Comment différencier la Simple Eloge (الثناء), de l'Eloge constituant une divinisation (الثناء الذي هو تأليه) ? Et comment distinguer la Simple Demande (المسألة), de la Demande constituant une Divinisation (المسألة التي هي تأليه) ?

1) A propos de l'éloge (Thanâ', الثناء) :

Faire les éloges d'un être autre que Dieu, cela n'est pas systématiquement le diviniser.

Il est même des éloges qui sont telles que, non seulement les faire n'est pas du shirk akbar, mais le faire n'est même pas une kabîra non-kufr, ni une saghîra, ni même déconseillé (tanzîhan) : il est au contraire autorisé (jâ'ïz), parfois purement autorisé (mubâh), d'autres fois recommandé (mustahabb), parfois même obligatoire de faire ces éloges (comme dans les éloges des prophètes et des pieux, comme les Compagnons du Prophète).
Le Prophète lui-même a fait les éloges de plusieurs êtres humains (par exemple de Khadîja, sa défunte épouse, ou de Abû Bakr, son meilleur compagnon, etc.).

Il est des éloges qu'il est interdit de faire (les éloges par rapport à une personne dont on sait qu'elle ne possède pas les qualités qu'on loue chez elle). Mais le faire malgré tout constitue une kabîra non-kufr, et pas une divinisation.

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Ce sont seulement certaines éloges ou certaines façons de faire des éloges qui constituent une divinisation :

- soit que l'éloge consiste à mentionner une perfection qui est absolue, et qui est donc propre à Dieu : faire un tel éloge revient donc à diviniser celui dont on fait l'éloge, par la nature même de l'éloge. Et ce : que cela soit fait par le biais d'une information que l'on donne ("Untel est ainsi et ainsi"), ou que cela soit fait par le biais d'une invocation que l'on prononce ("Ô Untel, tu es ainsi et ainsi", ou encore : "Ô Untel, sois le plus élevé !") ;

- soit que l'éloge est adressé à un être en pensant que celui-ci l'entend par une voie métaphysique ; ou en pensant se rapprocher spirituellement de lui par le moyen de cet éloge. Quelle que soit la perfection qu'on lui attribue, cela revient donc à diviniser cet être, par la façon de faire l'éloge.

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2) A propos de la demande adressée à quelqu'un (Mas'ala, المسألة) :

Demander quelque chose (une aide, etc.) à un être autre que Dieu, cela n'est pas en soit le diviniser.
Il est même des demandes d'aide qui sont telles que, non seulement le faire n'est pas du shirk akbar, mais le faire est autorisé (jâ'ïz), pas une kabîra non-kufr, ni une saghîra.

Et puis il est des demandes qui sont interdites (par exemple demander la charité alors qu'on ne se trouve pas dans un cas de nécessité absolue rendant cela autorisé). Mais le faire quand même constitue une kabîra non-kufr, pas une divinisation de celui à qui on a adressé cette demande.

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Ce sont certaines demandes ou certaines façons de faire la demande qui constituent une divinisation :

- soit que la demande porte sur quelque chose qui relève des choses qu'on ne peut demander qu'à Dieu Seul : cela revient à diviniser celui à qui on adresse cette demande, par la nature même de la demande ;

- soit que la demande est adressé à un être en pensant qu'il les entend par une voie métaphysique ; ou en pensant se rapprocher spirituellement de lui en lui adressant cette demande. Quelle que soit la demande  qu'on lui adresse ainsi, on divinise alors cet être, par la façon d'adresser la demande.

Ces deux types de Du'â ul-Mas'ala, ainsi que la Simple Mas'ala, nous en avons parlé de façon détaillée dans notre article : Pourquoi peut-on demander son aide à un ami mais pas à un saint défunt ? La différence entre Simple Mas'ala et Du'â ul-Mas'ala.

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

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