Question d'un concitoyen non-musulman : "Demeure-t-il fidèle à la République française, celui qui trouve une loi française injuste ?"

Question :

Vous dites être des citoyens français, comme sont citoyens français tant de gens d'autres confessions. Pourtant vous gardez vos valeurs islamiques.

Vous reconnaissez vous-même que ce que la loi de notre pays vous contraint à faire, vous le faites juste par les gestes, tout en considérant au fond de votre pensée que le vrai, le seul vrai, c'est ce que votre loi coranique vous dicte. Aucun vrai citoyen français ne pense ainsi à part vous.

Plus encore, vous continuez à dire de certaines lois de notre pays qu'elles sont injustes, comme la loi de 2004 sur le port des signes religieux à l'école publique, alors que cette loi est seulement venue réinstaurer la laïcité, mise à mal par des gens qui ne savent pas que l'école de la République est laïque et pas confessionnelle. Vous réfutez donc l'un des fondements de notre République, l'un de ses principes non-négociables, la laïcité ! Comment un homme qui dit d'une loi de son pays qu'elle est injuste serait-il un bon, un vrai citoyen ?

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Réponse :

Bonjour.

Les choses sont moins simplistes que ce que vous exposez là, cher concitoyen.

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Premièrement : Nous reconnaissons l'Etat sous l'autorité duquel nous vivons, ainsi que sa légalité :

L'Etat est établi, nous en reconnaissons le caractère établi, la validité et la légalité. J'entends par "Etat" la res publica, "l'institution dotée de la personnalité morale de droit public qui exerce son autorité souveraine sur ce territoire et ses habitants" ; l'Etat est l'institutionnalisation du pouvoir ; c'est une organisation mais aussi une abstraction : on dit ainsi que "le gouvernement (des personnes physiques) changent, mais l'Etat demeure".

Le Prophète (sur lui soit la paix) a reconnu l'autorité publique des Quraysh Polythéistes sur la cité de La Mecque, puisqu'il a conclu avec eux un pacte à al-Hudaybiya, en l'an 6 de l'hégire. L'une des clauses de ce pacte était que (le prophète) Muhammad (sur lui soit la paix) devrait s'en retourner pour le moment, et aurait la possibilité de revenir un an plus tard pour accomplir le petit pèlerinage. Lorsqu'il revint effectivement à la date fixée, il respecta les clauses du traité, ainsi que la durée fixée pour son séjour dans la Ville par ces Polythéistes : 3 jours. Et, bien que laissé seul avec les 1500 croyants l'accompagnant, il ne détruisit pas les 360 idoles qui avaient été placées autour de la Maison de Dieu, car ne disposant alors pas d'autorité politique sur la Ville. (Les textes sont bien connus.)
Le pacte revenait donc à reconnaître l'établissement et la légalité de leur autorité sur La Mecque.

Cela, alors même que le Coran avait déjà parlé de leur autorité en ces termes quant à la légitimité : "الْمَسْجِدِ الْحَرَامِ وَمَا كَانُواْ أَوْلِيَاءهُ إِنْ أَوْلِيَآؤُهُ إِلاَّ الْمُتَّقُونَ وَلَكِنَّ أَكْثَرَهُمْ لاَ يَعْلَمُونَ" : Coran 8/34).

Par contre j'évite de parler de "fidélité" ou d'"'infidélité" à la République, car ce sont deux termes qui sont polysémiques.

Et puis vous avez des français dits "de souche" qui, aujourd'hui encore, sont ouvertement royalistes. Thierry Ardisson ou Stéphane Bern n'en sont que deux exemples. Le premier garde la monarchie constitutionnelle comme un idéal, et reconnaît en même temps que, dans les faits, "une restauration monarchique est impossible en France". Et il dit clairement : "Je n'ai jamais voté. (...) je suis monarchiste et le système républicain ne me convient pas" (Charles). Il reconnaît le caractère établi, valide et légal de la République, respecte ses lois, mais n'approuve pas les fondements idéologiques sur lesquels elle est bâtie. Ardisson est-il, selon vous, fidèle, ou bien infidèle, à la République ?

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Deuxièmement : Il est des prescriptions du Coran et de la Sunna que, vivant en pays non-musulman, même théoriquement nous ne cherchons pas à appliquer :

Nous avons évoqué ces prescriptions, liées à la détention du pouvoir politique, dans deux articles précédents :
- Pays non-musulman : est-on obligé d'en émigrer ?
- Comprendre les différences de situations dans lesquelles se trouvent différentes communautés musulmanes.

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Troisièmement : Les autres prescriptions, oui, c'est juste, nous cherchons à les vivre bien qu'habitant en terre non-musulmane :

C'était bien la vocation de la laïcité en France : que, différemment de ce qui se passait auparavant, désormais en France ceux qui sont de différentes religions puissent croire librement et pratiquer librement leur culte, de même que ceux qui n'ont pas de religion puissent vivre librement.

J'ai donc du mal à voir où est le problème.

Par ailleurs, il ne faudrait pas croire que toutes les prescriptions de l'islam soient différentes des normes éthiques ou culturelles ayant cours en France (ou de façon plus générale en Europe) aujourd'hui ! S'il est vrai qu'il est des points sur lesquels il y a divergence, il y a aussi des points de convergence :
- Comment à la fois respecter la loi du pays et se référer aux Coran et Sunna ?
- Est-il permis, en pays non-musulman, de s'engager dans la société / en politique ?

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Les citoyens français de confession musulmane ne sont pas les seuls à continuer à garder certaines convictions qui sont issues de références et qui diffèrent de celles de la loi française.

Combien de citoyens français de confession catholique continuent de voir le divorce comme un interdit, et les divorcés comme ne pouvant plus se remarier religieusement ! Est-ce là ce que la République enseigne ? Non.

Combien de citoyens français de confession juive continuent de voir le mariage avec un non-juif (ou une non-juive) comme étant interdit (sans pour autant excommunier celui ou celle qui ne respecte pas cet interdit). Pourtant la loi française ne reconnaît pas cet interdit. On pourrait même dire que cela irait à l'encontre de l'égalité de tous les citoyens de la République. Pourtant cela se comprend aisément : les citoyens de confession juive s'interdisent en conscience le mariage avec quelqu'un d'une autre religion, mais n'exercent aucune contrainte entre eux pour que cet interdit soit respecté. Par ailleurs, celui ou celle qui contrevient à cet interdit ne s'en retrouve pas excommunié par la communauté juive.

Eh bien c'est la même chose en ce qui concerne les musulmans. En tant que musulman se référant au Coran et à la Sunna, je considère en ma conscience que la consommation d'alcool est interdite. La loi française, elle, l'autorise. Eh bien je ne bois pas d'alcool, et, faisant ainsi, je ne contreviens nullement à la loi française, qui ne le rend pas obligatoire.

En revanche (et ici nous ne sommes plus dans le domaine du respect de la loi mais dans celui de la coutume), de nombreux Français ont pour habitude de boire un apéritif. N'en buvant pas et n'en proposant pas à ceux qui me rendent visite, serais-je pour cela un mauvais français ? Le bon citoyen français serait-il aujourd'hui celui qui mange du porc, boit du vin, et la bonne citoyenne française celle qui se découvre forcément la chevelure ? Une telle conception serait regrettable.

Nous ne mangeons pas de porc ni ne buvons d'alcool parce que ces deux actions sont touchées par un interdit lié à l'éthique islamique. Par contre, les éléments purement temporels qui ne sont touchés par aucun interdit, nous sommes français et ne voyons aucun mal à faire comme cela se fait dans telle région de France, ou à marier cela intelligemment avec certaines traditions des pays d'origine :
- En France, faisons, dans les éléments 'adî, conformément avec la culture française ;
- Universalité de l'islam et pluralité des cultures musulmanes (1/3) ;
- Quelle identité et quel mode de vie pour les indo-musulmans réunionnais ? (II - 2/2).

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Un rappel de ce que Muller a dit :

"Certes, toute vie en société implique l'existence de lois. Dès que nous voulons jouer ensemble, il nous faut élaborer une règle du jeu. Et le jeu n'est possible que si chacun la respecte. Il serait donc vain, au nom d'un idéal de non-violence absolue, de concevoir une société où la justice et l'ordre pourraient être assurés par le libre concours de chacun, sans qu'il soit besoin de recourir aux interdits et aux obligations imposés par la loi.
Celle-ci remplit une fonction sociale qu'on ne saurait nier : celle d'obliger les citoyens à un comportement raisonnable, en sorte que ni l'arbitraire ni la violence ne puissent se donner libre cours.
Il ne serait donc pas juste de considérer les contraintes exercées par la loi seulement comme des entraves à la liberté, elles sont d'abord des garanties pour elle. En m'interdisant de voler les biens d'autrui, la loi garantit la sûreté de mes propres biens. Les lois justes sont le fondement même de l'État de droit. Pour autant que la loi remplisse sa fonction au service de la justice, elle mérite le respect et l'obéissance des citoyens.

 

Il est naturel qu'en démocratie le pouvoir politique bénéficie d'une présomption de légitimité, mais celle-ci n'est pas irréfragable, c'est-à-dire qu'il est possible de lui apporter une preuve contraire.

Lorsque la loi cautionne ou engendre elle-même l'injustice, elle mérite la désobéissance des citoyens. La légalité des dispositions prises par l'État ne suffit pas à fonder leur légitimité.

L'obéissance à la loi ne dégage pas le citoyen de sa responsabilité. La démocratie exige des citoyens responsables et non pas des individus disciplinés."

Or, exception faite des cas où il s'agirait de tuer ou de livrer à des bourreaux des gens innocents (car là la contrainte, ik'râh, est inopérante), nous n'appelons même pas à la désobéissance civile de la loi que nous jugeons injuste. Nous continuons seulement à penser sciemment en notre coeur qu'elle est injuste, et, parfois, l'exprimons sereinement par notre parole.

Plus bas Muller écrit ce célèbre adage :

"Ce n'est pas la loi qui doit dicter ce qui est juste, mais ce qui est juste qui doit dicter la loi."

Il veut dire par là qu'en démocratie, une loi ne peut pas en soi décréter ce qui est bien et ce qui est mal, mais qu'une loi doit se fonder sur des principes plus généraux, se trouvant en amont, et permettant pour leur part de distinguer ce qui est bien de ce qui est mal.
En démocratie, une loi se contente de préciser, pour le cas précis qui se trouve face aux députés, et par rapport à ces principes généraux, ce qui relève du principe général "bien" et ce qui relève du principe général "mal".

Par rapport aux lois de l'islam, les choses sont différentes dans la mesure où le musulman a comme croyance que c'est Dieu qui est le Législateur (al-Hâkim). Pourtant, ici aussi le musulman perçoit les lois divines comme ayant des objectifs généraux :
- Maqâssid ; Maslaha et Mafsada. Ce que la Révélation a l'objectif de faire naître et de protéger en l'homme ;
- La règle (hukm) concernant l'action ('amal) ; le motif auquel la règle est reliée ('illat ul-hukm) ; le fait que le motif constitue une maslaha ou une mafsada, selon ce qu'il représente pour les objectifs supérieurs (maqâssid) ;
- Le caractère "bon" ou "mauvais" d'une action humaine : précédait-il ce que la Révélation est venue "révéler" au sujet de cette action ? ou bien fait-il suite à la venue de la Révélation ?

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Adhérer en actes à une loi tout en la désapprouvant en son coeur, cela n'est pas contraire au respect de la loi !

Adhérer en actes à une loi tout en la désapprouvant sciemment ('aqlan) en son for intérieur, ou en la critiquant par sa langue :

– Si cela est fait par un musulman par rapport à la loi islamique, alors, oui, cela est problématique de son appartenance même à l'islam (du moment que la loi en question est très évidente et très connue, en termes techniques : "ma'lûm min ad-dîn bi-dh-dharûra").

– Mais ce qui est ainsi vérifié pour le musulman par rapport à la loi islamique n'est pas vrai pour le citoyen français par rapport à la loi française !
En effet, le fait que le citoyen respecte une loi de son pays dans ses actes tout en la désapprouvant sciemment en  son for intérieur, ou en exprimant sereinement cela par sa parole, cela ne remet pas en cause sa fidélité à la citoyenneté française.

– Les normes islamiques, les musulmans les croient être révélées. Ils croient que ces lois ne changent pas (même si, considérées dans leur ensemble, elles présentent une certaine souplesse permettant une prise en compte du contexte : il y a les normes qat'î et les normes zannî ; il y a ce qui est lié à une cause ou à un principe motivant, dont l'absence dans le réel entraîne la non-applicabilité de la loi). Et la foi débute par l'adhésion du coeur et ensuite touche les actes (en les encadrant et en les orientant).

– Par contre, les normes de la loi française, les français les savent être le produit d'humains. D'ailleurs, quelque chose qui était il y a 3 décennies complètement illégal peut être déclaré aujourd'hui complètement légal par les députés du peuple français. Il a donc bien fallu pour cela qu'à un moment donné des citoyens disent que telle loi est injuste, il en faut une autre !
Prenons l'exemple de l'avortement : auparavant interdit, il a depuis été légalisé. Prenons l'exemple de la peine de mort : auparavant instituée, elle a ensuite été abolie.
Il a donc bien fallu que, à un moment donné, des citoyennes et des citoyens français expriment ouvertement qu'ils ne sont pas d'accord avec telle loi, car celle-ci n'est selon eux plus en adéquation avec l'évolution de la société.

Direz-vous que cela a remis en cause leur fidélité à la République ?

Par ailleurs, n'omettons pas que, avant la loi de 2004, les musulmans n'avaient pas demandé une loi spécialement faite pour les musulmans, de sorte que les jeunes filles et les jeunes femmes qui portent le foulard dans leur vie quotidienne puissent le porter à l'école publique. Pouvoir le porter relevait simplement de la liberté générale que la France offre à toutes celles et tous ceux qui vivent sur son sol. C'est ce que nous allons voir au point suivant.

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Que des citoyens de confession musulmane disent que la loi de 2004 est injuste, cela n'implique pas qu'ils rejettent le principe même de la laïcité de la République française !

En effet, il y a plusieurs interprétations possibles de cette laïcité française.

La loi de 2004 est l'expression de seulement l'une de ces interprétations, de l'une de ces lectures. D'une interprétation somme toute assez restrictive.

Maintenant que la loi a été votée et est applicable, tous les citoyens en ont pris acte. Les citoyennes musulmanes qui ne peuvent plus aller aux cours de l'école publique parce que se découvrir la chevelure en public contredit les principes qu'elles cherchent à vivre, c'est à elles (ou à leurs parents) de trouver une école privée qui les acceptera avec leur foulard. C'est à des citoyens musulmans de créer une école privée tout à fait aux normes avec les lois en vigueur, afin que les musulmanes portant foulard puissent y suivre les cours d'instruction tout en continuant à porter foulard.

Cependant, pour en revenir à cette loi, oui, elle est l'expression de seulement une des interprétations de la laïcité à la française. Une autre interprétation, plus souple sans pour autant être déviante, du principe de laïcité est également tout à fait possible. Selon celle-ci, le port, par les usagers de l'école publique, d'une pièce vestimentaire qui montre (volontairement, ou bien involontairement et indirectement) l'appartenance de son porteur à telle religion ou telle idéologie, cela n'est pas contraire au principe de la laïcité.

Alors, bien sûr, ces possibles interprétations différentes ont leurs limites, qui déterminent de chaque côté (du côté plus "souple" comme du côté plus "rigoriste") ce qu'on ne peut pas dépasser sans tomber dans des déviances, ces déviances qui sont allées tellement loin qu'elles sont sorties de l'"orthodoxie" du principe...

Il n'empêche qu'en 2004 ce fut une interprétation plus "rigoriste" de la laïcité qui conduisit à l'interdiction pure et simple du port du foulard musulman à l'école publique. Alors qu'en 1989, le Conseil d'Etat avait rendu un arrêt reposant sur une interprétation plus souple. Ces deux interprétations demeurant toutes deux dans le cadre de l'"orthodoxie" de la laïcité française, si je puis m'exprimer ainsi...

En effet, en 1989 la République française était déjà laïque, de la même laïcité qu'aujourd'hui. Pourtant, suite à la saisine faite par Lionel Jospin, le Conseil d'Etat avait alors répondu ce qui suit à la question du port du foulard à l'école publique :

"La liberté ainsi reconnue aux élèves comporte pour eux le droit d'exprimer et de manifester leurs croyances religieuses à l'intérieur des établissements scolaires, dans le respect du pluralisme et de la liberté d'autrui, et sans qu'il soit porté atteinte aux activités d'enseignement, au contenu des programmes et à l'obligation d'assiduité.

Son exercice peut être limité, dans la mesure où il ferait obstacle à l’accomplissement des missions dévolues par le législateur au service public de l'éducation, lequel doit notamment, outre permettre l’acquisition par l’enfant d’une culture et sa préparation à la vie professionnelle et à ses responsabilités d’homme et de citoyen, contribuer au développement de sa personnalité, lui inculquer le respect de l’individu, de ses origines et de ses différences, garantir et favoriser l’égalité entre les hommes et les femmes.

Il résulte de ce qui vient d'être dit que, dans les établissements scolaires, le port par les élèves de signes par lesquels il entendent manifester leur appartenance à une religion n'est pas par lui-même incompatible avec le principe de laïcité, dans la mesure où il constitue l'exercice de la liberté d’expression et de manifestation de croyances religieuses, mais que cette liberté ne saurait permettre aux élèves d'arborer des signes d'appartenance religieuse qui, par leur nature, par les conditions dans lesquelles ils seraient portés individuellement ou collectivement, ou par leur caractère ostentatoire ou revendicatif, constitueraient un acte de pression, de provocation, de prosélytisme ou de propagande, porteraient atteinte à la dignité ou à la liberté de l’élève ou d'autres membres de la communauté éducative, compromettraient leur santé ou leur sécurité, perturberaient le déroulement des activités d'enseignement et le rôle éducatif des enseignants, enfin troubleraient l'ordre dans l'établissement ou le fonctionnement normal du service public."

Source : Conseil d'Etat

Encore que, répétons-le, contrairement à ce qui est dit ici (et que croient trop de nos concitoyens), le foulard que la musulmane porte n'a pas pour objectif (ni objectif premier, ni objectif secondaire), d'exprimer l'appartenance de celle qui le porte à la religion musulmane. Ce foulard est tout simplement une pièce d'étoffe qui a pour toute fonction de dissimuler des éventuels regards la chevelure, le cou et les formes du haut de la poitrine, et cela conformément à une prescription islamique. Ce n'est qu'indirectement que cette pièce d'étoffe indique que sa porteuse est musulmane, et cela uniquement parce que, ici et aujourd'hui, personne d'autre que la musulmane ne dissimule plus de la sorte ces parties de son corps en public.

En tous cas on voit bien, au travers de cet arrêt de 1989, qu'il existe plusieurs lectures et interprétations possibles de la laïcité française.

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Une autre preuve :

En 2004, une commission fut nommée, la commission Stasi, pour enquêter sur la réalité du foulard musulmane porté à l'école publique.

Au sein de cette commission, le spécialiste de la laïcité française qu'est Jean Baubérot fut opposé à la loi contre le port de signes religieux à l'école publique.

Qui serait assez sot ou ignorant pour dire que Baubérot n'y connaît rien à la laïcité française ?

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Conclusion :

La question c'est aujourd'hui de parvenir à vivre ensemble, non-croyants et croyants, non-musulmans et musulmans, même si chacun n'approuve pas forcément tout ce que l'autre fait ou dit, avec une loi commune qui tienne compte des aspirations diverses et qui se fonde sur le respect d'un certain nombre de valeurs communes.

Y parvenir ne va pas forcément de soi. Du bon-vouloir et de la compréhension mutuelle sont requis pour ce faire.

Par contre, la peur de l'autre est mauvaise conseillère. La peur de l'islam, la peur des musulmans, la peur pour l'avenir par rapport à la présence de musulmans sur le sol national... Ces peurs ne sont pas de nature à apaiser le débat.

Dieu sait mieux.

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