lorsqu'on se mariera, il y aura toujours quelques petits points pour lesquels on sera quelque peu déçu. Il faut faire avec. Le Prophète (sur lui la paix) avait dit : "Un croyant ne devrait pas détester une croyante [= son épouse] : s'il n'apprécie pas un de ses traits de caractères, il en apprécie un autre" : "عن أبي هريرة، قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "لا يفرك مؤمن مؤمنة، إن كره منها خلقا رضي منها آخر" أو قال: "غيره" (Muslim, 1469). Le Prophète nous a donc montré que plutôt que de se focaliser sur le trait du caractère de notre conjoint, qui ne nous plaît pas, il fallait porter son attention sur toutes les qualités de ce conjoint, sur tous les points que l'on a en commun.
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Troisième point :
Le mieux serait d'éviter autant que possible de rechercher une personne avec qui on a de trop grandes différences au niveau de l'âge, du niveau culturel, etc.
Ainsi, "Abû Bakr et Omar - que Dieu les agrée - demandèrent en mariage Fâtima - que Dieu l'agrée - ; le Messager de Dieu (leur) répondit : "Elle est petite". Puis 'Alî la demanda en mariage ; le (Messager de Dieu) la maria alors à lui" : "أخبرنا الحسين بن حريث، قال: حدثنا الفضل بن موسى، عن الحسين بن واقد، عن عبد الله بن بريدة، عن أبيه، قال: خطب أبو بكر وعمر رضي الله عنهما فاطمة، فقال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "إنها صغيرة"؛ فخطبها علي، فزوجها منه" (an-Nassâ'ï, 3221). Quand le Prophète (sur lui soit la paix) leur répondit "Elle est petite", il y a plusieurs possibilités quant à ce qu'il voulut alors dire ; l'une d'elles est la demande en mariage faite par 'Alî eut lieu très peu de temps après celle faite par Abû Bakr et Omar ; dans ce cas, Fâtima avait déjà 15 ans quand Abû Bakr et Omar la demandèrent en mariage, et le mot "petite" - dans la réponse du Prophète (sur lui soit la paix) - ne veut pas dire "impubère", mais : "jeune par rapport à vous" ("أو المراد أنها صغيرة بالنسبة إليهما لكبر سنهما، وزوّجها من علي: لمناسبة سنّه لها" : Mirqât ul-mafâtîh).
Mustafâ as-Sibâ'î a écrit des lignes très pertinentes au sujet de point dans son livre Al-Mar'a bayn al-fiqh wal-qânûn, pp. 63-65. Il y dit également que si tout mariage est valide entre deux personnes consentantes, quelle que soit la différence d'âge entre les deux, en Syrie le juge aux affaires familiales peut refuser le mariage d'un homme très âgé avec une très jeune femme quand il estime, au vu de la réalité, que ce mariage n'a comme objectif que des intérêts contraires à l'esprit des règlements musulmans (par exemple que le seul objectif du mariage est de permettre à la famille de la jeune femme de profiter de la richesse du vieillard, etc.). Cette mesure est destiné à protéger les jeunes femmes et à leur garantir une vie conjugale heureuse.
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Quatrième point :
C'est dans le cadre des critères précédents que l'on tiendra compte de l'apparence physique. Car ce critère-là a aussi son importance.
Le Prophète (sur lui soit la paix) avait dit à un homme qui envisageait d'épouser une femme ansârite : "Va et regarde-la. Car les Ansâr ont quelque chose (de particulier) dans les yeux" : "عن أبي هريرة، قال: كنت عند النبي صلى الله عليه وسلم، فأتاه رجل فأخبره أنه تزوج امرأة من الأنصار، فقال له رسول الله صلى الله عليه وسلم: "أنظرت إليها؟"، قال: "لا"، قال: "فاذهب فانظر إليها، فإن في أعين الأنصار شيئا" (Muslim, 1424). A al-Mughîra ibn Shu'ba, le Prophète (sur lui soit la paix) dit de même : "Va et regarde-la. Cela sera plus à même de faciliter l'affinité entre vous deux" : "عن المغيرة بن شعبة، أنه خطب امرأة، فقال النبي صلى الله عليه وسلم: "انظر إليها، فإنه أحرى أن يؤدم بينكما" (at-Tirmidhî, 1087). Lire un autre article pour découvrir ce que, dans quelle circonstance, il est permis de regarder chez une femme qu'on envisage d'épouser.
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Cinquième point :
Il ne faut enfin pas oublier que les sources de l'islam enseignent que la jeune femme a le devoir de demander l'avis de son père (il convient que celui-ci consulte la mère de sa fille).
Quels sont les critères que le responsable (walî) qu'est le père peut prendre en compte, et quels sont les critères qu'il ne peut pas prendre en compte ? Nous allons le voir ensemble…
Ici entre en jeu la notion de kafâ'ah, qui signifie "être de même niveau". Cette notion n'est pas prise compte en ce qui concerne la femme : celle-ci peut être d'un niveau en-deçà de celui avec qui elle désire se marier. C'est l'homme, lui, qui doit être au moins d'un niveau comparable à celui de la femme avec qui il projette de se marier. On dit alors qu'"il est kufu' pour elle". C'est là une mesure destinée à mettre davantage de chances pour que la femme soit heureuse auprès d'un mari qui est d'un niveau comparable au sien. L'hypogamie féminine (quant au niveau social) n'est pas interdite par l'islam ; elle est cependant présentée comme étant un facteur de risque.
En islam, la notion de comparabilité du niveau est connue du droit musulman et a été citée dans certains Hadîths du Prophète (sur lui soit la paix) : "Ô Alî, ne retarde pas trois choses : (…) ; et le mariage d'une femme célibataire lorsque tu rencontre quelqu'un qui [veut l'épouser, qu'elle veut épouser, et qui] est kufu' [= d'un niveau comparable au sien]" : "عن علي بن أبي طالب، أن النبي صلى الله عليه وسلم قال له: "يا علي، ثلاث لا تؤخرها: الصلاة إذا آنت، والجنازة إذا حضرت، والأيم إذا وجدت لها كفئا" (at-Tirmidhî, n° 171, n° 1075, hassan d'après al-Albânî).
La prise en compte de cette notion de "niveau" signifie que le tuteur de la jeune femme (walî) peut tenir compte de cette notion avant de donner son accord au mariage de sa fille et du jeune homme. Car étant jeune on ne connaît pas autant les choses de la vie que ses parents, et on pourrait se laisser charmer par des paroles mielleuses mais en réalité pleines de fourberie. "Ce jeune homme ne convient pas à ma fille et je m'oppose donc au mariage", peut dire le tuteur.
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Quels critères entrent en jeu pour que le tuteur établisse si le jeune homme qui lui demande la main de sa fille est d'un niveau comparable à celui de celle-ci ou pas ?
Les avis des Mujtahidûn sont divergents à propos de ces critères.
– D'après l'avis de Mâlik ibn Anas (repris par Ibn ul-Qayyim), les seuls critères que le tuteur peut prendre en compte sont les deux choses qui ont été mentionnées dans le hadîth sus-cité : le degré de pratique de la religion, et le caractère. "Lorsque celui dont vous agréez la religion et le caractère vous demande (la main de votre fille), mariez-les [quand votre fille veut se marier avec elle]. Si vous ne le faites pas, il y aura une tentation et un grand mal sur la terre" : "عن أبي هريرة قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "إذا خطب إليكم من ترضون دينه وخلقه، فزوجوه. إلا تفعلوا، تكن فتنة في الأرض وفساد عريض" (at-Tirmidhî, n° 1084, 1085, hassan d'après al-Albânî). Une musulmane ne peut donc pas être mariée à un non-musulman, et une musulmane pieuse ne doit pas être donnée en mariage à un musulman qui n'est pas pieux. De même, une musulmane de bon caractère ne doit pas être donnée en mariage à un musulman de mauvais caractère.
– L'école hanafite a pour sa part établi une liste de critères (fondée sur l'ijtihad par considération de la maslaha). "الكفاءة معتبرة) في ابتداء النكاح، للزومه أو لصحته (من جانبه" (Ad-Durr ul-mukhtâr, 4/206-207) : "قوله للزومه أو لصحته) الأول بناء على ظاهر الرواية، والثاني على رواية الحسن" (Radd ul-muhtâr) ; "في اعتبار الكفاءة خلاف مالك والثوري والكرخي من مشايخنا، كذا في فتح القدير، فكان الأولى ذكر الكرخي؛ وفي حاشية الدرر للعلامة نوح أن الإمام أبا الحسن الكرخي والإمام أبا بكر الجصاص - وهما من كبار علماء العراق - ومن تبعهما من مشايخ العراق لم يعتبروا الكفاءة في النكاح؛ ولو لم تثبت عندهم هذه الرواية عن أبي حنيفة، لما اختاروها. وذهب جمهور مشايخنا إلى أنها معتبرة فيه" (Radd ul-muhtâr, 4/209).
Il y a ainsi :
--- la piété (الديانة) : un homme qui se laisse aller à commettre des péchés conséquents n'est pas du même niveau qu'une femme pieuse ;
--- la capacité financière (المال) à s'acquitter du douaire et à entretenir financièrement la dame (sachant que d'après certains ulémas de l'école hanafite, si la femme est issue d'un milieu plus aisé que le niveau du mari, ce dernier doit se débrouiller pour lui assurer un niveau de vie supérieur à celui auquel lui est habitué, fût-il moindre que celui auquel elle était habituée*) ;
--- la profession exercée par le mari (الحرفة) : certains métiers sont considérés d'un niveau social moindre que tel autre métier, pratiqué par la famille de la dame (Radd ul-muhtâr, 4/215) ;
--- le fait d'être libre et issu de parents libres (الحرّيّة) : un homme esclave (car l'esclavage existait à l'époque) n'est pas du même niveau qu'une femme libre ; un homme affranchi n'est pas du même niveau qu'une femme née libre ; un homme né de parents affranchis n'est pas du même niveau qu'une femme née de parents libres (cette considération se limite au niveau du grand-père paternel) ;
--- l'ancienneté dans l'islam (الإسلام) : un converti à l'islam n'est pas du même niveau que la dame qui est née musulmane, et cela chez les arabes comme chez les non-arabes (Radd ul-muhtâr, 4/211) ; chez les non-arabes seulement : un homme dont les parents sont convertis à l'islam n'est pas du même niveau qu'une dame dont les parents sont nés musulmans) (cette considération se limite au niveau du grand-père paternel) ;
--- la lignée (النسب) (chez les Arabes seulement) : un non-arabe n'est pas du même niveau qu'une arabe ; ensuite, à l'intérieur des Arabes, un non-qurashite n'est pas du même niveau qu'une qurashite (par contre, les autres tribus arabes sont considérées du même niveau l'une par rapport à l'autre).
(* "ثم في ظاهر الرواية: المعتبر في ذلك حال الزوج في اليسار والإعسار في ذلك؛ قال الله تعالى: {على الموسع قدره وعلى المقتر قدره}، وقال الله تعالى: {لينفق ذو سعة من سعته}؛ الآية تبين أن التكليف بحسب الوسع، وأن النفقة على الرجال بحسب حالهم. وذكر الخصاف رحمه الله تعالى في كتابه أن المعتبر حالهما جميعا؛ حتى إذا كانا موسرين، فلها نفقة الموسرين؛ وإن كانت هي معسرة تحت زوج موسر، تستوجب عليه دون ما تستوجب إذا كانت موسرة - لأن الظاهر أن دون ذلك يكفيها؛ وإن كانت موسرة والزوج معسرا، تستوجب عليه فوق ما تستوجب إذا كانت معسرة، لتحصل كفايتها بذلك. وفي ظاهر الرواية يقول: لمّا زوجت نفسها من معسر، فقد رضيت بنفقة المعسرين، فلا تستوجب على الزوج إلا بحسب حاله" : Al-Mabsût, as-Sarakhsî. "م: (وهذا اختيار الخصاف وعليه الفتوى) ش: أي على اختيار الخصاف الفتوى. وظاهر الرواية عن أصحابنا اعتبار حال الرجل في اليسار والإعسار دون حال المرأة. وبه صرح محمد في الأصل والحاكم في الكافي وصاحب الشامل في قسم المبسوط، والإمام الأسبيجابي في شرح الطحاوي، وإليه ذهب الكرخي وكثير من مشايخنا المتأخرين، كصاحب التحفة وصاحب النافع وغيرهم، وهو قول الشافعي" : Al-Binâya, al-'Aynî. "وتفسيره" أي تفسير قول الخصاف وهو على أربعة أقسام قسمة عقلية: إما أن يكونا موسرين، أو معسرين، أو الزوج موسرا والزوجة معسرة، أو بالعكس من ذلك. ففي الأول تجب نفقة اليسار، وفي الثاني نفقة الإعسار، وفي الثالث نفقتها دون نفقة الموسرات وفوق نفقة المعسرات: إذا كان الزوج يأكل الحلوى والحمل المشوي والباجات، والمرأة كانت تأكل في بيتها خبز الشعير، لا يؤمر الزوج بأن يطعمها ما يأكل بنفسه ولا ما كانت المرأة تأكل في بيتها، ولكن يطعمها فيما بين ذلك: يطعمها خبز البر وباجة أو باجتين. ولم يذكر المصنف القسم الرابع لأنه يعلم من القسم الثالث، فإن الخصاف ذكر في كتابه: "يفرض لها نفقة صالحة يعني وسطا، فيقال له: "تكلف أن تطعمها خبز البر وباجة أو باجتين كي لا يلحقها الضرر". ولم يزد على ما فهم من القسم الثالث من توسيط الحال" : Al-'Inâya, al-Bâbartî.)
– L'érudit syrien Mustafâ as-Sibâ'î écrit quant à lui qu'en Syrie, le code des affaires familiales avait, sur la base de l'avis hanafite, gardé comme critère sur lequel le responsable (walî) pouvait se baser pour dénoncer un mariage, la notion de comparabilité (kufu') du niveau du mari par rapport à celui de la femme. Cependant, la loi syrienne avait établi que la notion de niveau était laissée à l'appréciation du juge de la région dans laquelle le mariage était conclu (Al-mar'a bayn al-fiqh wal-qânûn, p. 66).
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En cas d'abus du responsable (père par exemple), que faire ?
Cette disposition du droit musulman a pour objectif, je l'ai dit, de protéger la jeune femme des escrocs charmeurs, en faisant en sorte que l'accord du tuteur soit nécessaire en plus du désir de la jeune femme. Cependant, il peut arriver qu'un père fasse une utilisation abusive de cette disposition et empêche injustement sa fille de se marier. Le droit musulman a prévu cette difficulté, et les juristes musulmans ont émis l'avis qu'au cas où elle s'estime victime d'un abus de ce genre, la jeune femme doit s'en référer au juge musulman (qâdhî), qui examinera l'affaire : si le refus du responsable (walî) est effectivement abusif, le juge mariera lui-même cette jeune femme. (Pour plus de détails, se référer à Fiqh us-sunna, Sayyid Sâbiq, tome 2 pp. 410-411.)
Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).