Quand on accomplit une action des 'ibâdât, quelle intention et quelle disposition intérieure faut-il avoir pour que cela rapproche de Dieu ?

Les actions de la catégorie des 'ibâdât sont celles qui ont été instituées (mashrû') pour permettre à l'homme de renforcer son lien spirituel avec Dieu :
soit qu'il s'agit d'une action qui ne peut être dévolue qu'à la dimension de 'Ibâdâ (au sens particulier du terme) (c'est le cas de la prière rituelle, par exemple) ;
soit qu'il s'agit d'une action qui peut être dévolue, selon l'intention que l'on a, tantôt à la dimension de 'Ibâdâ (au sens particulier du terme), et tantôt à une dimension temporelle, de 'Ada, mais on accomplit cette action en lui conférant un objectif de 'ibâda (nous allons voir un exemple ci-après, en A).

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A) Comme nous venons de le voir, quand l'action est telle qu'elle peut être de 'âda comme de 'ibâda, il faut tout d'abord qu'on ait l'intention de conférer à cette action la dimension de 'ibâda ; sinon l'action est bien entendu autorisée, mais n'est néanmoins pas de 'ibâda mais de 'âda :

Ibn 'Abd is-Salâm écrit :
"(Ceci) indique que l'intention [de faire précisément là une action de 'ibâda] n'est une condition [pour que cette action soit effectivement considérée juridiquement comme étant de 'ibâda] que pour la 'ibâda qui ne se distingue pas par elle-même.
Quant à ce qui se distingue par lui-même (comme étant une action de 'ibâda), il se dirige par sa forme même vers ce pour quoi il a été institué, comme les formules de remémoration de Dieu (adhkâr), la prononciation des formules d'invocation (ad'iya), la récitation du Coran (tilâwa), car ces (actions) n'oscillent pas entre le fait d'être ibâda et celui d'être 'âda"
(Fat'h ul-bârî 1/19).

Le fait de pratiquer ces actions avec une simple intention, c'est-à-dire volontairement ('an qasdin), cela en fait des actions considérées juridiquement comme étant de 'ibâda, à propos desquelles les principes que nous allons voir ci-après sont applicables, et pour lesquelles l'application de ces principes confèrera, par la permission de Dieu, le rapprochement voulu avec Lui.

C'est la prononciation de "Sub'hân-Allâh !" en lui conférant une dimension d'évocation de Dieu (dhikr lissânî) qui en fait une action de 'ibâda : les principes que nous allons voir ci-après la concernent alors.
Par contre, la prononciation de "Sub'hân-Allâh !" face à un événement inattendu n'est pas une action de 'ibâda (Fat'h ul-bârî 1/19) : il s'agit d'une coutume – certes musulmane, mais à dominante de coutume et non de culte –, et le Prophète lui-même a eu recours à l'usage de cette formule pour exprimer son étonnement : voir Sahîh ul-Bukhârî, kitâb ul-adab, bâb 121 : "At-Takbîr wa-t-tasbîh 'inda-t-ta'ajjub" (d'autres exemples ont été compilés dans Fat'h ul-bârî 10/733-734). Ici c'est donc l'intention de la personne qui détermine s'il s'agit d'une action de 'ibâda ou bien de 'âda.

De même, abattre un bœuf ou un mouton de la façon voulue (cliquez ici) peut constituer une action de 'âda (quand cette action est faite en tant que moyen d'obtenir de la viande halal) ; elle peut aussi constituer une action de 'ibâda, comme lors de la fête du sacrifice : la motivation unique ou essentielle de cet acte est alors qu'il serve de moyen pour qu'on se rapproche de Dieu ; certes, il est entièrement autorisé de consommer la viande de l'animal abattu lors de la fête du sacrifice (et même de conserver cette viande), mais obtenir de la viande ne peut, en cette occasion, pas constituer la motivation essentielle du fait d'abattre un animal.

Lorsque l'action est de 'âda, les principes qui lui sont applicables sont ceux qui concernent l'intention à avoir pour la 'âdaque nous avons évoqués dans un autre article –, et non ceux relatifs à l'intention à développer pour la 'ibâda – que nous allons évoquer ci-après.

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B) L'action est de 'ibâda (soit de par sa forme même, soit de par l'intention qu'on a eue d'accomplir ainsi une action de 'ibâda précisément) :

Plusieurs cas se dégagent alors quant à la disposition intérieure que l'on peut avoir...

--- B.A) Faire cette action de 'ibâda à contrecœur ou avec lassitude entretenue (istithqâl 'aqlî) :

La pratique de cette action ne rapproche alors aucunement de Dieu.

C'est pourquoi le Prophète (sur lui soit la paix) a parlé de "celui qui jeûne pendant le mois de ramadan par foi et par espoir de récompense" : s'il a spécifié qu'il fallait y avoir espoir de récompense (ihtissâb), c'est parce qu'il s'agit de jeûner non pas à contrecœur ou avec lassitude entretenue (istithqâl ['aqlî]) (Ibid. 4/149), ni par ostentation (riyâ') (Fat'h ul-bârî 4/319) (nous allons y revenir).

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--- B.B) Ne pas accomplir cette action à contrecœur ni avec lassitude entretenue (istithqâl 'aqlî), mais faire au contraire preuve de sabr (patience, abnégation) dans l'accomplissement de l'action des 'ibâdât :

Quatre types principaux d'objectifs sont alors imaginables : faire l'action par rapport à la société des hommes ; faire l'action pour l'acquisition d'un avantage temporel non lié à la société (avantage physique, financier, mental, etc.) ; faire l'action par pure habitude personnelle ; faire l'action pour plaire à Dieu.

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----- B.B.A) Faire cette action des 'ibâdât uniquement par rapport au regard des hommes de la société :

------- B.B.A.A) Faire cette action avec l'objectif d'acquérir la notoriété (jâh) :

Cela constitue de l'ostentation (riyâ' / sum'a) et est strictement interdit. Ainsi, faire de longues prières surérogatoires (nafl) avec l'intention que les gens nous remarquent et que l'on soit connu comme pieux (seul Dieu connaît les intentions ; cependant, le Prophète a recommandé d'accomplir les prières surérogatoires chez soi et non à la mosquée).

Par contre, si on a fait l'action sincèrement pour Dieu et que les gens ont fait ses éloges à cause de cette action, cela ne pose aucun problème : "Qu'en est-il de l'homme qui fait une action de bien, et les gens font ses éloges à cause de celle-ci ?" demanda-t-on au Prophète. Il répondit : "C'est là la bonne nouvelle immédiate pour le croyant" (rapporté par Muslim, 2642).

Cependant, l'acquisition de ces éloges et de cette renommée ne doit pas devenir l'objectif poussant le musulman à faire l'action de 'ibâda. Avoir ce genre d'objectif n'est d'ailleurs pas interdit uniquement par rapport aux actions des 'ibâdât, mais par rapport à toute action. Le fait est que l'islam enseigne que la recherche volontaire de la renommée et de la célébrité n'est pas autorisé.

Il s'agit en fait de ne pas s'intéresser du tout à l'obtention de la renommée et de la reconnaissance des gens, vu que d'une part on peut être proche de Dieu sans que jamais les gens parlent en bien de soi (comme l'a dit le Prophète : "Il y a des gens aux cheveux ébouriffés, repoussés aux portes, s'ils font serment par Dieu, Dieu le réalisera" : Muslim 2622), et que d'autre part on peut bénéficier des éloges des gens sur terre alors qu'en réalité Dieu ne nous aime pas. On dit donc que les éloges faites par les hommes sont un bien (mahmûd) (vu qu'il s'agit, comme l'a dit le hadîth suscité, de "la bonne nouvelle immédiate pour le croyant"), mais ne doivent aucunement devenir un objectif (ghayr maqsûd) (vu qu'elles ne constituent pas une preuve, mais seulement un indice possible, muhtamal).

Il est relaté qu'un homme vint voir le Prophète et lui dit : "Messager de Dieu, un homme fait une action, qu'il garde en privé ; lorsqu'on vint à connaître celle-ci, cela le contente. (Qu'en est-il ?)" Le Prophète dit : "(Cet (homme) aura deux récompenses : celle d'avoir fait (cette action) en privé, et celle de (l)'avoir fait en public" (at-Tirmidhî, 2384 ; voir la version de Mishkât, 5322, qui est légèrement différente). Sous réserve que ce hadîth soit authentique, il faut noter qu'ici l'action de cet homme n'a pas été motivée par le fait d'être connue (or cela est interdit), pas plus que le fait que son action ait été découverte ne l'a poussé à l'allonger (comme certains pourraient être amenés à le faire s'ils priaient en privé et que quelqu'un venait à entrer et à les voir) (or cela encore est interdit : Mishkât 5333). Ici il a simplement été question que cet homme ressente un certain contentement devant le fait que une ou plusieurs personnes aient découvert qu'il faisait telle action de bien. A ce sujet...
– Soit entretenir en pareille occasion ce genre de sentiment, de même que laisser ce genre de sentiment pénétrer son cœur, sont interdits. Mais si le Prophète a tranquillisé cet homme c'est parce que celui-ci n'a fait que connaître une pensée furtive (waswassa) qui lui a traversé l'esprit et qu'il a combattue.
– Soit être content que les gens pensent en bien de soi est autorisé [vu que, comme l'a dit le Prophète, "Vous êtes les témoins de Dieu sur la Terre" : al-Bukhârî 1301, Muslim 949]. Cependant, ce contentement doit être a posteriori par rapport à l'action : il ne faut pas que cela aille jusqu'à constituer à terme une motivation pour entreprendre l'action ou pour l'allonger (comme "Je fais telle action car je désire que les gens la découvrent et fassent mes éloges" ; ou "J'allonge la durée de ma prière, car Untel est en train de me regarder et je désire qu'il sache que je suis un grand prieur") (cette explication figure dans Hujjat ullâh il-bâligha, 2/223). Il ne faut pas non plus qu'on reste dans l'expectative de ce genre de choses (en pensant "J'espère que les gens découvriront le bien que je fais") (vu que "Celui qui cherche à être vu, Dieu fera qu'il sera vu ! Et celui qui cherche que les gens entendent à son sujet, Dieu fera qu'on entendra à son sujet !" : al-Bukhârî 6134, Muslim 2986).

Un jour, le Prophète posa à ses Compagnons présents une question dont ils devaient trouver la réponse ; aucun d'eux ne la trouva, sauf le jeune Abdullâh ibn Omar, qui n'osa cependant pas s'exprimer et se contenta de dire plus tard à son père Omar qu'il avait trouvé la réponse mais n'avait pas voulu parler par égard pour les Compagnons plus âgés que lui, alors présents. Son père lui dit alors : "Que tu l'eûs dit m'aurait été plus agréable que telle et telle chose" (al-Bukhârî, 131, 4421, etc., Muslim 2811). Omar voulait dire qu'il aurait aimé que son fils Abdullâh soit mis en valeur par la réponse qu'il avait trouvé (FB 1/303) ; mais il voulait parler ici du contentement que, en tant que père, il aurait pu ressentir par rapport aux éloges que le Prophète aurait alors fait de son fils suite à la réponse donnée avec sincérité par celui-ci ; il ne disait pas là que la recherche de la gloire aurait dû motiver son fils Abdullâh à répondre et aurait dû donc constituer son objectif.

------- B.B.A.B) Faire cette action uniquement pour éviter le reproche de ses proches ou de ses voisins, ou uniquement pour éviter une sanction temporelle :

La pratique de cette action ne rapproche alors pas non plus de Dieu. (Cet objectif parfois coexiste avec de la résignation intérieure – sabr – ; c'est ce qui fait relever cela de cette catégorie B.B ; cependant, d'autres fois il cohabite avec une véritable révolte intérieure non exprimée, ce qui revient alors au cas B.Aal-istithqâl al-'aqlî).

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----- B.B.B) Faire l'action des 'ibâdât avec l'objectif d'acquérir un avantage temporel autre que social :

------- B.B.B.A) Faire cette action avec un objectif qui est en soi autorisé mais qu'il est néanmoins interdit d'avoir par rapport à cette action précise :

Acquérir de l'argent est un objectif reconnu (maslaha shar'iyya) en islam. Mais toucher un salaire pour la psalmodie du Coran que l'on fait, cela est interdit. Et psalmodier le Coran avec l'objectif de recevoir de l'argent, cela est aussi interdit : la raison en est que psalmodier le Coran est une action de pure 'ibâda, et on ne peut donc faire cette action avec un objectif autre que celui pour lequel elle a été instituée. Etant motivée par un objectif qu'il est interdit d'avoir par rapport à elle, l'action ne peut pas rapprocher de Dieu mais, plus encore, éloigne de Dieu.

Quant au fait d'enseigner le Coran, cela n'est pas une action de 'ibâda pure mais de ta'yîd ud-dîn (cliquez ici : il s'agit de l'objectif n° 2). Malgré tout, toucher un salaire pour l'enseignement que l'on prodigue du Coran ou d'autres sciences religieuses, cela est :
– interdit d'après l'avis originel de l'école hanafite (pareil objectif constitue donc autre chose que ce pour quoi l'action a été instituée),
– autorisé d'après l'avis de l'école shafi'ite,
– déconseillé, sauf si la personne en a besoin (hâja), d'après l'avis de Ibn Taymiyya ; par ailleurs, toujours selon cet avis, si la personne se trouvant dans le besoin (hâja) a comme objectif essentiel l'acquisition des récompenses de l'au-delà par le biais de cette action d'enseignement, l'obtention du salaire n'étant perçue par elle que comme le moyen lui permettant de subvenir à ses besoins temporels tout en se consacrant à cette action, elle aura une récompense auprès de Dieu pour cette action de ta'yîd ud-dîn qu'elle fait ainsi (cf. MF 24/316).

------- B.B.B.B) Faire cette action avec l'objectif d'acquérir un avantage temporel autre que celui mentionné en B.B.B.A, mais cet objectif est unique ou principal :

Améliorer sa santé physique est une maslaha shar'iyya. Et jeûner améliore également la santé physique. Mais jeûner pendant le mois de ramadan avec l'objectif unique ou principal de soulager son foie (ou autre avancée sanitaire), c'est faire cette action avec un objectif autre que celui pour lequel elle a été instituée. La pratique de cette action ne rapproche alors aucunement de Dieu. Cliquez ici pour en savoir plus.

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----- B.B.C) Faire cette action uniquement par habitude personnelle, parce qu'on a coutume de l'accomplir chaque semaine / chaque mois / chaque année :

La pratique de cette action ne rapproche alors pas non plus de Dieu.

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----- B.B.D) Faire cette action avec comme motivation de se rapprocher de Dieu (at-taqarrub min-allâh) ou d'obtenir des récompenses dans l'au-delà (ihtissâb) :

Ceci constitue la bonne motivation… (Soit que cette motivation soit pure – ce qui est le mieux –, soit qu'elle est principale et que la motivation d'acquérir un avantage temporel autorisé est secondaire et dominée : lire à ce sujet le dernier article dont nous avons donné le lien.)

Ensuite

------- B.B.D.A) Se focaliser sur la forme de l'action et, lors de son accomplissement, délaisser totalement l'âme de cette action :

L'action ne produira alors pas du tout ses effets escomptés, ou pas suffisamment ses effets escomptés, et ne rapprochera pas, ou ne rapprochera pas suffisamment de Dieu.

C'est bien parce que par rapport à l'action des 'ibâdât le respect de sa forme seulement ne suffit pas que le Prophète a dit : "Celui qui [bien qu'il jeûne] ne délaisse pas la parole de mal et l'action du mal, Dieu n'a pas besoin [= n'agrée pas de sa part] qu'il délaisse sa nourriture et sa boisson [en jeûnant]" (al-Bukhârî 1804). C'est aussi pourquoi, à un homme venu lui dire que la nuit précédente il avait récité l'ensemble des sourates "mufassal" en un cycle de prière (rak'a), Ibn Mas'ûd dit : "Récité comme on récite des vers ? Des gens réciteront le Coran, cela ne dépassera pas leur clavicule ; mais lorsque cela tombe dans le cœur puis s'y enracine, cela est profitable" (Muslim 822).

Commentant un hadîth évoquant la valeur du dhikr (= penser à Dieu en son intérieur), Ibn ul-'Arabî écrit ainsi : "Celui qui ne pense pas à Dieu en son intérieur au moment où il fait l'aumône ou au moment où il jeûne, par exemple, son action n'est pas complète. Le dhikr est donc la meilleure des actions de ce point de vue" (cité dans FB 11/252).

------- B.B.D.B) Entretenir, autant que faire se peut, le souvenir de Dieu (dhikr ullâh) en son cœur pendant l'accomplissement de l'action :

Ceci constitue la façon excellente de procéder. Ibn ul-Qayyim écrit ainsi : "Le cinquante-sixième (avantage) : Toute action, les meilleurs de ceux qui la font sont ceux qui pensent le plus à Dieu pendant cette (action). Ainsi, les meilleurs des jeûneurs sont ceux qui pensent le plus à Dieu pendant leur jeûne. Les meilleurs de ceux qui font l'aumône sont ceux qui pensent le plus à Dieu [pendant qu'ils font l'aumône]. Les meilleurs des pèlerins sont ceux qui pensent le plus à Dieu [pendant qu'ils accomplissent le pèlerinage]. Et de même les autres actions" (Al-Wâbil us-sayyib, p. 105 ; voir aussi p. 63).

Cliquez ici et ici pour lire des articles traitant de ces deux points B.B.D.A et B.B.D.B.

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Qu'en est-il du cas où le croyant aura eu comme intention quelque chose où ce qui est interdit en la matière (B.B.A, B.B.B ou B.B.C) était mêlé à ce qui est requis (intention de type B.B.D) ?

(Ce passage est extrait d'un autre article.)

Le Prophète a dit : "Lorsque Dieu rassemblera les hommes le jour du jugement, un jour à propos duquel il n'y a pas de doute, un annonciateur annoncera : "Celui qui, dans une action faite pour Dieu, avait associé quelqu'un à Dieu, qu'il recherche sa récompense auprès d'un autre que Dieu ; car de ceux qui ont été associés, Dieu est Celui qui n'a pas besoin de l'association"" (rapporté par at-Tirmidhî, n° 3154).

Le sens apparent (zâhir) de ce Hadîth pourrait laisser penser que le jour du jugement, seule l'action qui aura été pure de toute présence d'intention ostentatoire sera acceptée et que toute action où une infime intention ostentatoire aura été présente sera systématiquement rejetée. Ibn 'Abd is-salâm est de cet avis (Mirqât ul-mafâtîh 1/46).

Cependant, al-Ghazâlî pense, lui, que ce rejet de l'action non sincère concerne le cas où l'intention ostentatoire aura été pure (et que la personne n'aura pas du tout eu l'intention de plaire à Dieu), le cas où, dans le cœur de la personne faisant l'action, deux intentions auront été mêlées (et donc que la personne aura eu comme mobile d'une part de plaire à Dieu et d'autre part de se faire connaître) et que l'intention ostentatoire aura dominé l'intention de plaire à Dieu, ainsi que le cas où l'intention ostentatoire aura été égale à l'intention de plaire à Dieu : dans ces trois cas, l'action sera effectivement rejetée.
Par contre, écrit al-Ghazâlî, dans le cas où l'intention ostentatoire aura été présente mais aura été dominée par l'intention de plaire à Dieu au point que l'intention ostentatoire n'aurait pas motivé à elle seule la personne à faire cette action, il se pourrait que Dieu ne rejette pas cette action ; cependant, la récompense qu'elle entraînera sera inférieure à celle que Dieu accorde pour la même action lorsqu'elle est faite entièrement pour Lui ; de plus, Dieu peut punir pour cette part (même minoritaire) d'ostentation qui aura été présente dans cette action (voir Mirqât ul-mafâtîh 1/46, 10/63 ; voir aussi Fat'h ul-bârî 1/23).

(Fin de citation de cet autre article.) Ce qui y est mentionné concerne l'ostentation (soit le B.B.A.A) ; mais apparemment les autres types d'intention incorrecte susmentionnés relèvent du même principe.

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

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