Les Hassanât (les bonnes choses que l'on fait) et les Sayyi'ât (les choses de mal que l'on fait) sont consignées dans nos Livres de Comptes - Le Livre de chacun d'entre nous lui sera remis le Jour du Jugement, et il lui sera dit : "Lis ton Livre !" - Ensuite nos croyances et actions, bonnes et mauvaises, seront pesées dans la Balance (1/6)

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Dieu dit : "وَنُخْرِجُ لَهُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ كِتَابًا يَلْقَاهُ مَنشُورًا اقْرَأْ كَتَابَكَ كَفَى بِنَفْسِكَ الْيَوْمَ عَلَيْكَ حَسِيبًا" : "Et Nous ferons apparaître pour lui le jour de la résurrection un Livre, qu'il trouvera déployé. "Lis ton livre ! Tu te suffis aujourd'hui comme comptable [= preneur de comptes]"" (Coran 17/13-14).

Il dit aussi : "وَيَوْمَ نُسَيِّرُ الْجِبَالَ وَتَرَى الْأَرْضَ بَارِزَةً وَحَشَرْنَاهُمْ فَلَمْ نُغَادِرْ مِنْهُمْ أَحَدًا وَعُرِضُوا عَلَى رَبِّكَ صَفًّا لَّقَدْ جِئْتُمُونَا كَمَا خَلَقْنَاكُمْ أَوَّلَ مَرَّةٍ بَلْ زَعَمْتُمْ أَلَّن نَّجْعَلَ لَكُم مَّوْعِدًا وَوُضِعَ الْكِتَابُ فَتَرَى الْمُجْرِمِينَ مُشْفِقِينَ مِمَّا فِيهِ وَيَقُولُونَ يَا وَيْلَتَنَا مَالِ هَذَا الْكِتَابِ لَا يُغَادِرُ صَغِيرَةً وَلَا كَبِيرَةً إِلَّا أَحْصَاهَا وَوَجَدُوا مَا عَمِلُوا حَاضِرًا وَلَا يَظْلِمُ رَبُّكَ أَحَدًا" : "Le jour où Nous ferons marcher les montagnes et où tu verras la terre nivelée comme une plaine. Nous les rassemblerons et n'en délaisserons alors aucun. Ils seront présentés devant leur Seigneur ; "Vous êtes venus à nous comme Nous vous avions créés la première fois. Mais vous prétendiez que Nous n'avions pas placé pour vous de rendez-vous." Le Livre (de chacun) sera placé. Tu verras alors les fauteurs de mal effrayés de ce qui s'y trouve ; et ils diront : "Malheur à nous, qu'a donc ce livre, il ne laisse aucune action grande, ni petite, sans la mentionner ?" Et ils trouveront présent ce qu'ils auront fait. Et ton Seigneur ne lèsera personne" (Coran 18/47-49).

Il dit encore : "وَنَضَعُ الْمَوَازِينَ الْقِسْطَ لِيَوْمِ الْقِيَامَةِ فَلَا تُظْلَمُ نَفْسٌ شَيْئًا وَإِن كَانَ مِثْقَالَ حَبَّةٍ مِّنْ خَرْدَلٍ أَتَيْنَا بِهَا وَكَفَى بِنَا حَاسِبِينَ" : "Et Nous placerons les Balances justes le jour de la résurrection, alors aucune personne ne sera lésée. Et si (l'action) était du poids d'un grain de moutarde, Nous la ferons venir. Et Nous sommes suffisant comme comptable [= preneur de comptes]" (Coran 21/47).

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Extrait d'
un précédent article, parlant de la relation du croyant avec Dieu :

--- A) L'homme est certes dans un rapport d'obéissance à Dieu, Lequel lui ordonne à la fin :
----- A.a) de le mettre à l'épreuve
("للابتلاء والامتحان"), pour voir s'il se soumet à Lui en actions (الاستسلام والخضوع له) ;
----- A.b) et
de rétribuer ses actes dans l'au-delà : ses bonnes actions par des récompenses, ses mauvaises par une sanction ("للتعويض بالثواب").
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--- B) Cependant, cette obéissance aux normes édictées par Dieu se fait avant tout parce qu'Il est Celui que l'on aime, et Celui de Qui on cherche à se rapprocher spirituellement.

Car si l'homme est dans un rapport de servitude avec Dieu, auquel il obéit parce qu'il est Son serviteur, 'abd (A), il est aussi et surtout dans un rapport d'amour avec Lui (B) : il cherche donc à mieux Le connaître et à se rapprocher spirituellement de Lui ; et s'il se conforme, dans ses actes extérieurs aussi, aux normes communiquées par Lui, c'est parce qu'il cherche à Lui plaire, en faisant ce qu'Il aime de sa part et en s'éloignant de ce qu'Il n'aime pas qu'il le fasse ("وليس المقصود بالعبادات والأوامر المشقة والكلفة بالقصد الأول، وإن وقع ذلك ضمنا وتبعا فى بعضها، لأسباب اقتضته لابد منها، هى من لوازم هذه النشأة. فأوامره سبحانه، وحقه الذى أوجبه على عباده، وشرائعه التى شرعها لهم هى قرة العيون ولذة القلوب، ونعيم الأرواح وسرورها" : Ighâthat ul-lahfân 1/50) (cf. également Al-'Ubûdiyya, Ibn Taymiyya, pp. 33-34).

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--- C) Percevoir le code normatif d'origine divine sous l'angle de l'obéissance à Dieu (par la volonté de Lui plaire et la crainte de Lui déplaire, B, et par la
nécessité de se soumettre à Lui, A), ce n'est là qu'une perception de la taklîf, faite selon un angle particulier seulement. Car selon un autre angle (C), tout aussi présent dans les sources de l'islam, la taklîf a, simultanément, un ensemble d'objectifs.
Quels sont ces objectifs globaux ?
----- C.a) Eduquer l'âme de l'homme, sur le plan spirituel comme sur le plan moral ("رياضة النفس وتهذيبها" :
Ighâthat ul-lahfân 1/49), montrer à l'homme la voie pour qu'il puisse vivre une vie d'harmonie et de plénitude, en lui faisant accéder à un état où tous ses composants se retrouvent équilibrés (Al-Muwâfaqât 1/463, 469).
----- C.b) Conduire l'homme à ce qui est meilleur pour lui, en ce monde et en l'au-delà ("إذًا، ثبت أن الشارع قد قصد بالتشريع إقامة المصالح الأخروية والدنيوية، فذلك على وجه لا يختل لها به نظام، لا بحسب الكل ولا بحسب الجزء، وسواء في ذلك ما كان من قبيل الضروريات أو الحاجيات أو التحسينيات" : Al-Muwâfaqât, 1/429, 469).
Cliquez ici pour découvrir quels sont les objectifs supérieurs des enseignements de l'islam (مقاصد الشرع).

Dans l'article-ci, nous parlerons de l'aspect A.b seulement : l'inscription, puis la pesée de ce que l'homme aura fait, de bien et de mal, à la fin de la rétribution...

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I) Hassana (Bonne Action) et Sayyi'a (Mauvaise Action) :

Sont des Hassana ou, au contraire, des Sayyi'a :
- les actions du cœur de type croyances,
- les actions du cœur telles que la sincérité pour Dieu, l'amour pour Lui, le degré de certitude sur les croyances,
- les actions de la langue (les paroles),
- les actions extérieures personnelles, telles que la prière rituelle, le fait de manger au degré nécessaire, etc.,
- et les actions extérieures faites vis-à-vis d'autrui, telles que le fait d'aider celui qui est dans le besoin, ou de frapper quelqu'un.

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Hassana signifie : "'Amal Sâlih", ou : "Bonne action, considérée dans son individualité".
Cependant, cette bonne action est parfois une "Unité de bonne action", un peu comme une "unité positive" : cela ne serait-il pas le cas dans ce hadîth : "Celui qui récite une lettre du Livre de Dieu acquiert une bonne action. Et chaque bonne action en vaut 10. Je ne dis pas que Alif-Lâm-Mîm est une lettre, mais que Alif est une lettre, Lâm est une lettre et Mîm est une lettre" (at-Tirmidhî, 2910). En effet, ici, la Hassana au sens originel c'est la récitation cultuelle du texte coranique. Et, que chaque lettre soit comptée comme "hassana", on peut l'expliquer au sens d'"unité de bonne action".

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II) Les Hassanât et les Sayyi'ât sont transcrites dans le Livre des Comptes :

- Ce sont des anges, dévolus auprès de chaque homme, qui sont chargés d'écrire dans son Livre de compte toutes les croyances qu'il adopte, toutes les pensées volontaires qu'il développe, toutes les actions extérieures qu'il accomplit, ainsi que toutes les intentions accompagnant celles-ci.

- A la mort de l'homme, ce registre est rangé. D'après l'une des interprétations, 'Illiyyûn figurant dans le célèbre verset : "كَلَّا إِنَّ كِتَابَ الْأَبْرَارِ لَفِي عِلِّيِّينَ" (Coran 83/18) serait le nom du lieu où le registre des gens de bien est rangé, et Sijjîn le lieu où le registre des gens de mal l'est.

- Le Jour du Jugement, chaque homme recevra son registre, dans lequel il pourra voir toutes ses Hassanât et Sayyi'ât écrites, et il lui sera dit : "Lis ton livre !"  :
--- "وَنُخْرِجُ لَهُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ كِتَابًا يَلْقَاهُ مَنشُورًا اقْرَأْ كَتَابَكَ كَفَى بِنَفْسِكَ الْيَوْمَ عَلَيْكَ حَسِيبًا" (Coran 17/13-14).
--- "فَأَمَّا مَنْ أُوتِيَ كِتَابَهُ بِيَمِينِهِ فَيَقُولُ هَاؤُمُ اقْرَؤُوا كِتَابِيهْ {69/19} إِنِّي ظَنَنتُ أَنِّي مُلَاقٍ حِسَابِيهْ {69/20} فَهُوَ فِي عِيشَةٍ رَّاضِيَةٍ {69/21} فِي جَنَّةٍ عَالِيَةٍ {69/22} قُطُوفُهَا دَانِيَةٌ {69/23} كُلُوا وَاشْرَبُوا هَنِيئًا بِمَا أَسْلَفْتُمْ فِي الْأَيَّامِ الْخَالِيَةِ {69/24} وَأَمَّا مَنْ أُوتِيَ كِتَابَهُ بِشِمَالِهِ فَيَقُولُ يَا لَيْتَنِي لَمْ أُوتَ كِتَابِيهْ {69/25} وَلَمْ أَدْرِ مَا حِسَابِيهْ {69/26} يَا لَيْتَهَا كَانَتِ الْقَاضِيَةَ {69/27} مَا أَغْنَى عَنِّي مَالِيهْ {69/28} هَلَكَ عَنِّي سُلْطَانِيهْ {69/29}" (Coran 69/19-29).
--- "فَأَمَّا مَنْ أُوتِيَ كِتَابَهُ بِيَمِينِهِ {84/7} فَسَوْفَ يُحَاسَبُ حِسَابًا يَسِيرًا {84/8} وَيَنقَلِبُ إِلَى أَهْلِهِ مَسْرُورًا {84/9} وَأَمَّا مَنْ أُوتِيَ كِتَابَهُ وَرَاء ظَهْرِهِ {84/10} فَسَوْفَ يَدْعُو ثُبُورًا {84/11} وَيَصْلَى سَعِيرًا {84/12} إِنَّهُ كَانَ فِي أَهْلِهِ مَسْرُورًا {84/13} إِنَّهُ ظَنَّ أَن لَّن يَحُورَ {84/14" (Coran 84/7-14).

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Est-ce que les actions mubâh (purement autorisées, ne rapportant aucune récompense ni aucun péché ni blâme) sont aussi écrites ?

Al-Qurtubî relate 3 avis sur le sujet :
- Oui, tout est écrit ;
- Les actions mubâh sont écrites pour un temps, puis effacées ;
- Non : seules les bonnes et les mauvaises actions sont écrites.
"قال أبو الجوزاء ومجاهد: يكتب على الإنسان كل شي حتى الأنين في مرضه. وقال عكرمة: لا يكتب إلا ما يؤجر به أو يؤزر عليه. وقيل: يكتب عليه كل ما يتكلم به، فإذا كان آخر النهار محي عنه ما كان مباحا، نحو "انطلق"، "اقعد": كل مما لا يتعلق به أجر ولا وزر، والله أعلم" (Tafsîr ul-Qurtubî, commentaire de 50/17-18).

Rappelons ici que l'action mubâh ne rapporte ni récompense ni péché ni éloge ni blâme, de par elle-même.
Seule l'intention de s'aider de cette action mubâh pour pouvoir ensuite réaliser telle action mustahabb ou wâjib, ou pour pouvoir ensuite se préserver de telle action mak'rûh ou harâm, rapporte des récompenses au niveau de l'intention mise en acte.
De même, l'intention de s'aider d'une action mubâh pour pouvoir ensuite pratiquer telle action mak'rûh tahrîmî ou harâm, ou pour pouvoir ensuite délaisser telle action wâjib, cela rapporte des péchés au niveau de l'intention mise en acte.

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Les actions qui sont mauvaises et que l'homme avait dûment commises mais qu'il s'était, durant son vivant, fait pardonner par Dieu : sont-elles effacées du Livre des comptes ? ou bien demeurent-elles écrites dans ce Livre [avec éventuellement le rajout de la mention : "pardonné par la faveur divine, suite à telle chose"], de sorte que le jour du jugement l'homme lira tout ce qu'il aura fait de bien comme de mal sur Terre ?

Ibn Rajab relate que les deux avis existent chez les ulémas :
"فقوله صلى الله عليه وسلم : أتبع السيئة الحسنة تمحها ظاهره أن السيئات تمحى بالحسنات، وقد تقدم ذكر الآثار التي فيها أن السيئة تمحى من صحف الملائكة بالحسنة إذا عملت بعدها. قال عطية العوفي: بلغني أنه من بكى على خطيئة، محيت عنه، وكتبت له حسنة. وعن عبد الله بن عمرو قال: من ذكر خطيئة عملها، فوجل قلبه منها، فاستغفر الله عز وجل، لم يحبسها شيء حتى يمحوها عنه الرحمن. وقال بشر بن الحارث: بلغني عن الفضيل بن عياض قال: بكاء النهار يمحو ذنوب العلانية، وبكاء الليل يمحو ذنوب السر. وقد ذكرنا قول النبي صلى الله عليه وسلم: ألا أدلكم على ما يمحو الله به الخطايا ويرفع به الدرجات؟ الحديث.
وقالت طائفة: لا تمحى الذنوب من صحائف الأعمال بتوبة ولا غيرها، بل لابد أن يوقف عليها صاحبها ويقرأها يوم القيامة. (...) فمن يعمل مثقال ذرة خيرا يره ومن يعمل مثقال ذرة شرا يره. وقد ذكر بعض المفسرين أن هذا القول هو الصحيح عند المحققين. وقد روي هذا القول عن الحسن البصري وبلال بن سعد الدمشقي"
(Jâmi' ul-'ulûm wa-l-hikam, hadîth n° 18).

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III) Les bonnes et les mauvaises actions étant transcrites, on trouve du chiffre dans la Sunna...

--- Celui qui récite chaque jour 100 fois : "لا إله إلا الله وحده لا شريك له، له الملك وله الحمد، وهو على كل شيء قدير", celui-là aura (entre autres) 100 Hassana écrites, et 100 Sayyi'a effacées : "عن أبي هريرة رضي الله عنه، أن رسول الله صلى الله عليه وسلم، قال: "من قال "لا إله إلا الله وحده لا شريك له، له الملك وله الحمد، وهو على كل شيء قدير" في يوم مائة مرة، كانت له عدل عشر رقاب، وكتبت له مائة حسنة، ومحيت عنه مائة سيئة، وكانت له حرزا من الشيطان يومه ذلك حتى يمسي، ولم يأت أحد بأفضل مما جاء به، إلا أحد عمل أكثر من ذلك" (al-Bukhârî 3119, Muslim 2691).

--- 1 000 Hassana chaque jour : "عن مصعب بن سعد، حدثني أبي قال: كنا عند رسول الله صلى الله عليه وسلم، فقال: "أيعجز أحدكم أن يكسب كل يوم ألف حسنة؟" فسأله سائل من جلسائه: كيف يكسب أحدنا ألف حسنة؟ قال: "يسبح مائة تسبيحة، فيكتب له ألف حسنة، أو يحط عنه ألف خطيئة" (Muslim 2698).

--- Celui qui se rend à pied à la mosquée pour y accomplir la prière rituelle en groupe, voit, pour chaque pas qu'il fait, s'inscrire à son compte 1 Hassana, et s'effacer de son passif 1 Sayyi'a : "عن أبي هريرة قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "إذا خرج المسلم إلى المسجد كتب الله له بكل خطوة خطاها حسنة ومحى عنه بها سيئة حتى يأتي مقامه" (Silsilat ul-ahâdîth is-sahîha, 1603).

--- " سمعت عبد الله بن مسعود، يقول: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "من قرأ حرفا من كتاب الله فله به حسنة، والحسنة بعشر أمثالها، لا أقول الم حرف، ولكن ألف حرف ولام حرف وميم حرف" : "Celui qui récite une lettre du Livre de Dieu acquiert une Hassana. Et chaque Hassana en vaut 10. Je ne dis pas que Alif-Lâm-Mîm est une lettre, mais que Alif est une lettre, Lâm est une lettre et Mîm est une lettre" (at-Tirmidhî, 2910).

--- "عن عائشة، قالت: سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلم، يقول: "ما من شيء يصيب المؤمن حتى الشوكة تصيبه، إلا كتب الله له بها حسنة أو حطت عنه بها خطيئة" (Muslim 2572).

--- "عن ابن عباس رضي الله عنهما، عن النبي صلى الله عليه وسلم، فيما يروي عن ربه عز وجل قال: قال: "إن الله كتب الحسنات والسيئات ثم بين ذلك، فمن هم بحسنة فلم يعملها كتبها الله له عنده حسنة كاملة، فإن هو هم بها فعملها كتبها الله له عنده عشر حسنات إلى سبع مائة ضعف إلى أضعاف كثيرة. ومن هم بسيئة فلم يعملها كتبها الله له عنده حسنة كاملة، فإن هو هم بها فعملها كتبها الله له سيئة واحدة" : "Dieu a fixé les Hassanât et les Sayyi'ât. Puis Il a exposé ceci : "Celui qui a l'intention de faire une bonne action puis ne la fait pas, Dieu écrit en sa faveur une bonne action complète ; et s'il en a l'intention puis la fait, Dieu écrit en sa faveur dix bonnes actions, plus à ce qui est multiplié par 700, voire plus encore. Et si l'homme fait l'intention de faire une mauvaise action puis décide de ne pas la faire, Dieu écrit pour lui une bonne action ; et s'il fait la mauvaise action, Dieu écrit à son passif une seule mauvaise action"" (al-Bukhârî 6126, Muslim, 131).
--- "عن أبي هريرة رضي الله عنه، قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "كل عمل ابن آدم يضاعف، الحسنة عشر أمثالها إلى سبعمائة ضعف، قال الله عز وجل: إلا الصوم، فإنه لي وأنا أجزي به، يدع شهوته وطعامه من أجلي" (Muslim 1151 ; al-Bukhârî 5583).
--- "عن أبي هريرة، قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "إذا أحسن أحدكم إسلامه: فكل حسنة يعملها تكتب له بعشر أمثالها إلى سبع مائة ضعف، وكل سيئة يعملها تكتب له بمثلها" (al-Bukhârî 42, Muslim 129).

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IV) Cependant, les Hassanât et les Sayyi'ât ne seront pas comptées mais seront pesées dans une Balance (dotée de deux Plateaux et d'une Aiguille) :

Chaque humain passera devant la Balance, pour voir ses croyances, ses dires et ses actions être pesés :
--- "وَنَضَعُ الْمَوَازِينَ الْقِسْطَ لِيَوْمِ الْقِيَامَةِ فَلَا تُظْلَمُ نَفْسٌ شَيْئًا وَإِن كَانَ مِثْقَالَ حَبَّةٍ مِّنْ خَرْدَلٍ أَتَيْنَا بِهَا وَكَفَى بِنَا حَاسِبِينَ" (Coran 21/47).
--- "وَالْوَزْنُ يَوْمَئِذٍ الْحَقُّ فَمَن ثَقُلَتْ مَوَازِينُهُ فَأُوْلَئِكَ هُمُ الْمُفْلِحُونَ وَمَنْ خَفَّتْ مَوَازِينُهُ فَأُوْلَئِكَ الَّذِينَ خَسِرُواْ أَنفُسَهُم بِمَا كَانُواْ بِآيَاتِنَا يِظْلِمُونَ" (Coran 7/8-9).
--- "فَإِذَا نُفِخَ فِي الصُّورِ فَلَا أَنسَابَ بَيْنَهُمْ يَوْمَئِذٍ وَلَا يَتَسَاءلُونَ فَمَن ثَقُلَتْ مَوَازِينُهُ فَأُوْلَئِكَ هُمُ الْمُفْلِحُونَ وَمَنْ خَفَّتْ مَوَازِينُهُ فَأُوْلَئِكَ الَّذِينَ خَسِرُوا أَنفُسَهُمْ فِي جَهَنَّمَ خَالِدُونَ" (Coran 23/101-103).

Chaque humain sera questionné par Dieu :
--- "فَوَرَبِّكَ لَنَسْأَلَنَّهُمْ أَجْمَعِيْنَ عَمَّا كَانُوا يَعْمَلُونَ" (Coran 15/92-93).

Voici ce qu'on lit dans un hadîth :
"وفي حديث جابر رفعه: "توضع الموازين يوم القيامة فتوزن الحسنات والسيئات؛ فمن رجحت حسناته على سيئاته مثقال حبة دخل الجنة؛ ومن رجحت سيئاته على حسناته مثقال حبة دخل النار." قيل: "فمن استوت حسناته وسيئاته؟" قال: "أولئك أصحاب الأعراف." أخرجه خيثمة في فوائده. وعند ابن المبارك في الزهد عن ابن مسعود نحوه موقوفا" (FB 13/661). Il est dit dans ce hadîth que :
A) Celui dont les Sayyi'ât seront plus lourdes que ses Hassanât, celui-là ira dans la Géhenne (A.a : perpétuel si l'homme n'aura pas eu Asl ul-îmân alors même que le message lui était parvenu) (et A.b : temporaire s'il s'agit de Sayyi'ât autres que le kufr akbar, auquel cas Dieu peut également ne pas envoyer cet homme dans la Géhenne et lui accorder Son Pardon : soit directement, soit après un châtiment dans la Plaine du Jugement ou sur le Pont-Sirât).
B) Celui dont les Hassanât seront plus lourdes que ses Sayyi'ât, celui-là ira dans le Paradis.
C) Et celui dont les Hassanât et les Sayyi'ât auront le même poids, celui-là sera dans les A'râf.

D'après des ulémas, dans le cas A.a, celui qui sera mort kâfir mais ayant fait des actions de bien, ses actions lui seront également pesées le Jour du Jugement : sa croyance de kufr akbar pèsera systématiquement plus lourd que toutes ses actions extérieures de bien, mais ces dernières seront néanmoins la cause d'un châtiment moindre (bien que lui aussi perpétuel, à cause du kufr akbar) que celui qui touchera celui qui sera mort kâfir sans avoir fait autant d'actions de bien. De même, celui qui sera mort kâfir en ayant, en plus, fait quantité d'actions de mal, celui-là aura un châtiment plus lourd encore que celui qui touchera celui qui sera mort kâfir sans avoir fait autant d'actions de mal. Il peut s'agir d'actions de mal concernant les droits de Dieu (comme l'adultère), ou concernant les droits d'autrui (comme le fait d'avoir tué autrui, d'avoir frappé autrui, d'avoir volé ou usurpé ce qui appartenait à autrui, d'avoir calomnié autrui, de l'avoir médit, etc. (Cf. At-Tadhkira, 1/5-8 ; Fat'h ul-bârî 11/525 ; 13/660.)

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V) Déjà, ne sera inscrite dans notre Livre de Comptes comme "Hassana", et ne sera placée dans le Plateau des Hassanât : que ce qui aura été fait avec Piété :

Dieu relate ce propos que Abel avait tenu à son frère Caïn : "إِنَّمَا يَتَقَبَّلُ اللّهُ مِنَ الْمُتَّقِينَ" : "Dieu n'accepte que de la part des pieux" (Coran 5/17).

Ce verset ne signifie pas que Dieu n'accepte pas la bonne action faite par quelqu'un qui n'est (par ailleurs, dans ses autres actions) pas pieux.

Ce verset signifie que Dieu n'accepte que l'action faite avec piété : c'est-à-dire faite à la fois avec sincérité pour Dieu et en conformité avec les normes fixées par Lui (MF 7/494-495).
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L'action qui manque à l'une de ces deux conditions n'est pas comptée par 
Dieu comme Hassana et n'est donc pas acceptée par Lui :
--- soit que cette action manque au niveau de la sincérité ;
--- soit qu'elle manque au niveau de la conformité aux normes
shar'î.

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C'est bien pourquoi Dieu a décrit ceux qui font le bien en ces termes, où l'on voit qu'ils font le maximum, mais ensuite redoutent de voir leurs actions présenter des manquements :
"إِنَّ الْمُتَّقِينَ فِي جَنَّاتٍ وَعُيُونٍ آخِذِينَ مَا آتَاهُمْ رَبُّهُمْ. إِنَّهُمْ كَانُوا قَبْلَ ذَلِكَ مُحْسِنِينَ. كَانُوا قَلِيلًا مِّنَ اللَّيْلِ مَا يَهْجَعُونَ. وَبِالْأَسْحَارِ هُمْ يَسْتَغْفِرُونَ. وَفِي أَمْوَالِهِمْ حَقٌّ لِّلسَّائِلِ وَالْمَحْرُومِ" (Coran 51/15-19).
"إِنَّ الَّذِينَ هُم مِّنْ خَشْيَةِ رَبِّهِم مُّشْفِقُونَ وَالَّذِينَ هُم بِآيَاتِ رَبِّهِمْ يُؤْمِنُونَ وَالَّذِينَ هُم بِرَبِّهِمْ لَا يُشْرِكُونَ وَالَّذِينَ يُؤْتُونَ مَا آتَوا وَّقُلُوبُهُمْ وَجِلَةٌ أَنَّهُمْ إِلَى رَبِّهِمْ رَاجِعُونَ أُوْلَئِكَ يُسَارِعُونَ فِي الْخَيْرَاتِ وَهُمْ لَهَا سَابِقُونَ" (Coran 23/57-61).
Aïcha avait demandé au Prophète si ceux qui sont évoqués dans ce verset, où il est dit que leur cœur est craintif par rapport au jour où ils seront présentés devant Dieu, sont ceux qui boivent de l'alcool et volent ? Le Prophète lui répondit que non, il s'agit au contraire de ceux qui jeûnent, prient et font l'aumône, mais ils craignent que cela ne soit pas accepté d'eux : "عن عبد الرحمن بن سعيد بن وهب الهمداني أن عائشة زوج النبي صلى الله عليه وسلم قالت: سألت رسول الله صلى الله عليه وسلم عن هذه الآية: {والذين يؤتون ما آتوا وقلوبهم وجلة}: قالت عائشة: "أهم الذين يشربون الخمر ويسرقون؟" قال: "لا يا بنت الصديق، ولكنهم الذين يصومون ويصلون ويتصدقون وهم يخافون أن لا تقبل منهم {أولئك يسارعون في الخيرات وهم لها سابقون}" (at-Tirmidhî, 3175).

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Mettant en valeur que nous ne bénéficierons dans l'au-delà que des actions qui auront été faites avec sincérité [et dans le cadre voulu], le Prophète a dit : "Lorsque Dieu rassemblera les hommes le jour du jugement, un jour à propos duquel il n'y a pas de doute, un annonciateur annoncera : "Celui qui, dans une action faite pour Dieu, avait associé quelqu'un à Dieu, qu'il recherche sa récompense auprès d'un autre que Dieu ; car de ceux qui ont été associés, Dieu est Celui qui n'a pas besoin de l'association"" : "عن أبي سعيد بن أبي فضالة الأنصاري، وكان من الصحابة، أنه قال: سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلم يقول: "إذا جمع الله الناس يوم القيامة ليوم لا ريب فيه، نادى مناد: من كان أشرك في عمل عمله لله أحدا فليطلب ثوابه من عند غير الله فإن الله أغنى الشركاء عن الشرك" (at-Tirmidhî, 3154).
Le zâhir de ce hadîth pourrait laisser penser que le jour du jugement, seule l'action qui aura été pure de toute présence d'intention ostentatoire sera acceptée et que toute action où une infime intention ostentatoire aura été présente sera systématiquement rejetée. Et Ibn 'Abd is-salâm est de cet avis (Mirqât ul-mafâtîh 1/46).

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VI) Par ailleurs, même dans ce qui a été fait avec sincérité, il existe différents degrés dans la sincérité :

Différemment de ce Ibn 'Abd is-Salâm (dont nous venons de voir l'avis), al-Ghazâlî pense, lui, que ce rejet de l'action non sincère concerne :
--- le cas où l'intention ostentatoire aura été pure (et que la personne n'aura pas du tout eu l'intention de plaire à Dieu),
--- de même que le cas où, dans le cœur de la personne faisant l'action, deux intentions auront été mêlées (et donc que la personne aura eu comme mobile d'une part de plaire à Dieu et d'autre part de se faire connaître) et que l'intention ostentatoire aura dominé l'intention de plaire à Dieu,
--- ainsi que le cas où l'intention ostentatoire aura été égale à l'intention de plaire à Dieu : dans ces trois cas, l'action sera effectivement rejetée.

Par contre, écrit al-Ghazâlî, dans le cas où l'intention ostentatoire aura été présente mais aura été dominée par l'intention de plaire à Dieu au point que l'intention ostentatoire n'aurait pas motivé à elle seule la personne à faire cette action, il se pourrait que Dieu ne rejette pas cette action ; cependant, la récompense qu'elle entraînera sera inférieure à celle que Dieu accorde pour la même action lorsqu'elle est faite entièrement pour Lui ; de plus, Dieu peut punir pour cette part (même minoritaire) d'ostentation qui aura été présente dans cette action (voir Mirqât ul-mafâtîh 1/46, 10/63 ; voir aussi Fat'h ul-bârî 1/23).

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VII) Par ailleurs, certaines circonstances extérieures difficiles (et indépendantes de notre volonté) confèrent une plus grande valeur à ce qui est bien : une Hassana faite dans de telles circonstances pèsera alors plus lourd dans la Balance que la même Hassana faite en des temps plus faciles :

Celui qui avait cru et fait le bien lorsque l'islam était faible, que les musulmans étaient peu nombreux et que régnait un climat hostile, celui-là a plus de mérite que celui qui a cru et fait le bien plus tard, alors que l'islam était fort, les musulmans plus nombreux et le climat plus favorable.

C'est bien pourquoi Dieu a dit : "لَا يَسْتَوِي مِنكُم مَّنْ أَنفَقَ مِن قَبْلِ الْفَتْحِ وَقَاتَلَ أُوْلَئِكَ أَعْظَمُ دَرَجَةً مِّنَ الَّذِينَ أَنفَقُوا مِن بَعْدُ وَقَاتَلُوا وَكُلًّا وَعَدَ اللَّهُ الْحُسْنَى وَاللَّهُ بِمَا تَعْمَلُونَ خَبِيرٌ" : "Ne sont pas semblables parmi vous ceux qui ont dépensé et combattu avant la fat'h. Ceux-là ont un grade plus élevé que ceux qui ont dépensé et combattu après. Et à chacun Dieu a promis la plus belle récompense" (Coran 57/10). Le terme "fat'h" ici employé désigne la campagne de al-Hudaybiya, en l'an 6 de l'hégire, qui a débouché sur la trêve entre les Musulmans et les Mecquois et qui a été décrite par Dieu comme une "fat'h mubîn" (MS 1/222, 2/296, MF 35-60).
Ceux qui ont apporté sincèrement foi avant al-Hudaybiya sont : "as-Sâbiqûn al-awwalûn min al-muhâjirîn wa-l-ansâr" : les Devanciers premiers, parmi les Emigrants et les Auxiliaires.

Le Prophète (sur lui soit la paix) a dit : "Ne séjournera inshâ Allâh dans le Feu aucun des Compagnons qui ont fait allégeance sous l'arbre [à al-Hudaybiya]" (Muslim, 2496).
Au sein de l'ensemble de ces Devanciers, ceux qui ont également participé à Badr ont une valeur plus grande encore auprès de Dieu : "N'entrera jamais dans le Feu un homme qui a participé à Badr et al-Hudaybiya" (Ahmad, 14725, voir aussi Muslim, 2495).
Le Prophète (sur lui soit la paix) a dit à Omar ibn ul-Khattâb, lors de l'épisode avec Hâtib ibn Abî Balta'a : "إنه قد شهد بدرا، وما يدريك لعل الله اطلع على من شهد بدرا قال اعملوا ما شئتم فقد غفرت لكم" : "Il a participé à Badr. Et qu'est-ce qui te fera savoir, Omar : peut-être que Dieu a scruté les gens qui ont participé à Badr et a dit : "Faites ce que vous voulez, Je vous ai accordé Mon Pardon"" (al-Bukhârî, Muslim).
Cela signifie que cette Action que ces personnages ont faite est tellement belle et grande qu'elle a entraîné de la part de Dieu le Pardon, dans l'au-delà (et pas l'excuse, dans les lois de ce monde, pour ce qui entraîne une sanction temporelle) pour tout éventuel péché qu'ils peuvent par ailleurs faire. Cela implique aussi qu'il est certain que cette action qu'ils ont faite pèsera plus lourd, dans la Balance, que leurs éventuels péchés.
(Cf. MF 7/486.)

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VIII) D'autres choses encore augmentent la valeur de la Hassana, et cette dernière pèsera donc plus lourd dans la Balance que la même Hassana faite sans ce qui lui confère cette augmentation :

"عن ابن عمر، عن النبي صلى الله عليه وسلم، قال: «صلاة الرجل في الجماعة تزيد على صلاته وحده سبعا وعشرين" : "Le fait que l'homme effectue sa prière rituelle en groupe vaut 27 fois plus que le fait qu'il l'accomplisse seul" (Muslim, 650).

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IX) Les Sayyi'ât fonctionnent de la même manière : il y a différents degrés de gravité, et il y a aura donc différents poids dans la Balance :

Un homme demanda : "Messager de Dieu, quel péché est plus grand auprès de Dieu ? – C'est que tu invoques un associé à Dieu, alors que c'est Lui qui t'a créé. – Puis, lequel est-ce ? – Que tu tues ton enfant par crainte que tu aies à le faire manger avec toi. – Puis, lequel est-ce ? – Que tu aies des relations intimes avec l'épouse de ton voisin" (al-Bukhârî et Muslim).

Il existe différents degrés dans l'ensemble "shirk akbar" : l'athéisme est encore plus accentué que le polythéisme, comme l'a écrit Ibn Taymiyya ; et le polythéisme où l'homme considère d'autres êtres comme étant des divinités de même niveau que Dieu est encore plus accentué que l'hénothéisme, où l'homme reconnaît Dieu comme la divinité suprême, mais divinise d'autres que Lui aussi.

Dans l'ensemble des grands péchés qui ne constituent pas du kufr akbar, il existe aussi différents degrés de gravité : ainsi, souligne Ibn Taymiyya, avoir une fois des relations intimes hors mariage, et boire une fois de l'alcool, sont tous deux des grands péchés ; le premier est cependant encore plus grave que le second (MF 11/659).

Enfin, la même action constituant un grand péché peut revêtir des degrés de gravité plus grands selon les circonstances aggravantes du péché.
Ainsi, avoir des relations intimes consenties hors mariage est un grand péché ; mais imposer à une femme des relations pareilles (soit un viol) est plus grave encore (cliquez ici).
De même, avoir des relations intimes consenties hors mariage est grave, car constituant un grand péché. Mais avoir de telles relations avec une femme mariée, qu'on a séduite, est plus grave encore que le faire avec une femme non mariée, car bafouant le droit de Dieu mais aussi le droit de l'époux de la femme (haqq uz-zawj). Et avoir des relations intimes avec l'épouse du voisin est encore plus grave, car bafouant le droit de Dieu, le droit d'un époux qui est en plus un voisin (haqq ul-jâr, à propos duquel Dieu et Son Messager ont particulièrement insisté). Le Prophète a même dit qu'avoir des relations intimes avec la femme du voisin est plus de dix fois plus grave qu'avoir des relations intimes hors mariage avec une autre femme : "عن المقداد بن الأسود قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم لأصحابه: "ما تقولون في الزنا؟" قالوا: حرمه الله ورسوله، فهو حرام إلى يوم القيامة. قال: فقال رسول الله صلى الله عليه وسلم لأصحابه: "لأن يزني الرجل بعشرة نسوة أيسر عليه من أن يزني بامرأة جاره." قال: فقال: "ما تقولون في السرقة؟" قالوا: حرمها الله ورسوله فهي حرام. قال: "لأن يسرق الرجل من عشرة أبيات أيسر عليه من أن يسرق من جاره" (Ahmad, 23854 ; FB 8/627 ; Silsilat ul-ahâdîth is-sahîha).

Tuer est grave. Et tuer son enfant parce qu'on craint une bouche supplémentaire à nourrir est plus grave encore.

"والقتل والزنا في الآية مطلقان وفي الحديث مقيدان. أما القتل فبالولد خشية الأكل معه وأما الزنا فبزوجة الجار والاستدلال لذلك بالآية سائغ لأنها وإن وردت في مطلق الزنا والقتل لكن قتل هذا والزنا بهذه أكبر وأفحش وقد روى أحمد من حديث المقداد بن الأسود قال قال رسول الله صلى الله عليه وسلم ما تقولون في الزنا قالوا حرام قال لأن يزني الرجل بعشرة نسوة أيسر عليه من أن يزني بامرأة جاره" (FB commentaire de 4483, tome 8).

Ainsi, une même action, qui fait en soi partie des grands péchés, peut devenir aggravée du fait de circonstances particulières.

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X) Les Hassanât (autres que le Asl ul-Îmân) et les Sayyi'ât (autres que le Kufr Akbar) constitueront une monnaie d'échange le Jour du Jugement. Dès lors, nos Hassanât (que nous aurons  faites avec sincérité et conformité et qui figureront dans notre Livre de Compte) seront données en compensation à ceux et celles dont nous aurons lésé les droits sur Terre, et ce à la mesure des injustices que nous aurons commises. Alors ces Hassanât seront pesées en leur faveur, pas en la nôtre. Il se peut aussi que des Sayyi'ât de nos victimes nous soient données, en guise de compensation :

Lire notre article consacré à ce point.

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

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