A partir de quel moment le Repentir (Tawba) de l'homme n'est-il plus accepté par Dieu ?

La foi en islam ne contredit pas la raison, mais la raison pure ne peut pas non plus établir, seule, la foi sur la base d'une observation sensible.

La cause de cela est que la foi concerne avant tout des éléments qui ne relèvent pas de la dimension visible : "الَّذِينَ يُؤْمِنُونَ بِالْغَيْبِ" : "ceux qui croient en l'invisible" (Coran 2/3). Il s'agit du Ghayb.

Lire à ce sujet nos 2 articles :
--- Si la foi est rationnelle, pourquoi de nombreux scientifiques ne croient-ils pas ? ;
--- Le qualificatif "Aqlî", "Rationnel", possède plusieurs sens. - Les éléments du Dîn ne peuvent pas tous être établis par la Raison Seule ; ils n'en sont pas pour autant "irrationnels".

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I) C'est pourquoi la foi n'est plus acceptée si elle est apportée seulement au moment de mourir :

"إِنَّمَا التَّوْبَةُ عَلَى اللّهِ لِلَّذِينَ يَعْمَلُونَ السُّوَءَ بِجَهَالَةٍ ثُمَّ يَتُوبُونَ مِن قَرِيبٍ فَأُوْلَئِكَ يَتُوبُ اللّهُ عَلَيْهِمْ وَكَانَ اللّهُ عَلِيماً حَكِيماً وَلَيْسَتِ التَّوْبَةُ لِلَّذِينَ يَعْمَلُونَ السَّيِّئَاتِ حَتَّى إِذَا حَضَرَ أَحَدَهُمُ الْمَوْتُ قَالَ إِنِّي تُبْتُ الآنَ وَلاَ الَّذِينَ يَمُوتُونَ وَهُمْ كُفَّارٌ أُوْلَئِكَ أَعْتَدْنَا لَهُمْ عَذَابًا أَلِيمًا" :
"Le pardon qui incombe à Dieu [= dont Dieu a fait la promesse] n'est qu'en faveur de ceux qui font le mal par bêtise puis se repentent dans un temps proche [= avant la mort]. Voilà ceux dont Dieu accepte le repentir, et Dieu est Omniscient, Sage.
Le pardon [= la promesse de Pardon] n'est pas en faveur de ceux qui font les mauvaises actions et ensuite, lorsque la mort se présente à l'un d'eux, dit : "Je me repens maintenant". Ni (en faveur de) ceux qui meurent kâfir (...)"
(Coran 4/17-18).

Dans ce passage, deux types de désobéissance à Dieu ont été évoqués :
1) le Kufr Akbar ;
2) les
Sayyi'ât (les Kabâ'ïr Ghayru Kufr Akbar, également appelés : Kufr Asghar).
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Et deux cas pour lesquels il n'y a pas de promesse de pardon divin ont été évoqués :
A) ne pas du tout s'être repenti, jusqu'à avoir rendu le dernier soupir
(mawt) en étant dans le même état de désobéissance à Dieu que durant sa vie terrestre ;
B) s'être repenti, mais avoir attendu, pour le faire, que la mort se soit présentée à soi (
hudhûr ul-mawt).
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– Pour le type 1 : dans les cas A et B il n'y aura pas de pardon du tout.
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– Et pour le type 2 : dans les cas A et B il n'y a pas de promesse de pardon de la part de Dieu : si Dieu le veut, Il châtiera ; et s'Il le veut, Il accordera Son pardon.

Cependant, quel est ce moment de présence de la mort (B) où le repentir (Tawba) que l'homme fait n'est plus accepté (ni la Tawba Kub'râ : celle faite par rapport au Kufr Akbar (1) ; ni la Tawba Mukammila : celle faite par rapport à la commission de Kabâ'ïr Ghayru Kufr (2)) ?

----- Premier avis : c'est le moment où l'homme entre dans la phase irréversible qui va le conduire à la mort.
Le zâhir du hadîth suivant semble aller dans ce sens : "عن ابن عمر، عن النبي صلى الله عليه وسلم قال: "إن الله يقبل توبة العبد ما لم يغرغر" (at-Tirmidhî, 3537, Ibn Mâja), puisque le râle de celui qui agonise commence parfois plusieurs jours avant qu'il meure, et avant qu'il voie des choses de l'au-delà. Alî al-qârî écrit : "ما لم يغرغر" أي: ما لم تبلغ الروح إلى الحلقوم، يعني: ما لم يتيقن بالموت، فإن التوبة بعد التيقن بالموت لا يعتد بها" (Mirqât, sur ce hadîth, 2343) ; "النائحة" أي: التي صنعتها النياحة. "وإذا لم تتب قبل موتها" أي: قبل حضور موتها. قال التوربشتي: وإنما قيد به ليعلم أن من شرط التوبة أن يتوب وهو يأمل البقاء، ويتمكن من تأتي العمل الذي يتوب عليه" (Mirqât, sur 1728) ; "ما لم يغرغر أي ما لم يبلغ روحه الى الحلقوم؛ وظاهره الإطلاق؛ وقيده بعض الحنفية بالكفار ذكره القاري؛ وليس هذا التقييد بسديد لأن التخصيص لا بد له من دليل" (Shar'h Sunan Ibn Mâja).

----- Second avis : c'est le moment où l'homme commence à voir les choses de l'au-delà : les anges venus reprendre son âme (alors qu'avant cela le repentir est toujours possible).
C'est ce que Ibn Abbâs affirme ("وأما تفسير ابن عباس حضوره بمعاينة ملك الموت، ف" : Mirqât sur 2343), et c'est l'avis de cheikh Thânwî (Bayân ul-qur'ân, tome 2 p. 102). La raison en est que c'est à ce moment-là ce n'est plus une foi en l'invisible ; par contre, avant cela, la dimension de foi en l'invisible demeure.
Le hadîth avec Abû Tâlib semble aller dans le sens de ce second avis, puisque, alors même qu'il était déjà à l'orée de la mort, le Prophète (sur lui soit la paix) vint lui faire une dernière fois la da'wa, afin de pouvoir intercéder en sa faveur auprès de Dieu : "عن ابن المسيب، عن أبيه، أن أبا طالب لما حضرته الوفاة، دخل عليه النبي صلى الله عليه وسلم وعنده أبو جهل، فقال: "أي عم، قل لا إله إلا الله، كلمة أحاج لك بها عند الله" (al-Bukhârî, 3671).

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II) C'est également pourquoi quand, à la fin des temps, viendra un jour à partir duquel un grand signe s'imposant à l'observation se manifestera sur Terre, la foi ne sera plus valable :

"هَلْ يَنظُرُونَ إِلاَّ أَن تَأْتِيهُمُ الْمَلآئِكَةُ أَوْ يَأْتِيَ رَبُّكَ أَوْ يَأْتِيَ بَعْضُ آيَاتِ رَبِّكَ يَوْمَ يَأْتِي بَعْضُ آيَاتِ رَبِّكَ لاَ يَنفَعُ نَفْسًا إِيمَانُهَا لَمْ تَكُنْ آمَنَتْ مِن قَبْلُ أَوْ كَسَبَتْ فِي إِيمَانِهَا خَيْرًا قُلِ انتَظِرُواْ إِنَّا مُنتَظِرُونَ" :
"Attendent-ils (pour croire) que leur viennent les anges, que leur vienne ton Seigneur ou que leur viennent certains signes de Ton Seigneur ? Le jour où certains signes de ton Seigneur viendront, la foi ne sera plus utile à une âme qui n'avait pas apporté foi auparavant ou n'avait pas acquis du bien dans sa foi" (Coran 6/158).

Il s'agit, concrètement, du lever du soleil à l'ouest.

--- "عن أبي هريرة رضي الله عنه قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "لا تقوم الساعة حتى تطلع الشمس من مغربها؛ فإذا رآها الناس آمن من عليها، فذاك حين: {لا ينفع نفسا إيمانها لم تكن آمنت من قبل}" (al-Bukhârî, 4359, Muslim, 157). "عن أبي ذر رضي الله عنه، قال: قال النبي صلى الله عليه وسلم: لأبي ذر حين غربت الشمس: "أتدري أين تذهب؟"، قلت: الله ورسوله أعلم، قال: "إنها تذهب حتى تسجد تحت العرش، فتستأذن فيؤذن لها. ويوشك أن تسجد فلا يقبل منها، وتستأذن فلا يؤذن لها، يقال لها: "ارجعي من حيث جئت"، فتطلع من مغربها، فذلك قوله تعالى: {والشمس تجري لمستقر لها ذلك تقدير العزيز العليم}" (al-Bukhârî, 3027).
--- "عن أبي هريرة، قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "من تاب قبل أن تطلع الشمس من مغربها، تاب الله عليه" (Muslim, 2703).
--- "عن أبي موسى، عن النبي صلى الله عليه وسلم، قال: "إن الله عز وجل يبسط يده بالليل ليتوب مسيء النهار، ويبسط يده بالنهار ليتوب مسيء الليل، حتى تطلع الشمس من مغربها" (Muslim, 2759).
"ولا تنقطع التوبة حتى تطلع الشمس من مغربها" (Abû Dâoûd, 2479).
--- "عن زر بن حبيش، قال: أتيت صفوان بن عسال المرادي، فقال لي: ما جاء بك؟ قلت: ابتغاء العلم. قال: بلغني أن الملائكة تضع أجنحتها لطالب العلم رضا بما يفعل، قال: قلت له: إنه حاك، أو قال: حك في نفسي شيء من المسح على الخفين، فهل حفظت من رسول الله صلى الله عليه وسلم فيه شيئا؟ قال: نعم، كنا إذا كنا سفرا أو مسافرين أمرنا أن لا نخلع خفافنا ثلاثا إلا من جنابة، ولكن من غائط وبول ونوم، قال: فقلت: فهل حفظت من رسول الله صلى الله عليه وسلم في الهوى شيئا؟ قال: نعم، كنا مع رسول الله صلى الله عليه وسلم في بعض أسفاره فناداه رجل كان في آخر القوم بصوت جهوري أعرابي جلف جاف فقال: يا محمد يا محمد، فقال له القوم: مه، إنك قد نهيت عن هذا، فأجابه رسول الله صلى الله عليه وسلم نحوا من صوته هاؤم فقال: الرجل يحب القوم ولما يلحق بهم، قال: فقال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "المرء مع من أحب". قال زر: فما برح يحدثني حتى حدثني أن الله عز وجل جعل بالمغرب بابا عرضه مسيرة سبعين عاما للتوبة لا يغلق حتى تطلع الشمس من قبله، وذلك قول الله عز وجل {يوم يأتي بعض آيات ربك لا ينفع نفسا إيمانها} الآية" (at-Tirmidhî, 3536).

Il s'agira là d'un moment, dans la vie de l'humanité, où il sera devenu extrêmement clair que ce que le prophète Muhammad (que Dieu le bénisse et le salue) a annoncé est vérité. C'est bien pourquoi le repentir ne sera alors plus acceptable, car il n'y aura plus la dimension de l'épreuve. Par contre, pour le moment, il y a bien mise à l'épreuve dans le fait de croire en l'annonce d'un aussi grand signe.
La foi n'est valable que lorsqu'elle est apportée sur l'Invisible alors même qu'une dimension d'épreuve existe, et ce, justement parce qu'il s'agit d'une croyance en quelque chose qui repose sur des signes (âyât) mais pas sur un signe aussi évident.

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III) Et puis il y a cet autre passage, qui parle de l'arrivée du châtiment terrestre :

"أَفَلَمْ يَسِيرُوا فِي الْأَرْضِ فَيَنظُرُوا كَيْفَ كَانَ عَاقِبَةُ الَّذِينَ مِن قَبْلِهِمْ كَانُوا أَكْثَرَ مِنْهُمْ وَأَشَدَّ قُوَّةً وَآثَارًا فِي الْأَرْضِ فَمَا أَغْنَى عَنْهُم مَّا كَانُوا يَكْسِبُونَ فَلَمَّا جَاءتْهُمْ رُسُلُهُم بِالْبَيِّنَاتِ فَرِحُوا بِمَا عِندَهُم مِّنَ الْعِلْمِ وَحَاقَ بِهِم مَّا كَانُوا بِهِ يَسْتَهْزِؤُون فَلَمَّا رَأَوْا بَأْسَنَا قَالُوا آمَنَّا بِاللَّهِ وَحْدَهُ وَكَفَرْنَا بِمَا كُنَّا بِهِ مُشْرِكِينَ فَلَمْ يَكُ يَنفَعُهُمْ إِيمَانُهُمْ لَمَّا رَأَوْا بَأْسَنَا سُنَّتَ اللَّهِ الَّتِي قَدْ خَلَتْ فِي عِبَادِهِ وَخَسِرَ هُنَالِكَ الْكَافِرُونَ" :
"Alors, lorsque leurs messagers leur apportèrent les preuves claires, ils s'enorgueillirent du savoir qui était auprès d'eux. Et les cerna ce dont ils se moquaient. Alors, lorsqu'ils virent Notre rigueur, ils dirent : "Nous croyons en Dieu Seul, et renions ce que nous (Lui) associons". Leur foi ne leur fut plus utile lorsqu'ils virent Notre rigueur : (c'est) la tradition de Dieu, qui est passée chez Ses serviteurs..." (Coran 40/82-85).

Ici, que représente le fait de "voir la rigueur de Dieu" ?

Si cela signifie l'arrivée de la mort de chaque individu constituant ce peuple, alors les choses sont comme nous l'avons vu en I (second avis) : lorsqu'il commence à voir les anges du châtiment dans l'au-delà, venus prendre son âme, le repentir de l'homme (ici par rapport à l'incroyance dans laquelle il se trouvait jusqu'alors) n'est plus accepté, cela est certain.

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Mais si cela signifie l'arrivée d'un châtiment de destruction terrestre, tel qu'ayant été annoncé par le prophète de cette époque, alors qu'en est-il ?

------- L'arrivée des seules prémisses d'un tel châtiment ne rend pas caduque la possibilité d'apporter foi, cela est certain.
--- La preuve en est que Noé (sur lui soit la paix) avait invité son fils Canaan à les rejoindre dans le bateau et ne pas demeurer avec les incroyants : "وَنَادَى نُوحٌ ابْنَهُ وَكَانَ فِي مَعْزِلٍ يَا بُنَيَّ ارْكَب مَّعَنَا وَلاَ تَكُن مَّعَ الْكَافِرِينَ قَالَ سَآوِي إِلَى جَبَلٍ يَعْصِمُنِي مِنَ الْمَاء قَالَ لاَ عَاصِمَ الْيَوْمَ مِنْ أَمْرِ اللّهِ إِلاَّ مَن رَّحِمَ وَحَالَ بَيْنَهُمَا الْمَوْجُ فَكَانَ مِنَ الْمُغْرَقِينَ" (Coran 11/42-43). Ce fils était alors kâfir, et Noé l'invitait là à apporter enfin foi (Bayân ul-qur'ân). Il était donc alors encore possible à ce fils d'apporter foi, bien que les prémisses du châtiment étaient déjà arrivés.
--- C'est ce qui expliquerait aussi le cas du peuple de Jonas (sur lui soit la paix) : "فَلَوْلَا كَانَتْ قَرْيَةٌ آمَنَتْ فَنَفَعَهَا إِيمَانُهَا إِلَّا قَوْمَ يُونُسَ لَمَّا آمَنُوا كَشَفْنَا عَنْهُمْ عَذَابَ الْخِزْيِ فِي الْحَيَاةِ الدُّنْيَا وَمَتَّعْنَاهُمْ إِلَى حِينٍ" (Coran10/98) (le istithnâ' est ici munqati' : Bayân ul-qur'ân, tome 5 p. 30) ; "والثاني: أنها بمعنى: فهلاّ، قاله أبو عبيدة وابن قتيبة والزجاج. قال الزجاج: والمعنى: فهلاّ كانت قرية آمنت في وقت نفعها إيمانها، إلّا قوم يونس؟ وإِلَّا ها هنا استثناء ليس من الأول، كأنه قال: لكن قومُ يونس. قال الفراء: نُصب القوم على الانقطاع مما قبله، ألا ترى أن ما بعد إِلا في الجحد يتبع ما قبلها؟ تقول: ما قام أحد إِلا أخوك؛ فإذا قلت: ما فيها أحد إِلا كلباً أو حماراً، نصبتَ، لانقطاعهم من الجنس؛ كذلك كان قوم يونس منقطعين من غيرهم من أمم الأنبياء؛ ولو كان الاستثناء وقع على طائفة منهم لكان رفعاً" (Zâd ul-massîr) :
------------- soit les prémisses du châtiment n'étaient même pas encore arrivées, mais le départ du prophète Jonas avait fait prendre conscience aux Ninivois qu'ils avaient mal agi et que la prophétie du châtiment allait bientôt se réaliser ; ils se repentirent alors, ce qui fut accepté d'eux : "وقد روي معنى ما قلناه عن ابن مسعود، أن ويونس لما وعدهم العذاب إلى ثلاثة أيام خرج عنهم فأصبحوا فلم يجدوه فتابوا وفرقوا بين الأمهات والأولاد، وهذا يدل على أن توبتهم قبل رؤية علامة العذاب. وسيأتي مسندا مبينا في سورة" والصافات" إن شاء الله تعالى. ويكون معنى {كشفنا عنهم عذاب الخزي} أي العذاب الذي وعدهم به يونس أنه ينزل بهم، لا أنهم رأوه عيانا ولا مخايلة، وعلى هذا لا إشكال ولا تعارض ولا خصوص، والله أعلم" (Tafsîr ul-Qurtubî, 8/384-385) ;
------------- soit seules les prémisses du châtiment étaient arrivées ; ils se repentirent alors, ce qui fut accepté d'eux : "فإن قيل: كيف كُشف العذاب عن قوم يونس بعد إِتيانه إِليهم، ولم يُكشَف عن فرعون حين آمن؟ فعنه ثلاثة أجوبة: (...). والثاني: أن فرعون باشره العذاب، وهؤلاء دنا منهم ولم يباشرهم، فكانوا كالمريض يخاف الموت ويرجو العافية؛ فأما الذي يعاين، فلا توبة له؛ ذكره الزجاج" (Zâd ul-massîr) ("وقال الزجاج: إنهم لم يقع بهم العذاب، وإنما رأوا العلامة التي تدل على العذاب، ولو رأوا عين العذاب لما نفعهم الإيمان. قلت: قول الزجاج حسن، فإن المعاينة التي لا تنفع التوبة معها هي التلبس بالعذاب كقصة فرعون؛ ولهذا جاء بقصة قوم يونس على أثر قصة فرعون لأنه آمن حين رأى العذاب فلم ينفعه ذلك، وقوم يونس تابوا قبل ذلك. ويعضد هذا قوله عليه السلام: "إن الله يقبل توبة العبد ما لم يغرغر"؛ والغرغرة الحشرجة، وذلك هو حال التلبس بالموت، وأما قبل ذلك فلا. والله أعلم" : Tafsîr ul-Qurtubî, 8/384).

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------- Cependant, lorsque le cataclysme atteint la phase où il se révèle être de façon claire la réalisation (ta'wîl) de ce que le prophète de l'époque avait annoncé, est-ce que cela n'entrerait pas dans "les signes de Dieu qui, lorsqu'ils viennent, la foi n'est plus utile à une âme qui n'avait pas apporté foi auparavant" (cf. Coran 6/158), comme en II ?
Je ne sais pas (لا أدري).
--- Que s'est-il donc passé avec le pharaon de l'époque de Moïse (qui, jusqu'alors, n'avait pas foi en l'existence du Créateur de l'Univers, en arabe : "Allah") : "وَجَاوَزْنَا بِبَنِي إِسْرَائِيلَ الْبَحْرَ فَأَتْبَعَهُمْ فِرْعَوْنُ وَجُنُودُهُ بَغْيًا وَعَدْوًا حَتَّى إِذَا أَدْرَكَهُ الْغَرَقُ قَالَ آمَنتُ أَنَّهُ لا إِلِهَ إِلاَّ الَّذِي آمَنَتْ بِهِ بَنُو إِسْرَائِيلَ وَأَنَاْ مِنَ الْمُسْلِمِينَ آلآنَ وَقَدْ عَصَيْتَ قَبْلُ وَكُنتَ مِنَ الْمُفْسِدِينَ فَالْيَوْمَ نُنَجِّيكَ بِبَدَنِكَ لِتَكُونَ لِمَنْ خَلْفَكَ آيَةً وَإِنَّ كَثِيرًا مِّنَ النَّاسِ عَنْ آيَاتِنَا لَغَافِلُونَ" : "Et Nous fîmes traverser la mer aux fils d'Israël. Pharaon et ses armées les poursuivirent avec acharnement et inimité. Jusqu'à ce que, lorsque la noyade l'eut atteint, il dit : "Je crois qu'il n'y a d'autre divinité que Celui en qui croient les fils d'Israël ; et je suis nombre des soumis." [Dieu dit :] Maintenant ? Alors qu'auparavant tu as désobéi et que tu as été de ceux qui répandent le mal ! Nous allons aujourd'hui épargner ton corps , afin que tu deviennes un signe à ceux qui sont après toi. Et beaucoup de gens ne prêtent aucune attention à Nos signes" (Coran 10/90-92).
Que s'est-il passé avec cet homme :
------------- est-ce seulement que le châtiment terrestre était entré dans la phase où Pharaon a constaté que ce que Moïse lui avait prédit s'était réalisé, et c'est pourquoi son repentir ne fut alors plus acceptable, car la dimension de l'épreuve n'était plus présente, cela comme en II, ou comme le premier avis cité en I (et c'est cette option qui semble ressortir du passage suivant, déjà cité : "فإن قيل: كيف كُشف العذاب عن قوم يونس بعد إِتيانه إِليهم، ولم يُكشَف عن فرعون حين آمن؟ فعنه ثلاثة أجوبة: (...). والثاني: أن فرعون باشره العذاب. وهؤلاء دنا منهم ولم يباشرهم، فكانوا كالمريض يخاف الموت ويرجو العافية. فأما الذي يعاين، فلا توبة له؛ ذكره الزجاج" (Zâd ul-massîr)) ?
------------- ou bien est-ce que Pharaon a commencé à voir alors les choses de l'au-delà, et c'est pourquoi son repentir ne fut plus acceptable, vu que sa foi n'était plus "une foi en l'invisible", cela comme le second avis cité en I (et c'est cette option qui est exposée dans Bayân ul-qur'ân, tome 5 p. 28) ?
Je ne peux que poser la question.
Je n'en connais pas la réponse (لا أدري).
En tous cas, il y a ce hadîth au sujet de la noyade de Pharaon : "عن عدي بن ثابت وعطاء بن السائب، عن سعيد بن جبير، عن ابن عباس، ذكر أحدهما، عن النبي صلى الله عليه وسلم أنه ذكر "أن جبريل جعل يدس في في فرعون الطين خشية أن يقول: لا إله إلا الله، فيرحمه الله"، أو: "خشية أن يرحمه الله." هذا حديث حسن صحيح غريب من هذا الوجه" (at-Tirmidhî, 3108).

Il est cependant à noter que, alors qu'une bataille faisait rage, Ussâma ibn Zayd et un Ansârî (que Dieu les agrée) finirent par réduire à leur merci un combattant ennemi qui avait fait des morts parmi les rangs musulmans. Alors, contre toute attente, ce combattant prononça le témoignage d'entrée en islam. Le Ansârî retint alors sa main, mais Ussâma, lui, tua l'homme. Questionné sur le sujet par le Prophète (sur lui soit la paix), Ussâma argumenta que l'homme n'avait cela que pour se protéger [sachant que l'entrée en islam entraîne le pardon des péchés, et l'absence de toute poursuite pour les ravages faits auparavant chez les musulmans sur les champs de bataille]. Mais le Prophète lui fit des reproches accentués. Cependant, il ne lui fit pas appliquer de talion (qissâs) (al-Bukhârî, Muslim). La raison en est que Ussâma a ici été Muta'wwil, disent les ulémas. Ceci montre que l'adhésion à la foi est toujours valable en pareil moment.

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Il existe donc les étapes suivantes :

a) suite à un malheur, prendre conscience qu'on était jusqu'alors dans le faux ; apporter foi est, dans ce cas, bien sûr toujours possible ;
b) constater les prémisses de la mort / de ce que le prophète a annoncé : apporter foi est alors également toujours possible ;
c) être entré dans le stade critique où on constate sans nul doute possible que la mort est devenue imminente / que ce que le prophète a annoncé est vrai ;
d) arriver au stade où on commence à voir les choses de l'invisible ;
e) voir son âme être retirée du corps par l'ange de la mort.

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--- Pour la personne qui meurt dans son lit (citée en I), comme pour la personne qui assiste à l'arrivée du châtiment prédit par le prophète (citée en III) :
est-ce depuis le stade c que le repentir n'est plus accepté ?
ou bien est-ce seulement le stade d qui entraîne que le repentir n'est plus accepté ?
Je ne sais pas (لا أدري).

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

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