7 grandes épreuves (Fitna) dont le Prophète (que Dieu le loue et le salue) avait annoncé qu'elles atteindraient sa Communauté de foi (al-Umma al-Muhammadiyya)

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--- Que signifie le terme "Fitna" ?

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Il faut, ici, rappeler que...

D'autres Epreuves ont été annoncées dans la Sunna, qui touchent pour leur part à la décadence morale et spirituelle dans la pratique de nombreux musulmans : l'entrée en rivalité pour les richesses de ce monde ; le fait de retarder l'accomplissement des prières rituelles obligatoires ; etc.

Autres encore sont les Epreuves que constituent les déviances (dhalâl) dans la conception même du Dîn, lesquelles voient le jour au fil du temps qui passe.

– Mais, les 7 grandes Epreuves qui seront évoquées ci-après sont différentes, et touchent surtout la marche temporelle - Dunyawî - de la Umma (sauf la VI - Fitnat ud-Dajjâl -, qui affectera le Dunyâ, mais aussi directement le Dîn d'un nombre conséquent de musulmans, et la V - Fitnat ud-Duhaymâ' -, qui aura une incidence sur le Dunyâ mais aussi, directement, le Dîn d'un certain nombre de musulmans).

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Avertissement :

A lire au préalable :

--- Ne pas tomber dans la paranoïa ou l'angoisse par rapport à la venue future du faux Messie, Dajjâl, ou à la présence de certains signes avant-coureurs.

--- La fin du monde est-elle vraiment pour bientôt, comme on entend certains le dire ?.

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Voici 7 grandes épreuves prophétisées par le Dernier Messager de Dieu (que la paix soit sur lui) (les hadîths originels où mention de ces épreuves figure sont cités tout en bas) :

I) La "Fitna qui fera des vagues comme la mer en fait" ("الفتنة التي تموج كموج البحر" : hadîth 3) ;
II) la
"Fitnat ul-Ahlâs" ("فتنة الأحلاس" : hadîth 7) ;
III) la
"Fitnat us-Sarrâ'" ("فتنة السراء" : hadîth 7) ;
IV) la "Fitna qui entrera dans toute maison arabe" ("فتنة لا يبقى بيت من العرب إلا دخلته" : hadîth 8) ;
V) la
"Fitnat ud-Duhaymâ'" ("فتنة الدهيماء" : hadîth 7) ;
VI) la Fitna du Messie-Dajjâl ("فتنة المسيح الدجّال" : hadîth 12) ;
VII) la Fitna du dernier déferlement de Gog et Magog ("فتنة فتْح ونسْلان يأجوج ومأجوج" : hadîth 13).

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I) "La Fitna qui fera des vagues comme la mer en fait" : "الفتنة التي تموج كموج البحر" (hadîth 3) ; cela constitua le premier grand "tort" qui atteignit la Umma Muhammadiyya de façon générale : "فتنة وشر" (hadîth 4.3) :

Il s'agit de l'insurrection armée menée par une poignée d'hommes contre le calife Uthmân (que Dieu l'agrée), laquelle insurrection a conduit à son assassinat (fin de l'an 35 a. h.) ; lequel assassinat a entraîné, par ricochets, une série de troubles, parmi lesquels les batailles de Jamal et de Siffîn ; de l'arrêt de cette dernière bataille résulta l'insurrection des Kharijites contre tous ceux qui se réclamaient de l'islam mais n'avaient pas la même croyance qu'eux.
Ces vagues de troubles ne prirent fin qu'avec la concorde, avec la reconnaissance de Mu'âwiya (que Dieu l'agrée) comme calife, en l'an 41 a. h..

L'insurrection contre Uthmân prit sa source dans les intrigues de Abdullâh ibn Saba' et les dénigrements prononcés contre le calife, dénigrements qui apparurent à l'origine dans la région se trouvant à l'est par rapport à Médine ; c'est ce qui explique la substance de plusieurs hadîths du Prophète : "La Fitna proviendra de l'est" : "باب قول النبي صلى الله عليه وسلم: "الفتنة من قبل المشرق" : Sahîh ul-Bukhârî, Kitâb ul-Fitan, bâb 16) (Fat'h ul-bârî 13/18). "عن فضيل، قال: سمعت سالم بن عبد الله بن عمر يقول: "يا أهل العراق، ما أسألكم عن الصغيرة وأركبكم للكبيرة! سمعت أبي عبد الله بن عمر يقول: سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلم يقول: "إن الفتنة تجيء من هاهنا" - وأومأ بيده نحو المشرق - "من حيث يطلع قرنا الشيطان". وأنتم يضرب بعضكم رقاب بعض، وإنما قتل موسى الذي قتل من آل فرعون خطأً، فقال الله عز وجل له: {وقتلت نفسا فنجيناك من الغم وفتناك فتونا" (Muslim 2905/50).

Quand Omar ibn ul-Khattâb (que Dieu l'agrée) demanda à d'autres Compagnons qui d'entre eux se souvenait du hadîth relatif à cette "Fitna qui fera des vagues comme le fait la mer", Hudhayfa (que Dieu l'agrée) lui répondit qu'il n'avait pas à s'en inquiéter, car il se trouvait, entre cette Fitna, et l'époque où il vivait : "une porte fermée" [empêchant donc ce trouble de venir] ; cependant, "la porte serait brisée", avait dit Hudhayfa à Omar. A ses élèves qui l'avaient par la suite questionné quant au sens de cette métaphore : "Qui est cette porte ?", Hudhayfa dit qu'il s'agissait de la présence de Omar lui-même (hadîth 3).

L'insurrection armée contre le calife Uthmân fut donc le premier des deux maux dont parle le hadîth de Hudhayfa (hadîth 4) (FB 13/46).

Dans le hadîth 4.2, quand, comme protection [= solution] pour contrer cette Fitna, le Prophète a évoqué le sabre, il a voulu dire qu'il s'agirait, face aux insurgés (bughât 'ala-l-amîr), que l'autorité prenne les armes, et ce avant l'assassinat de Uthmân, vu que ces insurgés appelaient à renverser le calife (ceci est globalement l'interprétation de al-Gangôhî, relatée in Badhl ul-maj'hûd, 12/277, laquelle interprétation est totalement différente de celle de Qatâda, qui a été reprise par Shâh Waliyyullâh).
Défendre l'autorité en place contre les insurgés cherchant à la renverser, al-bughât 'ala-l-amîr, c'est (tant que l'autorité n'a pas apostasié de façon évidente) ce que le Prophète a enjoint de faire dans d'autres hadîths : "عن عرفجة قال: سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلم، يقول: "إنه ستكون هنات وهنات، فمن أراد أن يفرق أمر هذه الأمة وهي جميع، فاضربوه بالسيف، كائنا من كان" (Muslim, 1852/59) : "أي ادفعوا من خرج علي الإمام بالسيف، وإن كان أشرف وأعلم وترون أنه أحق وأولي" (Shar'h ul-mishkât, at-Tîbî, sur 3677) ; "عن عبد الله بن عمرو بن العاص قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: (...) ومن بايع إماما فأعطاه صفقة يده، وثمرة قلبه، فليطعه إن استطاع؛ فإن جاء آخر ينازعه، فاضربوا عنق الآخر" (Muslim, 1844) : "فإن جاء آخر ينازعه، فاضربوا عنق الآخر": معناه: ادفعوا الثاني، فإنه خارج على الإمام؛ فإن لم يندفع إلا بحرب وقتال، فقاتلوه؛ فإن دعت المقاتلة إلى قتله، جاز قتله ولا ضمان فيه، لأنه ظالم متعد في قتاله" (Shar'h Muslim, an-Nawawî, 12/234). Attention : ces hadîths ne parlent pas d'exécuter celui qui s'est contenté de faire la critique de la politique du chef de l'Etat : ils parlent de combattre, pour le repousser, celui qui a dûment pris les armes pour renverser le chef de l'Etat. Par ailleurs, l'application concrète de ce hukm demande bien sûr qu'on ait la mazinna de la qud'ra de parvenir à faire cesser la sédition. Par ailleurs encore, s'il est possible de raisonner les insurgés, al-bughât 'ala-l-amîr, sans qu'il y ait combat, an-Nawawî a dit de le faire (dans son écrit reproduit ci-dessus). (Enfin, rappelons que faire entrer les bughât 'an il-amîr sous l'autorité califale, cela est nécessaire, mais prendre les armes pour le faire n'est pas institué.)

La bataille de Siffîn est évoquée dans un autre hadîth encore : "La fin du monde n'aura pas lieu avant que (vienne le moment où) deux grands groupes se combattront, puis qu'une grande tuerie se produira entre deux, la proclamation des deux étant la même chose…" : "عن أبي هريرة رضي الله عنه، عن النبي صلى الله عليه وسلم، قال: "لا تقوم الساعة حتى يقتتل فئتان فيكون بينهما مقتلة عظيمة، دعواهما واحدة" (al-Bukhârî, 3413, voir FB 6/753, Muslim, 157) (hadîth 5).

Pareillement, l'insurrection des Kharijites avait été annoncée dans bien des hadîths, parmi lesquels celui-ci : "عن أبي سعيد الخدري، قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "تمرق مارقة عند فرقة من المسلمين، يقتلها أولى الطائفتين بالحق" (Muslim, 1064). Dans le hadîth suivant, il était même annoncé que l'origine des Kharijites serait dans la région située à l'est par rapport à Médine : "عن أبي سعيد الخدري رضي الله عنه، عن النبي صلى الله عليه وسلم قال: "يخرج ناس من قبل المشرق، ويقرءون القرآن لا يجاوز تراقيهم، يمرقون من الدين كما يمرق السهم من الرمية، ثم لا يعودون فيه حتى يعود السهم إلى فوقه". قيل: "ما سيماهم؟" قال: "سيماهم التحليق"، أو قال: "التسبيد" (al-Bukhârî, 7123) (hadîths 6).

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Le bien qui suivit cette Fitna ("الخير بعد ذلك الشر" : hadîths 4.1 et 4.3) fut la concorde qui se produisit en l'an 41 a. h., suite au désistement de al-Hassan ibn Alî du califat, au profit de Mu'âwiya (que Dieu les agrée). Abû Bak'ra (que Dieu l'agrée) a relaté que, un jour, alors que le Prophète (sur lui soit la paix) faisait un sermon, al-Hassan, encore enfant, était apparu ; le Prophète avait alors dit de son petit-fils : "Mon fils que voici est un chef. Et peut-être que Dieu réconciliera par son intermédiaire deux groupes de musulmans" : "فقال الحسن: ولقد سمعت أبا بكرة يقول: رأيت رسول الله صلى الله عليه وسلم على المنبر والحسن بن علي إلى جنبه، وهو يقبل على الناس مرة، وعليه أخرى ويقول: "إن ابني هذا سيد، ولعل الله أن يصلح به بين فئتين عظيمتين من المسلمين" (al-Bukhârî 2704, 3629, 3746, 7109, at-Tirmidhî 3775, Abû Dâoûd 4662, FB 13/77).
Concorde il y eut, mais avec un trouble resté dans certains cœurs [= un petit quelque chose de rancœur] ("les cœurs de certaines personnes ne redeviendront plus sur ce qu'ils étaient" : "لا ترجع قلوب أقوام على الذي كانت عليه"). Il y eut "une cohésion sur des fétus de paille" ("هدنة على دخن، وجماعة على أقذاء") (hadîth 4.3) ("أي لا تكون قلوبهم صافية عن الحقد والبغض كما كانت صافية قبل ذلك" : Shar'h ul-massâbîh, Ibn ul-Malik).

Par ailleurs, Mu'âwiya (que Dieu l'agrée) vécut (lorsqu'il était émir de Syrie, puis) lorsque calife de tout le monde musulman, dans le faste des prophètes-rois, et pas dans la simplicité et la frugalité du prophète Muhammad (sur eux soit la paix) et des califes immédiats de celui-ci ("قوم يهتدون بغير هديي، تعرف منهم وتنكر") (hadîth 4.1) (Hujjat ulllâh il-bâligha, 2/581). Les hadîths 18, 19, 20, 21 et 22 évoquent le remplacement du califat ('alâ minhâj un-nubuwwa) par le (califat 'alâ minhâj il-)mulk.

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II) La "Fitnat ul-Ahlâs" (فتنة الأحلاس، فقال قائل: "يا رسول الله، وما فتنة الأحلاس؟" قال: "هي هرب وحرب" : hadîth 7) / "دعاة إلى أبواب جهنم، من أجابهم إليها قذفوه فيها" (hadîth 4.1) :

Il s'agit, d'après Shâh Waliyyullâh, des troubles liés aux combats pour le pouvoir, qui prirent place entre la mort de Yazîd ibn Mu'âwiya (en l'an 64) et la victoire finale de Abd ul-Malik ibn Marwân en tant que calife (en l'an 73), et qui furent concomitants au califat de Abdullâh ibn uz-Zubayr (que Dieu l'agrée) (64-73) (Hujjat ullâh il-bâligha, 2/580, 581).

Cette Fitnat ul-ahlâs évoquée dans le hadîth de Abdullâh ibn Omar (hadîth 7) correspond au second Sharr évoqué dans le hadîth de Hudhayfa ("الشر بعد ذلك الخير" : hadîths 4.1 et 4.3). Vu que d'une part combattre autrui afin de prendre le pouvoir est un grand péché (kabîra) (car pour que combattre qui que ce soit devienne autorisé, il faut qu'il y ait une raison véritablement reconnue valable), et que d'autre part la kabîra est cause d'admission temporaire dans la Géhenne (sauf pardon de Dieu), les gens appelant les hommes à venir participer à ce Sharr ont été qualifiés dans le hadîth de : "appeleurs vers les portes de la Géhenne" (hadîth 4.1).
Et quand le Prophète a dit de ces gens : "Ils sont de notre groupe, et parlent notre langue" (hadîth 4.1), soit il a voulu dire que ce seront des Arabes, soit il a voulu dire que ce seront des musulmans, disant eux aussi : "Dieu a dit ainsi ; Son Messager a dit ainsi" (cf. Mirqât ul-mafâtîh).

L'ordre du Prophète (sur lui soit la paix) adressé à Hudhayfa a été, pour cette Fitna, ce qui suit :
--- s'il existera alors un calife, de rester sous l'autorité de celui-ci ;
--- et s'il n'y aura alors pas de calife, de se tenir à l'écart de tous ces groupes armés cherchant à prendre le pouvoir.

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III) La "Fitnat us-Sarrâ'" ("فتنة السراء؛ دخنها من تحت قدمي رجل من أهل بيتي يزعم أنه مني، وليس مني، وإنما أوليائي المتقون، ثم يصطلح الناس على رجل كورك على ضلع" : hadîth 7) :

Il s'agit, d'après Shâh Waliyyullâh, de l'insurrection contre les Banû Umayya pour l'établissement de la dynastie des Banu-l-Abbâs.

"L'homme des Ahl ul-Bayt sous les pieds duquel viendra le trouble de cette Fitna, et qui prétendra qu'il fait partie des gens de Rassûlullâh" serait-il alors Muhammad ibn Alî ibn Abdillâh ibn Abbâs (l'auteur de la da'wa 'abbâssiyya) ?

En tous cas, Abû Muslim al-Khurâssânî se mit au service de cette da'wa 'abbâssiyya, et mena une insurrection armée contre les Umayyades au Khorassan ; il finit par affronter le dernier calife umeyyade (Marwân ibn Muhammad) et le défit à la bataille de Zâb en l'an 132.

L'établissement de l'autorité des Abbassides se fit peu après, toujours en l'an 132 a.h. / 750 a. g.

D'après Shâh Waliyyullâh, "l'homme sur qui la concorde se fera, qui sera comparable à une hanche placée sur une côte" est Abu-l-Abbâs as-Saffâh, le premier calife Abbasside (HB 2/580).

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Sur certains points, l'Etat abbasside fut plus éloigné du vrai que l'Etat umayyade, et sur d'autres points les Abbassides furent plus proches de la Sunna que les Umayyades : "ثم السنة كانت قبل دولة بني العباس أظهر منها وأقوى في دولة بني العباس، فإن بني العباس دخل في دولتهم كثير من الشيعة وغيرهم من أهل البدع" (MS 2) ; "فخلفاء بني العباس أحسن تعاهدا للصلوات في أوقاتها من بني أمية، فإن أولئك كانوا كثير الإضاعة لمواقيت الصلاة" (MF 4/20).

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IV) La "Fitna dont il ne restera aucune maisonnée des Arabes sans qu'elle y entre" ("فتنة لا يبقى بيت من العرب إلا دخلته" : hadîth 8) / le "tort qui sera cause de malheur pour les Arabes" ("ويل للعرب من شر قد اقترب" : hadîth 9) :

Il s'agit des invasions mongoles, lesquelles se déroulèrent au 7ème siècle hégirien / XIIIè siècle grégorien.

C'est l'une des deux propositions de al-Munâwî au sujet de cette partie du hadîth 5 ("فتنة لا يبقى بيت من العرب إلا دخلته") (il écrit : "قيل: وهي واقعة التتار، إذ لم يقع في الإسلام بل ولا في غيره مثلها" : Faydh ul-qadîr).

Du hadîth 7 aussi, al-Kirmânî dit qu'il parle des invasions des Mongols, désignés sous l'appellation : "Gog et Magog" (Qassas ul-qur'ân, 3/221) : Un jour, le Prophète Muhammad (sur lui la paix) entra, soucieux, auprès de son épouse Zaynab bint Jahsh, et dit : "لا إله إلا الله، ويل للعرب من شر قد اقترب؛ فُتِحَ اليوم من ردم يأجوج ومأجوج مثلُ هذه" : "Lâ ilâha illa'llâh ! Malheur aux Arabes à cause d'un malheur devenu proche ! Aujourd'hui, quelque chose de semblable à ceci – et il fit un petit cercle de ses doigts – a été ouvert dans la muraille de Gog et Magog" (hadîth 9). Cette "ouverture" est à comprendre dans un sens métaphorique (Qassas ul-qur'ân, 3/220-221 ; Al-Bidâya wa-n-nihâya 2/127).

Le moment le plus marquant de ces invasions fut la mise à mort du calife abbasside al-Musta'sim billâh et le pillage de la ville de Bagdad (capitale du califat), en l'an 656 a.h. / 1258 a.g..

La consultation de n'importe quel ouvrage sérieux d'histoire nous apprendra combien les invasions mongoles portèrent un coup terrible à la civilisation arabo-musulmane, qui ne s'en est jusqu'à aujourd'hui pas relevée. "Malheur aux Arabes à cause d'un malheur devenu proche !" (hadîth 9).
Mon article sur les causes du sous-développement actuel des pays musulmans évoque ce point.

(Il faut ici préciser que ces invasions mongoles prirent place dans un cadre plus large de "ravissement, par les Turk, du leadership temporel aux Arabes" : un autre article, consacré à ces derniers, en parle.)

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V) La "Fitnat ud-Duhaymâ'" ("فتنة الدهيماء، لا تدع أحدا من هذه الأمة إلا لطمته لطمة، فإذا قيل: "انقضت"، تمادت" : hadîth 7) :

J'ai proposé qu'il s'agirait de la colonisation de la majeure partie du monde musulman aux XIXème et XXème siècles grégoriens.

Le Prophète (sur lui soit la paix) avait prédit de cette épreuve : "elle ne laissera personne de cette Umma sans la gifler" (hadîth 7). C'est-à-dire qu'elle affectera chaque musulman sur le plan Dunyawî.

Le Prophète a parlé aussi de l'affectation que cette épreuve causera à certains musulmans sur le plan Dînî :
"Lors de (cette Fitna), l'homme [musulman] sera croyant le matin, et incroyant le soir" (hadîth 7).

"Bientôt les nations s'inviteront l'une l'autre sur vous, comme les mangeurs s'invitent à leur plat" (hadîth 10).

Tout cela sans oublier que la mainmise ne peut jamais être totale sur toute la Umma, en vertu de l'invocation faite par le Prophète et ayant été acceptée par Dieu (hadîth 15).

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Le Prophète (sur lui soit la paix) a dit aussi, au sujet de cette Fitnat ud-Duhaymâ' : "Lorsqu'il sera dit : "Elle est (maintenant) terminée", elle se poursuivra" (hadîth 7).

Cela sera d'autant plus étrange qu'il y aura, dans le même temps, "un accord de paix qui existera entre vous et les Banu-l-Asfar" (hadîth 8).

Dans les pays musulmans, ce sera alors : "une royauté dictatoriale" (hadîth 23) ; "une dictature et la (promotion du) mal dans la Umma : ils déclareront licites les relations intimes hors mariage, l'alcool et la soie ; ils auront le dessus ainsi, et recevront leur subsistance, jusqu'à leur mort" (hadîth 24).

C'est peut-être à cette époque que se produira ce que le hadîth 17 annonce : le Ma'rûf ne sera plus perçu [par de nombreuses personnes] comme tel, ni le Munkar comme tel ; puis le Ma'rûf sera perçu [par de nombreuses personnes] comme étant Munkar, et le Munkar comme étant Ma'rûf.

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Ce qui précède ira en s'amplifiant jusqu'à peu avant l'apparition du Messie-Dajjâl (Trompeur) :
"Lors de (cette Fitna ud-Duhaymâ'), l'homme [musulman] sera croyant le matin, et incroyant le soir.
Jusqu'à
ce que les hommes [musulmans] constitueront deux camps : un camp de Foi dans lequel il n'y a pas d'hypocrisie, et un camp d'Hypocrisie dans lequel il n'y a pas de foi.
Lorsque cela sera arrivé, alors attendez-vous au Dajjâl le jour même, ou le lendemain"
(hadîth 3).

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VI) L'avènement du Messie-Dajjâl ("المسيح الدجّال" : hadîth 12) :

Parmi tous les hadîths qui parlent de la venue du Messie-Dajjâl, l'un d'eux dit : "Entre la création de Adam et la fin du monde, il n'y aura pas de Fitna plus grande que le Dajjâl" (hadîth 12).
Une fois qu'il sera apparu, le Messie-Dajjâl exercera son règne sur toute la Terre (excepté sur les cités de La Mecque et de Médine) (par ailleurs, il ne réussira pas à fouler l'esplanade des mosquées à Jérusalem). Cela durera jusqu'à la descente du Messie Jésus fils de Marie, laquelle se produira alors que le Messie-Dajjâl sera justement sur le point de chercher à entrer sur l'esplanade des mosquées, afin d'y rebâtir le Temple. Voyant Jésus, le Dajjâl s'enfuira, puis Jésus fils de Marie finira par le rattraper et l'anéantira à la porte de Lod.
Lire à ce sujet :
--- Lorsqu'apparaîtra le Messie Trompeur, et que, par la suite, le Messie Jésus fils de Marie redescendra.

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Quant au hadîth 11, il se traduit ainsi : "Des juifs vous combattront. (...)" : "عن سالم بن عبد الله، أن عبد الله بن عمر رضي الله عنهما قال: سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلم يقول: "تقاتلكم اليهود" (al-Bukhârî, 3398 / 3593, Muslim, 2921/81). Suite à quoi les musulmans concernés se défendront : "عن نافع، عن عبد الله بن عمر رضي الله عنهما أن رسول الله صلى الله عليه وسلم قال: "تقاتلون اليهود" : "Vous combattrez ces juifs. (...)" (al-Bukhârî, 2767, Muslim, 2921/79).

Certes, des ulémas anciens (parmi lesquels Ibn Hajar) et contemporains ont dit que la confrontation armée évoquée dans ce hadîth 11 (ainsi que dans d'autres hadîths du même genre) est celle qui se déroulera au moment précis où le Messie Dajjâl sera apparu (ce qui n'est évidemment pas le cas aujourd'hui) : lors de l'apparition du Dajjâl, sa fonction sera (entre autres) de ramener tous les gens de son peuple autour de Jérusalem et de rétablir le 3ème Temple sur le Mont : cette volonté motivera l'avancée de l'armée du Dajjâl, laquelle remportera des victoires militaires sur ceux des musulmans qui résisteront et refuseront d'abandonner l'Esplanade des mosquées. La suite du hadîth évoque la victoire finale des musulmans alors présents sur place (suite à la descente de Jésus fils de Marie). Dans ce cas, la colonisation sioniste relève de l'épreuve précédente, la V (Fitnat ud-Duhaymâ' : hadîth 7), constituant l'une de ses ramifications (car lancée avec l'approbation explicite des Britanniques s'étant fait remettre un mandat sur cette portion de terre) (colonisation pour sa part encore plus accentuée que d'autres types de colonisation, car consistant non pas seulement à prendre possession de la terre, mais aussi à en expulser le maximum d'habitants musulmans originels).

Cependant, il existe également comme possibilité que ce hadîth 11 (lequel est plus long que la seule première phrase traduite ci-dessus) recèle plutôt une ellipse narrative ; et donc que la confrontation annoncée dans cette phrase (du début du hadîth) évoque en fait la colonisation sioniste (laquelle colonisation sioniste a débuté plusieurs décennies avant que l'apparition du Messie Dajjâl se produise, mais qui continuera et s'étendra jusqu'à ce moment-là) ; la suite du hadîth évoque seulement que [après l'apparition du faux Messie, la confrontation connaîtra son paroxysme lors de la volonté de faire place nette sur l'Esplanade pour y bâtir le 3ème Temple, et] (à la fin) ce sera la défaite des armées du Dajjâl. Dans ce cas, la colonisation sioniste relève plutôt de cette épreuve-ci, la VI.

En tous cas, le début de l'établissement officiel d'un foyer national juif en Palestine s'est fait en 1917 (déclaration Balfour), la proclamation de l'Etat sioniste s'est faite en 1948 (pour les Arabo-musulmans, cela fut perçu et continue à être perçu comme une "catastrophe", "nakba"), et la conquête par les sionistes de la vieille cité de Jérusalem (Jérusalem-est) s'est faite en 1967 (pour les Arabo-musulmans, ce fut "la seconde catastrophe", "an-nakba ath-thâniya").
A ce jour, la colonisation continue (Jérusalem-est et Cisjordanie). On ne sait pas où elle s'arrêtera ; est-ce que dans le futur elle débordera le Jourdain et arrivera jusqu'aux bords de l'Euphrate à l'ouest, tandis qu'elle s'étendra jusqu'au Nil à l'est, et ira jusqu'à englober vers le sud le mont du Sinaï (actuellement dans la province de Tabuk, en Arabie Saoudite) ? L'avenir le montrera.
Lire :
--- Le conflit israélo-palestinien est-il un conflit religieux, ou un conflit lié à une terre ?.

Dans ce hadîth 11, le Prophète (sur lui soit la paix) a adressé le pronom "vous" en apparence à ses Compagnons présents devant lui, mais en réalité à ceux de ses lointains disciples qui seront directement concernés par l'événement. Commentant ce hadîth, Ibn Hajar écrivait à son époque (à cheval sur les 8ème et 9ème siècles de l'hégire) : "وهو إخبار بما يقع في مستقبل الزمان" : "Ceci est une information de ce qui se passera dans le futur" (Fat'h ul-bârî 6/126). Commentant la phrase : "Des juifs vous combattront", Ibn Hajar écrivait : "وفي قوله صلى الله عليه وسلم "تقاتلكم اليهود" جواز مخاطبة الشخص والمراد من هو منه بسبيل، لأن الخطاب كان للصحابة والمراد من يأتي بعدهم بدهر طويل""On voit ici la possibilité de s'adresser à une personne, alors que celui que l'on veut cibler est celui qui est semblable à elle ; car (cette) énonciation se faisait aux Compagnons, alors que les hommes ciblés viendront une longue période après eux" (Ibid., 6/745-746). "فيه جواز مخاطبة الشخص والمراد غيره ممن يقول بقوله ويعتقد اعتقاده، لأنه من المعلوم أن الوقت الذي أشار إليه صلى الله عليه وسلم لم يأت بعد" : "On trouve ici la possibilité de s'adresser à une personne, alors que celui que l'on veut cibler est autre, qui dit la même chose et a la même croyance (que la première personne). Car on sait que le moment auquel le Prophète, que Dieu le bénisse et le salue, a fait ici allusion, (ce moment) n'est pas encore arrivé" (Ibid, 6/126).
Lire :
--- Le Prophète (sur lui soit la paix) n'a jamais dit : "Combattez les juifs de telle sorte que si le juif s'abrite derrière une pierre, celle-ci le dénonce et dise de venir le tuer".

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VII) Le dernier déferlement de Gog et Magog ("يبعث الله يأجوج ومأجوج، وهم من كل حدب ينسلون" : hadîth 13) :

Peu de temps après avoir anéanti le Messie-Dajjâl, Jésus recevra de Dieu l'ordre de se réfugier avec les croyants sur le Sinaï – ou ailleurs d'après une autre version – afin d'échapper à Gog et Magog, "qui dévaleront de chaque colline", arriveront jusqu'à Jérusalem et assècheront ce qui demeurera du Lac Tibériade (hadîth 13).

Cette Fitna ne prendra fin que suite à une épidémie mortelle qui apparaîtra dans les rangs de Gog et Magog et les décimera tous (hadîth 13).

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Dans le Coran, Dieu a fait allusion à cet ultime déferlement de Gog et Magog, qui fait partie des "grands signes" de la Fin du Monde (c'est-à-dire qui la précèdent de très peu) : "حَتَّى إِذَا فُتِحَتْ يَأْجُوجُ وَمَأْجُوجُ وَهُم مِّن كُلِّ حَدَبٍ يَنسِلُونَ وَاقْتَرَبَ الْوَعْدُ الْحَقُّ" : "Jusqu'à ce que quand déferleront Gog et Magog et qu'ils dévaleront de chaque colline. Et la promesse vraie [= la fin du monde] se sera rapprochée (…)" (Coran 21/96-97) ("futihat" a été traduit ici par "déferler" : il s'agit, écrit as-Syôhârwî, d'un terme à appréhender dans un sens métaphorique : leur irruption sera comparable au mouvement de gens qui avaient été emprisonnés et puis sont tout d'un coup relâchés : Qassas ul-qur'ân 3/212).

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Quels sont aujourd'hui les ancêtres de ces peuples qui déferleront à ce moment-là, et qui ont été nommés "Gog et Magog" par Dieu dans ce verset Coran 21/96, ainsi que par le Prophète dans le hadîth numéroté 13 ?
On lit leur description ainsi : "حتى يأتى يأجوج ومأجوج عراض الوجوه صغار العيون صهب الشعاف من كل حدب ينسلون كأن وجوههم المجان المطرقة" : "jusqu'à ce que viennent Gog et Magog, aux larges visages, aux petits yeux, aux sommets des têtes argentés / gris / blancs ("shuh'b") [d'après une autre version : "roux ("Suh'b")], dévalant de chaque colline ; c'est comme si leurs visages étaient des boucliers cuirassés" (hadîth 14).

S'agirait-il de la civilisation extrême-orientale ou (pour reprendre le terme de Huntington) "confucéenne", fédérée autour de la Chine (dont Napoléon Ier et Peyrefitte avaient dit que "lorsqu'elle s'éveillera, le monde tremblera"), et lancée à la conquête d'une grande partie du monde (au moins jusqu'à Jérusalem) suite à l'affaiblissement de certaines civilisations, entre autres l'arabo-musulmane, rendue exsangue par les graves événements qui viendront de s'être alors déroulés ?

Lire :
--- Qui sont les Gog et Magog évoqués dans le Coran et la Sunna ?.

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Voici des hadîths et des âthâr contenant ces prophéties (de certains d'entre eux sont extraites les épreuves sus-citées) :

- 1) Quelques hadîths annonçant que le Dunyâ serait ouvert sur les gens de sa Umma après lui, et où on voit le Prophète (sur lui soit la paix) exprimait sa crainte que des gens de sa Umma entrent en compétition par rapport aux choses du Dunyâ :

--- 'Uqba relate : "عن عقبة بن عامر قال: صلى رسول الله صلى الله عليه وسلم على قتلى أحد بعد ثماني سنين، كالمودع للأحياء والأموات، ثم طلع المنبر فقال: "إني بين أيديكم فرط، وأنا عليكم شهيد، وإن موعدكم الحوض، وإني لأنظر إليه من مقامي هذا، وإني لست أخشى عليكم أن تشركوا، ولكني أخشى عليكم الدنيا أن تنافسوها." قال: فكانت آخر نظرة نظرتها إلى رسول الله صلى الله عليه وسلم" (al-Bukhârî, version 3816) ; "عن عقبة بن عامر: أن النبي صلى الله عليه وسلم خرج يوما، فصلى على أهل أحد صلاته على الميت، ثم انصرف إلى المنبر، فقال: "إني فرط لكم، وأنا شهيد عليكم، وإني والله لأنظر إلى حوضي الآن، وإني أعطيت مفاتيح خزائن الأرض - أو مفاتيح الأرض - وإني والله ما أخاف عليكم أن تشركوا بعدي، ولكن أخاف عليكم أن تنافسوا فيها" (al-Bukhârî, version 1279). S'adressant à l'ensemble de ses Compagnons lors du dernier sermon qu'il dit, le Prophète dit : "Je vous précède. Je serai un témoin pour vous. Votre rendez-vous est au Bassin ; je le vois de là où je me trouve. Les clés des trésors de (cette) Terre m'ont été donnés. Et je ne crains pas, vous concernant, l'associationnisme, mais je crains que vous entriez en compétition pour ce monde". C'était, affirme 'Uqba, le dernier regard que j'ai pu poser sur le Prophète (vivant).
--- 'Amr ibn 'Awf relate : "عن عمرو بن عوف أن رسول الله صلى الله عليه وسلم بعث أبا عبيدة بن الجراح إلى البحرين يأتي بجزيتها، وكان رسول الله صلى الله عليه وسلم هو صالح أهل البحرين، وأمر عليهم العلاء بن الحضرمي، فقدم أبو عبيدة بمال من البحرين، فسمعت الأنصار بقدومه، فوافته صلاة الصبح مع رسول الله صلى الله عليه وسلم، فلما انصرف تعرضوا له، فتبسم رسول الله صلى الله عليه وسلم حين رآهم، وقال: "أظنكم سمعتم بقدوم أبي عبيدة، وأنه جاء بشيء". قالوا: أجل يا رسول الله، قال: "فأبشروا وأملوا ما يسركم، فوالله ما الفقر أخشى عليكم، ولكن أخشى عليكم أن تبسط عليكم الدنيا، كما بسطت على من كان قبلكم، فتنافسوها كما تنافسوها، وتلهيكم كما ألهتهم" : Lorsque de nombreux Ansâr étaient venus dans sa mosquée pour la prière de l'aube, ayant entendu que Abû 'Ubayda avait rapporté des biens de al-Bahrayn. Après leur avoir dit : "Bonne nouvelle ! Ayez espoir de ce qui vous réjouit", le Prophète ajouta : "Ce n'est pas la pauvreté que je crains pour vous. Mais ce par rapport à quoi j'éprouve de la crainte c'est que ce monde soit étendu sur vous comme il l'a été sur ceux qui étaient avant vous, que vous entriez en compétition par rapport à lui comme l'ont fait ceux (qui étaient avant vous), et qu'il vous distraie alors comme il les avait distraits" (al-Bukhârî, 6061 etc., Muslim, 2961).
--- Abû Sa'ïd relate : "عن أبي سعيد الخدري، قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "إن أكثر ما أخاف عليكم ما يخرج الله لكم من بركات الأرض" قيل: وما بركات الأرض؟ قال: "زهرة الدنيا" فقال له رجل: هل يأتي الخير بالشر؟ فصمت النبي صلى الله عليه وسلم حتى ظننا أنه ينزل عليه، ثم جعل يمسح عن جبينه، فقال: "أين السائل؟" قال: أنا - قال أبو سعيد: لقد حمدناه حين طلع ذلك - قال: "لا يأتي الخير إلا بالخير. إن هذا المال خضرة حلوة، وإن كل ما أنبت الربيع يقتل حبطا أو يلم، إلا آكلة الخضرة، أكلت حتى إذا امتدت خاصرتاها، استقبلت الشمس، فاجترت وثلطت وبالت، ثم عادت فأكلت. وإن هذا المال حلوة؛ من أخذه بحقه، ووضعه في حقه، فنعم المعونة هو؛ ومن أخذه بغير حقه كان كالذي يأكل ولا يشبع" : Le Prophète a dit : "Ce que je crains pour vous c'est ce qui sera ouvert sur vous de la fleur de ce monde et de sa parure". Quelqu'un demanda alors si ce qui est bien peut-il ainsi amener le mal. Le Prophète apprécia la question, puis dit que le bien n'amène que le bien, mais donna l'exemple de l'herbe qui pousse grâce à l'eau du ruisseau : elle peut tuer un animal d'indigestion. Il faut donc, continua-t-il, que l'animal prenne le temps de s'arrêter de manger de temps à autre pour digérer et pour évacuer de lui le surplus. Puis le Prophète affirma : "Ces biens sont quelque chose de verdoyant et de sucré. Quel bonne aide constituent-ils pour qui les acquiert dans le droit et les dépense dans le droit ! Mais quant à celui qui les acquiert hors de leur droit, il est comme celui qui mange mais ne se rassasie pas" (rapporté par al-Bukhârî, 6063 etc., Muslim, 1052).
--- Abû Sa'ïd relate : "عن أبي سعيد الخدري، قال: خطب النبي صلى الله عليه وسلم فقال: "إن الله خير عبدا بين الدنيا وبين ما عنده فاختار ما عند الله"، فبكى أبو بكر الصديق رضي الله عنه، فقلت في نفسي ما يبكي هذا الشيخ؟ إن يكن الله خير عبدا بين الدنيا وبين ما عنده، فاختار ما عند الله، فكان رسول الله صلى الله عليه وسلم هو العبد، وكان أبو بكر أعلمنا، قال: "يا أبا بكر لا تبك، إن أمن الناس علي في صحبته وماله أبو بكر، ولو كنت متخذا خليلا من أمتي لاتخذت أبا بكر، ولكن أخوة الإسلام ومودته، لا يبقين في المسجد باب إلا سد، إلا باب أبي بكر" : Le Prophète dit : "Il y a un serviteur de Dieu à qui Dieu a donné de choisir entre ce qu'il veut de la fleur de ce monde et ce qui se trouve auprès de Lui ; (ce serviteur) a choisi ce qui se trouve auprès de Dieu". Abû Bakr pleura alors et s'exclama : "Nous donnons pour toi nos pères, nos mères, nos personnes et nos biens !" (Abû Sa'îd devait raconter : "Nous fûmes alors étonnés de la réaction de Abû Bakr : le Prophète raconte que Dieu a donné le choix à un homme, et lui pleure et dit : "Nous donnons pour toi nos pères et mères !" En fait cet homme dont le Prophète parlait, c'était lui-même, et Abû Bakr le comprit.") (al-Bukhârî 454, etc., Muslim 2382).

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- 2) Le athar de Abû Barza lors de la seconde Fitna : "Cette Dunyâ est ce qui a gâché (les relations) entre vous" :

"عن أبي المنهال، قال: لما كان ابن زياد ومروان بالشأم، ووثب ابن الزبير بمكة، ووثب القراء بالبصرة، فانطلقت مع أبي إلى أبي برزة الأسلمي، حتى دخلنا عليه في داره، وهو جالس في ظل علية له من قصب. فجلسنا إليه، فأنشأ أبي يستطعمه الحديث فقال: "يا أبا برزة، ألا ترى ما وقع فيه الناس؟" فأول شيء سمعته تكلم به: "إني احتسبت عند الله أني أصبحت ساخطا على أحياء قريش. إنكم يا معشر العرب، كنتم على الحال الذي علمتم من الذلة والقلة والضلالة، وإن الله أنقذكم بالإسلام وبمحمد صلى الله عليه وسلم، حتى بلغ بكم ما ترون؛ وهذه الدنيا التي أفسدت بينكم. إن ذاك الذي بالشأم، والله إن يقاتل إلا على الدنيا، وإن هؤلاء الذين بين أظهركم، والله إن يقاتلون إلا على الدنيا، وإن ذاك الذي بمكة والله إن يقاتل إلا على الدنيا" (al-Bukhârî, 6695).

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- 3) Le hadîth relaté par Omar ibn ul-Khattâb parlant de la Fitna qui fera des vagues comme la mer en fait :

- "عن حذيفة، أن عمر بن الخطاب رضي الله عنه، قال: "أيكم يحفظ قول رسول الله صلى الله عليه وسلم في الفتنة؟" فقال حذيفة: "أنا أحفظ كما قال". قال: "هات، إنك لجريء". "قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "فتنة الرجل في أهله وماله وجاره، تكفرها الصلاة، والصدقة، والأمر بالمعروف، والنهي عن المنكر". قال: "ليست هذه، ولكن التي تموج كموج البحر!" قال: "يا أمير المؤمنين، لا بأس عليك منها، إن بينك وبينها بابا مغلقا". قال: "يفتح الباب أو يكسر؟" قال: "لا، بل يكسر". قال: "ذاك أحرى أن لا يغلق". قلنا: "علم عمر الباب؟" قال: "نعم، كما أن دون غد الليلة، إني حدثته حديثا ليس بالأغاليط". فهبنا أن نسأله، وأمرنا مسروقا فسأله فقال: "من الباب؟"، قال: "عمر" (al-Bukhârî 3393, Muslim 144).

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- 4) Le hadîth relaté par Hudhayfa annonçant, après le Khayr dans lequel ils se trouvaient, un Sharr, puis un Khayr avec un trouble, puis un Sharr (hadîth présent en des versions légèrement différentes) :

--- 4.1) "عن حذيفة بن اليمان قال: كان الناس يسألون رسول الله صلى الله عليه وسلم عن الخير، وكنت أسأله عن الشر مخافة أن يدركني، فقلت يا رسول الله إنا كنا في جاهلية وشر، فجاءنا الله بهذا الخير، فهل بعد هذا الخير من شر؟ قال: "نعم." قلت: وهل بعد ذلك الشر من خير؟ قال: "نعم، وفيه دخن." قلت: وما دخنه؟ قال: "قوم يهدون بغير هديي، تعرف منهم وتنكر." قلت: فهل بعد ذلك الخير من شر؟ قال: "نعم، دعاة إلى أبواب جهنم، من أجابهم إليها قذفوه فيها." قلت: يا رسول الله، صفهم لنا؟ فقال: "هم من جلدتنا، ويتكلمون بألسنتنا." قلت: فما تأمرني إن أدركني ذلك؟ قال: "تلزم جماعة المسلمين وإمامهم." قلت: فإن لم يكن لهم جماعة ولا إمام؟ قال "فاعتزل تلك الفرق كلها، ولو أن تعض بأصل شجرة، حتى يدركك الموت وأنت على ذلك" : Hudhayfa relate avoir demandé au Prophète (sur lui soit la paix) : "Messager de Dieu, nous étions dans une Jâhiliyya et un Mal, puis Dieu nous a accordé ce Bien. Après ce Bien, y aura t-il un (autre) Mal ? - Oui. - Et après ce Mal, y aura-t-il un (autre) Bien ? - Oui, (mais) en lui il y aura un trouble. - Quel sera son trouble ? - Des gens qui guideront selon (ou : suivront) autre chose que mon mode de vie, tu approuveras (des choses) d'eux et en désapprouveras (d'autres)." Je dis : "Après ce Bien, y aura t-il un (autre) Mal ? - Oui. Des appeleurs se trouvant sur les portes de la Géhenne ; celui qui répondra à leur appel, ils le précipiteront dans la (Géhenne). - Qualifie-les nous, Messager de Dieu ! - Ils font partie de notre groupe [= les musulmans], et parlent notre langue. - Que m'ordonnes-tu de faire, si je connais cela ? - Reste avec la Jamâ'ah des musulmans et leur Chef. - S'ils n'ont ni Jamâ'ah ni Chef ? - Alors tiens-toi à l'écart de tous ces groupes, fût-ce en mordant la racine d'un arbre, jusqu'à ce que la mort te vienne alors que tu sois ainsi" (al-Bukhârî 3411, Muslim 1847).
--- 4.2) "حدثنا مسدد، حدثنا أبو عوانة، عن قتادة، عن نصر بن عاصم، عن سبيع بن خالد، قال: أتيت الكوفة في زمن فتحت تستر أجلب منها بغالا؛ فدخلت المسجد، فإذا صدع من الرجال، وإذا رجل جالس تعرف إذا رأيته أنه من رجال أهل الحجاز. قال: قلت: من هذا؟ فتجهمني القوم، وقالوا: أما تعرف هذا؟ هذا حذيفة بن اليمان صاحب رسول الله صلى الله عليه وسلم. فقال حذيفة: "إن الناس كانوا يسألون رسول الله صلى الله عليه وسلم عن الخير، وكنت أسأله عن الشر." فأحدقه القوم بأبصارهم، فقال: "إني أرى الذي تنكرون. إني قلت: "يا رسول الله، أرأيت هذا الخير الذي أعطانا الله، أيكون بعده شر كما كان قبله؟" قال: "نعم" قلت: "فما العصمة من ذلك؟" قال: "السيف". قلت: "يا رسول الله، ثم ماذا يكون؟" قال: "إن كان لله خليفة في الأرض فضرب ظهرك وأخذ مالك، فأطعه؛ وإلا فمت وأنت عاض بجذل شجرة". قلت: "ثم ماذا؟" قال: "ثم يخرج الدجال معه نهر ونار، فمن وقع في ناره، وجب أجره، وحط وزره، ومن وقع في نهره، وجب وزره، وحط أجره". قال: قلت: "ثم ماذا؟" قال: "ثم هي قيام الساعة" (Abû Dâoûd, 4244).
--- 4.3) "حدثنا عبد الله بن مسلمة القعنبي، حدثنا سليمان يعني ابن المغيرة، عن حميد، عن نصر بن عاصم الليثي قال: أتينا اليشكري في رهط من بني ليث، فقال: من القوم؟ قلنا: بنو ليث، أتيناك نسألك عن حديث حذيفة، فذكر الحديث، قال: قلت: "يا رسول الله، هل بعد هذا الخير شر؟" قال: "فتنة وشر". قال: قلت: "يا رسول الله، هل بعد هذا الشر خير؟" قال: "يا حذيفة، تعلم كتاب الله واتبع ما فيه" ثلاث مرار. قال: قلت: "يا رسول الله، هل بعد هذا الشر خير؟" قال: "هدنة على دخن، وجماعة على أقذاء فيها - أو فيهم -". قلت: "يا رسول الله، الهدنة على الدخن ما هي؟" قال: "لا ترجع قلوب أقوام على الذي كانت عليه". قال: قلت: "يا رسول الله، أبعد هذا الخير شر؟" قال: "فتنة عمياء صماء، عليها دعاة على أبواب النار؛ فإن تمت يا حذيفة وأنت عاض على جذل، خير لك من أن تتبع أحدا منهم" (Abû Dâoûd 4246).

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- 5) Le hadîth relaté par Abû Hurayra et annonçant la bataille de Siffîn :

"La fin du monde n'aura pas lieu avant que (vienne le moment où) deux grands groupes se combattront, puis qu'une grande tuerie se produira entre deux, la proclamation des deux étant la même chose…" : "عن أبي هريرة رضي الله عنه، عن النبي صلى الله عليه وسلم، قال: "لا تقوم الساعة حتى يقتتل فئتان فيكون بينهما مقتلة عظيمة، دعواهما واحدة" (al-Bukhârî, 3413, voir FB 6/753, Muslim, 157).

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- 6) Des hadîths annonçant l'apparition des Kharijites :

--- "عن أبي سعيد الخدري، قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "تمرق مارقة عند فرقة من المسلمين، يقتلها أولى الطائفتين بالحق" (Muslim, 1064).
--- "عن أبي سعيد الخدري رضي الله عنه، عن النبي صلى الله عليه وسلم قال: "يخرج ناس من قبل المشرق، ويقرءون القرآن لا يجاوز تراقيهم، يمرقون من الدين كما يمرق السهم من الرمية، ثم لا يعودون فيه حتى يعود السهم إلى فوقه". قيل: "ما سيماهم؟" قال: "سيماهم التحليق"، أو قال: "التسبيد" (al-Bukhârî, 7123).

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- 7) Le hadîth relaté par Abdullâh ibn Omar et annonçant 3 Fitna :

"عن عبد الله بن عمر قال: كنا قعودا عند رسول الله، فذكر الفتن فأكثر في ذكرها. حتى ذكر فتنة الأحلاس، فقال قائل: "يا رسول الله وما فتنة الأحلاس؟" قال: "هي هرب وحرب! ثم فتنة السراء، دخنها من تحت قدمي رجل من أهل بيتي يزعم أنه مني، وليس مني، وإنما أوليائي المتقون، ثم يصطلح الناس على رجل كورك على ضلع. ثم فتنة الدهيماء، لا تدع أحدا من هذه الأمة إلا لطمته لطمة، فإذا قيل: "انقضت"، تمادت؛ يصبح الرجل فيها مؤمنا، ويمسي كافرا؛ حتى يصير الناس إلى فسطاطين: فسطاط إيمان لا نفاق فيه، وفسطاط نفاق لا إيمان فيه. فإذا كان ذاكم، فانتظروا الدجال من يومه أو من غده" (Abû Dâoûd, 4242).

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- 8) Le hadîth relaté par 'Awf ibn Mâlik annonçant la Fitna dont aucune maisonnée arabe ne sera à l'abri :

"عن عوف بن مالك، قال: أتيت النبي صلى الله عليه وسلم في غزوة تبوك وهو في قبة من أدم، فقال: "اعدد ستا بين يدي الساعة: موتي. ثم فتح بيت المقدس. ثم موتان يأخذ فيكم كقعاص الغنم. ثم استفاضة المال حتى يعطى الرجل مائة دينار فيظل ساخطا. ثم فتنة لا يبقى بيت من العرب إلا دخلته. ثم هدنة تكون بينكم وبين بني الأصفر..." (al-Bukhârî, 3005 ; il y a une suite après cette phrase).

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- 9) Le hadîth relaté par Zaynab bint Jahsh disant : "Malheur eux Arabes" à cause de Gog et Magog :

"عن زينب بنت جحش أن النبي صلى الله عليه وسلم دخل عليها فزعا يقول: "لا إله إلا الله! ويل للعرب من شر قد اقترب. فتح اليوم من ردم يأجوج ومأجوج مثل هذه" وحلق بإصبعه الإبهام والتي تليها. قالت زينب بنت جحش فقلت: "يا رسول الله، أنهلك وفينا الصالحون؟" قال: "نعم إذا كثر الخبث" (al-Bukhârî, 3168, Muslim, 2880).

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- 10) Le hadîth relaté par Thawbân annonçant que différentes nations s'appelleront comme des mangeurs s'appellent autour du plat :

"عن ثوبان، قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "يوشك الأمم أن تداعى عليكم كما تداعى الأكلة إلى قصعتها". فقال قائل: ومن قلة نحن يومئذ؟ قال: "بل أنتم يومئذ كثير، ولكنكم غثاء كغثاء السيل..." (Abû Dâoûd, 4297 : il y a une suite après cette phrase).

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- 11) Le hadîth relaté par Abdullâh ibn Omar :

"عن سالم بن عبد الله، أن عبد الله بن عمر رضي الله عنهما، قال: سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلم يقول: "تقاتلكم اليهود (al-Bukhârî, 3398, Muslim, 2921 ; il y a une suite après cette phrase).

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- 12) Le hadîth relaté par 'Imrân ibn Hussayn quant à la grande Fitna de Dajjâl :

"عن عمران بن حصين قال: سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلم يقول: "ما بين خلق آدم إلى قيام الساعة فتنة أكبر من الدجال" (al-Hâkim 8610).
"عن عمران بن حصين قال: سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلم يقول: "ما بين خلق آدم إلى قيام الساعة أمر أكبر من الدجال" (Muslim 2946/127).

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- 13) Une partie du hadîth relaté par an-Nawwâs ibn Sam'ân annonçant le déferlement de Gog et Magog :

"فبينما هو كذلك، إذ أوحى الله إلى عيسى: "إني قد أخرجت عبادا لي، لا يدان لأحد بقتالهم، فحرز عبادي إلى الطور". ويبعث الله يأجوج ومأجوج، وهم من كل حدب ينسلون. فيمر أوائلهم على بحيرة طبرية فيشربون ما فيها؛ ويمر آخرهم فيقولون: لقد كان بهذه مرة ماء. ويحصر نبي الله عيسى وأصحابه، حتى يكون رأس الثور لأحدهم خيرا من مائة دينار لأحدكم اليوم. فيرغب نبي الله عيسى وأصحابه. فيرسل الله عليهم النغف في رقابهم، فيصبحون فرسى كموت نفس واحدة. ثم يهبط نبي الله عيسى وأصحابه إلى الأرض، فلا يجدون في الأرض موضع شبر إلا ملأه زهمهم ونتنهم. فيرغب نبي الله عيسى وأصحابه إلى الله، فيرسل الله طيرا كأعناق البخت فتحملهم فتطرحهم حيث شاء الله" (Muslim, 2937).

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- 14) Une partie du hadîth relaté par la Tante de Ibn Harmala :

"حتى يأتى يأجوج ومأجوج عراض الوجوه صغار العيون صهب الشعاف من كل حدب ينسلون كأن وجوههم المجان المطرقة" : "... jusqu'à ce que viennent Gog et Magog, aux larges visages, aux petits yeux, aux sommets des têtes argentés / gris / blancs ("shuh'b") [d'après une autre version : "roux ("Suh'b")], dévalant de chaque colline ; c'est comme si leurs visages étaient des boucliers cuirassés" (Ahmad, 22331 : il y a une petite discussion au sujet de la fiabilité du narrateur Ibn Harmala).

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- 15) Le hadîth relaté par Thawbân :

"عن ثوبان، قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "إن الله زوى لي الأرض، فرأيت مشارقها ومغاربها، وإن أمتي سيبلغ ملكها ما زوي لي منها. وأعطيت الكنزين الأحمر والأبيض. وإني سألت ربي لأمتي أن لا يهلكها بسنة عامة، وأن لا يسلط عليهم عدوا من سوى أنفسهم، فيستبيح بيضتهم. وإن ربي قال: "يا محمد إني إذا قضيت قضاء فإنه لا يرد. وإني أعطيتك لأمتك أن لا أهلكهم بسنة عامة، وأن لا أسلط عليهم عدوا من سوى أنفسهم يستبيح بيضتهم ولو اجتمع عليهم من بأقطارها - أو قال من بين أقطارها -، حتى يكون بعضهم يهلك بعضا ويسبي بعضهم بعضا" (Muslim, 2889).
"أى جماعتهم وأصلهم؛ وهو مأخوذ من بيضة الطائر لتحصينها ما فيها واجتماعها عليه. والبيضة أيضاً: العز. البيضة أيضاً: الملك" (Ikmâl ul-mu'lim). "أي مجتمعهم وموضع سلطانهم ومستقر دعوتهم؛ وبيضة الدار وسطها ومعظمها، أراد عدواً يستأصلهم ويهلكهم جميعهم. وقيل: أراد إذا هلك أصل البيضة كان هلاك كلها من طعم أو فرخ وإذا لم يهلك أصل البيضة ربما سلم بعض أفراخها. والنفي منصب على السبب والمسبب معاً، فيفهم منه أنه قد يسلط عليهم عدو لكن لا يستأصل شأفتهم" (Shar'h ut-Tîbî).

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- 16) Le hadîth relaté par Sa'd :

"عن سعد، أن رسول الله صلى الله عليه وسلم أقبل ذات يوم من العالية، حتى إذا مر بمسجد بني معاوية دخل فركع فيه ركعتين، وصلينا معه، ودعا ربه طويلا، ثم انصرف إلينا، فقال صلى الله عليه وسلم: "سألت ربي ثلاثا، فأعطاني ثنتين ومنعني واحدة. سألت ربي أن لا يهلك أمتي بالسنة فأعطانيها؛ وسألته أن لا يهلك أمتي بالغرق فأعطانيها؛ وسألته أن لا يجعل بأسهم بينهم فمنعنيها" (Muslim, 2890).

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- 17) Le hadîth relaté par Ibn Mas'ûd :

"عن عبد الله بن مسعود، عن النبي صلى الله عليه وسلم، قال: "كيف أنتم إذا كثرت أمراؤكم وطغت نساؤكم؟" قالوا: وإن ذلك لكائن يا رسول الله؟، قال: "نعم، وأشد من ذلك." قالوا: فما هو يا رسول الله؟ قال: "لا تأمرون بالمعروف، ولا تنهون عن المنكر." قالوا: وإن ذلك لكائن يا رسول الله؟ قال: "نعم، وأكثر من ذلك." قالوا: وما هو يا رسول الله؟ قال: "لا تعرفون المعروف، ولا تنكرون المنكر." قالوا: وإن ذلك لكائن؟ قال: قال: "نعم، وأكثر من ذلك." قال: "يكون المعروف فيكم منكرا، ويكون المنكر فيكم معروفا" (hadîth dha'îf, peut-être peut-il s'élever au niveau hassan li ghayrihî par la multiplicité de ses chaînes).

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- 18) Le hadîth relaté par Ibn Mas'ûd :

--- 18.1) "عن عبد الله، عن النبي صلى الله عليه وسلم قال: "تدور رحى الإسلام بخمس وثلاثين، أو ست وثلاثين، أو سبع وثلاثين. فإن يهلكوا، فسبيل من قد هلك؛ وإن يقم لهم دينهم، يقم لهم سبعين عاما". قال: قلت: أمما مضى أم مما بقي؟ قال: "مما بقي" (Ahmad, 3730 ; voir aussi 3731) (c'est-à-dire : "سوى ما مضى" : FB 13/262) : "La meule de l'islam tournera pendant 35, 36 ou 37 années. S'ils sont détruits, alors (ils auront suivi) la voie de ce qui ont été détruits (avant eux) ; et si (la force de) leur Dîn demeure, (elle) demeurera 70 ans. - De ce qui reste, ou bien de ce qui a passé ? - De ce qui reste" :
-------- d'après l'explication de Ibn Hajar, le décompte des 35/36/37 années évoquées dans ce hadîth commence depuis le début du prophétat, s'achevant donc avec la mort de Omar ibn ul-Khattâb, en l'an 23. Les 70 ans qui suivent commencent quant à elles vers l'an 29 - date du début des intrigues contre 'Uthmân - pour se terminer vers l'an 100 - quand [presque] aucun Sahâbî n'est plus de ce monde (FB 13/264) ; Ibn Hajar aurait pu proposer : "pour se terminer vers l'an 100, et ce dans la mesure où Omar ibn Abd il-'Azîz est mort en l'an 101" ;
-------- l'explication de al-Khattabî et de at-Torpeshtî, reprise par Mullâ 'Alî al-Qârî, est que le décompte de ces 35/36/37 années commence depuis l'hégire, par laquelle l'Islam obtient une assise ("من ابتداء ظهور دولة الإسلام، وهي زمن هجرة خير الأنام", dit al-Qârî) ; cela s'achève donc avec l'assassinat de 'Uthmân, puis la bataille de Jamal, puis celle de Siffîn : "وأشار بالسنين الثلاث إلى الفتن الثلاث: مقتل عثمان رضي الله عنه، وكان سنة خمسة وثلاثين؛ وحرب الجمل، وكانت سنة ست؛ وحرب صفين، وكانت سنة سبع. فإنها كانت متتابعة في تلك الأعوام الثلاثة" (Mirqât ul-mafâtîh). D'après Ibn Hibbân (FB 13/265) et al-Khattâbî (FB 13/262, Mirqât ul-mafâtîh), les 70 ans qui suivent se terminent alors en l'an 105, date du [décès de Yazîd ibn Abd il-Malik et du] début des intrigues qui vont mener en une vingtaine d'années à la chute de la dynastie des Banû Umayya ;
-------- l'interprétation de Ibn ul-Athîr est que le décompte de ces 35/36/37 années commence depuis le moment où le Prophète a prononcé cette parole, laquelle parle du califât sur le modèle du prophétat : vu que celui-ci durera 30 années (selon le hadîth de Safîna : 19) et se terminera en l'an 40 de l'hégire, on en déduit que c'est environ 5 ans avant son décès que le Prophète a prononcé cette parole (Mirqât ul-mafâtîh) ;
-------- et d'après l'interprétation de Ahmad ibn Hanbal, le décompte de ces 35/36/37 années commence depuis la date du décès du Prophète, sur lui soit la paix, s'achevant donc lors de la première décennie du califat de Mu'âwiya (MF 35/25-26).

--- 18.2) "عن عبد الله بن مسعود، عن النبي صلى الله عليه وسلم قال: "تدور رحى الإسلام لخمس وثلاثين، أو ست وثلاثين، أو سبع وثلاثين. فإن يهلكوا فسبيل من هلك؛ وإن يقم لهم دينهم، يقم لهم سبعين عاما". قال: قلت: أمما بقي أو مما مضى؟ قال: "مما مضى" (Abû Dâoûd, 4254) : "De ce qui reste, ou bien de ce qui a passé ? - (En comptant) ce qui a déjà passé" ("إلى تمام سبعين سنة من أول دولة الإسلام، لا من انقضاء خمس وثلاثين أو ست وثلاثين أو سبع وثلاثين إلى انقضاء سبعين" : Mirqât ul-mafâtîh).
-------- D'après l'explication de Ibn Hajar, le décompte de ces 35/36/37 années commence depuis le début du prophétat, s'achevant alors avec la mort de Omar ibn ul-Khattâb, en l'an 23 (FB 13/264). Et d'après l'explication de Shâh Waliyyullâh, le décompte des 70 années commence lui aussi depuis le début du prophétat, s'achevant alors vers la fin du califat de Mu'âwiya, survenu avec son décès en l'an 60 de l'hégire (HB 2/583).

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- 19) Le hadîth relaté par Ibn Abbâs :

"عن عبيد الله بن عبد الله بن عتبة، أن ابن عباس، رضي الله عنهما، كان يحدث أن رجلا أتى رسول الله صلى الله عليه وسلم فقال: "إني رأيت الليلة في المنام ظلة تنطف السمن والعسل، فأرى الناس يتكففون منها، فالمستكثر والمستقل، وإذا سبب واصل من الأرض إلى السماء، فأراك أخذت به فعلوت، ثم أخذ به رجل آخر فعلا به، ثم أخذ به رجل آخر فعلا به، ثم أخذ به رجل آخر فانقطع ثم وصل". فقال أبو بكر: "يا رسول الله، بأبي أنت، والله لتدعني فأعبرها"، فقال النبي صلى الله عليه وسلم: "اعبرها" قال: "أما الظلة فالسلام، وأما الذي ينطف من العسل والسمن فالقرآن، حلاوته تنطف، فالمستكثر من القرآن والمستقل، وأما السبب الواصل من السماء إلى الأرض فالحق الذي أنت عليه، تأخذ به فيعليك الله، ثم يأخذ به رجل من بعدك فيعلو به، ثم يأخذ به رجل آخر فيعلو به، ثم يأخذه رجل آخر فينقطع به، ثم يوصل له فيعلو به. فأخبرني يا رسول الله، بأبي أنت، أصبت أم أخطأت؟" قال النبي صلى الله عليه وسلم: "أصبت بعضا وأخطأت بعضا" قال: فوالله يا رسول الله لتحدثني بالذي أخطأت، قال: "لا تقسم" (al-Bukhârî, 6639, Muslim, 2269).

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- 20) Le hadîth relaté par Abû Bak'ra :

"عن الحسن، عن أبي بكرة، أن النبي صلى الله عليه وسلم قال ذات يوم: "من رأى منكم رؤيا؟" فقال رجل: "أنا. رأيت كأن ميزانا نزل من السماء، فوزنت أنت وأبو بكر فرجحت أنت بأبي بكر. ووزن عمر وأبو بكر، فرجح أبو بكر. ووزن عمر وعثمان، فرجح عمر. ثم رفع الميزان". فرأينا الكراهية في وجه رسول الله صلى الله عليه وسلم" (Abû Dâoûd, 4634).
"عن عبد الرحمن بن أبي بكرة، عن أبيه، أن النبي صلى الله عليه وسلم قال ذات يوم: "أيكم رأى رؤيا؟" فذكر معناه، ولم يذكر الكراهية، قال: "فاستاء لها رسول الله صلى الله عليه وسلم"، يعني فساءه ذلك، فقال: "خلافة نبوة، ثم يؤتي الله الملك من يشاء" (Abû Dâoûd, 4635).

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- 21) Le hadîth relaté par Safîna :

"عن سعيد بن جمهان، عن سفينة، قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "خلافة النبوة ثلاثون سنة، ثم يؤتي الله الملك - أو: ملكه - من يشاء". قال سعيد: قال لي سفينة: "أمسك عليك أبا بكر سنتين، وعمر عشرا، وعثمان اثنتي عشرة، وعلي كذا". قال سعيد: قلت لسفينة: "إن هؤلاء يزعمون أن عليا عليه السلام لم يكن بخليفة." قال: "كذبت أستاه بني الزرقاء" يعني بني مروان" (Abû Dâoûd, 4646).
"عن سعيد بن جمهان، قال: حدثني سفينة قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "الخلافة في أمتي ثلاثون سنة، ثم ملك بعد ذلك". ثم قال لي سفينة: "أمسك خلافة أبي بكر، وخلافة عمر، وخلافة عثمان"، ثم قال لي: "أمسك خلافة علي" قال: فوجدناها ثلاثين سنة. قال سعيد: فقلت له: "إن بني أمية يزعمون أن الخلافة فيهم؟" قال: "كذبوا بنو الزرقاء؛ بل هم ملوك من شر الملوك" (at-Tirmidhî, 2226).
"حدثني سعيد بن جمهان، قال: حدثني سفينة، قال خطبنا رسول الله صلى الله عليه وسلم فقال: "الخلافة في أمتي ثلاثون سنة ثم يكون ملك". ثم قال سفينة: "أمسك خلافة أبي بكر وخلافة عمر ثنتا عشرة سنة وستة أشهر وخلافة عثمان ثنتا عشرة سنة وستة أشهر ثم خلافة علي تكملة الثلاثين". قلت: "فمعاوية؟" قال: "كان أول الملوك" (Abû Dâoûd at-Tayâlissî, 1203).
"حدثني سعيد بن جمهان، قلت لسفينة: "إن بني أمية يزعمون أن الخلافة فيهم". قال: "كذب بنو الزرقاء؛ بل هم ملوك من شر الملوك؛ وأول الملوك معاوية" (Ibn Abî Shayba, 36005).
Az-Zarqâ' est une dame parmi les mères des Banû Umayya, lit-on dans Fat'h ul-wadûd.

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- 22) Le hadîth relaté par Hudhayfa :

"عن حذيفة قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "تكون النبوة فيكم ما شاء الله أن تكون. ثم يرفعها إذا شاء أن يرفعها، ثم تكون خلافة على منهاج النبوة، فتكون ما شاء الله أن تكون. ثم يرفعها إذا شاء الله أن يرفعها، ثم تكون ملكا عاضا، فيكون ما شاء الله أن يكون. ثم يرفعها إذا شاء أن يرفعها، ثم تكون ملكا جبرية، فتكون ما شاء الله أن تكون. ثم يرفعها إذا شاء أن يرفعها، ثم تكون خلافة على منهاج نبوة" (Ahmad, 18406 ; Silsilat ul-ahâdîth as-sahîha, n° 5).

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- 23) Le hadîth relaté par Abû 'Ubayda et Mu'âdh ibn Jabal :

"عن أبى عبيدة ابن الجراح ومعاذ بن جبل رضي الله عنهما عن النبي صلى الله عليه وسلم قال: "إن الله بدأ هذا الأمر نبوة ورحمة، وكائنا خلافة ورحمة، وكائنا ملكا عضوضا، وكائنا عتوة وجبرية وفسادا فى الأمة، يستحلون الفروج والخمور والحرير، وينصرون على ذلك ويرزقون أبدا حتى يلقوا الله عز وجل"" (al-Bayhaqî : As-Sunan al-kub'râ, 16708, Shu'ab ul-îmân, 5228, Dalâ'ïl un-nubuwwa - Mishkât ul-massâbîh, n° 5375-5376 - hadîth hassan d'après Ibn Hajar).

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- 24) Quelques autres hadîths relatifs au califat et à la royauté :

--- Il est à noter ici qu'après le califat sur le modèle du prophétat (hadîth 22) / califat doté de miséricorde (hadîth 23), ce fut : le califat sur le modèle de la royauté (c'est-à-dire que ce fut quand même un califat) :
"عم أبي هريرة أن النبي صلى الله عليه وسلم قال: "كانت بنو إسرائيل تسوسهم الأنبياء، كلما هلك نبي خلفه نبي. وإنه لا نبي بعدي، وسيكون خلفاء. فيكثرون". قالوا: فما تأمرنا؟ قال: "فوا ببيعة الأول فالأول، أعطوهم حقهم، فإن الله سائلهم عما استرعاهم" (al-Bukhârî, 3268, Muslim, 1842).

--- Par ailleurs, cette royauté fut "une royauté dotée de miséricorde" (peut-être en même temps que "mordante" dans le sens de : "dynastique" et pas "établie par consultation") avant de devenir "dictatoriale" :
----- "عن مجاهد، عن ابن عباس، قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "أول هذا الأمر نبوة ورحمة، ثم يكون خلافة ورحمة، ثم يكون ملكا ورحمة، ثم يكون إمارة ورحمة، ثم يتكادمون عليه تكادم الحمر..." (at-Tabarânî dans Al-Kabîr, 11138 : As-Silsila as-sahîha, n° 3270).
----- "عن عبد الله بن عمر، أن عمر بن الخطاب رضي الله عنه كان يقول: "إن الله بدأ هذا الأمر حين بدأ بنبوة ورحمة، ثم يعود إلى خلافة، ثم يعود إلى سلطان ورحمة، ثم يعود ملكا ورحمة، ثم يعود جبرية تكادمون تكادم الحمير..." (Al-Hâkim, 8459).

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- 25) Le athar de 'Utba ibn Farqad :

'Utba ibn Farqad, dit un jour dans un sermon : "Il n'y a jamais eu de prophétat sans que (au bout d'un moment) il s'efface [= certaines des traces qu'il avait imprimées sur cette Umma s'effacent], et à la fin (il laisse la place à) une royauté. Vous expérimenterez donc après nous les émirs [qui seront rois] !" : "عن خالد بن عمير العدوي، قال: خطبنا عتبة بن غزوان، فحمد الله وأثنى عليه، ثم قال: "أما بعد! فإن الدنيا قد آذنت بصرم وولت حذاء، ولم يبق منها إلا صبابة كصبابة الإناء، يتصابها صاحبها، وإنكم منتقلون منها إلى دار لا زوال لها، فانتقلوا بخير ما بحضرتكم، فإنه قد ذكر لنا أن الحجر يلقى من شفة جهنم، فيهوي فيها سبعين عاما، لا يدرك لها قعرا، ووالله لتملأن، أفعجبتم؟ ولقد ذكر لنا أن ما بين مصراعين من مصاريع الجنة مسيرة أربعين سنة، وليأتين عليها يوم وهو كظيظ من الزحام. ولقد رأيتني سابع سبعة مع رسول الله صلى الله عليه وسلم، ما لنا طعام إلا ورق الشجر، حتى قرحت أشداقنا، فالتقطت بردة فشققتها بيني وبين سعد بن مالك، فاتزرت بنصفها واتزر سعد بنصفها. فما أصبح اليوم منا أحد إلا أصبح أميرا على مصر من الأمصار. وإني أعوذ بالله أن أكون في نفسي عظيما، وعند الله صغيرا. وإنها لم تكن نبوة قط إلا تناسخت، حتى يكون آخر عاقبتها ملكا، فستخبرون وتجربون الأمراء بعدنا" (Muslim, 2967).

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- 26) Le athar de Dhû 'Amr (un tâbi'î) :

Jarîr relate que Dhû 'Amr, un himyarite (donc un homme originaire du Yémen) qui s'était converti à l'islam mais n'avait pas pu rencontrer le Prophète, lui dit un jour :
"Jarîr, tu as sur moi une faveur, et je vais t'informer de quelque chose : Vous, Arabes, ne cesserez pas d'être dans une bonne situation tant que lorsqu'un dirigeant ("amîr") parmi vous mourra, vous vous consulterez à propos d[e la nomination d]'un autre. Puis, lorsque la (direction) sera par le sabre [= la prise du pouvoir], ils [= les dirigeants] seront comme les rois, se mettant en colère de la colère des rois, et étant satisfaits de la satisfaction des rois"
: "فلما كان بعد قال لي ذو عمرو: "يا جرير إن بك علي كرامة، وإني مخبرك خبرا: إنكم معشر العرب، لن تزالوا بخير ما كنتم إذا هلك أمير تأمرتم في آخر. فإذا كانت بالسيف كانوا ملوكا، يغضبون غضب الملوك ويرضون رضا الملوك" (al-Bukhârî, 4101, Fat'h ul-bârî 7/96-97).

Cela rejoint le célèbre propos de Omar ibn ul-Khattâb : "ثم إنه بلغني أن قائلا منكم يقول: "والله لو قد مات عمر بايعت فلانا". فلا يغترن امرؤ أن يقول: "إنما كانت بيعة أبي بكر فلتة وتمت". ألا وإنها قد كانت كذلك، ولكن الله وقى شرها، وليس منكم من تقطع الأعناق إليه مثل أبي بكر. من بايع رجلا عن غير مشورة من المسلمين فلا يبايع هو ولا الذي بايعه، تغرة أن يقتلا. وإنه قد كان من خبرنا حين توفى الله نبيه صلى الله عليه وسلم أن الأنصار خالفونا، واجتمعوا بأسرهم في سقيفة بني ساعدة، وخالف عنا علي والزبير ومن معهما، واجتمع المهاجرون إلى أبي بكر، فقلت لأبي بكر: يا أبا بكر انطلق بنا إلى إخواننا هؤلاء من الأنصار، فانطلقنا نريدهم (...)." (al-Bukhârî, 6442).

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- 27) Quelques hadîths parlant de gens qui seront au pouvoir en Dâr ul-islâm et qui auront des manquements dans leur Dîn :

--- "عن أم سلمة زوج النبي صلى الله عليه وسلم، عن النبي صلى الله عليه وسلم أنه قال: "إنه يستعمل عليكم أمراء فتعرفون وتنكرون. فمن كره فقد برئ، ومن أنكر فقد سلم، ولكن من رضي وتابع." قالوا: يا رسول الله، ألا نقاتلهم؟ قال: "لا، ما صلوا" (Muslim, 1854/63) ; "عن أم سلمة أن رسول الله صلى الله عليه وسلم قال: "ستكون أمراء فتعرفون وتنكرون. فمن عرف برئ، ومن أنكر سلم، ولكن من رضي وتابع." قالوا: أفلا نقاتلهم؟ قال: "لا، ما صلوا" (Muslim, 1854/62).
--- "عن حذيفة، عن النبي صلى الله عليه وسلم قال: "إنها ستكون أمراء يكذبون ويظلمون. فمن صدقهم بكذبهم وأعانهم على ظلمهم، فليس مني ولست منه، ولا يرد علي الحوض. ومن لم يصدقهم بكذبهم ولم يعنهم على ظلمهم، فهو مني وأنا منه، وسيرد علي الحوض" (Ahmad, 23260).
--- "عن أبي ذر، قال: قال لي رسول الله: "كيف أنت إذا كانت عليك أمراء يؤخرون الصلاة عن وقتها؟ - أو: يميتون الصلاة عن وقتها؟ -" قال: قلت: فما تأمرني؟ قال: "صل الصلاة لوقتها، فإن أدركتها معهم، فصل، فإنها لك نافلة" (Muslim, 648, Abû Dâoûd, 431, at-Tirmidhî, 176).
--- "عن عبادة بن الصامت، قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "إنها ستكون عليكم بعدي أمراء تشغلهم أشياء عن الصلاة لوقتها حتى يذهب وقتها. فصلوا الصلاة لوقتها". فقال رجل: "يا رسول الله أصلي معهم؟" قال: "نعم، إن شئت" (Abû Dâoûd, 433).
--- Il y a aussi cette parole de Abû Hurayra : "Ô Dieu, que l'année 60 ne m'atteigne pas ! Malheur à vous, cramponnez-vous aux deux tempes de Mu'âwiya ! Ô Dieu, que l'émirat des enfants ne m'atteigne pas !" : "عن عمير بن هاني، أنه حدثه قال: كان أبو هريرة عشي في سوق المدينة وهو يقول: "اللهم لا تدركني سنة الستين. ويحكم تمسكوا بصدغي معاوية. اللهم لا تدركني إمارة الصبيان". وهما* إنما يقولان مثل هذا الشيء سمعاه من النبي صلى الله عليه وسلم" (Dalâ'ïl un-nubuwwa, al-Bayhaqî) (* il s'agit de 'Alî et de Abû Hurayra).
--- "عن جابر بن عبد الله رضي الله عنهما أن النبي صلى الله عليه وسلم قال لكعب بن عجرة : "أعاذك الله من إمارة السفهاء." قال : "وما إمارة السفهاء؟" قال : "أمراء يكونون بعدي لا يهتدون بهديي ولا يستنون بسنتي. فمن صدقهم بكذبهم وأعانهم على ظلمهم، فأولئك ليسوا مني ولست منهم ولا يردون على حوضي. ومن لم يصدقهم بكذبهم ولم يعنهم على ظلمهم، فأولئك مني وأنا منهم وسيردون على حوضي. يا كعب بن عجرة..." (Ahmad, 14441).
--- "عن أبي زرعة، عن أبي هريرة رضي الله عنه، قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "يهلك الناس هذا الحي من قريش". قالوا: فما تأمرنا؟ قال: "لو أن الناس اعتزلوهم" (al-Bukhârî, 3409, Muslim, 2917) (FB 13/14).
--- "عن عمرو بن يحيى بن سعيد بن عمرو بن سعيد، قال: أخبرني جدي، قال: كنت جالسا مع أبي هريرة في مسجد النبي صلى الله عليه وسلم بالمدينة ومعنا مروان. قال أبو هريرة: "سمعت الصادق المصدوق يقول: "هلكة أمتي على يدي غلمة من قريش"". فقال مروان: "لعنة الله عليهم، غلمة!" فقال أبو هريرة: "لو شئت أن أقول: بني فلان، وبني فلان، لفعلت". فكنت أخرج مع جدي إلى بني مروان حين ملكوا بالشأم، فإذا رآهم غلمانا أحداثا، قال لنا: "عسى هؤلاء أن يكونوا منهم؟" قلنا: "أنت أعلم" (al-Bukhârî, 6649).
--- "عن أبي هريرة أن النبي - صلى الله عليه وسلم - قال: "إني رأيت في منامي كأن بني الحكم بن أبي العاص ينزون على منبري كما تنزو القردة". قال: فما رؤي النبي - صلى الله عليه وسلم - مستجمعا ضاحكاً حتى توفي" (al-Hâkim, al-Bazzâr : Silsilat ul-ahâdîth is-sahîha, n° 3940).

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- 28) Divers hadîths et âthâr :

--- "عن ابن شهاب، أن أبا إدريس الخولاني، كان يقول: قال حذيفة بن اليمان: "والله إني لأعلم الناس بكل فتنة هي كائنة فيما بيني وبين الساعة. وما بي* إلا أن يكون رسول الله صلى الله عليه وسلم أسرّ إليّ في ذلك شيئا لم يحدثه غيري. ولكن رسول الله صلى الله عليه وسلم قال - وهو يحدث مجلسا أنا فيه عن الفتن - فقال رسول الله صلى الله عليه وسلم وهو يعدّ الفتن: "منهن ثلاث لا يكدن يذرن شيئا. ومنهن فتن كرياح الصيف؛ منها صغار ومنها كبار". قال حذيفة: "فذهب أولئك الرهط كلهم غيري" (Muslim, 2891). * اي مزيّةٌ شخصيّةٌ، إلا أنّ رسول الله حدّثني شيئًا لم يحدثه غيري.

--- "عن أبي ذر، قال: ركب رسول الله صلى الله عليه وسلم حمارا وأردفني خلفه، وقال: "يا أبا ذر، أرأيت إن أصاب الناس جوع شديد لا تستطيع أن تقوم من فراشك إلى مسجدك، كيف تصنع؟" قال: الله ورسوله أعلم. قال: "تعفف". قال: "يا أبا ذر، أرأيت إن أصاب الناس موت شديد يكون البيت فيه بالعبد - يعني القبر -، كيف تصنع؟ " قلت: الله ورسوله أعلم. قال: "اصبر". قال: "يا أبا ذر، أرأيت إن قتل الناس بعضهم بعضا، يعني حتى تغرق حجارة الزيت من الدماء، كيف تصنع؟" قال: الله ورسوله أعلم. قال: "اقعد في بيتك، وأغلق عليك بابك ". قال: فإن لم أترك؟ قال: "فأت من أنت منهم، فكن فيهم " قال: فآخذ سلاحي؟ قال: "إذن تشاركهم فيما هم فيه، ولكن إن خشيت أن يروعك شعاع السيف، فألق طرف ردائك على وجهك حتى يبوء بإثمه وإثمك"(Ahmad, 21325). "قعن أبي ذر قال قال لي رسول الله صلى الله عليه وسلم: يا أبا ذر! قلت: "لبيك يا رسول الله وسعديك" فذكر الحديث قال فيه: "كيف أنت إذا أصاب الناس موت يكون البيت فيه بالوصيف يعني القبر؟" قلت: الله ورسوله أعلم، أو قال: ما خار الله لي ورسوله! قال: عليك بالصبر، أو قال: تصبر. ثم قال لي: يا أبا ذر! قلت: لبيك وسعديك. قال: كيف أنت إذا رأيت أحجار الزيت قد غرقت بالدم؟ قلت: ما خار الله لي ورسوله! قال: عليك بمن أنت منه. قلت: يا رسول الله أفلا آخذ سيفي وأضعه على عاتقي؟ قال: شاركت القوم إذن! قلت: فما تأمرني؟ قال: تلزم بيتك. قلت: فإن دخل علي بيتي؟ قال: فإن خشيت أن يبهرك شعاع السيف فألق ثوبك على وجهك يبوء بإثمك وإثمه"(Abû Dâoûd, 4261).

--- "عن سعيد بن المسيب: "وقعت الفتنة الأولى - يعني مقتل عثمان -، فلم تبق من أصحاب بدر أحدا. ثم وقعت الفتنة الثانية - يعني الحرة -، فلم تبق من أصحاب الحديبية أحدا. ثم وقعت الثالثة، فلم ترتفع وللناس طباخ" (al-Bukhârî, 3800).

--- "عن عبد الله بن الفضل، أنه سمع أنس بن مالك، يقول: حزنت على من أصيب بالحرة، فكتب إلي زيد بن أرقم، وبلغه شدة حزني، يذكر أنه سمع رسول الله صلى الله عليه وسلم يقول: "اللهم اغفر للأنصار، ولأبناء الأنصار" وشك ابن الفضل في: "أبناء أبناء الأنصار". فسأل أنسا بعض من كان عنده، فقال: "هو الذي يقول رسول الله صلى الله عليه وسلم: "هذا الذي أوفى الله له بأذنه" (al-Bukhârî, 4623 ; Muslim, 2506 de façon plus concise).

--- "عت جابر بن عبد الله رضي الله عنهما، يقول: بعت من النبي صلى الله عليه وسلم بعيرا في سفر، فلما أتينا المدينة قال: «ائت المسجد فصل ركعتين» فوزن - قال شعبة: أراه فوزن لي - فأرجح، فما زال معي منها شيء حتى أصابها أهل الشأم يوم الحرة" (al-Bukhârî, 2463).

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

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