7 grandes épreuves (Fitna) dont le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) avait annoncé qu'elles atteindraient sa Communauté de foi (al-Umma al-Muhammadiyya)

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--- Que signifie le terme "Fitna" ?

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Il faut, ici, rappeler que...

D'autres Epreuves ont été annoncées dans la Sunna, qui touchent pour leur part à la décadence morale et spirituelle dans la pratique de nombreux musulmans : l'entrée en rivalité pour les richesses de ce monde ; le fait de retarder l'accomplissement des prières rituelles obligatoires ; etc.

Autres encore sont les Epreuves que constituent les déviances (dhalâl) dans la conception même du Dîn, lesquelles voient le jour au fil du temps qui passe.

– Mais, les 7 grandes Epreuves qui seront évoquées ci-après sont différentes, et touchent essentiellement à la marche temporelle de la Umma (sauf la VI - Fitnat ud-Dajjâl -, qui touchera directement le Dîn aussi, et la V - Fitnat ud-Duhaymâ' -, qui aura une incidence sur le Dîn aussi).

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Avertissement :

A lire au préalable :

--- Ne pas tomber dans la paranoïa ou l'angoisse par rapport à la venue future du faux Messie, Dajjâl, ou à la présence de certains signes avant-coureurs.

--- La fin du monde est-elle vraiment pour bientôt, comme on entend certains le dire ?.

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Voici 7 grandes épreuves prophétisées par le Dernier Messager de Dieu (que la paix soit sur lui) (les hadîths originels où mention de ces épreuves figurent sont cités plus bas) :

I) La "Fitna qui fera des vagues comme la mer en fait" ("الفتنة التي تموج كموج البحر" : hadîth 1) ;
II) la
"Fitnat ul-Ahlâs" ("فتنة الأحلاس" : hadîth 3) ;
III) la
"Fitnat us-Sarrâ'" ("فتنة السراء" : hadîth 3) ;
IV) la "Fitna qui entrera dans toute maison arabe" ("فتنة لا يبقى بيت من العرب إلا دخلته" : hadîth 5) ;
V) la
"Fitnat ud-Duhaymâ'" ("فتنة الدهيماء" : hadîth 3) ;
VI) la Fitna du Messie-Dajjâl ("فتنة المسيح الدجّال" : hadîth 8) ;
VII) la Fitna du dernier déferlement de Gog et Magog ("فتنة فتْح ونسْلان يأجوج ومأجوج" : hadîth 9).

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I) "La Fitna qui fera des vagues comme la mer en fait" : "الفتنة التي تموج كموج البحر" (hadîth 1) ; cela constitua le premier grand "tort" qui atteignit les musulmans : "فتنة وشر" (hadîth 2.3) :

Il s'agit de l'insurrection armée menée par une poignée d'hommes contre le calife Uthmân (que Dieu l'agrée), laquelle insurrection a conduit à son assassinat (fin de l'an 35 a. h.), lequel assassinat a entraîné, par ricochets, une série de troubles (dont les batailles de Jamal et de Siffîn), alors que de la fin de cette dernière bataille résulta l'insurrection des Kharijites contre tous ceux qui se réclamaient de l'islam mais n'avaient pas la même croyance qu'eux.
Ces vagues de troubles ne prirent fin qu'avec la concorde, avec la reconnaissance de Mu'âwiya (que Dieu l'agrée) comme calife, en l'an 41 a. h.

L'insurrection contre Uthmân prit sa source dans les intrigues de Abdullâh ibn Saba' et les dénigrements prononcés contre le calife, dénigrements qui apparurent à l'origine dans la région se trouvant à l'est par rapport à Médine ; c'est ce qui explique la substance de plusieurs hadîths du Prophète : "La Fitna proviendra de l'est" : "باب قول النبي صلى الله عليه وسلم: "الفتنة من قبل المشرق" : Sahîh ul-Bukhârî, Kitâb ul-Fitan, bâb 16) (Fat'h ul-bârî 13/18). "عن فضيل، قال: سمعت سالم بن عبد الله بن عمر يقول: "يا أهل العراق، ما أسألكم عن الصغيرة وأركبكم للكبيرة! سمعت أبي عبد الله بن عمر يقول: سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلم يقول: "إن الفتنة تجيء من هاهنا" - وأومأ بيده نحو المشرق - "من حيث يطلع قرنا الشيطان". وأنتم يضرب بعضكم رقاب بعض، وإنما قتل موسى الذي قتل من آل فرعون خطأً، فقال الله عز وجل له: {وقتلت نفسا فنجيناك من الغم وفتناك فتونا" (Muslim 2905/50).

Quand Omar ibn ul-Khattâb (que Dieu l'agrée) demanda à d'autres Compagnons qui d'entre eux se souvenait du hadîth relatif à cette "Fitna qui fera des vagues comme le fait la mer", Hudhayfa (que Dieu l'agrée) lui répondit qu'il n'avait pas à s'en inquiéter, car il se trouvait, entre cette Fitna, et l'époque où il vivait : "une porte fermée" [empêchant donc ce trouble de venir] ; cependant, "la porte serait brisée", avait dit Hudhayfa à Omar. A ses élèves qui l'avaient par la suite questionné quant au sens de cette métaphore : "Qui est cette porte ?", Hudhayfa dit qu'il s'agissait de la présence de Omar lui-même (hadîth 1).

L'insurrection armée contre le calife Uthmân fut donc le premier des deux maux dont parle le hadîth de Hudhayfa (hadîth 2) (FB 13/46).

Dans le hadîth 2.2, quand, comme protection [= solution] pour contrer cette Fitna, le Prophète a évoqué le sabre, il a voulu dire qu'il s'agirait de prendre les armes contre les insurgés, bughât 'ala-l-amîr, avant l'assassinat de Uthmân, vu que ces insurgés appelaient à renverser le calife (ceci est globalement l'interprétation de al-Gangôhî, relatée in Badhl ul-maj'hûd, 12/277, laquelle interprétation est totalement différente de celle de Qatâda, qui a été reprise par Shâh Waliyyullâh).
Défendre l'autorité en place contre les insurgés cherchant à la renverser, al-bughât 'ala-l-amîr, c'est (tant que l'autorité n'a pas apostasié de façon évidente) ce que le Prophète a enjoint de faire dans d'autres hadîths : "عن عرفجة قال: سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلم، يقول: "إنه ستكون هنات وهنات، فمن أراد أن يفرق أمر هذه الأمة وهي جميع، فاضربوه بالسيف، كائنا من كان" (Muslim, 1852/59) : "أي ادفعوا من خرج علي الإمام بالسيف، وإن كان أشرف وأعلم وترون أنه أحق وأولي" (Shar'h ul-mishkât, at-Tîbî, sur 3677) ; "عن عبد الله بن عمرو بن العاص قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: (...) ومن بايع إماما فأعطاه صفقة يده، وثمرة قلبه، فليطعه إن استطاع؛ فإن جاء آخر ينازعه، فاضربوا عنق الآخر" (Muslim, 1844) : "فإن جاء آخر ينازعه، فاضربوا عنق الآخر": معناه: ادفعوا الثاني، فإنه خارج على الإمام؛ فإن لم يندفع إلا بحرب وقتال، فقاتلوه؛ فإن دعت المقاتلة إلى قتله، جاز قتله ولا ضمان فيه، لأنه ظالم متعد في قتاله" (Shar'h Muslim, an-Nawawî, 12/234). Attention : ces hadîths ne parlent pas d'exécuter celui qui s'est contenté de faire la critique de la politique du chef de l'Etat : ils parlent de combattre, pour le repousser, celui qui a dûment pris les armes pour renverser le chef de l'Etat. Par ailleurs, l'application concrète de ce hukm demande bien sûr qu'on ait la mazinna de la qud'ra de parvenir à faire cesser la sédition. Par ailleurs encore, s'il est possible de raisonner les insurgés, al-bughât 'ala-l-amîr, sans qu'il y ait combat, an-Nawawî a dit de le faire (dans son écrit reproduit ci-dessus). (Enfin, rappelons que ramener les  bughât 'an il-amîr sous l'autorité califale, cela est nécessaire, mais prendre les armes pour le faire n'est pas institué.)

La bataille de Siffîn est évoquée dans un autre hadîth encore : "La fin du monde n'aura pas lieu avant que (vienne le moment où) deux grands groupes se combattront, et une grande tuerie se produira entre deux, la proclamation des deux étant la même chose…" : "عن أبي هريرة رضي الله عنه، عن النبي صلى الله عليه وسلم، قال: "لا تقوم الساعة حتى يقتتل فئتان فيكون بينهما مقتلة عظيمة، دعواهما واحدة" (al-Bukhârî, 3413, voir FB 6/753, Muslim, 157).

Pareillement, l'insurrection des Kharijites avait été annoncée dans bien des hadîths, parmi lesquels celui-ci : "عن أبي سعيد الخدري، قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "تمرق مارقة عند فرقة من المسلمين، يقتلها أولى الطائفتين بالحق" (Muslim, 1064). Dans le hadîth suivant, il était même annoncé que l'origine des Kharijites serait dans la région située à l'est par rapport à Médine : "عن أبي سعيد الخدري رضي الله عنه، عن النبي صلى الله عليه وسلم قال: "يخرج ناس من قبل المشرق، ويقرءون القرآن لا يجاوز تراقيهم، يمرقون من الدين كما يمرق السهم من الرمية، ثم لا يعودون فيه حتى يعود السهم إلى فوقه". قيل: "ما سيماهم؟" قال: "سيماهم التحليق"، أو قال: "التسبيد" (al-Bukhârî, 7123).

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Le bien qui suivit cette Fitna ("الخير بعد ذلك الشر" : hadîths 2.1 et 2.3) fut la concorde qui se produisit en l'an 41 a. h., suite au désistement de al-Hassan ibn Alî du califat, au profit de Mu'âwiya (que Dieu les agrée). Abû Bak'ra (que Dieu l'agrée) a relaté que, un jour, alors que le Prophète (sur lui soit la paix) faisait un sermon, al-Hassan, encore enfant, était apparu ; le Prophète avait alors dit de son petit-fils : "Mon fils que voici est un chef. Et peut-être que Dieu réconciliera par son intermédiaire deux groupes de musulmans" : "فقال الحسن: ولقد سمعت أبا بكرة يقول: رأيت رسول الله صلى الله عليه وسلم على المنبر والحسن بن علي إلى جنبه، وهو يقبل على الناس مرة، وعليه أخرى ويقول: "إن ابني هذا سيد، ولعل الله أن يصلح به بين فئتين عظيمتين من المسلمين" (al-Bukhârî 2704, 3629, 3746, 7109, at-Tirmidhî 3775, Abû Dâoûd 4662, FB 13/77).
Concorde il y eut, mais avec un trouble resté dans certains cœurs [= un petit quelque chose de rancœur] ("les cœurs de certaines personnes ne redeviendront plus sur ce qu'ils étaient" : "لا ترجع قلوب أقوام على الذي كانت عليه"). Il y eut "une cohésion sur des fétus de paille" ("هدنة على دخن، وجماعة على أقذاء") (hadîth 2.3).

Par ailleurs, Mu'âwiya (que Dieu l'agrée) vécut (lorsqu'il était émir de Syrie, puis) lorsque calife de tout le monde musulman, dans le faste des prophètes-rois, et pas dans la simplicité et la frugalité du prophète Muhammad (sur eux soit la paix) et des califes immédiats de celui-ci ("قوم يهتدون بغير هديي، تعرف منهم وتنكر") (hadîth 2.1) (Hujjat ulllâh il-bâligha, 2/581). Les hadîths 11, 12, 13 et 14 évoquent le remplacement du califat ('alâ minhâj un-nubuwwa) par le (califat 'alâ minhâj il-)mulk.

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II) La "Fitnat ul-Ahlâs" (فتنة الأحلاس، فقال قائل: "يا رسول الله، وما فتنة الأحلاس؟" قال: "هي هرب وحرب" : hadîth 3) / "دعاة إلى أبواب جهنم، من أجابهم إليها قذفوه فيها" (hadîth 2.1) :

Il s'agit, d'après Shâh Waliyyullâh, des troubles liés aux combats pour le pouvoir qui prirent place entre la mort de Yazîd ibn Mu'âwiya (en l'an 64) et la victoire finale de Abd ul-Malik ibn Marwân en tant que calife (en l'an 73), et furent concomitants au califat de Abdullâh ibn uz-Zubayr (que Dieu l'agrée) (64-73) (Hujjat ullâh il-bâligha, 2/580, 581).

Cette Fitnat ul-ahlâs évoquée dans le hadîth de Abdullâh ibn Omar (hadîth 3) correspond au second Sharr évoqué dans le hadîth de Hudhayfa ("الشر بعد ذلك الخير" : hadîths 2.1 et 2.3). Vu que d'une part combattre autrui afin de prendre le pouvoir est un grand péché (kabîra) (car pour que combattre qui que ce soit devienne autorisé, il faut qu'il y ait une raison véritablement reconnue valable), et que d'autre part la kabîra est cause d'admission temporaire dans la Géhenne (sauf pardon de Dieu), les gens appelant les hommes à venir participer à ce Sharr ont été qualifiés dans le hadîth de : "appeleurs vers les portes de la Géhenne" (hadîth 2.1).
Et quand le Prophète a dit de ces gens : "Ils sont de notre groupe, et parlent notre langue" (hadîth 2.1), soit il a voulu dire que ce seront des Arabes, soit il a voulu dire que ce seront des musulmans, disant eux aussi : "Dieu a dit ainsi, Son Messager a dit ainsi" (cf. Mirqât ul-mafâtîh).

L'ordre du Prophète (sur lui soit la paix) adressé à Hudhayfa a été, pour cette Fitna, ce qui suit :
--- s'il existera alors un calife, de rester sous l'autorité de celui-ci même s'il est tyran ;
--- et s'il n'y aura alors pas de calife, de se tenir à l'écart de tous ces groupes armés cherchant à prendre le pouvoir.

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III) La "Fitnat us-Sarrâ'" ("فتنة السراء؛ دخنها من تحت قدمي رجل من أهل بيتي يزعم أنه مني، وليس مني، وإنما أوليائي المتقون، ثم يصطلح الناس على رجل كورك على ضلع" : hadîth 3) :

D'après l'un des commentaires de Shâh Waliyyullâh, "l'homme sous les pieds duquel le trouble de cette Fitna se trouvera" est Abû Muslim al-Khurâssânî, lequel a fait une insurrection armée contre les Umayyades au Khorassan, prétextant qu'il agissait pour le bien des gens de la famille du Prophète (sur lui soit la paix) ; il finit par affronter le dernier calife umeyyade (Marwân ibn Muhammad) et le défit à la bataille de Zâb en l'an 132.

Quant à "l'homme sur qui la concorde se fera, qui sera comparable à une hanche placée sur une côte", c'est Abu-l-Abbâs as-Saffâh, le premier calife Abbasside (HB 2/580).

L'établissement de l'autorité des Abbassides s'est fait en l'an 132 a.h. / 750 a. g.

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IV) La "Fitna dont il ne restera aucune maisonnée des Arabes, sans qu'elle y entre" ("فتنة لا يبقى بيت من العرب إلا دخلته" : hadîth 5) / le "tort qui sera cause de malheur pour les Arabes" ("ويل للعرب من شر قد اقترب" : hadîth 8) :

Il s'agit des invasions mongoles, lesquelles se déroulèrent au 7ème siècle hégirien / XIIIè siècle grégorien.

C'est l'une des deux propositions de al-Munâwî au sujet de cette partie du hadîth 5 ("فتنة لا يبقى بيت من العرب إلا دخلته") (il écrit : "قيل: وهي واقعة التتار، إذ لم يقع في الإسلام بل ولا في غيره مثلها" : Faydh ul-qadîr).

Du hadîth 7 aussi, al-Kirmânî dit qu'il parle des invasions des Mongols, désignés sous l'appellation : "Gog et Magog" (Qassas ul-qur'ân, 3/221). La traduction de ce hadîth 7 se lit ainsi : Un jour, le Prophète Muhammad (sur lui la paix) entra, soucieux, auprès de son épouse Zaynab bint Jahsh, et dit : "لا إله إلا الله، ويل للعرب من شر قد اقترب؛ فُتِحَ اليوم من ردم يأجوج ومأجوج مثلُ هذه" : "Lâ ilâha illa'llâh ! Malheur aux Arabes à cause d'un malheur devenu proche ! Aujourd'hui, quelque chose de semblable à ceci – et il fit un petit cercle de ses doigts – a été ouvert dans la muraille de Gog et Magog" (hadîth 7). Cette "ouverture" est à comprendre dans un sens métaphorique (Qassas ul-qur'ân, 3/220-221 ; Al-Bidâya wa-n-nihâya 2/127).

Le moment le plus marquant de ces invasions fut la mise à mort du calife Abbasside et le pillage de la ville de Bagdad (capitale du califat), en l'an 656 a.h. / 1258 a.g..

La consultation de n'importe quel ouvrage sérieux d'histoire nous apprendra combien les invasions mongoles portèrent un coup terrible à la civilisation arabo-musulmane, qui ne s'en est jusqu'à aujourd'hui pas relevée. "Malheur aux Arabes à cause d'un malheur devenu proche !" (hadîth 7).
Mon article sur les causes du sous-développement actuel des pays musulmans évoque ce point.

(Il faut ici préciser que ces invasions mongoles prirent place dans un cadre plus large de "remplacement du leadership des Arabes par celui des Turk" : un autre article, consacré à ces derniers, en parle.)

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V) La "Fitnat ud-Duhaymâ'" ("فتنة الدهيماء، لا تدع أحدا من هذه الأمة إلا لطمته لطمة، فإذا قيل: "انقضت"، تمادت" : hadîth 3) :

J'ai proposé qu'il s'agirait de la colonisation de la majeure partie du monde musulman aux XIXème et XXème siècles grégoriens.

Le Prophète (sur lui soit la paix) avait prédit de cette épreuve : "elle ne laissera personne de cette Umma sans la gifler" (hadîth 3). C'est-à-dire qu'elle affectera chaque musulman sur le plan Dunyawî.

Le Prophète a parlé aussi de l'affectation que cette épreuve causera à certains musulmans sur le plan Dînî :
"Lors de (cette Fitna), l'homme [musulman] sera croyant le matin, et incroyant le soir" (hadîth 3).

"Bientôt les nations s'inviteront l'une l'autre sur vous, comme les mangeurs s'invitent à leur plat" (hadîth 6).

Tout cela sans oublier que la mainmise ne peut jamais être totale sur toute la Umma, en vertu de l'invocation faite par le Prophète et ayant été acceptée par Dieu (hadîth 15).

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Le Prophète (sur lui soit la paix) a dit aussi, au sujet de cette Fitnat ud-Duhaymâ' : "Lorsqu'il sera dit : "Elle est (maintenant) terminée", elle se poursuivra" (hadîth 3).

Cela sera d'autant plus étrange qu'il y aura, dans le même temps, "un accord de paix qui existera entre vous et les Banu-l-Asfar" (hadîth 4).

Dans le même temps, dans les pays musulmans, ce sera alors : "une royauté dictatoriale" (hadîth 12) ; "une dictature et la (promotion du) mal dans la Umma : ils déclareront licites les relations intimes hors mariage, l'alcool et la soie ; ils auront le dessus ainsi, et recevront leur subsistance, jusqu'à leur mort" (hadîth 13).

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Ce qui précède ira en s'amplifiant jusqu'à peu avant l'apparition du Messie-Dajjâl (Trompeur) :
"Lors de (cette Fitna ud-Duhaymâ'), l'homme [musulman] sera croyant le matin, et incroyant le soir.
Jusqu'à
ce que les hommes [musulmans] constitueront deux camps : un camp de Foi dans lequel il n'y a pas d'hypocrisie, et un camp d'Hypocrisie dans lequel il n'y a pas de foi.
Lorsque cela sera arrivé, alors attendez-vous au Dajjâl le jour même, ou le lendemain"
(hadîth 3).

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VI) L'avènement du Messie-Dajjâl ("المسيح الدجّال" : hadîth 8) :

Parmi tous les hadîths qui parlent de la venue du Messie-Dajjâl, l'un d'eux dit : "Entre la création de Adam et la fin du monde, il n'y aura pas de Fitna plus grande que le Dajjâl" (hadîth 8).
Une fois qu'il sera apparu, le Messie-Dajjâl exercera son règne sur toute la Terre (excepté sur les cités de La Mecque et de Médine) (par ailleurs, il ne réussira pas à fouler l'esplanade des mosquées à Jérusalem) ; cela durera jusqu'à la descente du Messie Jésus fils de Marie, laquelle se produira alors que le Messie-Dajjâl sera sur le point de chercher à entrer sur l'esplanade des mosquées, afin d'y rebâtir le Temple. Voyant Jésus, le Dajjâl s'enfuira, puis Jésus fils de Marie finira par le rattraper et l'anéantira à la porte de Lod.
Lire à ce sujet :
--- Lorsqu'apparaîtra le Messie Trompeur, et que, par la suite, le Messie Jésus fils de Marie redescendra.

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Quant au hadîth 7, il se traduit ainsi : "Des juifs vous combattront. (...)" : "عن سالم بن عبد الله، أن عبد الله بن عمر رضي الله عنهما قال: سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلم يقول: "تقاتلكم اليهود" (al-Bukhârî, 3398 / 3593, Muslim, 2921/81). Suite à quoi les musulmans concernés se défendront : "عن نافع، عن عبد الله بن عمر رضي الله عنهما أن رسول الله صلى الله عليه وسلم قال: "تقاتلون اليهود" : "Vous combattrez ces juifs. (...)" (al-Bukhârî, 2767, Muslim, 2921/79).

Certes, des ulémas anciens (parmi lesquels Ibn Hajar) et contemporains ont dit que la confrontation armée évoquée dans ce hadîth 7 (ainsi que dans d'autres hadîths du même genre) est celle qui se déroulera au moment précis où le Messie Dajjâl sera apparu (ce qui n'est évidemment pas le cas aujourd'hui) : lors de l'apparition du Dajjâl, sa fonction sera (entre autres) de ramener tous les gens de son peuple autour de Jérusalem et de rétablir le 3ème Temple sur le Mont : cette volonté motivera l'avancée de l'armée du Dajjâl, laquelle remportera des victoires militaires sur ceux des musulmans qui résisteront et refuseront d'abandonner l'Esplanade des mosquées. La suite du hadîth évoque la victoire finale des musulmans alors présents sur place (suite à la descente de Jésus fils de Marie). Dans ce cas, la colonisation sioniste relève de l'épreuve précédente, la V (Fitnat ud-Duhaymâ' : hadîth 3), constituant l'une de ses ramifications (bien que pour sa part plus accentuée que d'autres types de colonisation, car consistant non pas seulement à prendre possession de la terre, mais aussi à en expulser le maximum d'habitants musulmans originels).

Cependant, il existe également comme possibilité que ce hadîth 7, (lequel est plus long que la seule première phrase traduite ci-dessus) recèle plutôt une ellipse narrative ; et donc que la confrontation annoncée dans cette phrase (du début du hadîth) évoque en fait la colonisation sioniste, menée sous l'égide de la colonisation britannique (laquelle colonisation sioniste a débuté plusieurs décennies avant que l'apparition du Messie Dajjâl se produise, mais qui continuera et s'étendra jusqu'à ce moment-là) ; la suite du hadîth évoque seulement que [suite à l'apparition du faux Messie, la confrontation connaîtra son paroxysme lors de la volonté de faire place nette sur l'Esplanade pour y bâtir le 3ème Temple], et, ensuite, ce sera la défaite des armées du Dajjâl. Dans ce cas, la colonisation sioniste relève plutôt de cette épreuve-ci, la VI.

En tous cas, le début de l'établissement officiel d'un foyer national juif en Palestine s'est fait en 1917 (déclaration Balfour), la proclamation de l'Etat sioniste s'est faite en 1948 (pour les Arabo-musulmans, cela fut perçu et continue à être perçu comme une "catastrophe", "nakba"), et la conquête par les sionistes de la vieille cité de Jérusalem (Jérusalem-est) s'est faite en 1967 (pour les Arabo-musulmans, ce fut "la seconde catastrophe", "an-nakba ath-thâniya").
A ce jour, la colonisation continue (Jérusalem-est et Cisjordanie). On ne sait pas où elle s'arrêtera ; est-ce que dans le futur elle débordera le Jourdain et arrivera jusqu'aux bords de l'Euphrate à l'ouest, tandis qu'elle s'étendra jusqu'au Nil à l'est, et ira jusqu'à englober vers le sud le mont du Sinaï (actuellement dans la province de Tabuk, en Arabie Saoudite) ?
L'avenir le montrera.
Lire :
--- Le conflit israélo-palestinien est-il un conflit religieux, ou un conflit lié à une terre ?.

Dans ce hadîth 7, le Prophète (sur lui soit la paix) a adressé le pronom "vous" en apparence à ses Compagnons présents devant lui, mais en réalité à ceux de ses lointains disciples qui seront directement concernés par l'événement. Commentant ce hadîth, Ibn Hajar écrivait à son époque (à cheval sur les 8ème et 9ème siècles de l'hégire) : "وهو إخبار بما يقع في مستقبل الزمان" : "Ceci est une information de ce qui se passera dans le futur" (Fat'h ul-bârî 6/126). Commentant la phrase : "Des juifs vous combattront", Ibn Hajar écrivait : "وفي قوله صلى الله عليه وسلم "تقاتلكم اليهود" جواز مخاطبة الشخص والمراد من هو منه بسبيل، لأن الخطاب كان للصحابة والمراد من يأتي بعدهم بدهر طويل""On voit ici la possibilité de s'adresser à une personne, alors que celui que l'on veut cibler est celui qui est semblable à elle ; car (cette) énonciation se faisait aux Compagnons, alors que les hommes ciblés viendront une longue période après eux" (Ibid., 6/745-746). "فيه جواز مخاطبة الشخص والمراد غيره ممن يقول بقوله ويعتقد اعتقاده، لأنه من المعلوم أن الوقت الذي أشار إليه صلى الله عليه وسلم لم يأت بعد" : "On trouve ici la possibilité de s'adresser à une personne, alors que celui que l'on veut cibler est autre, qui dit la même chose et a la même croyance (que la première personne). Car on sait que le moment auquel le Prophète, que Dieu le bénisse et le salue, a fait ici allusion, (ce moment) n'est pas encore arrivé" (Ibid, 6/126).
Lire :
--- Le Prophète (sur lui soit la paix) n'a jamais dit : "Combattez les juifs de telle sorte que si le juif s'abrite derrière une pierre, celle-ci le dénonce et dise de venir le tuer".

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VII) Le dernier déferlement de Gog et Magog ("يبعث الله يأجوج ومأجوج، وهم من كل حدب ينسلون" : hadîth 9) :

Peu de temps après avoir anéanti le Messie-Dajjâl, Jésus recevra de Dieu l'ordre de se réfugier avec les croyants sur le Sinaï – ou ailleurs d'après une autre version – afin d'échapper à Gog et Magog, "qui dévaleront de chaque colline", arriveront jusqu'à Jérusalem et assècheront le Lac Tibériade (hadîth 9).

Cette Fitna ne prendra fin que suite à une épidémie mortelle qui apparaîtra dans les rangs de Gog et Magog et les décimera tous (hadîth 9).

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Dans le Coran, Dieu a fait allusion à cet ultime déferlement de Gog et Magog, qui fait partie des "grands signes" de la Fin du Monde (c'est-à-dire qui la précèdent de très peu) : "حَتَّى إِذَا فُتِحَتْ يَأْجُوجُ وَمَأْجُوجُ وَهُم مِّن كُلِّ حَدَبٍ يَنسِلُونَ وَاقْتَرَبَ الْوَعْدُ الْحَقُّ" : "Jusqu'à ce que quand déferleront Gog et Magog et qu'ils dévaleront de chaque colline. Et la promesse vraie [= la fin du monde] se sera rapprochée (…)" (Coran 21/96-97) ("futihat" a été traduit ici par "déferler" : il s'agit, écrit as-Syôhârwî, d'un terme à appréhender dans un sens métaphorique : leur irruption sera comparable au mouvement de gens qui avaient été emprisonnés et puis sont tout d'un coup relâchés : Qassas ul-qur'ân 3/212).

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Quels sont aujourd'hui les ancêtres de ces peuples qui déferleront à ce moment-là, et qui ont été nommés "Gog et Magog" par Dieu dans ce verset Coran 21/96, ainsi que par le Prophète dans le hadîth numéroté 9 ?
On lit leur description ainsi : "حتى يأتى يأجوج ومأجوج عراض الوجوه صغار العيون صهب الشعاف من كل حدب ينسلون كأن وجوههم المجان المطرقة" : "jusqu'à ce que viennent Gog et Magog, aux larges visages, aux petits yeux, aux sommets des têtes argentés / gris / blancs ("shuh'b") [d'après une autre version : "roux ("Suh'b")], dévalant de chaque colline ; c'est comme si leurs visages étaient des boucliers cuirassés" (hadîth 10).

S'agirait-il de la civilisation extrême-orientale ou (pour reprendre le terme de Huntington) "confucéenne", fédérée autour de la Chine (dont Napoléon Ier et Peyrefitte avaient dit que "lorsqu'elle s'éveillera, le monde tremblera"), et lancée à la conquête d'une grande partie du monde (au moins jusqu'à Jérusalem) suite à l'affaiblissement de certaines civilisations, entre autres l'arabo-musulmane, rendue exsangue par les graves événements qui viendront de s'être alors déroulés ?

Lire :
--- Qui sont les Gog et Magog évoqués dans le Coran et la Sunna ?.

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Voici les hadîths dont sont extraites ces prophéties relatives à ces grandes épreuves :

- 1) Le hadîth relaté par Omar ibn ul-Khattâb :

- "عن حذيفة، أن عمر بن الخطاب رضي الله عنه، قال: "أيكم يحفظ قول رسول الله صلى الله عليه وسلم في الفتنة؟" فقال حذيفة: "أنا أحفظ كما قال". قال: "هات، إنك لجريء". "قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "فتنة الرجل في أهله وماله وجاره، تكفرها الصلاة، والصدقة، والأمر بالمعروف، والنهي عن المنكر". قال: "ليست هذه، ولكن التي تموج كموج البحر!" قال: "يا أمير المؤمنين، لا بأس عليك منها، إن بينك وبينها بابا مغلقا". قال: "يفتح الباب أو يكسر؟" قال: "لا، بل يكسر". قال: "ذاك أحرى أن لا يغلق". قلنا: "علم عمر الباب؟" قال: "نعم، كما أن دون غد الليلة، إني حدثته حديثا ليس بالأغاليط". فهبنا أن نسأله، وأمرنا مسروقا فسأله فقال: "من الباب؟"، قال: "عمر" (al-Bukhârî 3393, Muslim 144).

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- 2) Le hadîth relaté par Hudhayfa (avec des versions légèrement différentes) :

--- 2.1) "عن حذيفة بن اليمان قال: كان الناس يسألون رسول الله صلى الله عليه وسلم عن الخير، وكنت أسأله عن الشر مخافة أن يدركني، فقلت يا رسول الله إنا كنا في جاهلية وشر، فجاءنا الله بهذا الخير، فهل بعد هذا الخير من شر؟ قال: "نعم." قلت: وهل بعد ذلك الشر من خير؟ قال: "نعم، وفيه دخن." قلت: وما دخنه؟ قال: "قوم يهدون بغير هديي، تعرف منهم وتنكر." قلت: فهل بعد ذلك الخير من شر؟ قال: "نعم، دعاة إلى أبواب جهنم، من أجابهم إليها قذفوه فيها." قلت: يا رسول الله، صفهم لنا؟ فقال: "هم من جلدتنا، ويتكلمون بألسنتنا." قلت: فما تأمرني إن أدركني ذلك؟ قال: "تلزم جماعة المسلمين وإمامهم." قلت: فإن لم يكن لهم جماعة ولا إمام؟ قال "فاعتزل تلك الفرق كلها، ولو أن تعض بأصل شجرة، حتى يدركك الموت وأنت على ذلك" (al-Bukhârî 3411, Muslim 1847).
--- 2.2) "حدثنا مسدد، حدثنا أبو عوانة، عن قتادة، عن نصر بن عاصم، عن سبيع بن خالد، قال: أتيت الكوفة في زمن فتحت تستر أجلب منها بغالا؛ فدخلت المسجد، فإذا صدع من الرجال، وإذا رجل جالس تعرف إذا رأيته أنه من رجال أهل الحجاز. قال: قلت: من هذا؟ فتجهمني القوم، وقالوا: أما تعرف هذا؟ هذا حذيفة بن اليمان صاحب رسول الله صلى الله عليه وسلم. فقال حذيفة: "إن الناس كانوا يسألون رسول الله صلى الله عليه وسلم عن الخير، وكنت أسأله عن الشر." فأحدقه القوم بأبصارهم، فقال: "إني أرى الذي تنكرون. إني قلت: "يا رسول الله، أرأيت هذا الخير الذي أعطانا الله، أيكون بعده شر كما كان قبله؟" قال: "نعم" قلت: "فما العصمة من ذلك؟" قال: "السيف". قلت: "يا رسول الله، ثم ماذا يكون؟" قال: "إن كان لله خليفة في الأرض فضرب ظهرك وأخذ مالك، فأطعه؛ وإلا فمت وأنت عاض بجذل شجرة". قلت: "ثم ماذا؟" قال: "ثم يخرج الدجال معه نهر ونار، فمن وقع في ناره، وجب أجره، وحط وزره، ومن وقع في نهره، وجب وزره، وحط أجره". قال: قلت: "ثم ماذا؟" قال: "ثم هي قيام الساعة" (Abû Dâoûd, 4244).
--- 2.3) "حدثنا عبد الله بن مسلمة القعنبي، حدثنا سليمان يعني ابن المغيرة، عن حميد، عن نصر بن عاصم الليثي قال: أتينا اليشكري في رهط من بني ليث، فقال: من القوم؟ قلنا: بنو ليث، أتيناك نسألك عن حديث حذيفة، فذكر الحديث، قال: قلت: "يا رسول الله، هل بعد هذا الخير شر؟" قال: "فتنة وشر". قال: قلت: "يا رسول الله، هل بعد هذا الشر خير؟" قال: "يا حذيفة، تعلم كتاب الله واتبع ما فيه" ثلاث مرار. قال: قلت: "يا رسول الله، هل بعد هذا الشر خير؟" قال: "هدنة على دخن، وجماعة على أقذاء فيها - أو فيهم -". قلت: "يا رسول الله، الهدنة على الدخن ما هي؟" قال: "لا ترجع قلوب أقوام على الذي كانت عليه". قال: قلت: "يا رسول الله، أبعد هذا الخير شر؟" قال: "فتنة عمياء صماء، عليها دعاة على أبواب النار؛ فإن تمت يا حذيفة وأنت عاض على جذل، خير لك من أن تتبع أحدا منهم" (Abû Dâoûd 4246).

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- 3) Le hadîth relaté par Abdullâh ibn Omar :

"عن عبد الله بن عمر قال: كنا قعودا عند رسول الله، فذكر الفتن فأكثر في ذكرها. حتى ذكر فتنة الأحلاس، فقال قائل: "يا رسول الله وما فتنة الأحلاس؟" قال: "هي هرب وحرب! ثم فتنة السراء، دخنها من تحت قدمي رجل من أهل بيتي يزعم أنه مني، وليس مني، وإنما أوليائي المتقون، ثم يصطلح الناس على رجل كورك على ضلع. ثم فتنة الدهيماء، لا تدع أحدا من هذه الأمة إلا لطمته لطمة، فإذا قيل: "انقضت"، تمادت؛ يصبح الرجل فيها مؤمنا، ويمسي كافرا؛ حتى يصير الناس إلى فسطاطين: فسطاط إيمان لا نفاق فيه، وفسطاط نفاق لا إيمان فيه. فإذا كان ذاكم، فانتظروا الدجال من يومه أو من غده" (Abû Dâoûd, 4242).

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- 4) Le hadîth relaté par 'Awf ibn Mâlik :

"عن عوف بن مالك، قال: أتيت النبي صلى الله عليه وسلم في غزوة تبوك وهو في قبة من أدم، فقال: "اعدد ستا بين يدي الساعة: موتي. ثم فتح بيت المقدس. ثم موتان يأخذ فيكم كقعاص الغنم. ثم استفاضة المال حتى يعطى الرجل مائة دينار فيظل ساخطا. ثم فتنة لا يبقى بيت من العرب إلا دخلته. ثم هدنة تكون بينكم وبين بني الأصفر..." (al-Bukhârî, 3005 ; il y a une suite après cette phrase).

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- 5) Le hadîth relaté par Zaynab bint Jahsh :

"عن زينب بنت جحش أن النبي صلى الله عليه وسلم دخل عليها فزعا يقول: "لا إله إلا الله! ويل للعرب من شر قد اقترب. فتح اليوم من ردم يأجوج ومأجوج مثل هذه" وحلق بإصبعه الإبهام والتي تليها. قالت زينب بنت جحش فقلت: "يا رسول الله، أنهلك وفينا الصالحون؟" قال: "نعم إذا كثر الخبث" (al-Bukhârî, 3168, Muslim, 2880).

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- 6) Le hadîth relaté par Thawbân :

"عن ثوبان، قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "يوشك الأمم أن تداعى عليكم كما تداعى الأكلة إلى قصعتها". فقال قائل: ومن قلة نحن يومئذ؟ قال: "بل أنتم يومئذ كثير، ولكنكم غثاء كغثاء السيل..." (Abû Dâoûd, 4297 : il y a une suite après cette phrase).

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- 7) Le hadîth relaté par Abdullâh ibn Omar :

"عن سالم بن عبد الله، أن عبد الله بن عمر رضي الله عنهما، قال: سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلم يقول: "تقاتلكم اليهود (al-Bukhârî, 3398, Muslim, 2921 ; il y a une suite après cette phrase).

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- 8) Le hadîth relaté par 'Imrân ibn Hussayn :

"عن عمران بن حصين قال: سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلم يقول: "ما بين خلق آدم إلى قيام الساعة فتنة أكبر من الدجال" (al-Hâkim 8610).
"عن عمران بن حصين قال: سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلم يقول: "ما بين خلق آدم إلى قيام الساعة أمر أكبر من الدجال" (Muslim 2946/127).

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- 9) Une partie du hadîth relaté par an-Nawwâs ibn Sam'ân :

"فبينما هو كذلك إذ أوحى الله إلى عيسى: "إني قد أخرجت عبادا لي، لا يدان لأحد بقتالهم، فحرز عبادي إلى الطور". ويبعث الله يأجوج ومأجوج، وهم من كل حدب ينسلون. فيمر أوائلهم على بحيرة طبرية فيشربون ما فيها؛ ويمر آخرهم فيقولون: لقد كان بهذه مرة ماء. ويحصر نبي الله عيسى وأصحابه، حتى يكون رأس الثور لأحدهم خيرا من مائة دينار لأحدكم اليوم. فيرغب نبي الله عيسى وأصحابه. فيرسل الله عليهم النغف في رقابهم، فيصبحون فرسى كموت نفس واحدة. ثم يهبط نبي الله عيسى وأصحابه إلى الأرض، فلا يجدون في الأرض موضع شبر إلا ملأه زهمهم ونتنهم. فيرغب نبي الله عيسى وأصحابه إلى الله، فيرسل الله طيرا كأعناق البخت فتحملهم فتطرحهم حيث شاء الله" (Muslim, 2937).

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- 10) Une partie du hadîth relaté par la Tante de Ibn Harmala :

"حتى يأتى يأجوج ومأجوج عراض الوجوه صغار العيون صهب الشعاف من كل حدب ينسلون كأن وجوههم المجان المطرقة" : "... jusqu'à ce que viennent Gog et Magog, aux larges visages, aux petits yeux, aux sommets des têtes argentés / gris / blancs ("shuh'b") [d'après une autre version : "roux ("Suh'b")], dévalant de chaque colline ; c'est comme si leurs visages étaient des boucliers cuirassés" (Ahmad, 22331 : il y a une petite discussion au sujet de la fiabilité du narrateur Ibn Harmala).

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- 11) Le hadîth relaté par Safîna :

"عن سعيد بن جمهان، عن سفينة، قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "خلافة النبوة ثلاثون سنة، ثم يؤتي الله الملك أو ملكه من يشاء". قال سعيد: قال لي سفينة: "أمسك عليك أبا بكر سنتين، وعمر عشرا، وعثمان اثنتي عشرة، وعلي كذا". قال سعيد: قلت لسفينة: "إن هؤلاء يزعمون أن عليا عليه السلام لم يكن بخليفة." قال: "كذبت أستاه بني الزرقاء" يعني بني مروان" (Abû Dâoûd, 4646, at-Tirmidhî, 2226).

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- 12) Le hadîth relaté par Hudhayfa :

"عن حذيفة قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "تكون النبوة فيكم ما شاء الله أن تكون، ثم يرفعها إذا شاء أن يرفعها. ثم تكون خلافة على منهاج النبوة، فتكون ما شاء الله أن تكون، ثم يرفعها إذا شاء الله أن يرفعها. ثم تكون ملكا عاضا، فيكون ما شاء الله أن يكون، ثم يرفعها إذا شاء أن يرفعها. ثم تكون ملكا جبرية، فتكون ما شاء الله أن تكون، ثم يرفعها إذا شاء أن يرفعها. ثم تكون خلافة على منهاج نبوة" (Ahmad, 18406 ; Silsilat ul-ahâdîth as-sahîha, n° 5).

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- 13) Le hadîth relaté par Abû 'Ubayda et Mu'âdh ibn Jabal :

"عن أبى عبيدة ابن الجراح ومعاذ بن جبل رضي الله عنهما عن النبي صلى الله عليه وسلم قال: "إن الله بدأ هذا الأمر نبوة ورحمة، وكائنا خلافة ورحمة، وكائنا ملكا عضوضا، وكائنا عتوة وجبرية وفسادا فى الأمة، يستحلون الفروج والخمور والحرير، وينصرون على ذلك ويرزقون أبدا حتى يلقوا الله عز وجل"" (al-Bayhaqî : As-Sunan al-kub'râ, 16708, Shu'ab ul-îmân, 5228, Dalâ'ïl un-nubuwwa - Mishkât ul-massâbîh, n° 5375-5376 - hadîth hassan d'après Ibn Hajar).

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- 14) Quelques autres hadîths  :

Il est à noter ici qu'après le califat sur le modèle du prophétat (hadîth 12) / califat doté de miséricorde (hadîth 13), ce fut : le califat sur le modèle de la royauté :
"عم أبي هريرة أن النبي صلى الله عليه وسلم قال: "كانت بنو إسرائيل تسوسهم الأنبياء، كلما هلك نبي خلفه نبي. وإنه لا نبي بعدي، وسيكون خلفاء. فيكثرون". قالوا: فما تأمرنا؟ قال: "فوا ببيعة الأول فالأول، أعطوهم حقهم، فإن الله سائلهم عما استرعاهم" (al-Bukhârî, 3268, Muslim, 1842).

Par ailleurs, cette royauté fut d'abord "une royauté miséricordieuse".
Ce ne fut que plus tard que cela devint "une royauté mordante" :
--- "عن مجاهد، عن ابن عباس، قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "أول هذا الأمر نبوة ورحمة، ثم يكون خلافة ورحمة، ثم يكون ملكا ورحمة، ثم يكون إمارة ورحمة، ثم يتكادمون عليه تكادم الحمر..." (at-Tabarânî fi-l-kabîr, 11138 : As-Silsila as-sahîha, n° 3270).
--- "عن عبد الله بن عمر، أن عمر بن الخطاب رضي الله عنه كان يقول: "إن الله بدأ هذا الأمر حين بدأ بنبوة ورحمة، ثم يعود إلى خلافة، ثم يعود إلى سلطان ورحمة، ثم يعود ملكا ورحمة، ثم يعود جبرية تكادمون تكادم الحمير..." (Al-Hâkim, 8459).

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- 15) Le hadîth relaté par Thawbân :

"عن ثوبان، قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "إن الله زوى لي الأرض، فرأيت مشارقها ومغاربها، وإن أمتي سيبلغ ملكها ما زوي لي منها. وأعطيت الكنزين الأحمر والأبيض. وإني سألت ربي لأمتي أن لا يهلكها بسنة عامة، وأن لا يسلط عليهم عدوا من سوى أنفسهم، فيستبيح بيضتهم؛ وإن ربي قال: "يا محمد إني إذا قضيت قضاء فإنه لا يرد. وإني أعطيتك لأمتك أن لا أهلكهم بسنة عامة، وأن لا أسلط عليهم عدوا من سوى أنفسهم يستبيح بيضتهم ولو اجتمع عليهم من بأقطارها - أو قال من بين أقطارها -، حتى يكون بعضهم يهلك بعضا ويسبي بعضهم بعضا" (Muslim, 2889).
"أى جماعتهم وأصلهم؛ وهو مأخوذ من بيضة الطائر لتحصينها ما فيها واجتماعها عليه. والبيضة أيضاً: العز. البيضة أيضاً: الملك" (Ikmâl ul-mu'lim). "أي مجتمعهم وموضع سلطانهم ومستقر دعوتهم؛ وبيضة الدار وسطها ومعظمها، أراد عدواً يستأصلهم ويهلكهم جميعهم. وقيل: أراد إذا هلك أصل البيضة كان هلاك كلها من طعم أو فرخ وإذا لم يهلك أصل البيضة ربما سلم بعض أفراخها. والنفي منصب على السبب والمسبب معاً، فيفهم منه أنه قد يسلط عليهم عدو لكن لا يستأصل شأفتهم" (Shar'h ut-Tîbî).

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

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