Quand, dans les Textes du Coran et de la Sunna, on trouve le terme "Torah", cela désigne l'une de 4 choses (plus ou moins étendues)

Le terme "Torah", lorsqu'employé dans les Textes du Coran et de la Sunna, désigne...

--- 1) Tantôt : "seulement ce qui fut écrit par Dieu sur les Tables et remis à Moïse (sur lui soit la paix) quand ce dernier était sur le Mont du Sinaï" :

Ainsi, dans le célèbre hadith suivant, on lit que Adam dit à Moïse : "(...) Et (Dieu) a écrit pour toi la Torah de Sa Main" : "حدثني محمد بن حاتم، وإبراهيم بن دينار، وابن أبي عمر المكي، وأحمد بن عبدة الضبي جميعا، عن ابن عيينة - واللفظ لابن حاتم وابن دينار - قالا: حدثنا سفيان بن عيينة، عن عمرو، عن طاوس، قال: سمعت أبا هريرة، يقول: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "احتج آدم وموسى، فقال موسى: "يا آدم أنت أبونا خيبتنا وأخرجتنا من الجنة!" فقال له آدم: "أنت موسى، اصطفاك الله بكلامه، وخط لك بيده، أتلومني على أمر قدره الله علي قبل أن يخلقني بأربعين سنة؟" فقال النبي صلى الله عليه وسلم: "فحج آدم موسى، فحج آدم موسى". وفي حديث ابن أبي عمر وابن عبدة، قال أحدهما: "خط"، وقال الآخر: "كتب لك التوراة بيده" (Muslim, 2652/13) (voir aussi Mukhtassar as-Sawâ'iq il-mursala, p. 674).

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--- 2) Tantôt, de façon plus extensive : "la partie des 5 livres (c'est-à-dire du Pentateuque) qui a dûment été révélée à Moïse" ; et ce, qu'il s'agisse de la partie évoquée en 1 (le contenu des Tables reçues par Moïse sur le Mont du Sinaï) ; ou qu'il s'agisse d'autres révélations reçues par Moïse, soit avant sa venue sur le Mont du Sinaï (comme par exemple : "Dieu parla à Moïse et lui dit : "Dis aux Israélites..."" : Exode 14/1), soit après sa venue sur le Mont :

Voici ce qu'on lit dans le Coran : "أَنزَلْنَا التَّوْرَاةَ" : "Nous avons fait descendre la Torah" (phrase présente en plusieurs passages du Coran) : ce terme désigne ici ce sens 2, c'est-à-dire les révélations divines proprement dites, présentes au sein de l'ensemble du texte appelé "Torah" (cet ensemble constituant pour sa part "la Torah" au sens 3, ci-après).

Pourquoi ai-je distingué ce sens 2, et n'ai-je pas dit que cette phrase coranique renvoie tout simplement au sens 1 ("les Tables de la Loi") ?

A cause des deux versets suivants, considérés ensemble :
"كُلُّ الطَّعَامِ كَانَ حِلاًّ لِّبَنِي إِسْرَائِيلَ إِلاَّ مَا حَرَّمَ إِسْرَائِيلُ عَلَى نَفْسِهِ مِن قَبْلِ أَن تُنَزَّلَ التَّوْرَاةُ" : "Toutes ces nourritures étaient licites pour les fils d'Israël – hormis ce que Israël s'était interdit à lui-même – avant que la Torah soit descendue" (Coran 3/93) ; dans ce verset-ci il est dit que c'est bien dans la Torah que Dieu les leur a interdits ;
– or dans un autre verset (le suivant), il est dit que c'est à cause de manquements de leur part que certaines des choses qui sont bonnes (tayyibât) et qui avaient donc d'abord été déclarées licites pour eux, que ces choses furent ensuite déclarées illicites pour eux :  "فَبِظُلْمٍ مِّنَ الَّذِينَ هَادُواْ، حَرَّمْنَا عَلَيْهِمْ طَيِّبَاتٍ أُحِلَّتْ لَهُمْ" : "A cause d'un manquement de la part de ceux qui s'étaient judaïsés, Nous leur interdîmes des choses bonnes ayant été [d'abord] déclarées licites pour eux" (Coran 4/160).
Comment comprendre cela, sachant d'une part que c'est dans la Torah que la loi leur fut donnée, et d'autre part que ces manquements de leur part survinrent après le don de la Torah sur le mont du Sinaï ?

La réponse est que ces aliments furent bien déclarés illicites pour eux suite à leurs manquements, lesquels survinrent après le don des Tables au Sinaï, et cela leur fut bel et bien communiqué dans la Torah, mais au sens 2 du terme ; et pas dans la Torah au sens 1 du terme.
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Al-Kalbî
dit :
"Dieu ne le leur a pas interdit dans la Torah*, mais après la Torah*, à cause de leurs manquements (...)" : "وقال الكلبي: لم يحرمه الله عز وجل في التوراة* عليهم، وإنما حرمه بعد التوراة* بظلمهم وكفرهم" (Tafsîr ul-Qurtubî 4/137) ; * sens 1.

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--- 3) Tantôt, de façon encore plus extensive par rapport au sens précédent : "tout le texte qui ne constitue pas une révélation divine mais qui fut écrit en tant qu'histoire générale, et au milieu duquel on trouve les révélations faites par Dieu à Moïse". En d'autres termes : "La partie du texte qui est une relation du déroulement de la mission de Moïse, avec insertion, en son milieu, des révélations divines proprement dites" (ces révélations divines correspondant pour leur part au sens 2 du terme "Torah") :

Cela est vérifié pour la partie comprise entre le chapitre nommé "'l'Exode" inclus (lequel chapitre débute avec la relation de la situation des Israélites en Egypte, à la veille de la naissance de Moïse) et le chapitre du "Deutéronome" inclus (lequel chapitre se termine avec le décès de Moïse, le fait que les Israélites portèrent son deuil pendant 30 jours et le fait que Josué lui succéda pour les diriger).

On peut remarquer ces deux sens (2 et 3), du nom "Torah" dans le verset coranique suivant : "كُلُّ الطَّعَامِ كَانَ حِلاًّ لِّبَنِي إِسْرَائِيلَ إِلاَّ مَا حَرَّمَ إِسْرَائِيلُ عَلَى نَفْسِهِ مِن قَبْلِ أَن تُنَزَّلَ التَّوْرَاةُ قُلْ فَأْتُواْ بِالتَّوْرَاةِ فَاتْلُوهَا إِن كُنتُمْ صَادِقِينَ" : "Toutes ces nourritures étaient licites pour les fils d'Israël – hormis ce que Israël s'était interdit à lui-même – avant que la Torah** soit descendue. Dis : "Apportez-donc la Torah*** et récitez-la, si vous êtes véridiques"" (Coran 3/93) ; ** sens 2 ; *** sens 3 : en effet, car c'est par vérification dans la Torah en ce sens 3 qu'on peut confirmer que, avant la révélation de la Loi à Moïse, ces aliments étaient licites pour les fils d'Israël.
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D'ailleurs on lit que Moïse rédigeait de sa main les chroniques de ce qui arrivait au peuple d'Israël : 
– alors que, se trouvant à Raphidim, les fils d'Israël durent combattre les Amalécites, et que Josué défirent ceux-ci :
"Dieu dit à Moïse : "Ecris cela dans un livre pour en garder le souvenir, (...)"" (Exode, 17/14) ;
"Voici les étapes des fils d'Israël qui sortirent du pays d'Égypte, selon leurs armées, sous la conduite de Moïse et d'Aaron. Et Moïse écrivit leurs points de départ, selon leurs étapes, suivant le commandement de l'Éternel. (...)" (Nombres 33/1-2).

Dans le Coran, on parle des "feuillets de Moïse" :
--- "أَمْ لَمْ يُنَبَّأْ بِمَا فِي صُحُفِ مُوسَى وَإِبْرَاهِيمَ الَّذِي وَفَّى أَلَّا تَزِرُ وَازِرَةٌ وِزْرَ أُخْرَى وَأَن لَّيْسَ لِلْإِنسَانِ إِلَّا مَا سَعَى وَأَنَّ سَعْيَهُ سَوْفَ يُرَى ثُمَّ يُجْزَاهُ الْجَزَاء الْأَوْفَى" : "N'a-t-il pas été informé de ce qu'il y a dans les feuillets de Moïse et de Abraham – celui qui a tenu sa promesse –, qu'aucune âme ne portera le fardeau d'une autre, que l'homme n'aura que ce à quoi il se sera efforcé, et que son effort sera vu [le jour du jugement] puis qu'il en sera rétribué pleinement ?" (Coran 53/36-41) ;
--- "إِنَّ هَذَا لَفِي الصُّحُفِ الْأُولَى صُحُفِ إِبْرَاهِيمَ وَمُوسَى" : "Ceci se trouve, certes, dans les feuillets premiers, les feuillets de Abraham et de Moïse" (Coran 87/18-19).
Que sont ces "feuillets de Moïse" ? Selon un avis, ce que Moïse a reçu comme "Parole Ecrite" ("kitâb") est différent de ce qui est désigné par "les feuillets de Moïse" ("suhufu Mûssâ"). Selon un autre avis, il s'agit d'une seule et même chose, désignée tantôt par "Parole Ecrite" révélé à Moïse et tantôt par "feuillets de Moïse".
Et que dire des "feuillets d'Abraham" : leur contenu a-t-il été incorporé à ce qui est devenu "la Torah" en ce sens 3 ? Je ne sais pas (لا أدري).

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Le fait que les révélations divines (sens 1 et 2 de "la Torah") soient intégrées à des chroniques relatant le contexte dans lequel elles sont survenues, cela est comparable aux Livres de Sîrah dont les musulmans disposent, dans lesquels on retrouve des révélations faites au prophète Muhammad (sur lui soit la paix) insérées dans un texte relatant les circonstances, les lieux, les mois, les années, où elles se sont produites. Restent quand même deux différences :
primo le prophète Muhammad n'a quant à lui rien écrit du déroulé de sa mission (contrairement au prophète Moïse) ; ce qu'il a fait écrire fut seulement le texte du Coran ; quant à ses paroles, actes et approbations, en un mot ce qui se passait, il fut écrire une de ses paroles à la demande de Abû Shâh ; par ailleurs, il approuva que Abdullâh ibn 'Amr écrive tout ce qu'il disait ; pour le reste, cela nous fut transmis oralement, et ce fut plus tard que cela fut couché à l'écrit ;
secundo, chez les musulmans particulièrement, il y a l'institution de la vérification de l'authenticité de chaque parole, action, fait et approbation attribués au prophète Muhammad.

Ce qui a été dit plus haut est également valable pour l'appellation "Kutub us-Sunna", laquelle désigne : "les recueils dans lesquels on trouve relatée la Sunna du prophète Muhammad (sur lui soit la paix), celle-ci ayant été insérée dans les circonstances dans lesquelles elle a été prononcée ou accomplie, ces circonstances étant parfois relatées par le témoin direct (le Compagnon), et d'autres fois exposées par un transmetteur postérieur".
Ainsi, dans la relation de l'épisode relatif à Abd ur-Rahmân ibn uz-Zabîr et son épouse Tamîma bint Wahb, cette dernière, désirant se séparer de lui (en tant que mari d'alors) parce qu'elle voulait se remarier à son ex-mari (Rifâ'ah, lequel l'avait pourtant définitivement répudiée), vint se plaindre d'abord auprès de Aïcha, puis auprès du Prophète, de son mari d'alors, Abd ur-Rahmân.
A Aïcha elle montra une tache verte sur sa peau [l'une des deux possibilités est qu'il s'agissait d'une trace de malnutrition, dit al-Kirmânî : Fat'h ul-bârî].
Et au Prophète (sur lui soit la paix) elle devait venir dire un peu plus tard que son mari était impuissant.
Mais pour le moment, quand le Prophète rentra à la maison, Aïcha se fit l'avocate de Tamîma auprès de lui. Or, quand cela est relaté, dans le hadîth complet, on lit cette phrase aussi : "Quand le Messager de Dieu (que Dieu l'élève et le salue) vint, – les femmes s'entraident l'une l'autre –, Aïcha (lui) dit : "Je n'ai jamais vu chose semblable à ce que des croyantes connaissent là" : "فلما جاء رسول الله صلى الله عليه وسلم، والنساء ينصر بعضهن بعضا، قالت عائشة: "ما رأيت مثل ما يلقى المؤمنات" (al-Bukhârî, 5487). Cette phrase : "Les femmes s'entraident l'une l'autre" n'est nullement du prophète Muhammad (sur lui soit la paix), ni même de Aïcha, mais de 'Ik'rima, lequel relate ici cet événement de Aïcha ('Urwa aussi le relate d'elle par ailleurs) : cette phrase est ce qu'on appelle un "Mud'raj", "مُدْرَج مِن كلام الراوي" : "un propos ayant été inséré comme explication, ou comme commentaire, au milieu du hadîth". Si 'Ik'rima a ici exposé cette réalité universelle (également exposée par John Gray) : "Les femmes s'entraident l'une l'autre", ce fut seulement afin de mieux faire comprendre à ceux à qui il relatait ce hadîth pourquoi Aïcha s'est faite l'avocate de Tamîma devant le Prophète, alors même que le mari de Tamîma devait venir plus tard dire que ce dont son épouse l'accusait était infondé. Pourtant, malgré la présence de tels propos Mud'raj ayant pour source une autre personne que le Prophète, l'ensemble est bel et bien appelé : "Kutub ul-Hadîth", ou : "Kutub us-Sunna".

C'est donc la même chose pour le nom "Torah", en ce sens 3 du terme.

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--- 4) Enfin, parfois, de façon encore plus extensive : "tout le TaNaKh" (les textes à la fois de la Torah proprement dite, des Neviim et des Ketouvim, ces deux catégories de textes étant postérieures à Moïse) :

"عن عطاء بن يسار، قال: لقيت عبد الله بن عمرو بن العاص رضي الله عنهما، قلت: "أخبرني عن صفة رسول الله صلى الله عليه وسلم في التوراة". قال: "أجل، والله إنه لموصوف في التوراة ببعض صفته في القرآن: "يا أيها النبي إنا أرسلناك شاهدا ومبشرا ونذيرا، وحرزا للأميين. أنت عبدي ورسولي. سميتك المتوكل ليس بفظ ولا غليظ، ولا سخاب في الأسواق، ولا يدفع بالسيئة السيئة، ولكن يعفو ويغفر. ولن يقبضه الله حتى يقيم به الملة العوجاء، بأن يقولوا: لا إله إلا الله، ويفتح بها أعينا عميا، وآذانا صما، وقلوبا غلفا" (al-Bukhârî, 2018) : ce que Abdullâh ibn 'Amr expose ici comme étant "présent dans la Torah" est en fait un passage du livre d'Esaïe : Esaïe 42/1-7 (Kitâb un-nubuwwât, p. 413).

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Un point en rapport avec le sens évoqué en 3 :

On lit dans le texte de la Torah : "Il [= le peuple des fils d'Israël] bâtit pour le Pharaon des villes-entrepôts, Pitôm et Pi-Ramesse" (Exode 1/11).
Or on sait que ce fut Ramsès II qui fit bâtir Pi-Ramesse, qu'il fait partie de la 19è dynastie, et qu'il a régné surtout au XIIIè siècle avant J. -C. : de – 1304 à – 1237 (d'après la chronologie de Redford).

Un chercheur américain soutenant que les fils d'Israël avaient quitté l'Egypte depuis le XVè siècle avant J.-C., sous la 18è dynastie, j'étais intéressé par ses arguments, néanmoins un problème subsistait dans mon esprit ; et je le questionnai sur le sujet : "Que faites-vous alors de ce témoignage présent en Exode 1/11, qui est un indice du fait que les fils d'Israël étaient toujours en Egypte sous Ramsès II (de la 19ème dynastie), au XIIIè siècle avant J.-C., puisque y bâtissant la cité-entrepôt de Pi-Ramesse ?"

Le chercheur me répondit qu'en fait Pi-Ramesse n'était pas une ville-entrepôt. Et que Avaris par contre était une cité-entrepôt (ou une cité-forte) ; et elle était la cité royale sous les 14è, 15è (hyksos), 16è (peut-être vassale des hyksos), 17è et 18è dynasties. Et que c'est soit à l'agrandissement, soit à la rénovation de Avaris que les fils d'Israël furent contraints de participer, sous la 18è dynastie.
Cependant, plus tard, lors de la 19è dynastie, Ramsès II fit bâtir Pi-Ramesse tout près du lieu (un peu plus au nord) où, auparavant, la cité-entrepôt d'Avaris se trouvait. Et Pi-Ramesse deviendra la capitale égyptienne sous les 19è et 20è dynasties.

(Le lieu où se situait Avaris s'appelle aujourd'hui : "تلّ الضبع", Tell ad-Dab'a.
Et le lieu où se situait Pi-Ramesse s'appelle actuellement : Qantir, et se trouve tout près.)
(Cette carte a été réalisée par l'auteur de la recherche qui figure à cette adresse : https://steemit.com/exodus/@harlotscurse/succoth-station-no-2.)
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C'est la proximité géographique entre "Avaris" et "Pi-Ramesse" qui explique, selon ce chercheur, qu'un scribe a désigné la cité de "Avaris" par le nom : "Pi-Ramesse".
En fait, conclut-il : il se peut que, en Exode 1/11, se trouvait écrit le nom : "
Avaris" ; et que ce soi(en)t un ou des scribe(s) postérieur(s) qui y a(ont) opéré une modification : qu'il(s) a(ont) remplacé le nom qui y figurait – "Avaris" – par le nom : "Pi-Ramesse". L'intention de ce(s) scribe(s) étant de faire connaître au lecteur le lieu voulu, en employant le nom que le lecteur connaissait à son époque (fin de citation de ce chercheur).

Cela se comprend par rapport au sens 3 du terme "Torah", et à la réalité à laquelle cela correspond.

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Une tout autre chose : Les sens 1 et 2 renvoyaient aux révélations divines présentes dans la Torah. Or il existe encore des révélations divines dont les fils d'Israël disposent mais qui ne se trouvent pour leur part pas dans la Torah :

Dieu dit dans le Coran : "مِنْ أَجْلِ ذَلِكَ كَتَبْنَا عَلَى بَنِي إِسْرَائِيلَ أَنَّهُ مَن قَتَلَ نَفْسًا بِغَيْرِ نَفْسٍ أَوْ فَسَادٍ فِي الأَرْضِ فَكَأَنَّمَا قَتَلَ النَّاسَ جَمِيعًا وَمَنْ أَحْيَاهَا فَكَأَنَّمَا أَحْيَا النَّاسَ جَمِيعًا" : "A cause de cela, Nous avions prescrit aux fils d'Israël que celui qui tuerait une âme sans que ce soit à cause (d'un talion pour) une autre âme ou (sans que ce soit à cause) d'un mal commis sur terre (et entraînant légalement la mise à mort du coupable), c'est comme s'il avait tué tous les humains. Et celui qui fait vivre* une âme, c'est comme s'il avait fait vivre tous les humains" (Coran 5/32) * il s'agit d'avoir sauvé une personne d'un danger de mort, ou encore d'avoir, devant le juge musulman, gracié le meurtrier de son parent (alors qu'on pouvait réclamer l'application du talion) : "خمسة أقوال: أحدها: استنقذها من هلكة، روي عن ابن مسعود، ومجاهد. قال الحسن: من أحياها من غرق أو حرق أو هلاك. (...) والثالث: أن يعفو أولياء المقتول عن القصاص، قاله الحسن وابن زيد وابن قتيبة" (Zâd ul-massîr).

Or cela est présent non pas dans la Torah mais dans le Talmud, avec certains termes légèrement différents : "Therefore the man was created singly, to teach that he who destroys one soul of a human being, the Scripture considers him as if he should destroy a whole world, and him who saves one soul of Israel, the Scripture considers him as if he should save a whole world" (Mishna Sanhedrin 4:3).

Mais
cela ne pose aucun problème : si le terme "Torah" désigne parfois "toute la Loi de Dieu qui est écrite dans le Pentateuque" (une partie de cette Loi ayant été donnée au mont Sinaï – sens 1 –, et l'autre partie ayant été communiquée à Moïse avant, ou après cela – sens 2 –), il existe également et par ailleurs chez les juifs : "la Loi Orale".

Un visiteur de ce site, de confession juive m'a écrit ceci :
"La Loi orale (qui fut plus tard mise par écrit sous la forme du Talmud) fut elle aussi reçue de Dieu par Moïse. L'un des deux avis est que ce furent seulement les principes qui permettent de déduire ces lois orales qui furent reçus par Moïse, et communiqués au peuple par lui ; et que ce furent plus tard les Erudits qui en déduisirent d'autres choses. Ainsi, le principe de l'interdiction de toucher le feu lors du Sabbat a conduit les Erudits à en déduire* - lorsque l'électricité fut inventée - qu'on ne pouvait pas non plus toucher un interrupteur électrique.
Le Talmud se compose de deux parties : la Mishna et la Guemara. La Mishna énonce des lois et des règles sans, souvent, donner leur source. Un des grands chantiers de la Guemara est de trouver, dans la Torah, ce qui justifie le contenu de la Mishna. Parfois, néanmoins, la Guemara ne trouve pas directement dans le Pentateuque la source d'une loi de la Mishna ; elle a alors recours à l'explication suivante : "Il s'agit d'une loi qui fut communiquée oralement par Moïse""
(fin de citation) (* par l'équivalent des Qiyâs chez nous musulmans).

Or le verset coranique dit : "Nous avions prescrit aux fils d'Israël que celui qui tuerait une âme, c'est comme s'il...".
Et, dans le passage suscité du Talmud, il est bien dit : "L'Ecriture le considère comme s'il...".
On en déduit que Dieu aura révélé cet énoncé à Moïse, mais il ne fit pas partie de ce que Moïse écrivit, mais de ce que Moïse dicta verbalement à son peuple ; ou bien Dieu l'aura révélé à un prophète israélite ultérieur à Moïse.

Un autre visiteur, lui aussi de confession juive, m'a communiqué cette information supplémentaire quant à l'étendue des Ijtihâdât des Erudits juifs : "Il y a ce que nous appelons les Guézérotes et les Taqqanote, qui sont toutes deux des règles supplémentaires instituées par nos sages : les "Guézérotes" ont été promulguées afin d'éviter un problème qui est très susceptible d'y conduire**, tandis que les "Taqqanotes" ("réparations"), visent à rendre adéquate à la Halakha une nouvelle réalité posée par un problème***. Autrement dit, les "Guézérotes" ont une finalité "juridico-prophylactique" et les "Taqqanotes" ont une finalité "juridico-curative"" (fin de citation) (** l'équivalent du Hukm li Sadd id-dharî'a ou li Fat'h idh-dharî'a chez nous musulmans) (*** l'équivalent de la Fatwâ li-n-Nâzila chez nous musulmans).
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Le Talmud renferme donc à la fois :
--- des révélations divines ne figurant pas dans la Torah écrite et ayant été communiquées oralement depuis le prophète qui les avait reçues, jusqu'à être compilées dans le Talmud ;
--- des avis (commentaires et développements) d'érudits juifs sur certains dires de la Torah ;
--- des analogies ou autres ijtihâdât faites par des érudits juifs au sujet de certaines normes présentes dans la Torah.

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

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