"أَلاَ لَهُ الْخَلْقُ وَالأَمْرُ" (Coran 7/54). Ou : "A Lui appartiennent le fait d'amener les choses à l'existence (الخَلْق), et le fait de les gérer (التَدْبِيْر) par Ses Décisions"

Présentation) "أَلاَ لَهُ الْخَلْقُ وَالأَمْرُ" : "A Lui appartiennent le Khalq et le Amr" (Coran 7/54) :

Le verset est très connu : "إِنَّ رَبَّكُمُ اللّهُ الَّذِي خَلَقَ السَّمَاوَاتِ وَالأَرْضَ فِي سِتَّةِ أَيَّامٍ ثُمَّ اسْتَوَى عَلَى الْعَرْشِ يُغْشِي اللَّيْلَ النَّهَارَ يَطْلُبُهُ حَثِيثًا. وَالشَّمْسُ وَالْقَمَرُ وَالنُّجُومُ مُسَخَّرَاتٌ بِأَمْرِهِ. أَلاَ لَهُ الْخَلْقُ وَالأَمْرُ تَبَارَكَ اللّهُ رَبُّ الْعَالَمِينَ" : "A Lui appartiennent le Khalq et le Amr" (Coran 7/54 ; selon la qirâ'ah de Ibn Âmir - qui récite de même dans le verset "وَسَخَّرَ لَكُمُ اللَّيْلَ وَالنَّهَارَ. وَالشَّمْسُ وَالْقَمَرُ وَالنُّجُومُ مُسَخَّرَاتٌ بِأَمْرِهِ" : Coran 16/12).

Deux choses ont été mentionnées ici :
Khalq ;
Amr.

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Dans ce verset 7/54 présentant une distinction entre Khalq et Amr :
--- si on retient le commentaire selon lequel Khalq est ici au sens figuré (signifiant alors : "Makhlûq", pour : "l'ensemble des choses créées"),
--- alors Amr signifie : "Décision d'exister", ce qui englobe mais est plus général que l'Ordre Verbal de Dieu d'exister : "Kun !" ("وقال البخاري في كتاب خلق أفعال العباد: "خلق الله الخلق بأمره لقوله تعالى {لله الأمر من قبل ومن بعد} ولقوله {إنما قولنا لشيء إذا أردناه أن نقول له كن فيكون} ولقوله {ومن آياته أن تقوم السماوات والأرض بأمره}". قال: "وتواترت الأخبار عن رسول الله صلى الله عليه وسلم أن القرآن كلام الله وأن أمر الله قبل مخلوقاته" : FB 13/653).
Cette phrase de ce verset 7/54 contient alors une preuve supplémentaire que les Faits de Dieu (Af'âl ullâh) de façon générale, et ici la Décision de Dieu (Hukm ullâh at-takwînî) de façon particulière, ce qui inclut la Parole de Dieu (Kalâm ullâh), est Ghayr Makhlûq, puisque "Khalq" – signifiant "Makhlûq ullâh" – a été distingué de "Amr" – signifiant : "Hukm ullâh", et donc aussi : "Kalâm ullâh".
Al-Bukhârî relate de Sufyân ibn 'Uyayna : "قال ابن عيينة: "بين الله الخلق من الأمر، لقوله تعالى: {ألا له الخلق والأمر" (Sahîh ul-Bukhârî, Kitâb ut-Tawhîd). Ibn Hajar écrit en commentaire : "قال ابن عيينة: "بين الله الخلق من الأمر بقوله تعالى {الا له الخلق والأمر}". وهذا الأثر وصله بن أبي حاتم في كتاب الرد على الجهمية من طريق بشار بن موسى قال: "كنا عند سفيان بن عيينة فقال: "{الا له الخلق والأمرفالخلق هو المخلوقات، والأمر هو الكلام." ومن طريق حماد بن نعيم: "سمعت سفيان بن عيينة وسئل عن القرآن: "أمخلوق هو؟" فقال: "يقول الله تعالى: {ألا له الخلق والأمر}؛ ألا ترى كيف فرق بين الخلق والأمر؟ فالأمر كلامه؛ فلو كان كلامه مخلوقا لم يفرق" (FB 13/653).

Le verset signifie alors :
"A Dieu Seul appartiennent les Créatures. Et à Lui Seul appartient la faculté de les faire exister par Ses Décisions".

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Cependant, ce n'est pas ce commentaire que nous retiendrons ici, mais le suivant :
--- si on retient que Khalq est ici au sens propre, signifiant donc : "faire exister",
--- alors Amr signifie ici : "Décision", comme c'est son sens dans "وَشَاوِرْهُمْ فِي الأَمْرِ" (Coran 3/159).
Bien que le Khalq lui-même se fait parfois par le Amr (Ordre Verbal) de Dieu d'exister (Kun !) ("قوله "وهو فعل الرب وأمره": المراد بالـ"أمر" هنا: قوله "كن". والأمر يطلق بإزاء معان: منها صيغة افعل؛ ومنها الصفة والشأن؛ والأول المراد هنا (...) وقوله: "وكلامه" بعد قوله "وأمره": من عطف الخاص على العام، لأن المراد بالأمر هنا قوله "كن" وهو من جملة كلامه" : FB 13/536), ici Amr désigne autre chose que la faculté de faire exister : il désigne la faculté de gérer les êtres qui sont déjà créés.
Cela correspond à ce que Ibn Hajar a ainsi relaté : "وقد قال بعض المفسرين: المراد بالأمر بعد الخلق تصريف الأمور" (FB 13/654) (dans ce verset 7/54, "Amr" veut dire : "Décision", alors que, dans le texte de ce commentaire, "Umûr" veut dire : "affaires").

Le verset veut alors dire :
"A Dieu Seul appartient la faculté de Créer. Et à Lui Seul appartient la faculté de Gérer le fonctionnement de toute chose.
L'existence et la nature de chaque chose est donc l'effet de l'Attribut de
Khalq de Dieu. Et ce qui arrive à chaque chose est l'effet de l'Attribut de Amr, Décision, de Dieu"
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Le verset se traduit ainsi : "Votre Pourvoyeur est Celui qui a créé les cieux et la Terre en 6 périodes, puis S'est Etabli sur le Trône ; Il fait recouvrir la journée par la nuit, qui la poursuit inlassablement. Le soleil, la lune et les étoiles sont assujetties à Sa Décision. Ecoutez : A lui appartiennent la (faculté de) Créer et la (faculté de) Décider" (Coran 7/54 ; traduction faite selon la qirâ'ah de Ibn Âmir).

Taskhîr signifie : assujettir "التسخير: سياقة إلى الغرض المختص قهرا" (Al-Muf'radât).
Tashkîr bi : assujettir à ("فالمسخر هو المقيض للفعل، والسخري: هو الذي يقهر فيتسخر بإرادته" : Ibid.).
Taskhîr li : assujettir au bénéfice de ("وَسَخَّرَ لَكُمُ الأَنْهَارَ" : Coran 14/32).

Le soleil, la lune et les étoiles sont déjà créés.
Cependant, leur maintien dans l'existence, de même que leur course dans l'espace, restent assujetties aux Décisions de Dieu : ces astres ne sont pas – ayant été créés devenus indépendants ni autonomes par rapport à Dieu
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Explications...

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I) Le sens du terme "Khalq" est : "créer". Voici plusieurs de ses étendues :

1) Au sens très général du terme, "kha-la-qa" signifie : "aw-ja-da", ou "kaw-wa-na" : "rendre existant".

Ce terme s'emploie aussi bien pour "créer à partir du néant" que pour "rendre existant (en le composant) à partir de quelque chose" : "ويستعمل في إبداع الشيء من غير أصل ولا احتذاء (...)، ويستعمل في إيجاد الشيء من الشيء" (Al-Muf'radât).

A part Ses Attributs, Ses Actes (Af'âl) et Sa Parole, tout est autre que Dieu. Tout est donc créé par Dieu : aussi bien les êtres concrets (a'yân), que ce qui se passe en eux / avec eux (a'râdh)).

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2) Parfois ce terme "kha-la-qa" s'emploie, de façon un peu plus restreinte, pour désigner seulement, le fait de faire exister les êtres concrets (a'yân) (mais pas ce qui se passe en eux / avec eux (a'râdh)).

----- 2.1) Parfois, il désigne seulement le fait d'assembler les constituants de la chose, et de rendre cette chose complète et vivante :
"وَاللّهُ خَلَقَكُمْ ثُمَّ يَتَوَفَّاكُمْ" (Coran 16/70) ;
"وَلَقَدْ خَلَقْنَا الْإِنسَانَ وَنَعْلَمُ مَا تُوَسْوِسُ بِهِ نَفْسُهُ وَنَحْنُ أَقْرَبُ إِلَيْهِ مِنْ حَبْلِ الْوَرِيدِ" (Coran 50/16).

----- 2.2) Parfois il a le sens (plus particulier encore) de "former complètement la chose", mais pas également de "rendre cette chose vivante" :

"إِنَّ مَثَلَ عِيسَى عِندَ اللّهِ كَمَثَلِ آدَمَ خَلَقَهُ مِن تُرَابٍ ثِمَّ قَالَ لَهُ كُن فَيَكُونُ" (Coran 3/59). Ces deux verbes désignent alors la même chose que ce que désignent ces deux autres verbes : "إِذْ قَالَ رَبُّكَ لِلْمَلَائِكَةِ إِنِّي خَالِقٌ بَشَرًا مِن طِينٍ فَإِذَا سَوَّيْتُهُ وَنَفَخْتُ فِيهِ مِن رُّوحِي فَقَعُوا لَهُ سَاجِدِينَ" (Coran 38/71-72 ; voir aussi Coran 15/28-29).

----- 2.3) D'autres fois avec le sens (encore plus particulier) de "assembler la base de la chose", mais pas également de "rendre cette chose complète" :

"الَّذِي خَلَقَ فَـسَوَّى" : "Celui qui a créé et a alors établi" (Coran 87/1-3). La "Taswiya" ici mentionnée ("établir") est en fait une partie de "Khalq" au sens général du terme ; cependant, ici "Khalq" a un sens particulier. Ibn ul-Qayyim écrit : "جعل التسوية من تمام الخلق" (Shifâ' ul-'alîl, p. 180).

Quant au verset suivant : "يَا أَيُّهَا الْإِنسَانُ مَا غَرَّكَ بِرَبِّكَ الْكَرِيمِ الَّذِي خَلَقَكَ فَـسَوَّاكَ فَـعَدَلَكَ فِي أَيِّ صُورَةٍ مَّا شَاء رَكَّبَكَ" (Coran 82/6-8), il met en exergue que toute créature est mussawwâ, mais que toute créature n'est pas mu'addal ; l'homme est mu'addal, de même que certaines autres créatures ; mais d'autres ne le sont pas. Certes, il y a le verset "الَّذِي أَحْسَنَ كُلَّ شَيْءٍ خَلَقَهُ" (Coran, 32/7), cependant, cela évoque la Perfection liée à la Sagesse de l'avoir créé, comme dans le verset : "صُنْعَ اللَّهِ الَّذِي أَتْقَنَ كُلَّ شَيْءٍ" (Coran 27/88) : "وهو سبحانه أحسن كل شئ خلقه، إذ كل موجود فلا بد فيه من وجه الحكمة التي خلقه الله لها، ومن ذلك الوجه يكون حسنا محبوبا" (Al-Istiqâma, p. 116 / 441).

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Dans le verset suivant, "khalaqa" est au sens 2.2 ("rendre complet") : "إِنَّ رَبَّكُمُ اللّهُ الَّذِي خَلَقَ السَّمَاوَاتِ وَالأَرْضَ فِي سِتَّةِ أَيَّامٍ ثُمَّ اسْتَوَى عَلَى الْعَرْشِ" : "Votre Pourvoyeur est Celui qui a créé les cieux et la Terre en 6 périodes puis S'est établi sur le Trône" (Coran 7/54).

Par contre, dans le verset suivant, "kha-la-qa" est au sens 2.3 ("assembler la base") : "قُلْ أَئِنَّكُمْ لَتَكْفُرُونَ بِالَّذِي خَلَقَ الْأَرْضَ فِي يَوْمَيْنِ وَتَجْعَلُونَ لَهُ أَندَادًا ذَلِكَ رَبُّ الْعَالَمِينَ وَجَعَلَ فِيهَا رَوَاسِيَ مِن فَوْقِهَا وَبَارَكَ فِيهَا وَقَدَّرَ فِيهَا أَقْوَاتَهَا فِي أَرْبَعَةِ أَيَّامٍ سَوَاء لِّلسَّائِلِينَ ثُمَّ اسْتَوَى إِلَى السَّمَاء وَهِيَ دُخَانٌ فَقَالَ لَهَا وَلِلْأَرْضِ اِئْتِيَا طَوْعًا أَوْ كَرْهًا قَالَتَا أَتَيْنَا طَائِعِينَ فَقَضَاهُنَّ سَبْعَ سَمَاوَاتٍ فِي يَوْمَيْنِ وَأَوْحَى فِي كُلِّ سَمَاء أَمْرَهَا وَزَيَّنَّا السَّمَاء الدُّنْيَا بِمَصَابِيحَ وَحِفْظًا ذَلِكَ تَقْدِيرُ الْعَزِيزِ الْعَلِيمِ" : "Dis : "Renierez-vous, et donnerez-vous des égaux à Celui qui a créé la Terre en 2 périodes, – Voilà le Seigneur de l'univers –, et a placé au-dessus d'elle des ancres, l'a bénie et lui a assigné ses ressources en 4 périodes, égales pour ceux qui interrogent" (Coran 41/9-12).

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II) Et voici différentes significations du terme Amr dans le Coran :

"Amr" est un terme arabe qui a plusieurs sens : "وقال غيره: لفظ الأمر يرد لمعان: منها الطلب؛ ومنها الحكم؛ ومنها الحال والشأن؛ ومنها المأمور كقوله تعالى {فما أغنت عنهم آلهتهم التي يدعون من دون الله من شيء لما جاء أمر ربك} أي مأموره وهو إهلاكهم، واستعمال المأمور بلفظ الأمر كاستعمال المخلوق بمعنى الخلق" (FB 13/653). "والأمر يطلق بإزاء معان: منها صيغة افعل؛ ومنها الصفة والشأن" : FB 13/536).

– Avec le sens de Sha'n, Affaire, Situation : "إِنَّمَا أَمْرُهُ إِذَا أَرَادَ شَيْئًا أَنْ يَقُولَ لَهُ كُنْ فَيَكُونُ" (Coran 36/82) ; "وَمَا أَمْرُ السَّاعَةِ إِلاَّ كَلَمْحِ الْبَصَرِ أَوْ هُوَ أَقْرَبُ إِنَّ اللّهَ عَلَى كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ" (Coran 16/77) ; "إِنَّ رَبَّكُمُ اللّهُ الَّذِي خَلَقَ السَّمَاوَاتِ وَالأَرْضَ فِي سِتَّةِ أَيَّامٍ ثُمَّ اسْتَوَى عَلَى الْعَرْشِ يُدَبِّرُ الأَمْرَ مَا مِن شَفِيعٍ إِلاَّ مِن بَعْدِ إِذْنِهِ ذَلِكُمُ اللّهُ رَبُّكُمْ فَاعْبُدُوهُ أَفَلاَ تَذَكَّرُونَ" (Coran 10/3) ("أي: يدبر أمر الخلائق" : Tafsîr Ibn Kathîr ; "والأمر اسم لجنس الأمور" : Tafsîr ul-Qurtubî) ;

– Avec le sens de Shay', Chose : "وَإِذَا قَضَى أَمْراً فَإِنَّمَا يَقُولُ لَهُ كُن فَيَكُونُ" (Coran 2/117) : "إِنَّمَا قَوْلُنَا لِشَيْءٍ إِذَا أَرَدْنَاهُ أَن نَّقُولَ لَهُ كُن فَيَكُونُ" (Coran 16/40) ; "قَالَ بَلْ سَوَّلَتْ لَكُمْ أَنفُسُكُمْ أَمْرًا فَصَبْرٌ جَمِيلٌ وَاللّهُ الْمُسْتَعَانُ عَلَى مَا تَصِفُونَ" (Coran 12/18) ;

– Avec le sens de Hukm, Décision : "قَالَ بِئْسَمَا خَلَفْتُمُونِي مِن بَعْدِيَ أَعَجِلْتُمْ أَمْرَ رَبِّكُمْ" (Coran 7/150) ; "قَالُواْ أَتَعْجَبِينَ مِنْ أَمْرِ اللّهِ" (Coran 11/73 : "ma'mûr") ; "فَمَا أَغْنَتْ عَنْهُمْ آلِهَتُهُمُ الَّتِي يَدْعُونَ مِن دُونِ اللّهِ مِن شَيْءٍ لِّمَّا جَاء أَمْرُ رَبِّكَ" (Coran 11/101 : "ma'mûr" : ce ma'mûr qui "vient" est makhlûq) ; "إِنَّ رَبَّكُمُ اللّهُ الَّذِي خَلَقَ السَّمَاوَاتِ وَالأَرْضَ فِي سِتَّةِ أَيَّامٍ ثُمَّ اسْتَوَى عَلَى الْعَرْشِ يُغْشِي اللَّيْلَ النَّهَارَ يَطْلُبُهُ حَثِيثًا وَالشَّمْسَ وَالْقَمَرَ وَالنُّجُومَ مُسَخَّرَاتٍ بِأَمْرِهِ أَلاَ لَهُ الْخَلْقُ وَالأَمْرُ تَبَارَكَ اللّهُ رَبُّ الْعَالَمِينَ" (Coran 7/54) ;

– Avec le sens de Talab, Impératif chargeant de réaliser quelque chose (ce qui est une Décision d'un type particulier, car toute Décision n'entraîne pas forcément un Talab) : "إِلَّا إِبْلِيسَ كَانَ مِنَ الْجِنِّ فَفَسَقَ عَنْ أَمْرِ رَبِّهِ" (Coran 18/50 - "قَالَ مَا مَنَعَكَ أَلاَّ تَسْجُدَ إِذْ أَمَرْتُكَ" : Coran 7/12) ; "وَكَأَيِّن مِّن قَرْيَةٍ عَتَتْ عَنْ أَمْرِ رَبِّهَا وَرُسُلِهِ فَحَاسَبْنَاهَا حِسَابًا شَدِيدًا وَعَذَّبْنَاهَا عَذَابًا نُّكْرًا" (Coran 65/8).

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III) Dans le verset "أَلاَ لَهُ الْخَلْقُ وَالأَمْرُ" (Coran 7/54), la distinction entre Khalq et Amr renvoie à :

--- Khalq ul-ashyâ' (Créer des choses concrètes ('ayn), Assembler) d'une part,
--- et
Tadbîr ul-ashyâ' (Gérer les actions et les interactions de ces choses) d'autre part.

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En fait ce Tadbîr relève lui aussi du Khalq ullâh, mais en le sens très général 1 :

En effet, Khalq ul-ashyâ' et Tadbîr ul-ash'yâ' constituent tous deux le Takwîn (Faire exister : les êtres (a'yân), ainsi que ce qui se passe en eux / avec eux (a'râdh)).
Car même ce que Dieu fait se réaliser par Son
Tadbîr est le résultat et l'effet de l'action créatrice de Dieu, donc de Son Takwîn et de Son Khalq.
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Cependant, c'est
la distinction présente, dans "أَلاَ لَهُ الْخَلْقُ وَالأَمْرُ", entre
Khalq et Amr, qui entraîne que, dans ce verset précisément :
---
Khalq est rapporté uniquement aux choses concrètes (a'yân) (soit le sens 2, plus particulier, de Khalq, cf. supra),
--- et
Amr aux événements et actions (a'râdh) affectant ces choses concrètes.

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IV) En fait il y a ici 3 choses :

--- A) rendre la chose existante (khalq ullâhi al-'ayna) ;
--- B) lui conférer un code de fonctionnement (hidâyat ullâhi al-makhlûqa) ;
--- C) gérer le fonctionnement de cette chose (tadbîr ullâhi umûra-l-makhlûqât / tasrîf) comme de toute chose, vu la concurrence voyant le jour entre le fonctionnement des diverses créatures existant.

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--- A) Khalq ullâhi al-'ayna (soit le sens 2.1 de Khalq) : "وَخلَقَ كُلَّ شَيْءٍ" :

On trouve aussi dans le Coran le terme "Ja-'a-la", le terme "'A-mi-la" et le terme "An-sha-a" au sujet de l'action divine de Créer :
--- "وَجَعَلَ الظُّلُمَاتِ وَالنُّورَ" (Coran 6/1) ;
--- "أَوَلَمْ يَرَوْا أَنَّا خَلَقْنَا لَهُمْ مِمَّا عَمِلَتْ أَيْدِينَا أَنْعَامًا فَهُمْ لَهَا مَالِكُونَ" (Coran 36/71) ;
--- "هُوَ أَعْلَمُ بِكُمْ إِذْ أَنشَأَكُم مِّنَ الْأَرْضِ" (Coran 53/32).

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--- B) Hidâyat ullâhi al-makhlûqa : "رَبُّنَا الَّذِي أَعْطَى كُلَّ شَيْءٍ خَلْقَهُ ثُمَّ هَدَى" :

Il s'agit de l'inscription, dans le for intérieur de chaque créature, de son code de fonctionnement normal.

--- "قَالَ فَمَن رَّبُّكُمَا يَا مُوسَى؟ قَالَ رَبُّنَا الَّذِي أَعْطَى كُلَّ شَيْءٍ خَلْقَهُ، ثُمَّ هَدَى" : Dieu nous relate que lorsque Pharaon demanda à Moïse : "Qui est donc votre Rabb à tous deux, Moïse ?", ce dernier lui répondit : "Notre Rabb est Celui qui a donné à chaque chose son être et apparence, de plus l'a guidée" (Coran 20/49-50) (Shifâ' ul-'alîl, p. 180) : cette guidance est l'inspiration, à chaque chose, de son code de fonctionnement. Et chaque créature suit son code de fonctionnement. Al-Qurtubî cite ces commentaires : "الذي خص كل مخلوق بهيئة وصورة، ولو كان الخطاب معهما لقالا: قالا ربنا. و{خلقه} أول مفعولي أعطى، أي أعطى خليقته كل شي يحتاجون إليه ويرتفقون به، أو ثانيهما أي أعطى كل شي صورته وشكله الذي يطابق المنفعة المنوطة به، على قول الضحاك على ما يأتي. {ثم هدى}: قال ابن عباس وسعيد بن جبير والسدي: أعطى كل شي زوجه من جنسه، ثم هداه إلى منكحه ومطعمه ومشربه ومسكنه. وعن ابن عباس: ثم هداه إلى الألفة والاجتماع والمناكحة. وقال الحسن وقتادة: أعطى كل شي صلاحه، وهداه لما يصلحه" (Tafsîr ul-Qurtubî).

--- "سَبِّحِ اسْمَ رَبِّكَ الأَعْلَى الَّذِي خَلَقَ فَسَوَّى وَالَّذِي قَدَّرَ فَـهَدَى" : "Proclame la Pureté de ton Pourvoyeur le Plus haut, Celui Qui a créé et a alors établi, et Qui a déterminé et a alors guidé" (Coran 87/1-3). Ibn ul-Qayyim écrit : "فذكر سبحانه أربعة أمور عامة: الخلق والتسوية والتقدير والهداية. وجعل التسوية من تمام الخلق؛ والهداية من تمام التقدير" (Shifâ' ul-'alîl, p. 180). Al-Qurtubî cite entre autres ces commentaires : "وقال عطاء: جعل لكل دابة ما يصلحها، وهداها له. وقيل: خلق المنافع في الأشياء، وهدى الإنسان لوجه استخراجها منها. وقيل: {قدر فهدى}: قدر لكل حيوان ما يصلحه، فهداه إليه وعرفه وجه الانتفاع به. (...). وهدايات الإنسان إلى ما لا يحد من مصالحه، وما لا يحصر من حوائجه في أغذيته وأدويته، وفي أبواب دنياه ودينه، وإلهامات البهائم والطيور وهوام الأرض: باب واسع، وشوط بطين، لا يحيط به وصف واصف. فسبحان ربي الأعلى. وقال السدي: قدر مدة الجنين في الرحم تسعة أشهر، وأقل وأكثر، ثم هداه للخروج من الرحم" (Tafsîr ul-Qurtubî). On peut mettre ce verset en parallèle avec le passage qui se lit ainsi : "قُلْ أَئِنَّكُمْ لَتَكْفُرُونَ بِالَّذِي خَلَقَ الْأَرْضَ فِي يَوْمَيْنِ وَتَجْعَلُونَ لَهُ أَندَادًا ذَلِكَ رَبُّ الْعَالَمِينَ وَجَعَلَ فِيهَا رَوَاسِيَ مِن فَوْقِهَا وَبَارَكَ فِيهَا وَقَدَّرَ فِيهَا أَقْوَاتَهَا فِي أَرْبَعَةِ أَيَّامٍ سَوَاء لِّلسَّائِلِينَ ثُمَّ اسْتَوَى إِلَى السَّمَاء وَهِيَ دُخَانٌ فَقَالَ لَهَا وَلِلْأَرْضِ اِئْتِيَا طَوْعًا أَوْ كَرْهًا قَالَتَا أَتَيْنَا طَائِعِينَ فَقَضَاهُنَّ سَبْعَ سَمَاوَاتٍ فِي يَوْمَيْنِ وَأَوْحَى فِي كُلِّ سَمَاء أَمْرَهَا وَزَيَّنَّا السَّمَاء الدُّنْيَا بِمَصَابِيحَ وَحِفْظًا ذَلِكَ تَقْدِيرُ الْعَزِيزِ الْعَلِيمِ" : "Dis : "Renierez-vous, et donnerez-vous des égaux à, Celui qui a créé la Terre en deux périodes, – Voilà le Seigneur de l'univers –, et a placé au-dessus d'elle des ancres, l'a bénie et a déterminé ses ressources en quatre périodes, égales pour ceux qui interrogent. Puis (thumma) Il S'est établi vers le ciel alors que celui-ci était fumée, puis Il a dit à celui-ci et à la Terre : "Venez, de gré ou de force !" Ils dirent : "Nous venons obéissants." Il fit alors d'eux sept cieux en deux périodes et Il révéla à chaque ciel l'ordre (qui) lui (revenait). Et Nous avons embelli le ciel le plus bas [ou : le plus proche] par des lampes, et [celles-ci servent aussi] de protection. Voilà l'ordre établi par le Puissant, l'Omniscient" (Coran 41/9-12).

--- "وَأَوْحَى رَبُّكَ إِلَى النَّحْلِ أَنِ اتَّخِذِي مِنَ الْجِبَالِ بُيُوتًا وَمِنَ الشَّجَرِ وَمِمَّا يَعْرِشُونَ ثُمَّ كُلِي مِن كُلِّ الثَّمَرَاتِ فَاسْلُكِي سُبُلَ رَبِّكِ ذُلُلاً" : "Et ton Pourvoyeur a inspiré à l'abeille : (...)" (Coran 16/68-69). Dans ce premier verset, ce wah'y que Dieu a fait à l'abeille de prendre telle demeure de telle et telle chose, et de manger de tous fruits, cette inspiration que Dieu a faite à l'abeille consiste à avoir créé en elle ce savoir-faire ; et pas à lui avoir parlé ; le maf'ûl ullâh est donc, ici, makhlûq.
Exactement comme le "ilhâm" présent dans ce second verset : "وَنَفْسٍ وَمَا سَوَّاهَا فَأَلْهَمَهَا فُجُورَهَا وَتَقْوَاهَا" (Coran 91/7-8) consiste à avoir créé dans le for intérieur de l'homme cette aptitude. Et ce "ilhâm" présent dans ce second verset n'a pas la même signification que le "ilhâm" signifié par le terme "wah'y" présent dans ce troisième verset : "وَمَا كَانَ لِبَشَرٍ أَن يُكَلِّمَهُ اللَّهُ إِلَّا وَحْيًا أَوْ مِن وَرَاء حِجَابٍ أَوْ يُرْسِلَ رَسُولًا فَيُوحِيَ بِإِذْنِهِ مَا يَشَاء" (Coran 42/51) : "وحيا": قال مجاهد: نفث ينفث في قلبه فيكون إلهاما"" (Tafsîr ul-Qurtubî). En effet, dans le second verset, le terme désigne le fait d'avoir créé en l'homme l'aptitude à reconnaître le bien et le mal ; tandis que dans le troisième verset il désigne le fait d'avoir inspiré un message à quelqu'un, donc de parler (il s'agit alors d'une Parole de Dieu, et le maf'ûl ullâh est donc ghayr makhlûq).

Voici quelques commentaires du verset concernant l'abeille : "قوله تعالى: وأوحى ربك إلى النحل قد مضى القول في الوحي وأنه قد يكون بمعنى الإلهام، وهو ما يخلقه الله تعالى في القلب ابتداء من غير سبب ظاهر. وهو من قوله تعالى: "ونفس وما سواها فألهمها فجورها وتقواها." ومن ذلك البهائم وما يخلق الله سبحانه فيها من درك منافعها واجتناب مضارها وتدبير معاشها. وقد أخبر عز وجل بذلك عن الموات فقال: "تحدث أخبارها بأن ربك أوحى لها" (Tafsîr ul-Qurtubî). "قوله: {وأوحى ربك إلى النحل} يقال: وحى وأوحى، وهو الإلهام؛ والمراد من الإلهام: أنه تعالى قرر في أنفسها هذه الأعمال العجيبة التي تعجز عنها العقلاء من البشر" (Tafsîr ur-Râzî) ; et, un peu plus loin : "واعلم أن الوحي قد ورد في حق الأنبياء لقوله تعالى: {وما كان لبشر أن يكلمه الله إلا وحيا}، وفي حق الأولياء أيضا قال تعالى: {وإذ أوحيت إلى الحواريين}؛ وبمعنى الإلهام في حق البشر قال تعالى: {وأوحينا إلى أم موسى}، وفي حق سائر الحيوانات كما في قوله: {وأوحى ربك إلى النحل}. ولكل واحد من هذه الأقسام معنى خاص" (Tafsîr ur-Râzî).

Ce genre d'"inspiration" concerne également l'homme, dont une partie du fonctionnement est totalement indépendante de sa volonté (le fonctionnement de ses cellules, etc.) et se fait de façon "instinctive".

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--- C) Tadbîr ullâhi umûra-l-makhlûqât : "يُدَبِّرُ الْأَمْرَ" :

Dieu n'a pas seulement fait exister chaque chose et leur aurait assigné un code de fonctionnement, et, depuis lors, ils fonctionneraient d'eux-même, de façon autonome !

Non, chaque chose qui existe, son maintien dans l'existence (baqâ') ainsi que son fonctionnement (jarayân) restent suspendus aux décisions particulières et quotidiennes de Dieu.

Dieu applique Ses Décisions (Hukm-ullâh at-takwînî) lorsqu'il y a concurrence entre les implications de fonctionnement de telle créature et de telle autre...

C'est pour cela que : "كُلَّ يَوْمٍ هُوَ فِي شَأْنٍ" (Coran 55/29).

"اللَّهُ الَّذِي خَلَقَ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضَ وَمَا بَيْنَهُمَا فِي سِتَّةِ أَيَّامٍ ثُمَّ اسْتَوَى عَلَى الْعَرْشِ مَا لَكُم مِّن دُونِهِ مِن وَلِيٍّ وَلَا شَفِيعٍ أَفَلَا تَتَذَكَّرُونَ يُدَبِّرُ الْأَمْرَ مِنَ السَّمَاء إِلَى الْأَرْضِ ثُمَّ يَعْرُجُ إِلَيْهِ فِي يَوْمٍ كَانَ مِقْدَارُهُ أَلْفَ سَنَةٍ مِّمَّا تَعُدُّونَ" (Coran 32/4-5). Ici "amr" veut dire : "affaires des créatures".

Lire : Si tout est déjà prédéterminé, faut-il ne rien entreprendre ? - L'invocation (du'â) peut-elle modifier ce qui est prédéterminé (هل يرد الدعاء القضاء حقًا؟) ?.

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La Hidâyat ullâh (citée en B) relève-t-elle, parmi les 2 catégories énoncées dans le
 verset "أَلاَ لَهُ الْخَلْقُ وَالأَمْرُ", du Khalq ullâh (forcément au sens 2) ? ou bien du Amr ullâh at-Takwînî ?

J'ai cru comprendre que cette Hidâyat ullâh (B) relève du Amr ullâh at-takwînî ; c'est ce qui explique les versets suivants : "رَبُّنَا الَّذِي أَعْطَى كُلَّ شَيْءٍ خَلْقَهُ ثُمَّ هَدَى" (Coran 20/49) ; "اللَّهُ الَّذِي سخَّرَ لَكُمُ الْبَحْرَ لِتَجْرِيَ الْفُلْكُ فِيهِ بِأَمْرِهِ" : "Dieu est Celui qui vous a assujetti la mer afin que les bateaux y voguent par Son Amr" (Coran 45/12). Amr ullâh est ici une loi physique mise en place par Dieu : le fait que la mer soit telle qu'elle porte les bateaux.

Cependant, ce Amr ullâh at-takwînî consiste :
--- soit à avoir adressé à la mer un ordre verbal ("Sois ainsi !") ; "لتجري الفلك} وهي السفن {فيه، بأمره} تعالى، فإنه هو الذي أمر البحر أن يحملها" (Tafsîr Ibn Kathîr, commentaire de Coran 45/12) ;
--- soit tout simplement à avoir créé en la mer cette capacité de porter les navires ; "وقوله {بأمره} هو أمر التكوين إذ جعل البحر صالحا لحملها" (At-Tahrîr wa-t-tanwîr, commentaire de Coran 22/65) ; comme il s'est agi d'avoir créé en l'abeille de faire ce qu'elle fait (voir plus haut). Ce Amr revient alors de nouveau à un Khalq min-Allâh (au sens très général 1) ; simplement, ce Amr a été distingué du Khalq dans le sens où Khalq désigne alors seulement : "le fait d'avoir créé l'être" ; et Amr : "le fait de lui avoir conféré telle et telle capacités, et tel et tel besoins" ; même si les deux se sont faits en même temps, et relèvent du Khalq en un sens plus général.

Maintenant, dans le verset "رَبُّنَا الَّذِي أَعْطَى كُلَّ شَيْءٍ خَلْقَهُ ثُمَّ هَدَى" :
--- le "Khalq est au sens de Makhlûq, et a été conféré par Dieu par Son Fi'l ul-Khalq à chaque chose". Cependant, "ce Khalq – au sens de Makhlûq" consiste en "la forme physique conférée à celle-ci" ("أعطى كل شي صورته وشكله الذي يطابق المنفعة المنوطة به") et aussi en "la détermination de ce qui, [parmi tout ce qui est extérieur à elle,] convient à cette chose" ("أعطى كل شي صلاحه") ;
--- et "la Hidâya – au sens de Mahdî ilayh conférée par Dieu par Son Fi'l ul-Hidâya : soit une Kalâm min-Allâh, soit une Taqdîr à chaque choseconsiste à lui avoir "inspiré d'être attiré par, et ensuite d'utiliser des moyens pour trouver, ce qui lui convient par détermination" ("هداه إلى منكحه ومطعمه ومشربه ومسكنه" ; "هداه لما يصلحه"). Le verset dit : "الَّذِي خَلَقَ فَسَوَّى وَالَّذِي قَدَّرَ فَـهَدَى" : "Celui Qui a créé et a alors établi, et Qui a déterminé et a alors guidé" (Coran 87/2-3). "فذكر سبحانه أربعة أمور عامة: الخلق والتسوية والتقدير والهداية. وجعل التسوية من تمام الخلق؛ والهداية من تمام التقدير" (Shifâ' ul-'alîl, p. 180).
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Nous avons déjà dit qu'une partie du fonctionnement de l'homme est totalement indépendante de sa volonté (le fonctionnement de ses cellules, etc.) : il y a aussi ses instincts naturels. Tout cela relève de la Hidâya (citée en B).

Plus encore, tout ce que l'homme fait est voulu par Dieu (donc relève aussi de la Tadbîr, C), mais cela relève de la Volonté Créatrice de Dieu (et pas toujours de Sa Volonté Normative).
Cependant, ce que l'homme fait de lui-même ne relève pas de la Hidâya de niveau B ici évoquée.

En fait le terme "'abd" possède 2 dimensions :
--- une dimension générale : "العبد يراد به "المعبد" الذي عبده الله فذللـه ودبره وصرفه. وبهذا الاعتبار فالمخلوقون كلهم عباد الله، من الأبرار والفجار، والمؤمنين والكفار، وأهل الجنة وأهل النار، إذ هو ربهم كلهم ومليكهم لا يخرجون عن مشيئته وقدرته وكلماته التامات التي لا يجاوزهن بر ولا فاجر؛ فما شاء كان، وإن لم يشاءوا؛ وما شاءوا إن لم يشأه، لم يكن" (MF 10/154-155). "وأما العبد بمعنى "المعبد" سواء أقر بذلك أو أنكره: فتلك يشترك فيها المؤمن والكافر" (MF 10/157-158). Cela relève de la Hidâya du niveau B.
--- et une dimension spécifique : "النوع الثاني من معنى العبد، وهو العبد بمعنى "العابد"؛ فيكون عابدا لله لا يعبد إلا إياه، فيطيع أمره وأمر رسله، ويوالي أولياءه المؤمنين المتقين، ويعادي أعداءه؛ وهذه العبادة متعلقة بإلهيته" (MF 10/157). Oui, le serviteur qui choisit d'adhérer à cette dimension, adhère en fait à ce que Dieu agrée pour lui ; et il adhère à la Hidâya de Dieu, mais dans un autre sens de ce terme (c'est aussi le Amr de Dieu, mais dans un autre sens du terme : Tashrî').

Parlant de celui qui adhère seulement à la reconnaissance de sa dimension générale de 'abd, Ibn Taymiyya écrit : "فإن اعترف العبد أن الله ربه وخالقه، وأنه مفتقر إليه محتاج إليه، عرف العبودية المتعلقة بربوبية الله. وهذا العبد يسأل ربه فيتضرع إليه ويتوكل عليه؛ لكن قد يطيع أمره وقد يعصيه، وقد يعبده مع ذلك وقد يعبد الشيطان والأصنام. ومثل هذه العبودية لا تفرق بين أهل الجنة والنار ولا يصير بها الرجل مؤمنا. كما قال تعالى: {وما يؤمن أكثرهم بالله إلا وهم مشركون} فإن المشركين كانوا يقرون أن الله خالقهم ورازقهم وهم يعبدون غيره" (MF 10/156).
Puis : "وبالفرق بين هذين النوعين يعرف الفرق بين الحقائق الدينية الداخلة في عبادة الله ودينه وأمره الشرعي التي يحبها ويرضاها ويوالي أهلها ويكرمهم بجنته، وبين الحقائق الكونية التي يشترك فيها المؤمن والكافر والبر والفاجر، التي من اكتفى بها ولم يتبع الحقائق الدينية، كان من أتباع إبليس اللعين والكافرين برب العالمين؛ ومن اكتفى بها في بعض الأمور دون بعض أو في مقام أو حال، نقص من إيمانه وولايته لله بحسب ما نقص من الحقائق الدينية. وهذا مقام عظيم فيه غلط الغالطون" (MF 10/158).

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Rien ne se passe (pas un être ne vient à l'existence, mais pas non plus un événement ne se produit) sans que Dieu ne l'ait voulu et décidé :

Rien ne peut exister sans avoir été créé par Dieu (Khalq).
Rien ne peut non plus se produire en étant indépendant par rapport à Dieu, c'est-à-dire sans que Dieu l'ait voulu (Irâda Takwîniyya). Cela est évident, car sinon il y aurait Dieu d'une part, et d'autres divinités d'autre part (puisque disposant du Istqilâl Takwînî) ; ou bien il y aurait Dieu d'une part, mais Il aurait une faiblesse car certaines choses se produiraient hors de Son contrôle.

C'est pourquoi la croyance en la prédétermination (taqdîr) relève du monothéisme, tawhîd ullâh : la parole suivante est attribuée à Ibn Abbâs : "القدر نظام التوحيد، فمن وحد الله وكذب بالقدر نقض تكذيبه توحيده" (Shar'h ul-'aqîda at-tahâwiyya, 1/320-324 ; 2/358).

Et c'est pourquoi les Qadarites ont un manquement dans le tawhid ullâh : "القدرية مجوس هذه الأمة" : les Qaradites (et les Mutazilites étaient ainsi) croient que, certes, Dieu Sait tout ce qui va se passer et Sait quel humain va choisir quelle voie, néanmoins, les actions du bien et celles du mal ne sont pas créées par Dieu mais existent par les hommes qui les commettent, et le mal ne se produit pas selon la Volonté divine.
C'est là un quelque chose commun que les Qadarites ont avec les Mazdéens, d'où le hadîth suscité : "القدرية مجوس هذه الأمة" : "Les Qadarites sont les Mazdéens de cette Umma (Muslima)" (Abû Dâoûd, 4691, hassan d'après al-Albânî). Cependant, cette erreur des Qadarites va jusqu'à la déviance (dhalâl) et pas jusqu'au kufr akbar.
Al-Bukhârî a relaté la filiation historique du Qadarisme au Mazdéisme en ces termes : "قال أبو عبد الله: فالمقروء هو كلام الرب الذي قال لموسى: {إنني أنا الله لا إله إلا أنا فاعبدني}، إلا المعتزلة فإنهم ادعوا أن فعل الله مخلوق [لله]، وأن أفعال العباد غير مخلوقة [لله، بل يخلقها العباد]. وهذا خلاف علم المسلمين، إلا من تعلق من البصريين بكلام سنسويه، كان مجوسيا فادعى الإسلام؛ فقال الحسن: أهلكتهم العجمة" (Khalqu Af'âl il-'ibâd, pp. 60-61).

Pour plus de détails, lire nos articles :
--- Ce que Dieu fait se réaliser dans l'Univers et sur la Terre (at-Takwîn) est une chose - Ce qu'Il demande à l'homme de faire ou de ne pas faire (at-Tashrî') est autre chose - Il ne faut pas confondre les 2, car ils ne sont pas du même ordre ;
--- Si tout est déjà prédéterminé, faut-il ne rien entreprendre ? - L'invocation (du'â) peut-elle modifier ce qui est prédéterminé (هل يرد الدعاء القضاء حقًا؟) ?.

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

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