"Dieu est sur Son Trône" : qu'est-ce que cela veut dire ?

Question :

Peut-on dire que "Dieu est partout de par Son Etre", ou doit-on dire que "Dieu est sur Son Trône, au-dessus de sept cieux" ? La question fait rage chez des frères que je connais.

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Réponse :

Si les concepts de l'existence et de l'unicité de Dieu sont entièrement et facilement accessibles à la raison humaine, en revanche comprendre comment est Dieu est au-dessus de tout ce que cette raison humaine peut imaginer.

En effet, Dieu ne ressemble à rien de ce que cette raison connaît et appréhende, et elle tourne donc à vide. C'est pourquoi le Prophète a dit : "Réfléchissez à propos de la création de Dieu, et ne réfléchissez pas à propos de (comment est) Dieu" (Sahîh ul-jâmi' is-saghîr, n° 2975, 2976).

D'un autre côté, ne rien dire des qualités de Dieu sinon qu'Il existe et qu'Il est unique présentait le risque de ne pas permettre aux hommes de développer une relation profonde et directe avec Lui. Il fallait donc bien que Dieu décrive aux hommes Ses Attributs. Mais pour communiquer aux humains des concepts relatifs au divin, il fallait bien utiliser des mots que les hommes emploient eux aussi dans leur quotidien. Un autre risque est alors apparu : c'est que ces hommes, entendant ces termes – qui décrivent cette fois des réalités qui ne sont ni d'ordre humain ni d'ordre terrestre –, en comprennent la même réalité que celle que ces termes veulent signifier lorsqu'ils sont utilisés pour décrire des réalités humaines et terrestres. Pour parer à ce risque, Dieu a, parallèlement à l'utilisation des termes évoqués ci-dessus, rappelé qu' "il n'y a rien qui Lui ressemble" (Coran 42/11).

Il s'agit donc d'utiliser ces termes employés par le Coran et la Sunna avec l'objectif sus-cité, l'objectif étant qu'ils produisent dans notre esprit l'effet escompté. Parallèlement à cela, il faut rappeler et se rappeler que "Il n'y a rien qui Lui ressemble".

Je vous conseille, arrivé à ce point, de faire une pause dans la lecture de cet article-ci et, avant d'y revenir, de lire notre autre article à propos des Attributs de Dieu tels que "la Main de Dieu", "la Face de Dieu".

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Qu'est-ce les textes de nos sources disent au sujet de la question traitée ici ?

Ces sources disent de Dieu qu'Il "est en haut".

– De nombreux versets coraniques disent de Dieu : "Il S'est établi (istawâ) sur le Trône" (Coran).

– Le Trône est quelque chose de réel, comme le prouve le hadîth où le Prophète a dit : "Le jour du jugement, les hommes s'évanouiront. Je serai le premier à être relevé, et voilà que (je verrai) Moïse tenant une qâ'ïma parmi les qawâ'ïm du Trône" (rapporté par al-Bukhârî, n° 6991).

– Le Prophète a demandé à une femme esclave : "Où est Dieu ?" Elle fit signe de son doigt vers le ciel. "Qui suis-je ?" demanda encore le Prophète. La femme fit signe de son doigt vers le Prophète puis vers le ciel, voulant dire : "Tu es le Messager de Dieu". Le Prophète dit alors qu'elle était croyante (cette version est rapportée par Abû Dâoûd, n° 2857, le contenu de ce Hadîth est également rapporté par Muslim, an-Nassâ'ï, etc.).

– De même, lors du Pèlerinage d'Adieu, le Prophète avait dit à ses Compagnons lors d'un discours : "Vous serez questionnés (par Dieu) à mon sujet (le jour du jugement). Que direz-vous donc ? – Nous témoignerons que tu as transmis le message et nous a conseillé sincèrement" répondirent les Compagnons. Le Prophète leva alors son doigt vers le ciel, l'inclina vers l'assemblée des gens et dit en trois fois : "O Dieu, sois-en témoin" (rapporté par Muslim, n° 1218, par Abû Dâoûd, par Ibn Mâja).

– Zaynab bint Jahsh, épouse du Prophète, disait aux autres épouses de ce dernier : "Ce sont vos familles qui vous ont mariées (au Prophète). Et c'est Dieu qui, du dessus de sept cieux, m'a mariée (au Prophète)" (rapporté par al-Bukhârî, n° 7420).

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Quant aux versets qui disent : "Dieu est avec vous où que vous soyez", "Dieu est plus proche de lui [= le mourant] que vous", "Dieu est plus proche de lui que sa veine jugulaire", et hadîths du même genre, les commentateurs les interprètent comme désignant l'omnipotence et l'omniscience de Dieu. Ainsi, commentant le hadîth "Dieu est entre vous et le sommet de vos palanquins", at-Tirmidhî précise que "c'est Sa Connaissance et Sa Puissance" qui sont omniprésentes (Jâmi' ut-Tirmidhî, commentaire du hadîth n° 3461). At-Tirmidhî écrit également : "[Ce sont] la Connaissance et la Puissance de Dieu [qui] sont omniprésentes. [Cependant, par Son Etre,] Dieu est sur Son Trône, comme Il l'a dit dans Son Livre (le Coran)" (Jâmi' ut-Tirmidhî, commentaire du hadîth n° 3298).

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Comment comprendre ces textes ?

Les ulémas des premiers siècles (salaf), qui se réclamaient de la voie des Compagnons du Prophète (sur lui soit la paix), ces ulémas employaient les formules : "Dieu est au-dessus des sept cieux" et "Dieu S'est établi sur le Trône", tout en rappelant : "Rien ne ressemble à Dieu".

Leur posture peut se résumer aux 3 points suivants :
--- 1) ne pas faire la négation de ces termes à propos de Dieu (donc ne pas tomber dans la ta'tîl en disant "Dieu ne S'est pas établi sur le Trône") ;
--- 2) ne pas affirmer que le sens que ces termes ont est différent de leur sens premier (donc pas ne pas tomber dans la ta'wîl : ne pas dire : "Le Trône n'est rien d'autre que la Connaissance") ;
--- 3) employer ces termes au sujet de Dieu comme ils sont ("tumarru kamâ jâ’at"), mais tout en reconnaissant ne pas connaître la réalité (haqîqa) que ces termes désignent à propos de Dieu ; par là même, ne pas chercher le "comment" ces termes s'appliquent à Dieu (pas de takyîf), reconnaître que "Rien n’est comme Dieu" (donc pas de tamthîl), et remettre à Dieu (taf'wîdh) la connaissance de cette réalité. Ils disaient donc en substance : "Ceci ne signifie donc ni que Dieu serait confiné à un espace restreint ni qu'Il serait soutenu par le Trône comme les rois humains sont portés par leur trône".

Il y a sur le sujet le célèbre propos de Mâlik ibn Anas : lorsque quelqu'un lui a demandé : "Comment (Dieu) S'est-Il istawâ ?", il a fait cette réponse devenue célèbre :
"L'istiwâ' n'est pas inconnu. Le kayf n'est pas compris par la raison.
Y apporter foi est obligatoire. Questionner à son sujet constitue de l'innovation"
(الاستواء غير مجهول، والكيف غير معقول، والإيمان به واجب، والسؤال عنه بدعة).

Des propos voisins sont relatés d'autres personnages (voir Fat'h ul-bârî, Ibn Hajar, 13/497-498).

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Al-Awzâ'ï a dit : "عن محمد بن كثير المصيصي قال: سمعت الأوزاعي يقول: "كنا والتابعون متوافرون نقول: إن الله تعالى ذكره فوق عرشه؛ ونؤمن بما وردت السنة به من صفاته جل وعلا"" (rapporté par al-Bayhaqî dans Al-Asmâ' wa-s-Sifât, p. 561, n° 865 : chaîne de transmission qualifiée de "jayyid" par Ibn Hajar : FB 13/497).

Abdullâh ibn ul-Mubârak a dit, parlant de voici comment nous connaissons et présentons notre Rabb : "عن علي بن الحسن بن شقيق قال: سمعت عبد الله بن المبارك يقول: نعرف ربنا فوق سبع سماوات، على العرش استوى، بائن من خلقه. ولا نقول كما قالت الجهمية بأنه ههنا. وأشار إلى الأرض" (rapporté par al-Bayhaqî dans Al-Asmâ' wa-s-Sifât, p. 580). Il y a également cette version : "عن علي بن الحسن بن شقيق قال: سألت عبد الله بن المبارك قلت: كيف نعرف ربنا؟ قال: "في السماء السابعة، على عرشه." قلت: فإن الجهمية تقول: هو هذا. قال: "إنا لا نقول كما قالت الجهمية، نقول: هو هو." قلت: بحد؟ قال: "إي والله بحد" (Ibid.).

Commentant le propos de at-Tahâwî disant : "Les six directions ne Le contiennent pas, comme elles le font de toutes les créatures" (Al-'Aqîdat ut-tahâwiyya), Cheikh Ben Bâz écrit : "Il veut parler des six directions créées ; il ne veut pas nier que Dieu soit en haut et établi sur Son Trône, car cela n'entre pas dans les six directions [c'est-à-dire ne contredit pas le fait que ces six directions créées par Lui ne peuvent pas Le contenir] ; Il est au-dessus du monde, cernant celui-ci".

Et commentant le propos de at-Tahâwî : "Il est au-dessus des hudûd, des ghâyât (...)" (Al-'Aqîdat ut-tahâwiyya), Ben Bâz écrit : "Il veut parler des hudûd que les humains connaissent, car ne connaît Ses hudûd que Lui-même, les créatures ne pouvant pas Le cerner de leur connaissance (...). [Par contre] ceux qui parmi les Salafs ont dit qu'il existe une hadd, par rapport au istiwâ' et autre que cela, eux veulent parler d'une hadd que Dieu connaît et que les créatures ne connaissent pas" (fin de citation).

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Un point supplémentaire, ici, concerne l'objet de la taf'widh : Tous les sunnites sont d'accord pour dire qu'on ne connaît pas la réalité ("kun'h" / "haqîqa khârija") que ces termes désignent à propos de Dieu ; mais connaît-on le sens (ma'nâ) que ces termes ont lorsqu'ils sont employés à propos de Dieu ? De quoi fait-on la taf'wîdh à Dieu : de la connaissance de la haqîqa seulement, ou de la connaissance de la haqîqa comme du ma’nâ ?

Ibn Taymiyya rappelle que, de ces termes que Dieu, ou bien Son Messager, a employés à propos de Dieu, on ne connaît pas la réalité (haqîqa) (MF 3/167, 13/312). Par contre il soutient fermement qu'on en connaît le sens (ma'nâ) (voir MF 13/308-310). C'est donc seulement le "comment" ("kayf") ce sens s'applique à Dieu qui n'est pas connu, autrement dit la réalité (haqîqa).

Par contre Cheikh Ashraf 'Alî Thânwî relate deux explications à propos de ce qui fait l'objet de taf'wîdh de la part des Salafs :
– l'une est celle que nous venons de voir, qui est celle, relate Cheikh Thânwî, de ulémas "parmi lesquels Ibn Taymiyya" ;
– l'autre est celle d'autres ulémas, qui disent qu'on en confie le sens même à Dieu (Bawâdir un-nawâdir, p. 756).

Ces deux postures constituent en fait deux interprétations différentes du célèbre propos de Mâlik ibn Anas suscité, lorsque, questionné sur le sujet, il dit : "L'istiwâ est connu, et le kayf n'est pas connu".
– D'après Ibn Taymiyya, ce que Mâlik voulait dire est : "Le sens du terme istiwâ', employé à propos de Dieu, est connu de nous ; le kayf, c'est-à-dire comment ce sens s'applique à Dieu, cela n'est pas connu de nous".
– D'après les ulémas de l'autre posture, ce que Mâlik voulait dire est : "L'emploi du terme istiwâ' à propos de Dieu est connu de nous ; le kayf, c'est-à-dire le sens de ce terme lorsque employé à propos de Dieu, cela n'est pas connu de nous" (cf. MF 13/309-310).

Personnellement je suis convaincu de l’explication de Ibn Taymiyya.

Al-Qurtubî lui-même expose le propos de Mâlik et la posture des Salaf ainsi : "وقد كان السلف الأول رضي الله عنهم لا يقولون بنفي الجهة ولا ينطقون بذلك، بل نطقوا هم والكافة بإثباتها لله تعالى كما نطق كتابه وأخبرت رسله. ولم ينكر أحد من السلف الصالح أنه استوى على عرشه حقيقة. وخص العرش بذلك لأنه أعظم مخلوقاته، وإنما جهلوا كيفية الاستواء فإنه لا تعلم حقيقته. قال مالك رحمه الله: الاستواء معلوم - يعني في اللغة - والكيف مجهول، والسؤال عن هذا بدعة. وكذا قالت أم سلمة رضي الله عنها. وهذا القدر كاف، ومن أراد زيادة عليه فليقف عليه في موضعه من كتب العلماء" (Tafsîr ul-Qurtubî, 7/219-220, commentaire de Coran 7/54).
Ibn ul-'Arabî écrit de même : ذهب مالك رحمه الله أن كل حديث منها معلوم المعنى؛ ولذلك قال للذي سأله الاستواء معلوم والكيفية مجهولة" ('Âridhat ul-ah'wadhî, 3/166).

Ibn Taymiyya explique qu'il existe trois choses :
- d'un côté il y a le terme (lafz) que Dieu, ou bien Son Messager a employé à propos de Dieu ;
- de l'autre côté il y a la réalité (haqîqa) que ce terme cherche à désigner par rapport à l'Etre ou les Attributs de Dieu ;
- entre les deux se trouve le sens (ma'nâ) que ce terme revêt dans l'esprit humain.

Cependant, si les musulmans emploient ces termes et formules à propos de Dieu, ne leur attribuent pas un sens différent de leur sens premier et que les Salafs n'ont pas proposé, et gardent à l'esprit que rien ne ressemble à Dieu, alors la différence entre ceux qui disent que c'est la réalité que ces termes désignent qu'on ne connaît pas, et ceux qui disent que c'est le sens que ces termes désignent qu'on ne connaît pas, cette différence dépend de ce qu'ils entendent par "ne pas connaître le sens d'un terme" :
- veulent-ils dire qu'on peut lui attribuer un sens quelconque, complètement différent de son sens premier et littéral, un sens que les Salafs ne lui ont pas attribué (et veulent-ils dire qu'on affirme donc que la formule "Il S'est établi sur le Trône" signifie : "Il domine le Trône") ?
- ou bien veulent-ils dire qu'on ne connaît pas le sens complet du terme ?

- Celui qui est dans le premier cas est dans l'erreur, comme nous l'avons vu.

- Par contre, celui qui dit que l'on ne connaît pas le sens de ce terme en voulant signifier qu'on ne connaît pas le sens complet de ce terme ne peut être ramené au même niveau que le premier ; le fait est qu'il n'est pas faux de dire que connaître le sens complet d'un terme demande qu'on ait une représentation mentale de la réalité de la chose que ce terme désigne ; or on ne connaît pas la réalité de l'Etre ni des Attributs de Dieu ; donc on ne connaît pas la réalité de la Main de Dieu et de Son Etablissement sur le Trône. Est-il alors systématiquement faux de dire que l'on ne connaît pas le sens complet de la formule "Il S'est établi sur le Trône" ?

Nous avons expliqué toute la problématique dans notre article : Les termes (présents dans le Coran et la Sunna) présentant des Qualifications de Dieu (صفات الله), qu'est-ce que l'on n'en connaît pas et qu'on remet à Dieu (تفويض) : le sens qu'ils possèdent (معناها) ? ou bien la réalité qu'ils désignent (الحقيقة) ?

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Un écrit supplémentaire de Ibn Taymiyya sur le sujet :

En un passage présent dans Majmû' ul-fatâwâ (19/140-141), Ibn Taymiyya, parlant du propos "Dieu est dans le ciel", distingue 4 catégories de personnes...

Il y a bien sûr les 2 catégories suivantes :

a) ceux qui emploient la formule extraite du Coran et des Hadîths ("Dieu est dans le ciel"), et qui la comprennent dans le sens correct, à savoir que cela veut dire "Dieu est au-dessus des sept cieux, sur Son Trône, distinct de la création" ; c'est là la posture correcte ;

b) et ceux qui disent "Dieu n'est pas dans le ciel" en voulant dire "Dieu n'est pas au-dessus du Trône" et "au-dessus des cieux il n'y a absolument rien" ; ces gens sont les Jahmites.

Ibn Taymiyya met cependant en évidence l'existence d'encore 2 catégories de personnes :

– c) ceux qui emploient la formule extraite du Coran et des Hadîths ("Dieu est dans le ciel"), mais en ont déduit une croyance erronée, à savoir : "Le ciel contient Dieu", ou "cerne Dieu", ou "porte Dieu", ou "recouvre Dieu" ; eux emploient la bonne formule, mais ont faux dans le sens ;

– d) enfin, ceux qui disent "Dieu n'est pas dans le ciel" mais veulent dire par là que "Le ciel ne contient pas Dieu, ne Le cerne pas, ne Le porte pas" : eux, dit Ibn Taymiyya, ont raison dans le sens, mais ont tort en faisant la négation du terme présent dans le Coran et la Sunna, et en pensant que l'application de ce terme présent dans le Coran et la Sunna indique ce  mauvais sens ; Ibn Taymiyya ajoute : "Certains d'entre eux sont parfois excusables par le fait d'avoir vu qui affirme de façon inconditionnelle ce terme et veut (réellement) dire par là que le ciel porte Dieu ou Le recouvre : s'ils veulent montrer l'erreur de qui veut dire ce (mauvais) sens, ils ont raison. Quant aux premiers, ils ont raison dans les termes, puisqu'affirmant de façon inconditionnelle ce que le texte a apporté, ainsi que dans le sens qui est celui déjà évoqué , puisqu'il s'agit du sens correct que le texte indique. Mais certains d'entre eux ont parfois tort en faisant la takfîr de ceux qui disent la seconde chose lorsque leur objectif est de dire le sens correct (...)" (MF 19/141). Attention aux excès...

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Synthèse de la réponse :

Quelle est la différence entre ceux qui font la négation des termes présents dans les textes des sources (et disent : "Dieu n'est pas au-dessus des cieux") avec l'intention de nier leur sens anthropomorphique ("Dieu n'est pas porté par les cieux") et ceux qui utilisent ces formules tout en reconnaissant ne pas connaître la réalité qu'elles désignent à propos de Dieu ("Dieu est au-dessus des cieux, mais aucune direction créée ne le contient ; Dieu S'est établi sur Son Trône, mais Il ne l'a pas fait à la manière des rois humains") ?

Et quelle est la différence entre ceux qui utilisent ces formules et affirment ne rien connaître du sens même qu'elles ont (et disent : "Nous ne connaissons absolument rien du sens que ces formules ont lorsque employées à propos de Dieu") et ceux qui utilisent ces formules et affirment ne pas connaître la réalité de ce qu'elles désignent, mais connaître par contre le sens premier que ces formules ont ?

La réponse est que la différence entre eux tient à ceci : dans chacun de ces deux cas de figure, c'est la posture de ceux ayant été cités en second qui permet d'obtenir l'effet visé par l'emploi de ces termes ("إذا استعمل في القرآن أو السنة لفظ يُعبِّرعن صفة الله وكان هذا اللفظ يُستعمَل في حق الخالق وفي حق المخلوق، أفاد هذا أنَّ بين الحقيقة التي يدلّ عليها هذا اللفظ في حق الخالق والحقيقة التي يدلّ عليها هذا اللفظ في حق المخلوق: قدرًا مشتركًا؛ ولكن هذه الحقيقة في حق المخلوق: كما يليق به، ونعرفها؛ بينما الحقيقة في حق الخالق: كما يليق به، ولا نعرفها").

Il s'agit donc d'employer ces termes comme ils ont été employés dans le Coran ou la Sunna (tumarru ka mâ jâ'at), ce qui nous préservera de tomber dans l'extrême qui consiste à vider les passages du Coran ou de la Sunna contenant ces termes de leur sens, et ce par le fait de nier ces termes par rapport à Dieu, ou de les appréhender dans un sens allégorique, ou de prétendre qu'on ne connaît absolument rien du sens qu'elles ont, de sorte que leur sens peut être aussi bien le sens premier que le sens allégorique.
Parallèllement à cela, rappelons-nous qu'"il n'y a rien qui ressemble à Dieu" et que la réalité de l'Etre et des Attributs de Dieu est donc au-dessus de notre perception. Ceci nous préservera de tomber dans l'autre extrême qui consiste à donner à ces termes un sens anthropomorphique (lâ nujassim wa lâ nushabbih).

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

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