Il existe des textes où les termes "يد" et "وجه" employés au sujet de Dieu sont à interpréter au sens figuré (suite à une Ta'wîl). Cependant, cela n'implique pas qu'on puisse interpréter ces deux termes au sens figuré partout où ils ont été employés au sujet de Dieu

Certains frères ont constaté que dans certains passages du Coran, le terme singulier "يد" ou pluriel "أيدي" ayant été attribué à Dieu :
– est interprété comme étant un majâz (terme à appréhender en son sens figuré), désignant alors tantôt tout l'Etre de Dieu (ذات الله مع صفاته) (comme dans "مِمَّا عَمِلَتْ أَيْدِينَا"), tantôt l'Assistance de Dieu (comme dans "يد الله مع الجماعة"),
– ou bien fait partie d'une kinâya (périphrase, ou bien euphémisme), le tout signifiant alors : la possession (comme dans "بيده الملك").

Ces frères en ont déduit que le même procédé était nécessaire / possible partout
.

Or ce n'est pas parce que cela est nécessaire (ou même seulement possible) pour certains passages que cela serait nécessaire (ou seulement possible) partout, et, donc, que Dieu n'aurait pas un Attribut qui est : "les Deux Mains".

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A l'opposé, certains autres frères savent que Dieu a bien un Attribut qui est : "les Deux Mains", et que, comme l'a affirmé at-Tirmidhî, affirmer que Dieu n'a pas créé Adam de Ses Deux Mains, cela est complètement erroné (c'est, écrit at-Tirmidhî dans son Jâmi', les Jahmites qui disent que le terme "Yad" employé dans ce verset-là signifie : "Force de Dieu" : "فتأولت الجهمية هذه الآيات ففسَّروها على غير ما فسَّر أهل العلم، وقالوا: إن الله لم يخلق آدم بيده. وقالوا: إن معنى اليد ها هنا القوة").

Ces autres frères en ont déduit qu'a fait une erreur qat'î toute personne qui appréhende au sens figuré n'importe quel passage du Coran où figure le terme singulier "يد" ou pluriel "أيدي" ayant été attribué à Dieu.

Or ce n'est pas parce que cela est impossible pour certains passages que cela serait également impossible pour tous les passages, et, donc, que le fait d'interpréter au sens figuré n'importe lequel de ces passages constituerait une erreur dans les croyances !

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I) Illustration de ce que nous venons de dire à la lumière de la différence que Ibn ul-Qayyim fait de deux passages coraniques où figure le terme "يد" annexé au nom de Dieu, mais dans l'un au pluriel ("أيدي") et en tant que sujet du verbe ; et dans l'autre au duel ("يَدَان") précédé de la particule exprimant le moyen (bâ'), elle-même précédée du verbe avec son sujet à la première personne (renvoyant à Dieu, qui parle)...

– Dans le Coran, Dieu dit ainsi : "أَوَلَمْ يَرَوْا أَنَّا خَلَقْنَا لَهُمْ مِمَّا عَمِلَتْ أَيْدِينَا أَنْعَامًا" : "N'ont-ils pas vu que Nous avons créé pour eux, parmi ce que Nos Mains ont fait, des bestiaux" (Coran 36/71).
Dans ce passage, le terme "أَيْدِينَا" désigne "l'Etre de Dieu".
Il est donc possible d'interpréter ce passage ainsi : "N'ont-ils pas vu que Nous avons créé pour eux, parmi tout ce que Nous avons créé, des bestiaux".
Mais cela est dû au fait que dans ce passage, Dieu a dit : "مَّا عَمِلَتْ أَيْدِينَا".

– Dans le Coran, Dieu dit également, désignant Adam : "مَا خَلَقْتُ بِيَدَيّ" : "ce que J'ai créé de Mes Deux Mains".
Ici, par contre, le terme "يَدَيّ" est introduit par la particule "bâ'", après le verbe déjà conjugué, "خَلَقْتُ".
Ici le terme "يَدَيّ" désigne donc une Qualification (Wasf) qui est différente de tout l'Etre (Dhât) de Dieu.

Ibn Taymiyya a exposé la différence entre les deux passages ainsi :
"ومما يشبه هذا القول: أن يجعل اللفظ نظيرا لما ليس مثله؛ كما قيل في قوله {ما منعك أن تسجد لما خلقت بيدي}، فقيل: هو مثل قوله: {أولم يروا أنا خلقنا لهم مما عملت أيدينا أنعاما.
فهذا ليس مثل هذا! لأنه هنا أضاف الفعل إلى الأيدي، فصار شبيها بقوله {فبما كسبت أيديكموهنا أضاف الفعل إليه فقال: {لما خلقت} ثم قال: {بيدي}. وأيضا: فإنه هنا ذكر نفسه المقدسة بصيغة المفرد، وفي اليدين ذكر لفظ التثنية، كما في قوله: {بل يداه مبسوطتانوهناك أضاف الأيدي إلى صيغة الجمع فصار كقوله: {تجري بأعيننا"
(MF 3/45).

Ibn ul-'Uthaymîn reprend cette explication et la détaille ainsi : "إضافة العمل إلى اليد والمراد صاحبها : معروف في اللغة العربية التي نزل بها القرآن الكريم" : "relier l'action avec "la main" et vouloir désigner (par là) : "le possesseur de cette (main)", cela est connu dans la langue arabe, (langue) dans laquelle le Coran a été révélé" (Shar'h ul-qawâ'ïd il-muthlâ fî sifât illâhi wa asmâ'ïhi-l-husnâ, p. 221). Et, un peu plus loin : "La Parole de (Dieu) Elevé : "أَوَلَمْ يَرَوْا أَنَّا خَلَقْنَا لَهُمْ مِمَّا عَمِلَتْ أَيْدِينَا أَنْعَامًا", ce qui en est signifié est que ces bestiaux, Dieu les a créés. La signification n'en est pas qu'Il les a créés de Sa Main.
S'il avait dit : "مِمَّا عَمِلَنا بأَيْدِينَا", la signification aurait été qu'Il les a créés de Sa Main.
Mais Il a dit : "مِمَّا عَمِلَتْ أَيْدِينَا". Cela est donc comme Sa Parole : "وَنُسْقِيَهُ مِمَّا خَلَقْنَا أَنْعَامًا وَأَنَاسِيَّ كَثِيرًا" [Coran 25/49]" (Shar'h ul-qawâ'ïd il-muthlâ fî sifât illâhi wa asmâ'ïhi-l-husnâ, p. 223).

Il s'agit donc de bien comprendre la différence entre les deux formules de la langue arabe :
"عملَتْه يدي" : cela signifie seulement : "J'ai fait cela" ; et cela, qu'on ait dûment fait cette action par sa main, ou bien qu'on l'ait faite par autre chose (par exemple par son pied, ou par sa parole, ou par l'ordre qu'on a donné à son subordonné direct) ;
"عملْتُه بِيدي" : cela signifie : "J'ai fait cela par ma main" ; et cela lorsqu'on a dûment fait cette action par sa main, et non pas par un autre moyen.

Ibn ul-Qayyim écrit :

"الحادي عشر: أن لفظ اليد جاء في القرآن على ثلاثة أنواع: مفردا ومثنى ومجموعا.
فالمفرد كقوله: (بيده الملك)، والمثنى كقوله: (خلقت بيدي)، والمجموع: (عملت أيدينا.
فحيث ذكر اليد مثناة، أضاف الفعل إلى نفسه بضمير الإفراد وعدى الفعل بالباء إليها، فقال: (خلقت بيدي.
وحيث ذكرها مجموعة، أضاف العمل إليها ولم يعد الفعل بالباء.
فهذه ثلاثة فروق.
فلا يحتمل (خلقت بيدي) من المجاز ما يحتمله (عملت أيدينا.
فإنّ كل أحد يفهم من قوله: (عملت أيدينا) ما يفهمه من قوله: عملنا وخلقنا، كما يفهم ذلك من قوله: (فبما
كسبت أيديكم).
وأما قوله: (خلقت بيدي) فلو كان المراد منه مجرد الفعل، لم يكن لذكر اليد بعد نسبة الفعل إلى الفاعل معنى .فكيف وقد دخلت عليها الباء؟ فكيف إذا ثنيت؟
وسر الفرق أن الفعل قد يضاف إلى يد ذي اليد المراد الإضافة إليه كقوله: (بما قدمت يداك) (فبما كسبت أيديكم) .وأما إذا أضيف إليه الفعل ثم عدي بالباء إلى يده مفردة أو مثناة فهو مما باشرته به"

(Mukhtassar as-sawâ'ïq il-mursala, p. 64. Voir également pp. 515-516).

Traduction d'une partie de cet écrit de Ibn ul-Qayyim : "(...) Le (passage) "خَلَقْتُ بِيَدَيّ" ne présente pas, en terme de possibilité de sens figuré, ce que le passage "عَمِلَتْ أَيْدِينَا" présente. Car chacun comprend de "عَمِلَتْ أَيْدِينَا" la même chose qu'il comprend de "عَمِلَنَا" et de "خلقْنا", comme cela se comprend de "فبما كسبت أيديكم".
Mais pour ce qui est de "خَلَقْتُ بِيَدَيّ", si ce qui en est signifié était seulement l'action, il n'y aurait plus de sens à la mention de "يد" après avoir relié le verbe au sujet. Que dire quand (de plus) il y a la (particule) "ب" sur ("يد") ? Et que dire quand ("يد
") est au duel ? (...)" (fin de la traduction).

Ibn ul-'Uthaymîn résume la différence entre ces deux formules ainsi : "أن ظاهر اللفظ أن الله تعالى خلق الأنعام كما خلق غيرها ولم يخلقها بيده لكن إضافة العمل إلى اليد كإضافته إلى النفس بمقتضى اللغة العربية ، بخلاف ما إذا أضيف إلى النفس وعدي بالباء إلى اليد . فتنبه للفرق فإن التنبه للفروق بين المتشابهات من أجود أنواع العلم ، وبه يزول كثير من الإشكالات" (Shar'h ul-qawâ'ïd il-muthlâ fî sifât illâhi wa asmâ'ïhi-l-husnâ, p. 224).

La même différence est perceptible dans les formules suivantes...
– D'un côté nous avons : "وَمَا أَصَابَكُمْ مِنْ مُصِيبَةٍ فَبِمَا كَسَبَتْ أَيْدِيكُمْ" et : "ظَهَرَ الْفَسَادُ فِي الْبَرِّ وَالْبَحْرِ بِمَا كَسَبَتْ أَيْدِي النَّاسِ" : il ne s'agit pas de ce que les hommes (ou des hommes) ont commis par leurs mains seulement, mais de ce qu'ils ont commis, que ce soit par leurs mains, par leur langue, par leurs pieds, ou autre.
– Par contre, d'un autre côté nous avons : "فَوَيْلٌ لِلَّذِينَ يَكْتُبُونَ الْكِتَابَ بِأَيْدِيهِمْ ثُمَّ يَقُولُونَ هَذَا مِنْ عِنْدِ اللَّهِ" : ici il s'agit d'avoir écrit par la main précisément : cela désigne : "مباشرة الشيء باليد" : avoir fait par sa main l'action désignée (Shar'h ul-qawâ'ïd il-muthlâ fî sifât illâhi wa asmâ'ïhi-l-husnâ, pp. 221-22.).

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Un autre exemple :

De même, "مَنْ بِيَدِهِ مَلَكُوتُ كُلِّ شَيْءٍ" peut signifier : "Qui est le détenteur de la Royauté de toute chose ?", sans que la Royauté soit quelque chose qui se trouve réellement dans la Main de Dieu (la formule "بِيَدِهِ" étant alors un kinâya pour signifier : "être détenteur de", sans que que cela soit réellement dans sa main).
Ce sens est possible dans la langue arabe, comme dans cet autre verset : "إَلاَّ أَن يَعْفُونَ أَوْ يَعْفُوَ الَّذِي بِيَدِهِ عُقْدَةُ النِّكَاحِ" (Coran 2/237) : cette "عُقْدَةُ النِّكَاحِ" ne se trouve pas réellement dans la main de cet homme.

Mais ce n'est pas parce que cela peut être interprété ainsi, ici, que cela serait possible partout, et donc que le terme "يد الله" ne désignerait pas un Attribut de Dieu, différent de l'Etre de Dieu (différent au sens où cela s'entend : lire notre article sur le sujet).

Plus encore : même quand la formule "بِيَدِهِ" est un kinâya (une périphrase) pour signifier : "être détenteur de", sans que que cela soit réellement dans sa main, cela implique l'existence d'une "يد" réelle.

Ibn ul-Qayyim écrit ainsi :

"الوجه السادس عشر: أن يد القدرة والنعمة لا يعرف استعمالها البتة إلا في حق من له يد حقيقة، فهذه موارد استعمالها من أولها إلى آخرها مطردة في ذلك، فلا يعرف العربي خلاف ذلك، فاليد المضافة إلى الحي إما أن تكون يدا حقيقة أو مستلزمة للحقيقة. و أمّا أن تضاف إلى من ليس له يد حقيقة وهو حي متصف بصفات الأحياء، فهذا لا يعرف البتة.
وسر هذا أن الأعمال والأخذ والعطاء والتصرف لما كان باليد وهي التي تباشره عبروا بها عن الغاية الحاصلة بها، وهذا يستلزم ثبوت أصل اليد حتى يصح استعمالها في مجرد القوة والنعمة والإعطاء، فإذا انتفت حقيقة اليد امتنع استعمالها فيها فيما يكون باليد.
فثبوت هذا الاستعمال المجازي: من أدل الأشياء على ثبوت الحقيقة.
فقوله تعالى (...) في المنافقين (ويقبضون أيديهم) كناية عن البخل؛ ولا ينفي أن يكون لهم أيد حقيقة.
وكذلك قوله (ولا تجعل  يدك مغلولة إلى عنقك ولا تبسطها كل البسط) المراد به: النهي عن البخل والتقتير والإسراف؛ وذلك مستلزم لحقيقة اليد.
وكذلك قوله تعالى (أو يعفو الذي بيده عقدة النكاح): أي يتولى عقدها، وهو إنما يعقدها بلسانه؛ ولكن لا يقال ذلك إلا لمن له يد حقيقة.
وكذلك قوله (ولما سقط في أيديهم) هو كناية عن الندم وتيقن التفريط والإضاعة بمنزلة من سقط منه الشيء فيحيل بينه وبينه.
(...)
ومن هذا قول النبي صلى الله عليه وسلم: "أسرعكن لحوقا بي أطولكن يدا"؛ فكن يخرجن أيديهن ليعلمن أيتهن أطول يدا . فلما سبقتهن زينب إلى اللحاق به ولم تك يدها الذاتية أطول من أيديهن، علمن أنه أراد طولها بالصدقة ؛ وكانت تسمى أم المساكين لكثرة صدقتها. ومثل هذا اللفظ يحتمل المعنيين. ولهذا فهم نساؤه منه ـ وهن أفصح نساء العرب ـ اليد الحقيقية، حتى تبين لهن أخيرا أنه طولها بالصدقة. (...)  ولكن لا يستعمل طول اليد بالصدقة إلا في حق من له يد ذاتية. فسواء كان المراد بقوله: "أطولكن يدا" اليد الذاتية أو اليد المعنوية، فهو مستلزم لثبوت يد الذات، وإن أطلق على ما تباشره ويكون بها من الصدقة والإحسان. فإن كان في اللفظ ما يعين ذلك فهو حقيقة في المراد، وإن لم يكن في اللفظ ما يعينه فهو للكناية المستعملة في المصلحة.
فليس في ذلك ما ينفي حقيقة اليد لله بوجه من الوجوه"

(Mukhtassar as-sawâ'ïq il-mursala, p. 518).

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II) A propos des termes "وجه الله" :

En règle normale, "وجه الله" désigne un Attribut de Dieu et non pas l'Etre de Dieu avec tous Ses Attributs (ذات الله مع جميع صفاته) (cf. Mukhtassar as-sawâ'ïq il-mursala, p. 531).

Par contre, dans ce verset "كُلُّ شَيْءٍ هَالِكٌ إِلَّا وَجْهَهُ" (Coran 28/88) précisément, il désigne "ذات الله مع جميع صفاته".
Adh-Dhahhâk
et Abû 'Ubayda ont ainsi, de ce verset : ""كُلُّ شَيْءٍ هَالِكٌ إِلَّا وَجْهَهُ"", fait le commentaire suivant : "أي إلا هو".

Le fait est que Dieu est aussi "شَيْء", cela ressort de Coran 6/19, comme al-Bukhârî l'a démontré : "قُلْ أَىُّ شَىْءٍ أَكْبَرُ شَهَادَةً قُلِ اللَّهُ؛ فسَمَّى اللَّهُ تَعَالَى نَفْسَهُ شَيْئًا" (Sahîh ul-Bukhârî, Kitâb ut-tawhîd, Bâb n° 21). (Le terme "شيء" signifie "موجود", "existant", comme Ibn Hajar l'a écrit : Fat'h ul-bârî 13/493.) Dès lors, si dans le verset "كُلُّ شَيْءٍ هَالِكٌ إِلَّا وَجْهَهُ" (Coran 28/88) on n'appréhendait pas le terme "وَجْهَهُ" dans son sens figuré de "ذات الله مع جميع صفاته" mais dans le sens de l'Attribut de Dieu précis, cela signifierait ce qu'on peut facilement penser, ce qui est bien évidemment faux. C'est pourquoi on dit que, en règle générale, le terme "وَجْه اللهُ" désigne bien un Attribut de Dieu et non pas "ذات الله مع جميع صفاته", mais que, dans ce verset précisément, il y a eu emploi du juz' pour désigner le kull ('alâqa juz'iyya) : le terme "وَجْهَهُ" est donc, ici, un majâz.

Cependant, ce n'est pas parce que appréhender ce terme au sens figuré soit nécessaire dans ce verset précisément, que cela est nécessaire, voire même seulement possible, partout.
Dans l'invocation suivante, enseignée par le Prophète (sur lui soit la paix), cela n'est pas possible : on y voit le Prophète parler de Dieu Lui-même, de Sa Face, et de Son Pouvoir : "أَعُوذُ بِاللَّهِ الْعَظِيمِ وَبِوَجْهِهِ الْكَرِيمِ وَسُلْطَانِهِ الْقَدِيمِ مِنَ الشَّيْطَانِ الرَّجِيمِ" : "Je recherche la protection de Dieu le Très Grand, et de Sa Noble Face, et de Son Pouvoir Ancien, contre Satan le rejeté" (rapporté par Abû Dâoûd, n° 466). Le Pouvoir de Dieu est un Attribut de Dieu. La Face de Dieu est aussi un Attribut de Dieu.

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Un autre exemple :

Par rapport au verset "فَأَيْنَمَا تُوَلُّواْ فَثَمَّ وَجْهُ اللّهِ", Mujâhid et ash-Shâfi'î (qui font tous deux partie des Salaf) ont interprété les termes "وَجْهُ اللّهِ" s'y trouvant comme signifiant : "قبلة الله".

Cela est vrai.

Mais ce n'est pas parce que appréhender ces deux termes au sens figuré soit possible dans ce verset précisément (et ce parce que "وَجْهُ" veut parfois dire "جهة") qu'il puisse l'être partout.
Ibn ul-Qayyim
(bien que trouvant quant à lui plus pertinent, "awlâ", de ne pas adopter cette interprétation de Mujâhid) écrit ainsi : "أن تفسير وجه الله بقبلة الله وإن قاله بعض السلف كمجاهد وتبعه الشافعي، فإنما قالوه في موضع واحد لا غير، وهو قوله تعالى: (ولله المشرق والمغرب فأينما تولوا فثم وجه الله). فهب أن هذا كذلك في هذا الموضع، فهل يصح أن يقال ذلك في غيره في المواضع التي ذكر الله تعالى فيها الوجه ؟" (Mukhtassar as-sawâ'ïq il-mursala, p. 538).

Dieu accordera, comme plus grand plaisir pour les bienheureux habitants du Paradis, la faveur de contempler Sa Face. En effet, au sein d'une invocation que le Prophète faisait, il y a ces termes : "وَأَسْأَلُكَ بَرْدَ الْعَيْشِ بَعْدَ الْمَوْتِ وَأَسْأَلُكَ لَذَّةَ النَّظَرِ إِلَى وَجْهِكَ وَالشَّوْقَ إِلَى لِقَائِكَ فِى غَيْرِ ضَرَّاءَ مُضِرَّةٍ وَلاَ فِتْنَةٍ مُضِلَّةٍ" : "Et je te demande la fraîcheur de la vie après la mort. Et je te demande le délice de regarder Ta Face, ainsi que le désir de Te rencontrer ; sans que cela soit (suite à) un malheur faisant du tort, ni un trouble égarant" (rapporté par an-Nassâ'ï, n° 1288 etc.).

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III) A propos du terme "ساق" :

Nous lui avons consacré un article entier : "يَوْمَ يُكْشَفُ عَن سَاقٍ" : Ibn Abbâs ayant fait la ta'wîl du terme "سَاقٍ", peut-on en déduire qu'on peut faire la ta'wîl de "يَدَيّ" dans "خَلَقْتُ بِيَدَيّ" ?

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

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