Le terme "'Urf" / "Ma'rûf" désigne à la fois : "Ce qui est Bien", et : "Ce qui est d'usage /bienséant" - المعروف المعيّن بالشرع، والمعروف المفوَّض تفصيله إلى عادة الناس

"'Urf" et "Ma'rûf" sont synonymes. C'est bien pourquoi dans le Coran on lit : "وَأْمُرْ بِالْمَعْرُوفِ" (Coran 31/17), et aussi : "وَأْمُرْ بِالْعُرْفِ" (Coran 7/199).
Al-Bukhârî écrit ainsi : "العُرْفُ: المَعرُوفُ" (Al-Jâmi' us-Sahîh).

On lit également dans Lissân ul-'Arab : "والعُرْفُ والعَارِفَة والمَعرُوفُ وَاحِدٌ؛ ضِدُّ النُّكْرِ" (Lissân ul-'Arab).

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Quelques textes :

"الَّذِينَ يَتَّبِعُونَ الرَّسُولَ النَّبِيَّ الأُمِّيَّ الَّذِي يَجِدُونَهُ مَكْتُوبًا عِندَهُمْ فِي التَّوْرَاةِ وَالإِنْجِيلِ: يَأْمُرُهُم بِالْمَعْرُوفِ وَيَنْهَاهُمْ عَنِ الْمُنكَرِ وَيُحِلُّ لَهُمُ الطَّيِّبَاتِ وَيُحَرِّمُ عَلَيْهِمُ الْخَبَآئِثَ وَيَضَعُ عَنْهُمْ إِصْرَهُمْ وَالأَغْلاَلَ الَّتِي كَانَتْ عَلَيْهِمْ. فَالَّذِينَ آمَنُواْ بِهِ وَعَزَّرُوهُ وَنَصَرُوهُ وَاتَّبَعُواْ النُّورَ الَّذِيَ أُنزِلَ مَعَهُ أُوْلَئِكَ هُمُ الْمُفْلِحُونَ" : "ceux qui suivent le messager prophète illettré, qu'ils trouvent mentionné auprès d'eux dans la Torah et l'Evangile : il leur ordonne l'(action qui est) Ma'rûf et leur interdit l'(action qui est) Munkar ; il déclare licites pour eux (les choses) qui sont bonnes et déclare illicites pour eux (les choses) qui sont mauvaises ; il enlève d'eux la charge, et les jougs qui étaient sur eux..." (Coran 7/157).

- "وَالْوَالِدَاتُ يُرْضِعْنَ أَوْلَادَهُنَّ حَوْلَيْنِ كَامِلَيْنِ لِمَنْ أَرَادَ أَنْ يُتِمَّ الرَّضَاعَةَ وَعَلَى الْمَوْلُودِ لَهُ رِزْقُهُنَّ وَكِسْوَتُهُنَّ بِالْمَعْرُوفِ لَا تُكَلَّفُ نَفْسٌ إِلَّا وُسْعَهَا لَا تُضَارَّ وَالِدَةٌ بِوَلَدِهَا وَلَا مَوْلُودٌ لَهُ بِوَلَدِهِ وَعَلَى الْوَارِثِ مِثْلُ ذَلِكَ" : "Et au père incombe le fait de les nourrir et de les vêtir selon le Ma'rûf" (Coran 2/233).
Ibn ul-Jawzî écrit que, ici, ce qui est désigné "Ma'rûf" est à prendre en considération d'après l'usage (al-'âda) : "قوله تعالى: وَعَلَى الْمَوْلُودِ لَهُ، يعني: الأب. رِزْقُهُنَّ وَكِسْوَتُهُنَّ يعني: المرضعات. وفي قوله: بِالْمَعْرُوفِ دلالة على أن الواجب على قدر حال الرجل في إعساره ويساره، إذ ليس من المعروف إلزام المعسر ما لا يطيقه، ولا الموسر النزر الطفيف. وفي الآية دليل على تسويغ اجتهاد الرأي في أحكام الحوادث، إذ لا يتوصل إلى تقدير النفقة بالمعروف إلا من جهة غالب الظن، إذ هو معتبر بالعادة. قوله تعالى: لا تُكَلَّفُ نَفْسٌ إِلَّا وُسْعَها، أي: إلا ما تطيقه" (Zâd ul-massîr).

- "ولهن عليكم رزقهن وكسوتهن بالمعروف" : "Et (vos épouses) ont comme droit sur vous : d'être nourries et vêtues d'après le Ma'rûf" (Muslim, 1218).

- "عن عائشة، أن هند بنت عتبة، قالت: يا رسول الله إن أبا سفيان رجل شحيح وليس يعطيني ما يكفيني وولدي، إلا ما أخذت منه وهو لا يعلم، فقال: "خذي ما يكفيك وولدك، بالمعروف" : Questionné par Hind au sujet des dépenses liées au ménage : "Abû Sufyân ne me donne pas, comme argent, ce qui suffit à moi et mes enfants", le Prophète répondit : "Prends ce qui vous suffit, à toi et tes enfants, selon le Ma'rûf" (al-Bukhârî, Muslim).

- Al-Bukhârî parle de "ce à quoi les différentes villes sont habituées en termes de" propos et gestes exprimant l'accord "lors des transactions", ainsi qu'en termes de détermination "des mesures et poids" :
"باب: من أجرى أمر الأمصار على ما يتعارفون بينهم في البيوع والإجارة والمكيال والوزن، وسننهم على نياتهم ومذاهبهم المشهورة.
وقال شريح للغزالين: سنتكم بينكم. وقال عبد الوهاب عن أيوب عن محمد: لا بأس العشرة بأحد عشر ويأخذ للنفقة ربحا.
وقال النبي صلى الله عليه وسلم لهند: خذي ما يكفيك وولدك بالمعروف.
وقال تعالى: ومن كان فقيرا فليأكل بالمعروف"
(Al-Jâmi' us-Sahîh, Al-Buyû', bab 95).

- Ibn Taymiyya est d'avis que l'épouse doit s'occuper de la maison conjugale, mais ce devoir s'inscrit dans ce qui est Ma'rûf : ce qui est d'usage selon le pays, la région d'origine, et les possibilités de l'épouse : "تجب الخدمة بالمعروف وهذا هو الصواب فعليها أن تخدمه الخدمة المعروفة من مثلها لمثله. ويتنوع ذلك بتنوع الأحوال: فخدمة البدوية ليست كخدمة القروية وخدمة القوية ليست كخدمة الضعيفة" (MF 34/90-91).
Il écrit que les droits qui sont établis pour l'épouse par rapport à son mari sont également, en terme de quantité et de qualité, à satisfaire selon ce qui est le Ma'rûf : "فكما أن ما يجب للمرأة عليه من الرزق والكسوة: هو بالمعروف، وهو العرف الذي يعرفه الناس في حالهما نوعا وقدرا وصفة (وإن كان ذلك يتنوع بتنوع حالهما من اليسار والإعسار والزمان كالشتاء والصيف والليل والنهار، والمكان) فيطعمها في كل بلد مما هو عادة أهل البلد وهو العرف بينهم، وكذلك ما يجب لها عليه من المتعة والعشرة فعليه أن يبيت عندها ويطأها: بالمعروف؛ ويختلف ذلك باختلاف حالها وحاله. وهذا أصح القولين في الوطء الواجب: أنه مقدر بالمعروف، لا بتقدير من الشرع، قررته في غير هذا الموضع" (MF 34/85).

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1) Le sens de Ma'rûf et de Munkar :

Littéralement, "Ma'rûf" signifie : "ce qui est connu".
Et "Munkar" : "ce qui n'est pas reconnu".

C'est par ce terme arabe que Dieu a relaté ce que Abraham (sur lui soit la paix) dit à ses visiteurs : "هَلْ أَتَاكَ حَدِيثُ ضَيْفِ إِبْرَاهِيمَ الْمُكْرَمِينَ {51/24} إِذْ دَخَلُوا عَلَيْهِ فَقَالُوا سَلَامًا قَالَ سَلَامٌ قَوْمٌ مُّنكَرُونَ {51/25}" : ""Paix ! (Vous êtes) des gens que (je) ne connais pas"" (Coran 51/25). C'est également la même racine qui a été employée dans le verset où Dieu dit de Joseph (sur lui soit la paix) et de ses frères : "وَجَاء إِخْوَةُ يُوسُفَ فَدَخَلُواْ عَلَيْهِ فَعَرَفَهُمْ وَهُمْ لَهُ مُنكِرُونَ" : "il les reconnut alors, alors qu'eux ne le reconnaissaient point" (Coran 12/58).

Dans l'usage du Coran et de la Sunna, le "Ma'rûf" est : "ce qui est reconnu "bien"".
Et "le Munkar" est : "ce qui n'est pas connu comme "bien" ; ce qui est désagréable".

C'est avec ce sens que le terme a été employé ici : "إِنَّ أَنْكَرَ الْأَصْواتِ لَصَوْتُ الْحَمِيرِ" : "La voix la plus désagréable est celle des ânes" (Coran 31/19). C'est quelque chose de ce sens que Dieu décrit que Abraham ressentit quand, ayant présenté le veau rôti à ses visiteurs, il constata qu'ils n'en mangeait pas : "وَلَقَدْ جَاءتْ رُسُلُنَا إِبْرَاهِيمَ بِالْبُشْرَى قَالُواْ سَلاَمًا قَالَ سَلاَمٌ فَمَا لَبِثَ أَن جَاء بِعِجْلٍ حَنِيذٍ {11/69} فَلَمَّا رَأَى أَيْدِيَهُمْ لاَ تَصِلُ إِلَيْهِ نَكِرَهُمْ وَأَوْجَسَ مِنْهُمْ خِيفَةً" : "Il ne tarda pas à apporter un veau rôti. Puis, lorsqu'il vit que leurs mains ne parvenaient pas jusqu'au (veau), il les soupçonna et ressentit de la crainte par rapport à eux" (Coran 11/70).
"وَقَوْلُهُ تَعَالَى: وَصاحِبْهُما فِي الدُّنْيا مَعْرُوفاً، أَي مُصَاحَبًا مَعْرُوفًا؛ قَالَ الزَّجَّاجُ: المَعْرُوف هُنَا مَا يُستحسن مِنَ الأَفعال" (Lissân ul-'Arab).
"وَهُوَ كلُّ مَا تَعْرِفه النَّفْسُ مِنَ الخيْر وتَبْسَأُ بِهِ وتَطمئنّ إِلَيْهِ" (Ibid.).

Toute la question est de savoir quel est le référentiel qui permet de reconnaître telle action : "bien", ou "mal" ?
La réponse est ci-après...

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2) Le Cœur :

Le Ma'rûf, c'est ce que le Raisonnement fait avec l'accompagnement  du Cœur ('Aql ul-Qalb) connaît ou reconnaît : "être bien".
Et le Munkar, c'est ce que le Raisonnement fait avec l'accompagnement du  Cœur ('Aql ul-Qalb) connaît ou reconnaît : "être mal".

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3) Le Raisonnement fait avec l'accompagnement du Cœur soit connaît, soit reconnaît :

En effet :
--- Il existe du Ma'rûf et du Munkar que le 'Aql ul-Qalb connaît de lui-même. Tout Ma'rûf de ce niveau-là, le 'Aql ul-Qalb le reconnaissait déjà, et la Révélation est seulement venue le confirmer.
--- Mais il existe par ailleurs du Ma'rûf et du Munkar que le 'Aql ul-Qalb peut théoriquement connaître de lui-même, sans l'accompagnement de la Révélation, mais que dans le concret il peut difficilement parvenir à le faire. Tout Ma'rûf et Munkar de ce niveau-là, il faut se référer à la Révélation pour le connaître : le 'Aql ul-Qalb reconnaît alors ces Ma'rûf et Munkar.
--- Enfin il existe ce que la Révélation a ordonné de faire ou interdit de faire et qui, alors seulement, est devenu "Ma'rûf" ou "Munkar".

En d'autres termes :
--- Ce que le Coran et la Sunna désignent "Ma'rûf" ou "Munkar", cela reprend et confirme le Ma'rûf et le Munkar que l'Humanité, considérée dans son ensemble, pouvait connaître d'elle-même, par le biais de son Qalb, avant même la venue de la Révélation ('Aqla-qalbî).
--- Cependant, le Coran et la Sunna induisent d'autres choses comme Ma'rûf ou Munkar : il s'agit de ce le 'Aql ul-Qalb aurait difficilement pu connaître à lui seul comme Ma'rûf ou comme Munkar. La Révélation est venue le lui montrer (kashf). Mais, alors, le 'Aql ul-Qalb le reconnaît Ma'rûf ou Munkar.
--- Enfin il existe ce que la Révélation est venue induire (inshâ') comme "Ma'rûf" ou "Munkar".

Lire notre article : Le caractère "bon" ou "mauvais" d'une action humaine précédait-il ce que la Révélation est venue "révéler" ("الوحي", "السمع", "الشرع") à son sujet ? Ou bien fait-il suite à la venue de ce dit de la Révélation à son sujet ?.
Par rapport aux catégories que nous venons de voir, on retrouve, dans cet article-là, les catégories suivantes (respectivement) :
--- ce qui a été seulement confirmé, parce que facile à connaître seul : "1.1" ;
--- ce qui a été mis en lumière (kashf), parce que difficile à connaître tout seul : "1.2", "1.3" et "2.1" ;
--- ce qui a été induit (inshâ') : "3".
--- quant à la catégorie "2.2", elle renferme à la fois du kashf et du inshâ'.

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4) Ici une question se pose :

Le Coran dit être venu (lui et son complément, la Sunna) ordonner ce qui est Ma'rûf et interdire ce qui est Munkar : "يَأْمُرُهُمْ بِالْمَعْرُوفِ وَيَنْهَاهُمْ عَنِ الْمُنْكَرِ وَيُحِلُّ لَهُمُ الطَّيِّبَاتِ وَيُحَرِّمُ عَلَيْهِمُ الْخَبَائِثَ" : "il leur ordonne l'(action qui est) Ma'rûf et leur interdit l'(action qui est) Munkar ; il rend licites pour eux les choses Tayyib et rend illicites pour eux les choses Khabîth" (Coran 7/157).

Or le Coran dit aussi ceci : "وَإِن تُطِعْ أَكْثَرَ مَن فِي الأَرْضِ يُضِلُّوكَ عَن سَبِيلِ اللّهِ" : "Et si tu suis la plupart de ceux qui sont sur Terre, ils te détourneront de la Voie de Dieu" (Coran 6/116).

Il semble y avoir là une contradiction !

En effet, dans le premier de ces versets, le Coran dit être venu ordonner ce que le 'Aql ul-Qalb reconnaît (ou va ensuite reconnaître) être "bien", et être venu interdire ce que le 'Aql ul-Qalb connaît (ou va ensuite reconnaître) être "mal".

Alors que dans le second, il dit que si toi, qui suis la vérité, te mettait à suivre la plupart de ceux qui sont sur la Terre, ces gens te détourneraient de la Voie de Dieu, cette Voie qui matérialise le Bien.
Car, certes, il est certains Ma'rûf qui, de façon universelle, demeurent Ma'rûf : rendre service à autrui ; être bon envers autrui ; etc. Et que, de même, il est certains Munkar qui, de façon universelle, demeurent Munkar : tuer un innocent ; tromper autrui ; lui mentir ; abuser ; etc. Mais ce n'est pas de ces Ma'rûf et de ces Munkar que le second verset parle. Ce second verset évoque ces autres Ma'rûf qui n'ont plus été perçus par la majorité des humains comme Ma'rûf, et ces autres Munkar qui n'ont plus été perçus par la majorité des humains comme Munkar. L'exemple le plus simple à ce sujet est le Ma'rûf du Monothéisme : la prédication du prophète Muhammad a déclenché une vive opposition de la part de nombreux Polythéistes arabes. Et ils disaient ce que le Coran relate d'eux ainsi : "Il a fait des dieux un dieu unique ? Voilà chose fort étrange !" : "وَقَالَ الْكَافِرُونَ هَذَا سَاحِرٌ كَذَّابٌ {38/4} أَجَعَلَ الْآلِهَةَ إِلَهًا وَاحِدًا إِنَّ هَذَا لَشَيْءٌ عُجَابٌ {38/5}" (Coran 38/4-5).
Comment l'appeler "Ma'rûf", "reconnu "bien"", si "la plupart des humains qui sont sur terre" eux-mêmes ne le reconnaissaient plus ainsi et, au contraire, le percevaient comme "chose très étrange" ?

La résolution de cette apparente contradiction est que c'est le Cœur, al-Qalb, qui connaît (de lui-même, même sans la Révélation) le Monothéisme comme Ma'rûf. Or, ce qui domine la majorité des humains, c'est le Hawâ (l'envie, le désir, la pensée libre) : ce Hawâ les domine au point de les voiler d'une partie du Ma'rûf 'Aqla-Qalbî.
--- Le premier verset parle du Qalb : cela est "Ma'rûf", "reconnu "bien"" : par le 'Aql ul-Qalb.
--- Le second verset évoque le Hawâ (l'envie, le désir, la pensée libre). On le voit bien dans la suite de ce second verset : "وَإِن تُطِعْ أَكْثَرَ مَن فِي الأَرْضِ يُضِلُّوكَ عَن سَبِيلِ اللّهِ إِن يَتَّبِعُونَ إِلاَّ الظَّنَّ وَإِنْ هُمْ إِلاَّ يَخْرُصُونَ" : "Et si tu suis la plupart de ceux qui sont sur Terre, ils te détourneront de la Voie de Dieu. Ils ne suivent que (leur) pensée et ils ne font que conjecturer" (Coran 6/116). Dans un autre passage : "إِن يَتَّبِعُونَ إِلَّا الظَّنَّ وَمَا تَهْوَى الْأَنفُسُ" : "Ils ne suivent que (leur) pensée et ce que (leurs) âmes ont comme Hawâ" (Coran 53/23). "قُلْ فَأْتُوا بِكِتَابٍ مِّنْ عِندِ اللَّهِ هُوَ أَهْدَى مِنْهُمَا أَتَّبِعْهُ إِن كُنتُمْ صَادِقِينَ {28/49} فَإِن لَّمْ يَسْتَجِيبُوا لَكَ فَاعْلَمْ أَنَّمَا يَتَّبِعُونَ أَهْوَاءهُمْ وَمَنْ أَضَلُّ مِمَّنِ اتَّبَعَ هَوَاهُ بِغَيْرِ هُدًى مِّنَ اللَّهِ إِنَّ اللَّهَ لَا يَهْدِي الْقَوْمَ الظَّالِمِينَ {28/50}" : "sache qu'ils ne suivent que leurs Hawâ" (Coran 28/50).

"لَهُمْ قُلُوبٌ لاَّ يَفْقَهُونَ بِهَا" : "Ils ont un cœur mais ne réfléchissent pas avec lui" (Coran 7/179).
"فَإِنَّهَا لَا تَعْمَى الْأَبْصَارُ وَلَكِن تَعْمَى الْقُلُوبُ الَّتِي فِي الصُّدُورِ" : "Car ce ne sont pas les vues qui s'aveuglent, mais s'aveuglent les cœurs qui sont dans les poitrines" (Coran 22/46)
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Par contre, une fois que la Révélation est, par le biais de leur Ouïe, arrivée jusqu'à leur Cœur, venant rappeler à ce dernier ce Ma'rûf, alors, à ces Polythéistes aussi il a été rendu plus aisé de reconnaître que le Monothéisme est "le Ma'rûf". Nous allons revenir sur le sujet au point 7. Et comment ont-ils su que ce que, sur le plan du principe même (et non pas de ses enseignements détaillés), cette Révélation est la vérité ? Eh bien par les Signes que le Messager chargé d'apporter cette Révélation a produits avec la Permission takwînî de Dieu.

(Même alors, si certains parmi ces Polythéistes ont adhéré au monothéisme ayant été rappelé par la Révélation, d'autres parmi eux ont persisté à voiler leur Cœur :
- "وَلَقَدْ بَعَثْنَا فِي كُلِّ أُمَّةٍ رَّسُولاً أَنِ اعْبُدُواْ اللّهَ وَاجْتَنِبُواْ الطَّاغُوتَ فَمِنْهُم مَّنْ هَدَى اللّهُ وَمِنْهُم مَّنْ حَقَّتْ عَلَيْهِ الضَّلالَةُ" (Coran 16-36).
- "وَإِذَا قَرَأْتَ الْقُرآنَ جَعَلْنَا بَيْنَكَ وَبَيْنَ الَّذِينَ لاَ يُؤْمِنُونَ بِالآخِرَةِ حِجَابًا مَّسْتُورًا {17/45} وَجَعَلْنَا عَلَى قُلُوبِهِمْ أَكِنَّةً أَن يَفْقَهُوهُ وَفِي آذَانِهِمْ وَقْرًا وَإِذَا ذَكَرْتَ رَبَّكَ فِي الْقُرْآنِ وَحْدَهُ وَلَّوْاْ عَلَى أَدْبَارِهِمْ نُفُورًا {17/46" (Coran 17/45-46).)

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5) Bref, mis à part les quelques cas où la Révélation a complètement induit (inshâ') la norme, dans tous les autres cas :

- La Révélation n'a requis que ce que Dieu a créé Ma'rûf en soi (Aqla-qalbî, ou pas).
- et la Révélation n'a interdit que ce que Dieu a créé Munkar en soi ('Aqla-qalbî, ou pas).

La Loi apportée par le prophète Muhammad (sur lui soit la paix), Dieu la qualifie ainsi :
"يَأْمُرُهُمْ بِالْمَعْرُوفِ وَيَنْهَاهُمْ عَنِ الْمُنْكَرِ وَيُحِلُّ لَهُمُ الطَّيِّبَاتِ وَيُحَرِّمُ عَلَيْهِمُ الْخَبَائِثَ" : "il leur ordonne l'(action qui est) Ma'rûf et leur interdit l'(action qui est) Munkar ; il rend licites pour eux les choses Tayyib et rend illicites pour eux les choses Khabîth" (Coran 7/157).
Dieu avait donc déjà créé certaines actions : "Ma'rûf", avant d'avoir révélé que ces actions sont : Ma'rûf.
Et Il avait déjà créé d'autres actions : "Munkar", avant d'avoir révélé que ces actions sont : Munkar.

La Révélation ne requiert pas de l'homme ce qui est en soi Munkar :
"وَإِذَا فَعَلُواْ فَاحِشَةً قَالُواْ وَجَدْنَا عَلَيْهَا آبَاءنَا وَاللّهُ أَمَرَنَا بِهَا قُلْ إِنَّ اللّهَ لاَ يَأْمُرُ بِالْفَحْشَاء أَتَقُولُونَ عَلَى اللّهِ مَا لاَ تَعْلَمُونَ {7/28} قُلْ أَمَرَ رَبِّي بِالْقِسْطِ"
: "Lorsqu'ils font quelque chose de mal, ils disent : "Nous avons trouvé sur cela nos ancêtres, et Dieu nous l'a ordonné !" Dis-(leur) : "Dieu n'ordonne pas ce qui est mal ! Dites-vous au sujet de Dieu ce dont vous n'avez pas science ?" Dis : "Mon Seigneur a ordonné ce qui est Juste"" (Coran 7/28-29).

Tout ce que la Révélation a requis, cela est donc Ma'rûf.
Et tout ce que la Révélation a interdit, cela est Munkar.

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6) Et tout ce qui est Ma'rûf, la Révélation l'a requis. Et tout ce qui est Munkar, la Révélation l'a interdit :

"وَنَزَّلْنَا عَلَيْكَ الْكِتَابَ تِبْيَانًا لِّكُلِّ شَيْءٍ وَهُدًى وَرَحْمَةً وَبُشْرَى لِلْمُسْلِمِينَ" : "Nous avons fait descendre sur toi le Livre, exposant toute chose" (Coran 16/89).
Ici, "toute chose" désigne : "tout ce dont l'homme a besoin pour se conformer à ce que Dieu veut" (et non pas que toute chose, y compris chaque découverte liée à l'agencement et au fonctionnement de l'univers, serait évoquée dans le Coran).
Ibn ul-Jawzî a formulé cela ainsi : "فأما قوله تعالى: "لِكُلِّ شَيْءٍ" فقال العلماء بالمعاني: يعني: لكل شيء من أمور الدين؛ إِما بالنص عليه، أو بالإِحالة على ما يوجب العلم مثل بيان رسول الله صلى الله عليه وسلم أو إجماع المسلمين" (Zâd ul-massîr).

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7) Une fois la Révélation reçue, il faut donc, pour déterminer qu'est-ce qui est Ma'rûf et qu'est-ce qui est Munkar, prendre comme référentiel la Révélation et vérifier ce que l'on percevait (et alors, y trouver confirmation de sa perception initiale, ou devoir nuancer, voire complètement changer, celle-ci) :

Al-Asfâhânî dit ainsi :
"والمعروف: اسم لكل فعل يُعرَفُ بالعقل [أيضًا] أو الشرع [إذا صعبت المعرفة بعقل القلب]: حُسنُه.
و
المنكر: ما ينكر بهما [إذ أن عقل القلب يعترف بصدق وعدل ما يقوله الشرع]" (Mufradât, 'A-R-F).

(Nous parlions jusqu'ici du Cœur et de ses Perceptions.
Quant à la Raison Pure, les choses sont voisines : il faut que sa Pensée s'accommode de ce que dit la Révélation. Lire : Tous les éléments du Dîn peuvent-ils être établis par la Raison Seule ? sont-ils pour autant "irrationnels" ?.)

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8) Pas toujours détaillé...

Comme nous le disions au point 6, tout ce qui est Ma'rûf a déjà été requis dans la Révélation (Coran, ou bien la Sunna, qui est son complément) : "وَنَزَّلْنَا عَلَيْكَ الْكِتَابَ تِبْيَانًا لِّكُلِّ شَيْءٍ وَهُدًى وَرَحْمَةً وَبُشْرَى لِلْمُسْلِمِينَ" : "Nous avons fait descendre sur toi le Livre, exposant toute chose" (Coran 16/89).

Par contre, tout ce qui est Ma'rûf n'a pas toujours été détaillé dans la Révélation.

--- Il y a donc du Ma'rûf qui a été requis dans le Coran ou la Sunna en y ayant été détaillé. A l'exemple de la prière rituelle (salât).
--- Mais il y a du Ma'rûf qui a été requis dans le Coran ou la Sunna mais qui n'y a pas été détaillé. Des exemples seront visibles plus bas.

Lire : Les règles (أحكام) qui orientent la vie du croyant sont de plusieurs niveaux.

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9) Tout ce qui est Ma'rûf n'a pas toujours été détaillé dans la Révélation :

En effet, car il existe :
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a) ce que la Révélation a requis de façon détaillée et de façon universelle, et qui est Qat'î ;
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b) ce que la Révélation a requis de façon détaillée et de façon universelle, et qui fait l'objet d'une divergence d'interprétations où la détermination de l'avis juste n'est possible qu'à un niveau Zannî ;
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c) ce que la Révélation a requis de façon détaillée, mais ce, seulement par rapport au 'Urf Khâss de l'Arabie de l'époque ;
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d) ce que la Révélation a requis mais n'a pas détaillé et qu'elle a renvoyé au 'Urf du lieu et de l'époque où le Musulman se trouve ;
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e) ce que la Révélation laisse être Mubâh (Purement Autorisé) pour tout lieu et toute époque.

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10) Le type e : Ce que la Révélation a laissé être Mubâh :

Ici chaque musulman(e) a entière latitude à suivre son goût personnel, le goût familial, le goût ancestral, le goût local, la coutume locale, etc.

Note : Ce qui est en soi Mubâh devient "Ma'rûf" lorsque, au vu du Réel, il renferme une Maslaha Shar'iyya Râjiha à faire : on le fait alors par Maslaha, et pas par Ta'abbud.
C'est bien pourquoi le célèbre hadîth "إنما الطاعة في المعروف" rappelle qu'il est interdit d'obéir au détenteur de l'autorité quand il ordonne de faire que Dieu a interdit, le Munkar (sauf au cas où il exerce une contrainte, ik'râh shar'î, et là il devient autorisé de faire en acte ce qu'il ordonne de faire). Mais, plus encore, de par le terme qui y a été employé (le Prophète n'a pas dit : "إنما الطاعة في ما يحلّ" : "L'obéissance ne se fait que dans ce qui est Licite", mais : "إنما الطاعة في المعروف" : "L'obéissance ne se fait que dans le Ma'rûf"), ce hadîth montre que le détenteur de l'autorité ne peut ordonner, dans le domaine du 'afw, que ce qui renferme une Maslaha Shar'iyya. Car l'obéissance au chef n'est pas obligatoire dans ce qu'il ordonne de faire de Mubâh mais qui ne contient aucune Maslaha Shar'iyya Râjiha, ni générale ni individuelle, et qu'il a formulé par simple "décision régalienne", tel que : "Monte sur cette montagne ! Bien ! Maintenant redescends !".
Al-Kashmîrî écrit : "واعلم أنه يجب عندنا طاعة الأمير في السياسيات إذا كان فيه مصلحة. أما إذا لم يشتمل على معنى صحيح، أو مصلحة عامة أو خاصة، فلا تجب عليهم طاعته، نحو أن يأمرهم أن يصعدوا هذا الجبل، وينزلوا منه. فهذا الوجوب غير ما يكون في أبواب الفقه أي الفروع الاجتهادية والمسائل. وهذا معنى قوله: "إنما الطاعة في المعروف" (Faydh ul-bârî 4/499).

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11) Le type d : Ce que la Révélation a dit être "Ma'rûf" mais dont elle n'a pas déterminé le Détail (Tafsîl) :

A son sujet, le 'Urf 'Âmm (Usage Universel : ce qui est reconnu comme Convenable, Bon Agir) et le 'Urf Khâss (Usage d'une Région donnée) sont à prendre en considération.

Le Ma'rûf est alors ce qui est considéré "bien" dans l'usage du monde entier, ou dans l'usage de la région où l'on se trouve, n'ayant été détaillé ni dans le Coran ni dans la Sunna, c'est ce que le 'Aql ul-Qalb de tout le groupe considère bien qui constitue "le Ma'rûf".

Le 'Urf Khâss est à prendre en considération au sujet de par exemple :

--- le détail (tafsîl) de certains impératifs globaux tels que le fait de témoigner du respect : ainsi : quelle parole et quelle attitude gestuelle est-elle manque de respect vis-à-vis de ses parents, le Coran et la Sunna ne l'ont pas détaillé : il y a ici des choses reconnues universellement, et des choses régionales (tutoyer est un manque de respect en Inde, pas en France) ;

--- le sens à donner à certaines formules lors du serment :
----- si, par la formule ayant été employée, la désignation du sens propre est complètement délaissée dans le 'Urf (al-ma'na-l-l-haqîqî : mahjûr 'urfan), c'est le sens figuré qui sera retenu pour cette formule ;
----- et si le sens propre est parfois désigné par cette formule mais que dans l'Usage cette formule est davantage utilisée pour désigner un sens figuré (al-ma'na-l-majâzî : muta'âraf), alors Abû Yûssuf et Muhammad ibn ul-Hassan sont (contrairement à Abû Hanîfa) d'avis que l'on prendra en compte le Sens Usuel ;

--- les termes employés par la Révélation mais n'ayant pas été détaillés : Qu'est-ce que le Qabdh après l'achat d'un objet ?
Le terme "qabdh" désigne la prise de possession de la marchandise qu'on avait achetée. Les Textes de la Révélation disent que le "qabdh" est nécessaire pour que la revente de cette marchandise soit autorisée. Or, si le "qabdh" se faisait autrefois essentiellement par "la prise en main" de cette marchandise, il peut se faire aujourd'hui par d'autres moyens (Islâm aur jadîd ma'âshî massâ'ïl, pp. 214-222).

--- différencier ce qui constitue du kufr mujarrad par rapport au Prophète (sur lui soit la paix), et ce qui constitue du sabb (سبّ) de sa personne :
"فإن الكفر ليس مستلزما للسب: وقد يكون الرجل كافرا ليس بساب.
والناس يعلمون علما عاما أن الرجل قد يبغض الرجل ويعتقد فيه العقيدة القبيحة ولا يسبه؛ وقد يضم إلى ذلك مسبة؛ وإن كانت المسبة مطابقة للمعتقد فليس كل ما يحتمل عقدا يحتمل قولا، ولا ما يحتمل أن يقال سرا يحتمل أن يقال جهرا
" (As-Sârim, p. 540).
"
المعتبر أن يكون سبا وأذى للنبي عليه الصلاة والسلام، وإن لم يكن سبا وأذى لغيره. فعلى هذا كل [أ] ما لو قيل لغير النبي صلى الله عليه وسلم أوجب تعزيرا أو حدا بوجه من الوجوه [وهذا حسب ما يقتضيه العرف]، فإنه من باب سب النبي صلى الله عليه وسلم، كالقذف واللعن وغيرهما من الصورة التي تقدم التنبيه عليها. وأما [ب] ما يختص بالقدح في النبوة، فإن لم يتضمن إلا [ب.أ] مجرد عدم التصديق بنبوته، فهو كفر محض، وإن كان [ب.ب] فيه استخفاف واستهانة مع عدم التصديق، فهو من السب. وهنا مسائل اجتهادية يتردد الفقهاء هل هي من السب أو من الردة المحضة" (As-Sârim, p. 531).
Et un sens donné peut être exprimé par un terme qui constitue du kufr mujarrad, alors que ce que cela implique serait du sabb, mais vu que seul le sens exprimé est pris en considération, cela est considéré comme kufr mujarrad. Ainsi en est-il du non-musulman qui dit : "Il n'était pas un prophète" : cela constitue du kufr mujarrad et il a (en pays musulman, c'est de cela qu'on parle) le droit de prononcer cette parole ; même si cette parole implique que cette personne le traite de menteur, elle n'a pas formulé cela. "
وأما من أخبر عن معتقده بغير طعن فيه مثل أن يقول: "أنا لست متبعه" أو "لست مصدقه" أو "لا أحبه" أو "لا أرضى دينه" ونحو ذلك، فإنما أخبر عن اعتقاد أو إرادة لم يتضمن انتقاصا، لأن عدم التصديق والمحبة قد يصدر عن الجهل والعناد والحسد والكبر وتقليد الأسلاف وإلف الدين أكثر مما يصدر عن العلم بصفات النبي خلاف ما إذا قال من كان ومن هو رأى كذا وكذا هو ونحو ذلك. وإذا قال: "لم يكن رسولا ولا نبيا" و"لم ينزل عليه شيء" ونحو ذلك فهو تكذيب صريح، وكل تكذيب فقد تضمن نسبته إلى الكذب ووصفه بأنه كذاب؛ لكن بين قوله: "ليس بنبي" وقوله: "هو كذاب" فرق، من حيث إن هذا إنما تضمن التكذيب بواسطة علمنا أنه كان يقول: "إني رسول الله"، وليس من نفى عن غيره بعض صفاته نفيا مجردا: كمن نفاها عنه ناسبا له إلى الكذب في دعواها. والمعنى الواحد قد يؤدى بعبارات بعضها يعد سبا وبعضها لا يعد سبا"
(As-Sârim, p. 540-541).
Maintenant déterminer concrètement quelle parole relève du Kufr Mujarrad (B.A) et n'est donc pas du Sabb, et quelle parole relève de la moquerie (Sabb) (soit vis-à-vis de toute personne (A), soit vis-à-vis du Prophète particulièrement (B.B)), cela est lié au 'Urf :
"هذا الحكم قد نيط في الكتاب والسنة باسم أذى الله ورسوله، وفي بعض الأحاديث ذكر الشتم والسب، وكذلك جاء في ألفاظ الصحابة والفقهاء ذكر السب والشتم. والاسم إذا لم يكن له حد في اللغة (كاسم الأرض والسماء والبر والبحر والشمس والقمر) ولا في الشرع (كاسم الصلاة والزكاة والحج والإيمان والكفر) فإنه يرجع في حده إلى العرف؛ كالقبض والحرز والبيع والرهن والكرى ونحوها. فيجب أن يرجع في الأذى والشتم إلى العرف: فما عده أهل العرف سبا أو انتقاصا أو عيبا أو طعنا ونحو ذلك فهو من السب؛ وما لم يكن كذلك فهو كفر به، فيكون كفرا ليس بسب (...)."(As-Sârim, p. 531).
Et :
----- il y a que c'est la parole elle-même qui constitue du Sabb, et ce d'après :
--------- le 'Urf Universel : de façon universelle cela est considéré comme du sabb : "ونحن نذكر من ذلك أقساما فنقول: لا شك أن إظهار التنقص والاستهانة عند المسلمين سب، كالتسمية باسم الحمار أو الكلب، أو وصفه بالمسكنة والخزي والمهانة، أو الإخبار بأنه في العذاب وأن عليه آثام الخلائق، ونحو ذلك. وكذلك إظهار التكذيب على وجه الطعن في المكذب مثل وصفه بأنه ساحر خادع محتال، وأنه يضر من اتبعه، وأن ما جاء به كله زور وباطل، ونحو ذلك. فإن نظم ذلك شعرا كان أبلغ في الشتم، فإن الشعر يحفظ ويروى وهو الهجاء وربما يؤثر في نفوس كثيرة مع العلم ببطلانه أكثر من تأثير البراهين. فإن غني به بين ملأ من الناس فهو الذي قد تفاقم أمره" (As-Sârim, p. 541) ;
-------- le 'Urf Régional : "وإذا لم يكن للسب حد معروف في اللغة ولا في الشرع فالمرجع فيه إلى عرف الناس: فما كان في العرف سبا للنبي فهو الذي يجب أن ننزل عليه كلام الصحابة والعلماء، وما لا فلا" (As-Sârim, p. 540) ;
----- et il y a que c'est la situation d'énonciation qui indique que la parole est du Sabb, ou n'est pas du Sabb : "والكلمة الواحدة تكون في حال سبا، وفي حال ليست بسب. فعلم أن هذا يختلف باختلاف الأقوال والأحوال" (As-Sârim, p. 540).

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Ibn Taymiyya écrit : "كل اسم ليس له حد في اللغة ولا في الشرع فالمرجع فيه إلى العرف" (MF 24/40).

Il écrit également :
"فصل: جامع نافع: الأسماء التي علق الله بها الأحكام في الكتاب والسنة:
منها ما يعرف حده ومسماه بالشرع فقد بينه الله ورسوله: كاسم الصلاة والزكاة والصيام والحج؛ والإيمان والإسلام؛ والكفر والنفاق.
ومنه ما يعرف حده باللغة؛ كالشمس والقمر والسماء والأرض والبر والبحر.
ومنه ما يرجع حده إلى عادة الناس وعرفهم: فيتنوع بحسب عادتهم؛ كاسم البيع والنكاح والقبض والدرهم والدينار؛ ونحو ذلك من الأسماء التي لم يحدها الشارع بحد، ولا لها حد واحد يشترك فيه جميع أهل اللغة، بل يختلف قدره وصفته باختلاف عادات الناس.
فما كان من النوع الأول فقد بينه الله ورسوله. وما كان من الثاني والثالث فالصحابة والتابعون المخاطبون بالكتاب والسنة قد عرفوا المراد به، لمعرفتهم بمسماه المحدود في اللغة أو المطلق في عرف الناس"

"Les noms auxquels Dieu a lié des règles dans le Coran et la Sunna (sont de plusieurs types) :
il en est dont la définition et ce qu'ils désignent sont connus par la Shar' : Dieu et Son Messager les ont explicités ; ainsi en est-il des noms : prière, zakât, jeûne, pèlerinage, foi, islam, kufr et nifâq ;
il en est dont la définition est connue par la langue (arabe) : le soleil, la lune, le ciel, la terre, la terre sèche, la mer ;
et il en est dont la définition est liée à l'habitude et au 'Urf des gens ; elle varie donc selon leur usage. Ainsi en est-il des termes : "transaction de vente ; acte de mariage ; prise de possession ; pièce d'argent ; pièce d'or", et autres termes qui sont tels que leur définition n'a pas été fixée par le législateur ni ne fait l'objet d'un accord de tous les gens de la langue (arabe) ; (au contraire,) leur quantité et leur qualité varient selon selon la différence des usages des hommes"
(Majmû' ul-fatâwâ 19/235).

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12) Le type c : Ce que les textes de la Révélation mentionnent de façon détaillée, mais en fait seulement en rapport avec le 'Urf Khâss de l'époque de la Révélation :

Pour les musulmans qui vivent dans un lieu et/ou temps où le 'Urf Khâss est différent, cet autre 'Urf est à prendre en considération par rapport aux textes de la Révélation.

Ainsi, alors que les Compagnons tutoyaient le Prophète (sur lui soit la paix), chez les musulmans de l'Inde l'élève ne doit pas - sous peine de tomber dans l'irrespect - tutoyer son maître mais le vouvoyer.

Lire :
--- Deux passages du Coran où pratiquer ce qui y a été mentionné peut se faire /se fait par le recours à un moyen autre que celui évoqué mais permettant de réaliser le même objectif (ما وجد فيه المعنى / ما وجدت فيه العلة), et ce à cause d'un contexte différent de celui du lieu /de l'époque de la révélation du Coran (2/5) (تعدية الصلاحية) ;

--- Suivre la Sunna du Prophète (sur lui soit la paix), cela se fait parfois par le recours au moyen exact qu'il a utilisé / mentionné. Mais d'autres fois, cela peut se faire par le recours à un autre moyen, permettant de réaliser le même objectif : il s'agit d'"équivalents" ou de "presque équivalents" (ما وجد فيه المعنى / ما وجدت فيه العلة) - Exemples d'équivalents ou "presque équivalents" liés à un contexte différent de celui de l'Arabie (5/5) (تعدية الصلاحية).

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13) Le type b : Ce que les textes de la Révélation mentionnent de façon détaillée et à vocation universelle, mais qui font l'objet d'une divergence où la détermination de l'avis correct n'est possible qu'à un niveau Zannî :

Les Muftis compétents peuvent alors donner Fatwa sur l'avis qui correspond au 'Urf Khâss du pays.

Ainsi, par rapport à la question de se lever lorsque quelqu'un de respectable entre dans la pièce :
--- l'un des cas concerne : le fait de se lever pour honorer celui qui entre dans la pièce dans laquelle on se trouve, à cause de son statut dans la société (il ne s'agit plus de le recevoir chez soi). Se lever ainsi fait l'objet d'avis divergents.
Cependant, si la coutume du lieu est de se lever pour le personnage qui entre et que, si on ne le fait pas, ce personnage va en être froissé, car il ne connaît pas cet avis, que faire :
--- s'agit-il, pour celui qui est convaincu du second avis, d'appliquer quand même cet avis (se préserver de quelque chose de Mak'rûh), quelles qu'en soient les conséquences ?
--- ou bien s'agit-il de se préserver de la Mafsada que le fait de se préserver de ce qu'on croit être Mak'rûh va entraîner ?
Ibn Taymiyya écrit que
le plus convenable est alors de se lever,
afin d'éviter des malentendus et des tensions
("وإذا كان من عادة الناس إكرام الجائي بالقيام، ولو ترك لاعتقد أن ذلك لترك حقه أو قصد خفضه ولم يعلم العادة الموافقة للسنة، فالأصلح أن يقام له، لأن ذلك أصلح لذات البين وإزالة التباغض والشحناء" : MF 1/375). ("فمن لم يعقد ذلك ولم يعرف أنه العادة وكان في ترك معاملته بما اعتاد من الناس من الاحترام مفسدة راجحة: فإنه يدفع أعظم الفسادين بالتزام أدناهما، كما يجب فعل أعظم الصلاحين بتفويت أدناهما" : MF 1/376).

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14) Le type a : Ce que la Révélation a requis de façon détaillée de façon universelle, et qui est Qat'î :

Ce texte de la Révélation a alors déterminé le Ma'rûf et le Munkar, même si cela change dans la Perception de beaucoup d'hommes, et même  de la majorité des hommes de la Terre. En fait la Révélation a la prétention (da'wâ) d'orienter le Raisonnement des hommes au sujet de ce genre de points, mais de, justement, de le faire pour leur bien : elle n'interdit que ce qui est reconnu - ou doit être reconnu - mauvais ; et elle n'ordonne quece qui doit être reconnu bon. 

C'est ce type a de Ma'rûf et de Munkar qui sont visés dans le hadîth qui parle d'une époque qui viendra où le Ma'rûf sera perçu [par de nombreuses personnes] comme étant Munkar, et le Munkar comme étant Ma'rûf : "عن عبد الله بن مسعود، عن النبي صلى الله عليه وسلم، قال: "كيف أنتم إذا كثرت أمراؤكم وطغت نساؤكم؟" قالوا: وإن ذلك لكائن يا رسول الله؟، قال: "نعم، وأشد من ذلك." قالوا: فما هو يا رسول الله؟ قال: "لا تأمرون بالمعروف، ولا تنهون عن المنكر." قالوا: وإن ذلك لكائن يا رسول الله؟ قال: "نعم، وأكثر من ذلك." قالوا: وما هو يا رسول الله؟ قال: "لا تعرفون المعروف، ولا تنكرون المنكر." قالوا: وإن ذلك لكائن؟ قال: قال: "نعم، وأكثر من ذلك." قال: "يكون المعروف فيكم منكرا، ويكون المنكر فيكم معروفا" (hadîth dha'îf, peut-être peut-il s'élever au niveau hassan li ghayrihî par la multiplicité de ses chaînes). On ne peut ainsi pas offrir un apéritif ni en boire, bien que ce soit la coutume, 'urf, en France. On ne peut pas faire la bise à la collègue du travail, bien que ce soit la coutume, 'urf, en France. Les pays musulmans ne peuvent pas se mettre à qualifier de mauvaise la polygynie, bien que la majorité de la planète voit cela, aujourd'hui, comme un Munkar.

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15) Le 'Urf est différent de la Nécessité (Dharûra / Hâja) :

Le 'Urf c'est l'Usage, la Coutume, dans les façons d'agir ainsi que dans le référentiel de certaines choses ("Je te le vends 10 dollars" : américains ? canadiens ? Cela dépend du 'Urf du lieu où l'on se trouve).

Le 'Urf est différent de la Nécessité (Dharûra / Hâja), laquelle exprime le Besoin de quelque chose.

Cependant, certains 'Urf peuvent entraîner la Nécessité (Hâja) de s'y conformer, afin de ne pas tomber dans un problème conséquent. On l'a vu plus haut sous la plume de Ibn Taymiyya avec le fait de se lever quand quelqu'un d'important entre dans la pièce.

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16) Un écrit de Ibn Taymiyya où l'on voit que certains devoirs du mari et de l'épouse se déterminent d'après le Ma'rûf / le 'Urf :

Ibn Taymiyya y a parlé de :
--- l'Usage de telle région, différent de celui des autres régions,
--- l'Usage en vigueur chez telle catégorie sociale de personnes, différent de celui de telle autre catégorie sociale, vivant pourtant dans la même région ;
--- l'Usage de telle famille (pour le montant du douaire, par exemple).


"وقال شيخ الإسلام رحمه الله:
في قول الله تعالى: {والمطلقات يتربصن بأنفسهن ثلاثة قروء} إلى قوله: {وبعولتهن أحق بردهن في ذلك إن أرادوا إصلاحا ولهن مثل الذي عليهن بالمعروف وللرجال عليهن درجة} إلى قوله تعالى {الطلاق مرتان فإمساك بمعروف أو تسريح بإحسان} . فجعل المباح أحد أمرين: إمساك بمعروف أو تسريح بإحسان. وأخبر أن الرجال ليسوا أحق بالرد إلا إذا أرادوا إصلاحا؛ وجعل لهن مثل الذي عليهن بالمعروف وقال تعالى: {وإذا طلقتم النساء فبلغن أجلهن فأمسكوهن بمعروف أو سرحوهن بمعروف} وقال تعالى في الآية الأخرى: {فأمسكوهن بمعروف أو فارقوهن بمعروف} وقال تعالى: {فلا تعضلوهن أن ينكحن أزواجهن إذا تراضوا بينهم بالمعروف} وقوله هنا: {بالمعروف} يدل على أن المرأة لو رضيت بغير المعروف، لكان للأولياء العضل والمعروف تزويج الكفء. وقد يستدل به من يقول: مهر مثلها من المعروف؛ فإن المعروف هو الذي يعرفه أولئك. وقال تعالى: {يا أيها الذين آمنوا لا يحل لكم أن ترثوا النساء كرها ولا تعضلوهن لتذهبوا ببعض ما آتيتموهن} إلى قوله: {وعاشروهن بالمعروف} فقد ذكر أن التراضي: بالمعروف، والإمساك: بالمعروف، والتسريح: بالمعروف، والمعاشرة: بالمعروف، وأن لهن وعليهن: بالمعروف، كما قال: {وعلى المولود له رزقهن وكسوتهن بالمعروف}.

فهذا المذكور في القرآن هو الواجب العدل في جميع ما يتعلق بالنكاح من أمور النكاح وحقوق الزوجين. فكما أن ما يجب للمرأة عليه من الرزق والكسوة: هو بالمعروف، وهو العرف الذي يعرفه الناس في حالهما نوعا وقدرا وصفة (وإن كان ذلك يتنوع بتنوع حالهما من اليسار والإعسار والزمان كالشتاء والصيف والليل والنهار، والمكان) فيطعمها في كل بلد مما هو عادة أهل البلد وهو العرف بينهم، وكذلك ما يجب لها عليه من المتعة والعشرة فعليه أن يبيت عندها ويطأها: بالمعروف؛ ويختلف ذلك باختلاف حالها وحاله. وهذا أصح القولين في الوطء الواجب: أنه مقدر بالمعروف، لا بتقدير من الشرع، قررته في غير هذا الموضع.

والمثال المشهور هو النفقة: إنها مقدرة بالمعروف، تتنوع بتنوع حال الزوجين عند جمهور المسلمين. ومنهم من قال: هي مقدرة بالشرع نوعا وقدرا: مدا من حنطة أو مدا ونصفا أو مدين، قياسا على الإطعام الواجب في الكفارة على أصل القياس. والصواب المقطوع به ما عليه الأمة علما وعملا قديما وحديثا؛ فإن القرآن قد دل على ذلك؛ وفي الصحيحين عن النبي صلى الله عليه وسلم أنه قال لهند امرأة أبي سفيان لما قالت له: يا رسول الله إن أبا سفيان رجل شحيح وإنه لا يعطيني ما يكفيني وولدي، فقال النبي صلى الله عليه وسلم: "خذي ما يكفيك وولدك بالمعروف"؛ فأمرها أن تأخذ الكفاية بالمعروف ولم يقدر لها نوعا ولا قدرا؛ ولو تقدر ذلك بشرع أو غيره لبين لها القدر والنوع، كما بين فرائض الزكاة والديات. وفي صحيح مسلم عن جابر أن النبي صلى الله عليه وسلم قال في خطبته العظيمة بعرفات: "لهن عليكم رزقهن وكسوتهن بالمعروف". وإذا كان الواجب هو الكفاية بالمعروف، فمعلوم أن الكفاية بالمعروف تتنوع بحالة الزوجة في حاجتها وبتنوع الزمان والمكان، وبتنوع حال الزوج في يساره وإعساره؛ وليست كسوة القصيرة الضئيلة ككسوة الطويلة الجسيمة، ولا كسوة الشتاء ككسوة الصيف، ولا كفاية طعامه كطعامه، ولا طعام البلاد الحارة كالباردة، ولا المعروف في بلاد التمر والشعير كالمعروف في بلاد الفاكهة والخمير.
وفي مسند الإمام أحمد وسنن أبي داود وابن ماجه عن حكيم بن معاوية القشيري عن أبيه أنه قال: قلت يا رسول الله ما حق زوجة أحدنا عليه؟ قال: "تطعمها إذا أكلت وتكسوها إذا اكتسيت؛ ولا تضرب الوجه؛ ولا تقبح؛ ولا تهجر إلا في البيت." فهذه ثلاثة أحاديث عن النبي صلى الله عليه وسلم أن للزوجة مرة أن تأخذ كفاية ولدها بالمعروف وقال في الخطبة التي خطبها يوم أكمل الله الدين في أكبر مجمع كان له في الإسلام: "لهن عليكم رزقهن وكسوتهن بالمعروف" وقال للسائل المستفتي له عن حق الزوجة: "تطعمها إذا أكلت وتكسوها إذا اكتسيت" ولم يأمر في شيء من ذلك بقدر معين؛ لكن قيد ذلك بالمعروف تارة وبالمواساة بالزوج أخرى.
وهكذا قال في نفقة المماليك؛ ففي الصحيحين عن أبي ذر عن النبي صلى الله عليه وسلم قال: "هم إخوانكم خولكم جعلهم الله تحت أيديكم فمن كان أخوه تحت يده فليطعمه مما يأكل؛ وليلبسه مما يلبس؛ ولا تكلفوهم ما يغلبهم؛ فإن كلفتموهم فأعينوهم" وفي صحيح مسلم عن أبي هريرة عن النبي صلى الله عليه وسلم قال: "للمملوك طعامه وكسوته ولا يكلف من العمل إلا ما يطيق". ففي الزوجة والمملوك أمره واحد: تارة يذكر أنه يجب الرزق والكسوة بالمعروف. وتارة يأمر بمواساتهم بالنفس. فمن العلماء من جعل المعروف هو الواجب والمواساة مستحبة. وقد يقال أحدهما تفسير للآخر.

وعلى هذا فالواجب هو الرزق والكسوة بالمعروف في النوع والقدر وصفة الإنفاق، وإن كان العلماء قد تنازعوا في ذلك.

أما النوع فلا يتعين أن يعطيها مكيلا كالبر ولا موزونا كالخبز ولا ثمن ذلك كالدراهم؛ بل يرجع في ذلك إلى العرف. فإذا أعطاها كفايتها بالمعروف مثل أن يكون عادتهم أكل التمر والشعير فيعطيها ذلك. أو يكون أكل الخبز والإدام فيعطيها ذلك. وإن كان عادتهم أن يعطيها حبا فتطحنه في البيت فعل ذلك. وإن كان يطحن في الطاحون ويخبز في البيت فعل ذلك. وإن كان يخبز في البيت فعل ذلك. وإن كان يشتري خبزا من السوق فعل ذلك. وكذلك الطبيخ ونحوه فعلى ما هو المعروف فلا يتعين عليه دراهم ولا حبات أصلا، لا بشرع ولا بفرض؛ فإن تعيّن ذلك دائما من المنكر ليس من المعروف وهو مضر به تارة وبها أخرى.
وكذلك القدر لا تعين مقدار مطرد؛ بل تتنوع المقادير بتنوع الأوقات.

وأما الإنفاق فقد قيل: إن الواجب تمليكها النفقة والكسوة. وقيل: لا يجب التمليك. وهو الصواب؛ فإن ذلك ليس هو المعروف؛ بل عرف النبي صلى الله عليه وسلم والمسلمين إلى يومنا هذا أن الرجل يأتي بالطعام إلى منزله فيأكل هو وامرأته ومملوكه: تارة جميعا، وتارة أفرادا، ويفضل منه فضل تارة فيدخرونه. ولا يعرف المسلمون أنه يملكها كل يوم دراهم تتصرف فيها تصرف المالك؛ بل من عاشر امرأة بمثل هذا الفرض كانا عند المسلمين قد تعاشرا بغير المعروف وتضارا في العشرة؛ وإنما يفعل أحدهما ذلك بصاحبه عند الضرر، لا عند العشرة بالمعروف. وأيضا فإن النبي صلى الله عليه وسلم أوجب في الزوجة مثل ما أوجب في المملوك؛ تارة قال: "لهن رزقهن وكسوتهن بالمعروف" كما قال في المملوك؛ وتارة قال: "تطعمها إذا أكلت وتكسوها إذا اكتسيت" كما قال في المملوك. وقد اتفق المسلمون على أنه لا يجب تمليك المملوك نفقته؛ فعلم أن هذا الكلام لا يقتضي إيجاب التمليك.
وإذا تنازع الزوجان فمتى اعترفت الزوجة أنه يطعمها إذا أكل ويكسوها إذا اكتسى وذلك هو المعروف لمثلها في بلدها، فلا حق لها سوى ذلك. وإن أنكرت ذلك أمره الحاكم أن ينفق بالمعروف؛ بل ولا له أن يأمر بدراهم مقدرة مطلقا أو حب مقدر مطلقا؛ لكن يذكر المعروف الذي يليق بهما.

فصل: وكذلك "قسم الابتداء والوطء والعشرة والمتعة" واجبان كما قد قررناه بأكثر من عشرة أدلة. ومن شك في وجوب ذلك فقد أبعد تأمل الأدلة الشرعية والسياسة الإنسانية. ثم الواجب قيل: مبيت ليلة من أربع ليال والوطء في كل أربعة أشهر مرة، كما ثبت ذلك في المولى والمتزوج أربعا. وقيل: إن الواجب وطؤها بالمعروف فيقل ويكثر بحسب حاجتها وقدرته كالقوت سواء.

فصل: وكذلك ما عليها من موافقته في المسكن وعشرته ومطاوعته في المتعة فإن ذلك واجب عليها بالاتفاق. عليها أن تسكن معه في أي بلد أو دار إذا كان ذلك بالمعروف ولم تشترط خلافه. وعليها أن لا تفارق ذلك بغير أمره إلا لموجب شرعي فلا تنتقل ولا تسافر ولا تخرج من منزله لغير حاجة إلا بإذنه (...). وعليها تمكينه من الاستمتاع بها إذا طلب ذلك؛ وذلك كله بالمعروف غير المنكر؛ فليس له أن يستمتع استمتاعا يضر بها ولا يسكنها مسكنا يضر بها ولا يحبسها حبسا يضر بها.

فصل: وتنازع العلماء: هل عليها أن تخدمه في مثل فراش المنزل ومناولة الطعام والشراب والخبز والطحن والطعام لمماليكه وبهائمه: مثل علف دابته ونحو ذلك؟ فمنهم من قال: لا تجب الخدمة. وهذا القول ضعيف كضعف قول من قال: لا تجب عليه العشرة والوطء؛ فإن هذا ليس معاشرة له بالمعروف؛ بل الصاحب في السفر الذي هو نظير الإنسان وصاحبه في المسكن إن لم يعاونه على مصلحة لم يكن قد عاشره بالمعروف. وقيل - وهو الصواب - وجوب الخدمة؛ فإن الزوج سيدها في كتاب الله؛ وهي عانية عنده بسنة رسول الله صلى الله عليه وسلم وعلى العاني والعبد الخدمة؛ ولأن ذلك هو المعروف. ثم من هؤلاء من قال: تجب الخدمة اليسيرة. ومنهم من قال: تجب الخدمة بالمعروف، وهذا هو الصواب، فعليها أن تخدمه الخدمة المعروفة من مثلها لمثله، ويتنوع ذلك بتنوع الأحوال: فخدمة البدوية ليست كخدمة القروية وخدمة القوية ليست كخدمة الضعيفة.

فصل: والمعروف فيما له ولها: هو موجب العقد المطلق؛ فإن العقد المطلق يرجع في موجبه إلى العرف كما يوجب العقد المطلق في البيع النقد المعروف. فإن شرط أحدهما على صاحبه شرطا لا يحرم حلالا ولا يحلل حراما فالمسلمون عند شروطهم؛ فإن موجبات العقود تتلقى من اللفظ تارة، ومن العرف تارة أخرى؛ لكن كلاهما مقيد بما لم يحرمه الله ورسوله. فإن لكل من العاقدين أن يوجب للآخر على نفسه ما لم يمنعه الله من إيجابه ولا يمنعه أن يوجب في المعاوضة ما يباح بذله بلا عوض: كعارية البضع؛ والولاء لغير المعتق؛ فلا سبيل إلى أن يجب بالشرط فإنه إذا حرم بذله كيف يجب بالشرط.
فهذه أصول جامعة مع اختصار. والله أعلم"
(MF 34/84-91).

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

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