Trois sens existent du terme "Ta'wîl" (utilisé dans la formule : "Peut-on faire ta'wîl de ce texte, ou pas ?") - ثلاثة معان للفظ التأويل

On entend parfois dire : "Ce texte-ci, on peut en faire la ta'wîl ! Par contre, ce texte-là, on ne peut pas en faire la ta'wîl !" Dans ces formules, on emploie en fait le terme "ta'wîl" avec le troisième des sens qu'il a.

Car le terme "ta'wîl" a 3 sens (d'après MF 13/288-289)...

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Mais avant d'exposer ceux-ci, il est bon de rappeler que chaque terme véhicule un sens, que le locuteur, en employant le terme, veut transmettre dans l'esprit de son interlocuteur ; ce sens correspond à quelque chose dans la réalité existante.

Il existe donc 3 choses :
– d'un côté il y a le terme (lafz) que le locuteur emploie ;
– à l'autre extrême il y a la réalité (haqîqa khârija) que ce terme cherche à désigner ;
– entre les deux se trouve le sens (ma'nâ) que ce terme (lafz) évoque dans l'esprit de l'interlocuteur.

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Nous pouvons maintenant parler des 3 sens du terme "Ta'wîl"...

Sens 1) Le terme "Ta'wîl" signifie : "معنى الكلام", ou "تفسير الكلام، أي: بيان معناه", c'est-à-dire : "sens du signifiant" ou : "exposé du sens du signifiant" :

C'est avec ce sens que ce terme a été utilisé dans le verset coranique où est relaté le propos des deux compagnons de prison ayant demandé au prophète Joseph (sur lui soit la paix) à propos du rêve qu'ils avaient vu : "نَبِّئْنَا بِتَأْوِيلِهِ" : "Informe-nous de sa signification" (Coran 12/36). La scène qu'ils avaient vue chacun dans son rêve, quel sens avait-elle ? que signifiait-elle ?

C'est avec ce sens que le terme a été employé dans ce verset : "هُوَ الَّذِيَ أَنزَلَ عَلَيْكَ الْكِتَابَ مِنْهُ آيَاتٌ مُّحْكَمَاتٌ هُنَّ أُمُّ الْكِتَابِ وَأُخَرُ مُتَشَابِهَاتٌ فَأَمَّا الَّذِينَ في قُلُوبِهِمْ زَيْغٌ فَيَتَّبِعُونَ مَا تَشَابَهَ مِنْهُ ابْتِغَاء الْفِتْنَةِ وَابْتِغَاء تَأْوِيلِهِ وَمَا يَعْلَمُ تَأْوِيلَهُ إِلاَّ اللّهُ وَالرَّاسِخُونَ فِي الْعِلْمِ يَقُولُونَ آمَنَّا بِهِ كُلٌّ مِّنْ عِندِ رَبِّنَا" (Coran 3/7).

C'est également avec ce sens que le Prophète (sur lui soit la paix) a invoqué en ces termes Dieu en faveur de Ibn Abbâs : "اللهم فقهه في الدين وعلمه التأويل" : "Dieu, accorde-lui la compréhension profonde du Dîn, et enseigne-lui le Ta'wîl" (Fat'h ul-bârî 1/224 : d'autres termes ont également été rapportés). Il s'agit de la (connaissance du) sens du texte coranique.

C'est également avec ce sens que Ibn Jarîr at-Tabarî dit dans son Commentaire : "القول في تأويل قول الله جل ثناؤه", ou encore : "وأوْلى التأويلات بالآية".

(En passant, il est bon de savoir que chez les Anciens (qudamâ'), avec ce sens, "ta'wîl" et "tafsîr" signifiaient la même chose.
Par contre, chez certains commentateurs postérieurs l'on s'est mis à différencier "tafsîr" de "ta'wîl" à propos du commentaire du texte coranique : MF 17/367.)

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Sens 2) Le terme "Ta'wîl" signifie : "تحقيق الشيء في الواقع" : "réalisation dans le réel" :

C'est avec ce sens que ce terme a été utilisé dans le verset coranique : "هَلْ يَنظُرُونَ إِلاَّ تَأْوِيلَهُ؟ يَوْمَ يَأْتِي تَأْوِيلُهُ يَقُولُ الَّذِينَ نَسُوهُ مِن قَبْلُ قَدْ جَاءتْ رُسُلُ رَبِّنَا بِالْحَقِّ" : "Est-ce qu'ils attendraient (pour apporter foi) sa réalisation ? Le jour où viendra sa réalisation, ceux qui l'avaient auparavant oublié diront : "Les Messagers (venus à) nous avaient (donc) apporté la vérité !" (Coran 7/53).

C'est également le cas dans cet autre verset : "بَلْ كَذَّبُواْ بِمَا لَمْ يُحِيطُواْ بِعِلْمِهِ وَلَمَّا يَأْتِهِمْ تَأْوِيلُهُ كَذَلِكَ كَذَّبَ الَّذِينَ مِن قَبْلِهِمْ فَانظُرْ كَيْفَ كَانَ عَاقِبَةُ الظَّالِمِينَ" : "Plutôt ils ont traité de mensonge ce qu'ils n'ont pas cerné de leur connaissance, et dont la réalisation ne leur est pas encore venue" (Coran 10/37).

De même, dans le propos de Aïcha "يَتَأَوَّلُ الْقُرْآنَ", celle-ci disait que le Prophète (sur lui la paix), en prononçant telle parole, réalisait en fait ce que le Coran lui demandait de faire (al-Bukhârî et Muslim).
De même encore que dans le propos de Ussâma ibn Zayd : "وَكَانَ النَّبِىُّ صلى الله عليه وسلم يَتَأَوَّلُ الْعَفْوَ مَا أَمَرَهُ اللَّهُ بِهِ" (al-Bukhârî).

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Sens 3) Le terme "Ta'wîl" signifie : "صرف الكلام عن معناه المتبادر إلى معنى آخر أقل تبادرًا منه", ou encore : "حمل الكلام على معنى غير معناه المتبادر، أو على محمل غير محمله المتبادر" ; c'est-à-dire : "interpréter un mot ou un groupe de mots en lui conférant un sens autre que le sens qui, lorsqu'on entend ce mot, vient habituellement et de façon première à l'esprit, ou en conférant un champ d'applicabilité autre que celui, général ou absolu, qui vient de façon première à l'esprit" :

C'est avec ce sens que le terme a été utilisé par des ulémas quand il s'est agi de débattre si tel terme ou telle formule, on pouvait l'appréhender au sens figuré, etc. : "Yad" est-il à comprendre en son sens immédiat, ou dans un autre sens ?

Mais en fait cela vaut autant pour des textes communiquant des Akhbâr (informations) (comme c'est le cas avec "Yad") que pour des textes communiquant des Talabât (demandes de faire, de ne pas faire, ou autorisation donnée à faire)...

Il existe comme "Ta'wîl" (en ce sens 3) :
--- la Ta'wîl Wâjib : il est nécessaire de ne pas appréhender le texte en son sens littéral et/ou en sa généralité ;
--- la Ta'wîl Sâ'ïgh wa Muhtamal : il est possible de ne pas appréhender le texte en son sens littéral et/ou en sa généralité, comme il est possible de l'appréhender en son sens littéral et/ou en sa généralité ;
--- la Ta'wîl Khata' wa lâkin Sâ'ïgh : c'est une erreur que de ne pas appréhender le texte en son sens littéral et/ou en sa généralité, cependant cette erreur repose sur une interprétation digne de ce nom ;
--- la Ta'wîl ghayru sâ'ïgh : l'erreur repose sur un argumentation qui n'est pas digne de ce nom.

–----- 3.1) Concernant des textes de Akhbâr :

Appréhender un terme dans un sens autre que celui qu'il a de façon littérale, cela inclut :
--- appréhender ce terme au sens figuré (haml 'ala-l-ma'nâ-l-majâzî),
--- considérer que le terme est un euphémisme, ou une périphrase (haml 'ala-l-ma'nâ-l-kinâ'ï),
--- considérer qu'un autre terme, non présent dans le texte, est sous-entendu (taqdîru lafz).

C'est avec ce sens 3.1 que le terme "ta'wîl" a été employé dans (notamment) les articles suivants :

--- La raison peut-elle appréhender un texte au sens allégorique (ta'wîl) ?
--- Des textes où les termes "يد" et "وجه" employés au sujet de Dieu peuvent être interprétés au sens figuré (suite à une ta'wîl) ;
--- "يَوْمَ يُكْشَفُ عَن سَاقٍ" : Ibn Abbâs ayant fait la ta'wîl du terme "سَاقٍ", peut-on en déduire qu'on peut faire la ta'wîl de "يَدَيّ" dans "خَلَقْتُ بِيَدَيّ" ?

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–----- 3.2) Concernant des textes de Talabât :

La Ta'wîl est vérifiée ici dans tous les cas où il ya un texte donné, ou un principe général connu, mais un Compagnon ou un autre Mujtahid en a fait une interprétation qui l'a conduit à donner une fatwa disant le contraire - soit pour toutes les situations, soit seulement pour certains objets ou certaines circonstances - de ce que la littéralité de ce texte ou la généralité de ce principe dit.

--- Ainsi, le principe est, lorsqu'on se trouve en voyage, de raccourcir (qasr) les prières rituelles.
– Mais Aïcha (que Dieu l'agrée), au moins après le décès du Prophète (que Dieu l'élève et le salue), les accomplissait complètement (itmâm).
Or le Prophète (sur lui soit la paix), à Omar ibn ul-Khattâb (que Dieu l'agrée) lui demandant comment il se faisait qu'ils continuaient à raccourcir le nombre de cycles quand ils voyageaient alors qu'ils n'avaient plus à craindre d'ennemi, le Prophète, donc, avait affirmé qu'il s'agissait d'une aumône donnée par Dieu, ajoutant : "Acceptez de Dieu Son aumône" (Muslim 686, Abû Dâoûd 119, at-Tirmidhî 3037). Tous sont donc d'accord, en vertu de ce hadîth, sur le fait qu'il demeure autorisé de raccourcir ses prières même quand il y a la sécurité.
La divergence porte seulement sur le caractère de ce raccourcissement :
Omar et son fils Abdullâh étaient d'avis qu'il faut alors raccourcir ses prières (an-Nassâ'ï et al-Bayhaqî respectivement, voir ZM 1/467, 473) ;
Aïcha n'a pas eu l'intention de contredire le texte, elle en a fait une ta'wîl : d'après Aïcha, le qasr est seulement autorisé, le itmâm étant mieux pour qui ne ressent pas de difficulté (FB 2/737). 'Urwa lui ayant dit : "Si tu accomplissais (plutôt) deux cycles !", elle répondit : "Mon neveu, il ne m'est pas difficile (de les compléter)" (al-Bayhaqî, FB 2/737). 'Urwa disait d'elle par rapport à la question de la salât ul-mussâfir : "إنها تأولت كما تأول عثمان" : "Elle a fait ta'wîl comme 'Uthmân a fait ta'wîl" (al-Bukhârî, 1040, Muslim, 685).
– Car, effectivement, Uthmân ibn 'Affân aussi faisait quelque chose du même genre quand il quittait Médine et partait en pèlerinage ; si entre le 8ème et le 10ème dhu-l-hijja (quand il était à Minâ), il pratiquait bien le qasr, en revanche, les jours précédant ces 3 jours (quand il était à la Mecque), ainsi que les 11, 12 et 13 dhu-l-hijja (quand il était à Minâ), il pratiquait le itmâm (FB 2/737). (Alors que le Prophète avait, lui, raccourcies les prières en ces occasions, comme le relate Ibn Mas'ûd : al-Bukhârî 1034, 1574, Muslim 695.) Malgré cela, Ibn Mas'ûd accomplissait 4 cycles de prière à Minâ [sous la direction de 'Uthmân]. "فقيل له : "عِبْتَ على عثمان ثم صليتَ أربعًا ؟" : Quelqu'un le lui fit remarquer : "Tu as critiqué ce que 'Uthmân ( fait là), puis tu as accompli 4 cycles de prière (sous sa direction) !" Il répondit : "الخلاف شرّ" : "Le désaccord est un mal !" (Abû Dâoûd, 1960). Cela est dû au fait que Ibn Mas'ûd pensait que l'ijtihad de 'Uthmân est erroné mais est susceptible d'être correct, car fondé sur un ijtihâd digne de ce nom (sâ'ïgh). Or cela est en relation avec une 'ibâda jamâ'iyya, dans laquelle l'uniformité est requise.

--- Alors qu'une bataille faisait rage, un combattant ennemi qui avait fait des morts parmi les rangs musulmans, Ussâma ibn Zayd et un Ansârî (que Dieu les agrée) finirent par le réduire à leur merci. Alors, contre toute attente, ce combattant prononça le témoignage d'entrée en islam. Le Ansârî retint alors sa main, mais Ussâma, lui, tua l'homme. Questionné sur le sujet par le Prophète (sur lui soit la paix), Ussâma argumenta que l'homme n'avait cela que pour se protéger [sachant que l'entrée en islam entraîne le pardon des péchés, et l'absence de toute poursuite pour les ravages faits auparavant chez les musulmans sur les champs de bataille]. Mais le Prophète lui fit des reproches accentués. Cependant, il ne lui fit pas appliquer de talion (qissâs) (al-Bukhârî, Muslim).
La raison en est que Ussâma a ici été Muta'wwil, disent les ulémas.

--- L'action de Mu'âwiya et de 'Amr ibn ul-'Âs (que Dieu les agrée) ne reconnaissant pas le califat de 'Alî ibn Abî Tâlib (que Dieu l'agrée) était du bagh'y 'an tâ'at il-imâm. Cette action est en soi interdite. Cependant, vu que ces deux Compagnons étaient sincères et avaient fait cette action sur la base d'un Ijtihâd, une Ta'wîl, ils n'auront pas le péché d'avoir commis cette action.
Ibn Hajar écrit : "فإن قيل: كان قتله بصفين وهو مع علي، والذين قتلوه مع معاوية، وكان معه جماعة من الصحابة، فكيف يجوز عليهم الدعاء إلى النار؟ فالجواب أنهم كانوا ظانين أنهم يدعون إلى الجنة - وهم مجتهدون لا لوم عليهم في اتباع ظنونهم -؛ فالمراد بالدعاء إلى الجنة الدعاء إلى سببها وهو طاعة الإمام؛ وكذلك كان عمار يدعوهم إلى طاعة علي وهو الإمام الواجب الطاعة إذ ذاك. وكانوا هم يدعون إلى خلاف ذلك، لكنهم معذورون للتأويل الذي ظهر لهم" (FB 1/).
Ibn Taymiyya écrit : "وكل من كان باغيا، أو ظالما، أو معتديا، أو مرتكبا ما هو ذنب، فهو قسمان: متأول؛ وغير متأول. فالمتأول المجتهد: كأهل العلم والدين، الذين اجتهدوا، واعتقد بعضهم حل أمور، واعتقد الآخر تحريمها كما استحل بعضهم بعض أنواع الأشربة، وبعضهم بعض المعاملات الربوية، وبعضهم بعض عقود التحليل والمتعة، وأمثال ذلك، فقد جرى ذلك وأمثاله من خيار السلف؛ فهؤلاء المتأولون المجتهدون غايتهم أنهم مخطئون، وقد قال الله تعالى: {ربنا لا تؤاخذنا إن نسينا أو أخطأنا}، وقد ثبت في الصحيح أن الله استجاب هذا الدعاء. وقد أخبر سبحانه عن داود وسليمان عليهما السلام إنما حكما في الحرث، وخص أحدهما بالعلم والحكم، مع ثنائه على كل منهما بالعلم والحكم. والعلماء ورثة الأنبياء؛ فإذا فهم أحدهم من المسألة ما لم يفهمه الآخر، لم يكن بذلك ملوما ولا مانعا لما عرف من علمه ودينه؛ وإن كان ذلك مع العلم بالحكم، يكون إثما وظلما، والإصرار عليه فسقا، بل متى علم تحريمه ضرورة، كان تحليله كفرا. فالبغي هو من هذا الباب: أما إذا كان الباغي مجتهدا ومتأولا ولم يتبين له أنه باغ، بل اعتقد أنه على الحق وإن كان مخطئا في اعتقاده، لم تكن تسميته "باغيا" موجبة لإثمه، فضلا عن أن توجب فسقه" (MF 35/75-76).

Les "particularisations" (takhsîs) évoquées dans les articles suivants correspondent à ce sens 3.2 du terme "ta'wîl" :

--- Lorsque l'applicabilité d'une règle (mahkûm bih) à une action (mahkûm 'alayh), cela est stipulé dans les textes de façon générale et inconditionnelle, alors qu'en fait l'applicabilité de cette règle à cette action est restreinte, eu égard au principe la motivant (تخصيص حكم النص بالتعليل) – Relativiser l'applicabilité d'une règle en la restreignant à un sujet / un objet / un contexte précis ;
--- Quelques passages du Coran où ce qui est dit (hukm, حكم) au sujet d'une chose X (mahkûm 'alayh, محكوم عليه) est en réalité dû à la présence d'un principe motivant (manât /'illa) (مَناط/ عِلّة) dans la réalité de cette chose X. Ce qui fait que le propos (حكم) concerne en réalité un thème (mahkûm 'alayh, محكوم عليه) plus restreint (أَخَصّ) que ce que la littéralité du texte (ظاهر اللفظ) laissait croire (1/5) (تخصيص) ;
--- Quelques paroles du Prophète (sur lui soit la paix) où ce qu'il a dit (hukm, حكم) au sujet d'une chose X (mahkûm 'alayh, محكوم عليه) est en réalité dû à la présence d'un principe motivant (manât /'illa) (مَناط/ عِلّة) dans la réalité de cette chose X. Ce qui fait que le propos (حكم) concerne en réalité un thème (mahkûm 'alayh, محكوم عليه) plus restreint (أَخَصّ) que ce que la littéralité du texte (ظاهر اللفظ) laissait croire (3/5) (تخصيص).

Lire également les articles suivants :

--- "La Shar' ullâh dit telle chose..." : peut-on dire cela de façon absolue quand c'est seulement une déduction d'un Mujtahid, et pas ce que dit explicitement un Verset coranique ou un Hadîth ? - "Faut-il distinguer Sharî'a et Fiqh ?" - "الفرق بين الشرع المنزل، والشرع المؤول، والشرع المبدل" ;
--- Dans l'ensemble des propos que tiennent ceux qui se réclament de l'islam, qu'est-ce qui fait la différence entre : - le propos de kufr akbar ; - le propos de dhalâl ; - l'erreur ijtihâdî qat'î ; - et l'erreur ijtihâdî zannî ? (4/4) ;
--- On entend souvent dire que, dans le domaine des Croyances (العقيدة), si divergence il y a eu (entre ceux qui se réclament de l'islam), alors, à part l'un des avis existant, tous les autres avis sont de la déviance (ضلال). Cela est-il vrai ? ;
--- Quand il y a divergence d'interprétations ou d'avis entre les mujtahidûn, l'avis qui est juste (swawâb) peut-il toujours être distingué de façon qat'î ? - L'existence d'interprétations divergentes entre les ulémas est-ce une miséricorde (رحمة), ou un problème ?! ;
--- Face à des argumentations divergentes, il y a : - les cas où on peut (et on doit) être certain de la rectitude de tel avis (الجزم مع القطع بـ) ; - les cas où il s'agit d'affirmer de façon ferme que c'est tel avis qui est correct (الجزم) ; - les cas où il s'agit de donner préférence à tel avis (الترجيح) ; - les cas où il s'agit de pencher vers tel avis (الميلان) ; - les cas où il s'agit de ne pas se prononcer (التوقف) ;
--- Lorsque sur une question donnée (mas'ala) il n'y a eu que deux (ou trois, ou quatre, ou plus encore) avis chez tous les Salaf, est-il impossible que des grands savants postérieurs pensent un nouvel avis, par une nouvelle synthèse des textes existant ? ;
--- Le musulman qui, par ignorance, a adopté une croyance erronée ou pratiqué une action cultuelle innovée, et est mort sans se repentir de cela (puisqu'il le croyait juste), se peut-il qu'il soit puni pour cela par Dieu dans l'au-delà, ou cela lui sera-t-il systématiquement pardonné par Dieu ?.

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

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