Dans la Sunna, le Prophète (sur lui soit la paix) a fourni d'un verset une explication donnée. Est-il possible de fournir une autre explication du même verset, différente mais non pas contradictoire de celle donnée par le Prophète ?

Dans certains hadîths, on lit l'explication de certains versets coraniques faite par le Prophète (sur lui soit la paix).

Une explication différente de celle que le Prophète a donnée est-elle alors possible ?

La réponse est que cela dépend des cas...

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A) Parfois, l'explication donnée par le Prophète (sur lui soit la paix) est la seule possible et expose le seul sens possible de ce verset. Elle est donc déterminante. En fait elle expose ce que le verset signifie (تفسير الآية بما هو مراد لفظها، المُعيَّن).

----- Ainsi, un verset coranique dit que le jeûne doit débuter au moment où on peut distinguer le fil blanc du fil noir (Coran 2/187).

Or, un groupe de musulmans crurent, relate Sahl ibn Sa'd, qu'il s'agissait d'un fil blanc et d'un fil noir véritables, à observer jusqu'à ce qu'on puisse distinguer l'un de l'autre à cause de la lueur de l'aube naissante ; c'est seulement à ce moment-là qu'ils cessaient de manger.
Suite à cette mauvaise compréhension de la part de ces musulmans, Dieu révéla les mots "min al-fajr" ("c'est-à-dire la lueur de l'aube"), à placer à la fin de la phrase (al-Bukhârî 1818, Muslim 1091). "Le fil blanc" évoqué dans le verset désignait donc "la lueur de l'aube" ; et "le fil noir" est donc forcément "la noirceur de la nuit". Le verset se comprenait correctement ainsi : "jusqu'à ce que le fil blanc de l'aube se distingue du fil noir de la nuit".

Quelques années plus tard (FB 4/170), ce fut 'Adî ibn Hâtim qui, alors récemment converti à l'islam, comprit lui aussi le verset de façon erronée : il ne comprit pas que dans les termes "min al-fajr" la particule "min" est explicative (bayâniyya), et crut qu'elle exprime la cause (sababiyya) (FB 4/173) : il crut que cela signifiait : "jusqu'à ce que le fil blanc se distingue du fil noir, à cause de l'aube". Il chercha donc lui aussi à distinguer un fil blanc d'un fil noir, qu'il plaçait sous son oreiller.
S'étant ouvert au Prophète (sur lui soit la paix) de ce qu'il faisait, celui-ci lui dit qu'il avait mal compris le verset, et l'informa de la signification correcte de celui-ci (al-Bukhârî 1817, Muslim 1090).

Il n'y a pas ici possibilité d'appréhender cette particule "min" dans un sens autre que celui que le Prophète a exposé.

Le jeûne que 'Adî avait observé de la sorte était donc défectueux, reposant sur un avis complètement erroné (khata' qat'î), mais fondé sur une ta'wîl yu'tabaru bih (lire notre article sur ce point).

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B) Cependant, d'autres fois, l'explication du verset donnée par le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) n'empêche pas une autre explication du même verset, différente mais non pas contradictoire.

B.A) Car il arrivait que le Prophète explique un verset en exposant une seule des réalités auxquelles ce verset correspond (تفسير الآية بشيء واحد من جملة الأشياء التي يَصدُق عليها لفظ الآية؛ وهذا حسَب شمول دلالة الآية اللفظية) : cela n'implique donc pas la négation d'une autre réalité à laquelle le même verset correspond, et, partant, un autre possible commentaire. C'est par un Qiyâs ush-shumûl par rapport à ce qui est dit dans la Sunna que l'on peut penser d'autres commentaires du verset.

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----- 1) Un verset coranique dit ainsi : "Et accomplis la prière li-dhikrî" (Coran 20/14).

Le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) a dit :
"من نسي الصلاة فليصلها إذا ذكرها، فإن الله قال: {أقم الصلاة لذكري"
:
"Celui qui a oublié (la survenue de l'heure) d'une prière rituelle, qu'il l'accomplisse lorsqu'il se le rappelle, car Dieu a dit : "Accomplis la prière li dhik'rî"" (Muslim, 680).
Il apparaît clairement ici, que le Prophète
a donné à ce verset le sens de : "Accomplis la prière quand tu penses à Moi", sinon la citation de ce verset après ce propos n'aurait pas de sens.
Relatant les commentaires de ce verset, Ibn ul-Qayyim a relaté ce sens-là ainsi :
a) "Et accomplis la prière quand tu penses à Moi" (la particule "li" étant alors waqtiyya, comme dans les versets 17/78 et 21/47). C'est bien là le sens qui a été conféré à ce verset dans le hadîth suscité.

Pourtant, d'autres commentaires existent de ce verset.
Ibn ul-Qayyim a cité ces 2 autres commentaires :
b) "Et accomplis la prière pour que tu penses à Moi" (la particule "li" étant alors de ta'lîl, et le nom d'action "dhikr" étant en rapport d'annexion avec ce qui constitue son complément d'objet) ;
c) "Et accomplis la prière pour que Je pense à toi" (la particule "li" étant alors de ta'lîl, et le nom d'action "dhikr" étant en rapport d'annexion avec ce qui est son sujet).

Ibn ul-Qayyim a même écrit que c'est le commentaire désigné ici sous la lettre "b" qui est le plus pertinent ("az'har") !
Il a cependant précisé (et c'est bien ce qui nous intéresse ici) qu'en fait ces 3 commentaires sont tous valables, car :
d'une part, c'est le fait que l'homme a en lui le dhikr de Dieu qui va le pousser à avoir besoin d'accomplir une prière devant Lui (et c'est ce que dit le commentaire a, qui est celui que le hadîth a retenu) ;
d'autre part, la prière que l'on fait alors est le moyen par lequel on fait le dhikr de Dieu (et c'est ce qu'affirme le commentaire b) ;
– enfin, lorsque le croyant pense à Dieu, Dieu pense à Lui, comme le dit le verset coranique 2/152 (et qu'il s'agit d'accomplir la prière afin que Dieu pense à soi, c'est ce qu'affirme le commentaire c) (Al-Wâbil us-sayyib, p. 104, avec une légère modification en ce qui concerne le dernier point).

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----- 2) Un autre verset dit que "le soleil vogue vers un arrêt lui (ayant été assigné)" (Coran 36/38) :

Le Prophète (sur lui soit la paix) a expliqué cela d'une façon qui montre qu'il s'agit d'un lieu d'arrêt qui se produit chaque jour [ou à chaque instant] ("مستقرها تحت العرش") (al-Bukhârî).

Cela n'empêche pas que
d'autres réalités aussi puissent être concernées par ce verset.

Ibn Kathîr a mentionné en tout 4 possibilités quant au commentaire de ce verset (2 sont fondées sur le fait qu'il s'agit d'un lieu, et les 2 autres sur le fait qu'il s'agit d'un moment) :
"معنى قوله: {لمستقر لها} قولان:
أحدهما: أن المراد: مستقرها المكاني، وهو تحت العرش مما يلي الأرض في ذلك الجانب، وهي أينما كانت فهي تحت العرش (...) وقيل: المراد بقوله: {لمستقر لها} هو انتهاء سيرها وهو غاية ارتفاعها في السماء في الصيف وهو أوجها، ثم غاية انخفاضها في الشتاء وهو الحضيض.
والقول الثاني: أن المراد بمستقرها هو: منتهى سيرها، وهو يوم القيامة، يبطل سيرها وتسكن حركتها وتكور، وينتهي هذا العالم إلى غايته، وهذا هو مستقرها الزماني. قال قتادة: {لمستقر لها} أي: لوقتها ولأجل لا تعدوه.
وقيل: المراد: أنها لا تزال تنتقل في مطالعها الصيفية إلى مدة لا تزيد عليها، يروى هذا عن عبد الله بن عمرو"
.

Ibn ul-Jawzî avait relaté, pareillement, ces 4 possibilités ainsi :
"أي: وآية لهم الشمس تجري لمستقر لها. وفيه أربعة أقوال:
أحدها: إلى موضع قرارها. روى أبو ذر قال: لها قال: "مستقرها تحت العرش". وقال: "إنها تذهب حتى تسجد بين يدي ربها، فتستأذن في الطلوع، فيؤذن لها".
والثاني: أن مستقرها مغربها لا تجاوزه ولا تقصر عنه، قاله مجاهد.
والثالث: لوقت واحد لا تعدوه، قاله قتاده. وقال مقاتل: لوقت لها إلى يوم القيامة.
والرابع: تسير في منازلها حتى تنتهي إلى مستقرها الذي لا تجاوزه، ثم ترجع إلى أول منازلها، قاله ابن السائب. وقال ابن قتيبة: إلى مستقر لها، ومستقرها: أقصى منازلها في الغروب، وذلك لأنها لا تزال تتقدم إلى أقصى مغاربها ثم ترجع"
.

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----- 3) Il y a encore le cas de ce verset, dans lequel Dieu dit de certains chrétiens que "اتَّخَذُواْ أَحْبَارَهُمْ وَرُهْبَانَهُمْ أَرْبَابًا مِّن دُونِ اللّهِ وَالْمَسِيحَ ابْنَ مَرْيَمَ وَمَا أُمِرُواْ إِلاَّ لِيَعْبُدُواْ إِلَهًا وَاحِدًا لاَّ إِلَهَ إِلاَّ هُوَ سُبْحَانَهُ عَمَّا يُشْرِكُونَ" : "ils ont pris leurs érudits et leurs moines, ainsi que le Messie fils de Marie, comme des rabb en dehors de Dieu" (Coran 9/31).

Le Prophète (sur lui soit la paix) expliqua à 'Adî ibn Hâtim (alors pas encore musulman) que le fait pour eux d'avoir divinisé leurs docteurs et leurs saints, cela s'était fait par le fait que "(lorsque) ils déclarent illicite ce que Dieu a déclaré licite, vous le considérez (désormais) illicite, et (lorsque) ils déclarent licite ce que Dieu a déclaré illicite, vous le considérez (désormais) licite" : "قال قلت: "يا رسول الله، إنا لسنا نعبدهم!" فقال: "أليس يحرمون ما أحل الله فتحرمونه، ويحلون ما حرم الله فتحلونه؟" قال: قلت: "بلى!" قال:"فتلك عبادتهم"!" (rapporté par at-Tabarî dans son Tafsîr, n° 16332). Cela constitue effectivement une forme de divinisation, le Prophète nous l'a ici expliqué. Le terme "rabb" présent dans ce verset est alors à appréhender en son sens très général, celui qui le rend synonyme de "ilâh".

Mais cela n'empêche pas que l'on puisse également commenter ce verset par le fait que ces gens faisaient par ailleurs un shirk akbar fi-r-rubûbiyya, par le fait qu'ils invoquaient ceux qu'ils déclarent saints ont comme croyance que Dieu le Créateur a confié à ces saints, après leur mort, le pouvoir de gérer de façon autonome (bi-listiqlâl) certaines choses de l'univers. Ils les appellent des "saints patrons", ayant donc patronage, c'est-à-dire protection, sur tel métier ou telle région, ou contre telle maladie ou telle affliction (lire notre article). Le terme "rabb" présent dans ce verset est alors à appréhender en son sens particulier par rapport au sens de "ilâh".
Ibn Âshûr écrit ainsi que ce shirk fait chez ces chrétiens quant à leurs ascètes est également lié au fait que, chez eux, il est très répandu de demander à ceux-ci leur aide lors des batailles : "ومعنى اتخاذهم هؤلاء أربابا أن اليهود ادعوا لبعضهم بنوة الله تعالى وذلك تأليه، وأن النصارى أشد منهم في ذلك، إذ كانوا يسجدون لصور عظماء ملتهم مثل صورة مريم وصور الحواريين وصورة يحيى بن زكرياء، والسجود من شعار الربوبية؛ وكانوا يستنصرون بهم في حروبهم ولا يستنصرون بالله، وهذا حال كثير من طوائفهم وفرقهم؛ ولأنهم كانوا يأخذون بأقوال أحبارهم ورهبانهم المخالفة لما هو معلوم بالضرورة أنه من الدين، فكانوا يعتقدون أن أحبارهم ورهبانهم يحللون ما حرم الله، ويحرمون ما أحل الله، وهذا مطرد في جميع أهل الدينين، ولذلك أفحم به النبيء صلى الله عليه وسلم عديا بن حاتم لما وفد عليه قبيل إسلامه لما سمع قوله تعالى: {اتخذوا أحبارهم ورهبانهم أربابا من دون الله} وقال عدي: "لسنا نعبدهم!" فقال: "أليس يحرمون ما أحل الله فتحرمونه ويحلون ما حرم الله فتستحلونه؟" فقلت: "بلى" قال: "فتلك عبادتهم" (At-Tahrîr wa-t-tanwîr).

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----- 4) Ici s'insère le cas du célèbre commentaire du dernier verset de la sourate al-Fâtiha : "اهدِنَا الصِّرَاطَ المُستَقِيمَ صِرَاطَ الَّذِينَ أَنعَمتَ عَلَيهِمْ غَيرِ المَغضُوبِ عَلَيهِمْ وَلاَ الضَّالِّينَ" : "Pas (le chemin) de ceux contre qui Tu es en colère, ni de ceux qui s'égarent" (Coran 1/5-7) :

Le Prophète (sur lui soit la paix) affirma que les premiers étaient les juifs qui étaient kâfir, et les seconds les chrétiens qui étaient kâfir : "وقد روى ابن مردويه، من حديث إبراهيم بن طهمان، عن بديل بن ميسرة، عن عبد الله بن شقيق، عن أبي ذر قال: سألت رسول الله صلى الله عليه وسلم عن المغضوب عليهم، قال: "اليهود". [قال:] قلت: الضالين؟ قال: "النصارى" (Tafsîr Ibn Kathîr). Voir également at-Tirmidhî, 2953 ; 2954. Des commentaires similaires existent de la part de Compagnons (Tafsîr Ibn Kathîr). Ibn Hajar relate même ceci : "وقال ابن أبي حاتم: لا أعلم بين المفسرين في ذلك اختلافا" (FB 8).

Pourtant, il s'agit seulement là de l'un des pluriels cas de figure auxquels le verset s'applique en sa littéralité. Cheikh Thânwî a, ainsi, gardé général le commentaire de ce verset : ce verset parle de tous les humains qui sont ainsi : "soit qu'ils ne pratiquent pas ce qu'ils savent ; soit qu'ils pratiquent sans avoir cherché la vérité" (Bayân ul-qur'ân). En effet, la présence de ces deux qualificatifs, al-Baydhâwî l'explique en ces termes : "ويتجه أن يقال: المغضوب عليهم العصاة، والضالين الجاهلون بالله؛ لأن المنعم عليه من وفق للجمع بين معرفة الحق لذاته والخير للعمل به. وكان المقابل له من اختل إحدى قوتيه العاقلة والعاملة؛ والمخل بالعمل فاسق مغضوب عليه لقوله تعالى في القاتل عمدا وغضب الله عليه؛ والمخل بالعقل جاهل ضال لقوله: فماذا بعد الحق إلا الضلال" (Tafsîr ul-Baydhâwî). Ayant ensuite cité en note de bas de page le hadîth suscité, ath-Thânwî écrit que ce hadîth parle en fait de cas auxquels le verset s'applique (مصداق, en arabe classique – et pas en arabe moderne –, qui signifie : "ما يَصدُق عليه لفظ الآية") (Bayân ul-qur'ân, note de bas de page). Cheikh Thânwî veut dire que ce hadîth n'expose pas ceux qui sont évoqués dans ce verset de sorte que le verset ne concernerait directement (et sans analogie) que les juifs kâfir et les chrétiens kâfir ; ce hadîth se contente d'exposer deux groupes sur qui le propos de ce verset s'applique (ليس في الآية تعريض بهم، وإنما يَصدُق عليهم لفظ الآية).
Al-Qâssimî a formulé la même chose en les termes suivants : "ثم إن المراد بالمغضوب عليهم والضالين: كل من حاد عن جادة الإسلام من أي فرقة ونحلة؛ وتعيين بعض المفسرين فرقة منهم من باب تمثيل العام بأوضح أفراده وأشهرها؛ وهذا هو المراد بقول ابن أبي حاتم: "لا أعلم بين المفسرين اختلافا في أن المغضوب عليهم اليهود والضالين النصارى" (Mahâssin ut-ta'wîl).

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– B.B) Plus encore,
il est arrivé que le Prophète (sur lui soit la paix) ait appliqué le propos du verset à une autre réalité que celle qui est réellement concernée par le verset, et ce suite à une analogie de sa part, parce que cette autre remplit les mêmes qualités que celles que remplit la réalité réellement concernée par le verset (تفسير الآية بشيء مختلف عن ما هو مراد الآية حقيقةً، وهذا بسبب قياس هذا الشيء على ما هو مراد الآية، لاشتراكه في مناط الحكم).

----- 5) Ainsi, dans le passage "لَمَسْجِدٌ أُسِّسَ عَلَى التَّقْوَى مِنْ أَوَّلِ يَوْمٍ أَحَقُّ أَن تَقُومَ فِيهِ", Dieu fait les éloges d'"une mosquée qui a été fondée depuis le premier jour sur la piété", en disant qu'elle "mérite plus que tu t'y tiennes debout [que celle que les Hypocrites ont bâtie]" (Coran 9/108).

De façon véritable, ce verset parle de la mosquée de Qubâ, dans les faubourgs de Médine, mosquée fondée par le Prophète lors de son séjour de 4 ou de 14 jours avant qu'il entre dans la ville de Médine proprement dite (cf. Tafsîr Ibn Kathîr ; Fat'h ul-bârî 7/306-307 ; Bayân ul-qur'ân 4/143).

Pourtant, le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) a dit qu'il s'agissait de sa mosquée de Médine : "عن أبي سلمة بن عبد الرحمن، قال: مر بي عبد الرحمن بن أبي سعيد الخدري، قال: قلت له: كيف سمعت أباك يذكر في المسجد الذي أسس على التقوى؟ قال: قال أبي: دخلت على رسول الله صلى الله عليه وسلم في بيت بعض نسائه، فقلت: يا رسول الله، أي المسجدين الذي أسس على التقوى؟ قال: فأخذ كفا من حصباء، فضرب به الأرض، ثم قال: "هو مسجدكم هذا" لمسجد المدينة. قال: فقلت: أشهد أني سمعت أباك هكذا يذكره" (Muslim 1398) (at-Tirmidhî 323, an-Nassâ'ï 697), celle qu'il bâtit quelque temps après celle de Qubâ, sur le terrain qu'il acheta.

En fait il voulait dire que le qualificatif mentionné dans le verset (avoir été "bâtie sur la piété") est également présent dans sa mosquée de Médine, ce qui fait qu ele hukm ("mériter qu'on y prie") s'applique à cette dernière aussi. Cependant, le verset ne fait pas allusion à la mosquée de Médine, mais bien à celle de Qubâ.

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----- 6) Pareillement, le verset 33/33 parle aux "gens de la maisonnée" du Prophète : "ahl al-bayt".

De façon véritable, le propos de ce verset parle, comme le montre clairement le contexte (versets 28 à 34), des épouses du Prophète, sur lui soit la paix (cf. Tafsîr Ibn Kathîr ; Tuhfat ul-ahwadhî sur 3205 ; Bayân ul-qur'ân 9/48).

Pourtant, le Prophète (sur lui soit la paix) a appliqué le propos du verset ("Dieu veut les purifier") à certains membres de sa proche famille : Alî, Fâtima, al-Hassan et al-Hussein : "عن عائشة قالت: خرج النبي صلى الله عليه وسلم غداة وعليه مرط مرحل، من شعر أسود، فجاء الحسن بن علي فأدخله، ثم جاء الحسين فدخل معه، ثم جاءت فاطمة فأدخلها، ثم جاء علي فأدخله، ثم قال: "{إنما يريد الله ليذهب عنكم الرجس أهل البيت ويطهركم تطهيرا}" (Muslim 2424) (at-Tirmidhî 3205, 3871).

En fait il voulait dire que les membres de sa proche famille sont eux aussi, selon un autre aspect : "des gens de sa maisonnée". Cependant, le verset ne parle pas de ses proches parents mais de ses épouses.

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Ibn Taymiyya a cité ces exemples 5 et 6 et fait valoir que l'analogie faite par le Prophète (sur lui soit la paix) est : bi-l-awlâ : "ويكون هذا كقوله عن المسجد المؤسس على التقوى: "هو مسجدي هذا" مع أن الآية تتناول مسجد قباء قطعا. وكذلك قوله عن أهل الكساء: "هؤلاء أهل بيتي" مع أن القرآن يتناول نساءه. فالتخصيص لكون المخصوص أولى بالوصف" (MF 17/506).

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

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