"أَلاَ لَهُ الْخَلْقُ وَالأَمْرُ" (Coran 7/54). Ou : "A Lui appartient le fait d'amener les choses à l'existence (الخَلْق), et le fait de les gérer (التَدْبِيْر) par Ses Décisions"

Le verset est très connu : "إِنَّ رَبَّكُمُ اللّهُ الَّذِي خَلَقَ السَّمَاوَاتِ وَالأَرْضَ فِي سِتَّةِ أَيَّامٍ ثُمَّ اسْتَوَى عَلَى الْعَرْشِ يُغْشِي اللَّيْلَ النَّهَارَ يَطْلُبُهُ حَثِيثًا وَالشَّمْسَ وَالْقَمَرَ وَالنُّجُومَ مُسَخَّرَاتٍ بِأَمْرِهِ أَلاَ لَهُ الْخَلْقُ وَالأَمْرُ تَبَارَكَ اللّهُ رَبُّ الْعَالَمِينَ" (Coran 7/54).

Khalq signifie ici "Créer".

Et Amr, que signifie-t-il ici ?
Il signifie ici : "Décision". Comme dans "وَشَاوِرْهُمْ فِي الأَمْرِ" (Coran 3/159).

Le verset veut dire :
"L'existence de toute chose dépend de la Volonté de Dieu, qui est Celui qui crée.
Et le fonctionnement de toute chose est tributaire de Ses Décisions, car c'est Lui qui gère toute chose"
.

Le verset se traduit ainsi : "Votre Pourvoyeur est Celui qui a créé les cieux et la Terre en 6 périodes, puis S'est Etabli sur le Trône ; Il fait recouvrir la journée par la nuit, qui la poursuit inlassablement. Le soleil, la lune et les étoiles sont assujetties à Sa Décision. Ecoutez : A lui appartient le fait de créer et le fait de décider" (Coran 7/54 ; traduction faite selon la qirâ'ah de Ibn Âmir, qui récite de même dans le verset "وَسَخَّرَ لَكُمُ اللَّيْلَ وَالنَّهَارَ. وَالشَّمْسُ وَالْقَمَرُ وَالنُّجُومُ مُسَخَّرَاتٌ بِأَمْرِهِ" : Coran 16/12).

Taskhîr signifie : assujettir "التسخير: سياقة إلى الغرض المختص قهرا" (Al-Muf'radât).
Tashkîr bi : assujettir à ("فالمسخر هو المقيض للفعل، والسخري: هو الذي يقهر فيتسخر بإرادته" : Ibid.).
Taskhîr li : assujettir au bénéfice de ("وَسَخَّرَ لَكُمُ الأَنْهَارَ" : Coran 14/32).

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En fait "Amr" est un terme arabe qui a plusieurs sens : "وقال غيره: لفظ الأمر يرد لمعان: منها الطلب؛ ومنها الحكم؛ ومنها الحال والشأن؛ ومنها المأمور كقوله تعالى {فما أغنت عنهم آلهتهم التي يدعون من دون الله من شيء لما جاء أمر ربك} أي مأموره وهو إهلاكهم، واستعمال المأمور بلفظ الأمر كاستعمال المخلوق بمعنى الخلق" (FB 13/653).

Dans ce verset 7/54 présentant une distinction entre Khalq et Amr, si Khalq veut dire : "le fait de Créer", alors Amr ne peut pas signifier : "Ordre d'exister" ("Kun de Îjâd"), puisque le Khalq lui-même se fait [parfois] par le Amr (Ordre) de Dieu d'exister (Kun !) ("قوله "وهو فعل الرب وأمره": المراد بالـ"أمر" هنا: قوله "كن". والأمر يطلق بإزاء معان، منها صيغة افعل، ومنها الصفة والشأن. والأول المراد هنا (...) وقوله: "وكلامه" بعد قوله "وأمره": من عطف الخاص على العام، لأن المراد بالأمر هنا قوله "كن" وهو من جملة كلامه" : FB 13/536).

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Voici différentes significations du terme Amr dans le Coran :

– Avec le sens de Sha'n, Affaire, Situation : "إِنَّمَا أَمْرُهُ إِذَا أَرَادَ شَيْئًا أَنْ يَقُولَ لَهُ كُنْ فَيَكُونُ" (Coran 36/82) ; "وَمَا أَمْرُ السَّاعَةِ إِلاَّ كَلَمْحِ الْبَصَرِ أَوْ هُوَ أَقْرَبُ إِنَّ اللّهَ عَلَى كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ" (Coran 16/77) ; "إِنَّ رَبَّكُمُ اللّهُ الَّذِي خَلَقَ السَّمَاوَاتِ وَالأَرْضَ فِي سِتَّةِ أَيَّامٍ ثُمَّ اسْتَوَى عَلَى الْعَرْشِ يُدَبِّرُ الأَمْرَ مَا مِن شَفِيعٍ إِلاَّ مِن بَعْدِ إِذْنِهِ ذَلِكُمُ اللّهُ رَبُّكُمْ فَاعْبُدُوهُ أَفَلاَ تَذَكَّرُونَ" (Coran 10/3) ("أي: يدبر أمر الخلائق" : Tafsîr Ibn Kathîr ; "والأمر اسم لجنس الأمور" : Tafsîr ul-Qurtubî) ;

– Avec le sens de Shay', Chose : "وَإِذَا قَضَى أَمْراً فَإِنَّمَا يَقُولُ لَهُ كُن فَيَكُونُ" (Coran 2/117) : "إِنَّمَا قَوْلُنَا لِشَيْءٍ إِذَا أَرَدْنَاهُ أَن نَّقُولَ لَهُ كُن فَيَكُونُ" (Coran 16/40) ; "قَالَ بَلْ سَوَّلَتْ لَكُمْ أَنفُسُكُمْ أَمْرًا فَصَبْرٌ جَمِيلٌ وَاللّهُ الْمُسْتَعَانُ عَلَى مَا تَصِفُونَ" (Coran 12/18) ;

– Avec le sens de Hukm, Décision : "قَالَ بِئْسَمَا خَلَفْتُمُونِي مِن بَعْدِيَ أَعَجِلْتُمْ أَمْرَ رَبِّكُمْ" (Coran 7/150) ; "قَالُواْ أَتَعْجَبِينَ مِنْ أَمْرِ اللّهِ" (Coran 11/73 : "ma'mûr") ; "فَمَا أَغْنَتْ عَنْهُمْ آلِهَتُهُمُ الَّتِي يَدْعُونَ مِن دُونِ اللّهِ مِن شَيْءٍ لِّمَّا جَاء أَمْرُ رَبِّكَ" (Coran 11/101 : "ma'mûr") ; "إِنَّ رَبَّكُمُ اللّهُ الَّذِي خَلَقَ السَّمَاوَاتِ وَالأَرْضَ فِي سِتَّةِ أَيَّامٍ ثُمَّ اسْتَوَى عَلَى الْعَرْشِ يُغْشِي اللَّيْلَ النَّهَارَ يَطْلُبُهُ حَثِيثًا وَالشَّمْسَ وَالْقَمَرَ وَالنُّجُومَ مُسَخَّرَاتٍ بِأَمْرِهِ أَلاَ لَهُ الْخَلْقُ وَالأَمْرُ تَبَارَكَ اللّهُ رَبُّ الْعَالَمِينَ" (Coran 7/54) ;

– Avec le sens de Talab, Impératif chargeant de réaliser quelque chose (ce qui est une Décision d'un type particulier, car toute Décision n'entraîne pas forcément un Talab) : "إِلَّا إِبْلِيسَ كَانَ مِنَ الْجِنِّ فَفَسَقَ عَنْ أَمْرِ رَبِّهِ" (Coran 18/50 - "قَالَ مَا مَنَعَكَ أَلاَّ تَسْجُدَ إِذْ أَمَرْتُكَ" : Coran 7/12) ; "وَكَأَيِّن مِّن قَرْيَةٍ عَتَتْ عَنْ أَمْرِ رَبِّهَا وَرُسُلِهِ فَحَاسَبْنَاهَا حِسَابًا شَدِيدًا وَعَذَّبْنَاهَا عَذَابًا نُّكْرًا" (Coran 65/8).

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En fait il y a ici 3 choses :

--- faire exister la chose (khalq ul-'ayn) ;
--- lui donner un code de fonctionnement (hidâya) ;
--- gérer le fonctionnement de cette chose (tadbîr) comme de toute chose, vu la concurrence voyant le jour entre le fonctionnement des diverses créatures existant.

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A) Khalq ul-'ayn :

- 1) Au sens général du terme, "kha-la-qa" signifie : "kaw-wa-na", "rendre existant". Cela englobe le fait d'assembler les constituants de la chose, et de rendre cette chose complète et vivante : "وَاللّهُ خَلَقَكُمْ ثُمَّ يَتَوَفَّاكُمْ" (Coran 16/70) ; "وَلَقَدْ خَلَقْنَا الْإِنسَانَ وَنَعْلَمُ مَا تُوَسْوِسُ بِهِ نَفْسُهُ وَنَحْنُ أَقْرَبُ إِلَيْهِ مِنْ حَبْلِ الْوَرِيدِ" (Coran 50/16).

- 2) Mais d'autres sens, plus particuliers, existent également :

--- 2.1) "Kha-la-qa" avec le sens de "rendre complet la chose", mais pas de "rendre la chose vivante" :

"إِنَّ مَثَلَ عِيسَى عِندَ اللّهِ كَمَثَلِ آدَمَ خَلَقَهُ مِن تُرَابٍ ثِمَّ قَالَ لَهُ كُن فَيَكُونُ" (Coran 3/59). "إِذْ قَالَ رَبُّكَ لِلْمَلَائِكَةِ إِنِّي خَالِقٌ بَشَرًا مِن طِينٍ فَإِذَا سَوَّيْتُهُ وَنَفَخْتُ فِيهِ مِن رُّوحِي فَقَعُوا لَهُ سَاجِدِينَ" (Coran 38/71-72 ; voir aussi Coran 15/28-29).

--- 2.2) "Kha-la-qa" avec le sens (encore plus particulier) de "assembler la base de la chose", mais pas de "rendre la chose complète" :

"الَّذِي خَلَقَ فَسَوَّى" : "Celui qui a créé et a alors établi" (Coran 87/1-3). La "Taswiya" ici mentionnée ("établir") est en fait une partie de "Khalq" au sens général du terme ; cependant, ici "Khalq" a un sens particulier. Ibn ul-Qayyim écrit : "جعل التسوية من تمام الخلق" (Shifâ' ul-'alîl, p. 180).

Quant au verset suivant : "يَا أَيُّهَا الْإِنسَانُ مَا غَرَّكَ بِرَبِّكَ الْكَرِيمِ الَّذِي خَلَقَكَ فَسَوَّاكَ فَعَدَلَكَ فِي أَيِّ صُورَةٍ مَّا شَاء رَكَّبَكَ" (Coran 82/6-8), il met en exergue que toute créature est mussawwâ, mais que toute créature n'est pas mu'addal ; oui, l'homme est mu'addal, de même que certaines autres créatures ; mais d'autres ne le sont pas. Quant au verset "الَّذِي أَحْسَنَ كُلَّ شَيْءٍ خَلَقَهُ" (Coran, 32/7), il évoque la Perfection liée à la Sagesse de l'avoir créé, comme dans le verset : "صُنْعَ اللَّهِ الَّذِي أَتْقَنَ كُلَّ شَيْءٍ" (Coran 27/88) : "وهو سبحانه أحسن كل شئ خلقه، إذ كل موجود فلا بد فيه من وجه الحكمة التي خلقه الله لها، ومن ذلك الوجه يكون حسنا محبوبا" (Al-Istiqâma, p. 116 / 441).

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Dans le verset suivant, "khalaqa" est au sens 2.1 ("rendre complet") : "إِنَّ رَبَّكُمُ اللّهُ الَّذِي خَلَقَ السَّمَاوَاتِ وَالأَرْضَ فِي سِتَّةِ أَيَّامٍ ثُمَّ اسْتَوَى عَلَى الْعَرْشِ" : "Votre Pourvoyeur est Celui qui a créé les cieux et la Terre en 6 périodes puis S'est établi sur le Trône" (Coran 7/54).

Par contre, dans le verset suivant, "kha-la-qa" est au sens 2.2 ("assembler la base") : "قُلْ أَئِنَّكُمْ لَتَكْفُرُونَ بِالَّذِي خَلَقَ الْأَرْضَ فِي يَوْمَيْنِ وَتَجْعَلُونَ لَهُ أَندَادًا ذَلِكَ رَبُّ الْعَالَمِينَ وَجَعَلَ فِيهَا رَوَاسِيَ مِن فَوْقِهَا وَبَارَكَ فِيهَا وَقَدَّرَ فِيهَا أَقْوَاتَهَا فِي أَرْبَعَةِ أَيَّامٍ سَوَاء لِّلسَّائِلِينَ ثُمَّ اسْتَوَى إِلَى السَّمَاء وَهِيَ دُخَانٌ فَقَالَ لَهَا وَلِلْأَرْضِ اِئْتِيَا طَوْعًا أَوْ كَرْهًا قَالَتَا أَتَيْنَا طَائِعِينَ فَقَضَاهُنَّ سَبْعَ سَمَاوَاتٍ فِي يَوْمَيْنِ وَأَوْحَى فِي كُلِّ سَمَاء أَمْرَهَا وَزَيَّنَّا السَّمَاء الدُّنْيَا بِمَصَابِيحَ وَحِفْظًا ذَلِكَ تَقْدِيرُ الْعَزِيزِ الْعَلِيمِ" : "Dis : "Renierez-vous, et donnerez-vous des égaux à Celui qui a créé la Terre en 2 périodes, – Voilà le Seigneur de l'univers –, et a placé au-dessus d'elle des ancres, l'a bénie et lui a assigné ses ressources en 4 périodes, égales pour ceux qui interrogent" (Coran 41/9-12).

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On trouve aussi dans le Coran le terme "Ja-'a-la" et le terme "'A-mi-la" au sujet de la création de Dieu :
--- "وَجَعَلَ الظُّلُمَاتِ وَالنُّورَ" (Coran 6/1) ;
--- "أَوَلَمْ يَرَوْا أَنَّا خَلَقْنَا لَهُمْ مِمَّا عَمِلَتْ أَيْدِينَا أَنْعَامًا فَهُمْ لَهَا مَالِكُونَ" (Coran 36/71).

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B) Hidâya :

Il s'agit du code de fonctionnement que Dieu a conféré à chaque créature.

--- "قَالَ فَمَن رَّبُّكُمَا يَا مُوسَى؟ قَالَ رَبُّنَا الَّذِي أَعْطَى كُلَّ شَيْءٍ خَلْقَهُ ثُمَّ هَدَى" : Dieu nous relate que lorsque Pharaon demanda à Moïse : "Qui est donc votre Rabb à tous deux, Moïse ?", ce dernier lui répondit : "Notre Rabb est Celui qui a donné à chaque chose son être (concret) puis l'a guidé" (Coran 20/49-50) (Shifâ' ul-'alîl, p. 180) : cette guidance est le code de fonctionnement. Et chaque créature suit son code de fonctionnement.

--- Ce code de fonctionnement découle de la part que Dieu a assignée à chaque créature dans le Cosmos : "سَبِّحِ اسْمَ رَبِّكَ الأَعْلَى الَّذِي خَلَقَ فَسَوَّى وَالَّذِي قَدَّرَ فَهَدَى" (Coran 87/1-3). Ibn ul-Qayyim écrit : "فذكر سبحانه أربعة أمور عامة: الخلق والتسوية والتقدير والهداية. وجعل التسوية من تمام الخلق؛ والهداية من تمام التقدير" (Shifâ' ul-'alîl, p. 180). Taqdîr signifie : "accorder une part".

Cela concerne également l'homme, dont une partie du fonctionnement est totalement indépendante de sa volonté (le fonctionnement de ses cellules, etc.), tandis qu'une autre partie est selon son choix (ikhtiyâr).

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C) Amr :

Dans le verset 7/54, "أَلاَ لَهُ الْخَلْقُ وَالأَمْرُ", ce qui est évoqué sous le nom de "Amr" c'est le fait que Dieu fait se réaliser concrètement, à chaque instant, chaque événement et action.

La distinction renvoie en fait à :
---
Khalq ul-ashyâ' (Créer des choses concrètes ('ayn), Assembler) d'une part,
--- et
Tadbîr ul-ashyâ' (Gérer, Faire fonctionner) d'autre part.
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Et les 2 constituent le
Takwîn (Faire exister : les êtres ('ayn), ainsi quece qui se passe en eux / avec eux ('aradh)).

Dieu veut dire qu'Il n'a pas seulement fait exister le soleil et la lune et les étoiles, puis leur aurait assigné un code de fonctionnement, et que, depuis lors, ils vogueraient d'eux-même, de façon autonome !
Non, chaque chose qui existe, son maintien dans l'existence (baqâ') ainsi que son fonctionnement (jarayân) restent suspendus à la décision de Dieu.
Dieu prend des Décisions (Hukm-ullâh at-takwînî) lorsqu'il y a concurrence entre les implications de fonctionnement de telle créature et de telle autre : qui l'emportera cette fois ? C'est pour cela que "كُلَّ يَوْمٍ هُوَ فِي شَأْنٍ" (Coran 55/29).

Le commentaire que nous avons cité de Coran 7/54 correspond à celui que Ibn Hajar a ainsi relaté : "وقد قال بعض المفسرين: المراد بالأمر بعد الخلق تصريف الأمور" (FB 13/654) : ce commentaire affirme que dans le verset 7/54, "amr" veut dire : "décision" (cependant, dans le texte de ce commentaire même, "umûr" veut dire : "affaires").

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Nous avons déjà dit qu'une partie du fonctionnement de l'homme est totalement indépendante de sa volonté (le fonctionnement de ses cellules, etc.) : il y a aussi ses instincts naturels. Tout cela relève de la Hidâya (cité en B).

Plus encore, tout ce que l'homme fait est voulu par Dieu (donc relève aussi de la Tadbîr, C), mais de Sa Volonté Créatrice (et pas toujours de Sa Volonté Normative). Cependant, ce que l'homme fait de lui-même ne relève pas de la Hidâya (niveau B) ici évoquée.

En fait le terme "'abd" possède 2 dimensions :
--- une dimension générale : "العبد يراد به "المعبد" الذي عبده الله فذللـه ودبره وصرفه. وبهذا الاعتبار فالمخلوقون كلهم عباد الله، من الأبرار والفجار، والمؤمنين والكفار، وأهل الجنة وأهل النار، إذ هو ربهم كلهم ومليكهم لا يخرجون عن مشيئته وقدرته وكلماته التامات التي لا يجاوزهن بر ولا فاجر؛ فما شاء كان، وإن لم يشاءوا؛ وما شاءوا إن لم يشأه، لم يكن" (MF 10/154-155). "وأما العبد بمعنى "المعبد" سواء أقر بذلك أو أنكره: فتلك يشترك فيها المؤمن والكافر" (MF 10/157-158). Cela relève de la Hidâya (niveau B).
--- et une dimension spécifique : "النوع الثاني من معنى العبد، وهو العبد بمعنى "العابد"؛ فيكون عابدا لله لا يعبد إلا إياه، فيطيع أمره وأمر رسله، ويوالي أولياءه المؤمنين المتقين، ويعادي أعداءه؛ وهذه العبادة متعلقة بإلهيته" (MF 10/157). Oui, le serviteur qui choisit d'adhérer à cette dimension, adhère en fait à ce que Dieu agrée pour lui ; et il adhère à la Hidâya de Dieu, mais dans un autre sens de ce terme (c'est aussi le Amr de Dieu, mais dans un autre sens du terme : Tashrî').

Parlant de celui qui adhère seulement à la reconnaissance de sa dimension générale de 'abd, Ibn Taymiyya écrit : "فإن اعترف العبد أن الله ربه وخالقه، وأنه مفتقر إليه محتاج إليه، عرف العبودية المتعلقة بربوبية الله. وهذا العبد يسأل ربه فيتضرع إليه ويتوكل عليه؛ لكن قد يطيع أمره وقد يعصيه، وقد يعبده مع ذلك وقد يعبد الشيطان والأصنام. ومثل هذه العبودية لا تفرق بين أهل الجنة والنار ولا يصير بها الرجل مؤمنا. كما قال تعالى: {وما يؤمن أكثرهم بالله إلا وهم مشركون} فإن المشركين كانوا يقرون أن الله خالقهم ورازقهم وهم يعبدون غيره" (MF 10/156).
Puis : "وبالفرق بين هذين النوعين يعرف الفرق بين الحقائق الدينية الداخلة في عبادة الله ودينه وأمره الشرعي التي يحبها ويرضاها ويوالي أهلها ويكرمهم بجنته، وبين الحقائق الكونية التي يشترك فيها المؤمن والكافر والبر والفاجر، التي من اكتفى بها ولم يتبع الحقائق الدينية، كان من أتباع إبليس اللعين والكافرين برب العالمين؛ ومن اكتفى بها في بعض الأمور دون بعض أو في مقام أو حال، نقص من إيمانه وولايته لله بحسب ما نقص من الحقائق الدينية. وهذا مقام عظيم فيه غلط الغالطون" (MF 10/158).

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Quelques mots supplémentaires :

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Si le Coran dit souvent que Seul Dieu crée ("khalq") toute chose, comment expliquer que par ailleurs le Coran emploie ces mêmes termes "khalq" et "'amal" au sujet d'autres que Dieu ? "أَنِّي أَخْلُقُ لَكُم مِّنَ الطِّينِ كَهَيْئَةِ الطَّيْرِ فَأَنفُخُ فِيهِ فَيَكُونُ طَيْرًا بِإِذْنِ اللّهِ" (Coran 3/93) ; "يَعْمَلُونَ لَهُ مَا يَشَاء مِن مَّحَارِيبَ وَتَمَاثِيلَ وَجِفَانٍ كَالْجَوَابِ وَقُدُورٍ رَّاسِيَاتٍ" (Coran 34/13) :

La réponse est que les deux ne sont pas du même niveau :
--- I) il y a le niveau réservé à Dieu : il s'agit de la capacité de faire apparaître du néant ; ou de faire apparaître quelque chose à partir d'éléments existants mais par sa seule volonté ; ou de faire apparaître quelque chose qui est tellement grand que cela est impossible à faire apparaître si on ne dispose pas d'un pouvoir véritablement divin ; nul ne possède cette capacité en dehors de Dieu ;
--- II) et puis il y a le niveau reconnu par le Coran à des créatures de Dieu.

Il existe ainsi (et en toute chose) :
--- ce qui relève des pouvoirs dont ne dispose que Dieu (I),
--- et ce qui relève des pouvoirs dont dispose réellement autre que Dieu (II)...

Shâh Waliyyullâh écrit :
"المعترف بانصرام سلسلة الإمكان إلى واجب لا يحتاج إلى غيره، يضطر إلى جعل هذه الصفات التي يتمادحون بها على درجتين: ـ درجة لما هنالك؛ ـ ودرجة لما يشبهه بنفسه"
(Hujjat ullâh il-bâligha, 1/181).
"حقيقة الشرك أن يعتقد إنسان في بعض المعظمين من الناس أن الآثار العجيبة الصادرة منه إنما صدرت لكونه متصفا بصفة من صفات الكمال مما لم يعهد في جنس الإنسان، بل يختص بالواجب جل مجده، لا يوجد في غيره إلا أن يخلع هو خلعة الألوهية على غيره، أو يفني غيره في ذاته ويبقى بذاته، أو نحو ذلك مما يظنه هذا المعتقد من أنواع الخرافات" (Ibid., 1/183-184).

C'est attribuer le niveau I à autre que Dieu qui constitue du Shirk Akbar.

Du coup, les Polythéistes qui attribuent à autre que Dieu la faculté de créer, le leur attribuent au niveau A, réservé à Dieu, et pas au niveau II, niveau où les créatures elles-mêmes le font (niveau reconnu dans les 2 versets suscités du Coran).

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Quant aux hadîths suivants, où un sévère reproche est adressé aux hommes qui, faisant des images, "créent" eux aussi et imitent ainsi Dieu :
--- "عن أبي زرعة، سمع أبا هريرة رضي الله عنه، قال: سمعت النبي صلى الله عليه وسلم يقول: " قال الله عز وجل: ومن أظلم ممن ذهب يخلق كخلقي، فليخلقوا ذرة أو ليخلقوا حبة أو شعيرة" (al-Bukhârî, 7120) ;
--- "قال القاسم: سمعت عائشة رضي الله عنها: قدم رسول الله صلى الله عليه وسلم من سفر، وقد سترت بقرام لي على سهوة لي فيها تماثيل، فلما رآه رسول الله صلى الله عليه وسلم هتكه وقال: "أشد الناس عذابا يوم القيامة الذين يضاهون بخلق الله." قالت: فجعلناه وسادة أو وسادتين" (al-Bukhârî, 5610, Muslim, 2107) ;
----- "عن سعيد بن أبي الحسن، قال: كنت عند ابن عباس رضي الله عنهما، إذ أتاه رجل فقال: يا أبا عباس، إني إنسان إنما معيشتي من صنعة يدي، وإني أصنع هذه التصاوير، فقال ابن عباس: لا أحدثك إلا ما سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلم يقول: سمعته يقول: "من صور صورة، فإن الله معذبه حتى ينفخ فيها الروح، وليس بنافخ فيها أبدًا." فربا الرجل ربوة شديدة، واصفر وجهه، فقال: ويحك، إن أبيت إلا أن تصنع، فعليك بهذا الشجر، كل شيء ليس فيه روح" (al-Bukhârî, 2112) ; ici ce sont les humains et les animaux, mais pas les végétaux, qui sont qualifiés par Ibn Abbâs de : "possesseurs de rûh" ;
----- "عن عبد الله بن عمر رضي الله عنهما أن رسول الله صلى الله عليه وسلم قال: "إن الذين يصنعون هذه الصور يعذبون يوم القيامة، يقال لهم: أحيوا ما خلقتم" (al-Bukhârî, 5607, Muslim, 2108)...
ces hadîths parlent :
----- i) d'une part de celui qui a en son for intérieur l'intention véritable de "faire comme Dieu" (cela constitue alors du kufr akbar) ("وخص بعضهم الوعيد الشديد بمن صور قاصدا أن يضاهي، فإنه يصير بذلك القصد كافرا؛ وسيأتي في باب ما وطيء من التصاوير بلفظ: "أشد الناس عذابا الذين يضاهون بخلق الله تعالى". وأما من عداه فيحرم عليه ويأثم لكن إثمه دون إثم المضاهي. قلت: وأشد منه من يصور ما يعبد من دون الله كما تقدم" (FB 10/ 471-472).) ;
----- ii) et d'autre part, à une échelle moindre, de celui qui façonne ce que Dieu lui a interdit de façonner : les représentations d'êtres animés (dhawâtu arwâh) ; Dieu a voulu (tashrî'an) que nul autre que Lui ne fasse ainsi.

Dans ces 2 cas, cependant, l'action de ces hommes, aussi interdite soit-elle tashrî'an, relève du niveau II suscité : takwînan, les hommes ont la capacité de faire ainsi.
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D'ailleurs même ce que les hommes façonnent ainsi de leurs mains (niveau II) sont des créatures de Dieu (au niveau I), et pas des créatures d'hommes. Dieu relate que le prophète Abraham (sur lui soit la paix) a dit à son peuple : "قَالَ أَتَعْبُدُونَ مَا تَنْحِتُونَ وَاللَّهُ خَلَقَكُمْ وَمَا تَعْمَلُونَ" :
"Adorez-vous ce que vous sculptez ? Alors que Dieu vous a créés ainsi que ce que vous faites" (Coran 37/95-96). Ce prophète voulait parler du produit fini, c'est-à-dire du résultat concret de l'action de ces hommes sur la matière première, c'est-à-dire des statues elles-mêmes. : il voulait leur dire que leurs êtres eux-mêmes (les adorateurs), ainsi que les statues qu'ils ont façonnées et devant lesquelles ils se courbent, tous sont créés par Dieu.
Lire notre article : Les actions de l'homme, est-ce Dieu, ou bien l'homme, qui les crée ?.

Différent est ce que certains Polythéistes attribuent comme faculté à des êtres autres que Dieu, comme nous allons le voir ci-après...

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Parmi l'ensemble des Polythéistes, certains croient que Dieu n'est pas le Seul à créer (الخَلق), c'est-à-dire à faire exister des êtres :

"مَا اتَّخَذَ اللَّهُ مِن وَلَدٍ وَمَا كَانَ مَعَهُ مِنْ إِلَهٍ إِذًا لَّذَهَبَ كُلُّ إِلَهٍ بِمَا خَلَقَ وَلَعَلَا بَعْضُهُمْ عَلَى بَعْضٍ سُبْحَانَ اللَّهِ عَمَّا يَصِفُونَ" : "Dieu n'a pas pris d'enfant, et il n'y a pas (non plus) avec Lui d'autre dieu ; sinon chaque dieu s'en irait avec ce qu'il a créé, et l'un dominerait l'autre. Pureté à Dieu par rapport à ce de quoi ils Le qualifient" (Coran 23/91). Le "ilâh" autre que Dieu dont l'existence est ici niée est un "ilâh-rabb" (puisqu'Allah Ta'âlâ a parlé du fait qu'un tel "ilâh" aurait eu des créatures) (même si, bien sûr, par ailleurs, il n'y a pas non plus avec Dieu de "ilâh-ghayru-rabb").

Ibn Jarîr at-Tabarî écrit : "إِذًا لَذَهَبَ) يقول: إذن لاعتزل كل إله منهم (بِمَا خَلَقَ) من شيء، فانفرد به، ولتغالبوا، فلعلا بعضهم على بعض، وغلب القويّ منهم الضعيف؛ لأن القويّ لا يرضى أن يعلوه ضعيف، والضعيف لا يصلح أن يكون إلها. فسبحان الله ما أبلغها من حجة وأوجزها، لمن عقل وتدبر" (Tafsîr ut-Tabarî).

Al-Qâssimî écrit quant à lui : "ما اتخذ الله من ولد وما كان معه من إله، إذا لذهب كل إله بما خلق، ولعلا بعضهم على بعض لأنه يجب أن يتخالفا بالذات، وإلا لما تصور العدد؛ والمتخالفان بالذات يجب أن يتخالفا في الأفعال، فيذهب كل بما خلقه، ويستبد به، ويظهر بينهم التحارب والتغالب، فيفسد نظام الكون، كما تقدم بيانه في آية {لو كان فيهما آلهة إلا الله لفسدتا" (Mahâssin ut-ta'wîl).

Lire notre article :
--- Non, la totalité des Mushrikûn n'adhèrent pas à toute la "Aslu Tahwîd illâh fi-ir-Rubûbiyya".

Ces Polythéistes-là attribuent donc à d'autres que Dieu la capacité de :
----- faire naître quelque chose du néant ;
----- ou de faire apparaître ce quelque chose à partir d'éléments existants (et pour leur part créés par Dieu), mais par leur simple volonté ;
----- ou de faire apparaître quelque chose alors que Dieu ne le veut pas takwînan.

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Parmi les Polythéistes, certains autres croient que Dieu est Seul Créateur des choses concrètes, mais n'est pas le Seul à gérer l'univers et ce qui s'y passe (التدبير) :

Cela constitue lui aussi du Shirk Akbar billâh.

En fait, quand un homme adresse une invocation (du'â) à un être autre que Dieu, il se trouve dans l'un des 5 niveaux suivants :

--- niveau 1) soit cet homme croit que ces êtres autres que Dieu réalisent (takwîn) eux-mêmes ce qu'il leur demande de faire, et Dieu le Créateur n'a même pas connaissance de ce que ces êtres font se réaliser ;

--- niveau 2) soit cet homme croit que ces êtres réalisent (takwîn) eux-mêmes ce qu'il leur demande de faire, et Dieu en a connaissance mais n'a pas capacité à empêcher ces êtres de réaliser ce qu'ils réalisent, car ceux-ci sont totalement indépendants de Lui ;

--- niveau 3) soit cet homme croit que ces êtres réalisent (takwîn) eux-mêmes ce qu'il leur demande de faire, et Dieu a capacité à empêcher ces êtres de réaliser ce qu'ils réalisent, mais Il ne les en empêche pas, parfois à contrecœur, afin de ménager ces êtres qui sont puissants ou qu'Il aime énormément ; ou bien Il ne les en empêche pas parce qu'Il leur a confié le pouvoir d'administrer de eux-mêmes ces affaires (par exemple accorder la santé pour telle maladie) ;

--- niveau 4) soit cet homme croit que ces êtres ne réalisent rien, et ne font qu'intercéder, c'est-à-dire transmettre à Dieu les demandes qu'il leur adresse, et que c'est Dieu qui réalise ce que ces êtres Lui demandent de réaliser. Cet homme croit, cependant, que Dieu réalise systématiquement ce que ces êtres Lui demandent de réaliser, parfois à contrecœur, afin de ménager ces êtres qui sont puissants ;

--- niveau 5) soit cet homme croit que ces êtres ne réalisent rien, et ne font qu'intercéder, c'est-à-dire transmettre à Dieu les demandes qu'il leur adresse, et que c'est Dieu qui réalise ce que ces êtres Lui demandent de réaliser. Cet homme croit, cependant, que Dieu réalise systématiquement ce que ces êtres Lui demandent de réaliser, parce qu'Il aime énormément ces êtres. Les Chrétiens qui demandent à Marie et d'autres personnages (qu'ils estiment pieux) d'intercéder pour eux auprès de Dieu sont à ce 5ème niveau.

Ce sont les 3 premiers niveaux qui constituent la croyance en l'autonomie d'un autre que Dieu dans le Takwîn, donc du Shirk Akbar billâh fi-r-Rubûbiyya (et, dès lors, du Shirk Akbar billâh fi-l-Ulûhiyya aussi).

Quant aux 4ème et 5ème niveaux, ils constituent bien sûr du Shirk Akbar billâh fi-l-ulûhiyya, mais sans être aussi fi-r-rubûbiyya. (Le 5ème niveau constitue du Shirk Akbar billâh fi-l-ulûhiyya parce que la personne croit que ces êtres entendent tout là où ils sont ; il y a également Ta'tîl Akbar dans le fait de croire que Dieu fait systématiquement ce que quelqu'un lui demande, comme si c'était Lui qui est sousmis - fût-ce par amour - à autrui.)

Quant à l'intercession des prophètes et des pieux auprès de Dieu en faveur d'autres humains, elle sera réelle, mais la différence avec les niveaux 4 et 5 est que :
--- a) cette permission que Dieu accorde à certaines créatures d'intercéder auprès de Lui en faveur d'autres créatures, Dieu la leur accorde parce qu'Il aime qu'on Le supplie, et parce qu'Il veut honorer ces êtres qui sont pieux (et ce par pure faveur de Sa part), et non pas à contrecœur parce qu'Il doit ménager ces êtres (comme le croient des Polythéistes) ;
--- b) ceci entraîne que l'intercession d'un prophète ne pourra avoir lieu qu'après que Dieu lui ait accordé la permission de le faire ("مَا مِن شَفِيعٍ إِلاَّ مِن بَعْدِ إِذْنِهِ" : Coran 10/3). Or Dieu n'accordera cette permission qu'à ceux qu'Il agrée complètement ("يَوْمَئِذٍ لَّا تَنفَعُ الشَّفَاعَةُ إِلَّا مَنْ أَذِنَ لَهُ الرَّحْمَنُ وَرَضِيَ لَهُ قَوْلًا" : Coran 20/109) ;
--- c) par ailleurs, certes, l'intercession du prophète Muhammad (sur lui soit la paix) pour que Dieu commence le Jugement bénéficiera à tous les humains. Par contre, les intercessions du prophète Muhammad (comme des autres prophètes, des anges et des croyants parfaits) pour que Dieu pardonne complètement des péchés ou fasse sortir de la Géhenne d'autres humains, Dieu n'accordera la permission de les faire auprès de Lui qu'en faveur de ceux qu'Il agrée déjà globalement ("وَلَا يَشْفَعُونَ إِلَّا لِمَنِ ارْتَضَى" : Coran 21/29. "فَمَا تَنفَعُهُمْ شَفَاعَةُ الشَّافِعِينَ" : Coran 74/48). Et encore, c'est Lui qui déterminera le degré de foi en faveur duquel Il accepte l'intercession venant d'être faite (comme cela est dit dans la Sunna) ;
--- d) même dans le cas où Dieu a donné au pieux l'autorisation d'intercéder auprès de Lui en faveur d'un groupe de gens précis, parfois Dieu accepte l'intercession de ce pieux, et parfois Il ne l'accepte pas : cela reste suspendu à Sa décision (et non pas qu'Il l'accepte systématiquement, comme le croient les Polythéistes du niveau 5).

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Ensuite il existe d'autres Polythéistes qui adhèrent à Aslu Tawhîd illâh fi-r-rubûbiyya mais font quand même du Shirk akbar billâh dans Sa Ulûhiyya :

Lire à leur sujet notre article :
--- Le "توحيد الله بالعبادة" / "توحيد الله في الألوهية" englobe et dépasse "توحيد الله في الربوبية".

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Rien ne se passe (pas un être ne vient à l'existence, mais pas non plus une action ne se déroule) sans que Dieu ne l'ait voulu et décidé :

Rien ne peut se produire sans avoir été créé par Dieu (Khalq). Rien ne peut non plus se produire en étant indépendant par rapport à Dieu, c'est-à-dire sans que Dieu l'ait voulu (Irâda Takwîniyya). Cela est évident, car sinon il y aurait Dieu d'une part, et d'autres divinités d'autre part (puisque disposant du Istqilâl Takwînî) ; ou bien il y aurait Dieu d'une part, mais Il aurait une faiblesse car certaines choses se produiraient hors de Son contrôle.
C'est pourquoi la croyance en la prédétermination (taqdîr) relève du monothéisme, tawhîd ullâh : la parole suivante est attribuée à Ibn Abbâs : "القدر نظام التوحيد، فمن وحد الله وكذب بالقدر نقض تكذيبه توحيده" (Shar'h ul-'aqîda at-tahâwiyya, 1/320-324 ; 2/358).
Et c'est pourquoi les Qadarites ont un manquement dans le tawhid ullâh : "القدرية مجوس هذه الأمة" : "Les Qadarites sont les Mazdéens de cette Umma (Muslima)" (Abû Dâoûd, 4691, hassan d'après al-Albânî).

Pour plus de détails, lire nos articles :
--- Ce que Dieu fait se réaliser dans l'Univers et sur la Terre (at-Takwîn) est une chose - Ce qu'Il demande à l'homme de faire ou de ne pas faire (at-Tashrî') est autre chose - Il ne faut pas confondre les 2, car ils ne sont pas du même ordre ;
--- Si tout est déjà prédéterminé, faut-il ne rien entreprendre ? - L'invocation (du'â) peut-elle modifier ce qui est prédéterminé (هل يرد الدعاء القضاء حقًا؟) ?.

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

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