Le califat de Abdullâh ibn uz-Zubayr (que Dieu l'agrée)

(Suite de l'article Le califat de Yazîd ibn Mu'âwiya - Le martyre de al-Hussein à Karbala)

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Abdullâh ibn uz-Zubayr (que Dieu l'agrée) :

Yazîd (devenu calife en rajab de l'an 60) a bientôt à faire face à une seconde fronde : celle menée par Abdullâh ibn uz-Zubayr, réfugié à La Mecque. Celui-ci fait un bagh'y 'an tâ'atihî.

Il ne faudrait pas croire que Ibn uz-Zubayr se soit présenté comme contre-calife face à Yazîd (FB 13/240). Si, dans un premier temps Abdullâh ibn uz-Zubayr avait refusé de faire allégeance à Yazîd, peu après il accepte de faire allégeance à Yazîd ; mais ce dernier exige alors qu'il se constitue prisonnier ; Ibn uz-Zubayr refuse ; et la mésentente reprend (MS 2/344).

En l'an 60 toujours, Ibn uz-Zubayr empêche al-Hârith ibn Khâlid al-Makhzûmî (vice-régent, de la part 'Amr ibn Sa'îd) de diriger les prières à la Mecque (BN 8/171).

'Amr ibn Sa'îd al-Ashdaq, nouveau gouverneur à Médine de la part de Yazîd, envoie une armée, commandée par 'Amr ibn uz-Zubayr, pour aller combattre à La Mecque Abdullâh ibn uz-Zubayr (le frère du commandant de l'armée) ; mais une partie de cette armée est défaite et le reste se dispersent (BN 8/170-171).

En l'an 63 les habitants de Médine rejettent l'autorité de Yazîd en expulsant le gouverneur qu'il avait nommé dans leur ville. Yazîd envoie alors une armée sous le commandement de Muslim ibn 'Uqba. La majorité des médinites font face mais sont vaincus ; Muslim ibn 'Uqba décrète 3 jours de pillage dans Médine (FB 13/88). Cela a lieu le 27 dhu-l-hijja 63 (BN, 8/248).
Cette armée se dirige ensuite vers La Mecque pour combattre de nouveau Abdullâh ibn uz-Zubayr. Muslim ibn 'Uqba décède en chemin, et lui succède alors Hussayn ibn Numayr. Celui-ci assiège La Mecque, des combats ont lieu, et une catapulte est même utilisée. Cela se passe en muharram 64 (BN, 8/253). Mais Yazîd meurt le 14 rabî' ul-awwal 64 (BN, 8/253). L'armée se retire alors.

Ce même 14 rabî' ul-awwal 64, les gens de Syrie font allégeance au fils de Yazîd, lequel porte le même prénom que son grand-père : Mu'âwiya (BN, 8/266).
Pendant le même temps, Ibn uz-Zubayr prend l'autorité sur le Hedjaz : les gens du Hedjaz lui font alors allégeance.
Et au Khorassan, c'est Salam ibn Ziyâd qui appelle à ce qu'on lui fasse allégeance jusqu'à ce qu'un calife soit nommé (BN, 8/268).

Or Mu'âwiya fils de Yazîd meurt très peu de temps après son investiture : différentes relations font état d'une période qui va de 20 jours à 4 mois (BN 8/266).

Quand donc Ibn uz-Zubayr se proclame-t-il calife :
--- est-ce dès le décès du calife Yazîd, quand lui - Ibn uz-Zubayr - acquiert l'autorité sur la région du Hedjaz ?
--- ou bien est-ce seulement après le décès de Mu'âwiya ibn Yazîd (auquel cas, lors de son émergence au Hedjaz, Ibn uz-Zubayr ne se proclamait pas calife, mais seulement émir du Hedjaz) ?
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D'après Ibn Hajar, c'est depuis le décès du calife Yazîd qu'il se proclame calife (FB 13/240).

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De même, quand donc les Banû Umayya se trouvant à Médine en sont-ils expulsés (BN 8/268) :
--- est-ce entre le décès de Yazîd et celui de Mu'âwiya ibn Yazîd ?
--- ou est-ce après le décès de ce dernier ?
En tous cas, ils se replieront alors à Shâm.

A Bassora, ce sont des kharijites qui prennent le pouvoir, menés par Nâfi' ibn ul-Az'raq (BN 8/268) (FB 12/356, 13/91). Ibn Ziyâd se retire alors d'Irak pour rentrer à Shâm.

A Damas, adh-Dhâhhâk ibn Qays, jusqu'alors gouverneur de la cité de la part des Umayyades, reçoit l'allégeance pour assurer l'intérim jusqu'à ce qu'un calife soit nommé (BN 8/269). Or, peu après il exprime qu'il veut faire allégeance à Ibn uz-Zubayr. Et il le fait.

La majorité des régions musulmanes fait alors allégeance à Ibn uz-Zubayr en tant que calife : le Hedjaz, le Yémen, l'Egypte, l'Irak, tout le Machreq, et toute la Syrie, Damas incluse (FB 13/240-241). Marwân ibn ul-Hakam lui-même pense faire allégeance à Ibn uz-Zubayr, constatant l'étendue de l'établissement de son autorité ; mais Ibn Ziyâd et Hussayn ibn Numayr l'en dissuadent (FB 13/88) (BN 8/272, puis 269). Repliés sur la Palestine, les Banû Umayya et ceux qui sont de leur côté font alors allégeance à Marwân en tant que calife (FB 13/240-241, 13/91) le 3 dhu-l-qa'da 64 (BN 8/271).

Peu après (BN 8/271), Marwân et adh-Dhahhâk ibn Qays se livrent bataille à Marj Râhit ; la victoire revient à Marwân, qui établit ainsi son autorité sur la Syrie.

De la Palestine les Umayyades commencent alors une lente "conquête de l'autorité".

Abû Barza, Compagnon du Prophète, déplore alors cette situation confuse (al-Bukhârî 6695 : nous citerons sa parole en arabe plus bas).
Les troubles qui suivent constituent, d'après Shâh Waliyyullâh, ce que le Prophète avait prédit quand il avait, de son vivant, parlé de la future "discorde des ahlâs" (HB 2/579-580).
Abû Hurayra avait compris que les années 60 de l'hégire seraient pleines de troubles, et il avait prié Dieu en ces termes : "O Dieu, fais que ne m'atteignent pas l'année 60 et l'autorité des enfants" (FB 13/14).

Marwân se dirige vers l'Egypte, qu'il parvient à dominer en rabî' ul-awwal 65.

Ceux qui se nomment at-Tawwâbûn, qui sont menés par Sulaymân ibn Surad (un Compagnon du Prophète) et qui entendent venger la mort de al-Hussein ibn 'Alî, sont écrasés par Ibn Ziyâd (envoyé par Marwân) à 'Ayn ul-warda, en jumâdâ al-ûlâ 65 (BN 8/277, 284) (FB 13/91).

En ramadan 65, Marwân meurt, après avoir désigné son fils Abd ul-Malik ibn Marwân comme son successeur.

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Pourtant, l'autorité de Abdullâh ibn uz-Zubayr avait été, en l'an 64, établie de façon suffisamment générale pour qu'il doive être reconnu calife par Marwân et les siens aussi (d'ailleurs Marwân avait - comme nous l'avons déjà vu - pensé lui faire lui aussi allégeance, avant de se laisser persuader de se proclamer lui aussi calife). 

Parlant de Abdullâh ibn uz-Zubayr, Ibn Kathîr écrit ainsi : "ثم هو كان الإمام بعد موت معاوية بن يزيد لا محالة. وهو أرشد من مروان بن الحكم، حيث نازعه بعد أن اجتمعت الكلمة عليه وقامت البيعة له في الآفاق وانتظم له الأمر. والله أعلم" (BN 8/378-379).

Ibn Hazm écrit lui aussi que ce que Marwân fit là fut un khurûj 'alâ celui dont l'autorité était déjà établie : Abdullâh ibn uz-Zubayr : "قال علي: مروان ما نعلم له جرحة قبل خروجه على أمير المؤمنين عبد الله بن الزبير - رضي الله عنهما -. ولم يلقه عروة قط إلا قبل خروجه على أخيه، لا بعد خروجه، هذا ما لا شك فيه" (Al-Muhallâ, 1/221).

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Bientôt Abd ul-Malik réussit à étendre son autorité à la Syrie, à l'Egypte et au Maghreb, tandis que celle de Ibn uz-Zubayr couvre le Hedjaz, le Machreq et l'Irak (sauf la parenthèse de al-Mukhtâr ibn Abî 'Ubayd ath-Thaqafî, qui, de Kufa, appelle à l'établissement d'un califat pour la descendance du Prophète, et qui durera jusqu'à ramadan 67, date à laquelle il sera tué par les Umayyades).

En djumâdâ al-âkhira 71, Abd ul-Malik est parvenu à étendre son autorité jusque sur l'Irak, et Ibn uz-Zubayr ne domine plus que le Hedjaz et le Yémen.

Il y a cet échange que Ibn Abî Mulayka a eu avec Abdullâh ibn Abbâs : "قال ابن أبي مليكة: وكان بينهما شيء، فغدوت على ابن عباس، فقلت: "أتريد أن تقاتل ابن الزبير، فتحل حرم الله؟" فقال: "معاذ الله! إن الله كتب ابن الزبير وبني أمية محلين. وإني والله لا أحله أبدا". قال: "قال الناس: بايع لابن الزبير". فقلت: "وأين بهذا الأمر عنه؟ أما أبوه فحواري النبي صلى الله عليه وسلم - يريد الزبير -. وأما جده فصاحب الغار - يريد أبا بكر -؛ وأمه فذات النطاق - يريد أسماء -. وأما خالته فأم المؤمنين - يريد عائشة -. وأما عمته فزوج النبي صلى الله عليه وسلم - يريد خديجة -. وأما عمة النبي صلى الله عليه وسلم فجدته - يريد صفية -. ثم عفيف في الإسلام، قارئ للقرآن. والله إن وصلوني وصلوني من قريب، وإن ربوني ربوني أكفاء كرام، فآثر التويتات والأسامات والحميدات - يريد أبطنا من بني أسد بني تويت وبني أسامة وبني أسد -. إن ابن أبي العاص برز يمشي القدمية - يعني عبد الملك بن مروان -؛ وإنه لوى ذنبه - يعني ابن الزبير -" (al-Bukhârî, 4388).

Les gens de Shâm appelaient Ibn uz-Zubayr par ce qu'ils pensaient être un sobriquet : "O le fils de la femme aux deux ceintures" ; or c'était le surnom que sa mère avait eu suite au service qu'elle avait rendu au Prophète et Abû Bakr lors de leur émigration pour Médine : "عن وهب بن كيسان، قال: كان أهل الشأم يعيرون ابن الزبير، يقولون: "يا ابن ذات النطاقين". فقالت له أسماء: "يا بني إنهم يعيرونك بالنطاقين. هل تدري ما كان النطاقان؟ إنما كان نطاقي شققته نصفين، فأوكيت قربة رسول الله صلى الله عليه وسلم بأحدهما، وجعلت في سفرته آخر". قال: فكان أهل الشأم إذا عيروه بالنطاقين، يقول: "إيها والإله تلك شكاة ظاهر عنك عارها" (al-Bukhârî, 5073).

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En l'an 72, al-Hajjâj, aux ordres de Abd ul-Malik, assiège Ibn az-Zubayr.

En djumâdâ al-ûlâ 73 il le vainc et le met à mort (tous ces détails figurent dans FB 13/240-241).

Passant près du corps de Ibn az-Zubayr, que Al-Hajjâj a laissé volontairement exposé, Abdullâh ibn Omar s'exclame : "Que la paix soit sur toi, ô Abû Khubayb ! Que la paix soit sur toi, ô Abû Khubayb ! Que la paix soit sur toi, ô Abû Khubayb ! Par Dieu, je t'avais dit de ne pas faire cela ! Par Dieu, je t'avais dit de ne pas faire cela ! Par Dieu, je t'avais dit de ne pas faire cela ! Par Dieu, autant que je le sache, tu jeûnais beaucoup, priais beaucoup et entretenais de très bonnes relations avec les gens de ta parenté. Par Dieu, une Communauté dont quelqu'un comme toi est le mauvais serait vraiment une communauté de bien !" Al-Hajjâj, auquel on a rapporté ces propos de Ibn Omar, ordonne alors de donner une sépulture à Ibn uz-Zubayr (Muslim 2545).

L'autorité des Umayyades est désormais établie sur l'ensemble des terres musulmanes. Elle durera jusqu'à ce que les Abbassides se lancent à la conquête du pouvoir, dans la première moitié du 2nd siècle de l'hégire.

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La reconstruction de la Kaaba par Abdullâh ibn uz-Zubayr d'après les fondations du prophète Abraham (sur lui soit la paix) :

Lire à ce sujet notre article.

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Marwân ibn ul-Hakam :

Marwân est né en l'an 2 de l'hégire, ou en l'an 3, ou 4. Son père al-Hakam, converti à l'islam lors de la conquête de La Mecque, a vu le Prophète (sur lui soit la paix) dans la cité antique, puis s'est déplacé à at-Tâ'ïf.

Certaines relations disent qu'il y a été exilé par le Prophète pour avoir commis quelque chose, mais leur authenticité fait l'objet d'avis divergents entre les spécialistes.
Il y a aussi des propos relatant le fait que, alors qu'il était encore kâfir et que Marwân n'était pas encore né, al-Hakam a reçue une parole de la'na de la part du Prophète : "وقد وردت أحاديث في لعن الحكم والد مروان وما ولد، أخرجها الطبراني وغيره؛ غالبها فيه مقال، وبعضها جيد" (FB 13/15).

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Marwân a été compté comme Sahâbî par Ibn Hajar (dans Al-Issâba), mais pas par Ibn ul-Athîr (dans Us'd ul-ghâba).

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Ibn Hazm remet pour sa part en cause tout ce qui a été attribué à Marwân d'assassinats et de mensonges ; il dit qu'il n'a pas fait chose grave avant ce que nous avons vu plus haut : son khurûj 'alâ celui dont l'autorité était déjà établie : Abdullâh ibn uz-Zubayr : "قال علي: مروان ما نعلم له جرحة قبل خروجه على أمير المؤمنين عبد الله بن الزبير - رضي الله عنهما -. ولم يلقه عروة قط إلا قبل خروجه على أخيه، لا بعد خروجه، هذا ما لا شك فيه" (Al-Muhallâ, 1/221).

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Quelques hadîths au sujet des dirigeants des Banû Umayya qui allaient suivre Mu'âwiya (que Dieu l'agrée) :

--- Au sujet du califat de Mu'âwiya (que Dieu l'agrée), Abû Hurayra (que Dieu l'agrée) était serein. Par contre, il demandait à Dieu que les années 60 et l'autorité des enfants ne l'atteignent pas : "أخبرنا أبو عبد الله الحافظ، وأبو بكر أحمد بن الحسن القاضي، قالا: حدثنا أبو العباس محمد بن يعقوب، أخبرنا العباس بن الوليد بن مزيد البيروتي قال: أخبرنا أبي، قال: حدثنا ابن جابر، عن عمير بن هاني، أنه حدثه قال: كان أبو هريرة عشي في سوق المدينة وهو يقول: "اللهم لا تدركني سنة الستين. ويحكم تمسكوا بصدغي معاوية. اللهم لا تدركني إمارة الصبيان". وهما إنما يقولان مثل هذا الشيء سمعاه من النبي صلى الله عليه وسلم" (Dalâ'ïl un-nubuwwa, al-Bayhaqî) (dans la dernière phrase, al-Bayhaqî désigne Abû Hurayra et 'Alî, ayant relaté de ce dernier, juste avant, le propos suivant : "وقد روي عن علي رضي الله عنه ثم عن أبي هريرة رضي الله عنه ما يؤكد هذا التاريخ. أخبرنا أبو عبد الله الحافظ، حدثنا أبو العباس محمد بن يعقوب، حدثنا الحسن بن علي بن عفان، حدثنا أبو أسامة، عن مجالد عن عامر قال: لما رجع علي رضي الله عنه من صفين، قال: "يا أيها الناس لا تكرهوا إمارة معاوية. فإنه لو فقدتموه لقد رأيتم الرؤوس تنزو من كواهلها كالحنظل").

--- Quand Mu'âwiya demanda que allégeance soit faite à son fils Yazîd après lui, et que Marwân invita à cela les gens de Médine, en présentant cela comme étant "dans la tradition de (l'allégeance faite à) Abû Bakr et Omar", Abd ur-Rahmân ibn Abî Bakr s'exclama : "(Voilà qui est plutôt) dans la tradition de (l'allégeance que font) Héraclius et Chosroes" : "عن يوسف بن ماهك، قال: كان مروان على الحجاز استعمله معاوية؛ فخطب، فجعل يذكر يزيد بن معاوية لكي يبايع له بعد أبيه. فقال له عبد الرحمن بن أبي بكر شيئا. فقال: "خذوه!" فدخل بيت عائشة، فلم يقدروا. فقال مروان: "إن هذا الذي أنزل الله فيه: {والذي قال لوالديه أف لكما أتعدانني}". فقالت عائشة من وراء الحجاب: "ما أنزل الله فينا شيئا من القرآن إلا أن الله أنزل عذري" (al-Bukhârî, 4550). "عن محمد بن زياد، قال: لما بايع معاوية لابنه، قال مروان: "سنة أبي بكر وعمر"، فقال عبد الرحمن بن أبي بكر: "سنة هرقل وقيصر". فقال مروان: "هذا الذي أنزل الله فيه: {والذي قال لوالديه أف لكما}" الآية. فبلغ ذلك عائشة فقالت: "كذب والله، ما هو به؛ وإن شئت أن أسمي الذي أنزلت فيه، لسميته. ولكن رسول الله صلى الله عليه وسلم لعن أبا مروان، ومروان في صلبه. فمروان فضض من لعنة الله" (As-Sunan ul-kub'râ, an-Nassâ'ï, 11427 ; Silsilat ul-ahâdîth is-sahîha, 7/722).

--- Relatant une fois que le Prophète (sur lui soit la paix) a dit : "La perte de ma Umma se fera à cause de certains jeunes qurayshites", Abû Hurayra dit ensuite : "Si je voulais nommer : "fils d'Untel" et "fils d'Untel", je pourrais le faire" : "عن عمرو بن يحيى بن سعيد بن عمرو بن سعيد، قال: أخبرني جدي، قال: كنت جالسا مع أبي هريرة في مسجد النبي صلى الله عليه وسلم بالمدينة ومعنا مروان. قال أبو هريرة: "سمعت الصادق المصدوق يقول: "هلكة أمتي على يدي غلمة من قريش"". فقال مروان: "لعنة الله عليهم؛ غلمة!" فقال أبو هريرة: "لو شئت أن أقول: بني فلان، وبني فلان، لفعلت". فكنت أخرج مع جدي إلى بني مروان حين ملكوا بالشأم، فإذا رآهم غلمانا أحداثا قال لنا: "عسى هؤلاء أن يكونوا منهم؟" قلنا: "أنت أعلم" (al-Bukhârî, 6649).

--- En effet, les noms de ces personnes, Abû Hurayra s'abstenait de les divulguer : "J'ai mémorisé du Prophète (sur lui la paix) deux récipients. Quant à l'un d'eux, je l'ai propagé. Et quant à l'autre, si je le propageais, on me trancherait cette trachée" : "عن سعيد المقبري، عن أبي هريرة قال: "حفظت من رسول الله صلى الله عليه وسلم وعاءين: فأما أحدهما فبثثته، وأما الآخر فلو بثثته قطع هذا البلعوم" (al-Bukhârî, 120). "وفي رواية بن أبي شيبة أن أبا هريرة كان يمشي في السوق ويقول: "اللهم لا تدركني سنة ستين ولا إمارة الصبيان" وفي هذا إشارة إلى أن أول الأغيلمة كان في سنة ستين. وهو كذلك فإن يزيد بن معاوية استخلف فيها وبقي إلى سنة أربع وستين فمات، ثم ولي ولده معاوية ومات بعد أشهر" (FB 13/14). "والذي يظهر أن المذكورين من جملتهم وأن أولهم يزيد كما دل عليه قول أبي هريرة "رأس الستين وإمارة الصبيان" فإن يزيد كان غالبا ينتزع الشيوخ من إمارة البلدان الكبار ويوليها الأصاغر من أقاربه" (FB 13/15). "تنبيه: يتعجب من لعن مروان الغلمة المذكورين مع أن الظاهر أنهم من ولده فكأن الله تعالى أجرى ذلك على لسانه ليكون أشد في الحجة عليهم لعلهم يتعظون" (FB 13/15).

--- Malgré tout, parfois il est arrivé que ce même Abû Hurayra ait relaté une parole qu'il avait entendue du Prophète sur le sujet : "عن أبي هريرة أن النبي - صلى الله عليه وسلم - قال: "إني رأيت في منامي كأن بني الحكم بن أبي العاص ينزونَ على منبري كما تنزو القردة". قال: فما رؤي النبي - صلى الله عليه وسلم - مستجمعا ضاحكاً حتى توفي" (al-Hâkim, al-Bazzâr : Silsilat ul-ahâdîth is-sahîha, n° 3940).

--- "عن سهل بن سعد، قال: استعمل على المدينة رجل من آل مروان، قال: فدعا سهل بن سعد، فأمره أن يشتم عليا. قال: فأبى سهل. فقال له: "أما إذ أبيت، فقل: "لعن الله أبا التراب"". فقال سهل: "ما كان لعلي اسم أحب إليه من أبي التراب، وإن كان ليفرح إذا دعي بها". فقال له: "أخبرنا عن قصته، لم سمي أبا تراب؟" قال: "جاء رسول الله صلى الله عليه وسلم بيت فاطمة، فلم يجد عليا في البيت، فقال: "أين ابن عمك؟" فقالت: "كان بيني وبينه شيء، فغاضبني فخرج، فلم يقل عندي". فقال رسول الله صلى الله عليه وسلم لإنسان: "انظر، أين هو؟" فجاء فقال: "يا رسول الله هو في المسجد راقد". فجاءه رسول الله صلى الله عليه وسلم وهو مضطجع، قد سقط رداؤه عن شقه، فأصابه تراب؛ فجعل رسول الله صلى الله عليه وسلم يمسحه عنه ويقول: "قم أبا التراب، قم أبا التراب" (Muslim, 2409).

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Les 12 premiers califes : qui sont-ils ?

D'après Ibn Hajar, les 12 premiers califes ont été, dans l'ordre :
- Abû Bakr,
- Omar,
- 'Uthmân,
- 'Alî,
- al-Hassan ibn 'Alî,
- Mu'âwiya,
- Yazîd ibn Mu'âwiya,
- Abdullâh ibn uz-Zubayr,
- 'Abd ul-Malik ibn Marwân,
- al-Walîd ibn Abd il-Malik,
- Sulaymân ibn Abd il-Malik,
- Omar ibn Abd il-Azîz (FB 13/264-265).

Ibn Abi-l-'izz a un avis différent à propos de al-Hassan ibn Alî et de Abdullâh ibn uz-Zubayr (cf. ShAT 2/736-737).
Il a pourtant lui-même écrit, sur une autre page, que al-Hassan ibn Alî fut calife pendant les 6 mois qui suivirent la mort de 'Alî (Ibid., p. 722). Concernant Abdullâh ibn uz-Zubayr, c'est aussi l'avis de Ibn Hajar qui paraît juste : ont été califes ceux dont l'autorité a été établie, et ce fut le cas de ce Compagnon.

Le califat des 4 premiers personnages a constitué le califat "bien guidé" ("al-khilâfa ar-râshida"), "sur le modèle du prophétat" ("al-khilâfa 'alâ minhâj in-nubuwwa").

Par ailleurs :
– Les 3 premiers califes – Abû Bakr, Omar et Uthmân – ont disposé d'une autorité administrative ("wilâya") établie sur la totalité des terres musulmanes. Après eux, cela a été le cas également de Mu'âwiya, puis, plus tard, de Abd ul-Malik et d'autres califes postérieurs.
– Par contre, Alî, Yazîd et Ibn uz-Zubayr n'ont pas vu leur autorité reconnue par la totalité des terres musulmanes (MS 2/344). Ce fut le cas aussi de al-Hassan ibn Alî.

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La position de Abdullâh ibn Omar :

L'autorité devient légale pour celui qui a établi son pouvoir, soit de façon légitime (il correspond à l'idéal, et il est arrivé au pouvoir après consultation des gens voulus), soit de façon illégitime (il ne correspond pas à l'idéal, ou bien il est arrivé au pouvoir en prenant celui-ci par la force). "فليست هذه أقوال أئمة السنة. بل الإمامة عندهم تثبت بموافقة أهل الشوكة عليها، ولا يصير الرجل إماما حتى يوافقه أهل الشوكة عليها الذين يحصل بطاعتهم له مقصود الإمامة، فإن المقصود من الإمامة إنما يحصل بالقدرة والسلطان، فإذا بويع بيعة حصلت بها القدرة والسلطان صار إماما. ولهذا قال أئمة السلف: من صار له قدرة وسلطان يفعل بهما مقصود الولاية، فهو من أولي الأمر الذين أمر الله بطاعتهم ما لم يأمروا بمعصية الله، فالإمامة ملك وسلطان، والملك لا يصير ملكا بموافقة واحد ولا اثنين ولا أربعة، إلا أن تكون موافقة هؤلاء تقتضي موافقة غيرهم بحيث يصير ملكا بذلك. وهكذا كل أمر يفتقر إلى المعاونة عليه لا يحصل إلا بحصول من يمكنهم التعاون عليه. ولهذا لما بويع علي - رضي الله عنه - وصار معه شوكة صار إماما" (MS 1/203). Lire : Les grandes lignes à propos du détenteur de l'autorité publique.

La position de Abdullâh ibn Omar était cependant nuancée : bien que ne contestant pas l'autorité établie :
--- il ne faisait allégeance qu'à celui dont l'autorité bénéficiait de la reconnaissance totale, ou générale (comme ce fut le cas de Abû Bakr, de Omar, de 'Uthmân, de Mu'âwiya lorsque son califat fut reconnu de façon générale en l'an 41, et de Abd ul-Malik ibn Marwân lorsque son califat fut reconnu de façon générale en l'an 73) ;
--- et il ne faisait pas allégeance à celui dont l'autorité était établie - et  bénéficiait donc d'une reconnaissance conséquente - mais au sujet duquel il était resté dès le départ une quantité trop grande de gens importants ne lui faisant pas allégeance (c'est pourquoi il ne fit pas allégeance à Alî ibn Abî Tâlib).

Par contre, plus tard il fit allégeance à Yazîd ibn Mu'âwiya : c'est parce que, au début, son autorité fut établie partout et fut reconnue de façon générale, ceux qui ne lui faisaient alors pas allégeance étant trop peu nombreux pour contredire l'allégeance générale (cf. BN 8/170).

En l'année 64 et suivantes, pourtant, il ne fit pas allégeance à Abdullâh ibn uz-Zubayr, et ce alors même que l'autorité de ce dernier devint reconnue de façon générale - jum'hûr - et presque partout, et que ce ne fut alors qu'un petit groupe massé autour de Marwân et présents en Palestine qui la contestait.

Est-ce parce que cette fois, les choses étaient plus sérieuses que lors de l'époque de Yazîd, vu que, cette fois, dès le début il y avait eu deux prétendants au titre de calife (ce qui, même sous le califat de 'Alî ne s'était pas vu avant l'arbitrage, et ce qui ne s'était jamais vu sous le califat de Yazîd) ? En effet, (comme l'a relaté Ibn Hajar) Ibn uz-Zubayr s'était présenté calife dès le décès de Yazîd (FB 13/240) ; or, le fils de celui-ci (Mu'âwiya ibn Yazîd ibn Mu'âwiya) recevait, à la même période, lui aussi l'allégeance en tant que calife... Est-ce cela, la raison de la différence que l'on observe chez Ibn Omar : il ne fit pas allégeance Abdullâh ibn uz-Zubayr (bien que l'autorité de celui-ci s'était établie sur toutes les régions excepté la Palestine), alors qu'il l'avait faite à Yazîd (malgré que l'autorité de ce dernier n'avait, elle non plus, pas pu s'établir sur une région : celle de La Mecque) ?

Pour autant, Ibn Omar n'a pas dit non plus que le hadîth suivant s'appliquait à Ibn uz-Zubayr (et ce car les deux s'étaient proclamés califes en même temps) : "عن أبي سعيد الخدري، قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "إذا بويع لخليفتين، فاقتلوا الآخر منهما"
(Muslim, 1853).

Alors que al-Hajjâl ibn Yûssuf assiégeait la cité de La Mecque ('Umdat ul-qârî), deux hommes vinrent rencontrer Ibn Omar et que l'un d'eux lui demanda pourquoi il ne participait pas à la lutte armée pour mettre fin à la Fitna liée à Abdullâh ibn uz-Zubayr, Ibn Omar leur répondit : "M'en empêche : le fait que Dieu a rendu sacré le sang de mon frère ." [Il voulait dire que la sacralité originelle (hurma asliyya) du sang de Ibn uz-Zubayr demeurait ici, n'étant ôtée par aucun motif pouvant être retenu.] Quant au verset que ces hommes citaient comme argument : "Et combattez-les jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de Fitna" (Coran 2/193, 8/39), Ibn Omar leur expliqua que le terme "Fitna", à la disparition de laquelle il faut agir par le fait de combattre, y désignait en réalité : le fait de troubler des musulmans de leur religion, de les pousser à l'apostasie, et ce par le fait de les persécuter. Il ajouta : "Ce n'est pas comme votre lutte armée pour le pouvoir !". A quelqu'un venu lui dire cela (peut-être une autre personne encore), Ibn Omar lui dit même : "Mon neveu, que je reste insouciant par rapport à ce verset [Coran 2/193] et ne combatte donc pas, cela m'est préférable que je reste insouciant par rapport à cet (autre) verset dans lequel Dieu dit : "Et celui qui aura tué un croyant intentionnellement, sa rétribution sera la Géhenne" [Coran 4/93]".
"عن نافع، عن ابن عمر رضي الله عنهما أتاه رجلان في فتنة ابن الزبير فقالا: "إن الناس صنعوا، وأنت ابن عمر وصاحب النبي صلى الله عليه وسلم، فما يمنعك أن تخرج؟" فقال: "يمنعني أن الله حرم دم أخي". فقالا: "ألم يقل الله: {وقاتلوهم حتى لا تكون فتنة}؟" فقال: "قاتلنا حتى لم تكن فتنة وكان الدين لله، وأنتم تريدون أن تقاتلوا حتى تكون فتنة ويكون الدين لغير الله"" (al-Bukhârî, 4243).
"عن سعيد بن جبير، قال: خرج علينا عبد الله بن عمر، فرجونا أن يحدثنا حديثا حسنا، قال: فبادرنا إليه رجل فقال: "يا أبا عبد الرحمن، حدثنا عن القتال في الفتنة، والله يقول: {وقاتلوهم حتى لا تكون فتنة}." فقال: "هل تدري ما الفتنة، ثكلتك أمك؟ إنما كان محمد صلى الله عليه وسلم يقاتل المشركين، وكان الدخول في دينهم فتنة، وليس كقتالكم على الملك" (al-Bukhârî, 6682).
"عن نافع، عن ابن عمر رضي الله عنهما، أن رجلا جاءه فقال: "يا أبا عبد الرحمن، ألا تسمع ما ذكر الله في كتابه: {وإن طائفتان من المؤمنين اقتتلوا} إلى آخر الآية؟ فما يمنعك أن لا تقاتل كما ذكر الله في كتابه؟" فقال: "يا ابن أخي، أغتر بهذه الآية ولا أقاتل، أحب إلي من أن أغتر بهذه الآية التي يقول الله تعالى: {ومن يقتل مؤمنا متعمدا} إلى آخرها". قال: "فإن الله يقول: {وقاتلوهم حتى لا تكون فتنة}". قال ابن عمر: "قد فعلنا على عهد رسول الله صلى الله عليه وسلم إذ كان الإسلام قليلا، فكان الرجل يفتن في دينه إما يقتلونه وإما يوثقونه، حتى كثر الإسلام فلم تكن فتنة". فلما رأى أنه لا يوافقه فيما يريد، قال: "فما قولك في علي، وعثمان؟" قال ابن عمر: "ما قولي في علي وعثمان؟ أما عثمان، فكان الله قد عفا عنه، فكرهتم أن يعفو عنه. وأما علي، فابن عم رسول الله صلى الله عليه وسلم وختنه"، - وأشار بيده - "وهذه ابنته أو بنته حيث ترون" (al-Bukhârî, 4373) (en 4243 on lit : "وهذا بيته").

Abû Barza, questionné à un moment de cette période 64-73, où l'autorité était disputée et la situation confuse, avait pour sa part tenu les propos suivants : "عن أبي المنهال، قال: لما كان ابن زياد ومروان بالشأم، ووثب ابن الزبير بمكة، ووثب القراء بالبصرة، فانطلقت مع أبي إلى أبي برزة الأسلمي، حتى دخلنا عليه في داره، وهو جالس في ظل علية له من قصب. فجلسنا إليه، فأنشأ أبي يستطعمه الحديث فقال: "يا أبا برزة، ألا ترى ما وقع فيه الناس؟" فأول شيء سمعته تكلم به: "إني احتسبت عند الله أني أصبحت ساخطا على أحياء قريش. إنكم يا معشر العرب، كنتم على الحال الذي علمتم من الذلة والقلة والضلالة، وإن الله أنقذكم بالإسلام وبمحمد صلى الله عليه وسلم، حتى بلغ بكم ما ترون؛ وهذه الدنيا التي أفسدت بينكم. إن ذاك الذي بالشأم، والله إن يقاتل إلا على الدنيا، وإن هؤلاء الذين بين أظهركم، والله إن يقاتلون إلا على الدنيا، وإن ذاك الذي بمكة والله إن يقاتل إلا على الدنيا" (al-Bukhârî, 6695).

En commentaire du fait que Ibn Omar fit allégeance à Abd ul-Malik ibn Marwân une fois que l'ensemble des musulmans lui firent allégeance : "عن عبد الله بن دينار قال: شهدت ابن عمر حيث اجتمع الناس على عبد الملك، قال: كتب: "إني أقر بالسمع والطاعة لعبد الله عبد الملك أمير المؤمنين على سنة الله وسنة رسوله ما استطعت. وإن بني قد أقروا بمثل ذلك" (al-Bukhârî, 6777), Ibn Hajar écrit :
"Abdullâh ibn Omar s'était retenu, pendant cette période, de faire allégeance à Abdullâh ibn uz-Zubayr comme à Abd ul-Malik ibn Marwân.
Comme auparavant il s'était retenu de faire allégeance à Alî comme à Mu'âwiya. Ensuite il avait fait allégeance à Mu'âwiya lorsqu'il avait fait la concorde avec al-Hassan ibn Alî ; et que les gens furent rassemblés autour de lui ("ijtama'a 'alayhi-n-nâs"). Et il fit allégeance, après la mort de Mu'âwiya, à son fils Yazîd à cause du fait que les gens s'étaient rassemblés à son sujet ("li-jtimâ' in-nâss 'alayh").
Ensuite il se retint de faire allégeance à quiconque lorsqu'il y eut la division. Cela dura jusqu'à ce que Abdullâh ibn uz-Zubayr fut tué et que toute l'autorité soit établie pour Abd ul-Malik ibn Marwân. Il fit alors allégeance à ce dernier (…).
Lorsque des musulmans firent allégeance à Ibn uz-Zubayr, on envoya le dire à Ibn Omar, ce dernier tendit une main tremblante et dit : "Par Dieu, je ne donne pas mon allégeance dans un cas de division, et je ne refuse pas de faire allégeance dans un cas de reconnaissance générale""
: "وكان عبد الله بن عمر في تلك المدة امتنع أن يبايع لابن الزبير أو لعبد الملك؛ كما كان امتنع أن يبايع لعلي أو معاوية، ثم بايع لمعاوية لما اصطلح مع الحسن بن علي واجتمع عليه الناس؛ وبايع لابنه يزيد بعد موت معاوية لاجتماع الناس عليه. ثم امتنع من المبايعة لأحد حال الاختلاف، إلى ان قتل بن الزبير وانتظم الملك كله لعبد الملك، فبايع له حينئذ. فهذا معنى قوله "لما اجتمع الناس على عبد الملك". وأخرج يعقوب بن سفيان في تاريخه من طريق سعيد بن حرب العبدي قال: بعثوا إلى ابن عمر لما بويع ابن الزبير، فمد يده وهي ترعد فقال: "والله ما كنت لأعطي بيعتي في فرقة، ولا امنعها من جماعة"
(FB 13/241).

Et en commentaire de : "عن نافع، أن ابن عمر رضي الله عنهما كان يكري مزارعه على عهد النبي صلى الله عليه وسلم، وأبي بكر وعمر وعثمان، وصدرا من إمارة معاوية؛ ثم حدث عن رافع بن خديج أن النبي صلى الله عليه وسلم نهى عن كراء المزارع" (al-Bukhârî, 2218), il exprime la même chose en ces termes : "قوله "وصدرا من إمارة معاوية" أي خلافته. وإنما لم يذكر ابن عمر خلافة علي لأنه لم يبايعه، لوقوع الاختلاف عليه، كما هو مشهور في صحيح الأخبار. وكان رأى أنه لا يبايع لمن لم يجتمع عليه الناس. ولهذا لم يبايع أيضا لابن الزبير ولا لعبد الملك في حال اختلافهما، وبايع ليزيد بن معاوية ثم لعبد الملك بن مروان بعد قتل بن الزبير. ولعل في تلك المدة - أعني مدة خلافة علي - لم يؤاجر أرضه فلم يذكرها لذلك" (FB 5/31).

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Abdullâh ibn Abbâs, de même que Muhammad ibn ul-Hanafiyya, établis pourtant à La Mecque, ne firent eux non plus pas allégeance à Abdullâh ibn uz-Zubayr, lequel les en pressait : "وروى الفاكهي من طريق سعيد بن محمد بن جبير بن مطعم عن أبيه قال: كان ابن عباس وابن الحنفية بالمدينة ثم سكنا مكة، وطلب منهما بن الزبير البيعة، فأبيا حتى يجتمع الناس على رجل. فضيق عليهما. فبعث رسولا إلى العراق. فخرج إليهما جيش في أربعة آلاف فوجدوهما محصورين وقد أحضر الحطب. فجعل على الباب يخوفهما بذلك، فأخرجوهما إلى الطائف" (FB 8/415). Ibn Hajar résume la situation ainsi : "وكان محمد بن علي بن أبي طالب المعروف بابن الحنفية وعبد الله بن عباس مقيمين بمكة منذ قتل الحسين. فدعاهما بن الزبير إلىالبيعة له، فامتنعا وقالا: لا نبايع حتى يجتمع الناس على خليفة؛ وتبعهما جماعة على ذلك. فشدد عليهم بن الزبير وحصرهم. فبلغ المختار فجهز إليهم جيشا فأخرجوهما. واستأذنوهما في قتال ابن الزبير، فامتنعا وخرجا إلى الطائف. فأقاما بها حتى مات بن عباس سنة ثمان وستين؛ ورحل ابن الحنفية بعده إلى جهة رضوى جبل بينبع فأقام هناك ثم أراد دخول الشام فتوجه إلى نحو أيلة، فمات في آخر سنة ثلاث أو أول سنة أربع وسبعين وذلك عقب قتل بن الزبير على الصحيح" (FB 8/415).

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Un dernier mot à propos du fait que des batailles ont pu opposer ainsi des Compagnons :

Voici la formule appropriée à ce sujet : "Nous aimons tous les Compagnons, disons du bien d'eux tous, avons de la compassion pour eux tous et prions Dieu en faveur d'eux tous. Mais nous considérons que l'infaillibilité dans les avis qu'on formule (al-'isma min al-khata' fi-l-ijtihâd) n'appartient qu'au Messager de Dieu" (d'après MF 4/434).

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

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Signification des sigles :

AMQ : Al-'Awâssim min al-qawâssim, Ibn ul-'Arabî
FB : Fat'h ul-bârî, Ibn Hajar
FMAN : Al-Fissal fi-l-milal wa-l-ahwâ' wa-n-nihal, Ibn Hazm
HB : Hujjat ullâh il-bâligha, Shâh Waliyyullâh
MF : Majmû' ul-fatâwâ, Ibn Taymiyya
MRH : Makânu ra's il-Hussein, Ibn Taymiyya
MS : Minhâj us-sunna an-nabawiyya, Ibn Taymiyya
MT : Muqaddimatu Târîkh-ibn Khaldûn, Ibn Khaldûn
RFWD : Rijâl ul-fikr wa-d-da'wa fil-islâm (traduction arabe de Târîkh-é da'wat o 'azîmat), Abul-Hassan Alî an-Nadwî
ShAT : Shar'h ul-'aqîda at-tahâwiyya, Ibn Abi-l-'izz
WK : Wâqi'a-é Karbalâ' aur uss kâ pass manzar, eik na'é mutala'é kî rôshnî mein, Cheikh 'Atîq ur-Rahmân as-Sanbhalî.

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