"Walî" / "Wilâya" avec le sens de : "héritage", ou encore celui de : "entraide"

Complément de l'article traitant des différents sens des termes "Walî", "Mawlâ", "Wilâya" :

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----- B.B.B.A) Voici deux versets où Wilâya a le sens de "lien d'héritage" :

Premier verset : Coran 8/72 :

"إِنَّ الَّذِينَ آمَنُواْ وَهَاجَرُواْ وَجَاهَدُواْ بِأَمْوَالِهِمْ وَأَنفُسِهِمْ فِي سَبِيلِ اللّهِ وَالَّذِينَ آوَواْ وَّنَصَرُواْ أُوْلَئِكَ بَعْضُهُمْ أَوْلِيَاء بَعْضٍ. وَالَّذِينَ آمَنُواْ وَلَمْ يُهَاجِرُواْ مَا لَكُم مِّن وَلاَيَتِهِم مِّن شَيْءٍ حَتَّى يُهَاجِرُواْ وَإِنِ اسْتَنصَرُوكُمْ فِي الدِّينِ فَعَلَيْكُمُ النَّصْرُ إِلاَّ عَلَى قَوْمٍ بَيْنَكُمْ وَبَيْنَهُم مِّيثَاقٌ. وَاللّهُ بِمَا تَعْمَلُونَ بَصِيرٌ" :
"Ceux qui ont apporté foi, ont émigré et fait des efforts par leurs biens et leurs personnes dans le Chemin de Dieu, ainsi qui ceux qui ont donné refuge et apporté aide, ceux-là sont Awliyâ' les uns des autres.
Et (quant à) ceux qui ont apporté foi et n'ont pas émigré, vous n'avez rien de leur Wilâya jusqu'à ce qu'ils émigrent ; (...)"
(Coran 8/72). "وَأُوْلُواْ الأَرْحَامِ بَعْضُهُمْ أَوْلَى بِبَعْضٍ فِي كِتَابِ اللّهِ إِنَّ اللّهَ بِكُلِّ شَيْءٍ عَلِيمٌ" : "Et les gens de parenté, les uns sont plus méritants des autres, dans ce que Dieu a prescrit. Dieu est de toute chose Sachant" (Coran 8/75).

Ici Wilâya a un sens particulier : l'héritage (comme l'a dit Ibn Abbâs : cf. Bayân ul-Qur'ân).

Ce verset 8/72 exprime que, après l'émigration du Prophète à Médine, la succession ne pouvait se faire qu'entre personnes ayant émigré à Médine :
--- Si l'Emigrant défunt laissait des personnes de parenté qui étaient musulmanes mais n'avaient pas émigré, ces personnes n'héritaient pas de lui : dans ce cas, c'était celui dont il avait été nommé "le frère" parmi les Auxiliaires (Ansâr) qui héritait de lui.
--- Par contre, si l'Emigrant (muhâjirî) défunt laissait derrière lui des personnes de parenté étant musulmanes et ayant elles aussi émigré, elles héritaient prioritairement de lui (et celui qui avait été désigné "frère" parmi les Auxiliaires n'héritait rien de lui, ou pas tout le legs de lui (nous allons revenir, en fin d'article, sur la part qu'il percevait alors) (c'est ce qu'a écrit Cheikh Ashraf 'Alî Thânwî, et qu'il a compris de Coran 8/75 : "وَأُوْلُواْ الأَرْحَامِ بَعْضُهُمْ أَوْلَى بِبَعْضٍ فِي كِتَابِ اللّهِ إِنَّ اللّهَ بِكُلِّ شَيْءٍ عَلِيمٌ").

Cette règle restera en vigueur jusqu'à la conquête de la Mecque, date à laquelle elle sera abrogée par Coran 33/6.

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Second verset : Coran 4/33 :

"وَلِكُلٍّ جَعَلْنَا مَوَالِيَ مِمَّا تَرَكَ الْوَالِدَانِ وَالأَقْرَبُونَ. وَالَّذِينَ عَقَدَتْ أَيْمَانُكُمْ فَآتُوهُمْ نَصِيبَهُمْ. إِنَّ اللّهَ كَانَ عَلَى كُلِّ شَيْءٍ شَهِيدًا" :
"Et pour tout (bien matériel) de ce que les deux parents et les proches laissent, Nous avons assigné des Mawlâ.
Et
ceux avec qui vous avez noué vos serments, donnez-leur leur part. Dieu est Témoin de toute chose"
(Coran 4/33 ; traduction d'après l'un des commentaires existant).

Dans ce verset 4/33 :

--- Le premier terme "Mawlâ" signifie : "héritiers" (commentaire de Ibn Abbas rapporté par al-Bukhârî, 4580).

--- La seconde phrase parle de "ceux avec qui vos serments se sont noués" ; de qui s'agit-il ? En fait ceux-ci ont également été appelés par ailleurs : "Mawlâ", mais il s'agit de Mawlâ d'un genre particulier : il s'agit des Mawla-l-muwâlât. Al-Bukhârî écrit : "عاقدت أيمانكم}: هو مولى اليمين، وهو الحليف}" (Sahîh ul-Bukhârî, kitâb ut-tafsîr). Nous allons y revenir ci-après...

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----- B.B.B.B) Un verset (Coran 33/6) où Wilâya désigne "le pacte d'entraide" :

"وَأُوْلُو الْأَرْحَامِ بَعْضُهُمْ أَوْلَى بِبَعْضٍ فِي كِتَابِ اللَّهِ مِنَ الْمُؤْمِنِينَ وَالْمُهَاجِرِينَ؛ إِلَّا أَن تَفْعَلُوا إِلَى أَوْلِيَائِكُم مَّعْرُوفًا كَانَ ذَلِكَ فِي الْكِتَابِ مَسْطُورًا" :
"Et les détenteurs de lien de parenté ont, d'après le Décret de Dieu, priorité entre eux [dans le droit de succession] sur les (autres) croyants et émigrants.
Sauf si vous faites un bien en faveur de vos Awliyâ'
..."
(Coran 33/6 : Al-Ahzâb).

C'est (dit Ibn Zayd : Tafsîr ut-Tabarî) après la conquête de la Mecque que ce verset 33/6 fut révélé (qui vint abroger la règle du verset 8/72 suscité)
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Ce verset 33/6 signifie que
celui qui avait été établi après l'Emigration comme "frère", celui-là ne fait maintenant plus du tout partie des héritiers (c'est l'avis des trois écoles), ou ne fait plus partie des héritiers de premier plan (c'est l'avis de l'école hanafite).
Quant à la phrase
"Sauf si vous faites un bien en faveur de vos Awliyâ'...", elle fait l'objet d'interprétations divergentes (voir par exemple Tafsîr ut-Tabarî).

Ce qui nous intéresse ici est qu'ils sont appelés "Awliyâ'", avec un autre sens de Wilâya. Il s'agit des Mawla-l-muwâlât, déjà évoqués plus haut. Le musulman passait avec un autre musulman un pacte d'entraide, lui disant : "Si j'ai causé la mort de quelqu'un et suis redevable d'un dédommagement (diya), tu m'aideras à payer celui-ci, et ce sera la même chose si c'est toi qui es redevable de pareille chose : je t'aiderai. Par ailleurs tu hériteras de moi et j'hériterai de toi". Cela se faisait chez les Arabes depuis avant la venue de l'islam (Bayân ul-qur'ân). Le premier était alors un "Mawlâ", ou "Halîf", "حليف", du second, qui était son Mawla-l-muwâlât. Lire notre article : Que signifie le terme "mawlâ" ?

Ce sont ceux-là mêmes qui sont évoqués dans le verset déjà cité : "وَلِكُلٍّ جَعَلْنَا مَوَالِيَ مِمَّا تَرَكَ الْوَالِدَانِ وَالأَقْرَبُونَ. وَالَّذِينَ عَقَدَتْ أَيْمَانُكُمْ فَآتُوهُمْ نَصِيبَهُمْ. إِنَّ اللّهَ كَانَ عَلَى كُلِّ شَيْءٍ شَهِيدًا" : "Et pour tout (bien matériel) de ce que les deux parents et les proches laissent, Nous avons assigné des Mawlâ. Et ceux avec qui vous avez noué vos serments, donnez-leur leur part. Dieu est Témoin de toute chose" (Coran 4/33 ; traduction d'après l'un des commentaires existant).

Et, dans ce verset 4/33, "donnez-leur leur part" signifie : "donnez-leur la part du legs qui leur revient" : il s'agissait du 1/6ème : c'est ce qu'a dit Qatâda (rapporté par at-Tabarî : Fat'h ul-bârî 8/314).
Cependant, pour ce qui concerne la période postérieure à la révélation du verset 33/6 :
--- soit la norme induite par le verset 4/33 a été complètement abrogée (Naskh Kullî) ;
--- soit (c'est l'interprétation de Ibn Abbas) ce qu'induit ce verset 4/33 a été complètement abrogé quant à la part d'héritage (Naskh Kullî), par contre s'applique à "la part d'entraide qui leur revient" : "عن ابن عباس رضي الله عنهما، {ولكل جعلنا موالي}، قال: "ورثة". {والذين عاقدت أيمانكم}: "كان المهاجرون لما قدموا المدينة يرث المهاجري الأنصاري دون ذوي رحمه، للأخوة التي آخى النبي صلى الله عليه وسلم بينهم"؛ فلما نزلت: {ولكل جعلنا موالي}، نُسِخت". ثم قال: "{والذين عاقدت أيمانكم} من النصر والرفادة والنصيحة. وقد ذهب الميراث، ويوصي له" (al-Bukhârî, 4304) ;
--- soit la norme induite par ce verset a été complètement abrogée (Naskh Kullî) pour le temps à compter de la révélation de celui-ci, par contre demeure pour les Mawla-l-Muwâlât établis avant la révélation de cela : eux auront toujours leur part d'héritage (c'est une explication de ce verset 4/33, ainsi que du célèbre hadîth "لا حلف في الإسلام، وأيما حلف كان في الجاهلية لم يزده الإسلام إلا شدة", qui a été exposée par Ibn Kathîr, et que nous citerons plus bas) ;
--- soit (c'est l'avis de l'école hanafite) ce qu'induit ce verset 4/33 est seulement partiellement abrogé (Naskh Juz'î) : cela ne s'applique plus qu'en cas d'absence totale de tout héritier lié à un lien de parenté et de mariage (conjoint), et est modifié (puisque consistant désormais en la totalité du legs) : "ولنا قوله تعالى: {وَالَّذِينَ عَقَدَتْ أَيْمَانُكُمْ فَآتُوهُمْ نَصِيبَهُمْ}، والآية في الموالاة" (Al-Hidâya 2/329) ; "أما الكتاب الكريم، فقوله عز وجل: {والذين عقدت أيمانكم فآتوهم نصيبهم}، والمراد من النصيب: الميراث؛ لأنه سبحانه وتعالى أضاف النصيب إليهم، فيدل على قيام حق لهم مقدر في التركة؛ وهو الميراث، لأن هذا معطوف على قوله: {ولكل جعلنا موالي مما ترك الوالدان والأقربون}؛ لكن عند عدم ذوي الأرحام؛ عرفناه بقوله عز وجل {وأولو الأرحام بعضهم أولى ببعض في كتاب الله" (Badâi' us-sanâï') ; "فأما النسخ، فإن كان بآية المواريث، فإنما يصير النسخ فيمن له وارث؛ فمن لا وارث له على ما كان عليه. فإن كان النسخ بقوله عليه السلام: "لا حلف في الإسلام"، فهذا خبر واحد - ولا يجوز نسخ القرآن به -، وإن جاز تخصيصه به على الحلف فيمن له وارث" (At-Tajrîd, al-Qudûrî).

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----- Point complémentaire) Le lien de fraternité (mu'âkhât) qui fut établi après l'Emigration à Médine entre Immigrés et Auxiliaires (et auquel le verset 8/72 fait allusion : "إِنَّ الَّذِينَ آمَنُواْ وَهَاجَرُواْ وَجَاهَدُواْ بِأَمْوَالِهِمْ وَأَنفُسِهِمْ فِي سَبِيلِ اللّهِ وَالَّذِينَ آوَواْ وَّنَصَرُواْ أُوْلَئِكَ بَعْضُهُمْ أَوْلِيَاء بَعْضٍ"), ce lien fut-il de strictement le même type (naw') que la Mu'âqada évoquée en Coran 4/33 ("وَالَّذِينَ عَقَدَتْ أَيْمَانُكُمْ فَآتُوهُمْ نَصِيبَهُمْ") ?

C'est une possibilité.

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Ce qui est certain c'est que les versets 33/6 et
4/33 parlent tous deux du legs...

--- Et, auparavant, en vertu du verset 4/33 (وَالَّذِينَ عَقَدَتْ أَيْمَانُكُمْ فَآتُوهُمْ نَصِيبَهُمْ), le Mawla-l-muwâlât avait droit à une part d'héritage malgré la présence de proches parents.

--- Mais ensuite, suite à la révélation du verset 33/6 (وَأُوْلُو الْأَرْحَامِ بَعْضُهُمْ أَوْلَى بِبَعْضٍ فِي كِتَابِ اللَّهِ مِنَ الْمُؤْمِنِينَ وَالْمُهَاجِرِينَ) venu abroger le verset 4/33en cas de présence de proches parents du défunt, le Mawla-l-muwâlât est devenu complètement exclu de la liste des héritiers ayant une part fixe (dhawu-l-furûdh) en même temps qu'eux. Depuis cette abrogation et jusqu'à aujourd'hui :
----- dans le cas où d'autres héritiers existent, on peut faire seulement un testament (lequel est forcément plafonné à 1/3 du legs) en faveur du Mawla-l-muwâlât, et ce en vertu de la phrase de 33/6 : "إِلَّا أَن تَفْعَلُوا إِلَى أَوْلِيَائِكُم مَّعْرُوفًا" ;
----- par contre, au cas où aucun proche parent du défunt n'existe, c'est uniquement d'après l'école hanafite que le Mawla-l-muwâlât reçoit une part d'héritage (il s'agit en l'occurrence de la totalité du legs) (mention de ce type de Walâ' figure in Al-Hidâya 2/329-330).

Les 3 autres écoles s'appuient également sur le célèbre hadîth : "Pas de hilf en Islam. Et tout hilf conclu dans la Jâhiliyya, l'islam ne fera que le renforcer" : "عن جبير بن مطعم، قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "لا حلف في الإسلام، وأيما حلف كان في الجاهلية لم يزده الإسلام إلا شدة" (Muslim, 2530). Ibn Kathîr écrit : "والحلف الذي كانوا قد تعاقدوا قبل ذلك تقدم في حديث جبير بن مطعم وغيره من الصحابة: "لا حلف في الإسلام، وأيما حلف كان في الجاهلية لم يزده الإسلام إلا شدة". وهذا نص في الرد على ما ذهب إلى التوارث بالحلف اليوم، كما هو مذهب أبي حنيفة وأصحابه، ورواية عن أحمد بن حنبل، رحمه الله. والصحيح قول الجمهور ومالك والشافعي وأحمد في المشهور عنه؛ ولهذا قال تعالى: {ولكل جعلنا موالي مما ترك الوالدان والأقربون} أي: ورثه من أقربائه من أبويه وأقربيه، وهم يرثونه دون سائر الناس، كما ثبت في الصحيحين، عن ابن عباس أن رسول الله صلى الله عليه وسلم قال: "ألحقوا الفرائض بأهلها، فما بقي فهو لأولى رجل ذكر" أي: اقسموا الميراث على أصحاب الفروض الذين ذكرهم الله في آيتي الفرائض، فما بقي بعد ذلك فأعطوه العصبة. وقوله: {والذين عقدت أيمانكم} أي: قبل نزول هذه الآية {فآتوهم نصيبهم} أي من الميراث؛ فأيما حلف عقد بعد ذلك، فلا تأثير له. وقد قيل: إن هذه الآية نسخت الحلف في المستقبل وحكم الماضي أيضا، فلا توارث به، كما قال ابن أبي حاتم: حدثنا أبو سعيد الأشج، حدثنا أبو أسامة، حدثنا إدريس الأودي، أخبرني طلحة بن مصرف، عن سعيد بن جبير عن ابن عباس: {فآتوهم نصيبهم} قال: من النصرة والنصيحة والرفادة، ويوصى له، وقد ذهب الميراث" (Tafsîr Ibn Kathîr).

Pour l'école hanafite, le pacte ici évoqué n'est pas un pacte dont une clause contredit ce que Dieu agrée, puisqu'il est dit juste après que le pacte ainsi conclu dans la Jâhiliyya est approuvé et soutenu par l'islam. ici est évoqué un pacte pour défendre les droits de l'opprimé, ou pour assurer aux proches parents leur part d'héritage. Il y avait parfois besoin de conclure de tels pactes avant la venue de l'islam. Le Prophète lui-même s'était, dans sa jeunesse, engagé avec d'autres personnes mecquoises, polycultistes, pour la défense de l'opprimé. C'était le pacte dit : "hilf ul-fudhûl", ou encore : "hilf ul-mutayyibîn". Et, plus tard, après avoir reçu la révélation, il a dit à ce sujet : "شَهِدْتُ حِلف المُطيِّبين مع عمومتي وأنا غلام؛ فما أُحِبُّ أنًَّ لي حمر النعم وأَنِّي أنكثه" : "J'ai assisté au pacte des mutayyibîn avec mes oncles alors que j'étais jeune. Je n'aimerais pas avoir [même] un chameau roux en échange de la rupture de ce (pacte)" (Ahmad, 1655, 1656, et al-Hâkim - Silsilat ul-ahâdîth is-sahîha, n° 1900). Par contre, depuis la venue des textes de l'islam, il n'y en a plus besoin (du moins lorsque les enseignements de l'islam ont une forte présence dans la terre où l'on se trouve), puisque ces textes de références instituent déjà ces droits.

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--- Et auparavant, c'est-à-dire avant l'abrogation apportée par Coran 33/6, que se passait-il ?
----- Est-ce que auparavant, même au cas où le défunt laissait aussi des proches parents, le Mawla-l-muwâlât touchait tout le legs ; puis cela a été ramené à 1/6ème par le verset 4/33 (وَالَّذِينَ عَقَدَتْ أَيْمَانُكُمْ فَآتُوهُمْ نَصِيبَهُمْ) (le reste allant alors aux parents ayant émigré) ? (Et ensuite cela aussi a été complètement abrogé par le verset 33/6 (إِلَّا أَن تَفْعَلُوا إِلَى أَوْلِيَائِكُم مَّعْرُوفًا), lequel dit qu'il n'a désormais plus droit qu'à un testament.)
----- Ou bien est-ce que auparavant, en vertu de 4/33), même au cas où le défunt laissait aussi des proches parents ayant émigré, le Mawla-l-muwâlât touchait tout le legs (et les proches parents du défunt ne touchaient alors rien du tout) ; puis c'est cela qui fut abrogé par le verset 33/6 ?
----- Ou bien encore est-ce que, auparavant, au cas où le défunt laissait aussi des proches parents ayant émigré, le Mawla-l-muwâlât touchait seulement 1/6ème du legs, et le reste allait à ces proches (et c'est en fait ce que le verset 4/33 dit : "وَالَّذِينَ عَقَدَتْ أَيْمَانُكُمْ فَآتُوهُمْ نَصِيبَهُمْ") ? (Puis même cette part de 1/6ème fut abrogée par le verset 33/6.)
Ces différentes possibilités ont été évoquées par différents ulémas (cf. Fat'h ul-bârî 8/313-314 ; Bayân ul-qur'ân tome 4 p. 92, tome 2 p. 114.)

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--- Quant au "frère d'émigration" (s'il est différent du Mawla-l-Muwâlât), avant l'abrogation apportée par Coran 33/6, que se passait-il pour lui ?
----- Est-ce que, auparavant, au cas où le défunt laissait aussi des proches parents ayant émigré, le "frère d'émigration" touchait quand même 1/6ème du legs ; puis cela fut abrogé par le verset 33/6 ?
----- Ou bien est-ce que, auparavant, au cas où le défunt laissait aussi des proches parents ayant émigré, le "frère d'émigration" ne touchait rien, et c'est seulement au cas où aucun des proches du défunt avait émigré qu'il touchait le legs (et c'est en fait ce que dit le verset 8/75) ? (Puis même cela fut abrogé par le verset 33/6.)
Je ne sais pas (لا أدري).

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

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