Quelle preuve a-t-on de l'origine divine du Coran ? (إعجاز القرآن)

Que le Coran soit d'origine divine est pour le musulman un élément de sa foi. Cela s'appuie sur des éléments rationnels.

– L'univers, avec tout ce qu'il comporte de merveilleux en terme de perfection et d'exactitude, est "signe de Dieu". Tout ce qu'il contient et tout ce qui s'y passe sont, en soi, des signes de la Puissance et de la Sagesse de Dieu. "وَفِي الْأَرْضِ آيَاتٌ لِّلْمُوقِنِينَ وَفِي أَنفُسِكُمْ أَفَلَا تُبْصِرُونَ" : "Et sur la Terre il est des signes pour ceux qui sont (aptes à être) convaincus, ainsi qu'en vous-mêmes. Ne voyez-vous donc pas ?" (Coran 51/20-21). L'un des commentaires est que ces signes qui se trouvent en l'homme, ici évoqués, ne sont pas le fonctionnement harmonieux de son corps mais ce que son cœur contient : "وقال قتادة: المعنى من سار في الأرض رأى آيات وعبرا؛ ومن تفكر في نفسه علم أنه خلق ليعبد الله" (Tafsîr ul-Qurtubî).

– Et le Coran est lui aussi "signe de Dieu" :

----- Le Coran est en soi signe de Dieu : "verset" se dit en fait dans le langage coranique : "signe" : "فَاتَّقُوا اللَّهَ يَا أُوْلِي الْأَلْبَابِ الَّذِينَ آمَنُوا قَدْ أَنزَلَ اللَّهُ إِلَيْكُمْ ذِكْرًا رَّسُولًا يَتْلُو عَلَيْكُمْ آيَاتِ اللَّهِ مُبَيِّنَاتٍ لِّيُخْرِجَ الَّذِينَ آمَنُوا وَعَمِلُوا الصَّالِحَاتِ مِنَ الظُّلُمَاتِ إِلَى النُّورِ" : "Un Messager qui récite devant eux les Signes de Dieu, clarifiant, afin (...)" (Coran 65/10-11). Nous verrons la manifestation de ce caractère de "signe" aux points 1, 2, 3 et 4.

----- Par ailleurs, la concordance (muwâfaqa) que Dieu montre / montrera aux hommes entre d'une part ce que le Coran affirme, et d'autre part ce qui existe dans le corps humain et dans le monde, ainsi que ce qui s'est passé / ce qui se passera dans leur vie personnelle comme dans le monde, cela constitue un autre signe, une autre preuve de la véracité du Coran (= le fait qu'il est réellement ce qu'il prétend être : "parole de Dieu") : "سَنُرِيهِمْ آيَاتِنَا فِي الْآفَاقِ وَفِي أَنفُسِهِمْ حَتَّى يَتَبَيَّنَ لَهُمْ أَنَّهُ الْحَقُّ" : "Nous allons leur montrer Nos signes dans les horizons et en eux-mêmes jusqu'à ce qu'il leur devienne évident que ceci [= le Coran] est la vérité" (Coran 41/53). "أي: سنظهر لهم دلالاتنا وحججنا على كون القرآن حقا منزلا من عند الله عز وجل على رسوله صلى الله عليه وسلم بدلائل خارجية {في الآفاق} من الفتوحات وظهور الإسلام على الأقاليم وسائر الأديان، قاله مجاهد، والحسن، والسدي؛ ودلائل {في أنفسهم}، قالوا: وقعة بدر وفتح مكة ونحو ذلك من الوقائع التي حلت بهم، نصر الله فيها محمدا وصحبه وخذل فيها الباطل وحزبه؛ ويحتمل أن يكون المراد من ذلك ما الإنسان مركب منه وفيه وعليه من المواد والأخلاط والهيئات العجيبة، كما هو مبسوط في علم التشريح الدال على حكمة الصانع تبارك وتعالى؛ وكذلك ما هو مجبول عليه من الأخلاق المتباينة، من حسن وقبيح وبين ذلك؛ وما هو متصرف فيه تحت الأقدار التي لا يقدر بحوله وقوته وحيله وحذره أن يجوزها ولا يتعداها" (Tafsîr Ibn Kathîr). Nous en verrons l'expression aux points 5, 6 et 7.

----- Ces deux dimensions font que le miracle coranique ne cessera d'opérer, jusqu'à amener des conversions jusqu'à la fin des temps : "عن أبي هريرة، عن النبي صلى الله عليه وسلم، قال: "ما من الأنبياء نبي إلا أعطي من الآيات ما مثله أومن أو آمن عليه البشر، وإنما كان الذي أوتيت وحيا أوحاه الله إلي، فأرجو أني أكثرهم تابعا يوم القيامة" (al-Bukhârî, 6846, Muslim, 152).

----- Ce caractère miraculeux du Coran en fait quelque chose d'inimitable, ayant rendu les hommes incapables ('âjiz) de produire quelque chose qui soit semblable (mithl) à lui. D'où la formule I'jâz ul-qur'ân pour désigner l'inimitabilité du Coran.

----- Chaque verset du Coran est-il Mu'jiz, ou bien la quantité Mu'jiz est-elle plus grande qu'un seul verset ?
Il y a divergence entre les ulémas sur le sujet. Je penche vers l'avis suivant : "يقع الإعجاز بكل سورة (طويلة كانت أو قصيرة)، أو بقدرها من الكلام" (Al-Itqân, p. 1017).

----- Ci-après quelques aspects du caractère miraculeux du Coran, qui prouve son origine divine...

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1) Son effet émotionnel sur les cœurs :

C'est un aspect du Coran qui marque de nombreuses personnes. Ensuite certaines apportent alors foi, d'autres pas (à l'instar de 'Utba ibn Rabî'a).

"اللَّهُ نَزَّلَ أَحْسَنَ الْحَدِيثِ كِتَابًا مُّتَشَابِهًا مَّثَانِيَ تَقْشَعِرُّ مِنْهُ جُلُودُ الَّذِينَ يَخْشَوْنَ رَبَّهُمْ ثُمَّ تَلِينُ جُلُودُهُمْ وَقُلُوبُهُمْ إِلَى ذِكْرِ اللَّهِ ذَلِكَ هُدَى اللَّهِ يَهْدِي بِهِ مَنْ يَشَاء وَمَن يُضْلِلْ اللَّهُ فَمَا لَهُ مِنْ هَادٍ" : "Dieu a fait descendre le plus beau des propos, un Livre dont [les versets] se ressemblent et se répètent. Les peaux de ceux qui redoutent leur Seigneur frissonnent (à l'entendre); puis leurs peaux et leurs cœurs s'apaisent au rappel de Dieu. Voilà le guide de Dieu, par lequel Il guide qui Il veut. Et celui que Dieu égare, il n'y a pour lui nul guide" (Coran 39/23).
"وَإِذَا سَمِعُواْ مَا أُنزِلَ إِلَى الرَّسُولِ تَرَى أَعْيُنَهُمْ تَفِيضُ مِنَ الدَّمْعِ مِمَّا عَرَفُواْ مِنَ الْحَقِّ يَقُولُونَ رَبَّنَا آمَنَّا فَاكْتُبْنَا مَعَ الشَّاهِدِينَ وَمَا لَنَا لاَ نُؤْمِنُ بِاللّهِ وَمَا جَاءنَا مِنَ الْحَقِّ وَنَطْمَعُ أَن يُدْخِلَنَا رَبُّنَا مَعَ الْقَوْمِ الصَّالِحِينَ" : "Et quand ils entendent ce qui a été descendu sur le Messager, tu vois leurs yeux déborder de larmes, parce qu'ils ont reconnu la vérité. Ils disent : "O notre Seigneur ! Nous avons apporté foi. Inscris-nous donc avec ceux qui témoignent. Et comment n'aurions-nous pas apporté foi en Dieu et en ce qui nous est parvenu de la vérité. Et nous espérons que notre Seigneur nous fera entrer avec les gens vertueux"" (Coran 5/83-84).

– C'est alors que, venu à Médine payer la rançon d'un proche fait prisonnier à Badr, que Jubayr ibn Mut'îm, ayant entendu le Prophète réciter dans la prière de al-maghrib la sourate At-Tûr, dit (bien qu'il n'acceptera l'islam que 6 années plus tard) : "Lorsque j'entendis le verset : "Ont-ils été créés par rien ? ou bien sont-ils les créateurs (d'eux-mêmes) ? ou bien ont-ils créé les cieux et la terre", mon cœur s'envola presque". "Ce fut la première fois que la foi tomba dans mon cœur" : "عن جبير بن مطعم رضي الله عنه، قال: سمعت النبي صلى الله عليه وسلم يقرأ في المغرب بالطور، فلما بلغ هذه الآية: {أم خلقوا من غير شيء أم هم الخالقون، أم خلقوا السموات والأرض بل لا يوقنون، أم عندهم خزائن ربك أم هم المسيطرون} قال: كاد قلبي أن يطير" (al-Bukhârî, 4573). "سمعت النبي صلى الله عليه وسلم يقرأ في المغرب بالطور، وذلك أول ما وقر الإيمان في قلبي" (al-Bukhârî, 3798).

– Alors que Abû Bakr récitait le Coran en prière facultative dans l'espace se trouvant devant chez lui, la nuit, des femmes et enfants de Polythéistes mecquois venaient et l'écoutaient [comme fascinés par sa récitation] (al-Bukhârî).

Cet aspect touche même des gens qui ne comprennent pas la langue arabe.

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2) Son style littéraire inimitable en arabe :

C'est un aspect de l'inimitabilité du Coran qui a marqué particulièrement les Arabes de l'époque du Prophète. Versés dans la belle poésie (shi'r) et l'art oratoire (khutba), les Arabes furent cependant incapables de relever le défi, lancé par le Coran, de produire ne serait-ce qu'un seul chapitre comparable à une sourate du Coran.

Pour nous francophones, qui essayons d'apprendre, de comprendre et de pratiquer à notre humble échelle la langue arabe, appréhender cette éloquence au même degré où les arabophones l'apprécient n'est certes pas possible. Des récits de l'époque du Prophète racontent cependant de nombreuses occasions où des Arabes, même ennemis acharnés de Muhammad et de son message, restaient sans voix après avoir entendu la récitation du Coran, charmés par son éloquence et par la cadence de ses versets.

Toute personne connaissant un tant soit peu la langue arabe et lisant le Coran et la Sunna saura d'ailleurs faire la différence même entre le texte des hadîths et le texte du Coran : "ولا يقدر محمد صلى الله عليه وسلم - نفسه - من تلقاء نفسه على أن يبدل سورة من القرآن. بل يظهر الفرق بين القرآن وبين سائر كلامه لكل من له أدنى تدبر" (Al-Jawâb us-sahîh, 4/62)

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3) Sa législation particulière :

Le Coran contient, sur un total de plus de 6000 versets, un peu plus de 200 versets seulement qui traitent de législation.

Ces "versets législatifs" s'adressent à l'homme non pas parce que celui-ci serait coupable de naissance ou totalement ignorant, mais à la seule fin de lui servir d'orientation (hidâya) dans sa vie et de lui indiquer les limites ainsi que les voies à suivre (hudûd-ullâh), lui permettant ainsi de profiter pleinement mais décemment de la vie terrestre.

"Affirmant la valeur de la personne humaine, [elle] lui impose simultanément des limites précises…, jugées indispensables à l'équilibre personnel et communautaire" (L'Humanisme de l'islam, Marcel Boisard). Ces normes légales viennent ainsi confirmer et préserver les normes morales que contient globalement chaque cœur humain. C'est là le sens de l'expression coranique "Lumière sur lumière" (Coran 24/35), qui rappelle que le but de la révélation divine est d'approuver, de protéger et d'orienter par sa lumière la lumière du cœur de l'homme.

Les versets coraniques "législatifs" se trouvent d'ailleurs mêlés aux versets traitant de la foi en Dieu, de la responsabilité devant Lui, de la venue d'un Jour où on lui rendra compte. La conjonction entre loi et foi est de la sorte profonde, et fait que le respect des obligations et des interdits tire sa raison d'exigence de la conscience de la Présence divine.

La législation coranique est certes exigeante, mais nullement écrasante, puisque, par son biais, "Dieu ne demande à une âme que ce dont elle est capable" (Coran 2/286), que "Dieu veut pour vous la facilité et [qu'] Il ne veut pas pour vous la difficulté" (Coran 2/185), et que "Dieu veut rendre légères pour vous (les obligations), et l'homme a été créé faible" (Coran 4/28).

La législation du Coran marie le spirituel et le temporel. Elle ne veut pas concerner que les aspects spirituels de la nature humaine, mais établir un équilibre harmonieux entre les besoins corporels et sociaux de l'homme, et ses exigences spirituelles.

"Au début, raconte Léopold Weiss, je fus un peu déconcerté de voir le Coran se préoccuper non seulement de choses spirituelles, mais aussi de nombreux aspects temporels ou même triviaux de la vie. Mais je finis par comprendre que si l'homme, avec son corps et son âme, constituait une unité intégrale comme l'islam le soulignait, aucun aspect de la vie ne saurait être trop "trivial" pour échapper à la compétence de la religion. Cependant le Coran ne perdait pas une occasion de rappeler que la vie de ce monde n'était qu'un degré dans le cheminement de l'homme vers une existence plus élevée et que son objectif final était de nature spirituelle" (Le Chemin de La Mecque, Fayard, 1976).

La législation du Coran proclame l'égalité absolue de tous devant la loi, ayant prévu cependant pour les minorités non-musulmanes vivant en pays musulmans le droit d'être jugées selon leur propre législation, apportant de la sorte une solution originale au problème universel des minorités.

La réussite du Coran dans le fait d'avoir par exemple interdit l'alcool (interdiction énoncée non pas comme une pure injonction, mais comme l'aboutissement d'une législation progressive, et comme l'expression de la foi en Dieu et de la volonté de Lui plaire) et d'avoir réussi à amener les musulmans dans leur globalité à avoir respecté cette loi est en soi un autre signe : comparez avec le nombre de problèmes graves que la consommation de cette boisson engendre partout de par le monde (tant sur la plan de la santé personnelle que sur celui de la sécurité des familles et de la société).

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4) L'absence de toute contradiction dans son texte, pourtant long et apporté sur une période de 23 années :

"أَفَلاَ يَتَدَبَّرُونَ الْقُرْآنَ وَلَوْ كَانَ مِنْ عِندِ غَيْرِ اللّهِ لَوَجَدُواْ فِيهِ اخْتِلاَفًا كَثِيرًا" : "Ne méditent-ils donc pas le Coran ? Et s'il provenait d'un autre que Dieu, ils y trouveraient un ikhtilâf abondant" (Coran 4/82). "فيه ثلاثة أقوال: أحدها: أنه التناقض، قاله ابن عباس وابن زيد والجمهور. والثاني: الكذب، قاله مقاتل والزجاج. والثالث: أنه اختلاف تفاوت من جهة بليغ من الكلام ومرذول، إِذ لا بدّ للكلام إِذا طال من مرذول، وليس في القرآن إِلا بليغ، ذكره الماورديّ في جماعة" (Zâd ul-massîr).

--- Soit ce terme ikhtilâf signifie : "contradiction".
Toute parole abondante qu'un même locuteur humain tient, contient des contradictions (surtout quand elle est étalée dans le temps) : cela est inhérent à la nature humaine, faible par essence. Il s'agira :
----- soit de l'expression d'une ignorance (jahl) suivie de la réponse suite à la découverte de celle-ci ;
----- soit de l'expression d'une possibilité (ihtimâl) plus tard rectifiée suite à la découverte de la vérité ;
----- soit d'une contradiction à cause de l'oubli (nisyân) par le locuteur de ce qu'il avait lui-même dit quelques années auparavant.
Rien de tel dans le Coran.
"أي تفاوتا وتناقضا، عن ابن عباس وقتادة وابن زيد. ولا يدخل في هذا اختلاف ألفاظ القراءات وألفاظ الأمثال والدلالات ومقادير السور والآيات. وإنما أراد اختلاف التناقض والتفاوت. وقيل: المعنى لو كان ما تخبرون به من عند غير الله لاختلف. وقيل: إنه ليس من متكلم يتكلم كلاما كثيرا إلا وجد في كلامه اختلاف كثير، إما في الوصف واللفظ، وإما في جودة المعنى، وإما في التناقض، وإما في الكذب. فأنزل الله عز وجل القرآن وأمرهم بتدبره، لأنهم لا يجدون فيه اختلافا في وصف ولا ردا له في معنى، ولا تناقضا ولا كذبا فيما يخبرون به من الغيوب وما يسرون"
(Tafsîr ul-Qurtubî).
"والثاني: وهو الذي ذهب إليه أكثرالمتكلمين أن المراد منه أن القرآن كتاب كبير، وهو مشتمل على أنواع كثيرة من العلوم، فلو كان ذلك من عند غير الله لوقع فيه أنواع من الكلمات المتناقضة، لأن الكتاب الكبير الطويل لا ينفك عن ذلك؛ ولما لم يوجد فيه ذلك، علمنا أنه ليس من عند غير الله.
فإن قيل: أليس أن قوله: وجوه يومئذ ناضرة إلى ربها ناظرة كالمناقض لقوله تعالى:
لا تدركه الأبصار؛ وآيات الجبر كالمناقضة لآيات القدر، وقوله: فوربك لنسئلنهم أجمعين كالمناقض لقوله: فيومئذ لا يسئل عن ذنبه إنس ولا جان، قلنا: قد شرحنا في هذا التفسير أنه لا منافاة ولا مناقضة بين شيء منها البتة" (Tafsîr ur-Râzî).

--- Soit le terme ikhtilâf signifie ici : "erreur", "fausseté" : cela renverrait alors aux points à venir : 5, 6 et 7.
La parole de al-Muzânî est très connue : "J'ai étudié ar-Rissâla auprès de ash-Shâfi'î 80 fois. A chaque fois (qu'il enseignait son propre livre), il prenait conscience d'une erreur (s'y trouvant). Ash-Shafi'î dit alors : "Voilà, Dieu a refusé qu'un autre livre que le sien soit (à 100%) juste"""روى البويطي عن الشافعي رضي الله عنهما أنه قال له: "إني صنفت هذه الكتب فلم آل فيها الصواب، ولا بد أن يوجد فيها ما يخالف كتاب الله تعالى وسنة رسوله صلى الله عليه وسلم: قال الله تعالى {ولو كان من عند غير الله لوجدوا فيه اختلافا كثيرا}. فما وجدتم فيها مما يخالف كتاب الله تعالى وسنة رسوله صلى الله عليه وسلم فإني راجع عنه إلى كتاب الله تعالى وسنة رسوله - صلى الله عليه وسلم." قال المزني: قرأت كتاب الرسالة على الشافعي ثمانين مرة، فما من مرة إلا وكان يقف على خطأ. فقال الشافعي: هيه، أبى الله أن يكون كتابا صحيحا غير كتابه" (Radd ul-muhtâr, al-Muqaddima).

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5) Son exactitude scientifique :

"Pour moi, il n'existe pas d'explication humaine au Coran." Ces mots d'un chirurgien français, Maurice Bucaille, témoignent de cet étonnement mêlé d'admiration que peut ressentir l'homme de science devant l'étude des phénomènes scientifiques exposés dans le Coran.
Bucaille reconnaît à juste titre que "le Coran n'est pas (…) un livre ayant pour but d'exposer certaines lois de l'univers" mais qu'il a au contraire "un but religieux essentiel", et que ce n'est qu'à "propos de descriptions de l'Omnipotence divine que des invitations à réfléchir sur les œuvres de la création sont adressées aux hommes."

Pourtant, démontre-t-il, les données que le Coran énumère à cette fin sont "absolument conformes aux connaissances scientifiques modernes", attendu bien sûr qu'il faille "distinguer la théorie scientifique et le fait d'observation dûment contrôlé."

Ainsi :
--- le déplacement du soleil à travers la galaxie ;
--- la notion d'orbites pour la lune et le soleil ;
--- l'origine des eaux souterraines ;
--- le fait que les fourmis utilisent un langage pour communiquer entre elles :
sont quelques-unes des découvertes récentes qui furent des révolutions dans le domaines des idées scientifiques, et auxquelles le Coran faisait pourtant allusion depuis il y a déjà 14 siècles dans les versets suivant (respectivement) :
--- "وَالشَّمْسُ تَجْرِي لِمُسْتَقَرٍّ لَّهَا ذَلِكَ تَقْدِيرُ الْعَزِيزِ الْعَلِيمِ" : Coran 36/38,
--- "لَا الشَّمْسُ يَنبَغِي لَهَا أَن تُدْرِكَ الْقَمَرَ وَلَا اللَّيْلُ سَابِقُ النَّهَارِ وَكُلٌّ فِي فَلَكٍ يَسْبَحُونَ" : Coran 36/40,
--- "أَلَمْ تَرَ أَنَّ اللَّهَ أَنزَلَ مِنَ السَّمَاء مَاء فَسَلَكَهُ يَنَابِيعَ فِي الْأَرْضِ ثُمَّ يُخْرِجُ بِهِ زَرْعًا مُّخْتَلِفًا أَلْوَانُهُ ثُمَّ يَهِيجُ فَتَرَاهُ مُصْفَرًّا ثُمَّ يَجْعَلُهُ حُطَامًا إِنَّ فِي ذَلِكَ لَذِكْرَى لِأُوْلِي الْأَلْبَابِ" : Coran 39/21,
--- "حَتَّى إِذَا أَتَوْا عَلَى وَادِي النَّمْلِ قَالَتْ نَمْلَةٌ يَا أَيُّهَا النَّمْلُ ادْخُلُوا مَسَاكِنَكُمْ لَا يَحْطِمَنَّكُمْ سُلَيْمَانُ وَجُنُودُهُ وَهُمْ لَا يَشْعُرُونَ فَتَبَسَّمَ ضَاحِكًا مِّن قَوْلِهَا" : Coran 27/18-19.

Les conclusions de Bucaille sont :
"Si un homme était l'auteur du Coran, comment aurait-il pu, au viiè siècle de l'ère chrétienne, écrire ce qui s'avère aujourd'hui conforme aux connaissances scientifiques modernes?"

"Aussi est-il parfaitement légitime non seulement de considérer le Coran comme l'expression d'une révélation, mais encore de donner à la révélation coranique une place tout à fait à part en raison de la garantie d'authenticité qu'elle offre et de la présence d'énoncés scientifiques qui, examinés à notre époque, apparaissent comme un défi à l'explication humaine."

(Ces propos de Bucaille sont tous extraits de son livre La Bible, le Coran et la science, Seghers, Paris, 1976. On se référera à cet ouvrage pour davantage de détails sur le sujet.)

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6) Son exactitude historique :

Les événements rapportés par le Coran sont en parfaite harmonie avec les faits historiques établis.

Ainsi :
--- les conquêtes menées par Cyrus le Perse ("Dhu-l-Qarnayn") qui part de son pays vers le nord, l'est et l'ouest, et bâtit un mur d'airain pour empêcher des hordes destructrices de franchir la passe du Caucase ;
--- la rupture de la digue à Marib, au Yémen, qui fragilise la prospérité matérielle des gens du Yémen ;
--- le fait que le Roi d'Egypte à l'époque de Joseph est nommé "roi" mais pas "pharaon" (différemment du texte de la Bible, qui le nomme, lui, "pharaon") ;
sont quelques éléments historiques dont parle le Coran et qu'ont confirmés de récentes découvertes.

Il y a peut-être* aussi :
--- le fait qu'il y avait, sous le Pharaon de l'époque de Moïse, un responsable des constructions nommé Haman (* j'ai précisé "peut-être" parce que cette affirmation a été remise en question par certains spécialistes).

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7) Ses prophéties infaillibles :

Tandis qu'en 614 (donc à l'époque où le Coran est révélé au prophète Muhammad) les Perses avaient infligé une cinglante défaite aux Byzantins, le Coran avait prédit la contre-offensive de ces derniers et leur victoire dans un délai de 3 à 9 ans (bidh'i sinîn) : "Les Byzantins ont été vaincus dans une terre proche. Après cette défaite ils seront très bientôt victorieux, dans quelques années..." (Coran 30/1-4).
A ce moment-là, la chose paraissait si improbable, vu l'avancée perse et la faiblesse byzantine, qu'un Mecquois n'avait pas hésité à parier sur l'impossibilité d'un tel événement. Après la révélation de ces versets, Byzance perdait d'ailleurs encore du terrain.
Cependant, avec l'arrivée d'Héraclius aux commandes de l'empire, Byzance passa à la contre-attaque, et finit, dès 623, par infliger défaite sur défaite aux Perses.

Il y a, comme signes pas encore déroulés :
-- le retour sur Terre de Jésus fils de Marie ;
-- le déferlement de Gog et Magog quelque temps après ce retour de Jésus.

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A côté de tout ce qui précède, le Coran recèle aussi des éléments-tests :

Lire à ce sujet notre article : Le Coran recèle des signes de son origine divine, mais recèle aussi des éléments-tests.

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

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