Chercher à atteindre l'excellence en matière d'apprentissage et de formation dans les sciences dunyawî aussi

La société musulmane de la cité musulmane (Dâru islâm), de même que la communauté musulmane résidente de la cité non-musulmane (al-aqalliyat ul-muslima al-muqîma fî Dâr il-amn), toutes deux ont besoin :
1) que tous leurs membres acquièrent la base de sciences dînî qui est obligatoire (fardh ala-l-'ayn), agissent ('amal) conformément à ce qu'ils connaissent ainsi, et se renseignent auprès de spécialistes en sciences dînî (les ulémas) pour toute question pointue qui se pose à eux ;
2) et qu'en terme de spécialisation, il y ait, parmi ses membres :
--- certains qui soient spécialisés dans les sciences dînî, c'est-à-dire qui aient acquis la part qui est obligatoire sur l'ensemble de la communauté (fardh 'ala-l-kifâya) des sciences dînî : ces personnes sont les ulémas ;
--- et d'autres qui soient spécialisés dans les sciences dunyawî ; il s'agit, au niveau de l'ensemble des membres formant la communauté, de disposer de la maîtrise de la totalité des sciences dunyawî nécessaires au bon fonctionnement de la société ; ne font exception à cela que les sciences dunyawî qui sont en soi interdites, comme l'est la sorcellerie, par exemple.

Le fait est qu'il ne s'agit pas pour une communauté musulmane de faire une scission entre les sciences dînî et les sciences dunyawî (lire notre article au sujet de ces deux termes "dînî" et "dunyawî") ; de dire que les premières serviront même dans la Plaine du Jugement tandis que les secondes ne servent leur porteur que jusqu'à la mort ; d'inviter tous les jeunes musulmans à laisser les spécialisations liées aux sciences dunyawî aux non-musulmans (alors même que ces spécialisations sont elles aussi fardh 'ala-l-kifâya) pour se consacrer uniquement, eux, à la part fardh 'ala-l-kifâya des sciences dînî ; ou de dire aux jeunes musulmans qui cherchent à se spécialiser dans des sciences dunyawî qu'ils "perdent leur temps et leur énergie" ; ou encore de dire que ceux qui se sont spécialisés dans les sciences dînî "perdent leur temps et se désintéressent de la Oumma s'ils vont ensuite se spécialiser dans des sciences dunyawî"...

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Un écrit de Ibn Taymiyya sur le sujet :

"فإن الناس لا بد لهم من طعام يأكلونه، وثياب يلبسونها، ومساكن يسكنونها؛ فإذا لم يجلب لهم من الثياب ما يكفيهم - كما كان يجلب إلى الحجاز على عهد رسول الله صلى الله عليه وسلم، كانت الثياب تجلب إليهم من اليمن ومصر والشام وأهلها كفار وكانوا يلبسون ما نسجه الكفار ولا يغسلونه فإذا لم يجلب إلى ناس البلد ما يكفيهم احتاجوا إلى من ينسج لهم الثياب. ولا بد لهم من طعام إما مجلوب من غير بلدهم، وإما من زرع بلدهم - وهذا هو الغالب وكذلك لا بد لهم من مساكن يسكنونها، فيحتاجون إلى البناء. فلهذا قال غير واحد من الفقهاء من أصحاب الشافعي وأحمد بن حنبل وغيرهم كأبي حامد الغزالي وأبي الفرج بن الجوزي وغيرهم: إن هذه الصناعات فرض على الكفاية، فإنه لا تتم مصلحة الناس إلا بها" :
"Car les hommes ont besoin de nourriture qu'ils puissent manger, de vêtements qu'ils puissent revêtir et de demeures qu'ils puissent habiter.
Si on n'importe pas pour eux en vêtements ce qui leur suffit – comme à l'époque du Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et le salue, les vêtements étaient importés du Yémen, d'Egypte, de Syrie, les habitants de ces pays étant non-musulmans ; (les musulmans) portaient ce que les non-musulmans avaient tissé sans le laver. Bref, si on n'importe pas pour les gens de la cité ce qui leur suffit, ils auront besoin de personnes capables de tisser pour eux les vêtements.
Ils ont besoin (aussi) de nourriture, soit qu'elle est importée d'ailleurs que leur cité, soit qu'elle est cultivée dans leur cité, et c'est ce qui est le plus courant. De même, ils ont besoin de demeures qu'ils puissent habiter ; ils ont donc besoin de construire.
C'est pour cela que plus d'un parmi les juristes parmi les shafi'ites, les hanbalites et autres qu'eux – tels Abû Hâmid al-Ghazâlî et Abû Faraj ibn ul-Jawzî et autres qu'eux – ont dit : "Ces métiers sont fardh 'ala-l-kifâya." Le fait est que la maslaha des hommes n'est réalisée que par eux
"
(Al-Hisba, p. 24, MF 28/79-80).

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Le propos de al-Ghazâlî auquel Ibn Taymiyya a fait ici allusion :

Abû Hâmid al-Ghazâlî a partagé les sciences en :
shar'î (ayant pour objet les textes ou les enseignements de l'islam)
et ghayr shar'î (celles qui ont un objet différent, telle la médecine, qui a pour objet la santé humaine) (Ih'yâ' 'ulûm id-dîn, tome 1 p. 32).

On pourrait également désigner ces deux catégories par les termes :
sciences "dînî",
et sciences "dunyawî".

Qualifier certaines sciences de "dunyawî", cela ne signifie pas que l'islam enseignerait que ces sciences ne servent à rien. Cela ne signifie pas que l'islam enseignerait qu'il ne sert à rien de se préoccuper de la santé de sa propre personne ou de la santé publique. La réalité est tout à fait contraire. Qualifier certaines de ces sciences de "dunyawî", cela veut seulement dire que ce n'est pas dans les textes de l'islam que l'on trouvera de façon détaillée le fonctionnement du corps, les causes de la maladie, les moyens pour se soigner et la façon d'opérer. Certes, les sources de l'islam enseignent bien la nécessité de ne pas nuire à sa santé et enseignent aussi que quand on tombe malade il est au moins recommandé de se soigner par des médicaments ; ces sources enseignent aussi des règles éthiques qui s'appliquent à l'exercice de la médecine (par exemple à propos du cas où on ne dispose que d'une substance illicite pour se soigner : cliquez ici). Cependant, les sources de l'islam n'ont pas vocation à enseigner le détail de cette science qu'est la médecine : quelles sont les causes de chaque maladie ; comment fonctionne chaque organe ou chaque système du corps humain ; quels sont les traitement possibles pour telle et telle maladie ; comment opérer tel organe ; etc.

La même chose peut être dite de toutes les autres disciplines "dunyawî" : les sources de l'islam n'en enseignent pas le détail. L'application de ces sciences théoriques doit néanmoins se faire en se référant aux normes éthiques de l'islam (ahkâm dîniyya / shar'iyya). Ainsi en est-il de l'agriculture, de l'élevage, de l'artisanat, de l'industrie, de l'urbanisme, de l'architecture, etde bien d'autres métiers...

Al-Ghazâlî écrit : "وأعني بالشرعية ما استفيد من الأنبياء صلوات الله عليهم وسلامه، ولا يرشد العقل إليه مثل الحساب، ولا التجربة مثل الطب، ولا السماع مثل اللغة" : "Par shar'î, je veux désigner ce qui a été obtenu des prophètes (que les prières de Dieu et Sa salutation soient sur eux), et que ne montre ni la raison – comme c'est le cas du calcul – ni l'expérience – comme c'est le cas de la médecine – ni la tradition – comme c'est le cas de la langue" (Ih'yâ' 'ulûm id-dîn, tome 1 p. 32).

A) Les sciences shar'î, dit al-Ghazâlî un peu plus loin, "sont toutes bonnes" ; "cependant, parfois y a été mélangé ce dont on pense qu'il est shar'î alors qu'il [n'est pas shar'î et] est mauvais" (Ibid., tome 1 p. 33).

B) "Les sciences qui ne sont pas shar'î [= mais dunyawî] se répartissent" quant à elles "en bonnes, mauvaises et purement autorisées (mubâh)" (p. 32).

--- B.A) "Celles qui sont mauvaises sont : la science de la sorcellerie et des talismans, la science de la prestidigitation et des illusions (talbîssât)" (p. 33).

--- B.B) "Celles qui sont purement autorisées sont : la science de la poésie dans laquelle il n'y a pas d'ineptie (sukhf), l'Histoire, et ce qui va dans le (même) sens [que ces deux sciences]" (p. 33).

--- B.C) "فالمحمود ما يرتبط به مصالح أمور الدنيا كالطب والحساب. وذلك ينقسم إلى ما هو فرض كفاية وإلى ما هو فضيلة وليس بفريضة" : Quant aux sciences non shar'î "qui sont bonnes, ce sont celles avec lesquelles les maslaha des choses du dunyâ sont liées, telles la médecine, le calcul. Ces (sciences) se répartissent en :
----- [B.C.A] ce (dont l'acquisition) est fardh 'ala-l-kifâya,
----- et [B.C.B] ce (dont l'acquisition) est bien sans être obligatoire."

----- B.C.A) "أما فرض الكفاية فهو علم لا يستغني عنه في قوام أمور الدنيا كالطب، إذ هو ضروري في حاجة بقاء الأبدان؛ وكالحساب، فإنه ضروري في المعاملات وقسمة الوصايا والمواريث وغيرهما. وهذه هي العلوم التي لو خلا البلد عمن يقوم بها حرج أهل البلد. وإذا قام بها واحد كفى وسقط الفرض عن الآخرين" : "Quant à ce (qui est) fardh 'ala-l-kifâya, il s'agit d'une science dont on ne peut se passer pour l'établissement des affaires du dunyâ. C'est le cas de la médecine, car elle est nécessaire (dharûrî) pour que les corps demeurent [vivants et en bon état]. Et c'est le cas du calcul, car il est nécessaire (dharûrî) dans les transactions, le partage des legs selon les testaments et les règles d'héritage, et autre choses qu'eux.
Ce sont là les sciences qui sont telles que si une cité est dépourvue des personnes qui les possèdent, les gens de cette cité se trouvent en grande difficulté. Et si une personne la possède, cela suffit et le caractère obligatoire devient caduc par rapport aux autres personnes."

"فلا يتعجب من قولنا إن الطب والحساب من فروض الكفايات؛ فإن أصول الصناعات أيضاً من فروض الكفايات كالفلاحة والحياكة والسياسة بل الحجامة والخياطة. فإنه لو خلا البلد من الحجّام تسارع الهلاك إليهم وحرجوا بتعريضهم أنفسهم للهلاك. فإن الذي أنزل الداء أنزل الدواء وأرشد إلى استعماله وأعد الأسباب لتعاطيه. فلا يجوز التعرض للهلاك بإهماله. فإن الذي أنزل الداء أنزل الدواء وأرشد إلى استعماله وأعد الأسباب لتعاطيه. فلا يجوز التعرض للهلاك بإهماله" : "Qu'on ne soit donc pas étonné de notre propos : "La médecine et le calcul font partie des fardh ul-kifâyât" ; car les principes des métiers aussi relèvent des fardh ul-kifâyât : c'est le cas de l'agriculture, du tissage, du politique, et même de la saignée par ventouse (hijâma) et de la couture. Car si une cité est dépourvue de ventouseur, (ses habitants) connaîtront rapidement la détérioration (halâk) et seront dans la difficulté, par le fait d'exposer leur personne à la détérioration (halâk). Car Celui qui a fait descendre la maladie en a fait descendre le remède, a guidé (les gens) vers l'utilisation de celui-ci, et a préparé les causes pour (qu'ils) le prennent. Il n'est donc pas permis de s'exposer à la détérioration en délaissant ce (remède)" (p. 33).

Quelques pages plus loin, évoquant une situation qu'il connaît trop bien pour l'avoir constatée, al-Ghazâlî écrit que certains musulmans spécialisés dans les sciences dînî ne sont en fait spécialisés que dans une partie de ces sciences : celle qui concerne le droit islamique (fiqh) ; alors qu'ils ne connaissent pas grand-chose, dit al-Ghazâlî, des enseignements de l'islam concernant le cœur et la spiritualité, enseignements qui constituent aussi, pourtant, des sciences dînî. Il va ensuite plus loin : il déplore que les musulmans n'acquièrent pas (ou pas suffisamment) les sciences dunyawî. Il écrit ainsi, à propos des chapitres du droit islamique dans lesquels ces juristes sont spécialisés, tels que le li'ân, le zihâr, le sabaq et le ram'y, que, de toute façon, "وإن احتيج لم تخل البلد عمن يقوم بها ويكفيه مؤنة التعب فيها" : "si on a besoin (de renseignements sur le sujet), la cité ne manque pas de personnes qui possèdent (déjà ces sciences), ce qui fait qu'on n'a pas besoin de se fatiguer pour (effectuer des recherches) à leur sujet." Or, écrit-il un peu plus loin, "فكم من بلدة ليس فيها طبيب إلا من أهل الذمة (...)، ثم لا نرى أحداً يشتغل به. ويتهاترون على علم الفقه لاسيما الخلافيات والجدليات والبلد مشحون من الفقهاء بمن يشتغل بالفتوى والجواب عن الوقائع. فليت شعري كيف يرخص فقهاء الدين في الاشتغال بفرضِ كفاية قد قام به جماعةٌ وإهمالِ ما لا قائم به؟ هل لهذا سبب إلا أن الطب ليس يتيسر الوصول به إلى تولي الأوقاف والوصايا وحيازة مال الأيتام وتقلد القضاء والحكومة والتقدم به على الأقران والتسلط به على الأعداء؟ هيهات هيهات" : "combien de cités sont telles qu'il n'y existe de médecin que parmi les gens de la dhimma [= les non-musulmans parmi les habitants de la Dâr ul-islâm] ! (...) Malgré cela, nous ne voyons personne s'adonner à (l'apprentissage de la médecine) ! Ils s'attaquent à propos de la science du droit islamique, particulièrement les questions de désaccords et de débats. Et la cité est emplie de juristes qui s'adonnent à la fatwa et au fait d'apporter des réponses aux cas s'étant produits. Ah, mais comment donc les juristes du dîn peuvent-ils donner l'autorisation de (s'adonner à) un fardh kifâya qu'un groupe de personnes accomplit déjà, et de délaisser ce que personne n'accomplit ? Y a-t-il une autre cause à cela que le fait que par la médecine on n'arrive pas facilement à s'occuper des choses léguées religieusement (awqâf) ou par testament (wassâyâ), à s'approprier le bien des orphelins, à devenir juge ou dirigeant, à dépasser ainsi les semblables et à dominer les ennemis. Arrière, arrière !" (Ihyâ' 'ulûm id-dîn, tome 1 pp. 40-41).

Al-Ghazâlî fait là allusion à une situation qu'il voyait de ses yeux ; cela n'implique pas que la totalité de ce qu'il décrit là soit vérifiée en tous les lieux et en tous les temps. Son propos est cependant intéressant dans la mesure où il rappelle que s'il existe une base de science dînî que chaque musulman et chaque musulmane doit posséder (fardh 'ala-l-'ayn), il existe aussi une part de cette science dînî – ses développements – par rapport à laquelle il est seulement fardh 'ala-l-kifâya que chaque région possède un – ou quelques – personne(s) qui la possède(nt). Or il est aussi d'autres métiers, pour leur part "dunyawî", dont la pratique est également fardh 'ala-l-kifâya pour le bon fonctionnement de la société. Les musulmans d'une société donnée ne doivent donc pas tourner toute leur attention vers des disciplines dînî dont on trouve déjà des gens qui en ont une parfaite maîtrise, délaissant du même coup des métiers dunyawî importants dont seuls des non-musulman ont la maîtrise.

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Pratiquer un métier ne se fait pas sur la base de l'improvisation :

Pratiquer un métier ne se fait pas de façon improvisée, ou sur une base autodidacte, mais demande un apprentissage théorique et pratique auprès de personnes qualifiées, ayant elles-mêmes appris auparavant auprès de personnes qualifiées.

Cela est valable pour toute science dunyawî (comme cela est vrai pour toute science dînî : cliquez ici). On ne s'improvise pas médecin, vétérinaire, agriculteur, éleveur, urbaniste, architecte, ingénieur des ponts et chaussées. On suit une formation auprès des personnes qualifiées. Parfois la formation porte dûment le nom de "formation", et est dispensée par des organismes compétents et reconnus. D'autres fois – cela était surtout vrai autrefois mais l'est moins aujourd'hui, avec la complexification des sciences et le besoin de disposer d'une preuve palpable du fait qu'on a bien reçu une solide formation –, la formation ne porte pas ce nom, mais est malgré tout réelle, étant dispensée pendant des années par le père ou par l'oncle ; ainsi, parfois on est éleveur de père en fils, le fils ayant été formé par le père pendant des années, celui-ci ayant lui-même appris le métier auprès de son défunt père.

En tous cas une formation réelle et solide est nécessaire pour toute science dunyawî. C'est ensuite que, devenu un spécialiste reconnu, l'homme peut, tout en restant dans un cadre de référence, apporter des nuances et/ou enrichissements aux données disponibles jusqu'à présent. C'est ainsi que l'humanité a avancé dans toutes les sciences.

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Un hadîth du Prophète (sur lui soit la paix) à propos de celui qui s'improvise médecin :

Nous avons, sur le sujet précis de la médecine, le propos suivant du Prophète (sur lui soit la paix) : "من تطبب ولا يعلم منه طب، فهو ضامن" : "Celui qui s'est improvisé médecin alors qu'on ne connait pas chez lui de [compétence en] médecine, celui-là sera responsable [de tout dommage que ses prescriptions ou ses actes auront causés chez le malade]" (Abû Dâoûd 4586, an-Nassâ'ï, Ibn Mâja).

En fait, les choses sont comme suit...

1) S'il s'agit d'un vrai praticien,
--- 1.1) qu'il a mal fait la prescription ou l'acte chirurgical, et que le patient a subi un dommage à cause du médicament prescrit ou de l'opération réalisée, alors : la responsabilité de ce vrai praticien est engagée, car il a eu un manquement ;
--- 1.2) par contre, si ce vrai praticien a réalisé la prescription ou l'acte chirurgical dans les règles de l'art et que le patient a subi un dommage à cause du médicament prescrit ou des suites de l'opération, alors : la responsabilité de ce vrai praticien n'est pas engagée, car il n'y a pas eu de faute professionnelle ni de manquement de sa part (Zâd ul-ma'âd, 4/139).

2) Par contre, si quelqu'un s'improvisait médecin et que le malade a cru qu'il l'était réellement*, et que ce faux praticien lui a prescrit un remède ou a réalisé une intervention chirurgicale :
--- 2.1) si ce faux praticien a mal fait la prescription ou l'acte chirurgical, sa responsabilité est bien entendu engagée ;
--- 2.2) par contre, même si la prescription ou l'acte a été mené(e) dans les règles de l'art, ce charlatan sera responsable de tout dommage que cela aura entraîné (Ibid. 4/140). C'est cette différence que ce hadîth met en exergue.

( * "et que le malade a cru qu'il l'était réellement" : car si le malade savait que l'homme n'est pas un médecin, alors il y a divergence d'avis quant à savoir si la responsabilité temporelle de ce charlatan est engagée, vu que le malade l'a consulté quand même :
----- Ibn ul-Qayyim dit que sa responsabilité n'est pas engagée ;
----- mais un avis différent semble se dégager de ce que al-Khattâbî a écrit : Zâd ul-ma'âd, 4/139-140.)

En tous cas, ce hadîth montre l'importance de se former de façon sérieuse pour pouvoir pratiquer un métier d'une telle importance.

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Une précision :

Etant donné qu'aujourd'hui ce sont dans les pays non-musulmans qu'on trouve les plus grands développements en matière de sciences dunyawî et que certaines de celles-ci ne sont pas des sciences exactes mais des sciences humaines, il faut que les musulmans qui les acquièrent parviennent à y distinguer ce qui contredit une donnée formelle (qat'î) des sources, et ce qui ne contredit aucune donnée de ce genre. Nous avons parlé de cela dans d'autres articles : cliquez ici et ici.

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

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