Essence (الماهية) et Nature (الطبيعة) - Ne pas essentialiser une réalité qui n'est liée qu'à un attribut conjoncturel et impermanent (عارضيّ مفارق)

Les catégories n'existent que dans l'intellect, et pas dans le réel. En effet, dans le réel seuls des individus existent. Mais c'est la raison humaine qui est capable d'en extrapoler des catégories, auxquelles elle affilie des individus en les y regroupant : voilà ce qu'on appelle l'"existence mentale" (qui reste différente de l'existence dans le réel).

Ibn Taymiyya : "Il n'existe pas dans le réel un homme collectif global, dans lequel cet (individu-ci) et cet (individu-là) seraient associés. Au contraire, chaque homme est particulier par son être et ses attributs, l'autre (homme) que lui n'étant associé à rien de ce qui se tient en lui. Et lorsqu'on dit : "L'humanité est commune", ou "L'animalité (est commune)", ce qu'on veut dire c'est qu'en tel (individu) se trouve une animalité ou une humanité qui ressemble à ce qui se trouve en (tel autre individu) d'animalité ou d'humanité, et qu'ils sont associés dans ce qui est nommé "humanité" ou "animalité" ; lorsque ce qui est ainsi nommé est considéré dans sa globalité, alors cela n'existe que dans le mental" :
"ليس في الخارج إنسان مشترك كلي يشترك فيه هذا وهذا. بل كل إنسان يختص بذاته وصفاته، لا يشاركه غيره في شيء مما قام به قط. وإذا قيل: الإنسانية مشتركة أو الحيوانية، فالمراد أن في هذا حيوانية وإنسانية تشابه ما في هذا من الحيوانية والإنسانية، ويشتركان في مسمى الإنسانية والحيوانية، وذلك المسمى إذا أخذ مشتركا كليا لم يكن إلا في الذهن.
وهو تارة يوجد مطلقا بشرط الإطلاق، فلا يكون إلا في الذهن عند عامة العقلاء، إلا من أثبت المثل الأفلاطونية في الخارج.
وتارة يوجد مطلقا لا بشرط الإطلاق بحيث يتناول المعينات
، وهذا قد يقال: "إنه موجود في الخارج"، وهو موجود في الخارج معينا مقيدا مخصوصا، فيقال: هذا الإنسان، وهذا الحيوان، وهذا الفرس؛ وأما وجوده في الخارج مع كونه مشتركا في الخارج، فهذا باطل؛ ولهذا كان من المعروف عندهم أن الكليات ثابتة في الأذهان لا في الأعيان. ومن قال: "إن الكلي الطبيعي موجود في الخارج" فمعناه الصحيح أن ما هو كلي إذا كان في الذهن، يوجد في الخارج، لكن لا يوجد في الخارج كليا" (MS, 3/177).

Al-Jurjânî : "الكلي الحقيقي: ما لا يمنع نفس تصوره من وقوع الشركة فيه، كالإنسان، وإنما سمي "كليًا" لأن كلية الشيء إنما هي بالنسبة إلى الجزئي، والكلي جزء الجزئي، فيكون ذلك الشيء منسوبًا إلى الكل، والمنسوب إلى الكل كلي. الكلي الإضافي: هو الأعم من شيء. اعلم أنه إذا قلنا: "الحيوان - مثلًا - كلي". فهناك أمور ثلاثة: الحيوان حيث هو؛ ومفهوم الكلي والحيوان من حيث أنه يعرض له الكلية؛ والمجموع المركب منهما، أي من الحيوان والكلي؛ والتغاير بين هذه المفهومات ظاهر؛ فإن مفهوم الكلي: ما لا يمنع نفس تصوره عن وقوع الشركة فيه؛ ومفهوم الحيوان: الجسم النامي الحساس المتحرك بالإرادة، فالأول يسمى: كليًّا طبيعيًّا، لأنه موجود في الطبيعة، أي في الخارج؛ والثاني: كليًّا منطقيًّا، لأن المنطق إنما يبحث عنه؛ والثالث: كليًّا عقليًّا، لعدم تحقيقه إلا في العقل" (At-Ta'rîfât).
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Une catégorie d'individus est l'ensemble de ces individus possédant au moins un attribut commun.

Or, même quand on dit que tel groupe d'individus ont tous un attribut commun, il ne s'agit pas du même attribut (nafs us-sifa) au sens où celui-ci serait global, une partie (juz') de lui étant chez l'un, et l'autre partie chez l'autre ; comme nous venons de le voir, les généralités n'existent que dans le mental, pas dans le réel. Quand on dit qu'il s'agit du même attribut, cela signifie seulement qu'il existe, chez l'un, un attribut dont un exemplaire semblable (mithl) existe chez l'autre. Ainsi, si le lion et le cheval appartiennent tous deux à la catégorie des mammifères, cela signifie que chez les deux, chacun de son côté, on retrouve l'attribut d'allaiter ses petits, bien que ce soient deux exemplaires distincts de cet attribut chez le lion et chez le cheval ; ce sont d'ailleurs également deux exemplaires distincts de cet attribut qui se retrouvent chez chaque individu "lion" comme chez chaque individu "cheval".

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I) Catégorisation :

Quant on veut définir une catégorie, on en présente les caractéristiques (lesquelles constituent elles-mêmes des catégories générales) : d'abord une catégorie assez proche, suivie d'une ou plusieurs caractéristique(s). "فإنه من المعلوم بالضرورة أن بين كل موجودين قدرا مشتركا وقدرا مميزا؛ والدال على ما به الاشتراك وحده لا يستلزم ما به الامتياز" (MF 5/202).

Le lion est ainsi : un animal mammifère et carnivore, qui est de la famille des félidés, de grande taille, au pelage fauve, dont le mâle possède une crinière, et qui vit principalement en Afrique et en Asie.

Aujourd'hui les scientifiques distinguent, chez les êtres vivants (les créatures) :
--- le domaine ;
--- le règne ;
--- l'embranchement ;
(--- le sous-embranchement ; )
--- la classe ;
(--- la sous-classe ; )
(--- l'infra-classe ; )
--- l'ordre ;
(--- le sous-ordre ; )
(--- l'infra-ordre ; )
--- la famille ;
--- le genre ;
--- l'espèce ;
(--- la sous-espèce).

Les biologistes occidentaux et ceux qui les ont suivis ont classé l'Homme (Homo), le Gorille, le Chimpanzé (ainsi que certains autres singes) comme des Genres différents, mais appartenant à la même Famille : les Hominidés : cette dernière est elle-même affiliée à l'Infra-ordre des Simiiformes, appartenant à l'Ordre des Primates.
(Homo Sapiens étant, selon ces biologistes, une des Espèces du Genre Homo.)

(Cette classification est due à l'observation que ces biologistes ont faite de la similitude d'attributs physiques entre l'Homme et ces Singes. Pour nous musulmans, elle ne peut cependant pas impliquer que l'Homme et ces Singes seraient les descendants d'une lignée commune aujourd'hui éteinte.)

– Plus le rang de la catégorie est bas, et plus est élevée la proportion d'attributs qui sont communs aux individus directement affiliés à cette catégorie.
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– A l'inverse, plus le rang de la catégorie est élevé, et plus est faible la proportion d'attributs qui sont communs aux différents individus directement affiliés à cette catégorie.
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Tout en bas se trouve la "sous-espèce", qui regroupe des individus ne se distinguant des individus appartenant à la catégorie voisine, que par des caractéristiques très infimes.

– Ainsi, certes, le cheval est considéré comme formant une catégorie différente de celle de l'âne (les deux formant deux Espèces relevant du même Genre, et pouvant donc s'hybrider et donner naissance à des petits, mais qui seront stériles). Cependant, le cheval de Przewalski constitue une catégorie encore plus basse : une sous-espèce ; celle-ci est différente de la sous-espèce du pur-sang arabe ; la catégorie de ce dernier étant elle-même distincte de la sous-espèce du poney Shetland : ce genre de sous-espèce est ici appelé : "race".

– Le Lion constitue une Espèce, appartenant au même Genre que le tigre) ; mais combien de sous-espèces du lion existent-elles vraiment ? La fiche Wikipedia nous enseigne que, traditionnellement, 12 étaient reconnues ; mais qu'en 2004, ce nombre est passé à 8 ; peut-être que bientôt seules 2 sous-espèces seront retenues ?

– Dans le domaine des fruits, l'espèce mangue (Mangifera Indica) relève du genre Mangifera, et comporte des sous-espèces différentes : à La Réunion on trouve les mangues "josé", "carotte", "américaine", "léonard", etc. Le terme "variété" désigne ici ces sous-espèces différentes, caractérisées chacune par certains attributs secondaires que l'autre sous-espèce n'a pas...

– De même, l'orange est une espèce (Citrus Sinensis), formant une catégorie différente de celle de la mandarine (Citrus Reticulata) (les deux appartenant au Genre Citrus) ; cependant, l'orange douce (dite du Portugal) relève d'une catégorie encore plus basse que l'orange sanguine, elle-même différente pour sa part de celle de la bigarade : ce genre de sous-espèces est appelé : "variété".

– Dans le domaine des religions, si on prend la Famille des religions abrahamiques, on peut y distinguer 4 grandes religions : le sabéisme, le judaïsme, le christianisme et l'islam. Chacune de ces 4 religions sont distinctes l'une de l'autre, et présente donc une "essence" particulière.
Ensuite, chacune de ces 4 religions présente des "variantes" : certaines sont secondaires (comme celles différenciant, en islam, les 4 écoles juridiques sunnites), d'autres sont conséquentes (comme celles différenciant, en islam, les courants hétérodoxes de l'orthodoxie sunnite), tandis que d'autres encore touchent à l'essence même de ladite religion au point qu'elles ont été reconnues, dans le cas de l'islam, comme "sorties de l'islam bien que s'en réclamant" (c'est le cas du qadianisme, par exemple).

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II) Où donc la catégorisation s'arrête-t-elle, de sorte que les individus affiliés à la dernière sous-catégorie possible (la plus basse) puissent - à juste titre - être considérés comme ne présentant plus, les uns par rapport aux autres, un ou quelques attributs spécifiques induisant une communauté distinguée ?

Pour reprendre l'exemple du cheval : les chevaux sont classés également par leur robe. Cependant, si on peut distinguer des catégories de robe, pourra-t-on dire que le cheval de race arabe noir et le cheval de race arabe alezan ont deux natures différentes ?
La Sunna nous enseigne que, selon leurs robes, les chevaux ont en effet quelque chose de particulier : "عن ابن عباس قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "يمن الخيل في شقرها" (Abû Dâoûd, 2545, at-Tirmidhî, 1695). "عن أبي قتادة، عن النبي صلى الله عليه وسلم قال: "خير الخيل الأدهم الأقرح الأرثم، ثم الأقرح المحجل، طلق اليمين، فإن لم يكن أدهم فكميت على هذه الشية" (at-Tirmidhî, 1696, Ibn Mâja, 2789). "عن أبي وهب الجشمي قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "عليكم بكل كميت أغر محجل أو أشقر أغر محجل أو أدهم أغر محجل" (Abû Dâoûd, 2543, an-Nassâ'ï, dha'îf d'après al-Albânî).

Ceci nous amène à la question suivante : qu'est-ce qu'une Nature particulière ?

Si on peut catégoriser les mangues comme on l'a fait plus haut, dira-t-on que la saveur et le parfum différent de ces différentes variétés induisent, à côté d'une nature commune de ces différentes variétés de mangues, une nature spécifique à chacune d'elle : la mangue josé n'ayant alors pas exactement la même nature que la mangue léonard ? Ou bien ne peut-on pas dire cela ? A partir de quand la "nature" est-elle considérée différente ?

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III) Selon une première perspective, on peut distinguer des caractéristiques importantes, et d'autres qui sont minimes :

En Logique Traditionnelle, on appelle ainsi :

----- "جنس", "Jins", "Genre" : la catégorie englobant des individus ayant des essences différentes, et ce par rapport aux individus relevant de la catégorie supérieure. En voici la définition : "الجنس: كلي مقول على كثيرين مختلفين بالحقيقة* في جواب ما هو من حيث هو كذلك" (At-Ta'rîfât), * أو يقال: مختلفين بالماهية ;

----- "نوع", "Naw'", "Espèce" : la catégorie n'englobant que des individus ayant une même essence, et ce par différenciation d'avec les individus qui ont une essence différente de la leur : "النوع الحقيقي: كلي مقول على واحد أو على كثيرين متفقين بالحقائق* في جواب ما هو" (At-Ta'rîfât), * أو يقال: متفقين بالماهية.

----- "صنف", "Sinf", "Variété" : la catégorie d'individus ayant la même essence, mais ce par différenciation - cette fois - d'avec les individus qui ont eux aussi la même essence mais diffèrent seulement d'eux en certains attributs secondaires (par exemple : être turc, ou être indien) : "الصّنف: (...) بالفتح والكسر وسكون النون. عند المنطقيين هو النوع المقيّد بقيد كلّي عرضي، كالتركي والهندي؛ كما في شرح الوقاية في باب الوكالة بالبيع والشراء، وكتب المنطق. قال في شرح الطوالع في بحث القياس: اعلم أنّ الجزئيات المندرجة تحت الكلّي إمّا أن يكون تباينها بالذاتيات، أو بالعرضيات، أو بهما، والأول يسمّى أنواعا، والثاني أصنافا، والثالث أقساما، انتهى. فعلى هذا، الصنف: كلّي مقول على كثيرين متفقين بالحقائق* دون العرضيات. والمآل واحد" (Kashshâfu Istilâhât il-funûn), * أو يقال: متفقين بالماهية.

Or, si on distingue cette troisième catégorie (Sinf) d'individus de la seconde (Naw') en mettant en avant que la seconde distingue entre les groupes d'individus selon qu'ils ont la même essence ou qu'ils n'ont pas la même essence (ذاتيّ), tandis que la troisième distingue, parmi l'ensemble des individus ayant la même essence, des groupes selon leurs points communs secondaires (عرضيّ), c'est bien qu'on reconnaît l'existence de caractères essentiels et d'autres, secondaires.

On peut alors peut-être (de façon purement conventionnelle) proposer que :
--- la présence de différences essentiels induise ce qu'on appellera "une "essence" différente" ;
--- et la présence de différences remarquables mais secondaires, ce que cela induit soit qualifié de ""nature" différente", au sein d'une même essence : l'essence est la même ; cependant, différents individus (ayant cette même essence) possèdent des attributs secondaires qui induisent une nature particulière.

Il s'agirait alors de distinguer la "mâhiya" de la "tabî'a".

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– Le terme "Essence" (الماهية / Mâhiya) : "ثم الماهية عند المنطقيين بمعنى ما به يجاب عن السؤال بما هو. وعند المتكلّمين والحكماء بمعنى ما به الشيء هو. وتحقيق هذا التعريف سبق في لفظ الحقيقة. وبين المعنيين عموم من وجه، لتحقّق الأول فقط في الجنس بالقياس إلى النوع، والثاني فقط في الماهيات الجزئية كالشخص وكذا الحال في الصنف أيضا، واجتماعهما في الماهية النوعية بالقياس إلى النوع. والماهية بالمعنى الثاني لا يكون إلّا نفس الشيء" (Kashshâfu Istilâhât il-funûn). (Si on en retient la seconde définition, chaque chose aura une essence spécifique : il existera alors : "الماهية الجنسية، والماهية النوعية، والماهية الصنفية، والماهية الفردية".)

– Le terme "Nature" (الطبيعة / Tabî'a) : الطبيعة في اصطلاح العلماء تطلق على معان. منها (...). ومنها الحقيقة، كما ذكر عبد العلي البرجندي في حاشية الجغميني؛ وهذا هو المراد بالطبيعة الواقعة في تعريف الخاصة المطلقة. ومنها المفهوم الذي إذا أخذ من حيث هو هو لا يمنع وقوع الشركة؛ وهذا من مصطلحات أهل المنطق، كذا ذكر عبد العلي البرجندي أيضا في تلك الحاشية" (Kashshâfu Istilâhât il-funûn).

– Le terme "Réalité" (الحقيقة / Haqîqa) est synonyme de "Tabî'a" et de "Mâhiya".

– Le terme "l'Être" (الذات / Dhât) désigne quant à lui des choses différentes : "هو يطلق على معان. منها الماهيّة بمعنى ما به الشيء هو هو؛ وقد سبق تحقيقه في لفظ الحقيقة (...). ومنها الماهيّة باعتبار الوجود؛ وإطلاق لفظ الذات على هذا المعنى أغلب من الإطلاق الأول، وقد سبق أيضا في لفظ الحقيقة. ومنها ما صدق عليه الماهيّة من الأفراد؛ كما وقع في شرح التجريد في فصل الماهيّة ، وبهذا المعنى يقول المنطقيون: ذات الموضوع ما يصدق عليه ذلك الموضوع من الأفراد. ثم المعتبر عندهم في ذات الموضوع في القضية المحصورة ليس أفراده مطلقا، بل: الأفراد الشخصية إن كان الموضوع نوعا أو ما يساويه من الخاصّة والفصل، والأفراد الشخصية والنوعية إن كان جنسا أو ما يساويه من العرض العام. وبعضهم خصّ ذلك مطلقا بالأفراد الشخصيّة وهو قريب إلى التحقيق ، وتفصيله يطلب من شرح الشمسية وشرح المطالع في تحقيق المحصورات. وهذه المعاني الثّلاثة تشتمل الجوهر والعرض. ومنها ما يقوم بنفسه؛ وهذا لا يشتمل العرض؛ وتقابله الصّفة بمعنى ما لا يقوم بنفسه؛ ومعنى القيام بالذات يجيء في محله؛ هكذا ذكر أحمد جند في حاشية شرح الشمسية في بحث التّصوّر والتصديق، والسّيد السّند في حاشية المطول في بحث هل في باب الإنشاء. ومنها ما يقوم به غيره، سواء كان قائما بنفسه، كزيد في قولنا: "زيد العالم قائم"، أو لا يكون قائما بنفسه، كالسّواد في قولنا: "رأيت السّواد الشديد". وبهذا المعنى وقع في تعريف النّعت بأنّه تابع يدلّ على ذات، كذا في چلپي المطول في باب القصر. ومنها الجسم؛ كما في الأطول وحاشية المطوّل للسّيد السّند في بحث الاستفهامية. ومنها المستقلّ بالمفهومية أي المفهوم الملحوظ بالذّات؛ وهذا معنى ما قالوا: الذّات ما يصحّ أن يعلم ويخبر عنه؛ وتقابله الصّفة بمعنى ما لا يستقلّ بالمفهومية، أي ما يكون آلة لملاحظة مفهوم آخر. فالنّسب الحكمية صفات بهذا المعنى ، وأطرافها من المحكوم عليه والمحكوم به ذوات لاستقلالهما بالمفهومية ؛ هكذا ذكر السّيد الشريف أيضا في بحث هل. قال في الأطول هذا المعنى للذّات والصّفة الذي ادّعاه السّيد الشريف لم يثبت في ألسنة مشاهير الأنام انتهى. وقد ذكر الچلپي أيضا هذا المعنى في حاشية المطوّل في بحث الاستعارة الأصلية. ومنها الموضوع؛ سمّي به لأنّه ملحوظ على وجه ثبت له الغير كما هو شأن الذّوات؛ وتقابله الصّفة بمعنى المحمول، سمّيت به لأنّه ملحوظ على وجه الثّبوت للغير (...). منها الاسم الجامد؛ وتقابله الصّفة بمعنى الاسم المشتق. ومنها الجزء الدّاخل بأن يكون محقّق الذاتي؛ وتقابله الصّفة بمعنى الأمر الخارج؛ هكذا ذكر أحمد جند في حاشية شرح الشمسية في بحث التصوّر والتّصديق. ويجيء ما يتعلق بهذا المقام في لفظ الذّاتي" (Kashshâfu Istilâhât il-funûn).

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IV) Selon une autre perspective, Essence et Nature sont synonymes :


Peut-on dire que l'homme arabe possède une nature spécifique, par rapport à l'homme non-arabe
?

--- Au sens que le terme "nature" a lorsque opposé à "culture", la réponse est : Non ; les hommes ont tous la même nature innée, les différences existant entre eux n'étant que d'ordre culturel.

--- Par contre, si on définit la "nature" comme étant "la réalité commune à un ensemble d'individus et qui distinguent ceux-ci des autres individus, fût-elle acquise", alors la réponse est : Oui, l'homme arabe a une nature particulière. Cependant, cette nature culturelle de l'homme arabe est tout simplement : "avoir pour langue et culture de référence : l'arabe",

et cela est essentiel chez lui dans la mesure où on est en train de définir : "l'homme arabe", et non pas : "l'homme tout court".

Cette nature induit, de façon générale (et non pas absolue chez tous les individus), certains traits culturels qui sont particuliers ; cependant, ces traits sont très secondaires.

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De même :

– Si on veut définir "l'homme musulman", c'est : "l'homme qui est de religion musulmane" : cela confère une "nature culturelle" particulière (la culture musulmane universelle). Oui, l'homme, qu'il soit musulman ou pas, a la même nature humaine ;

mais si on veut définir "le musulman", c'est "l'homme qui est de religion musulmane" : par rapport à l'objet de la définition ("l'homme musulman"), "être musulman" relève de son essence.

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– Si on veut définir "l'homme blanc", ce sera : "l'être humain doté d'une peau de couleur blanche". Pareillement, ici, vu qu'il s'est agi de définir "l'homme blanc" (et non pas "l'homme tout court"), "être de couleur blanche" fait partie de l'essence de l'objet de la définition.
Cette couleur de peau, cependant, ne lui confère pas une nature culturelle particulière (qui serait commune à tous les humains blancs).
C'est seulement par incidence ('âridh) que, vu que beaucoup des hommes dits "blancs" ont été christianisés, cela leur a conféré une culture chrétienne commune, qui demeure aujourd'hui chez les peuples européens ou d'origine européenne. Cependant, cela est lié au christianisme, et pas à la couleur de la peau. C'est ce que nous allons voir ci-après...

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Ne pas essentialiser ce qui n'est que conjoncturel...

– On dit qu'en France, une proportion conséquente de citoyens d'origine immigrée la population carcérale comporte . Certes. Mais cette réalité n'est pas due à une prédisposition génétique (pas liée à des gènes particuliers), ni même à une "nature" culturelle particulière (l'islam, par exemple), mais à des facteurs concomitants à l'environnement dans lequel (wujûd) ils ont grandi et vécu en France : cela est conjoncturel ('âridhî mufâriq).

– Certains opposants à l'islam disent que même si une très petite minorité de musulmans sont terroristes, ce sont eux qui seraient les seuls "vrais musulmans pratiquants", vu que "l'islam est une religion par essence terroriste". Ils veulent dire alors que la violence serait une composante culturelle essentielle du fait d'être musulman : un musulman est par nature terroriste, au moins en puissance (si ce n'est en acte). Or cela est faux. François Burgat : "Sauf à considérer que les modes d'action de l'armée révolutionnaire irlandaise attestent d'une liaison congénitale du catholicisme avec le terrorisme, force est de constater que la "violence islamiste" s'explique moins par les références idéologiques de ceux qui en font la promotion que par leur itinéraire personnel et leur environnement politique et économique. Aucun historien sérieux ne s'est risqué à essayer de démontrer que la religion musulmane avait dans son ensemble produit significativement plus de violence politique que l'un quelconque des autres dogmes, religieux ou matérialistes, les exemples récents ne faisant pas défaut en ce domaine" (L'islamisme en face, 2002, p. 119).

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Peut-on dire que l'homme et la femme possèdent chacun une nature, ce qui revient à dire qu'il existe une "nature masculine" et une "nature féminine" ?

Ce qui est certain c'est que homme et femme possèdent, chacun de son côté, des différences qui les caractérisent : ce sont des différences physiques très apparentes, ainsi que certaines différences physiologiques, mais aussi quelques différences d'ordre psychique (ces différences sont générales, il arrive que quelques individus ne les aient pas).

Pour autant, la différence entre ce qui est commun à l'homme et à la femme d'une part, et ce qui les distingue l'un de l'autre d'autre part, est beaucoup moins importante que la différence entre ce qui est commun à l'homme et certains grands singes d'une part, et ce qui distingue l'un de l'autre d'autre part.

Homme et femme possèdent tous deux complètement l'essence humaine, laquelle n'existe d'ailleurs que par eux deux : ils sont en effet les deux catégories sexuelles constituant l'espèce humaine, comme cela existe pour tant d'autres espèces sexuées. C'est ce qu'on appelle en arabe : "zawjân" : "les deux éléments formant le couple" : "فإن الزوجين هما الشيئان المتشابهان المتشاكلان أو المتساويان؛ ومنه قوله تعالى: {احشروا الذين ظلموا وأزواجهم}، قال عمر بن الخطاب رضي الله عنه: أزواجهم أشباههم ونظراؤهم، وقاله الإمام أحمد أيضا؛ ومنه قوله تعالى: {وإذا النفوس زوجت} أي قرن بين كل شكل وشكله في النعيم والعذاب. (...) قال تعالى: {ثمانية أزواج} ثم فسرها: {من الضأن اثنين ومن المعز اثنين؛ ومن الأبل اثنين ومن البقر اثنين}، فجعل الزوجين هما الفردان من نوع واحد؛ ومنه قولهم زوجا خف وزوجا حمام ونحوه" (Jalâ' ul-af'hâm, Ibn ul-Qayyim). Dans un sens plus élargi, le terme en vient cependant à désigner les deux éléments s'opposant l'un et l'autre : "يقال لكل واحد من القرينين من الذكر والأنثى في الحيوانات المتزاوجة "زوج"، ولكل قرينين فيها وفي غيرها "زوج" - كالخف والنعل -، ولكل ما يقترن بآخر مماثلا له أو مضاد "زوج" (Al-Muf'radât) ; "وقوله: {خلقنا زوجين}، فبين أن كل ما في العالم زوج من حيث إن له ضدا، أو مثلا ما..." (Ibid.).

Pour autant, l'homme et la femme ont tous deux une nature particulière : et ces natures ne sont pas seulement le résultat d'une culture : elles recèlent de la nature innée et de la nature acquise, culturelle (la culture se voulant ici le prolongement de ce que l'inné requiert) (sans négliger cependant qu'il arrive que certaines cultures exagèrent, et cette exagération conduit à de véritables injustices).

John Gray écrit : "Non seulement les hommes et les femmes communiquent différemment, mais ils pensent, ressentent, perçoivent, réagissent, se conduisent, aiment et apprécient différemment. Pour un peu, ils sembleraient venir de planètes différentes, tant leur langage et même leurs besoins diffèrent fondamentalement.
Mieux connaître ces dissemblances aide à comprendre le sexe opposé et à s'entendre avec lui, ce qui contribue à éliminer maintes frustrations et dissipe bien des malentendus, quand cela ne les évite pas tout simplement. Admettre que son partenaire est aussi différent de soi qu'un être venu d'une autre planète rend plus facile de tenter de s'accommoder de ses spécificités et de se détendre, au lieu de résister et d'essayer de le changer. On n'attend plus de lui l'impossible" (Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus, éditions J'ai lu, p. 14).
Plus loin : "Dans ce livre, je ne traite pas directement de ce "pourquoi" les hommes et les femmes sont différents. C'est là une question complexe appelant une foule de réponses, liées aux différences biologiques aussi bien qu'à l'influence parentale, à l'éducation, au rang de naissance au sein de la famille ou au conditionnement culturel inculqué par la société, les médias et l'histoire" (p. 16).
Ces caractéristiques sont donc pour partie biologiques et pour partie héritées d'une organisation humaine millénaire. Gray fait comprendre qu'il est inutile, voire nocif, de chercher à vouloir faire table rase de ces différences, puisqu'elles font partie de l'inné et/ou de l'acquis présent depuis des millénaires dans le schéma mental des humains.

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Le tout est donc de distinguer ce qui est inhérent (lâzim) à la chose, de ce qui est conjoncturel ('âridhî mufâriq).

Ce qui n'est que conjoncturel ('âridhî mufâriq), il ne faut pas le présenter comme étant essentiel (dhâtî), ni même comme étant inhérent (lâzim).

C'est cela que l'on veut signifier quand on dit qu'il ne faut pas essentialiser des comportements.

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V) Ce qui importe, c'est de cerner ce qui est Essentiel de quelque chose, de le distinguer de ce qui est Permanent mais non-Essentiel, lui-même distinct de ce qui est Conjoncturel :

Ce qui revient :
--- à savoir de quelles parties l'essence de quelque chose se compose exactement (ajzâ' ul-mâhiya) ;
--- puis à savoir si cette essence possède réellement des implications (lâzim ul-mâhiya), et si oui, lesquelles ;
--- ensuite à distinguer ces deux premières catégories d'attributs de ceux des attributs qui ne sont que secondaires (mais qui induisent eux aussi des différences induisant une "nature") ;
--- enfin, à distinguer ces trois premières catégories de ceux des attributs qui ne sont présents chez un groupe d'individus de cette chose que par incidence, conjoncture ('âridh mufâriq)...

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VI) L'Essence et l'Existence :

Y a-t-il une différence entre Essence et Existence ? 

Si par "Existence", on entend : "l'attribut d'"être présent dans le réel"", et par "Essence" : "la représentation que l'Esprit se fait de cette chose, que cette dernière existe dans le réel, ou pas", alors : Oui, il y a une différence entre les deux.

Cependant, cette Essence n'"existe" que dans l'Esprit, et n'existe pas dans le Réel, de façon distincte à l'Existence.

Ibn Taymiyya"وحقيقة الفرق الصحيح أن الماهية هي ما يرتسم في النفس من الشيء، والوجود هو نفس ما يكون في الخارج منه؛ وهذا فرق صحيح، فان الفرق بين ما في النفس وما في الخارج ثابت معلوم لا ريب فيه. وأما تقدير حقيقة لا تكون ثابتة في العلم ولا في الوجود فهذا باطل" (Ar-Radd 'ala-l-mantiqiyyîn, p. 57).
"فمن عنى بالماهية: "ما في الذهن"، وبالوجود: "ما في الخارج"، فهو مصيب في قوله "الوجود مغاير للماهية" (Minhâj us-sunna, 3/178-179).

Ibn Taymiyya : "فالأصل الأول قولهم "إن الماهية لها حقيقة ثابتة في الخارج، غير وجودها". وهذا هو قولهم بأن حقائق الأنواع المطلقة التي هي ماهيات الأنواع والأجناس وسائر الكليات موجودة في الأعيان؛ وهو يشبه من بعض الوجوه قول من يقول "المعدوم شيء"، وقد بسطت الكلام على ذلك في غير هذا الموضع؛ وهذا من افسد ما يكون. وإنما أصل ضلالهم أنهم رأوا الشيء قبل وجوده يعلم ويراد ويميز بين المقدور عليه والمعجوز عنه ونحو ذلك، فقالوا: "ولو لم يكن ثابتا لما كان كذلك؛ كما أنا نتكلم في حقائق الأشياء التي هي ماهياتها مع قطع النظر عن وجودها في الخارج فنتخيل الغلط أن هذه الحقائق والماهيات أمور ثابتة في الخارج". والتحقيق أن ذلك كله أمر موجود وثابت في الذهن، لا في الخارج عن الذهن؛ والمقدر في الأذهان قد يكون أوسع من الموجود في الأعيان، وهو موجود وثابت في الذهن، وليس هو في نفس الأمر لا موجودا ولا ثابتا. فالتفريق بين الوجود والثبوت مع دعوى أن كليهما في الخارج: غلط عظيم. وكذلك التفريق بين الوجود والماهية مع دعوى أن كليهما في الخارج. وإنما نشأت الشبهة من جهة أنه غلب على أن ما يوجد في الذهن يسمى ماهية، وما يوجد في الخارج يسمى وجودا؛ لأن الماهية مأخوذة من قولهم ما هو كسائر الأسماء المأخوذة من الجمل الاستفهامية كما يقولون الكيفية والاينية ويقال ماهية ومايية وهي أسماء مولدة وهي المقول في جواب ما هو بما يصور الشيء في نفس السائل. فلما كانت الماهية منسوبة إلى الاستفهام بـ"ما هو" والمستفهم إنما يطلب تصوير الشيء في نفسه، كان الجواب عنها هو المقول في جواب ما هو بما يصور الشيء في نفس السائل، وهو الثبوت الذهني، سواء كان ذلك المقول موجودا في الخارج أو لم يكن، فصار بحكم الاصطلاح أكثر ما يطلق الماهية على ما في الذهن، ويطلق الوجود على ما في الخارج؛ فهذا أمر لفظي اصطلاحي" (Ar-Radd 'ala-l-mantiqiyyîn, pp. 55-56).

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Pour sa part, Platon enseignait qu'en ce qui concerne toute chose il existe, quelque part dans le réel, une essence pré-éternelle, qui est sa catégorie générale, et dont les individus ne sont que des copies (plus ou moins parfaites). "L'essence précède l'existence".
Platon pensait que l'essence de quelque chose est une Idée, qu'elle est pré-éternelle (azalî), et que l'âme humaine - siège de la raison selon lui - était capable de reconnaître cette essence pour l'avoir vu dans le monde des idées, avant de venir habiter le corps physique avec lequel elle est liée dans ce monde matériel.

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Si on retient la théorie de l'évolution des espèces (en la mariant bien sûr avec notre croyance que c'est Dieu qui gère tout, et avec notre croyance que l'homme a été créé directement par Dieu sans être issu d'une lignée animale), il en découle que, dans les niches apparues lors de cette évolution, les générations suivantes d'animaux ont, suite à des modifications, vu apparaître en elles des attributs les différenciant tellement de leurs générations "cousines", que cela a induit chez les premières et le secondes deux essences différentes.
Ainsi en est-il des mammifères marins, qui se subdivisent en Cétacés (carnivores) et en Siréniens (herbivores) (ce sont deux sous-ordres), avec, plus, un infra-ordre des Cétacés à dents, une espèce de ceux-ci étant les dauphins (lesquels comportent à leur tour plusieurs sous-espèces).

Si on retient la théorie de l'évolution (avec les deux réserves sus-citées), ce qui était une sous-espèce à un moment donné est devenu espèce au fil du temps, celle-ci étant devenue ensuite un genre, etc. Cela se serait produit comme la pousse d'un lierre, avec, au fur et à mesure de la croissance du végétal, son avancée sa complexification : l'apparition de nouvelles pousses qui se transformeront ensuite en sources de ramifications nouvelles, alors même que, grâce à l'apparition de nouvelles racines, la souche proprement dite peut mourir et disparaître...

Un peu comme pour le phénomène des langues humaines : une seule langue originelle a donné la profusion que l'on voit aujourd'hui, les multitudes de langues étant apparues par ramifications ; et ce qui n'était qu'un dialecte devenant au fur et à mesure une langue à part entière, voire la souche de plusieurs autres langues.

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Jean-Paul Sartre a pour sa part affirmé l'exact contraire de Platon : "L'existence précède l'essence" ; cependant, lui voulait dire par cette phrase qu'en ce qui concerne l'humain (par nature libre de ses choix), il n'existe pas un Idéal, fût-ce dans le Mental seulement, et précédant (dans le Mental) la venue de chaque humain individuel à l'Existence. Par "Essence", il entendait : "une nature idéale de l'homme", par rapport à laquelle il a pour sa part retenu l'"Existence" : "ce que l'homme fait de lui-même au fur et à mesure de l'avancement de son existence sur Terre". Les chefs de file de l'existentialisme opposent celui-ci à l'essentialisme en les termes suivants : "l'homme n'est que ce qu'il veut devenir ; il n'y a pas d'essence humaine - au sens de "nature humaine idéale", à laquelle les individus de l'espèce devraient tous tendre".

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En fait l'essentialisme possède plusieurs acceptions :
--- l'essentialisme au sens où Platon l'entend, c'est de dire que chaque individu se rattache à un archétype existant réellement dans le Monde des Formes, ou Monde des Idées ;
--- mais, chez les Existentialites d'aujourd'hui, "essentialisme" s'oppose à "existentialisme" au sens de "constructivisme", et concerne l'humain en particulier : le "constructivisme" (ou "existentialisme") signifie que l'être humain est le produit de l'histoire et de la culture, et l'individu humain est le produit de ses croyances et de ses actes : il se construit comme il le veut, car il n'existe pas de nature humaine (pas de fit'ra, donc).

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La Fit'ra dont l'islam parle est la nature humaine, dans la perspective de l'homme appréhendé en son tout : corps, âme, raison.
Cette Fit'ra n'est pas visible comme l'est le corps humain ; c'est le Cœur humain qui la contient, et qui la reconnaît : elle est inscrite en ce cœur, de telle sorte que lorsque l'homme la réalise en lui-même, le cœur humain (le cœur de la personne, comme le cœur d'autrui) reconnaît que c'est là la réalisation de l'Idéal humain.

Quant à ce que l'homme devient concrètement, cela détermine son "wujûd" : soit l'individu a un wujûd qui correspond à la mâhiya (ici cette Fit'ra, cet Idéal présent dans le Cœur), soit il a un wujûd qui n'y correspond pas totalement.

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

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