Des qualités à développer en soi - الأخلاق الحسنة والأخلاق السيئة

La volonté :
--- lorsqu'elle est faible
, ne conduit par essence pas la personne à donner naissance à une action extérieure ('amal zâhir) ;
--- et, lorsqu'elle est plus forte, parfois conduit à donner naissance à l'action extérieure qu'on avait la volonté de faire, et parfois pas (quand on se retient du passage à l'acte). (Lire ici notre article relatif aux différents degrés de force d'intention.)

La volonté (irâda) est soit action de la raison (الإرادة والقصد من أعمال العقل) ; soit action du for intérieur mais autre que la raison (cette dernière se contentant de proposer au for intérieur – lequel, lui, choisira de faire ou de ne pas faire –, suite à un arbitrage entre deux possibilités, que c'est telle possibilité qui soit choisie).

(Quant à la connaissance ('ilm) du bien et du mal – ce "bien" et ce "mal" étant communiqués par le Coeur et par la Révélation –, cette connaissance éclaire cette raison, laquelle garde néanmoins la liberté de raisonner en conformité avec cet éclairage – s'y soumettant et l'intégrant –, ou – à ses risques et périls devant Dieu – sans lui, voire contre lui, donnant alors préférence aux messages des pulsions, des émotions et des sentiments.)

Cette volonté voit le jour :
--- soit suite à la présence d'un trait de caractère, ce dernier ayant poussé à agir ;
--- suite au fait qu'elle a opté pour ce que la raison lui a dit en contredisant un trait de caractère.

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La purification de l'âme qu'enseigne l'islam n'est pas, nous l'avons dit, une tentative de changer la nature humaine et de supprimer tout désir et tout sentiment. Purifier son âme, en islam, veut dire simplement la débarrasser de tout attachement excessif au matériel, attachement qui, parce qu'excessif, nuit à la spiritualité. Et puis, purifier son âme, en islam, ne signifie pas faire seulement l'équilibre entre le corporel et le spirituel, mais établir un lien d'attachement véritable avec Dieu.

Ce travail de purification et de construction intérieures reviennent donc en clair à développer en soi des qualités. Celles-ci ont été nommées "khuluq" (pluriel : "akhlâq").

Il est courant de voir ce terme "khuluq" traduit par "manières" : "celles qui concernent les relations humaines".

Cette traduction est vraie, mais ce n'est pas celle que nous retiendrons ici.

Ici, nous emploierons ce terme "khuluq" dans son sens beaucoup plus large de "disposition enracinée en le for intérieur, à partir de laquelle les actions sont émises avec facilité, sans besoin de réflexion" : "فالخلق عبارة عن هيئة في النفس راسخة عنها تصدر الأفعال بسهولة ويسر من غير حاجة إلى فكر وروية" (Al-Ihyâ, 3/86). C'est bien dans ce sens que Aïcha (que Dieu l'agrée) disait de son époux le Prophète Muhammad (sur lui la paix) que "son caractère (khuluq) était le Coran" (Muslim) : cela signifie qu'il avait intériorisé les dires et les normes coraniques.

Et al-Ghazâlî de souligner que ce khuluq, ce n'est pas le simple fait de savoir quelque chose : combien de ceux qui savent les vertus attachées à la générosité restent pourtant avares.
Il ne s'agit pas non plus de la capacité à faire quelque chose.
Il ne s'agit pas non plus du simple fait de faire quelque chose : car il arrive que celui qui a l'avarice comme trait profond de son âme fasse parfois – une fois n'est pas coutume – un acte de générosité ; si cet acte est louable et s'il sera récompensé pour, cet homme n'en garde pas moins l'avarice comme trait de caractère.

La qualité ("khuluq hassan") et le défaut ("khuluq sayyi'") sont plutôt les dispositions enracinées dans le for intérieur, explique al-Ghazâlî :
"وإنما قلنا إنها هيئة راسخة لأن من يصدر منه بذل المال على الندور لحاجة عارضة لا يقال خلقه السخاء ما لم يثبت ذلك في نفسه ثبوت رسوخ. وإنما اشترطنا أن تصدر منه الأفعال بسهولة من غير روية لأن من تكلف بذل المال أو السكوت عند الغضب بجهد وروية لا يقال خلقه السخاء والحلم. فههنا أربعة أمور: أحدها: فعل الجميل والقبيح؛ والثاني: القدرة عليهما؛ والثالث: المعرفة بهما؛ والرابع: هيئة للنفس بها تميل إلى أحد الجانبين ويتيسر عليها أحد الأمرين إما الحسن وإما القبيح" (
Al-Ihyâ', 3/86-87).
"فإن كانت الهيئة بحيث تصدر عنها الأفعال الجميلة المحمودة عقلا وشرعا، سميت تلك الهيئة: خلقا حسنا. وإن كان الصادر عنها الأفعال القبيحة، سميت الهيئة التي هي المصدر: خلقا سيئا" (
Al-Ihyâ', 3/86-87).

Al-Jurjânî écrit pour sa part : "الخُلق: عبارة عن هيئة للنفس راسخة تصدر عنها الأفعال بسهولة ويسر من غير حاجة إلى فكر وروية؛ فإن كانت الهيئة بحيث تصدر عنها الأفعال الجميلة عقلًا وشرعًا بسهولة، سميت الهيئة: خلقًا حسنًا؛ وإن كان الصادر منها الأفعال القبيحة، سميت الهيئة: خلقًا سيئًا. وإنما قلنا: إنه "هيئة راسخة"، لأن من يصدر منه بذل المال على الندور بحالة عارضة، لا يقال: خلقه السخاء، ما لم يثبت ذلك في نفسه؛ وكذلك من تكلف السكوت عند الغضب بجهد أو روية لا يقال: خلقه الحلم. وليس الخلق عبارة عن الفعل، فرب شخصٍ خلقه السخاء، ولا يبذل، إما لفقد المال أو لمانع؛ وربما يكون خلقه البخل وهو يبذل لباعث أو رياء" (At-Ta'rîfât).

Purifier son âme, c'est justement la débarrasser au maximum de ses défauts et l'embellir de ces qualités.

Il faut ici rappeler que déterminer si un trait de caractère est bon ou mauvais, cela se fait en se référant aux sources du Coran et de la Sunna.

Par induction, on sait que ce que le Coran et la Sunna ont qualifié de "qualité", c'est ce qui constitue l'équilibre par rapport à deux extrêmes. Ainsi, le courage, c'est le juste milieu entre la lâcheté et la furie inconsciente. La chasteté, c'est le juste milieu entre l'impuissance et la luxure. Etc.

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Les qualités : des acquis permanents :

Shâh Waliyyullâh écrit : "وبالجملة إذا آمن الرجل بكتاب الله تعالى وبما جاء به نبيه صلوات الله عليه وسلامه من بيانه إيمانا يستتبع جميع قواة القلبية والنفسية، ثم اشتغل بالعبودية حق الاشتغال ذكرا باللسان وتفكرا بالجنان وادبا بالجوارح، ودام على ذلك مدة مديدة، شرب كل واحد من هذه اللطائف الثلاث حظه من العبودية، وكان الأمر شبيها بالدوحة اليابسة تسقى الماء الغزير، فيدخل الري كل غصن من أغصانها وكل ورقة من أوراقها، ثم ينبت منها الأزهار والثمار، فكذلك تدخل العبودية في هذه اللطائف الثلاث وتغير صفاتها الطبيعية الخسيسة إلى الصفات الملكية الفاضلة. فتلك الصفات إن كانت ملكات راسخة تستمر أفاعيلها على نهج واحد وأنهاج متقاربة، فهي المقامات، وإن كانت بوارق تبدو تارة، وتنمحي أخرى، ولما تستقر بعد، أو هي أمور ليس من شأنها الاستقرار كالرؤيا والهواتف والغلبة تسمى أحوالا وأوقاتا" : "Lorsque l'homme a foi en le Livre de Dieu et en l'explication que le Messager de Dieu (que les bénédictions et les salutations de Dieu soient sur lui) a apportée, d'une foi complète au point d'influer sur ses facultés morales et psychiques ; puis qu'il s'occupe comme cela doit être fait d'être au service de Dieu (al-'ubûdiyya), en évocation par la langue, en pensée par le cœur et en adéquation par les (autres) membres ; et qu'il demeure sur cela pendant une longue période ; alors chacune de ces 3 parties de son for intérieur absorbe sa part de servitude à Dieu (...) ; la servitude pénètre chacune de ces 3 partis intérieures, et modifie ses traits naturels et vils en qualités angéliques élevées. Si ces qualités sont des maîtrises profondes, les actions en découlant demeurant sur une seule voie et des modes proches, alors ce sont des Maqâmât" (Hujjatullâh il-bâligha, 2/242).

Les qualités à acquérir ou à développer sont de 3 types :
--- 1) celles qui concernent sa relation avec Dieu : l'amour pour Dieu (hubbullâh) ; la crainte révérentielle de Dieu (khashyat ullâh) ; la reconnaissance vis-à-vis de Lui (ash-shuk'r lillâh) ; être satisfait de ce que l'on possède (al-qanâ'a) ; s'en remettre à Dieu (at-tawakkul) ;
--- 2) celles qui concernent sa relation avec les autres humains, et, plus encore, avec les autres créatures (elles aussi doivent cependant être développées pour se rapprocher de Dieu) : la bonté (ar-rahma) ; la magnanimité (al-hilm) ; la générosité (al-jûd) ; l'humilité (at-tawâdhu') ; etc. ;
--- 3) celles qui concernent une façon d'être, même lorsqu'on est seul : la maîtrise de soi face à des pulsions sexuelles (même lorsqu'on est seul) (= le fait de ne pas céder à des expressions interdites de cela) ; la patience et la persévérance (as-sabr) ; la pudeur (al-hayâ'), etc.

Cette double (et même triple) dimension, horizontale et verticale (plus personnelle), est en fait complémentaire : le fait de ne diviniser que Dieu permet d'équilibrer l'attachement que l'on a pour toute autre chose, et c'est cet équilibre qui est au fondement de toute qualité, fût-elle liée à la vie en société.

"واعلم أن مدافعة نور الإيمان لكل نوع من دواعي النفس البهيمية والقلب السبعي يسمى باسم. وقد نوه النبي صلى الله عليه وسلم باسم كل ذلك ووصفه. فإذا حصل للعقل ملكة في انقداح خواطر الحق منه، وللنفس ملكة في قبول تلك الخواطر كان ذلك مقاما. فملكة مدافعة داعية الجزع تسمى صبرا على المصيبة، وهذا مستقره القلب. وملكة مدافعة الدعة الفراغ تسمى اجتهادا وصبرا على الطاعة؛ وملكه مدافعة داعية مخالفة الحدود الشرعية تهاونا لها أو ميلا إلى أضدادها تسمى تقوى (وقد تطلق التقوى على جميع مقامات اللطائف الثلاث بل على أعمال تنبعث منها أيضا، وعلى هذا الاستعمال الأخير قوله تعالى: {هدى للمتقين الذين يؤمنون بالغيب})؛ وملكة مدافعة داعية الحرص تسمى قناعة؛ وملكة مدافعة داعية العجلة تسمى تأنيا؛ وملكة مدافعة داعية الغضب تسمى حلما، وهذه مستقرها القلب؛ وملكة مدافعة داعية شهوة الفرج تسمى عفة؛ وملكة مدافعة داعية التشدق والبذاء تسمى صمتا وعيا؛ وملكة مدافعة داعية الغلبة والظهور تسمى خمولا؛ وملكة مدافعة داعية التلون في الحب والبغض وغيرهما تسمى استقامة. ووراء ذلك دواع كثيرة لمدافعتها أسام. ومبحث كل ذلك في الأخلاق من هذا الكتاب إن شاء الله تعالى" : "Sache que le fait que la lumière de la foi repousse chaque type des demandes de l'âme bestiale et du for intérieur agressif, cela porte un nom spécifique. Et le Prophète (sur lui la paix) a indiqué le nom de chacune de ces (actions du cœur), ainsi que sa qualification. Lorsque la raison arrive à une maîtrise (malaka) dans le fait de prendre les pensées depuis (Dieu) et que le for intérieur arrive à une maîtrise dans le fait d'accepter ces pensées, il y a là une Maqâm".
Dans les lignes qui suivent, Shâh Waliyyullâh donne (entre autres) les exemples suivants :
– la maîtrise dans le repoussement de la colère s'appelle : la magnanimité (al-hilm) ;
– la maîtrise dans le repoussement de la pulsion sexuelle s'appelle : chasteté (al-'iffa) ;
– la maîtrise dans le repoussement de la pulsion de se plaindre de ses malheurs s'appelle : patience (as-sabr 'ala-l-mussîba) ;
– la maîtrise dans le repoussement de sa tendance à la paresse dans la pratique s'appelle : persévérance (as-sabr 'ala-t-tâ'a).
– etc. (Hujjatullâh il bâligha, 2/273-274).

Al-Ghazâlî écrit pour sa part : "وحسن القوة الغضبية واعتدالها يعبر عنه بالشجاعة. وحسن قوة الشهوة واعتدالها يعبر عنه بالعفة. فإن مالت قوة الغضب عن الاعتدال إلى طرف الزيادة تسمى تهورا وإن مالت إلى الضعف والنقضان تسمى جبنا وخورا. وإن مالت قوة الشهوة إلى طرف الزيادة تسمى شرها وإن مالت إلى النقصان تسمى جمودا. والمحمود هو الوسط وهو الفضيلة والطرفان رذيلتان مذمومتان. والعدل إذا فات فليس له طرفا زيادة ونقصان بل له ضد واحد ومقابل وهو الجور. وأما الحكمة فيسمى إفراطها عند الاستعمال في الأغراض الفاسدة خبثا وجربزة ويسمى تفريطها بلها والوسط هو الذي يختص باسم الحكمة. فإذن أمهات الأخلاق وأصولها أربعة الحكمة والشجاعة والعفة والعدل.
ونعني بالحكمة حالة للنفس بها يدرك الصواب من الخطأ في جميع الأفعال الاختيارية. ونعني بالعدل حالة للنفس وقوة بها تسوس الغضب والشهوة وتحملهما على مقتضى الحكمة وتضبطهما في الاسترسال والانقباض على حسب مقتضاها. ونعني بالشجاعة كون قوة الغضب منقادة للعقل في إقدامها وإحجامها. ونعني بالعفة تأدب قوة الشهوة بتأديب العقل والشرع.
فمن اعتدال هذه الأصول الأربعة تصدر الأخلاق الجميلة كلها. إذ من اعتدال قوة العقل يحصل حسن التدبير وجودة الذهن وثقابة الرأي وإصابة الظن والتفطن لدقائق الأعمال وخفايا آفات النفوس؛ ومن إفراطها تصدر الجربزة والمكر والخداع والدهاء؛ ومن تفريطها يصدر البله والغمارة والحمق والجنون (وأعني بالغمارة قلة التجربة في الأمور مع سلامة التخيل، فقد يكون الإنسان غمرا في شيء دون شيء) (والفرق بين الحمق الجنون أن الأحمق مقصوده صحيح ولكن سلوكه الطريق فاسد فلا تكون له روية صحيحة في سلوك الطريق الموصل إلى الغرض؛ وأما المجنون فإنه يحتار ما لا ينبغي أن يختار فيكون أصل اختياره وإيثاره فاسدا). وأما خلق الشجاعة فيصدر منه الكرم والنجدة والشهامة وكسر النفس والاحتمال والحلم والثبات وكظم الغيظ والوقار والتودد وأمثالها وهي أخلاق محمودة؛
وأما إفراطها وهو التهور فيصدر منه الصلف والبذخ والاستشاطة والتكبر والعجب؛ وأما تفريطها فيصدر منه المهانة والذلة والجزع والخساسة وصغر النفس والانقباض عن تناول الحق الواجب. وأما خلق العفة فيصدر منه السخاء والحياء والصبر والمسامحة والقناعة والورع واللطافة والمساعدة والظرف وقلة الطمع؛ وأما ميلها إلى الإفراط أو التفريط فيحصل منه الحرص والشره والوقاحة والخبث والتبذير والتقتير والرياء والهتكة والمجانة والعبث والملق والحسد والشماتة والتذلل للأغنياء واستحقار الفقراء وغير ذلك. فأمهات محاسن الأخلاق هذه الفضائل الأربعة وهي الحكمة والشجاعة والعفة والعدل والباقي فروعها" (Al-Ihyâ', 3/).

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Comment acquérir des qualités ?

Si quelqu'un peut difficilement changer les fondements mêmes de sa personnalité, il peut en revanche agir sur ses "dispositions intérieures".

An-Nawawî relate ainsi, au sujet de savoir si les qualités humaines sont des dispositions qui sont innées ou qui peuvent être acquises, ce que al-Qâdhî 'Iyâdh a écrit : "L'avis correct est que certaines d'entre elles sont naturellement présentes, et d'autres peuvent être acquises en s'efforçant de pratiquer ce qu'elles demandent et en suivant (ceux qui les possèdent)" : "قال: وحكى الطبري خلافا للسلف في حسن الخلق: هل هو غريزة أم مكتسب؟ قال القاضي: والصحيح أن منه ما هو غريزة؛ ومنه ما يكتسب بالتخلق والاقتداء بغيره والله أعلم" (Sharh Muslim, 15/79).

Même si la personne n'a pas vraiment choisi d'avoir tel trait de caractère, elle a la possibilité (qud'ra) d'agir sur celui-ci :
--- soit pour en empêcher l'expression (man'), et ce par le biais de la volonté donnant préférence à autre chose que l'expression du trait de caractère ;
--- soit pour rééquilibrer ce trait (taqlîl) en développant un autre trait de caractère contrebalançant celui-ci ;
--- soit pour en orienter l'expression (imâla), à l'instar de l'homme colérique, qui doit apprendre à diminuer sa colère, puis à orienter ce qui en reste vers le Diable.

Le trait de caractère est important, car il influe grandement sur la Volonté de donner naissance à telle action.

Les traits du type 1 sus-cité (actions intérieures permanentes vis-à-vis de Dieu), nous serons tenus responsables devant Dieu de leur absence ou de leur insuffisance en nous.
Par contre, pour ce qui est des traits de type 2 et 3, nous ne serons tenus responsables, devant Dieu, de nos mauvais traits de caractère que dans la mesure où nous les aurons extériorisés par nos actes. Celui qui a empêché leur extériorisation (cela relevant pourtant du Ta'bî chez lui), et cela avec Ridhâ' 'Aqlî, n'aura pas le péché de les avoir en son for intérieur. Cependant, le problème c'est que l'homme se laisse aller à faire ce qui correspond à ses traits de caractère, sauf cas de sursaut. C'est dans ce sens qu'il est important de les changer.

Al-Ghazâlî : "فنقول: لو كانت الأخلاق لا تقبل التغيير، لبطلت الوصايا والمواعظ والتأديبات (...). وكيف ينكر هذا في حق الآدمي وتغيير خلق البهيمة ممكن، إذ ينقل البازي من الاستيحاش إلى الأنس، والكلب من شره الأكل إلى التأدب والإمساك والتخلية، والفرس من الجماح إلى السلاسة والانقياد؛ وكل ذلك تغيير للأخلاق" (Al-Ihyâ', 3/90).

Nous citions plus haut l'écrit de al-Ghazâlî disant que faire parfois - une fois n'est pas coutume - un acte de générosité était louable mais que cet acte pouvait cohabiter avec l'avarice comme trait de caractère. Certes. Mais al-Ghazâlî rejoint tout à fait 'Iyâdh, puisqu'il a aussi écrit que, pour se débarrasser de l'avarice et acquérir la générosité, c'est souvent que l'avare doit pratiquer les actes ('amal) que demande la générosité, c'est-à-dire dépenser de ses biens dans le bien. Car c'est en s'efforçant de pratiquer souvent ce qu'elles demandent qu'on peut acquérir des qualités. Pratiquer ce qu'une qualité demande, c'est s'efforcer de faire ce que la personne possédant cette qualité fait : l'homme peut, par exemple, changer son mauvais caractère à l'égard des gens en s'efforçant quotidiennement de sourire, de s'intéresser aux autres, etc. Il peut également chercher à développer en lui l'amour pour Dieu en s'efforçant quotidiennement de penser à Lui, à tout ce qu'Il lui a donné, à Son infinie Bonté et Miséricorde, etc.

Al-Ghazâlî : "قد عرفت أن حسن الخلق يرجع إلى اعتدال قوة العقل وكمال الحكمة وإلى اعتدال قوة الغضب والشهوة وكونها للعقل مطيعة وللشرع أيضا. وهذا الاعتدال يحصل على وجهين: أحدهما بجود إلهي وكمال فطري بحيث يخلق الإنسان ويولد كامل العقل حسن الخلق قد كفي سلطان الشهوة والغضب بل خلقتا معتدلتين منقادتين للعقل والشرع فيصير عالما بغير تعليم ومؤدبا بغير تأديب كعيسى بن مريم ويحيى بن زكريا عليهما السلام وكذا سائر الأنبياء صلوات الله عليهم أجمعين ولا يبعد أن يكون في الطبع والفطرة ما قد ينال بالاكتساب فرب صبي خلق صادق اللهجة سخيا جريا وربما يخلق بخلافه فيحصل ذلك فيه بالاعتياد ومخالطة المتخلقين بهذه الأخلاق وربما يحصل بالتعلم. والوجه الثاني: اكتساب هذه الأخلاق بالمجاهدة والرياضة؛ وأعني به: حمل النفس على الأعمال التي يقتضيها الخلق المطلوب. فمن أراد مثلا أن يحصل لنفسه خلق الجود فطريقه أن يتكلف تعاطي فعل الجواد وهو بذل المال فلا يزال يطالب نفسه ويواظب عليه تكلفا مجاهدا نفسه فيه حتى يصير ذلك طبعا له ويتيسر عليه فيصير به جوادا وكذا من أراد أن يحصل لنفسه خلق التواضع وقد غلب عليه الكبر فطريقه أن يواظب على أفعال المتواضعين مدة مديدة وهو فيها مجاهد نفسه ومتكلف إلى أن يصير ذلك خلقا له وطبعا فيتيسر عليه. وجميع الأخلاق المحمودة شرعا تحصل بهذا الطريق وغايته أن يصير الفعل الصادر منه لذيذا فالسخي هو الذي يستلذ بذل المال الذي يبذله دون الذي يبذله عن كراهة والمتواضع هو الذي يستلذ التواضع ولن ترسخ الأخلاق الدينية في النفس ما لم تتعود النفس جميع العادات الحسنة وما لم تترك جميع الأفعال السيئة وما لم تواظب عليه مواظبة من يشتاق إلى الأفعال الجميلة ويتنعم بها ويكره الأفعال القبيحة" (Al-Ihyâ, 3/94). "فإذن قد عرفت بهذا قطعا أن هذه الأخلاق الجميلة يمكن اكتسابها بالرياضة وهي تكلف الأفعال الصادرة عنها ابتداء لتصير طبعا انتهاء. وهذا من عجيب العلاقة بين القلب والجوارح أعني النفس والبدن؛ فإن كل صفة تظهر في القلب يفيض أثرها على الجوارح حتى لا تتحرك إلا على وفقها لا محالة؛ وكل فعل يجري على الجوارح فإنه قد يرتفع منه أثر إلى القلب والأمر فيه دور" (Al-Ihyâ, 3/96).

Shâh Waliyyullâh a écrit la même chose (voir Hujjat ullâh il-bâligha, 1/281-282).

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Invocation (du'â) enseignée par le Prophète Muhammad (sur lui la paix) :

"عَنِ عائشة قالت: "كان رسول الله صلَّى الله عليه وسلَّم يقول: اللهم أَحسَنْتَ خَلْقي فأَحْسِنْ خُلُقي" : Le Prophète Muhammad (sur lui la paix) disait : "Ô Dieu, tu as embelli mon apparence (khalq), alors embellis aussi mon intérieur (khuluq)" (Ahmad, al-Bayhaqî).

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

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