La Wij'ha (وِجهة) (l'orientation) pendant la Salât (prière rituelle) était d'abord laissée libre ; - puis elle devint fixée vers Bayt ul-Maqdis (qui était alors la Qibla - القِبْلة - obligatoire) ; - puis la Wij'ha devint fixée vers la Kaaba (qui est la Qibla - obligatoire - des musulmans jusqu'à la fin des temps)

Ce changement de Qibla a été évoqué en Coran 2/142-152.

-

A lire au préalable :

--- Les différents sens de la prosternation devant quelque chose (معاني السجود أمام الشيء) - Pourquoi le besoin d'une Qibla pour se prosterner devant Dieu ? - لماذا تكونُ قِبْلَةٌ لِلّه ؟ ;
--- Abraham et les deux courants d'Ismaël et d'Isaac (عليهم السلام).

-

Les deux lieux - la Kaaba et Bayt ul-Maqdis - ont été désignés, à un moment de l'Histoire : Qiblat-ullâh :

Shâh Waliyyullâh écrit : "أقول: السر في ذلك أنه لما كان تعظيم شعائر الله وبيوته واجبا - لا سيما فيما هو أصل أركان الإسلام وأم القربات وأشهر شعائر الدين -، وكان التوجه في الصلاة إلى ما هو مختص بالله بطلب رضا الله بالتقرب منه أجمع للخاطر وأحث على صفة الخشوع وأقرب لحضور القلب - لأنه يشبه مواجهة الملك في مناجاته -، اقتضت الحكمة الالهية أن يجعل استقبال قبلةٍ مّا شرطا في الصلاة في جميع الشرائع. وكان إبراهيم وإسمعيل عليهما السلام ومن تدين بدينهما يستقبلون الكعبة. وكان إسرائيل عليه السلام وبنوه يستقبلون بيت المقدس. هذا هو الأصل المسلم في الشرائع" (Hujjat ullâh il-bâligha, 1/550).

D'ailleurs, il est relaté de certains Mujtahidûn - an-Nakha'î et Ibn Sîrîn - et de certains Shafi'ites que comme il est interdit de se trouver dans la direction de la Kaaba quand on fait ses besoins naturels, cela est également interdit par rapport à Bayt ul-Maqdis : cet avis est fondé sur ce hadîth : "عن معقل بن أبي معقل الأسدي، قال: نهى رسول الله صلى الله عليه وسلم أن نستقبل القبلتين ببول أو غائط" (Abû Dâoûd, 10, Ibn Mâja, Ahmad) ; cependant, certains spécialistes sont d'avis que ce hadîth est dha'îf ; pour sa part, an-Nawawî en dit que sa chaîne est excellente. En tous cas, au vu de l'existence de cet avis, ce que al-Khattâbî relate de consensus sur la non-interdiction de se trouver alors dans la direction de Bayt ul-Maqdis, cela est discutable, dit Ibn Hajar (FB 1/323-324).
L'école shafi'ite est pour sa part d'avis qu'être alors dans la direction de Bayt ul-Maqdis (sans qu'il y ait un mur immédiatement entre soi et elle), cela est mak'rûh tanzîhî. An-Nawawî écrit : "وأما حديث معقل بن أبي معقل الأسدي رضي الله عنه قال: "نهى رسول الله صلي عليه وسلم أن يستقبل القبلتين ببول أو غائط" رواه أحمد بن حنبل وأبو داود وابن ماجه وغيرهم، وإسناده جيد، ولم يضعفه أبو داود؛ فأجاب عنه أصحابنا بجوابين لمتقدمي أصحابنا: أحدهما أنه نهى عن استقبال بيت المقدس حيث كان قبلة، ثم نهى عن الكعبة حين صارت قبلة، فجمعهما الراوي (قال صاحب الحاوي: هذا تأويل أبي اسحق المروزي وأبي علي بن أبي هريرة)؛ والثاني المراد بالنهي: أهل المدينة، لأن من استقبل بيت المقدس وهو في المدينة استدبر الكعبة، وإن استدبره استقبلها؛ والمراد بالنهي عن استقبالهما: النهي عن استقبال الكعبة واستدبارها (قال صاحب الحاوي: هذا تأويل عن بعض المتقدمين). فهذان تأويلان مشهوران للأصحاب؛ ولكن في كل واحد منهما ضعف. والظاهر المختار أن النهي وقع في وقت واحد وأنه عام لكلتيهما في كل مكان، ولكنه في الكعبة: نهي تحريم (في بعض الأحوال، على ما سبق)، وفي بيت المقدس: نهي تنزيه؛ ولا يمتنع جمعهما في النهي وإن اختلف معناه؛ وسبب النهي عن بيت المقدس كونه كان قبلة، فبقيت له حرمة الكعبة؛ وقد اختار الخطابي هذا التأويل. فإن قيل: لم حملتموه في بيت المقدس على التنزيه؟ قلنا: للإجماع، فلا نعلم من يعتد به حَرَّمه. والله أعلم" (Al-Majmû', 3/17-18).

-

Trois étapes :

Ibn ul-Jawzî relate l'avis de Qatâda en ces termes : "وقال قتادة: كان الناس يتوجهون إلى أي جهة شاؤوا، بقوله: {ولله المشرق والمغرب}. ثم أمرهم باستقبال بيت المقدس" (Zâd ul-massîr).
Bien que je ne suis pas d'avis que ce soit le verset 2/115 qui ait induit la latitude que Qatâda évoque (nous y reviendrons plus bas), j'ai néanmoins retenu ce que cet érudit a ainsi exposé : "(Au début de l'islam), les musulmans se tournaient (pour accomplir la prière rituelle) dans la direction qu'ils voulaient".
Car, faut-il le rappeler, avant que les 5 prières rituelles quotidiennes soient rendues obligatoires, la prière rituelle musulmane spécifique était déjà instituée (mashrû') (avec peut-être quelques postures très secondaires qui furent modifiées par la suite, telles que le "taTbîq" pendant la génuflexion) ; certains ulémas pensent que, avant la promulgation de ces 5 prières comme obligation, la prière de nuit (salât ut-tahajjud) était obligatoire ; d'autres pensent que, avant ces 5 Salâts, il y avait 2 Salâts de 2 Rak'ah chacune qui étaient obligatoires : l'une après l'aube, et l'autre dans l'après-midi (Fat'h ul-bârî, 1/603).

Pour en revenir à l'orientation à conférer à son être pendant la prière rituelle, j'exposerais les choses comme suit :

--- Au début de l'islam, il n'y avait pas l'obligation de se tourner vers une Qibla pour accomplir une prière rituelle : chacun prenait la direction qu'il voulait pour se prosterner devant Dieu (sauf qu'il ne fallait bien sûr pas se prosterner alors que devant soi se trouvait une statue ou chose semblable). [Bien sûr, quand ils se trouvaient devant la Kaaba, les musulmans se tournaient naturellement vers elle, mais cela n'était pas obligatoire. D'ailleurs, se trouvant ailleurs que devant la Kaaba, le Prophète - sur lui soit la paix - se tournait parfois vers la Kaaba, d'autres fois vers Bayt ul-Maqdis : nous allons y revenir plus bas.]

--- Puis, [lorsque le Prophète (sur lui soit la paix) émigra à Yathrib (Médine)]soit ordre lui fut donné de la part de Dieu (wah'y ghayr matlû) de prendre Bayt ul-Maqdis comme Qibla ; soit ijtihâd il fit, et il pensa qu'il y avait maintenant plus de Maslaha à se tourner vers Bayt ul-Maqdis ; il ordonna donc à tous ses Compagnons de suivre ce qu'il avait pensé suite à son ijtihâd (Shâh Waliyyullâh est d'avis que ce fut un ijtihâd de sa part : Hujjat ullâh il-bâligha, 1/356-357 ; 1/550-551). Je suis pour ma part l'avis selon lequel ce fut un ordre de la part de Dieu Lui-même.

--- Enfin, 17 mois plus tard, et alors que le Prophète lui-même le désirait, ordre lui fut donné par Dieu de prendre la Kaaba comme Qibla : "قَدْ نَرَى تَقَلُّبَ وَجْهِكَ فِي السَّمَاء فَلَنُوَلِّيَنَّكَ قِبْلَةً تَرْضَاهَا فَوَلِّ وَجْهَكَ شَطْرَ الْمَسْجِدِ الْحَرَامِ وَحَيْثُ مَا كُنتُمْ فَوَلُّواْ وُجُوِهَكُمْ شَطْرَهُ"(Coran 2/144).

-

Le terme "Wij'ha" :

Le terme "Wij'ha" est un ism un-naw' : c'est un nom d'action (masdar) qui indique également la façon par laquelle l'action est faite ; "Wij'ha" signifie donc : "façon de s'orienter" (cela à l'instar de "Jilsa", qui signifie : "façon de s'assoir"). (Et c'est avec ce sens que le terme a été employé dans le titre de cet article.)
Or la façon de s'orienter implique une direction, que l'on prend alors ; la direction se dit elle aussi : "Wij'ha", comme elle se dit encore : "Jiha". (Et c'est cet autre sens que j'ai retenu dans la traduction du verset 2/148, comme nous le verrons plus bas.)
"وسلمت الواو في "وِجْهَة" ولم تجر كـ"عدة" و"زنة" لأن "جِهَة" ظرف، وتلك مصادر؛ فسلمت للفرق؛ وأيضا فليكمل بناء الهيئة كـ"الجلسة" (Tafsîr Ibn 'Atiyya).

Qui prend une direction précise s'oriente forcément vers quelque chose, à quoi il fait face. Et, de fait, il existe un autre commentaire encore, d'après lequel "Wij'ha" signifie : "Qibla", soit : "ce vers quoi on s'oriente" / "ce à quoi on fait face" : "أي: "لأهل كل ملة قبلة". و"الوِجهة": اسم للمتوجه إليه" (Tafsîr ul-Baghawî).

Il y a donc ici 3 choses, qui sont liées l'une à l'autre et s'impliquent l'une et l'autre (mutalâzima) :
--- l'orientation que l'on confère à son être ;
--- la direction que cet être prend alors ;
--- la chose à laquelle cet être fait alors face.

-

A l'occasion de ce changement de Qibla, passée de Bayt ul-Maqdis à la Kaaba :

Dans le verset : "وَحَيْثُ مَا كُنتُمْ فَوَلُّواْ وُجُوهَكُمْ شَطْرَهُ لِئَلاَّ يَكُونَ لِلنَّاسِ عَلَيْكُمْ حُجَّةٌ - إِلاَّ الَّذِينَ ظَلَمُواْ مِنْهُمْ فَلاَ تَخْشَوْهُمْ وَاخْشَوْنِي - وَلأُتِمَّ نِعْمَتِي عَلَيْكُمْ وَلَعَلَّكُمْ تَهْتَدُونَ" (Coran 2/150), où Dieu dit, au sujet de la Kaaba : "Et où que vous soyez, tournez vos visages vers elle ; afin que les gens n'aient pas d'argument contre vous - sauf ceux d'entre eux qui sont injustes ; ne les craignez pas, et craignez-Moi -", cela évoque :
----- le fait que les Ecritures précédentes parlaient de la Kaaba comme Qibla de la Ummat ul-islam qui devait apparaître : "وَحَيْثُ مَا كُنتُمْ فَوَلُّواْ وُجُوِهَكُمْ شَطْرَهُ وَإِنَّ الَّذِينَ أُوْتُواْ الْكِتَابَ لَيَعْلَمُونَ أَنَّهُ الْحَقُّ مِن رَّبِّهِمْ وَمَا اللّهُ بِغَافِلٍ عَمَّا يَعْمَلُونَ" (Coran 2/144) ;
----- ainsi que le fait que, pour leur part, les polycultistes arabes étaient attachés à la Kaaba comme Qibla, et disaient - pendant les 17 mois où le Prophète priait tourné vers Jérusalem - : "Comment peut-il se réclamer de la religion de Abraham et Ismaël, alors qu'il a délaissé la Qibla instituée par eux ?"
"وقال هنا: {لِئَلا يَكُونَ لِلنَّاسِ عَلَيْكُمْ حُجَّةٌ} أي: شرعنا لكم استقبال الكعبة المشرفة لينقطع عنكم احتجاج الناس من أهل الكتاب والمشركين. فإنه لو بقي مستقبلا بيت المقدس، لتوجهت عليه الحجة. فإن أهل الكتاب يجدون في كتابهم أن قبلته المستقرة، هي الكعبة البيت الحرام. والمشركون يرون أن من مفاخرهم هذا البيت العظيم، وأنه من ملة إبراهيم، وأنه إذا لم يستقبله محمد صلى الله عليه وسلم، توجهت نحوه حججهم، وقالوا: "كيف يدعي أنه على ملة إبراهيم، وهو من ذريته، وقد ترك استقبال قبلته؟" (Tafsîr us-Sa'dî).

Quant au passage suivant : "وَمَا جَعَلْنَا الْقِبْلَةَ الَّتِي كُنتَ عَلَيْهَا إِلاَّ لِنَعْلَمَ مَن يَتَّبِعُ الرَّسُولَ مِمَّن يَنقَلِبُ عَلَى عَقِبَيْهِ وَإِن كَانَتْ لَكَبِيرَةً إِلاَّ عَلَى الَّذِينَ هَدَى اللّهُ وَمَا كَانَ اللّهُ لِيُضِيعَ إِيمَانَكُمْ إِنَّ اللّهَ بِالنَّاسِ لَرَؤُوفٌ رَّحِيمٌ" (Coran 2/143), la phrase "cela a été difficile, sauf pour celui que Dieu a guidé" y désigne :
----- soit le fait d'avoir dû prendre Bayt ul-Maqdis comme Qibla après l'émigration à Médine : cela fut difficile pour les Arabes, attachés qu'ils étaient à la Kaaba ; mais les musulmans s'y plièrent, parce que ce fut un ordre de Dieu (ou du Prophète, suite à son ijtihad) ;
----- soit le fait d'avoir dû changer de Qibla, passant de Bayt ul-Maqdis à la Kaaba (les deux interprétations sont relatées in Zâd ul-massîr ; at-Tabarî a retenu la seconde interprétation, et Jalâl ud-dîn a un commentaire qui la rejoint).

Il y a aussi le verset suivant : "وَلِكُلٍّ وِجْهَةٌ هُوَ مُوَلّىهَا فَاسْتَبِقُواْ الْخَيْرَاتِ أَيْنَ مَا تَكُونُواْ يَأْتِ بِكُمُ اللّهُ جَمِيعًا إِنَّ اللّهَ عَلَى كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ" : "Et à chaque (communauté de Messager) (a été assignée) une direction* que (cette communauté) prend / qu'on lui fait prendre**. Aussi, précipitez-vous vers les excellentes actions. Où que vous soyez, Dieu vous fera venir tous. Dieu est Capable de toute chose" (Coran 2/148 ; * traduction selon l'un des commentaires existants, comme exposé plus haut ; ** cette seconde qirâ'ah est de Ibn 'Âmir). La première partie de ce verset signifie que tout comme aux Fils d'Israël il avait été enseigné de prendre la direction de Bayt ul-maqdis pendant la prière rituelle, aux fils d'Ismaël il est enseigné de prendre la direction de la Kaaba pendant la prière rituelle. Quand, dans la seconde partie de ce verset 2/148 il est dit qu'il faut se précipiter vers les excellentes actions, cela rejoint l'un des commentaires de cet autre verset : "لَّيْسَ الْبِرَّ أَن تُوَلُّواْ وُجُوهَكُمْ قِبَلَ الْمَشْرِقِ وَالْمَغْرِبِ وَلَكِنَّ الْبِرَّ مَنْ آمَنَ بِاللّهِ وَالْيَوْمِ الآخِرِ وَالْمَلآئِكَةِ وَالْكِتَابِ وَالنَّبِيِّينَ وَآتَى الْمَالَ عَلَى حُبِّهِ ذَوِي الْقُرْبَى وَالْيَتَامَى وَالْمَسَاكِينَ وَابْنَ السَّبِيلِ وَالسَّآئِلِينَ وَفِي الرِّقَابِ وَأَقَامَ الصَّلاةَ وَآتَى الزَّكَاةَ وَالْمُوفُونَ بِعَهْدِهِمْ إِذَا عَاهَدُواْ وَالصَّابِرِينَ فِي الْبَأْسَاء والضَّرَّاء وَحِينَ الْبَأْسِ أُولَئِكَ الَّذِينَ صَدَقُوا وَأُولَئِكَ هُمُ الْمُتَّقُونَ" (Coran 2/117) : la phrase "La piété ne consiste pas en le fait de tourner vos visages vers l'Orient ou l'Occident, mais la piété est (le fait de) qui croit en Dieu, en le Jour Dernier (...)" peut signifier que se tourner vers la Qibla instituée par Dieu, cela ne constitue pas toute la piété (ليس كل البر، وإن كان من البر) : il faut encore bien d'autres actions, de croyances, de coeur et de membres externes. "وقال بعضهم: بل المراد مخاطبة المؤمنين، لمّا ظنوا أنهم قد نالوا البغية بالتوجه إلى الكعبة من حيث كانوا يحبّون ذلك؛ فخوطبوا بهذا الكلام" (Tafsîr ur-Râzî) ; "وقال بعضهم: بل هو خطاب للكل، لأن عند نسخ القبلة وتحويلها، حصل من المؤمنين الإغتباط بهذه القبلة، وحصل منهم التشدد في تلك القبلة، حتى ظنوا أنه الغرض الأكبر في الدين؛ فبعثهم الله تعالى بهذا الخطاب على استيفاء جميع العبادات والطاعات، وبين أن البر ليس بأن تولوا وجوهكم شرقا وغربا، وإنما البر كيت وكيت. وهذا أشبه بالظاهر، إذ لا تخصيص فيه؛ فكأنه تعالى قال: "ليس البر المطلوب هو أمر القبلة، بل البر المطلوب هذه الخصال التي عدها" (Ibid.).
Correspond à ce commentaire le qualificatif que Shâh Waliyyullâh a employé quant au fait de se tourner vers la Qibla : ce "n'est qu'une condition (de validité) par laquelle le fait de compléter la prière a été recherché ; ce n'est pas une condition sans laquelle la base de ce que la prière apporte (de bien) ne peut pas être acquis" : "ولما كان استقبال القبلة شرطا إنما أريد به تكميل الصلاة - وليس شرطا لا يتأتى أصل فائدة الصلاة إلا به -، تلا رسولُ الله (صلى الله عليه وسلم) فيمن تحرى في ليلة مظلمة وصلى لغير القبلة قولَه تعالى: {فأينما تولوا فثم وجه الله}" (Hujjat ullâh il-bâligha, 1/552).

-

Et pendant les 13 années qu'il passa à prêcher à La Mecque, quelle Qibla le Prophète prenait-il ?

Je suis sur ce point l'avis de Qatâda, qui dit qu'il n'y avait alors nulle Qibla obligatoire pendant la prière rituelle.

Cependant, je suis
la relation qui dit que le Prophète prenait alors [naturellement] la Kaaba comme Qibla, quand il se trouvait face à elle.

Plus précisément encore, je suis l'interprétation qui dit qu'il n'y avait pas que, se trouvant devant la Kaaba, il la visait comme Qibla ainsi que Bayt ul-Maqdis ; non, il visait la Kaaba sans viser aussi Bayt ul-Maqdis (interprétation citée mais non retenue in Fat'h ul-barî, 1/129, 1/131, par contre retenue in Dars-é Tirmidhî, 2/119).
Le fait est qu'il est relaté de lui qu'il a effectué la prière étant tourné vers la face de la Kaaba où se trouve la Porte de celle-ci (FB 1/131). Or il s'agit de la face orientale de la Kaaba, orientée plus précisément "est-nord-est" ; ce qui fait que le Prophète se trouvait alors dans la direction ouest-sud-ouest, ce qui n'est absolument pas, pour quelqu'un qui se trouve à La Mecque, la direction de Bayt ul-Maqdis (pour être tourné vers la Kaaba en même temps que vers Bayt ul-Maqdis, il faut se tourner vers la face sud-sud-est de la Kaaba : la face située entre le Rukn Yamânî et le Rukn ul-Hajar).

Cela n'empêche pas que, pendant que le Prophète vivait encore à la Mecque, occasionnellement il prenait Bayt ul-Maqdis comme Qibla : il ne faisait ainsi qu'occasionnellement (je viens de le dire), et encore, uniquement lorsqu'il se trouvait, à La Mecque ou dans le Haram, ailleurs que devant la Kaaba : comme nous l'avons vu plus haut, Qatâda est d'avis qu'il n'y avait alors pas encore d'impératif sur le sujet.
C'est ainsi que je comprends cette relation de Ibn Abbâs : "حدثنا يحيى بن حماد، حدثنا أبو عوانة، عن الأعمش، عن مجاهد، عن ابن عباس قال: "كان رسول الله صلى الله عليه وسلم يصلي وهو بمكة نحو بيت المقدس، والكعبة بين يديه؛ وبعد ما هاجر إلى المدينة ستة عشر شهرا. ثم صرف إلى الكعبة" (Ahmad, 2991), quand elle est couplée à cette autre relation du même Ibn Abbâs : "عن ابن جريج، عن عطاء، عن ابن عباس رضي الله عنهما، قال: "أولُ ما نسخ من القرآن فيما ذكر لنا: شأنُ القبلة. قال الله: {ولله المشرق والمغرب فأينما تولوا فثم وجه الله} فاستقبل رسول الله صلى الله عليه وسلم فصلى نحو بيت المقدس، وترك البيت العتيق. فقال الله تعالى: {سيقول السفهاء من الناس ما ولاهم عن قبلتهم التي كانوا عليها} يعنون بيت المقدس؛ فنسختها، وصرفه الله إلى البيت العتيق، فقال الله تعالى: {ومن حيث خرجت فول وجهك شطر المسجد الحرام وحيث ما كنتم فولوا وجوهكم شطره" (al-Hâkim, Al-Mustad'rak, 3060) :
--- dans cette dernière relation, Ibn Abbâs raconte que, arrivé à Médine, le Prophète prit Bayt ul-Maqdis comme Qibla, et délaissa le fait de se tourner vers la Kaaba ("وترك البيت العتيق") ; on en déduit qu'auparavant, le Prophète se tournait - également - vers la Kaaba ;
--- dès lors, par parallélisme, et sachant qu'il a prié tourné vers la face de la Kaaba comportant la Porte de celle-ci (voir plus haut), la première de ces deux relations ("كان رسول الله صلى الله عليه وسلم يصلي وهو بمكة نحو بيت المقدس، والكعبة بين يديه") évoque seulement le fait que, alors qu'il vivait à la Mecque, c'était également parfois que le Prophète prenait Bayt ul-Maqdis comme Qibla (et non pas toujours) ;
--- dès lors encore, on interprètera : "والكعبة بين يديه" - ici présent - comme signifiant seulement : "bien que se trouvant alors à La Mecque ou dans le Haram, dans les parages de la Kaaba" (et non pas que, se trouvant juste devant la Kaaba, il délaissait complètement celle-ci et se tournait vers Bayt ul-Maqdis ; et pas non plus qu'il visait les deux en même temps) (oui, il a pu arriver qu'il prie tourné vers la face sud de la Kaaba, ce qui fait qu'il se trouvait aussi dans la direction de Bayt ul-Maqdis ; cependant, c'était sans viser Bayt ul-Maqdis en tant que Qibla).

-

Hassana et Maslaha :

La Kaaba et Bayt ul-Maqdis sont toutes deux Qiblat ullâh, comme nous l'avons vu.

--- Quand il y avait le choix, prendre celle des deux que l'on voulait comme Qibla était un bien.
--- Quand il y eut l'impératif de prendre Bayt ul-maqdis comme Qibla, délaisser celle-ci et prendre volontairement la Kaaba comme Qibla fut une action mauvaise, non pas en soi, mais à cause de l'impératif.
--- Enfin, quand ordre fut donné de prendre la Kaaba comme Qibla, délaisser celle-ci et prendre volontairement la direction de Bayt ul-maqdis devint une action mauvaise, non pas en soi mais à cause de cet ordre.

Ibn Taymiyya écrit : "ما أمر به ونهي عنه صار متصفًا بحسن اكتسبه من الأمر، وقبح اكتسبه من النهي، كــ(...) الصلاة إلى الصخرة، التي كانت حسنة، فلما نهي عنها، صارت قبيحة. فإن ما أمر به يحبه ويرضاه، وما نهي عنه يبغضه ويسخطه. وهو إذا أحب عبدًا ووالاه، أعطاه من الصفات الحسنة ما يمتاز بها على من أبغضه وعاداه. وكذلك المكان والزمان الذي يحبه ويعظمه كالكعبة وشهر رمضان، يخصه بصفات يميزه بها على ما سواه، بحيث يحصل في ذلك الزمان والمكان من رحمته وإحسانه ونعمته ما لا يحصل في غيره" (MF 17/201).
-

Ce cas relève de la catégorie numérotée "2.2" dans mon article exposant les cas de figure de ce que la Révélation institue de normes.

-
Dans cette sous-catégorie 2.2, la Révélation instaure (inshâ') le caractère "Hassan" ou "Qabîh" de l'acte ; cependant, en même temps, cela se fonde sur la présence d'une plus grande Maslaha ou Mafsada, ce qui fait que la Révélation montre (kashf) également ce caractère.

Ainsi, pour reprendre l'exemple du changement de la Qibla, parallèlement au fait qu'il s'est agi de se conformer aux différents ordres de Dieu (soit l'aspect inshâ'), il y a également eu une Maslaha (soit l'aspect kashf) :
--- lorsque le Prophète venait de s'installer à Médine, il y a eu temporairement une plus grande Maslaha dans le fait de prendre Bayt ul-maqdis comme Qibla (la Mafsada de ne pas prendre la Kaaba comme Qibla étant alors dépassée par la Maslaha de prendre Bayt ul-maqdis comme telle) ;
--- ensuite, quelques 16 ou 17 mois plus tard, la Maslaha venant d'être mentionnée ayant cessé, il ne resta plus que la Maslaha originelle de prendre la Kaaba comme Qibla (cf. Tafsîr ul-Qurtubî, 2/102, Hujjat ullâh il-bâligha 1/550-551).

-

L'ordre du changement de Qibla descendit du Ciel alors que le Prophète (sur lui soit la paix) était en train d'accomplir la prière de zuhr à Médine dans la mosquée des Banû Salima :

Il avait alors déjà accompli 2 cycles de cette prière de zuhr, et il changea de direction pendant la prière même.
C'est ce qui valut à cette mosquée le surnom de "Masjib ul-Qiblatayn" : "la mosquée aux deux Qibla".

Ce fut la prière suivante, celle de 'asr, qui fut la première prière qu'il ait accomplie entièrement tourné vers la Kaaba après ordre de se tourner vers elle : cela eut lieu dans sa mosquée (al-Masjid un-Nabawî).

-
Or, quelqu'un ayant accompli cette prière de 'asr sous sa direction dans la Masjid Nabawî passa près d'une autre mosquée, celle des Banû Hâritha ; voyant alors ses gens accomplir cette prière de 'asr tournés vers Bayt ul-maqdis, il leur lança : "Je témoigne par Dieu avoir accompli la prière en compagnie du Messager de Dieu - que Dieu l'élève et le salue - vers La Mecque" : "عن البراء بن عازب أن النبي صلى الله عليه وسلم كان أول ما قدم المدينة نزل على أجداده، أو قال: أخواله من الأنصار، وأنه صلى قبل بيت المقدس ستة عشر شهرا أو سبعة عشر شهرا. وكان يعجبه أن تكون قبلته قبل البيت، وأنه صلى أول صلاة صلاها صلاة العصر، وصلى معه قوم فخرج رجل ممن صلى معه، فمر على أهل مسجد وهم راكعون، فقال: "أشهد بالله لقد صليت مع رسول الله صلى الله عليه وسلم قبل مكة"، فداروا كما هم قبل البيت. وكانت اليهود قد أعجبهم إذ كان يصلي قبل بيت المقدس، وأهل الكتاب؛ فلما ولى وجهه قبل البيت، أنكروا ذلك" (al-Bukhârî, 40, Muslim, 525 ; FB 1/655-656).

De même, dans la nuit ayant suivi cette après-midi-là, la même information fut transmise aux gens de la mosquée de Qubâ' par un (autre) homme, pendant qu'ils étaient en train d'accomplir la prière de fajr : "Du Coran est descendu sur le Messager de Dieu, et il lui a été ordonné de se tourner vers la Kaaba. Prenez-en donc la direction !" : "عن عبد الله بن عمر، قال: بينا الناس بقباء في صلاة الصبح، إذ جاءهم آت، فقال: "إن رسول الله صلى الله عليه وسلم قد أنزل عليه الليلة قرآن، وقد أمر أن يستقبل الكعبة، فاستقبلوها"، وكانت وجوههم إلى الشأم، فاستداروا إلى الكعبة" (al-Bukhârî, 395, Muslim, 526).

-

Quant au verset : "فَأَيْنَمَا تُوَلُّواْ فَثَمَّ وَجْهُ اللّهِ" : "Où que vous vous tourniez, là est la Face de Dieu" (Coran 2/115), a-t-il été révélé :

--- après le passage 2/142-152, ordonnant de prendre la Kaaba comme Qibla ?
--- ou bien avant ce passage ? S'il a été révélé avant ce passage, son contenu a-t-il été abrogé par ce que ce passage 2/142-152 est venu ordonner (
comme le pense Qatâda) ? ou bien ce que ce verset 2/115 induit est-il toujours valable ?

Différentes causes de révélations (asbâb un-nuzûl) ont été relatées de ce verset 2/115. On peut les voir dans Tafsîr ut-Tabarî, dans Zâd ul-massîr, et dans An-Nâssikh wa-l-Mansûkh (de Ibn ul-'Arabî). Parmi ces relations, :
--- certaines montrent que ce verset 2/115 fut révélé après le verset 2/144 (donc alors que la nécessité de prendre la Kaaba comme Qibla pour prier avait déjà été instituée) ;
--- d'autres que ce verset 2/115 fut révélé avant le verset 2/144.

En fait, "فَأَيْنَمَا تُوَلُّواْ" signifie :
--- 1) soit : "Quelle que soit la direction vers laquelle vous tournez votre être pendant l'accomplissement de la prière rituelle" : "فَإلى أَيْنَمَا تُوَلُّوا وجوهكم لأداء الصلاة" ;
--- 2) soit : "Quelle que soit la direction vers laquelle vous tournez votre être pour invoquer Dieu (du'â')" : "فَإلى أَيْنَمَا تُوَلُّوا وجوهكم لدعاء الله" ;
--- 3) soit : "Quel que soit le lieu dans lequel vous vous trouvez sur Terre" : "فَأَيْنَمَا تذهبوا في الأرض".

Et dans "فَثَمَّ وَجْهُ اللَّهِ", "waj'h-ullâh" désigne ici :
--- a) soit : "sifat ullâh al-ma'rûfa" / ou encore : "Allah" : "وقال آخرون: معنى قول الله عز وجل: {فَثَمَّ وَجْهُ اللَّهِ}: فثم الله تبارك وتعالى" (Tafsîr ut-Tabarî) ;
--- b) soit : "qiblat-ullâh" : "عن مجاهد في قول الله عز وجل: {فأينما تولوا فثم وجه الله}، قال: "قبلة الله، فأينما كنت من شرق أو غرب فاستقبلها". (...) عن مجاهد قال: "حيثما كنتم، فلكم قبلة تستقبلونها؛ قال: الكعبة" (Tafsîr ut-Tabarî, 1836 et 1837) ;
--- c) soit : "ridha-llâh" : "وقال آخرون: معنى قوله: {فَثَمَّ وَجْهُ اللَّهِ}: "فثم تدركون بالتوجه إليه رضا الله، الذي له الوجه الكريم" (Tafsîr ut-Tabarî).

Et entre ces deux propositions, il peut - ou pas - quelques mots sous-entendus (muqaddar).

Cela nous donne plusieurs combinaisons possibles.

-
A retenir les causes de révélation (sabab un-nuzûl) qui renvoient toutes au commentaire 1, selon lequel ce verset 2/115 parle bien de la prière rituelle et de la direction que l'on prend pendant qu'on l'accomplit, ce verset est venu évoquer :
--- soit le fait de pouvoir prendre la direction que l'on veut pour accomplir la prière rituelle : le hukm de ce verset 2/115 a ensuite été abrogé par le verset 2/144 (c'est l'avis de Qatâda : at-Tabarî, 1826, 1827) ;
--- soit le fait d'avoir, sur ordre de Dieu, auparavant pris Bayt ul-Maqdis comme Qibla, et de prendre maintenant la Kaaba (Ibn Abbâs : at-Tabarî, 1824) ; dans ce cas (ainsi que dans tous les cas qui vont suivre), le hukm du verset 2/115 n'est nullement abrogé ;
--- soit le cas de la prière rituelle surérogatoire accomplie sur une monture hors de la ville (cette prière pouvant être effectuée dans la direction dans laquelle la monture se trouve, même si ce n'est pas celle de la Kaaba) : "عن ابن عمر قال: كان رسول الله يصلي وهو مقبل من مكة إلى المدينة على راحلته حيث كان وجهه. قال: وفيه نزلت {فأينما تولوا فثم وجه الله}" (Muslim, 700) ;
--- soit le cas de ceux qui, étant en voyage, ont accompli la prière lors d'une nuit très obscure en ayant fait les recherches nécessaires quant à la la direction de la Kaaba, mais se sont aperçues ensuite qu'ils s'étaient trompés : "عن عبد الله بن عامر بن ربيعة، عن أبيه قال: "كنا مع النبي صلى الله عليه وسلم في سفر في ليلة مظلمة، فلم ندر أين القبلة، فصلى كل رجل منا على حياله؛ فلما أصبحنا، ذكرنا ذلك للنبي صلى الله عليه وسلم، فنزل: "{فأينما تولوا فثم وجه الله" (at-Tirmidhî, 345, 2957) ;
--- soit le cas du Négus, auquel l'ordre de se tourner vers la Kaaba n'était pas du tout parvenu et qui continuait d'accomplir la prière tourné vers Bayt ul-Maqdis (at-Tabarî, 1835).
Chacune de ces causes de révélation se marie avec n'importe lequel des commentaires a, b et c de "فَثَمَّ وَجْهُ اللَّهِ".

-
Le commentaire 2, qui correspond à une des causes de révélation exposées par Mujâhid, est que ce verset parle d'autre chose que la prière rituelle : il parle de l'invocation (du'â) faite à Dieu [hors prière rituelle] (Tafsîr ut-Tabarî, 1838).
Ce commentaire peut se marier lui aussi avec n'importe lequel des commentaires a, b et c (même si la cause de révélation exposée par Mujâhid semble correspondre au commentaire a).

-
Le commentaire 3 se marie pour sa part avec soit le commentaire b : dans un autre propos relaté de lui au sujet de ce verset 2/115, Mujâhid a commenté celui-ci ainsi : "Où que vous soyez, vous pouvez aisément prendre la direction de la Kaaba, tel que cela vous a été prescrit" : "عن مجاهد في قول الله عز وجل: {فأينما تولوا فثم وجه الله}، قال: "قبلة الله، فأينما كنت من شرق أو غرب، فاستقبلها". (...) عن مجاهد قال: "حيثما كنتم، فلكم قبلة تستقبلونها؛ قال: الكعبة" (Tafsîr ut-Tabarî, 1836 et 1837). Ce verset 2/115 a alors été révélé après le verset 2/144. Dans ce cas, le hukm du verset 2/115 n'est nullement abrogé.
Soit avec le commentaire c : ce verset ne parle pas de la direction à prendre - que ce soit pour la prière rituelle ou pour l'invocation -, mais parle du lieu à choisir pour y accomplir la prière rituelle ; selon ce commentaire, ce verset 2/115 est la suite du verset 2/114, qui critiquait ceux qui empêchent que Dieu soit évoqué Dieu dans des massâjid et s'efforcent de ruiner celles-ci : "وَمَنْ أَظْلَمُ مِمَّن مَّنَعَ مَسَاجِدَ اللّهِ أَن يُذْكَرَ فِيهَا اسْمُهُ وَسَعَى فِي خَرَابِهَا أُوْلَئِكَ مَا كَانَ لَهُمْ أَن يَدْخُلُوهَا إِلاَّ خَآئِفِينَ لهُمْ فِي الدُّنْيَا خِزْيٌ وَلَهُمْ فِي الآخِرَةِ عَذَابٌ عَظِيمٌ" (Coran 2/114). Le verset 2/115, s'adressant aux croyants, dit alors que l'Orient et l'Occident appartenant à Dieu, où que vous avez la possibilité d'accomplir la prière, faites-le, là se trouve l'Agrément de Dieu : "والذي يظهر أن انتظام هذه الآية بما قبلها هو: أنه لما ذكر منع المساجد من ذكر الله والسعي في تخريبها، نبه على أن ذلك لا يمنع من أداء الصلوات ولا من ذكر الله، إذ المشرق والمغرب لله تعالى، "فأي جهة أدّيتم فيها العبادة، فهي لله يثيب على ذلك"، ولا يختص مكان التأدية بالمسجد" (Al-Bah'r ul-muhît). Il se peut également que ce verset 2/115 s'adresse non pas aux croyants mais à ceux qui empêchent ceux-ci d'évoquer Dieu dans des massâjid : "Où que vous alliez, Je vous observe", dit alors Dieu : "وقيل: ليست في الصلاة، بل هو خطاب للذين يخرّبون المساجد، أي: "أينما تولوا هاربين عني فإني ألحظهم"؛ ويقويه قراءة الحسن: "فأينما تولوا"، جعله للغائب، فجرى على قوله: {لهم في الدنيا خزي}، وعلى قوله: {وقالوا اتخذ الله ولداً}، فجرت الضمائر على نسق واحد" (Al-Bah'r ul-muhît).

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

Print Friendly, PDF & Email