Qu'est-ce que le fait de "créer" (الخلق), "faire exister" (التكوين), qui est spécifique à Dieu ? - Et l'homme qui façonne l'image d'un être vivant, le crée-t-il vraiment ?

La problématique :

Si le Coran dit souvent que Seul Dieu crée ("khalq") toute chose ("أَيُشْرِكُونَ مَا لاَ يَخْلُقُ شَيْئاً وَهُمْ يُخْلَقُونَ" : "Associent-ils (à Dieu) ce qui ne crée rien ?" : Coran 7/191 ; "أَفَمَن يَخْلُقُ كَمَن لاَّ يَخْلُقُ" : "Celui qui crée serait-il donc comme celui qui ne crée pas ?" : Coran 16/17) (il y a aussi le terme : "'amal" : "أَوَلَمْ يَرَوْا أَنَّا خَلَقْنَا لَهُمْ مِمَّا عَمِلَتْ أَيْدِينَا أَنْعَامًا فَهُمْ لَهَا مَالِكُونَ " : Coran 36/71), comment expliquer que par ailleurs le Coran emploie ces mêmes termes "khalq" et "'amal" au sujet d'autres que Dieu (au sujet de Jésus : "أَنِّي أَخْلُقُ لَكُم مِّنَ الطِّينِ كَهَيْئَةِ الطَّيْرِ فَأَنفُخُ فِيهِ فَيَكُونُ طَيْرًا بِإِذْنِ اللّهِ" : Coran 3/93 ; au sujet de Djinns : "يَعْمَلُونَ لَهُ مَا يَشَاء مِن مَّحَارِيبَ وَتَمَاثِيلَ وَجِفَانٍ كَالْجَوَابِ وَقُدُورٍ رَّاسِيَاتٍ" : Coran 34/13) ?

La réponse est que les deux ne sont pas du même niveau :

--- a) il y a le niveau réservé à Dieu : il s'agit de la capacité :
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de faire apparaître quelque chose du néant ;
------ ou de faire apparaître quelque chose à partir d'éléments existants mais par sa seule volonté ;
------ ou de faire apparaître quelque chose (à partir d'éléments déjà existants) sans qu'un autre être puisse faire que, contrairement à ce qu'on veut, cette chose n'apparaisse pas ;
------ ou de faire apparaître quelque chose (à partir d'éléments déjà existants) qui est tellement grand que cela est impossible à faire apparaître si on ne dispose pas d'un pouvoir véritablement divin (par exemple transformer un bâton en un serpent capable d'avaler des bâtons et des cordes ; ou encore transformer la forme d'un oiseau pétri à partie de la boue en un vrai oiseau, vivant).
Nul ne possède la capacité de faire quoi que ce soit de tout cela en dehors de Dieu ;
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--- b) et puis il y a le niveau reconnu par le Coran à des créatures de Dieu :
------ reconnu aux hommes en général : "لِيَأْكُلُوا مِن ثَمَرِهِ وَمَا عَمِلَتْهُ أَيْدِيهِمْ" (Coran 36/35) ; "وَاللَّهُ خَلَقَـكُمْ وَمَا تَعْمَلُونَ" :
"Et Dieu a créé vous ainsi que ce que vous réalisez" (Coran 37/95-96). Ce que les hommes fabriquent de leurs mains relève du niveau b ; et le fait que Dieu crée ce que les hommes fabriquent ainsi (de même qu'Il les a eux-mêmes créés), cela relève du niveau a ;
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reconnu à Jésus : "أَنِّي أَخْلُقُ لَكُم مِّنَ الطِّينِ كَهَيْئَةِ الطَّيْرِ فَأَنفُخُ فِيهِ فَيَكُونُ طَيْرًا بِإِذْنِ اللّهِ" : "Je façonne pour vous, à partie de boue, ce qui ressemble à la forme d'un oiseau, puis je souffle sur lui, et par la Permission de Dieu il devient un oiseau" (Coran 3/93). "Khalq" veut dire ici : "façonner" (Tafsîr ul-Qurtubî, Tafsîr Ibn Kathîr, Tafsîr ul-Jalâlayn). L'action de façonner l'oiseau à partir de la boue, et celle de souffler dessus, étaient actions de Jésus (soit le niveau b) ; mais l'action de rendre cela vivant était action de Dieu (soit le niveau a) ;
------ reconnu à des djinns : "يَعْمَلُونَ لَهُ مَا يَشَاء مِن مَّحَارِيبَ وَتَمَاثِيلَ وَجِفَانٍ كَالْجَوَابِ وَقُدُورٍ رَّاسِيَاتٍ" (Coran 34/13).

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Car il existe (et en toute chose) :
--- ce qui relève des pouvoirs dont ne dispose que Dieu (a),
--- et ce qui relève des pouvoirs dont autre que Dieu dispose réellement (b)...
Shâh Waliyyullâh écrit ainsi :
"المعترف بانصرام سلسلة الإمكان إلى واجب لا يحتاج إلى غيره، يضطر إلى جعل هذه الصفات التي يتمادحون بها على درجتين: ـ درجة لما هنالك؛ ـ ودرجة لما يشبهه بنفسه"
(Hujjat ullâh il-bâligha, 1/181).
"حقيقة الشرك أن يعتقد إنسان في بعض المعظمين من الناس أن الآثار العجيبة الصادرة منه إنما صدرت لكونه متصفا بصفة من صفات الكمال مما لم يعهد في جنس الإنسان، بل يختص بالواجب جل مجده، لا يوجد في غيره إلا أن يخلع هو خلعة الألوهية على غيره، أو يفني غيره في ذاته ويبقى بذاته، أو نحو ذلك مما يظنه هذا المعتقد من أنواع الخرافات" (Ibid., 1/183-184).
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C'est attribuer le niveau "a" à autre que Dieu qui constitue du Shirk Akbar billâh.

Du coup, les Polythéistes qui attribuent à autre que Dieu la faculté de créer, leur attribuent cela au niveau "a", réservé à Dieu, et pas au niveau "b" (niveau où les créatures elles-mêmes le font) (et niveau reconnu dans les 3 versets suscités du Coran).

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Quant aux hadîths suivants, où un sévère reproche est adressé aux hommes qui, faisant des images, "créent" eux aussi et imitent ainsi Dieu :
--- "عن أبي زرعة، سمع أبا هريرة رضي الله عنه، قال: سمعت النبي صلى الله عليه وسلم يقول: " قال الله عز وجل: ومن أظلم ممن ذهب يخلق كخلقي، فليخلقوا ذرة أو ليخلقوا حبة أو شعيرة" (al-Bukhârî, 7120) ;
--- "قال القاسم: سمعت عائشة رضي الله عنها: قدم رسول الله صلى الله عليه وسلم من سفر، وقد سترت بقرام لي على سهوة لي فيها تماثيل، فلما رآه رسول الله صلى الله عليه وسلم هتكه وقال: "أشد الناس عذابا يوم القيامة الذين يضاهون بخلق الله." قالت: فجعلناه وسادة أو وسادتين" (al-Bukhârî, 5610, Muslim, 2107) ;
----- "عن عبد الله بن عمر رضي الله عنهما أن رسول الله صلى الله عليه وسلم قال: "إن الذين يصنعون هذه الصور يعذبون يوم القيامة، يقال لهم: أحيوا ما خلقتم" (al-Bukhârî, 5607, Muslim, 2108)...
ces hadîths parlent :
----- i) d'une part de celui qui a en son for intérieur le sentiment de "faire comme Dieu", ou l'intention d'imiter Dieu dans ce qui Lui est réservé (cela constitue alors du kufr akbar) (ce genre de sentiment et ce genre d'intention se retrouvent chez certains artistes) ("وخص بعضهم الوعيد الشديد بـمن صور قاصدا أن يضاهي، فإنه يصير بذلك القصد كافرا؛ وسيأتي في باب ما وطيء من التصاوير بلفظ: "أشد الناس عذابا الذين يضاهون بخلق الله تعالى". وأما من عداه فيحرم عليه ويأثم لكن إثمه دون إثم المضاهي. قلت: وأشد منه من يصور ما يعبد من دون الله كما تقدم" : FB 10/ 471-472) ;
----- ii) et d'autre part, à une échelle moindre, de celui qui façonne ce que Dieu lui a interdit de façonner : les représentations d'êtres animés (dhawâtu arwâh).

Cependant, dans le cas ii et même dans le cas i, l'action de ces hommes (aussi interdite soit-elle tashrî'an) relève du niveau b suscité : takwînan, les hommes disposent de la capacité de faire ainsi, que Dieu leur a octroyée. C'est tashrî'an que Dieu n'agrée pas qu'un autre que Lui fasse cette action. Ici encore, "khalq" veut dire : "façonner".
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D'ailleurs même ce que les hommes façonnent ainsi de leurs mains (niveau
b) sont des créatures de Dieu (au niveau a), et pas des créatures d'hommes.
Dieu relate que le prophète Abraham (sur lui soit la paix) a dit à son peuple : "قَالَ أَتَعْبُدُونَ مَا تَنْحِتُونَ وَاللَّهُ خَلَقَكُمْ وَمَا تَعْمَلُونَ" :
"Adorez-vous ce que vous sculptez ? Alors que Dieu a créés vous, ainsi que ce que vous faites" (Coran 37/95-96). Ce prophète voulait parler du produit fini, c'est-à-dire du résultat concret de l'action de ces hommes sur la matière première, c'est-à-dire des statues elles-mêmes : il voulait leur dire que leurs êtres eux-mêmes (les adorateurs), ainsi que les statues qu'ils ont façonnées et devant lesquelles ils se courbent, tous sont créés par Dieu.
Lire notre article : Les actions de l'homme, est-ce Dieu, ou bien l'homme, qui les crée ?.

Très différent de cela est ce que certains Polythéistes attribuent comme faculté à des êtres autres que Dieu, comme nous allons le voir ci-après...

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Parmi l'ensemble des Polythéistes, certains croient que Dieu n'est pas le Seul à créer (الخَلق), c'est-à-dire à faire exister des êtres (خَلْق الأعيان) :

"مَا اتَّخَذَ اللَّهُ مِن وَلَدٍ وَمَا كَانَ مَعَهُ مِنْ إِلَهٍ إِذًا لَّذَهَبَ كُلُّ إِلَهٍ بِمَا خَلَقَ وَلَعَلَا بَعْضُهُمْ عَلَى بَعْضٍ سُبْحَانَ اللَّهِ عَمَّا يَصِفُونَ" : "Dieu n'a pas pris d'enfant, et il n'y a pas (non plus) avec Lui d'autre dieu ; sinon chaque dieu s'en irait avec ce qu'il a créé, et l'un dominerait l'autre. Pureté à Dieu par rapport à ce de quoi ils Le qualifient" (Coran 23/91). Le "ilâh" autre que Dieu dont l'existence est ici niée est un "ilâh-rabb" (puisqu'Allah Ta'âlâ a parlé du fait qu'un tel "ilâh" aurait eu des créatures) (même si, bien sûr, par ailleurs, il n'y a pas non plus avec Dieu de "ilâh-ghayru-rabb").

Ibn Jarîr at-Tabarî écrit : "إِذًا لَذَهَبَ) يقول: إذن لاعتزل كل إله منهم (بِمَا خَلَقَ) من شيء، فانفرد به، ولتغالبوا، فلعلا بعضهم على بعض، وغلب القويّ منهم الضعيف؛ لأن القويّ لا يرضى أن يعلوه ضعيف، والضعيف لا يصلح أن يكون إلها. فسبحان الله ما أبلغها من حجة وأوجزها، لمن عقل وتدبر" (Tafsîr ut-Tabarî).

Al-Qâssimî écrit quant à lui : "ما اتخذ الله من ولد وما كان معه من إله، إذا لذهب كل إله بما خلق، ولعلا بعضهم على بعض لأنه يجب أن يتخالفا بالذات، وإلا لما تصور العدد؛ والمتخالفان بالذات يجب أن يتخالفا في الأفعال، فيذهب كل بما خلقه، ويستبد به، ويظهر بينهم التحارب والتغالب، فيفسد نظام الكون، كما تقدم بيانه في آية {لو كان فيهما آلهة إلا الله لفسدتا" (Mahâssin ut-ta'wîl).

Lire nos articles :
--- Non, la totalité des Mushrikûn n'adhèrent pas à toute la "Aslu Tahwîd illâh fi-ir-Rubûbiyya".
--- Le Coran distingue le fait de diviniser quelque chose en l'élevant au grade d'"associé de Dieu" (شريك لله), et le fait de diviniser quelque chose en l'élevant au grade d'"enfant de Dieu" (ولد الله). Sachant que tous deux constituent du Shirk Akbar (شرك أكبر بالله), quelle est donc la différence entre eux ?.

Ces Polythéistes-là attribuent donc à d'autres que Dieu la capacité de :
----- faire naître quelque chose du néant ;
----- ou de faire apparaître ce quelque chose à partir d'éléments existants (et pour leur part créés par Dieu), mais par leur simple volonté ;
----- ou de faire apparaître (à partir d'éléments déjà existants) quelque chose de tellement grand que seul Dieu peut le faire apparaître ;

----- ou de faire apparaître quelque chose alors que Dieu ne le veut pas takwînan.
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Dès lors, l'homme qui fabrique une voiture, ou toute autre machine, ne crée donc pas celle-ci au niveau a (réservé à Dieu) : cela n'est donc nullement du Shirk billâh, ni akbar ni asghar. Cela est entièrement autorisé.
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Par contre, l'homme qui façonne un être animé en ayant en son for intérieur le sentiment de "faire comme Dieu", ou l'intention d'imiter Dieu dans ce qui Lui est réservé, cela est interdit et constitue du kufr akbar ("وخص بعضهم الوعيد الشديد بمن صور قاصدا أن يضاهي، فإنه يصير بذلك القصد كافرا؛ وسيأتي في باب ما وطيء من التصاوير بلفظ: "أشد الناس عذابا الذين يضاهون بخلق الله تعالى""
: FB 10/ 471-472). Cependant, ce kufr akbar est dû à ce sentiment et cette intention, mais il ne s'agit pas d'un shirk akbar comme l'est le fait d'attribuer à autre que Dieu l'une des 4 facultés suscitées.
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Quant à l'homme qui façonne un être animé (
dhâtu rûh) sans avoir ce sentiment en lui, celui-là fait un grand péché (parce que commettant ce que Dieu lui a interdit de faire) mais qui ne va pas jusqu'au kufr akbar
("وأما من عداه فيحرم عليه ويأثم لكن إثمه دون إثم المضاهي. قلت: وأشد منه من يصور ما يعبد من دون الله كما تقدم" FB 10/ 471-472).

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Parmi les Polythéistes, certains autres croient que Dieu est Seul Créateur des choses concrètes (خَلق الأعيان), mais n'est pas le Seul à gérer (تدبير الأمور) l'univers et ce qui s'y passe :

Cela constitue lui aussi du Shirk Akbar billâh.

En fait, quand un homme adresse une invocation (du'â) à un être autre que Dieu, il se trouve dans l'un des 5 niveaux suivants :

--- niveau 1) soit cet homme croit que ces êtres autres que Dieu réalisent (takwîn) eux-mêmes ce qu'il leur demande de faire, et Dieu le Créateur n'a même pas connaissance de ce que ces êtres font se réaliser ;

--- niveau 2) soit cet homme croit que ces êtres réalisent (takwîn) eux-mêmes ce qu'il leur demande de faire, et Dieu en a connaissance mais n'a pas capacité à empêcher ces êtres de réaliser ce qu'ils réalisent, car ceux-ci sont totalement indépendants de Lui ;

--- niveau 3) soit cet homme croit que ces êtres réalisent (takwîn) eux-mêmes ce qu'il leur demande de faire, et Dieu a capacité à empêcher ces êtres de réaliser ce qu'ils réalisent, mais Il ne les en empêche pas, parfois à contrecœur, afin de ménager ces êtres qui sont puissants ou qu'Il aime énormément ; ou bien Il ne les en empêche pas parce qu'Il leur a confié le pouvoir d'administrer de eux-mêmes ces affaires (par exemple accorder la santé pour telle maladie) ;

--- niveau 4) soit cet homme croit que ces êtres ne réalisent rien, et ne font qu'intercéder (shafâ'a), c'est-à-dire transmettre à Dieu les demandes qu'il leur adresse, et que c'est Dieu qui réalise ce que ces êtres Lui demandent de réaliser. Cet homme croit, cependant, que Dieu réalise systématiquement ce que ces êtres Lui demandent de réaliser, parfois à contrecœur, afin de ménager ces êtres qui sont puissants ;

--- niveau 5) soit cet homme croit que ces êtres ne réalisent rien, et ne font qu'intercéder (shafâ'a), c'est-à-dire transmettre à Dieu les demandes qu'il leur adresse, et que c'est Dieu qui réalise ce que ces êtres Lui demandent de réaliser. Cet homme croit, cependant, que Dieu réalise systématiquement ce que ces êtres Lui demandent de réaliser, parce qu'Il aime énormément ces êtres. Les Chrétiens qui demandent à Marie et d'autres personnages (qu'ils estiment pieux) d'intercéder pour eux auprès de Dieu sont à ce 5ème niveau.

Ce sont les 3 premiers niveaux qui constituent la croyance en l'autonomie d'un autre que Dieu dans le Takwîn, donc du Shirk Akbar billâh fi-r-Rubûbiyya (et, dès lors, du Shirk Akbar billâh fi-l-Ulûhiyya aussi).

Quant aux 4ème et 5ème niveaux, ils constituent bien sûr du Shirk Akbar billâh fi-l-ulûhiyya, mais sans être aussi fi-r-rubûbiyya. (Le 5ème niveau constitue du Shirk Akbar billâh fi-l-ulûhiyya parce que la personne croit que ces êtres entendent tout là où ils sont ; il y a également Ta'tîl Akbar dans le fait de croire que Dieu fait systématiquement ce que quelqu'un lui demande, comme si c'était Lui qui est sousmis - fût-ce par amour - à autrui.)

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Il faut ici savoir qu'il y a une grande différence entre ces deux derniers niveaux (qui relèvent de la shafâ'a) et l'intercession (shafâ'a) des prophètes et des pieux auprès de Dieu en faveur d'autres humains.

La différence avec les niveaux 4 et 5 est que :

--- primo) cette permission que Dieu accorde à certaines créatures d'intercéder auprès de Lui en faveur d'autres créatures, Dieu la leur accorde parce qu'Il aime qu'on Le supplie, et parce qu'Il veut honorer ces êtres qui sont pieux (et ce par pure faveur de Sa part), et non pas à contrecœur parce qu'Il doit ménager ces êtres (comme le croient des Polythéistes) ;
--- secundo) ceci entraîne que l'intercession d'un prophète ne pourra avoir lieu qu'après que Dieu lui ait accordé la permission de le faire ("مَا مِن شَفِيعٍ إِلاَّ مِن بَعْدِ إِذْنِهِ" : Coran 10/3). Or Dieu n'accordera cette permission qu'à ceux qu'Il agrée complètement ("يَوْمَئِذٍ لَّا تَنفَعُ الشَّفَاعَةُ إِلَّا مَنْ أَذِنَ لَهُ الرَّحْمَنُ وَرَضِيَ لَهُ قَوْلًا" : Coran 20/109) ;
--- tertio) par ailleurs, certes, l'intercession du prophète Muhammad (sur lui soit la paix) pour que Dieu commence le Jugement bénéficiera à tous les humains. Par contre, les intercessions du prophète Muhammad (comme des autres prophètes, des anges et des croyants parfaits) pour que Dieu pardonne complètement des péchés ou fasse sortir de la Géhenne d'autres humains, Dieu n'accordera la permission de les faire auprès de Lui qu'en faveur de ceux qu'Il agrée déjà globalement ("وَلَا يَشْفَعُونَ إِلَّا لِمَنِ ارْتَضَى" : Coran 21/29. "فَمَا تَنفَعُهُمْ شَفَاعَةُ الشَّافِعِينَ" : Coran 74/48). Et encore, c'est Lui qui déterminera le degré de foi en faveur duquel Il accepte l'intercession venant d'être faite (comme cela est dit dans la Sunna) ;
--- quarto) même dans le cas où Dieu a donné au pieux l'autorisation d'intercéder auprès de Lui en faveur d'un groupe de gens précis, parfois Dieu accepte l'intercession de ce pieux, et parfois Il ne l'accepte pas : cela reste suspendu à Sa décision (et non pas qu'Il l'accepte systématiquement, comme le croient les Polythéistes du niveau 5).

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Ensuite il existe d'autres Polythéistes qui font du Shirk akbar billâh dans Sa Ulûhiyya, sans que cela soit du Shirk dans Sa Rubûbiyya aussi :

Lire à leur sujet notre article :
--- Le "توحيد الله في الألوهية" englobe et dépasse "توحيد الله في الربوبية".

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Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

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