Qu'adviendra-t-il, dans l'au-delà, de ceux auxquels le message divin le plus récent n'était pas parvenu ? - الحكم الأخروي لأهل الفترة من أهل الكتاب

Question :

Bonjour.

Je me suis converti à l'islam suite à des recherches personnelles. Ma question porte sur ceux de mes ancêtres qui n'avaient pas eu, comme nous l'avons aujourd'hui, la possibilité de découvrir d'autres façons de percevoir les choses, et qui invoquaient donc non seulement Dieu mais aussi d'autres que Lui, parce qu'ils pensaient sincèrement que cela revenait à pratiquer ce que Jésus avait apporté sur terre.

Qu'est-ce que l'islam dit à propos de la façon dont leurs croyances et leurs actes seront considérés dans l'au-delà ?

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Réponse :

La question que vous posez est celle de ce que l'islam dit qu'il adviendra dans l'au-delà à qui s'en était tenu à une Voie (shar') antérieure à la Voie révélée de façon plus récente ("man lam tab'lugh'hu-r-rissâlat ul-akhîra bal rissâlatun sâbiqa faqat").

Ci-après différents cas et avis sur le sujet…

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A) Concernant l'homme qui était resté sur un ancien message ayant été conservé dans son authenticité, au moins quant à ses fondements – les croyances – :

Avant la venue de Muhammad (que Dieu le bénisse et le salue), il y avait des juifs ainsi que des chrétiens qui étaient sur l'orthodoxie et la droiture :
"ذَلِكَ بِأَنَّهُمْ كَانُواْ يَكْفُرُونَ بِآيَاتِ اللّهِ وَيَقْتُلُونَ الأَنبِيَاء بِغَيْرِ حَقٍّ ذَلِكَ بِمَا عَصَوا وَّكَانُواْ يَعْتَدُونَ {3/112
لَيْسُواْ سَوَاء. مِّنْ أَهْلِ الْكِتَابِ أُمَّةٌ قَآئِمَةٌ يَتْلُونَ آيَاتِ اللّهِ آنَاء اللَّيْلِ وَهُمْ يَسْجُدُونَ {3/113} يُؤْمِنُونَ بِاللّهِ وَالْيَوْمِ الآخِرِ وَيَأْمُرُونَ بِالْمَعْرُوفِ وَيَنْهَوْنَ عَنِ الْمُنكَرِ وَيُسَارِعُونَ فِي الْخَيْرَاتِ وَأُوْلَئِكَ مِنَ الصَّالِحِينَ {3/114} وَمَا يَفْعَلُواْ مِنْ خَيْرٍ فَلَن يُكْفَرُوْهُ وَاللّهُ عَلِيمٌ بِالْمُتَّقِينَ {3/115"

"Cela à cause du fait qu'ils reniaient les signes de Dieu et tuaient des prophètes. Cela à cause de leur désobéissance et du fait qu'ils transgressaient.
Ils ne sont pas (tous) pareils. Parmi les Gens du livre [= les juifs] il y a une communauté droite qui récite les versets de Dieu aux heures de la nuit, en se prosternant. Ils croient en Dieu et au Jour dernier, ordonnent le bien, interdisent le mal et accourent vers les bonnes œuvres. Ce sont des gens de bien. Le bien qu'ils font, cela ne leur sera pas renié. Et Dieu sait ceux qui sont pieux"
(Coran 3/112-115).
Abû Zahra écrit que ces versets 113-115 parlent (eux aussi, à l'instar du verset 112) de juifs qui ont vécu avant la venue du prophète Muhammad, ou qui ont vécu après mais à qui le message n'est pas parvenu :
"وعندي أن الآية الكريمة: في أهل الكتاب الماضين الذين استقاموا على الحق ولم يدركوا عصر النبي صلى الله عليه وسلم.
وذلك لأن القرآن الكريم تكلم عن ماضي أهل الكتاب وحاضرهم. فحاضرهم كان سوء [بسبب كفره بالرسول]. وذكر ماضيهم: فبيّن أن بعضه كان سوء؛ وكان منهم أمة مقتصدة؛ فهذه الأوصاف: في الأمة المقتصدة التي مضت. ويصح أن تطلق على المخلصين من أهل الكتاب الذين لم يبلغوا دعوة الإسلام، وكان فيهم إخلاص للحق وطلب له وإجابة لداعيه إن دعوا إليه، ويكونون داخلين بالقياس على الماضين"
(Zahrat ut-tafâssîr).

Dans la Sunna on trouve chose semblable : même avant la venue du prophète Muhammad (sur lui soit la paix) il était resté des Gens du Livre qui étaient bien. Le Prophète lui-même a dit : "وإن الله نظر إلى أهل الأرض، فمقتهم عربهم وعجمهم، إلا بقايا من أهل الكتاب، وقال: إنما بعثتك لأبتليك وأبتلي بك، وأنزلت عليك كتابا لا يغسله الماء، تقرؤه نائما ويقظان" : "Dieu avait regardé les habitants de la Terre ; Il les avait alors détestés, Arabes et non-Arabes [pour ce qu'ils croyaient et faisaient], sauf des restes parmi les Gens du Livre. Il a (alors) dit (à moi) : "Je ne t'ai suscité que pour te mettre à l'épreuve et mettre à l'épreuve par ton moyen. J'ai fait descendre sur toi un Livre que l'eau ne lavera pas, que tu réciteras endormi et éveillé"" (Muslim, 2865). Ce hadîth parle de la période précédant la venue du prophète Muhammad (sur lui soit la paix) : Arabes et non-Arabes étaient alors dans le Kufr Akbar, exceptés quelques restes parmi les Gens du Livre. Ces restes étaient :
--- des chrétiens demeurés fidèles aux enseignements de Jésus (et appelés en français : "les judéo-chrétiens"),
--- mais aussi des juifs qui n'avaient pas du tout eu connaissance du message de Jésus (ou à qui le message de Jésus n'était parvenu que totalement déformé et qui n'y avaient donc pas adhéré), et qui étaient demeurés fidèles en croyances et en pratique aux enseignements de Moïse ("إن اليهود من بنى إسرائيل ومن دخل في اليهودية من غيرهم ولم يبلغه دعوة عيسى، يصدق عليه أنه يهودي مؤمن بنبيه موسى ولم يكذب نبيا آخر بعده. فإذا أدرك بعثة نبينا وآمن به، تناوله الخبر المذكور والأجر المسطور. ومن هؤلاء: عرب نحو اليمن متهودون ولم تبلغهم دعوة عيسى" : Mirqât ul-mafâtîh, Alî al-qârî, tome 1).

Jusqu'à avant la venue du prophète Muhammad (sur lui soit la paix), il était donc resté des individus qui étaient sur la religion agréée par Dieu et faisaient le bien.

Cependant, ces individus n'avaient plus la capacité de lancer une dynamique spirituelle pour toute l'humanité, eu égard à l'essoufflement du groupe. C'est ce qui explique que Dieu a choisi alors un peuple nouveau : les fils d'Ismaël.

Cet épuisement de leurs capacités collectives, on le trouve mentionné explicitement dans la Sunna : "عن سالم بن عبد الله، عن أبيه، أنه أخبره أنه سمع رسول الله صلى الله عليه وسلم، يقول: "إنما بقاؤكم فيما سلف قبلكم من الأمم كما بين صلاة العصر إلى غروب الشمس، أوتي أهل التوراة التوراة، فعملوا، حتى إذا انتصف النهار عجزوا، فأعطوا قيراطا قيراطا. ثم أوتي أهل الإنجيل الإنجيل، فعملوا إلى صلاة العصر، ثم عجزوا، فأعطوا قيراطا قيراطا. ثم أوتينا القرآن، فعملنا إلى غروب الشمس، فأعطينا قيراطين قيراطين. فقال أهل الكتابين: أي ربنا أعطيت هؤلاء قيراطين قيراطين، وأعطيتنا قيراطا قيراطا، ونحن كنا أكثر عملا؟ قال: قال الله عز وجل: هل ظلمتكم من أجركم من شيء؟ قالوا: لا، قال: فهو فضلي أوتيه من أشاء"" (al-Bukhârî, 532).

Ceux à qui ce nouveau message est parvenu et ont choisi (en toute liberté, garantie par l'islam également) de ne pas y croire sont alors dans le kufr akbar. Car, devant Dieu, ils ne peuvent plus s'en tenir à l'ancien message – celui-ci eût-il été conservé dans son authenticité – mais seront responsables devant Dieu de leur prise de position par rapport au plus récent message.

C'est bien pourquoi le Coran a employé au sujet de ce genre d'hommes le terme "kufr" , ce qui montre qu'il les considère comme n'ayant plus la foi que Dieu agrée : "إِنَّ الَّذِينَ يَكْفُرُونَ بِاللّهِ وَرُسُلِهِ وَيُرِيدُونَ أَن يُفَرِّقُواْ بَيْنَ اللّهِ وَرُسُلِهِ وَيقُولُونَ نُؤْمِنُ بِبَعْضٍ وَنَكْفُرُ بِبَعْضٍ وَيُرِيدُونَ أَن يَتَّخِذُواْ بَيْنَ ذَلِكَ سَبِيلاً {4/150} أُوْلَئِكَ هُمُ الْكَافِرُونَ حَقًّا وَأَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ عَذَابًا مُّهِينًا {4/151}" (Coran 4/150-151)
Ceci d'autant plus que le Coran affirme que l'annonce de la venue du dernier Messager figure dans les Ecritures bibliques (Coran 7/157), qu'allusion à des qualités de ses Compagnons y figure aussi (Coran 48/29), que le fait qu'ils s'orienteront vers la Kaaba de la Mecque était un point connu des "hommes" (Coran 2/150), c'est-à-dire, ici, de ceux versés dans la connaissance des Ecritures, enfin qu'allusion au Coran est faite dans les Ecritures des Anciens (Coran 26/196).

Par contre, ceux à qui le plus récent message n'est pas parvenu ne seront responsables devant Dieu que par rapport à son adhésion à l'ancien message et de sa fidélité (au niveau des actes concrets) aux enseignements de cet ancien message : dans l'autre vie de tels hommes ne seront bien évidemment pas responsables de la non adhésion à ce plus récent message de Dieu, puisque celui-ci ne leur était pas parvenu. C'est bien dans ce sens que Dieu dit à Muhammad ce qui suit : "وَأُوحِيَ إِلَيَّ هَذَا الْقُرْآنُ لأُنذِرَكُم بِهِ وَمَن بَلَغَ" : "Et il m'a été révélé ce Coran, afin que je vous avertisse par son moyen, ainsi que ceux à qui il parviendra"" (Coran 6/19). Celui à qui il n'était pas parvenu ne sera pas donc évidemment pas sujet de responsabilité quant au fait de croire ou de ne pas croire en lui.

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B) Dans le cas où des transformations notoires avaient vu le jour dans cet ancien message :

Qu'en sera-t-il, en effet, dans l'au-delà, de l'homme qui, sur terre, aura eu des croyances erronées et fait des pratiques innovées et / ou des actes interdits mais qui n'avait pas eu connaissance d'un plus récent message divin, venu restaurer l'authentique : soit que le messager chargé de délivrer ce message n'était pas encore né, soit qu'il était né et avait déjà délivré son message mais que celui-ci n'était pas parvenu à notre homme ?

Il faut distinguer 2 dimensions :
--- le caractère de la croyance et de l'acte erronés, en eux-mêmes ;
--- la rétribution prévue à leur sujet dans l'au-delà.

Ci-après ces 2 dimensions...

--- B.A) En soi, ces croyances erronées et ces actes déviants que cet homme aura eues et faits sont bel et bien des "bid'a mudhallila", des "kabîra", voire même du "kufr" (si les croyances sont trop éloignées du juste), même si cet homme n'avait pas eu connaissance du plus récent message venu restaurer le juste.

Le Coran emploie ainsi le terme "kufr" à propos de telles croyances : "لَمْ يَكُنِ الَّذِينَ كَفَرُوا مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ وَالْمُشْرِكِينَ مُنفَكِّينَ حَتَّى تَأْتِيَهُمُ الْبَيِّنَةُ {98/1} رَسُولٌ مِّنَ اللَّهِ يَتْلُو صُحُفًا مُّطَهَّرَةً {98/2} فِيهَا كُتُبٌ قَيِّمَةٌ {98/3" : "Ceux qui avaient fait kufr – des Gens du Livre et des Polythéistes – n'en étaient pas à cesser jusqu'à ce que leur vienne la preuve claire : un messager de Dieu récitant des feuillets purifiés dans lesquels se trouvent des écrits droits" (Coran 98/1-3) : ce verset dit qu'il y avait des Gens du Livre déjà kâfir avant même la venue du Prophète Muhammad.
"لَّقَدْ كَفَرَ الَّذِينَ قَالُواْ إِنَّ اللّهَ ثَالِثُ ثَلاَثَةٍ" (Coran 5/73) : ce verset aussi dit que ceux qui ont cette croyance au sujet de Dieu "ont fait kufr".

--- B.B) Mais au-delà du caractère de ces croyances et de ces actions en elles-mêmes, qu'en sera-t-il au niveau de l'applicabilité de la sanction prévue pour elles dans l'au-delà ?

Il y a plusieurs cas, exposés dans ce passage écrit par Ibn Taymiyya : "وإذا كان كذلك فمعلوم أن الحجة إنما تقوم بالقرآن على من بلغه كقوله: {لأنذركم به ومن بلغ}. فمن بلغه بعض القرآن دون بعض قامت عليه الحجة بما بلغه دون ما لم يبلغه؛ فإذا اشتبه معنى بعض الآيات وتنازع الناس في تأويل الآية، وجب رد ما تنازعوا فيه إلى الله ورسوله: فإذا اجتهد الناس في فهم ما أراده الرسول صلى الله عليه وسلم  فالمصيب له أجران والمخطئ له أجر؛ فلا يمنع أن يقال ذلك في أهل الكتاب قبلنا: فمن لم يبلغه جميع نصوص الكتاب قبلنا لم تقم عليه الحجة إلا بما بلغه؛ وما خفي عليهم معناه منه فاجتهد في معرفته، فإن أصاب فله أجران وإن أخطأ فله أجر وخطأه محطوط عنه.
فأما من تعمد تحريف الكتاب لفظه أو معناه وعرف ما جاء به الرسول فعانده فهذا مستحق للعقاب.
وكذلك من فرط في طلب الحق واتباعه متبعا لهواه مشتغلا عن ذلك بدنياه.
وعلى هذا فإذا كان بعض أهل الكتاب قد حرفوا بعض الكتاب وفيهم آخرون لم يعلموا ذلك فهم مجتهدون في اتباع ما جاء به الرسول لم يجب أن يجعل هؤلاء من المستوجبين للوعيد.
وإذا جاز أن يكون في أهل الكتاب من لم يعرف جميع ما جاء به المسيح بل خفي عليه بعض ما جاء به أو بعض معانيه فاجتهد لم يعاقب على ما لم يبلغه؛ وقد تحمل أخبار اليهود الذين كانوا مع تبع والذين كانوا ينتظرون الإيمان بمحمد صلى الله عليه وسلم من أهل المدينة كابن التيهان وغيره على هذا، وأنهم لم يكونوا مكذبين للمسيح تكذيب غيرهم من اليهود" (Al-Jawâb us-sahîh, 1/271-272).

----- B.B.1) Celui qui était l'auteur des déviances apportées aux enseignements originaux du prophète le plus récent, s'exposera dans l'au-delà à la sanction prévue à cet effet (من تعمد تحريف الكتاب لفظه أو معناه وعرف ما جاء به الرسول فعانده) (Al-Jawâb us-sahîh 1/271-272) (il s'agit de la sanction prévue pour celui qui instaure délibérément une bid'a mudhallila, et de la sanction prévue pour celui qui instaure volontairement du kufr).

----- B.B.2.1) Celui qui n'était pas l'auteur de ces déviances mais qui avait découvert que déviance il y avait et qui n'avait rien fait pour s'en démarquer, celui-là aussi s'exposera dans l'au-delà à la sanction prévue à cet effet (من فرط في طلب الحق واتباعه متبعا لهواه مشتغلا عن ذلك بدنياه) (Al-Jawâb us-sahîh 1/272).

----- B.B.2.2.1) Celui qui n'était pas l'auteur de ces déviances et n'avait pas découvert que déviance il y avait, mais n'avait pas non plus fait les efforts dont il était personnellement capable pour rechercher la vérité (من فرط في طلب الحق واتباعه متبعا لهواه مشتغلا عن ذلك بدنياه), celui-là également s'exposera à la sanction prévue dans l'au-delà (Al-Jawâb us-sahîh 1/272).

----- B.B.2.2.2Celui qui avait "hérité" de ces enseignements déviants et, malgré sa sincérité et un minimum d'efforts, n'avait pas su que déviance il y avait, les avis divergent quant à savoir ce qu'il adviendra de lui dans l'au-delà. En voici deux :

------- L'avis de Ibn Taymiyya est que, bien que ses croyances et / ou ses actes aient été de kufr ou de bid'a mudhallila, cet homme ne sera pas sanctionné en conséquence par Dieu dans l'au-delà, pour peu qu'il avait la sincère intention de suivre ce que le Messager dont le message lui était parvenu avait laissé, et qu'il n'avait pas manqué à chercher la vérité ("qassada-l-haqqa wa-jtahada fî talabih") (cf. Al-jawâb us-sahîh 1/270-274). La raison en est que le plus récent message, qui avait pour vocation de rétablir le juste, ne lui était pas parvenu : l'acte est donc en soi de kufr, mais la sanction prévue pour cela dans l'au-delà est inapplicable, puisque cet homme n'avait pas été averti, alors que le Coran dit : "afin que je vous avertisse par son moyen, ainsi que ceux à qui il parviendra". D'autre part, dans le Coran, Dieu dit à des gens qui, de la sorte, adhéraient jusqu'à présent à un message antérieur retouché : "يَا أَهْلَ الْكِتَابِ قَدْ جَاءكُمْ رَسُولُنَا يُبَيِّنُ لَكُمْ عَلَى فَتْرَةٍ مِّنَ الرُّسُلِ أَن تَقُولُواْ مَا جَاءنَا مِن بَشِيرٍ وَلاَ نَذِيرٍ فَقَدْ جَاءكُم بَشِيرٌ وَنَذِيرٌ وَاللّهُ عَلَى كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ" : "… Notre messager vous est venu après une interruption des messagers, afin que vous ne puissiez pas dire : "Aucun avertisseur ne nous était venu"" (Coran 5/19). Ce verset semble bien montrer que l'homme qui, lui, était resté fidèle à une forme altérée d'un message antérieur parce qu'il n'avait pas eu connaissance du message plus récent, venu restaurer le juste, aura justement pour lui l'argument dont Dieu a voulu que la totalité des gens se trouvant dans ce cas ne puissent pas le dire le jour du jugement. N'ayant pas eu accès à ce qui devait, de la part de Dieu, lui montrer ce qui, dans le message antérieur auquel il adhérait sincèrement jusqu'à présent, était juste et ce qui y avait été retouché, la sanction ne lui sera pas applicable.

------- L'avis de Shâh Waliyyullâh est différent : "اعلم أن الحق تعالى إذا بعث رسولا في قوم، فأقام الملة لهم على لسانه، فإنه لا يترك فيها عوجا ولا أمتا. ثم إنه تمضى الرواية عنه، ويحملها الحواريون من أمته كما ينبغي برهة من الزمان. ثم بعد ذلك يخلف خلف يحرفونها، ويتهاونون فيها، فلا تكون حقا صرفا بل ممزوجا بالباطل (...)؛ وهذا الباطل منه إشراك جلي وتحريف صريح: يؤاخذون عليه على كل حال؛ ومنه إشراك خفي وتحريف مضمر: لا يؤاخذ الله بها حتى يبعث الرسول فيهم، فيقيم الحجة ويكشف الغمة، ليحيا من حي عن بينة ويهلك من هلك عن بينة" : à propos de ce qu'il avait fait conformément à ce dont il avait hérité dans la forme altérée de cet ancien message, cet homme :
– ne sera pas sanctionné par Dieu dans l'au-delà pour ce qui constituait, par rapport à ce qui est juste, un associationnisme ("shirk [akbar]") subtil à saisir, et résultait d'une altération cachée ("tahrîf mudhmar"), dans la mesure où il n'est pas évident pour tout un chacun de comprendre que cela ne relève pas du juste et que altération il y a eu ;
– sera bien responsable, dans l'autre vie, pour avoir fait ce qui constituait un associationnisme clair et pour avoir suivi ce qui était une altération évidente ("tahrîf sarîh") (Hujjat ullâh il-bâligha, 1/353 ; voir également 1/339).

------- Ibn Taymiyya a donc fait dépendre les choses de la bonne volonté de la personne à rechercher le juste : le simple fait que la personne était animée de la bonne volonté de rechercher la vérité et de suivre ce que le messager (dont elle avait eu connaissance du message) avait réellement enseigné et qu'elle avait fait des recherches en ce sens est suffisant pour qu'elle ne s'expose pas à la sanction dans l'au-delà, même si à nous l'altération peut paraître évidente et l'acte d'associationnisme clair.

------- Shâh Waliyyullâh, lui, a fait dépendre les choses de la nature même de l'acte et de l'altération : certaines altérations sont, dit-il, tellement évidentes par rapport au monothéisme, qu'il ne saurait y avoir d'excuse disant que telle personne était animée d'une bonne volonté et faisait des recherches mais n'a pas pu découvrir qu'altération il y avait. D'après ce 'âlim indien, si la personne avait un minimum de bonne volonté et faisait un minimum de recherches, elle saurait qu'il y a eu altération.
Il est à noter que cet avis de Shâh Waliyyullâh, relatif ici à l'homme à qui était parvenu seul un ancien message, et ce sous une forme altérée, est très voisin de l'avis hanafite relatif à l'homme à qui aucun message n'était parvenu : certains ulémas de l'école hanafite pensent en effet que cet homme-là sera responsable devant Dieu des croyances naturelles – au moins l'existence et l'unicité de Dieu – et des actes conformes aux repères moraux naturels – interdiction du vol, du meurtre, etc.

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Deux versets du Coran :

Un verset qui dit que...

... celui qui avait apporté foi en le messager de son époque (par exemple Jésus, que la paix soit sur lui), puis, ayant eu connaissance du message de Muhammad (que la paix soit sur lui), y a adhéré, il lui sera donné sa récompense deux fois : "الَّذِينَ آتَيْنَاهُمُ الْكِتَابَ مِن قَبْلِهِ هُم بِهِ يُؤْمِنُونَ وَإِذَا يُتْلَىٰ عَلَيْهِمْ قَالُوا آمَنَّا بِهِ إِنَّهُ الْحَقُّ مِن رَّبِّنَا إِنَّا كُنَّا مِن قَبْلِهِ مُسْلِمِينَ أُولَٰئِكَ يُؤْتَوْنَ أَجْرَهُم مَّرَّتَيْنِ بِمَا صَبَرُوا" (Coran 28/52-54).

Ce verset signifie que sa foi première aussi lui est comptabilisée dans l'au-delà, en sus de sa foi seconde ("أُولَئِكَ} الذين آمنوا بالكتابين {يُؤْتَوْنَ أَجْرَهُمْ مَرَّتَيْنِ} أجرا على الإيمان الأول، وأجرا على الإيمان الثاني، {بِمَا صَبَرُوا} على الإيمان، وثبتوا على العمل" : Tafsîr us-Sa'dî).

Pour qui vaut cette promesse ?

--- Cette promesse vaut, cela est certain, pour celui qui avait apporté en Jésus la foi voulue, celle qui était exempte des rajouts ultérieurs.

--- Mais qu'en est-il de celui qui avait apporté foi en Jésus, même avec la croyance en l'Incarnation et en la Trinité (cela eu égard au fait que la vérité ne lui était alors pas encore parvenue, et que du moment qu'il n'avait pas failli à chercher cette vérité, la part du faux lui est pardonnée) ? De façon continuelle, les Chrétiens Trinitaires sont des gens du Livre et ne sont pas classés parmi les Polythéistes. Ce qui nous intéresse ici c'est de savoir si un chrétien trinitarien aura lui aussi, s'il se convertit à l'islam, double récompense : l'une pour sa foi antérieure, et l'autre pour la foi islamique ?
La réponse est qu'une divergence est relatée à ce sujet par rapport au célèbre hadîth disant en substance la même chose que ce verset au sujet d'un tel homme parmi les Ahl ul-kitâb : "قال عامر الشعبي: حدثني أبو بردة، عن أبيه، قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "ثلاثة لهم أجران: رجل من أهل الكتاب، آمن بنبيه وآمن بمحمد صلى الله عليه وسلم؛ والعبد المملوك إذا أدى حق الله وحق مواليه؛ ورجل كانت عنده أمة فأدبها فأحسن تأديبها، وعلمها فأحسن تعليمها، ثم أعتقها فتزوجها فله أجران "، ثم قال عامر: أعطيناكها بغير شيء، قد كان يركب فيما دونها إلى المدينة" (al-Bukhârî, 97, Muslim, 154). Al-Qurtubî est d'avis que non (FB 1/252).
Cependant, si on regarde le hadîth avec Héraclius, on voit que, dans l'épître qu'il lui avait adressée, le Prophète (sur lui soit la paix) lui a écrit que s'il accepte l'islam, il aura deux récompenses : "بسم الله الرحمن الرحيم، من محمد عبد الله ورسوله إلى هرقل عظيم الروم: سلام على من اتبع الهدى. أما بعد، فإني أدعوك بدعاية الإسلام، أسلم تسلم، يؤتك الله أجرك مرتين، فإن توليت فإن عليك إثم الأريسيين " و {يا أهل الكتاب تعالوا إلى كلمة سواء بيننا وبينكم أن لا نعبد إلا الله ولا نشرك به شيئا ولا يتخذ بعضنا بعضا أربابا من دون الله فإن تولوا فقولوا اشهدوا بأنا مسلمون}" (al-Bukhârî, 7, Muslim, 1773). Or chacun sait que Héraclius adhérait à l'Incarnation et à la Trinité. Al-'Aynî écrit : "قوله: (من أهل الكتاب) اختلفوا فيه، فقال بعضهم" (cf. 'Umdat ul-qârî 2/119-120).

En fait, il faut ici savoir qu'un hadîth du Prophète (sur lui soit la paix) dit la même chose au sujet d'une telle personne, ainsi qu'au sujet de deux autres types de personnes : "قال عامر الشعبي: حدثني أبو بردة، عن أبيه، قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "ثلاثة لهم أجران: رجل من أهل الكتاب، آمن بنبيه وآمن بمحمد صلى الله عليه وسلم؛ والعبد المملوك إذا أدى حق الله وحق مواليه؛ ورجل كانت عنده أمة فأدبها فأحسن تأديبها، وعلمها فأحسن تعليمها، ثم أعتقها فتزوجها فله أجران "، ثم قال عامر: أعطيناكها بغير شيء، قد كان يركب فيما دونها إلى المدينة" (al-Bukhârî, 97, Muslim, 154).

Que signifie que chacune de ces 3 personnes a 2 récompenses ?

Soit que chaque bonne action que cette personne fait lui est comptée double ;

Soit que cette personne voit être inscrite à son actif 2 récompenses pour chacune de ces 2 actions citées (alors que normalement une seule bonne action devrait être inscrite pour chacune des 2 bonnes actions que cette personne a accomplie) ; et ce à cause du sacrifice consenti par chacune des 3 personnes évoquées ;

Soit que cette personne reçoit une récompense pour la première action qu'elle a faite (alors que normalement cette première action ne rapporte pas de récompense, ou pas de récompense notoire) ; et cela à cause du fait que la première action soit est normalement faite par intérêt personnel (cas de la possession d'une esclave), soit est faite par contrainte (cas du travail fait par l'esclave), soit consiste en de la foi en un prophète mêlée à du kufr (cas du kitâbî qui était dans le kufr avant même la venue du Prophète, comme Héraclius) ; cependant, la présence de la seconde des 3 actions suscitées confère à la première des 3 actions une autre dimension, ce qui entraîne par la faveur de Dieu une récompense pour elle aussi.

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Un autre passage se lit ainsi :

"وَإِذْ قَالَ اللّهُ يَا عِيسَى ابْنَ مَرْيَمَ أَأَنتَ قُلتَ لِلنَّاسِ اتَّخِذُونِي وَأُمِّيَ إِلَهَيْنِ مِن دُونِ اللّهِ قَالَ سُبْحَانَكَ مَا يَكُونُ لِي أَنْ أَقُولَ مَا لَيْسَ لِي بِحَقٍّ إِن كُنتُ قُلْتُهُ فَقَدْ عَلِمْتَهُ تَعْلَمُ مَا فِي نَفْسِي وَلاَ أَعْلَمُ مَا فِي نَفْسِكَ إِنَّكَ أَنتَ عَلاَّمُ الْغُيُوبِ. مَا قُلْتُ لَهُمْ إِلاَّ مَا أَمَرْتَنِي بِهِ أَنِ اعْبُدُواْ اللّهَ رَبِّي وَرَبَّكُمْ وَكُنتُ عَلَيْهِمْ شَهِيدًا مَّا دُمْتُ فِيهِمْ فَلَمَّا تَوَفَّيْتَنِي كُنتَ أَنتَ الرَّقِيبَ عَلَيْهِمْ وَأَنتَ عَلَى كُلِّ شَيْءٍ شَهِيدٌ إِن تُعَذِّبْهُمْ فَإِنَّهُمْ عِبَادُكَ وَإِن تَغْفِرْ لَهُمْ فَإِنَّكَ أَنتَ الْعَزِيزُ الْحَكِيمُ قَالَ اللّهُ هَذَا يَوْمُ يَنفَعُ الصَّادِقِينَ صِدْقُهُمْ لَهُمْ جَنَّاتٌ تَجْرِي مِن تَحْتِهَا الأَنْهَارُ خَالِدِينَ فِيهَا أَبَدًا رَّضِيَ اللّهُ عَنْهُمْ وَرَضُواْ عَنْهُ ذَلِكَ الْفَوْزُ الْعَظِيمُ " :
"Et lorsque Dieu dira : "O Jésus fils de Marie, est-ce toi qui as dit aux gens : "Prenez-moi, ainsi que ma mère, pour deux divinités en dehors de Dieu" ?" Il dira : "Pureté à Toi ! Il ne m'appartient pas de déclarer ce que je n'ai pas le droit de dire. Si je l'avais dit, Tu l'aurais su ; Tu sais ce qu'il y a en moi, et je ne sais pas ce qu'il y a en Toi. Tu es, en vérité, Connaisseur de tout ce qui est caché. Je ne leur ai dit que ce que Tu m'as ordonné de dire, (à savoir) : "Adorez Dieu, qui est mon Pourvoyeur et votre Pourvoyeur". J'étais témoin sur eux tant que je suis resté parmi eux ; puis, lorsque Tu m'as repris, Tu étais le Surveillant sur eux, et Tu es Témoin de toute chose. Si Tu les châties, alors ce sont Tes serviteurs ; et si Tu leur pardonnes, alors Tu es le Puissant, le Sage." Dieu dira : "Ceci est le jour où la véracité servira aux véridiques. Ils auront des jardins au pied desquels les rivères coulent, dans lesquels ils demeurent éternellement. Dieu est satisfait d'eux, et ils sont satisfaits de Lui"
(Coran 5/116-119).

La question qui se pose ici est (sous réserve que l'on retient le commentaire selon lequel cet échange n'a pas eu lieu juste après l'ascension de Jésus mais aura lieu le jour du Jugement) : Le fait de diviniser Jésus et Marie constitue du Shirk Akbar ; comment donc Jésus adressera-t-il à Dieu la parole suivante : "Si Tu les châties, alors ce sont Tes serviteurs ; et si Tu leur pardonnes, alors Tu es le Puissant, le Sage" ?

Plusieurs réponses figurent dans les Commentaires classiques.
--- Al-Qurtubî écrit ainsi : "واختلف في تأويله فقيل: قاله على وجه الاستعطاف لهم والرأفة بهم كما يستعطف السيد لعبده؛ ولهذا لم يقل: فإنهم عصوك. وقيل: قاله على وجه التسليم لأمره والاستجارة من عذابه وهو يعلم أنه لا يغفر لكافر. وقيل: الهاء والميم في" إن تعذبهم" لمن مات منهم على الكفر، والهاء والميم في "إن تغفر لهم" لمن تاب منهم قبل الموت، وهذا حسن. وأما قول من قال: إن عيسى عليه السلام لم يعلم أن الكافر لا يغفر له، فقول مجترئ على كتاب الله عز وجل لأن الأخبار من الله عز وجل لا تنسخ. وقيل: كان عند عيسى أنهم أحدثوا معاصي وعملوا بعده بما لم يأمرهم به، إلا أنهم على عمود دينه، فقال: "وإن تغفر لهم ما أحدثوا بعدي من المعاصي"، وقال: "فإنك أنت العزيز الحكيم" ولم يقل: "فإنك أنت الغفور الرحيم" على ما تقتضيه القصة من التسليم لأمره والتفويض لحكمه؛ ولو قال: "فإنك أنت الغفور الرحيم" لأوهم الدعاء بالمغفرة لمن مات على شركه، وذلك مستحيل؛ فالتقدير: "إن تبقهم على كفرهم حتى يموتوا وتعذبهم فإنهم عبادك، وإن تهدهم إلى توحيدك وطاعتك فتغفر لهم فإنك أنت العزيز الذي لا يمتنع عليك ما تريده، الحكيم فيما تفعله: تضل من تشاء وتهدي من تشاء". وقد قرأ جماعة: "فإنك أنت الغفور الرحيم"، وليست من المصحف: ذكره القاضي عياض في كتاب الشفا"" (Tafsîr ul-Qurtubî).
--- Citant az-Zamakhsharî avant de formuler sa préférence, Abû Hayyân écrit : "وقال أهل السنة: مقصود عيسى تفويض الأمور كلها إلى الله تعالى وترك الاعتراض بالكلية، ولذلك ختم الكلام بقوله: فإنك أنت العزيز الحكيم أي: قادر على ما تريد في كل ما تفعل لا اعتراض عليك. وقيل: لما قال لعيسى: أأنت قلت للناس الآية، علم أن قوما من النصارى حكوا هذا الكلام عنه والحاكي هذا الكفر لا يكون كافرا بل مذنبا حيث كذب وغفران الذنب جائز فلهذا قال: وإن تغفر لهم. وقيل: كان عند عيسى أنهم أحدثوا المعاصي وعملوا بعده بما لم يأمرهم به إلا أنهم على عمود دينه، فقال: وإن تغفر لهم ما أحدثوا بعدي من المعاصي؛ وهذا يتوجه على قول من قال: إن قول الله له "أأنت قلت للناس" كان وقت الرفع، لأنه قال ذلك وهم أحياء لا يدري ما يموتون عليه. وقيل: الضمير في تعذبهم عائد على من مات كافرا، وفي وإن تغفر لهم عائد على من تاب منهم قبل الموت. وقيل: قال ذلك على وجه الاستعطاف لهم والرأفة بهم، مع علمه بأن الكفار لا يغفر لهم ولهذا لم يقل لأنهم عصوك. انتهى. وهذا فيه بعد لأن الاستعطاف لا يحسن إلا لمن يرجى له العفو والتخفيف، والكفار لا يرجى لهم ذلك. والذي أختاره من هذه الأقوال أن قوله تعالى وإذ قال الله يا عيسى ابن مريم "أأنت قلت للناس" قول قد صدر، ومعنى يعطفه على ما صدر ومضى، ومجيئه بإذ التي هي ظرف لما مضى ويقال التي هي حقيقة في الماضي؛ فجميع ما جاء في هذه الآيات من "إذ قال" هو محمول على أصل وضعه؛ وإذا كان كذلك، فقول عيسى "وإن تغفر لهم" فعبر بالسبب عن المسبب لأنه معلوم أن الغفران مرتب على التوبة وإذا كان هذا القول في غير وقت الآخرة، كانوا في معرض أن يرد فيهم التعذيب أو المغفرة الناشئة عن التوبة، وظاهر قوله "فإنك أنت العزيز الحكيم" أنه جواب الشرط والمعنى فإنك أنت العزيز الذي لا يمتنع عليك ما تريده، الحكيم فيما تفعله تضل من تشاء وتهدي من تشاء" (Al-Bah'r ul-muhît).

Si ce dialogue entre Dieu et Jésus ne s'est pas déjà passé (auquel cas cela pourrait tout simplement signifier une demande de guidance en faveur de gens encore vivants sur Terre) mais se passera le Jour du Jugement ; et si ce n'est pas une simple formule de remise de l'affaire aux Mains de Dieu (comme cela peut être le cas dans la parole – voisine – de Abraham : "وَإِذْ قَالَ إِبْرَاهِيمُ رَبِّ اجْعَلْ هَذَا الْبَلَدَ آمِنًا وَاجْنُبْنِي وَبَنِيَّ أَن نَّعْبُدَ الأَصْنَامَ رَبِّ إِنَّهُنَّ أَضْلَلْنَ كَثِيرًا مِّنَ النَّاسِ فَمَن تَبِعَنِي فَإِنَّهُ مِنِّي وَمَنْ عَصَانِي فَإِنَّكَ غَفُورٌ رَّحِيمٌ" : Coran 14/35-36) ; alors : est-ce que l'on pourrait formuler que cela exprime une vraie demande d'un possible Pardon, mais uniquement en faveur de ceux auxquels le message venu rétablir la Vérité n'était pas parvenu, et qui étaient donc demeurés dans la divinisation de Jésus et de Marie, croyant adorer ainsi Dieu : Jésus intercèderait en leur faveur à Dieu : il est possible que Tu les châties (vu qu'ils ont commis du Shirk Akbar), mais n'est-il pas possible que Tu leur pardonnes leur manquement dans la recherche de la vérité et dans la compréhension (vu que le vrai message ne leur était pas parvenu) ?
Est-ce que ce commentaire existe ?
Est-il seulement possible ?
Je ne sais pas (لا أدري).

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

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