Le Îmân constitue la Clé du Paradis. - Celui qui apportera cette Clé avec des Dents excellentes, elle lui ouvrira - bi idhnillâh - immédiatement la Porte du Paradis. Celui qui, par contre, apportera cette Clé avec des Dents de mauvaise qualité risque de ne pas pouvoir ouvrir immédiatement la Porte du Paradis

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L'adhésion à la croyance fondamentale a été présentée comme "la clé du Paradis" :

"عن شهر بن حوشب، عن معاذ بن جبل قال: قال لي رسول الله صلى الله عليه وسلم: "مفاتيح الجنة شهادة أن لا إله إلا الله" (Ahmad, 22102, dha'îf).
"عن رجل عن معاذ بن جبل رضي الله عنه عن رسول الله صلى الله عليه وسلم أنه قال له حين بعثه إلى اليمن: "إنك ستأتي أهل الكتاب، فيسألونك عن مفاتيح الجنة؛ فقل: "شهادة أن لا إله إلا الله" (al-Bayhaqî, Al-Asmâ' wa-s-Sifât, p. 145, dha'îf).

Il y a ici 3 choses :
--- 1) l'adhésion à "Lâ ilâha illa'Allah" ;
--- 2) l'adhésion à "Muhammadun Rassûlullâh" (ou à un messager précédent, lorsque c'était la période de ce messager précédent) et à son message ;
--- 3) le fait d'agir en fonction de ce que dit ce message en lequel on croit.

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A quelqu'un lui ayant demandé si "Lâ ilâha illallâh" n'est pas la clé du Paradis, Wahb ibn Munabbih a répondu :

"Si, neveu ; mais il n'existe pas de clé sans qu'elle ait de dents. Celui qui apportera (cette clé dotée de) ses dents, elle ouvrira pour lui. Et celui qui n'est pas dans ce cas, elle n'ouvrira pas pour lui" : "قال رجل لوهب بن منبه: "أليس مفتاح الجنة: لا إله إلا الله؟" قال: "بلى يا ابن أخي، ولكن ليس من مفتاح إلا وله أسنان. فمن جاء بأسنانه، فتح له؛ ومن لا، لم يفتح له" (al-Bayhaqî, Al-Asmâ' wa-s-Sifât, p. 152 ; également cité ta'lîqan par al-Bukhârî dans son Jâmi', Kitâb ul-janâ'ïz, bâb 1).

Si une prétendue clé n'a pas de dent, ce n'est plus une clé mais une simple tige de fer ou de bois.
Si maintenant la clé a des dents mais elles sont de mauvaise qualité, elle n'ouvrira la porte que difficilement, et après beaucoup de peines.
"ومعنى قول وهب: "إن جئت بمفتاح له أسنان جياد"؛ فهو من باب حذف النعت إذا دل عليه السياق، لأن مسمى المفتاح لا يعقل إلا بالأسنان، وإلا فهو عود أو حديدة" (Fat'h ul-bârî, 3/142).

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--- Si on n'adhère pas à "Lâ ilâha ill'Allah" (1), on est Kâfir et on ne sera pas admis au Paradis. "عن عبد الله رضي الله عنه، قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "من مات يشرك بالله شيئا دخل النار" (al-Bukhârî, 1181, Muslim, 92).

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--- Si on adhère à "Lâ ilâha ill'Allah" (1) mais pas à "Muhammadun Rassûlullâh" (alors même que son message nous est parvenu) (2), on est également Kâfir et on ne sera pas admis au Paradis. "عن أبي هريرة، عن رسول الله صلى الله عليه وسلم أنه قال: "والذي نفس محمد بيده، لا يسمع بي أحد من هذه الأمة يهودي، ولا نصراني، ثم يموت ولم يؤمن بالذي أرسلت به، إلا كان من أصحاب النار" (Muslim, 153).

Car il s'agit en fait d'adhérer au contenu des deux témoignages de foi (le témoignage du fait qu'"il n'y a de divinité que Dieu" et celui du fait que "Muhammad est Messager de Dieu") : "المراد بقوله "لا إله إلا الله" في هذا الحديث وغيره: كلمتا الشهادة. فلا يرد إشكال ترك ذكر الرسالة. قال الزين بن المنير: قول لا إله إلا الله لقب جرى على النطق بالشهادتين شرعا" (Fat'h ul-bârî, 3/142) ; "وهذا محمول عند الجماهير على قول الشهادتين، واستغنى بذكر إحداهما عن الأخرى لارتباطهما وشهرتهما والله أعلم" (Shar'h Muslim, an-Nawawî, 1/149).

Ce point-là est certain.

Maintenant, sur le plan du strict commentaire (shar'h) de la parole sus-citée de Wahb, peut-être que, dans sa métaphore de la clé,
Wahb voulait désigner :
----- la foi en le fait qu'il n'y a de divinité que Dieu (1) comme étant la tige de la clé ;
----- et la foi en la véracité du prophétat de Muhammad (sur lui soit la paix) (الإيمان بمحمد - صلى الله عليه وسلم - كرسول الله) et en la véracité et la justesse de ce qu'il a apporté (الإيمان بما جاء به محمد صلى الله عليه وسلم) (2) comme étant les dents de cette clé.

Peut-être voulait-il donc dire que si on n'adhère qu'à "Lâ ilâha ill'Allah" (1) et pas à "Muhammadun Rassûlullâh" (alors même que son message nous est parvenu) (2), on apportera en fait une clé sans aucune dent : cette pièce de métal, bien qu'étant partie centrale de la clé, n'ouvrira jamais la Porte du Paradis.

Si on retient cette proposition - personnelle - de commentaire du propos de Wahb, alors, en disant : "Et celui qui n'est pas dans ce cas, elle n'ouvrira pas pour lui", Wahb voulait dire : "Et celui qui apporte une clé sans dent aucune, sa clé n'ouvrira jamais pour lui".

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--- Quant au fait de pratiquer les actions obligatoires conformément à ce que le Prophète a apporté, et à se préserver de commettre les actions que le Message apporté par le Prophète a interdites (3), Wahb l'a comparé au fait d'apporter une clé avec des dents qui sont excellentes.

Wahb voulait donc dire que si la clé qu'on apportera sera bien dotée de dents, et celles-ci seront excellentes, la clé ouvrira immédiatement la Porte du Paradis (par la Grâce et la Faveur de Dieu) ; sinon, si elle sera bel et bien une clé (car dotée de ses dents) mais si ses dents seront de mauvaise qualité, la clé n'ouvrira la Porte qu'après beaucoup de peines.

Wahb voulait alors dire :
"Celui qui apportera (une clé dotée de) dents d'excellente qualité, sa clé ouvrira immédiatement pour lui le Paradis (par la Grâce et la Faveur de Dieu).
Et celui qui apportera cette clé dotée de dents de mauvaise qualité, elle n'ouvrira que très difficilement pour lui : il risque au préalable un séjour temporaire dans la Géhenne (bien qu'il se peut aussi que Dieu lui accorde Son Pardon)"
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"والحق أن من قال لا إله إلا الله مخلصا، أتى بمفتاح وله أسنان؛ لكن من خلط ذلك بالكبائر حتى مات مصرا عليها، لم تكن أسنانه قوية، فربما طال علاجه" (Fat'h ul-bârî, 3/142). "وأما قول وهب، فمراده بالأسنان التزام الطاعة؛ فلا يرد إشكال موافقة الخوارج وغيرهم أن أهل الكبائر لا يدخلون الجنة. وأما قوله "لم يفتح له" فكأن مراده: "لم يفتح له فتحا تاما، أو لم يفتح له في أول الأمر". وهذا بالنسبة إلى الغالب؛ وإلا فالحق أنهم في مشيئة الله تعالى" (Ibid.). Un autre hadîth ne dit-il pas que la clé du Paradis est la prière : "عن جابر بن عبد الله قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "مفتاح الجنة الصلاة، ومفتاح الصلاة الوضوء" (at-Tirmidhî, 4) : en fait l'accomplissement de la prière rituelle est une clé très importante pour l'ouverture immédiate du Paradis (avec la Permission de Dieu).

Lire aussi : Celui qui croit mais ne pratique aucune action de bien (تارك جنس العمل), perd-il toute foi ? sera-t-il pardonné par Dieu ?.

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

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