Le Coran se serait-il trompé à propos de la Trinité chrétienne ? - Pour les Chrétiens Trinitariens, ce que le nom "Dieu" désigne est-il différent de (car plus général que) ce que le terme "Père" désigne ?

Substance d'une objection reçue par mail  :

"Le verset 5/73 du Coran affirme que les chrétiens trinitaires disent ceci : "Dieu est le troisième d’une Trinité !"

Or l'expression "Dieu est le troisième d'une Trinité" n'a aucun sens au regard du dogme chrétien de la Trinité. En effet, les chrétiens ne disent pas que Dieu serait une personne de la Trinité, mais que Dieu EST la Trinité."

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Réponse (1) :

Le verset ne se lit nullement ainsi : "Ont (dit parole d')incroyance ceux qui ont dit : "Allah est un de la Trinité".

Le verset se lit ainsi : "لَّقَدْ كَفَرَ الَّذِينَ قَالُواْ إِنَّ اللّهَ ثَالِثُ ثَلاَثَةٍ" : "Ont (dit parole d') incroyance ceux qui ont dit : "Allah est un parmi trois (thalâtha)"" (Coran 5/73).

Et il veut dire : "Ont dit parole d'incroyance ceux qui ont dit : "Allah est l'une des trois personnes divines, les trois formant la Trinité".

En langue arabe, "Trinité" se dit : "تثليث", "tathlîth" !
Et pas : "ثَلاَثَة", "thalâtha", qui pour sa part signifie : "Trois".

Et les chrétiens trinitaires disent bien que la Trinité est constituée de 3 personnes (ou hypostases), mais qui forment une seule et même essence (ou substance).

Ce que le Coran présente comme le propos des Chrétiens trinitariens est bien la croyance de la Trinité chrétienne.

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Objection 2 :

"Votre réponse ne m'apporte rien de convaincant, car, même à remplacer le terme "Trinité" par "Trois", cela ne correspond pas à la croyance chrétienne. Comme je vous l'ai dit, la croyance chrétienne est que "Dieu EST la Trinité", et non pas que "Dieu" (ou, en arabe : "Allah", puisque c'est ainsi que les chrétiens des pays arabes Le nomment) serait "une personne parmi les Trois personnes de la Trinité".

Si le Coran s'adresse aux chrétiens pour (soi-disant) rectifier leur croyance, il devrait déjà comprendre correctement celle-ci !

Il devrait donc dire : "Ont fait incroyance ceux qui ont dit : "Le Père est un parmi Trois"" .
Et non pas : "Ont fait incroyance ceux qui ont dit : "Dieu est un parmi Trois"" !

Car, je vous le répète, "Dieu" (ou, en arabe : "Allah") EST LA Trinité, et non pas : "Dieu (ou, en arabe : "Allah") est une personne parmi les 3 personnes formant la Trinité".

Le terme "Dieu" ne renvoie pas à une personne particulière, mais à une Réalité sous forme d'un concept : la nature de l'Être que l'on qualifie de divin."

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Réponse (2) :

Dieu et Jésus (lequel est : "fils de Dieu" - au sens de "rapproché et bien-aimé de Dieu" -, et : "parole provenant de Dieu") :

Voici ce que Paul de Tarse a écrit comme premières lignes de son Epître aux Hébreux : "Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes, Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par Son Fils, qu'il a établi héritier de toutes choses, par lequel il a aussi créé le monde" (Epître aux Hébreux, 1/1-2).

Voyez bien : Paul de Tarse n'a pas dit : "Le Père nous a parlé par Son Fils".
Il a bien dit :
"Dieu nous a parlé par Son Fils".

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Voyez de même ce Psaume : "De David. Psaume. Parole de l'Eternel à mon seigneur : Assieds-toi à ma droite, Jusqu'à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied" (Psaumes, 110/1) : dans ce psaume, selon Paul de Tarse, les termes "mon seigneur" désignent : "Jésus" : en effet, Paul écrit : "Et auquel des anges a-t-il jamais dit : "Assieds-toi à ma droite, jusqu'à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied" ?" (Epître aux Hébreux, 1/13).

Paul de Tarse, ici encore, n'a pas dit : "Le Père a dit à Jésus" : "Assieds-toi à ma droite..."".
Mais bien :
"L'Eternel a dit au seigneur Jésus" : "Assieds-toi à ma droite..."".

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Voyez encore ce propos de Jean l'Evangéliste : "Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu ("ton théon"), et le Verbe était un dieu ("théos")" (Jean 1/1).
Or, selon les chrétiens trinitariens, ce "Verbe" est identifié - à tort - comme étant : "Jésus".

Or encore, ici, Jean n'a pas dit : "Le Verbe était avec le Père".
Il a bien dit : "Le Verbe était avec Dieu".

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Et l'Esprit Saint, qui est-il : un ange, ou tout autre chose ?

C'est un ange, comme le prouve la longue narration suivante :

"Il y avait à Césarée un homme du nom de Corneille, centurion de la cohorte appelée Italique. C’était quelqu'un de grande piété qui craignait Dieu, lui et tous les gens de sa maison ; il faisait de larges aumônes au peuple juif et priait Dieu sans cesse. Vers la neuvième heure du jour, il eut la vision très claire d'un ange de Dieu qui entrait chez lui et lui disait : "Corneille !". Celui-ci le fixa du regard et, saisi de crainte, demanda : "Qu'y a-t-il, Seigneur ?" L'ange lui répondit : "Tes prières et tes aumônes sont montées devant Dieu pour qu'Il se souvienne de toi. Et maintenant, envoie des hommes à Jaffa et fais venir un certain Simon surnommé Pierre : il est logé chez un autre Simon qui travaille le cuir et dont la maison est au bord de la mer."
Après le départ de l’ange qui lui avait parlé, il appela deux de ses domestiques et l’un des soldats attachés à son service, un homme de grande piété. Leur ayant tout expliqué, il les envoya à Jaffa.
Le lendemain, tandis qu’ils étaient en route et s’approchaient de la ville, Pierre monta sur la terrasse de la maison, vers midi, pour prier. Saisi par la faim, il voulut prendre quelque chose. Pendant qu’on lui préparait à manger, il tomba en extase. Il contemplait le ciel ouvert et un objet qui descendait : on aurait dit une grande toile tenue aux quatre coins, et qui se posait sur la terre. Il y avait dedans tous les quadrupèdes, tous les reptiles de la terre et tous les oiseaux du ciel. Et une voix s’adressa à lui : "Debout, Pierre, offre-les en sacrifice, et mange !" Pierre dit : "Certainement pas, Seigneur ! Je n'ai jamais pris d’aliment interdit et impur !" À nouveau, pour la deuxième fois, la voix s’adressa à lui : "Ce que Dieu a déclaré pur, toi, ne le déclare pas interdit." Cela se produisit par trois fois et, aussitôt après, l’objet fut emporté au ciel. Comme Pierre était tout perplexe sur ce que pouvait signifier cette vision, voici que les envoyés de Corneille, s’étant renseignés sur la maison de Simon, survinrent à la porte. Ils appelèrent pour demander : "Est-ce que Simon surnommé Pierre est logé ici ?" Comme Pierre réfléchissait encore à sa vision, l'Esprit lui dit : "Voilà trois hommes qui te cherchent. Eh bien, debout, descends, et pars avec eux sans hésiter, car c’est moi qui les ai envoyés." Pierre descendit trouver les hommes et leur dit : "Me voici, je suis celui que vous cherchez. Pour quelle raison êtes-vous là ?" Ils répondirent : "Le centurion Corneille, un homme juste, qui craint Dieu, et à qui toute la nation juive rend un bon témoignage, a été averti par un ange saint de te faire venir chez lui et d’écouter tes paroles. Il les fit entrer et leur donna l’hospitalité. Le lendemain, il se mit en route avec eux ; quelques frères de Jaffa l’accompagnèrent. Le jour suivant, il entra à Césarée. Corneille les attendait, et avait rassemblé sa famille et ses amis les plus proches" (Actes des Apôtres, 10/1-24).

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Un texte qui a induit en erreur certains chrétiens quant à l'identité de l'Esprit Saint :

Luc écrit :
"Six mois plus tard, Dieu envoya l'ange Gabriel dans une ville de Galilée appelée Nazareth, chez une jeune fille liée par fiançailles à un homme nommé Joseph, un descendant de David. Cette jeune fille s'appelait Marie. L'ange entra chez elle et lui dit : "Réjouis-toi, toi à qui Dieu a accordé sa faveur  : le Seigneur est avec toi". Marie fut profondément troublée par ces paroles ; elle se demandait ce que signifiait cette salutation. L'ange lui dit alors : "N'aie pas peur, Marie, car Dieu t'a accordé sa faveur. Voici : bientôt tu seras enceinte et tu mettras au monde un fils ; tu le nommeras Jésus. Il sera grand. Il sera appelé "Fils du Très-Haut", et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son ancêtre. Il régnera éternellement sur le peuple issu de Jacob, et son règne n’aura pas de fin.
Marie dit à l'ange : "Comment cela se fera-t-il, puisque je suis vierge ?"
L'ange lui répondit : "L'Esprit Saint descendra sur toi, et la puissance du Dieu très-haut te couvrira de son ombre. C'est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu. Vois : ta parente Elisabeth attend elle aussi un fils, malgré son grand âge ; on disait qu'elle ne pouvait pas avoir d'enfant, et elle en est à son sixième mois. Car rien n’est impossible à Dieu" (Evangile selon Luc, 1/26-37).

"Voyez, disent ces chrétiens, l'Ange Gabriel annonce à Marie que l'Esprit Saint descendra sur elle. L'Ange Gabriel n'est donc pas l'Esprit Saint !".

Mais en fait, ici, "l'Esprit, le Saint", dont l'Ange Gabriel est venu annoncer à Marie qu'il descendra sur elle et c'est ainsi qu'elle deviendra enceinte alors même qu'elle n'a jamais connu d'homme, c'est l'âme spirituelle de Jésus, qui sera insufflée dans un fœtus déjà existant mais né de son souffle à lui, Gabriel, et d'un ovule d'elle, Marie, cela par l'action de la Parole "Sois !" de Dieu.

C'est bien pourquoi Jésus est qualifié de "parole de Dieu qu'Il a lancée vers Marie, et âme (envoyée) par Dieu" : "إِنَّمَا الْمَسِيحُ عِيسَى ابْنُ مَرْيَمَ رَسُولُ اللّهِ وَكَلِمَتُهُ أَلْقَاهَا إِلَى مَرْيَمَ وَرُوحٌ مِّنْهُ" (Coran 4/171).
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Quel chrétien pourrait affirmer que la formule "esprit de Dieu" n'a pas, dans ses textes de référence à lui aussi, plusieurs sens, sachant que lui-même adhère à ce qu'on lit ainsi dans l'Apocalypse de Jean : "Et je vis, au milieu du trône et des quatre êtres vivants et au milieu des vieillards, un agneau qui était là comme immolé. Il avait sept cornes et sept yeux, qui sont les sept Esprits de Dieu envoyés par toute la terre" (Apocalypse 5/6).

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Ce qui précède entraîne que la Trinité chrétienne c'est bien :
----- Dieu/ l'Eternel/ Elohim,
----- Jésus,
----- le Saint-Esprit.

C'est exactement ce qu'on lit sur le site arabe chrétien orthodoxe St-Takla.org :
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---D'une part :
"وهذه الذات تتمتع بـالنطق والحياة. وبدون النطق يكون إلهًا أعجميًا مجردًا من العقل والنطق، ومن ثِمَّ لا يمكن أن يكون خالقًا للوجود ولا يصح أن يكون إلهًا. وبدون الروح - وهو تيار الحياة فيه - يكون إلهًا ميتًا، ومن ثَمَّ لا يكون إلهًا" :
"Cet Être bénéficie de la Parole et de la Vie.
Sans Parole, Il serait un dieu muet (...).
Et sans Esprit - c'est le courant de la Vie en Lui -, Il serait un dieu mort (...)."

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--- Or :
"والذات هي ذات الله، والكلمة هو كلمة الله، والروح القدس ينبثق من ذاته القدسية، لذلك يسمى روح القدس" :
"L'Être, c'est l'Être d'Allah.
La Parole, c'est la Parole d'Allah [= Jésus].
Et l'Esprit de Sainteté émane de Son Être Saint [= l'Être Saint d'Allah], c'est pourquoi cela a été appelé : "Esprit de Sainteté""
(St-Takla.org).

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Ce que le Coran relate au sujet de la Trinité correspond tout à fait à cela : le verset du Coran se lit ainsi : "لَّقَدْ كَفَرَ الَّذِينَ قَالُواْ إِنَّ اللّهَ ثَالِثُ ثَلاَثَةٍ" : "Ont (dit parole d')incroyance ceux qui ont dit : "Allah* est un parmi trois (thalâtha)"" (Coran 5/73) ; il s'agit donc de "ceux qui ont dit : "Allah* est l'une des trois personnes divines ; les deux autres personnes étant Jésus et l'Esprit de Sainteté ; le tout formant la Trinité"".
* "Allah" en langue arabe ; ou bien, en hébreu : "Elohim", ou encore : "El".

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Voici comment, à l'origine, le chrétien trinitarien formulait sa croyance :
"La Trinité est constituée de :
"Eloah"/ "Elohim", ou, en arabe : "Allah" ; c'est le Père ;
le Verbe de Elohim/ d'Allah : Jésus, qui est le Fils ;
et l'Esprit (ou : Vie) de Elohim/ d'Allah (Ruah Elohim) : c'est l'Esprit Saint (Ruah ha-Kodesh).
Bien qu'étant 3 personnes différentes, ces 3
sont 1, car ces 3 personnes ont la même substance (ousia)".

Ce que le chrétien trinitarien veut dire par sa croyance, c'est ceci :
"Dieu est trine dans le sens où :
il y a l'Être / la Personne de Dieu (ذات الله، شخص الله) [cette Personne, ces chrétiens l'appellent : "Dieu" tout court, ou : "Dieu le Père"] ; cela constitue une hypostase de Dieu ;
une seconde hypostase de Dieu est présente en la personne de Jésus [que ces chrétiens appellent : "Fils de Dieu", ou : "Verbe de Dieu" ; la personne de Jésus est donc distincte de la personne de Dieu, mais en la personne de Jésus se trouve une hypostase de Dieu, qui est Son Attribut de Parole, صفة الكلام],
enfin une troisième hypostase de Dieu est présente en la personne du Saint-Esprit [que ces chrétiens appellent : "Esprit de Dieu" ; la personne de cet Esprit est donc distincte de la personne de Dieu, mais en la personne de cet Esprit se trouve une hypostase de Dieu, qui est Son Attribut de Vie, صفة الحياة].
Ceci est possible parce que toute "personne" (شخْص) constitue, ou bien possède, une "hypostase" (أقنوم) ; alors même que toute "hypostase" ne constitue pas forcément une "personne".

En résumé :
il y a la personne de "Dieu"/ "Elohim"/ "Allah" : c'est une personne et, en tant que telle, elle constitue une hypostase ;
par ailleurs, la personne de Jésus possède une autre hypostase de Dieu ;
et la personne de l'Esprit Saint possède une autre hypostase de Dieu" (fin d'exposé de la croyance en la Trinité).

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(Pour information : "El" est "Allah" :
--- Abdullâh ibn Abbâs l'a dit : "وكل اسم "إيل" فهو: الله" : "Tout nom "Îl", c'est : "Allâh"" (Tafsîr ut-Tabarî, relation n° 1621 ; Fat'h ul-bârî 8/207) ;
--- Ik'rima l'a dit : "باب قوله "من كان عدوا لجبريل"؛ وقال عكرمة: جبر وميك وسراف: عبد؛ إيل: الله" (Sahîh ul-Bukhârî, kitâb ut-tafsîr, bâb 8) ;
--- Abdullâh ibn ul-Hârith al-Basrî l'a dit : "إيل: الله بالعبرانية" : ""Îl" est : "Allah" en hébreu" (Tafsîr ut-Tabarî, relation n° 799 ; Fat'h ul-bârî 8/207) ;
--- At-Tabarî l'a écrit : "وأما "إيل" فهو الله تعالى ذكره" : "Quant à "Îl", c'est : Allâh, Elevé soit Son souvenir" (Tafsîr ut-Tabarî). "وكان يعقوب يدعى"إسرائيل"، بمعنى عبد الله وصفوته من خلقه. و"إيل" هو الله، و"إسرا" هو العبد" (Ibid.).
La francisation a ensuite transformé ce "'Îl" en "El", comme on le voit dans la version française des prénoms Gabriel etc.)

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Pourquoi certains Chrétiens ont-ils adopté la Trinité tout en se réclamant du Monothéisme abrahamique ?

Ces Chrétiens ont cru Jésus être une hypostase de Dieu...

-- Parce que :
--- ils ont lu d'une part que Dieu a tout créé par Sa Parole ;
--- et ils ont lu d'autre part que Jésus est "parole de Dieu" ;
--- et alors ils n'ont pas compris que le même terme ("Parole") désigne dans ces deux passages deux choses totalement différentes : la Parole de Dieu par laquelle Dieu a tout créé et qui est évoquée dans le premier passage est bel et bien incréée, mais la seconde appellation est au sens figuré : Jésus n'est pas en soi la parole de Dieu.

Dans le Coran aussi, Dieu dit au sujet de Jésus qu'il est : "une parole provenant de (Dieu)" (Coran 4/171 ; 3/45). Mais Jésus n'est pas en soi une parole provenant de Dieu ! Son corps vivant est seulement le résultat direct d'une parole provenant de Dieu (la parole "Sois !").

Par ailleurs, il y a une différence entre :
--- "le Verbe était avec Dieu", "ton théon" (avec l'article défini), ce qui signifie : "le dieu", autrement dit : "Dieu" ;
--- et : "le verbe était un dieu", "théos" (sans l'article).
La différence est de taille : le terme "dieu" a été employé à propos de Moïse aussi, au sens figuré, et sans que cela lui confère un sens de culte. Dieu dit à Moïse, parlant de Aaron : "Lui parlera pour toi au peuple, il sera ta bouche et tu seras son dieu" (Exode 4/16). Toujours en Exode, il est relaté que Dieu dit à Moïse : "Vois, je t'établis comme dieu pour Pharaon, et ton frère Aaron sera ton prophète" (Exode 7/1). Le terme "dieu" ne signifie pas, ici, "objet de culte".

-- Et aussi parce que ces chrétiens ont lu les passages suivants, relatés de Jésus : "Si Dieu était votre père, vous m'auriez aimé, car c'est de Dieu que je suis sorti et que je viens ; je ne suis pas venu de mon propre chef, c'est Lui qui m'a envoyé" (Jean 8) ; "Moi et le Père nous sommes un" (Jean 10/30) ; et ces chrétiens n'ont pas compris le sens purement figuré de ces propos.

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– Quant à l'Esprit de Sainteté, ces chrétiens l'ont cru être une hypostase de Dieu parce que :

--- ils ont lu d'une part certains passages de l'Ancien Testament, qui parlent de "Rûah de Dieu" : l'Esprit de Dieu, ou l'Âme de Dieu : "Voici mon élu, en qui Mon Âme prend plaisir" (Isaïe 42/1) ; "Où pourrais-je aller loin de ton Esprit, où pourrais-je fuir loin de ta présence ?" (Psaume 139/7) ;
--- et ils ont lu d'autre part des passages disant que l'"Esprit" vient auprès d'hommes (surtout dans le Nouveau Testament) ;
--- et ils n'ont pas compris que ce même terme ("Esprit / Âme") ne désigne pas, dans ces différents passages, la même chose : l'Esprit de Dieu dans les passages du premier type est bien un Attribut de Dieu Lui-même, mais n'est pas l'Esprit qu'est l'ange (lequel est pour sa part une personne), ni l'Esprit qu'est l'âme biologique ("Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel, à ces os : Voici, je vais faire entrer en vous un esprit, et vous vivrez" : Ezéchiel 37/5), ni l'Esprit qu'est le Paraclet (lequel est un homme qui viendra après Jésus), et n'est pas non plus l'Assistance accordée à des hommes par Dieu (laquelle Assistance est pour sa part une manifestation, parmi les hommes, d'un Fait de Dieu). Or ces Chrétiens ont cru que tout cela constitue la même chose. Et ils ont dit que cet Esprit-Saint est une personne, et qu'il possède une hypostase de Dieu : selon eux, l'Attribut de Vie de Dieu est matérialisé par cet Esprit.

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Dans le Coran, on trouve ceci :
--- Dieu dit d'une part : "Dieu vous met en garde contre Son Nafs" : "وَيُحَذِّرُكُمُ اللّهُ نَفْسَهُ" (Coran 3/28) : c'est-à-dire : "Dieu vous rappelle de craindre Sa Personne".
--- Or et d'autre part, Dieu raconte à propos de Marie, à qui Il envoya Gabriel : "Nous lui envoyâmes Notre Rûh, qui se présenta à elle sous la forme d'un homme parfait" : "فَأَرْسَلْنَا إِلَيْهَا رُوحَنَا فَتَمَثَّلَ لَهَا بَشَرًا سَوِيًّا" (Coran 19/17).
--- Or encore, la Personne de Dieu, "Nafs-ullâh", qui a été évoquée en Coran 3/28, n'est pas le "Rûh-ullâh" évoqué en Coran 19/17, au motif que "Nafs" et "Rûh" ont parfois le même sens en ce qui concerne les humains ! En Coran 19/17, "Rûh ullâh" désigne : un Esprit créé par Dieu mais particulièrement ennobli par Lui ; il s'agit de l'Ange Gabriel. La preuve que le "Rûh" ici cité est un ange réside dans cet autre verset, qui parle du même événement : "إِذْ قَالَتِ الْمَلآئِكَةُ يَا مَرْيَمُ إِنَّ اللّهَ يُبَشِّرُكِ بِكَلِمَةٍ مِّنْهُ اسْمُهُ الْمَسِيحُ عِيسَى ابْنُ مَرْيَمَ وَجِيهًا فِي الدُّنْيَا وَالآخِرَةِ وَمِنَ الْمُقَرَّبِينَ" (Coran 3/45). L'ange qui a apporté le Coran au prophète Muhammad (sur lui soit la paix) est ce même Rûh : "وَإِنَّهُ لَتَنزِيلُ رَبِّ الْعَالَمِينَ نَزَلَ بِهِ الرُّوحُ الْأَمِينُ عَلَى قَلْبِكَ لِتَكُونَ مِنَ الْمُنذِرِينَ بِلِسَانٍ عَرَبِيٍّ مُّبِينٍ" (Coran 26/192-195). Il s'agit de Gabriel : "قُلْ مَن كَانَ عَدُوًّا لِّجِبْرِيلَ فَإِنَّهُ نَزَّلَهُ عَلَى قَلْبِكَ بِإِذْنِ اللّهِ مُصَدِّقاً لِّمَا بَيْنَ يَدَيْهِ وَهُدًى وَبُشْرَى لِلْمُؤْمِنِينَ" (Coran 2/97).

En fait le même terme "Rûh", présent dans plusieurs passages du Coran et de la Sunna, y a, selon les contextes, des sens (ma'nâ) différents et des désignations (murâd) différentes :
--- 1) l'âme spirituelle, considérée seule, sans considération - également - du corps qu'elle habite (comme dans "وَيَسْأَلُونَكَ عَنِ الرُّوحِ قُلِ الرُّوحُ مِنْ أَمْرِ رَبِّي وَمَا أُوتِيتُم مِّن الْعِلْمِ إِلاَّ قَلِيلاً" : Coran 17/85) et comme dans : "إِنَّمَا الْمَسِيحُ عِيسَى ابْنُ مَرْيَمَ رَسُولُ اللّهِ وَكَلِمَتُهُ أَلْقَاهَا إِلَى مَرْيَمَ وَرُوحٌ مِّنْهُ" : Coran 4/171) (employé également avec ce sens dans la Sunna, cependant seulement en ce qui concerne les humains et les animaux, et pas les végétaux) ;
--- 2) la vie ("al-hayâh") ;
--- 3) le souffle (nafkhah) (comme en Coran 38/71-72) ;
--- 4) l'ange Gabriel (comme en Coran 26/192-193) ;
--- 5) la miséricorde de Dieu (comme dans : "أُوْلَئِكَ كَتَبَ فِي قُلُوبِهِمُ الْإِيمَانَ وَأَيَّدَهُم بِرُوحٍ مِّنْهُ" : Coran 58/22, où certains commentateurs ont traduit le terme "rûh" par "rahma" : voir Zâd ul-massîr ; voir aussi Tafsîr ut-Tabarî, commentaire de Coran 4/171) (en Coran 12/87, où il s'agit, plus exactement, du terme "rawh", ce dernier a ce même sens de "rahma") ;
--- 6) la parole de Dieu (kalâm ullah) (comme en Coran 16/2 et Coran 40/15).
(Extrait de notre article sur la vie minérale, la vie végétale et la vie animale.)

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Quel chrétien pourrait affirmer que, dans ses textes de référence à lui aussi, la formule "esprit de Dieu" n'a pas plusieurs sens, lui qui adhère à ce qu'on lit ainsi dans l'Apocalypse de Jean : "Et je vis, au milieu du trône et des quatre êtres vivants et au milieu des vieillards, un agneau qui était là comme immolé. Il avait sept cornes et sept yeux, qui sont les sept Esprits de Dieu envoyés par toute la terre" (Apocalypse 5/6)...

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Par ailleurs, quand un terme est complément du nom "Dieu" (par exemple : "esprit de Dieu"), cela n'implique pas systématiquement "être une partie de ce que désigne le nom "Dieu". En effet :
a) soit la chose que ce terme indique n'est pas séparée de Dieu : dans ce cas cette chose, dont le nom est en rapport d'annexion avec le nom "Dieu", est bel et bien un Attribut de Dieu (et est donc bien "être un juz' du maf'hûm de Dieu") : c'est le cas de "la Miséricorde de Dieu" (Coran 7/56), des "deux Mains" de Dieu (Coran 38/75), etc. ;
b) soit la chose que ce terme indique est séparée de Dieu, et est une créature de Dieu. Dès lors, le fait que le nom qui la représente soit en rapport d'annexion avec le nom "Dieu", cela est dû à l'une des deux raisons suivantes :
--- b.a) soit ce rapport d'annexion exprime que cette chose appartient à Dieu (et c'est alors un rappel de l'évidence, puisque tout appartient à Dieu) : "Et donnez-leur du bien de Dieu que Dieu vous a donné" (Coran 24/33) ;
--- b.b) soit le rapport d'annexion exprime que cette chose bénéficie d'une attention particulière, d'une élection de la part de Dieu ; c'est le cas dans "le Messager de Dieu" ; "la chamelle de Dieu" donnée aux Thamûd (Coran 91/13) ; "Ma Maison" pour la Kaaba (Coran 2/126).

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Par ailleurs, lorsque dans des textes, Dieu attribue à Lui-même l'action qu'un Ange fait, c'est non pas parce que cet ange serait une hypostase de Dieu, mais parce que cet ange n'a fait qu'appliquer l'ordre qu'il a reçu de Dieu.

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Lire nos 5 articles suivants :
--- Les Attributs de Dieu sont-ils autres que Dieu ? ou sont-ils la même chose que Dieu ?
--- Différents types de rapport d'annexion (إضافة) et différentes significations de chaque type de rapport d'annexion
--- La parole de Dieu est incréée. Ainsi est le Coran : parole de Dieu, donc incréé. Jésus est "parole de Dieu" selon le Coran ; ne serait-il pas lui aussi incréé ?
--- Que signifie le propos (présent dans quelques hadîths) qui dit : "Dieu a créé Adam selon son apparence (sûra)" (خَلَقَ اللهُ آدَمَ علَى صُوْرَتِه) ?
--- Quand l'homme atteint un degré où Dieu l'aime particulièrement et qu'Il devient son ouïe, sa vue, etc..

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Un passage de l'un des Evangiles que certains chrétiens avancent pour établir la Trinité :

Le propos suivant est attribué à Jésus fils de Marie, s'adressant à ses disciples : "Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et de l'Esprit Saint, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit" (Evangile selon Matthieu, 28/19-20).

Or, si Jésus a réellement dit exactement ces paroles, alors :
– "baptiser" c'était le rituel d'immersion dans l'eau, et cela se faisait en guise de repentir par rapport au kufr akbar, à un ou des péchés (moindres que le kufr akbar), ou pour entrer dans la religion voulue ;
– quant à "au nom de..." :
--- cela ne signifie pas, ici : "avec la bénédiction du nom du..." (comparable alors à la formule que les musulmans emploient : "Bismillâh", "Avec le Nom de Dieu"), de sorte que ce propos établisse que Dieu c'est le Père, le Fils et l'Esprit de Sainteté ;
--- cela signifie seulement, ici : "en tant que chargés de mission par..." ; exactement comme on dit : "L'avocat signa les papiers au nom de son client".

Ce qu'il leur avait été demandé dans ce propos, ce fut simplement de prêcher à des gens cette religion (laquelle sera appelée plus tard : "le judéo-christianisme"), cela en tant que chargés de mission par Dieu, Son Messager Jésus, ainsi que l'ange Gabriel.
"فإن أصل تثليثهم مبني على ما في أحد الأناجيل من أن المسيح - عليه السلام - قال لهم: "عمدوا الناس باسم الآب والابن وروح القدس". فيقال لهم: هذا إذا كان قد قاله المسيح (...)، وإذا كان كذلك، كان في هذا ما يبين أنه ليس المراد بـ"الابن" كلمة الله القديمة الأزلية التي يقولون أنها تولدت من الله عندهم مع كونها أزلية، ولا بـ"روح القدس" حياة الله؛ بل المراد بـ"الابن" ناسوت المسيح، وبـ"روح القدس" ما أنزل عليه من الوحي والملك الذي نزل به؛ فيكون قد أمرهم بالإيمان بالله وبرسوله، وبما أنزله على رسوله، والمَلَك الذي نزل به. وبهذا أمرت الأنبياء كلهم" (
Al-Jawâb us-sahîh).

Ici la question qui se pose est : N'est-ce pas Dieu Seul qui charge de prêcher ?
--- Un prophète de Dieu charge-t-il d'autres humains de mission religieuse, comme Dieu charge des humains de mission ?
Oui, parfois c'est ce prophète lui-même qui décide de charger ces humains (ses disciples) d'aller effectuer cette mission (n'ayant reçu sur le sujet aucun ordre détaillé mais seulement un ordre global de la part de Dieu) : c'est alors, au sens propre - Haqîqa Isnâdiyya - ce prophète qui a chargé ces humains de cette mission) ; et, d'autres fois, ce prophète ne fait que transmettre à ces humains l'ordre de Dieu expresse les concernant, relatif à cette mission (il est alors l'instrument de Dieu : au sens propre - Haqîqa Isnâdiyya - c'est alors Dieu qui a chargé ces humains de cette mission ; mais, au sens figuré - un Majâz 'Isnâdî -, ce prophète a lui aussi chargé ces humains de cette mission).
--- Et l'ange Gabriel, charge-t-il des humains non-prophètes de mission ?
Oui, au sens où il transmet les ordres de Dieu au prophète en question, lequel le retransmet aux humains en question (il est alors l'instrument de Dieu) : au sens propre - Haqîqa Isnâdiyya - c'est alors Dieu qui a chargé ces humains de cette mission ; mais, au sens figuré - un Majâz 'Isnâdî -, ce prophète a lui aussi chargé ces humains de cette mission. Il y a même un verset où Dieu parle pour répondre de la part de Gabriel : "وَمَا نَتَنَزَّلُ إِلَّا بِأَمْرِ رَبِّكَ لَهُ مَا بَيْنَ أَيْدِينَا وَمَا خَلْفَنَا وَمَا بَيْنَ ذَلِكَ وَمَا كَانَ رَبُّكَ نَسِيًّا" (Coran 19/64) : sous-entendu : "Gabriel te répond : "Et nous ne descendons que par Ordre de ton Seigneur..."".

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Dans le Coran et la Sunna, certaines Actions données, on trouve leur attribution à : "Allah et Son Messager" :
--- cela parfois alors que c'est le Messager de Dieu qui fait véritablement cette action (laquelle consiste à dire quelque chose, ou à faire quelque chose) ; cependant, vu qu'il dit cela ou fait cela en étant dans le cadre de ce que Dieu lui a ordonné globalement, cela est attribué à Dieu aussi (en tant que cause ordonnant, Sabab Âmir) : "وَمَا كَانَ لِمُؤْمِنٍ وَلَا مُؤْمِنَةٍ إِذَا قَضَى اللَّهُ وَرَسُولُهُ أَمْرًا أَن يَكُونَ لَهُمُ الْخِيَرَةُ مِنْ أَمْرِهِمْ" (Coran 33/36 : au sujet de l'ordre donné à Zaynab bint Jahsh de se marier avec Zayd ibn Hâritha) ; "يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا لَا تُقَدِّمُوا بَيْنَ يَدَيِ اللَّهِ وَرَسُولِهِ وَاتَّقُوا اللَّهَ إِنَّ اللَّهَ سَمِيعٌ عَلِيمٌ" (Coran 49/1 : il s'agissait de la décision que le Prophète allait prendre concernant la nomination de l'émir pour les Banû Tamîm) ; "وَإِذَا دُعُوا إِلَى اللَّهِ وَرَسُولِهِ لِيَحْكُمَ بَيْنَهُمْ إِذَا فَرِيقٌ مِّنْهُم مُّعْرِضُونَ" (Coran 24/48 : c'est le Prophète qui allait rendre le jugement) ; "وَلَوْ أَنَّهُمْ رَضُوْاْ مَا آتَاهُمُ اللّهُ وَرَسُولُهُ وَقَالُواْ حَسْبُنَا اللّهُ سَيُؤْتِينَا اللّهُ مِن فَضْلِهِ وَرَسُولُهُ إِنَّا إِلَى اللّهِ رَاغِبُونَ" (Coran 9/59) ; "قال: "فأنت السواد الذي رأيت أمامي؟" قلت: "نعم"، فلهدني في صدري لهدة  أوجعتني، ثم قال: "أظننت أن يحيف الله عليك ورسوله؟"، قالت: "مهما يكتم الناس يعلمه الله. نعم"" (Muslim, 974/130, an-Nassâ'ï : quand Aïcha exprima qu'elle s'était dite que le Prophète s'était peut-être rendu auprès d'une autre épouse, alors que c'était sa nuit à elle) ;
--- cela d'autres fois alors que c'est Dieu qui dit véritablement ce propos ou qui fait véritablement cette action, le Messager n'étant que l'instrument (الآلة) de transmission du propos, ou d'exécution de l'action : le verbe est alors malgré tout attribué au Messager aussi (en tant qu'instrument, Âla) : "وَمَا نَقَمُواْ إِلاَّ أَنْ أَغْنَاهُمُ اللّهُ وَرَسُولُهُ مِن فَضْلِهِ" (Coran 9/74) ;
--- cela, enfin parfois, par une sorte d'assimilation des deux en un seul pronom : "وَاللّهُ وَرَسُولُهُ أَحَقُّ أَن يُرْضُوهُ إِن كَانُواْ مُؤْمِنِينَ" (Coran 9/62) ; "وَمَن يَعْصِ اللّهَ وَرَسُولَهُ وَيَتَعَدَّ حُدُودَهُ" (Coran 4/14).

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Ensuite, étant donné que ces Chrétiens se réclament du Monothéisme abrahamique, ils ont dû chercher à concilier ce Monothéisme ("Dieu est Unique") et les 2 croyances qu'ils ont développées à propos de Jésus et de l'Esprit Saint :

Pour cela, ils ont eu recours à la distinction (offerte par la philosophie grecque) entre "essence / substance / nature" d'une part, et "personne" d'autre part.
Ou même (de façon plus particulière encore) : entre
"essence /substance /nature" d'une part, et "hypostase" d'autre part (vu que toute "personne" est forcément, ou bien possède forcément : une "hypostase" ; tandis que toute "hypostase" ne constitue pas forcément, à elle seule : une "personne").

Ces chrétiens ont alors dit :

"Dieu est Unique, oui.

Cependant :
- il y a la personne de "Dieu"/ "Elohim"/ "Allah" : c'est une personne et, en tant que telle, elle constitue une hypostase ;
- par ailleurs, la personne de Jésus possède une autre hypostase de Dieu ;
- et la personne de l'Esprit Saint possède une autre hypostase de Dieu.

Il existe donc 3 hypostases de Dieu l'Unique.
Mais ces 3 hypostases ne forment qu'une seule et même essence : l'essence divine."

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Ensuite ils ont divergé :

"En la personne de Jésus, il y a 2 natures / substances : la nature divine (comme nous venons de le dire), et la nature humaine.

Hérétiques sont dès lors : les Monophysites (comme l'Eglise copte) et les Nestoriens, qui ne sont pas d'accord avec nous sur ce dernier point :
--- les Monophysites parce qu'il ne reconnaissent en Jésus qu'une seule personne, mais également une seule nature : la divine, et pas la nature humaine ;
--- et les Nestoriens parce qu'ils reconnaissent en Jésus non pas seulement 2 natures, mais 2 personnes : l'une humaine, et l'autre divine.

Les Monophysites disent que Jésus est le Verbe de Dieu incarné dans un Corps humain. Jésus n'a pas d'Ame humaine : à son Corps s'est uni le Verbe, qui occupe ainsi la place que l'Ame rationnelle occupe chez les autres humains.

Mais nous, qui sommes "Chalcédoniens", disons que Dieu n'a jamais été sans Son Verbe (qui est Son Attribut). Cependant, c'est à un moment donné que ce Verbe s'est fait chair dans le sein de Marie (dont Jésus tient son corps d'homme et sa nature humaine), par l'opération du Saint-Esprit (dont Jésus tient sa nature divine, car il lui est consubstantiel) :
--- le Corps de Jésus possède une Ame rationnelle et une volonté humaine. Corps et Ame confèrent à Jésus sa Nature humaine ;
--- mais le Verbe de Dieu possède sa propre volonté, divine, et de là, sa Nature divine.
Il y a union entre les deux – Corps et Ame d'un côté, Verbe de l'autre – dans une seule et même Personne : Jésus"
(fin de citation du propos de ces chrétiens).

Par contre, je ne suis pas parvenu à comprendre comment les Nestoriens font pour justifier eux aussi qu'ils sont monothéistes, alors même qu'ils disent qu'il y a en Jésus une autre personne divine... ce serait donc une autre personne divine, en dehors de Dieu (Elohim) ? Quelle différence resterait-il alors - selon leur doctrine - entre "hypostase" et "personne" ?

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En tout état de cause, ces doctrines sont différentes quant au type d'union existant – d'après ces chrétiens – entre la Personne humaine de Jésus, et le Verbe divin :
--- l'Eglise monophysite croit en une "اتحاد امتزاج" ("unification complète"), c'est-à-dire : "امتزج اللاهوت والناسوت كامتزاج الماء واللبن حتى انقلبا فصارا شيءً جديدًا ثالثًا" : "Le divin s'est uni à l'humain en la personne de Jésus comme le lait se mélange à l'eau : le mélange est complet au point que ce n'est plus ni du lait ni de l'eau et qu'on ne peut plus distinguer l'un de l'autre : une troisième réalité est apparue" (d'après MF 2/172) ;
--- les Eglises "chalcédoniennes" croient en une "اتحاد اختلاط" ("mélange"), c'est-à-dire : "اختلط اللاهوت بالناسوت كاختلاط النار بالحديد المحمَّى" : "Le divin s'est mêlé à l'humain dans la personne de Jésus comme le feu se mêle au métal en fusion" (d'après Al-Jawâb us-sahîh, 2/248) ;
--- enfin, l'Eglise nestorienne croit en une "حلول" ("contenance"), c'est-à-dire : "حل اللاهوت في الناسوت كحلول الماء في الإناء" : "Le Verbe - divin- est contenu dans le Corps - humain - de Jésus comme l'eau est contenue en le récipient qui l'accueille" (MF 2/171) ; il y a donc en Jésus deux Personnes qui cohabitent.

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Objection 3 :

"Les chrétiens déclarent que le Père, le Fils et le Saint-Esprit possèdent en plénitude la nature divine. Le Père est l'une des 3 "personnes" divines ; le Fils est l'une des 3 "personnes" divines ; le Saint-Esprit est l'une des 3 "personnes" divines. Ces 3 personnes sont chacune Dieu en ce qu'elles possèdent la nature divine.

Est Dieu : Celui qui possède la nature divine.

Vous êtes humain parce que vous possédez la nature humaine.
De même, je suis humain parce que je possède la nature humaine.
Nous sommes 2 êtres humains et nous partageons la même nature humaine : il n'y a bien qu'une seule nature humaine.

Les 3 "personnes" de la Trinité possèdent chacune la nature divine. Elles sont donc 3 Êtres divins et mais partagent une seule et même nature, divine. Il n'y a qu'une seule nature divine : c'est cela que nous appelons Dieu.

Dieu, pour nous chrétiens, c'est une nature.

Vous croyez peut-être que Dieu serait une personne ?"

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Réponse (3) :

Sauf que, au final, nous 2 (vous et moi), dotés d'une même et unique nature humaine, nous ne formons pas tous 2 UN ETRE humain unique, mais DEUX ETRES humains distincts, dotés d'une nature humaine qui est similaire.

Si on suit votre comparaison avec la nature humaine et les personnes humaines, à accepter qu'il y a une seule nature divine mais avec trois personnes ayant cette nature, alors il y aurait trois êtres divins.

C'est ce hiatus qui fait que, malgré toutes les tentatives d'explications (la vôtre n'en est qu'une), les chrétiens Trinitariens adhérant à l'explication officielle de celle-ci finissent toujours par reconnaître que la Trinité "reste un mystère inaccessible à la raison".

Et c'est ce qui fait que certains autres chrétiens Trinitariens oscillent entre deux extrêmes qui ont été qualifiées d'"hérésies".
Car il existe, comme interprétations de la Trinité
:

le modalisme (ou sabellianisme), qualifié d'hérésie par la doctrine officielle : "le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont différents "modes" ou aspects de l'Être divin, plutôt que trois "hypostases" ou personnes distinctes. Les Trois ne sont alors pas en soi, mais pour les humains" (source : wikipedia) ;
le trithéisme, également qualifié d'hérésie : "La Trinité chrétienne revient à reconnaître l'existence de trois dieux".
La doctrine officielle demeurant : "La Trinité est un mystère pour la raison humaine".

- Quant à ceux des chrétiens qui n'adhèrent pas à la Trinité, ce sont : les Chrétiens Unitariens (mais leur posture a, elle aussi, été qualifiée d'hérésie par le christianisme aujourd'hui majoritaire). Les Témoins de Jéhovah sont ainsi.

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Par ailleurs, si on suivait votre raisonnement, alors les Hindous aussi deviendraient de parfaits monothéistes. En effet, car ils pourraient dire : "Il y a un seul Dieu (Brahman / Pram-Âtmâ). Cependant, Dieu l'Unique, c'est une nature, une substance. Et cette substance est présente d'abord en Brahmâ, Vishnou et Shiva : c'est la "Trîmurtî", ou "Triade". Ensuite cette substance de Dieu l'Unique est présente en chaque parèdre et chaque avatar de l'un ou l'autre parmi les 3 êtres constituant cette triade."

Si on suit votre raisonnement, il ne sera plus étonnant de lire qu'un prêtre chrétien, Jules Monchanin, et un moine bénédictin, Henri Le Saux, se sont installés en Inde où ils se sont faits "sannyasi" (renonçants hindous), et y ont fondé un monastère chrétien où la Trinité est représentée sous la forme d'une Trimurti (source : wikipedia)...

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Dieu n'est pas une nature qui se retrouverait, sous la forme d'une substance (ou hypostase), en telle personne et aussi en telle et telle personnes.
Dieu est un
Etre, et Il est distinct de Sa création
.

Parmi tous ceux qui se réclament du monothéisme de Abraham, les Chrétiens Trinitariens sont les seuls à avoir cette conception singulière du monothéisme.
Ce ne sont pas seulement les musulmans, mais aussi, bien avant eux et toujours maintenant, les juifs (je veux parler des juifs croyants et orthodoxes) qui trouvent très étrange cette conception du monothéisme. Plus récemment, des chrétiens tels que les Témoins de Jéhovah aussi ont remis en cause cette conception.
Cette conception du monothéisme abrahamique est pour le moins singulière, et constitue une erreur.

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Objection 4 :

"Que les juifs, les musulmans, les Témoins de Jéhovah et d'autres "chrétiens" ne croient pas à la Trinité, cela ne peut pas servir d'argument pour étayer que la Trinité est une erreur !

Sinon je pourrais moi aussi dire que votre croyance en Mohamed comme prophète de Dieu est une erreur parce que, parmi tous les monothéistes se réclamant de Abraham, seuls les musulmans croient que Mohamed est un prophète de Dieu : les juifs n'y croient pas, ni les chrétiens."

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Réponse (4) :

Sauf que pour ma part je parlais d'un seul et même concept, partagé (au moins en théorie) par ceux qui sont en débat : il s'agit du concept du Monothéisme Abrahamique. Et je disais que, au sein de tous ceux qui adhèrent explicitement à ce concept (le Monothéisme Abrahamique), seul un groupe de chrétiens en ont cette conception singulière : la Trinité. Tous les autres (juifs, chrétiens unitariens et musulmans) : non.

Le parallèle que vous faites avec le caractère de vrai prophète de Muhammad (que Dieu le bénisse et le salue) n'est pas de la même veine, car le prophétat de Muhammad constitue un concept distinct du concept du Monothéisme abrahamique. C'est bien pourquoi il arrive qu'il y ait des humains qui adhèrent entièrement au Monothéisme abrahamique, mais sans également adhérer au prophétat de Muhammad (béni soit-il), dont ils ont pourtant eu connaissance (cela constitue du kufr akbar, mais sans être du shirk akbar aussi).

Le bon parallèle avec le prophète Muhammad (sur lui soit la paix) aurait été de me dire plutôt : "Vous voulez donc affirmer que, étant donné que, parmi tous ceux qui se réclament du prophétat de Muhammad, seuls les Barelwis affirment que la croyance en Muhammad comme prophète de Dieu cela signifie que Muhammad entend tout de partout : ce qu'ils disent est donc une erreur. C'est cela que vous voulez dire ?"
Et c'est effectivement ce que j'aurais pu dire : "Parmi tous ceux qui se réclament du prophétat de Muhammad, seuls les Barelwis affirment que la croyance en Muhammad comme prophète de Dieu cela signifie que Muhammad entend tout de partout. Voilà une conception singulière, inconnue chez tous les autres musulmans, depuis les Compagnons du Prophète et leurs élèves, jusqu'à aujourd'hui ! Ce qu'ils disent est donc une erreur."

Il faut que, parmi tous les groupes qui se réclament d'un même concept, ce soit par rapport à ce concept lui-même que la singularité d'un groupe soit mise en exergue, et non pas par rapport à un autre concept.

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Bien que la Trinité soit une croyance erronée, et de kufr akbar, nous ne considérons pas ceux qui y adhèrent comme étant "des Polycultistes", mais comme étant "des Gens du Livre".

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).