La prière facultative "salât ul-ishrâq" existe-t-elle ?

Question :

Ici en France métropolitaine, certains frères soutiennent qu'entre le lever du soleil et le zénith, il n'y a qu'une seule et non pas deux prières facultatives (salât nâfila) : la prière appelée "salât ud-dhuhâ" existe bien, mais pas la prière faite après le lever du soleil et dont on entend parler (souvent dans le Tablîgh) sous le nom de "salât ul-ishrâq". Qu’en est-il exactement ?

Réponse :

A condition que ce ne soit pas à un des trois horaires où le Prophète (sur lui la paix) a interdit de la faire (après le début de l'aube jusqu'au lever du soleil, au moment du zénith, après avoir accompli la prière de la fin d'après-midi (al-'asr) jusqu'au coucher du soleil), tu peux faire une prière supplémentaire (salât nâfila) quand tu veux. C'est ce que le Prophète avait dit à 'Amr ibn 'Abassa : "… Accomplis la prière de l'aube. Puis, ne fais plus de prière ("salât") jusqu'à ce que le soleil se lève et s'élève ; car (…) à ce moment-là des incroyants se prosternent devant lui. Ensuite tu peux faire la prière. A la prière que tu fais, [des anges] assistent [pour en témoigner auprès de Dieu]. Tu peux faire la prière jusqu'au moment où une lance n'a plus d'ombre. Ne fais plus, alors, de prière (…). Ensuite (…)." Ce hadîth, rapporté par Muslim, montre bien qu'il est tout à fait permis de faire des prières supplémentaires quand on veut, entre le lever du soleil et le zénith.

Cependant, il est vrai que tu ne dois pas pratiquer régulièrement et à un horaire fixe une prière supplémentaire (salât nâfila) si les sources musulmanes elles-mêmes n'ont pas institué cet horaire. Sinon cela devient une innovation religieuse, une bid'a (lis ma page consacrée aux bid'as, tu verras que dans ce que je te dis ici, il s'agirait de la quatrième catégorie : une bid'a 'amaliyya idhâfiyya). C'est pourquoi l'interrogation des frères dont tu me parles est tout à fait justifiée.

Mais ces frères doivent être rassurés : faire régulièrement la prière facultative après le lever du soleil n'est pas une bid'a 'amaliyya idhâfiyya, car il y a bien un hadîth, dont la chaîne de transmission est, selon al-Albânî, bonne (hassan), qui indique que le Prophète faisait une prière de 2 cycles (rak'as) et plus tard une prière de 4 cycles (rak'as) : (...) 'Alî ibn Abî Tâlib déclare : "Le Prophète faisait une prière de 2 cycles lorsque le soleil occupait ici [à l'est] une position semblable à celle qu'il occupe là [à l'ouest] à l'heure de la prière de la fin de l'après-midi (al-'asr). Et il faisait une prière de 4 cycles lorsque le soleil occupait ici [à l'est] une position semblable à celle qu'il occupe là [à l'ouest] à l'heure de la prière du début d'après-mdi (az-zuhr). (...)" (at-Tirmidhî, 598, Ibn Mâja, 1161). La prière de 4 cycles est en fait la fameuse "salât ud-dhuhâ". Et la prière de 2 cycles est celle que certains appellent, comme tu dis : "salât ul-ishrâq" (je ne sais cependant pas si elle a été nommée ainsi dans des hadîths).

Synthèse de la réponse :

Les hadîths font bien mention de la prière facultative faite après le lever du soleil, prière facultative différente de celle faite au moment du jour montant ("salât ud dhuhâ"). L'accomplissement régulier de cette prière facultative après le lever du soleil ne constitue donc pas une innovation (même de type 'amaliyya idhâfiyya).

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

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