Distinguer : – le fait de considérer une personne précise comme étant "kâfir"(par rapport aux règles de ce monde) ; – et le fait de déclarer cette personne : "étant dans le Feu dans l'autre monde"...

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Qu'est-ce que le Îmân, et qu'est-ce que le Kufr ?

"Kufr" signifie littéralement : "voiler" : "الكفر في اللغة: ستر الشيء" (Muf'radât ur-Râghib), "recouvrir".
Dans l'usage islamique il signifie : "renier" : "وأعظم الكفر: جحود الوحدانية أو الشريعة أو النبوة" (Ibid.). "والكافر على الإطلاق متعارف فيمن يجحد الوحدانية أو النبوة أو الشريعة، أو ثلاثتها" (Ibid.).

Or Shâh Waliyyullâh a exposé deux sens du terme "foi" : l'un par rapport à ce monde, le second par rapport à l'autre monde : "فجعل الإيمان على ضربين؛ أحدهما: الإيمان الذي يدور عليه أحكام الدنيا (...)؛ وثانيهما: الإيمان الذي يدور عليه أحكام الآخرة من النجاة والفوز بالدرجات" (Hujjât ullâh il-Bâligha 1/).

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"Kufr" est l'opposé de "Îmân", qui signifie pour sa part : "croire". Lire notre article quant à ce qu'il faut pour avoir le minimum de "Îmân" en quelque chose.

En fait...

--- En fait le Kufr consiste primo en le fait de s'être voilé le cœur spirituel et d'avoir donc renié l'existence, ou l'unicité de Dieu, ou bien toute autre croyance que l'homme connaît de par son seul cœur spirituel : toute croyance 'Aqla-qalbî (L'Intelligence du Cœur (العقل بالقلب) & la Révélation qu'on Entend (سمع الوحي بالأذن) : Lumière sur Lumière (نور على نور)). Renier un élément de cela, cela constitue du Kufr akbar.

--- Mais une fois que Dieu a suscité un messager avec un ensemble de croyances (croyances pures et croyances relatives à des actions), et qu'Il l'a pourvu de signes prouvant qu'il est bien suscité par le Créateur, se voiler le cœur ou la raison, et renier donc ce messager, cela constitue aussi, et secundo, du Kufr akbar (même si on était déjà monothéiste, ou qu'on suivait déjà un messager précédent).

Nous avons dès lors :
----- le Kufr bi asli-hî (croyance athée, agnostique ou polycultiste) ;
----- et le Kufr târi' (non-adhésion au plus récent message de Dieu s'adressant à nous aussi).

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--- Par ailleurs, apporter foi en ce messager, mais renier un élément du message qu'il a apporté, cela constitue aussi du Kufr akbar : dans le concret, cela constitue du kufr uniquement lorsque l'absence de tasdîq ou de iltizâm concerne l'élément dont c'est de façon certaine et très claire qu'il est établi que ce Messager l'a transmis en tant que Dîn, et qu'il est aisé à tout le monde de le comprendre : ce qui est tel est désigné par le nom "dharûriyyât ud-dîn" (ou encore "ma'lûm min ad-dîn bi-dh-dharûra"). (Il est également grave de renier les autres éléments dont il est prouvé que le Messager les a transmis en tant que dîn, mais le fait qu'ils ne soient pas du niveau des dharûriyyât ud-dîn fait que les renier conduit à de la déviance (dhalâl wa fisq) et non à de l'incroyance (kufr akbar).)

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Par ailleurs il faut noter qu'il arrive également :

--- i) qu'un humain n'ait eu connaissance d'aucun message divin ;
--- ii) qu'un autre humain ait eu connaissance d'un message divin, mais uniquement de l'interprétation déviante que des hommes l'ayant précédé avaient donné de ce message, et que cet humain n'ait pas eu connaissance du plus récent message divin, venu restaurer le vrai ;
--- iii) qu'un autre humain encore ait eu connaissance du plus récent message divin dans sa globalité, mais sous une forme complètement déformée, d'où le fait qu'il n'y a pas apporté foi parce que cela lui a semblé "ne pouvant pas provenir de Dieu" ;
--- iv) qu'un autre humain encore ait eu connaissance du plus récent message divin dans sa globalité, mais pas dans sa totalité, d'où le fait qu'il a apporté foi en ce message mais a complètement ignoré certains des éléments fondamentaux faisant partie de ce message et n'y a donc pas cru, pour cause d'ignorance.

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Il existe ici 2 hukm différents, correspondant aux 2 sens de "îmân" exposés par Shâh Waliyyullâh :

1) Le fait - pour nous musulmans - de déclarer un homme : "incroyant" (kâfir aslî) par rapport à ce monde :

L'application de ce qualificatif (ism) à un homme  (وصفه بالكافر بالنسبة للدنيا) entraîne (sabab) l'applicabilité (par les musulmans) de plusieurs règles (ahkâm shar'iyya) le concernant :
--- l'impossibilité qu'il hérite de son proche parent décédé, lequel est, lui, musulman ;
--- l'impossibilité, au cas où il meure ainsi, que les musulmans demandent pardon à Dieu en sa faveur ;
--- l'impossibilité pour lui de se marier avec une musulmane ;
--- (s'il s'agit d'une femme qui est kâfira ghayr-kitâbiyya : une kâfira autre que juive ou chrétienne :) l'impossibilité pour elle de se marier avec un musulman ;
--- (s'il s'agit d'un humain kâfir ghayr-kitâbî : un kâfir autre que juif ou chrétien :) l'impossibilité, pour le musulman, de manger de l'animal en soi licite que cet humain a égorgé ;
--- d'après seulement un avis (qui n'est par exemple pas celui de at-Tabarî) : l'impossibilité pour un musulman de lui adresser, le premier, comme salutation le salâm ;
--- d'après l'avis de Mâlik (mais pas d'autres mujtahidûn) : l'impossibilité, pour lui, qu'on le laisse entrer dans une mosquée.

A contrario
, le fait de déclarer quelqu'un "musulman" (muslim) entraîne les ahkâm shar'iyya opposés.

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2) Le fait - pour nous musulmans - de déclarer quelqu'un : "incroyant" (kâfir aslî) par rapport à l'autre monde :

L'application de ce qualificatif à une personne (وصفه بالكافر بالنسبة للآخرة) est la cause (sabab) de l'entretien d'une croyance ('aqîda) à son sujet :
--- le fait qu'elle soit destinée à la "perpétuité du châtiment de l'autre monde" (fi-n-nâr).

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Et chacun de ces 2 hukm a deux dimensions :

--- A) La dimension de la règle générale (al-hukm ul-'âmm) :

----- 1.A) cela concerne la règle énoncée en 1 (le hukm dunyawî) : la règle est que celui à qui le message d'un messager parvient et qui n'y adhère pas, celui-là ne fait qu'exercer sa liberté, mais est, dès lors, considéré par nous musulmans : "kâfir" : "إِنَّ الَّذِينَ يَكْفُرُونَ بِاللّهِ وَرُسُلِهِ وَيُرِيدُونَ أَن يُفَرِّقُواْ بَيْنَ اللّهِ وَرُسُلِهِ وَيقُولُونَ نُؤْمِنُ بِبَعْضٍ وَنَكْفُرُ بِبَعْضٍ وَيُرِيدُونَ أَن يَتَّخِذُواْ بَيْنَ ذَلِكَ سَبِيلاً أُوْلَئِكَ هُمُ الْكَافِرُونَ حَقًّا وَأَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ عَذَابًا مُّهِينًا" (Coran 4/150-151) ;
----- 2.A) et cela concerne aussi la règle mentionnée en 2 (le hukm ukhrawî) : c'est Dieu qui rendra le Jugement, certes, mais Il nous a fait savoir en tant que règle générale ce qu'il adviendra dans l'autre monde de ceux qui meurent en étant kâfir, donc sans s'être repentis de leur kufr : "إِنَّ اللَّهَ لَعَنَ الْكَافِرِينَ وَأَعَدَّ لَهُمْ سَعِيرًا خَالِدِينَ فِيهَا أَبَدًا" (Coran 33/64-65) ; "إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ وَالْمُشْرِكِينَ فِي نَارِ جَهَنَّمَ خَالِدِينَ فِيهَا أُوْلَئِكَ هُمْ شَرُّ الْبَرِيَّةِ" (Coran 98/6) : il s'agit de ceux qui sont morts ainsi : "إِنَّمَا التَّوْبَةُ عَلَى اللّهِ لِلَّذِينَ يَعْمَلُونَ السُّوَءَ بِجَهَالَةٍ ثُمَّ يَتُوبُونَ مِن قَرِيبٍ فَأُوْلَئِكَ يَتُوبُ اللّهُ عَلَيْهِمْ وَكَانَ اللّهُ عَلِيماً حَكِيماً وَلَيْسَتِ التَّوْبَةُ لِلَّذِينَ يَعْمَلُونَ السَّيِّئَاتِ حَتَّى إِذَا حَضَرَ أَحَدَهُمُ الْمَوْتُ قَالَ إِنِّي تُبْتُ الآنَ وَلاَ الَّذِينَ يَمُوتُونَ وَهُمْ كُفَّارٌ أُوْلَئِكَ أَعْتَدْنَا لَهُمْ عَذَابًا أَلِيمًا" : "Le pardon [= la promesse de Pardon] n'est pas en faveur de ceux qui font les mauvaises actions et ensuite, lorsque la mort se présente à l'un d'eux, dit : "Je me repens maintenant". Ni (en faveur de) ceux qui meurent kâfir (...)" (Coran 4/17-18) ; et : "إِنَّ اللّهَ لاَ يَغْفِرُ أَن يُشْرَكَ بِهِ وَيَغْفِرُ مَا دُونَ ذَلِكَ لِمَن يَشَاء وَمَن يُشْرِكْ بِاللّهِ فَقَدْ ضَلَّ ضَلاَلاً بَعِيدًا" : "Dieu ne pardonne pas qu'on Lui attribue des associés (dans le caractère divin). Et Il pardonne ce qui est en-deçà de cela à qui Il veut" (Coran 4/116).

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--- B) La dimension de l'application de cette règle générale à une personne précise (al-hukm 'ala-l-'ayn / 'ala-l-mu'ayyan) :

----- 1.B) il s'agit de l'application, par nous humains, à une personne précise, du qualificatif "kâfir" ("Untel est kâfir") (et ce par à cause du simple constat qu'elle n'a pas apporté foi), et, partant, de toutes les règles temporelles (hukm dunyawî) qui y sont attachées (citées plus haut en 1) ;
----- 2.B) et il s'agit de l'affirmation, par nous humains, que telle personne précise est kâfir "auprès de Dieu", et, dès lors, se trouve dans le Feu de l'autre monde (hukm ukhrawî) (2) ; par exemple : "M. Untel est actuellement dans le Feu de l'autre monde, y subissant le châtiment" ; "Mon oncle est actuellement dans le Paradis". Nous pouvons le faire au sujet de Pharaon, dont Dieu nous a dit qu'il se trouve dans le châtiment : "وَحَاقَ بِآلِ فِرْعَوْنَ سُوءُ الْعَذَابِ النَّارُ يُعْرَضُونَ عَلَيْهَا غُدُوًّا وَعَشِيًّا وَيَوْمَ تَقُومُ السَّاعَةُ أَدْخِلُوا آلَ فِرْعَوْنَ أَشَدَّ الْعَذَابِ" (Coran 40/45-46) ; "وَمَا أَمْرُ فِرْعَوْنَ بِرَشِيدٍ يَقْدُمُ قَوْمَهُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ فَأَوْرَدَهُمُ النَّارَ وَبِئْسَ الْوِرْدُ الْمَوْرُودُ وَأُتْبِعُواْ فِي هَذِهِ لَعْنَةً وَيَوْمَ الْقِيَامَةِ بِئْسَ الرِّفْدُ الْمَرْفُودُ" (Coran 11/97-99). Dieu nous a même dit ceci, qui semble montrer qu'il peut devenir clair aux musulmans qu'une personne défunte fait partie des gens du Feu : "مَا كَانَ لِلنَّبِيِّ وَالَّذِينَ آمَنُواْ أَن يَسْتَغْفِرُواْ لِلْمُشْرِكِينَ وَلَوْ كَانُواْ أُوْلِي قُرْبَى مِن بَعْدِ مَا تَبَيَّنَ لَهُمْ أَنَّهُمْ أَصْحَابُ الْجَحِيمِ" : "Le Prophète et ceux qui ont apporté foi n'ont pas à demander pardon en faveur de ceux qui sont associateurs, fussent-ils gens de parenté, après qu'il leur soit devenu clair qu'ils sont des gens du feu" (Coran 9/113). Ce verset a été révélé suite au décès de Abû Tâlib. Or ce dernier est mort en présence du Prophète, en disant : "على ملة عبد المطلب" (al-Bukhârî).

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I) Pour ce qui est du Kufr Aslî :

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Par rapport au Hukm Dunyawî (1) :

La dimension 1.A (celle de la règle générale) est comme suit :

--- 1.A.a) Celui qui n'a pas apporté foi en l'Existence, ou en l'Unicité de Dieu, alors même que le message de Dieu lui est parvenu, celui-là est considéré par nous : kâfir aslî.

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--- 1.A.b) Celui qui a foi en l'Unicité de Dieu, et n'était pas dans le kufr mais dans le îmân par rapport au message précédent, demeuré sous une forme suffisamment préservée, cependant, alors que le message d'un messager de Dieu suivant lui est parvenu sous sa forme originelle (ou sous une forme suffisamment préservée), n'a pas apporté foi en le caractère de "vrai messager de Dieu" du plus récent messager de Dieu, celui-là est considéré par nous : kâfir aslî. Il s'agit d'un kufr târi'. Ce fut le cas des juifs à qui le message de Jésus parvint sous sa forme authentique, mais qui ne crurent pas en lui, ne le suivirent pas dans la réforme qu'il apporta, et ne le crurent pas être le vrai Messie.

--- 1.A.b') Celui qui a foi en l'Unicité de Dieu et n'était pas dans le kufr mais dans le îmân par rapport au message précédent, demeuré sous une forme suffisamment préservée, et le message suivant ne lui est pas du tout parvenu (bien qu'étant déjà venu sur Terre) : celui-là n'est pas dans le kufr mais dans le îmân, puisque, le message suivant ne lui étant pas parvenu, il n'est en fait pas, pour sa part dans le kufr târi' : il n'est pas responsable de ne pas avoir adhéré à ce qui ne lui est pas du tout parvenu.

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--- 1.A.c) Celui qui n'avait pas foi en l'Unicité de Dieu, mais à qui aucun message d'origine divine n'est parvenu :
----------- même alors, sa croyance est, cela est certain, qualifiée de "kufr" (car le statut d'une croyance ou d'une action est fixe : or ici il s'agit de kufr) ;
----------- mais la personne ayant alors eu cette croyance, est-elle qualifiée de "kâfir" ?
La réponse est que :
d'après une perspective : Non, le qualificatif "kâfir" ne sera pas appliqué à une telle personne (ni d'ailleurs celui de "mu'min"), vu que le "kâfir" est celui qui renie, qui réfute ; or, pour qu'il y ait "réfutation de la vérité", il faut que cette vérité soit parvenue à la  personne. Par contre, en ce monde, les ahkâm concernant le kâfir lui seront appliqués ;
et d'après une autre perspective : Oui, une telle personne est qualifiée de kâfir ; cependant, c'est dans l'autre monde que, la condition de l'applicabilité de la sanction n'étant pas présente, la sanction prévue dans l'autre monde pour cause de kufr ne lui sera pas appliquée.
("الوجه الثامن عشر: قوله: "ولا يخلو من مات في الفترة من أن يكون كافرا، أو غير كافر؛ فإن كان كافرا فإن الله حرم الجنة على الكافرين؛ وإن كان معذورا بأنه لم يأته رسول فكيف يؤمر باقتحام النار؟" جوابه من وجوه:
أحدها أن يقال: هؤلاء لا يحكم لهم بكفر ولا إيمان؛ فإن الكفر هو جحود ما جاء به الرسول، فشرط تحققه بلوغ الرسالة؛ والإيمان هو تصديق الرسول فيما أخبر وطاعته فيما أمر، وهذا أيضا مشروط ببلوغ الرسالة؛ ولا يلزم من انتفاء أحدهما وجود الآخر إلا بعد قيام سببه. فلما لم يكن هؤلاء في الدنيا كفارا ولا مؤمنين، كان لهم في الآخرة حكم آخر غير حكم الفريقين. فإن قيل: فأنتم تحكمون لهم بأحكام الكفار في الدنيا، من التوارث والولاية والمناكحة؟ قيل: إنما نحكم لهم بذلك في أحكام الدنيا، لا في الثواب والعقاب، كما تقدم بيانه.
الوجه الثاني: سلمنا أنهم كفار، لكن انتفاء العذاب عنهم لانتفاء شرطه وهو قيام الحجة عليهم، فإن الله تعالى لا يعذب إلا من قامت عليه حجته" : Ahkâmu ahl idh-dhimma, p. 656).
Ces deux perspectives sont à comprendre comme suit :
--- La première perspective est que le nom "kâfir" ne leur était pas applicable en ce monde (pour cause d'absence de l'un de ses constituants : le juhûd), mais que, par contre, les ahkâm concernant ceux qui ne sont pas musulmans leur étaient bien appliqués en ce monde. Quant à l'autre monde, ni le nom ni le hukm ukhrawî ne leur y seront non plus applicables.
--- La seconde perspective est que le nom ainsi que les ahkâm leur étaient applicables en ce monde. Dans l'autre monde, le nom "kâfir" leur sera applicable, mais pas le hukm, et ce pour cause d'absence de la condition (shart) dont dépend ce hukm ukhrawî : avoir reçu un message.
--- Je penche personnellement vers cette seconde perspective.

Est-ce que cette différence de perspectives recoupe la divergence existant quant à savoir si certains points existent, ou pas, que le 'Aql bi-l-Qalb est capable de trouver de lui-même : l'Existence de Dieu, Son caractère divin unique et d'autres points de ce genre ?
Si cela la recoupe, alors cela impliquerait que ce sont les ulémas qui, à cette question-là, répondent par un "Non" ("La conscience humaine n'est pas capable de trouver d'elle-même ces points") (il s'agit de al-Ash'arî ainsi que de ceux qui, parmi les ulémas postérieurs des 4 écoles, l'ont suivi : Al-Jawâb us-sahîh, 1/275), qui penchent vers la première perspective : "Non, une personne telle que celle évoquée ne sera pas qualifiée de : kâfir, ni de : mu'min". Et que ce sont les ulémas qui, à cette question-là, répondent par un "Oui" ("La conscience humaine est capable de trouver d'elle-même ces points"), qui penchent vers la seconde perspective : "Si, une personne telle que celle évoquée sera bel et bien qualifiée de : kâfir".
Mais je ne sais pas (لا أدري) si cette différence de perspectives recoupe cette divergence-là.

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--- 1.A.d) Celui à qui, un message était globalement parvenu, mais ensuite s'était mis soit à tomber dans le polycultisme, soit à mélanger la théorie même de ce message avec une dose de polycultisme, et qui était donc dans le kufr (par exemple il adhérait à la Trinité), et qui n'a pas eu connaissance du message le plus récent venu exposer la vérité, alors...
Un verset coranique dit : "لَمْ يَكُنِ الَّذِينَ كَفَرُوا مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ وَالْمُشْرِكِينَ مُنفَكِّينَ حَتَّى تَأْتِيَهُمُ الْبَيِّنَةُ رَسُولٌ مِّنَ اللَّهِ يَتْلُو صُحُفًا مُّطَهَّرَةً فِيهَا كُتُبٌ قَيِّمَةٌ" : "Ceux qui avaient fait Kufr, parmi les Gens du livre et les Polycultistes, n'en étaient pas à cesser [leur Kufr], jusqu'à ce que leur vienne la preuve évidente : un messager de Dieu récitant des feuillets purifiés, dans lesquels se trouvent des écrits droits" (Coran 98/1-3). Voyez : avant même que la preuve claire leur parvienne, Dieu a dit de ces gens qu'ils "ont fait le kufr", "ka-fa-ra". Il est question dans ce verset de ceux qui étaient déjà dans le kufr avant la venue du Sceau des prophètes : certains des polycultistes, les juifs à qui le message de Jésus était parvenu mais qui n'y avaient pas cru, et les chrétiens trinitariens.

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L'aspect 1.B (celui des personnes précises) est lui aussi relativement aisé à comprendre :

Ce qui constitue le kufr akbar chez quelqu'un (je parle de kufr aslî), le constat de sa présence chez une personne précise suffit à ce que nous lui appliquions le nom "kâfir" ainsi que les ahkâm qui y sont liées.

Reste ici le cas de ceux qui sont des enfants et qui sont dans le kufr : sont-ils qualifiés de "kâfir" par nous ?
La réponse est que par rapport à ce monde, nous leur appliquons en effet ce nom "kâfir" par rapport à leur apparence extérieure : "هذا فى أحكام الثواب والعقاب. وأما فى أحكام الدنيا فهى جارية مع ظاهر الأمر: فأطفال الكفار ومجانينهم كفار فى أحكام الدنيا، لهم حكم أوليائهم" (Tarîq ul-hijratayn, p. 610).
Quant au passage suivant : "الطبقة الرابعة عشرة: قوم لا طاعة لهم ولا معصية، ولا كفر ولا إيمان. وهؤلاء أصناف: منهم من لم تبلغه الدعوة بحال ولا سمع لها بخبر، ومنهم المجنون الذى لا يعقل شيئاً ولا يميز، ومنهم الأصم الذى لا يسمع شيئاً أبداً، ومنهم أطفال المشركين الذين ماتوا قبل أن يميزوا شيئاً" (Tarîq ul-hijratayn, p. 570), il parle :
--- soit de ce monde-ci, mais ce passage :
----- parle (quant aux enfants) de leur for intérieur, voulant dire qu'ils sont toujours sur la fit'ra ;
----- et parle (quand à ceux à qui aucun message n'était parvenu) du fait que ces hommes ne sont qualifiés ni de mu'min, ni de kâfir (ce qui rejoint la première des deux perspectives citées plus haut en 1.A.c) ;
--- soit de l'autre monde (عند الله).

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Et par rapport au Hukm Ukhrawî (2) :

L'aspect 2.A (celui des règles générales) est lui aussi relativement aisé :

--- 2.A) "Celui qui meurt en étant kâfir aslî alors que le message lui était parvenu (1.A.a ou 1.A.b), celui-là sera dans le Feu perpétuel de l'autre monde".
Cette règle générale relève de notre croyance, elle nous est directement donnée par le Coran et la Sunna : des versets ont été cités plus haut.

--- 2.A') "Et celui qui meurt en n'ayant pas cru en Dieu mais à qui aucun message n'était parvenu (1.A.c), sera-t-il dans le Feu perpétuel de l'autre monde ?"
----- Il y a divergence entre les ulémas sur ce point. Lire notre article : Qu'adviendra-t-il, dans l'autre monde, des humains auxquels le message d'aucun prophète n'était parvenu ? - الحكم الأخروي للناس الذين لم يبلغهم رسالة نبي واحد.

--- 2.A'') "Et celui qui meurt en adhérant à une voie ayant été modifiée au point de comporter du kufr mais à qui le message plus récent, venu restaurer le vrai, n'est pas parvenu (1.A.d), sera-t-il dans le Feu perpétuel de l'autre monde ?"
----- Lire à ce sujet notre article : Qu'adviendra-t-il, dans l'autre monde, de ceux auxquels le message divin le plus récent n'était pas parvenu ? - الحكم الأخروي لمن لم يبلغه أحدث رسالة ; y est aussi évoqué le cas de celui à qui le plus récent message n'est parvenu que de façon totalement déformée (le cas iii plus haut évoqué).

--- 2.A''') Il existe encore le cas de celui jusque la région de qui le message était parvenu, mais qui, étant limité intellectuellement, est demeuré sur la religion des leaders d'opinion de la région : cela constitue du Kufr ul-'i'râdh dans certains cas, mais pas dans certains autres :
----- Lire notre article traitant des différents types de Kufr Akbar.

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L'aspect 2.B (celui de se prononcer quant au devenir dans l'autre monde d'une personne précise) est comme suit :

------ Si le Coran ou la Sunna ont dit au sujet de cette personne précise qu'elle est dans le châtiment de l'autre monde, alors la réponse est :
Oui, une telle personne sera qualifiée de "se trouvant dans le Feu dans l'autre monde". C'est le cas de Abû Lahab et de sa femme : "Il brûlera très bientôt dans un Feu doté de flammes. Ainsi que sa femme, la porteuse de fagot, dans le cou de qui il y a une corde tressée" : "تَبَّتْ يَدَا أَبِي لَهَبٍ وَتَبَّ مَا أَغْنَى عَنْهُ مَالُهُ وَمَا كَسَبَ سَيَصْلَى نَارًا ذَاتَ لَهَبٍ وَامْرَأَتُهُ حَمَّالَةَ الْحَطَبِ فِي جِيدِهَا حَبْلٌ مِّن مَّسَدٍ" (Coran 111/1-5). C'est également le cas de al-Walîd ibn ul-Mughîra (le nom de celui-ci n'est cependant pas explicité dans le passage) : "سَأُصْلِيهِ سَقَرَ" (Coran 74/26). C'est aussi le cas de par exemple les 24 des ennemis du Prophète morts en le combattant à Badr et ayant été placés dans une fosse (un ancien puits) : le Prophète leur avait dit certaines choses alors qu'ils étaient dans cette fosse. C'est aussi le cas des parents du Prophète"عن أنس، أن رجلا قال: يا رسول الله، أين أبي؟ قال: "في النار"، فلما قفى دعاه، فقال: "إن أبي وأباك في النار" (Muslim, 203).

------ Et si les Textes n'ont pas dit de cette personne précise qu'elle se trouve dans la Géhenne, alors :

-------- S'il s'agit d'une personne à qui le message était parvenu et qu'on a vue de façon certaine mourir sur le kufr (par exemple elle est morte en prononçant son adhésion au kufr) :
Un verset dit : "مَا كَانَ لِلنَّبِيِّ وَالَّذِينَ آمَنُواْ أَن يَسْتَغْفِرُواْ لِلْمُشْرِكِينَ وَلَوْ كَانُواْ أُوْلِي قُرْبَى مِن بَعْدِ مَا تَبَيَّنَ لَهُمْ أَنَّهُمْ أَصْحَابُ الْجَحِيمِ" : "Le Prophète et ceux qui ont apporté foi n'ont pas à demander pardon en faveur de ceux qui sont associateurs, fussent-ils gens de parenté, après qu'il leur soit devenu clair qu'ils sont des gens du feu" (Coran 9/113). Ce verset a été révélé suite au décès de Abû Tâlib. Or ce dernier est mort en présence du Prophète, en disant : "على ملة عبد المطلب" (al-Bukhârî). A la question sus-citée, la réponse est alors : Oui, une telle personne sera considérée par nous comme "se trouvant dans le Feu dans l'autre monde". C'est ce que le verset veut dire : il est devenu clair à ces musulmans qu'Untel est mort kâfir, et qu'il fait donc partie des gens du Feu.

-------- Si on ne l'a pas vue de façon certaine mourir sur le kufr, alors :
Non, une telle personne, on ne peut pas se prononcer, ni entretenir au fond de soi de conviction volontaire, au sujet de là où cette personne se trouve : cela n'est pas de notre ressort, mais du ressort de Dieu.
Le fait est que :
d'une part on n'a pas le droit de demander à Dieu de lui accorder Son Pardon ou de l'accueillir dans Sa Grâce (car l'autorisation d'intercéder en faveur de quelqu'un est conditionnée au fait que, selon les apparences, ce quelqu'un est mort avec la foi que Dieu agrée) ;
mais d'autre part on n'a pas non plus le droit d'affirmer ni de penser volontairement que cette personne est dans la Géhenne (car on ne sait pas dans quel état la personne est morte : elle peut avoir été guidée juste avant de mourir). Ibn ul-'Uthaymîn : "أما الشهادة بالكفر، ففي الدنيا نشهد على أن هذا الرجل الكافر الذي يعلن الكفر ويعتز به، نشهد أنه كافر، ونشهد أنه مات على الكفر ما لم يظهر لنا أنه تاب. لكن النار لا نشهد بها، لأن هذا عمل غيبي، قد يكون في آخر لحظة آمن، ما ندري؛ ولكن هل إذا لم نشهد له، هل ينفعه ذلك ويمنعه من النار؟ لا ينفعه، هو إذا كان في النار فهو في النار، سواء شهدنا أم لم نشهد؛ إذاً لا فائدة من أن نقول: هو في النار، أو: ليس في النار. إنما أحكام الدنيا نحكم بأنه كافر" (Liqâ'ât ul-bâb il-maftûh). Ibn ul-Qayyim au sujet de la différence entre le cas théorique de croire (2.A''') que ceux qui n'ont pas adhéré au message alors même que ce message est parvenu et qu'ils l'avaient suffisamment compris dans sa globalité, et le cas des personnes précises (2.B) : distinguer certaines des personnes précises qui ne l'avaient pas compris car étant réellement de niveau intellectuel trop limité, Seul Dieu peut le faire :  "والله يقضى بين عباده يوم القيامة بحكمه وعدله، ولا يعذب إلا من قامت عليه حجته بالرسل، فهذا مقطوع به فى جملة الخلق؛ وأما كون زيد بعينه وعمرو بعينه قامت عليه الحجة أم لا، فذلك مما لا يمكن الدخول بين الله وبين عباده فيه. بل الواجب على العبد أن يعتقد أن كل من دان بدين غير دين الإسلام فهو كافر، وأن الله سبحانه وتعالى لا يعذب أحداً إلا بعد قيام الحجة عليه بالرسول؛ هذا فى الجملة؛ والتعيين موكول إلى علم الله عز وجل وحكمه. هذا فى أحكام الثواب والعقاب. وأما فى أحكام الدنيا فهى جارية مع ظاهر الأمر: فأطفال الكفار ومجانينهم كفار فى أحكام الدنيا لهم حكم أوليائهم. وبهذا التفصيل يزول الإشكال فى المسألة" (Tarîq ul-hijratayn, p. 609).

En fait :
– Appliquer le qualificatif "kâfir" à une personne précise est une chose liée aux ahkâm dunyawiyya (1.B) : on peut et on doit le faire.
– Mais appliquer la sentence de tel devenir dans l'autre monde à cette personne précise (2.B), cela relève de la Prérogative de Dieu. (Quant au hadîth : "حيثما مررت بقبر كافر فبشره بالنار", il n'est pas authentique d'après l'avis que je suis.)
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Cela entraîne que d'une part, une personne étant qualifiée de "kâfir" et étant - apparemment - morte ainsi (
1.B), nous ne pouvons pas invoquer Dieu qu'Il lui pardonne : nous sommes responsables des apparences, or le istis'hâb ul-hâl entraîne qu'on considère que, selon les apparences, elle est morte avec la croyance avec laquelle elle vivait (tant qu'aucun élément supplémentaire n'est venu apporter de modification dans cet état des choses).
Mais d'autre part nous n'avons pas de certitude quant à ce qui est advenu de cette personne dans l'autre monde (2.B), car il reste une possibilité que Dieu l'ait guidée avant qu'elle meure : cette possibilité ne peut pas entraîner qu'on ne lui applique pas le qualificatif "kâfir" ; elle entraîne seulement qu'on ne dira pas qu'elle est dans le Feu mais qu'on gardera silence sur ce point.

Tout ce qui vient d'être dit concerne les personnes kâfir à qui le message est dûment parvenu et qui ont choisi de ne pas y adhérer.
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Car pour ce qui est des personnes à qui aucun message n'est parvenu – et même si (d'après la seconde des deux perspectives citées en 1.A.c), ces personnes sont qualifiées de kâfir bi-l-'ayn, il y a divergence entre les ulémas quant à la règle générale de leur devenir dans l'autre monde (voir plus haut : 2.A). Au sujet des personnes précises (2.B) relevant de cet autre type, c'est donc à plus forte raison qu'on gardera silence quant à leur devenir dans l'autre monde.

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II) Pour ce qui est de la Parole de Kufr prononcée par quelqu'un qui est musulman, ou qui était jusqu'à peu musulman, ou de l'Action de Kufr commise par un tel homme :

Ici aussi, il existe :

la règle applicable par nous en ce monde (1),
et celle relative à l'autre monde (2).

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2) Pour l'autre monde, la croyance est claire :

--- "وَمَن يَرْتَدِدْ مِنكُمْ عَن دِينِهِ فَيَمُتْ وَهُوَ كَافِرٌ فَأُوْلَئِكَ حَبِطَتْ أَعْمَالُهُمْ فِي الدُّنْيَا وَالآخِرَةِ وَأُوْلَئِكَ أَصْحَابُ النَّارِ هُمْ فِيهَا خَالِدُونَ" : "Et celui d'entre vous qui apostasie de sa religion puis meurt en n'étant pas croyant, ceux-là leurs actions seront annulées dans ce monde et dans l'autre. Et ceux-là seront les compagnons du feu, dans lequel ils seront perpétuellement" (Coran 2/217).
--- "وَمَن يَكْفُرْ بِالإِيمَانِ فَقَدْ حَبِطَ عَمَلُهُ وَهُوَ فِي الآخِرَةِ مِنَ الْخَاسِرِينَ" : "Et celui qui renie la foi, son oeuvre est annulée. Et il sera dans la vie dernière parmi les perdants" (Coran 5/5).

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1) Pour ce monde ci, il y a la règle générale (1.A) et il y a l'application de cette règle à une personne précise (1.B).
–--- 1.A) La règle générale est connue :

L'apostasie se fait de 2 façons :
--- soit un homme qui était dûment musulman affirme qu'il a quitté l'islam et est maintenant adepte de telle autre religion ;
--- soit un homme qui est musulman tient une parole de kufr akbar ou fait une action de kufr akbar, tout en se disant toujours musulman. Nous savons que cela constitue du kufr akbar et de la ridda parce que c'est ce que les Compagnons du Prophète ont dit au sujet de ceux qui ont renié le caractère obligatoire de la zakât, et de ceux qui ont renié le caractère interdit du vin.

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1.B) Par contre, le qualificatif "murtadd" ou "kâfir" sera-t-il appliqué à un homme précis (mu'ayyan) se trouvant dans l'un de ces cas de figure ?

--------- Si l'homme qui était dûment musulman affirme qu'il a quitté l'islam et est maintenant adepte de telle autre religion, alors, Oui, le terme "kâfir" et "murtadd" lui est alors appliqué, ce qui entraîne (d'après l'avis de Abû Hanîfa) que ses bonnes actions passées ont été juridiquement annulées (s'il revient à l'islam, il lui faudra de nouveau accomplir une fois le pèlerinage s'il en a les moyens).

--------- Si l'homme qui est musulman tient une parole de kufr akbar ou fait une action de kufr akbar, tout en se disant toujours musulman, alors : la parole de kufr akbar qu'elle prononce ou l'action de kufr akbar qu'elle fait demeure bien "de kufr akbar", mais la personne prononçant cette parole ou faisant cette action ne sera pas qualifiée de "kâfir" / "murtadd" tant qu'il n'y aura pas eu iqâmat ul-hujja (c'est à un qâdhî ou à un muftî de vérifier cela puis de lui appliquer ce qualificatif). C'est le nom qualificatif (ism ul-kâfir) lui-même qui ne sera alors pas appliqué à la personne. C'est à cet avis que j'adhère. Cela correspond à ceci, par Ibn ul-'Uthaymîn : "فدعاء القبر شرك. لكن لا يمكن أن نقول لشخص معين فعله: "هذا مشرك"، حتى نعرف قيام الحجة عليه" (Al-Qawl ul-mufîd 'alâ Kitâb il-tawhîd, p. 39) (le cheikh a cité ensuite un second avis, que je n'ai pas reproduit ici).

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Une précision importante :

Quelqu'un qui accepte le message n'en connaît pas forcément, dès le début, tous les éléments. Il les apprendra au fur et à mesure, n'hésitant pas à compléter, et parfois à nuancer, voire rectifier.

Au début la personne apporte foi de façon globale (ijmâl).
Ensuite, au fur et à mesure, elle apprend d'autres éléments de sa foi (tafsîl)(apportant croyance en tel et tel éléments du Dîn) en les découvrant.

Nul ne peut dire que, même s'il a accepté les deux Témoignages de Foi, tant qu'un homme n'a pas dûment adhéré à tous les Dharûriyyât ud-dîn, il est toujours dans le Kufr Aslî.

Ainsi, à l'époque du califat de Omar ibn ul-Khattâb, il y eut une musulmane qui ne savait pas que l'adultère est interdit (alors que considérer cela interdit fait partie des dharûriyyât ud-dîn) : sur conseil de 'Uthmân, Omar ne lui a pas appliqué la sanction temporelle prévue pour ce cas de figure précis, et, surtout, n'a pas dit qu'elle était jusqu'à présent kâfir car n'ayant pas partagé une croyance aussi fondamentale que celle relative au caractère interdit de l'adultère ('aqîdatu hurmat iz-zinâ), qui pourtant est commun à toutes les Voies révélées (le récit a été cité par Ibn Taymiyya aussi : Majmû' ul-fatâwâ, 19/210, Minhâj us-sunna, 3/236-237 ; un récit voisin est relaté par ash-Shâmî dans Radd ul-muhtâr 6/7).

Plus encore : il y a le cas de la personne ayant Asl ul-îmân (selon l'époque où il vivait) mais qui ne savait pas que Dieu est capable de ressusciter les cendres d'un corps ayant été disséminés un peu partout. Le Prophète (sur lui soit la paix) a relaté que Dieu lui avait, après sa mort, accordé Son Pardon. Ibn Taymiyya y voit la preuve que l'ignorance (sans manquement à rechercher la vérité), même d'un point aussi important, est excusée par Dieu.

Les Dharûriyyât ud-dîn, c'est lorsqu'ils parviennent à la personne et que celle-ci les réfute que, dès lors que iqâmat ul-hujja a eu lieu, la personne sera kâfir. Avant que cela lui soit parvenu, du moment qu'elle adhère sincèrement aux deux témoignages de la Foi (c'est la Globalité de la Foi), même auprès de Dieu elle n'est pas considérée kâfir.

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III) Quant à un Muslim défunt précis, peut-on affirmer qu'il est dans le Paradis ?

Lire à ce sujet notre article.

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

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