Se prosterner devant autre que Dieu, est-ce systématiquement une action de kufr akbar ? - Pourquoi le besoin d'une Qibla pour se prosterner devant Dieu ? - (قِبْلَة الله)

De la différence existant entre : "Adresser une prosternation à un être" (ci-après : "A"), et "Se prosterner en étant face à quelque chose" (ci-après : "A'" ou "B")...

Par rapport à ce qui se trouve face au prosternant (as-sâjid) et à son intention vis-à-vis de cela, on peut classifier la prosternation en 4 types :

Le fait est que :
B) soit ce n'est absolument pas cette chose qui est devant soi ou même qu'on a placée devant soi (tawajjuh) qu'on vise (qasd) ;
A) soit c'est cette chose qui est devant soi ou qu'on a placée devant soi qu'on vise (qasd).

A) Si on vise (qasd) cette chose présente devant soi, alors :
--- A.2) soit cette prosternation est adressée (tawjîh us-sujûd) non pas à cette chose elle-même mais à ce que cette chose symbolise, n'en étant que la qibla  ;
--- A.1) soit cette prosternation est adressée (tawjîh us-sujûd) à cette chose elle-même.

--- A.1) Si la prosternation est adressée (tawjîh us-sujûd) à cette chose, alors :
----- A.1.2) soit il s'agit d'une prosternation d'hommage ;
----- A.1.1) soit il s'agit d'une prosternation d'adoration.

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Voici donc les 4 cas de prosternations :

----- A.1.1) la prosternation d'adoration, adressée à quelqu'un : : elle ne doit être adressée qu'à Dieu, et, de tous temps, tous les prophètes de Dieu ont invité à la réserver à Dieu Seul ;
----- A.1.2) la prosternation d'hommage, adressée à quelqu'un : elle était autorisée dans la Shar' de certains prophètes antérieurs ; c'est cette prosternation que Jacob a faite devant son fils Joseph (sur eux soit la paix) ; c'est aussi ce type de prosternation qu'il a été demandé aux Anges de faire face à Adam ;

A.2) la prosternation faite face à la Kaaba : celle-ci n'est "visée" qu'en tant que Qiblat-ullâh, afin d'adresser la prosternation à Dieu ;

B) la prosternation faite face à une sut'ra : celle-ci n'est alors même pas visée par la prosternation, elle est seulement placée devant celui qui se prosterne.

Certains ulémas ont pensé que la prosternation que les Anges ont été invités à faire devant Adam et que Iblîs a refusé de faire était du type A.2, le même type que celle que les musulmans font face à la Kaaba : Adam n'était que Qiblat-ullâh, et Dieu était l'objectif de cette prosternation.

Or cet avis est erroné (khata' ijtihâdî) : c'est bel et bien Adam qui était l'objectif de cette prosternation, cependant il s'agissait d'une prosternation d'hommage seulement (A.1.2).
--- Si l'objectif de cette prosternation demandée aux Anges était Dieu, et Adam seulement la Qiblat-ullâh (comme c'est le cas de la prosternation faite devant la Kaaba), alors Iblîs n'aurait pas cherché à justifier son refus (d'effectuer cette prosternation) en avançant qu'il a été créé à partir de feu et Adam à partir de boue, puisque la Qibla peut naturellement être moindre que celui qui se prosterne devant elle (comme c'est le cas des humains se prosternant devant la Kaaba, un édifice fait de pierres : la pierre est de moindre valeur que l'être humain).
--- Par ailleurs, la prosternation que le musulman fait face à la Kaaba (A.2) n'a pas pour objectif d'exprimer l'hommage et le respect du musulman au lieu ou à l'édifice de la Kaaba. Certes, ce lieu et cet édifice sont par ailleurs hautement respectables et sacrés, et le musulman témoigne de respect vis-à-vis d'eux, mais ce par le fait de se préserver de faire certains actes (par exemple faire ses besoins naturels en étant tourné vers la Qibla, ou cracher dans la direction de la Qibla, ce qui est mauvais mutlaqan d'après un des avis) et par le fait de faire certains autres actes. Mais la prosternation ne fait pas partie de ces actes par lesquels le musulman exprime son respect à la Kaaba.

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I) Pour ce qui est de "Adresser une prosternation à un être" ("A.1"), et, "pour cela, prendre la direction de quelque chose qui est distinct de cet être mais rapporté à lui de sorte que se diriger vers cette chose revient à se diriger vers Lui" ("A.2") :

A.1) Quant à la prosternation à un être (السجود لشيء), elle est de 2 types :

--- A.1.1) la prosternation ayant valeur de culte et d'adoration, que tous les prophètes de Dieu ont ordonné de réserver à Dieu ;

--- A.1.2) et la prosternation ayant valeur d'hommage seulement ; cela était autorisé dans les Shar' de certains prophètes de Dieu antérieurs à Muhammad (que la paix soit sur eux tous), mais a été interdite dans la Shar' de ce dernier ; nous y reviendrons.

"ثم يقال: السجود على ضربين: سجود عبادة محضة، وسجود تشريف" (MF 4/361).

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A.2) Différent de cela est le fait de viser quelque chose par sa prosternation, mais cette chose étant seulement : "l'objet vers lequel on se dirige, Qibla, pour adresser (A.1) la prosternation à l'être auquel on adresse véritablement cette prosternation", et ce parce que cet être ne se trouve pas, visible, devant nous (السجود إلى شيء مع قصد التوجه إليه، ولكن بقصد السجود لشيء آخر غائب عنا) :

---- Pour les musulmans, c'est le cas de la Kaaba : se prosterner face à la Kaaba, c'est adresser sa prosternation (de type A.1.1) à Allah, puisque la Kaaba est la Qiblat-ullâh ("هذه القبلة", a dit le Prophète au sujet de la Kaaba : "عن  ابن عباس قال: لما دخل النبي صلى الله عليه وسلم البيت، دعا في نواحيه كلها، ولم يصل حتى خرج منه، فلما خرج ركع ركعتين في قبل الكعبة، وقال: "هذه القبلة" : al-Bukhârî, 389, Muslim, 1330). Ce fut également le cas de Bayt ul-Maqdis pendant 17 mois après l'hégire, avant la révélation du verset qui dit de se tourner impérativement vers la Kaaba pour les prières rituelles (Coran 2/144).
En dirigeant sa prosternation vers la Kaaba, on a l'intention d'adresser sa prosternation à Dieu, et non pas d'adresser un culte (A.1.1) ni même un hommage (A.1.2) à l'ensemble de pierres qui constitue l'édifice de la Kaaba, ni même au lieu où se situe la Kaaba.
Quant au verset qui dit : "فَأَيْنَمَا تُوَلُّواْ فَثَمَّ وَجْهُ اللّهِ" : "Où que vous vous tourniez, là est la Face de Dieu" (Coran 2/115), il ne contredit nullement ce verset disant de se tourner impérativement vers la Kaaba pour les prières rituelles : "قَدْ نَرَى تَقَلُّبَ وَجْهِكَ فِي السَّمَاء فَلَنُوَلِّيَنَّكَ قِبْلَةً تَرْضَاهَا؛ فَوَلِّ وَجْهَكَ شَطْرَ الْمَسْجِدِ الْحَرَامِ؛ وَحَيْثُ مَا كُنتُمْ فَوَلُّواْ وُجُوِهَكُمْ شَطْرَهُ" (Coran 2/144), puisque aucun musulman n'a comme croyance que, après la révélation de ce verset 2/144, Dieu serait désormais "présent à l'intérieur de la Kaaba" !

---- La grande majorité des polythéistes qui effectuent une prosternation (de type A.1.1) devant une statue de pierre ont, eux aussi, l'intention d'adresser leur prosternation non pas à la pierre qui constitue cette statue, mais à l'esprit que cette statue de pierre représente. Ce n'est pas le seul fait de viser cette statue de pierre par leur prosternation que le Coran leur a reproché, mais le fait d'adresser une prosternation d'adoration à un être autre que Dieu, symbolisé par cette statue. Cette statue est donc pour eux la Qibla de cet être. "فكانوا لأجل ذلك يرون من الضرورة التزلف إلى أولئك العباد المقربين حتى يكون هذا وسيلة لصلاحية القبول في حضرة الملك الحقيقي، وتنال شفاعتهم في حقهم عند الجزاء على الأعمال الحساب الخطوة والقبول لديه سبحانه. ونظراً لهذه الملاحظة والتصور الذي رسخ في نفوسهم حدثتهم أنفسهم بالسجود أمامهم والذبح لهم والحلف بأسمائهم والاستعانة بقدرتهم المطلقة، ونحت صورهم وتماثيلهم من الحجر والصفر والنحاس وغير ذلك، وجعلها قبلة للتوجه إلى أرواحهم" (Al-Fawz ul-kabîr, p. 37).

--- Pourquoi une Qibla pour se prosterner devant Dieu ?

Que signifie "Qibla" ?

القبلة في الأصل اسم للحالة التي عليها المقابل، نحو الجلسة والقعدة؛ وفي التعارف صار اسما للمكان المقابل، المتوجه إليه للصلاة" (Muf'radât ur-Râghib).
--- C'est avec le sens littéral que se comprend le hadîth "هل ترون قبلتي ههنا؟" (al-Bukhârî).
--- Quant au sens usuel, l'interprétation de al-Qaffâl est que la Qibla est la Jiha (qui est la même chose que Wij'ha) (ce que semble rejoindre l'interprétation de Mujâhid et ash-Shâfi'î) : "قال القفال: القبلة هي الجهة التي يستقبلها الإنسان، وهي من المقابلة، وإنما سميت القبلة لأن المصلي يقابلها وتقابله؛ وقال قطرب: يقولون في كلامهم ليس لفلان قبلة، أي ليس له جهة يأوي إليها، وهو أيضا مأخوذ من الاستقبال. وقال غيره: إذ تقابل الرجلان فكل واحد منهما قبلة للآخر" (Tafsîr ur-Râzî). Par contre, ce que al-Asfahânî a écrit plus haut entraîne que la Wij'ha ("وَلِكُلٍّ وِجْهَةٌ هُوَ مُوَلِّيهَا فَاسْتَبِقُواْ الْخَيْرَاتِ" : Coran 2/148) est la direction que l'on prend afin d'être tourné vers la Qibla, laquelle est pour sa part le lieu vers lequel on se tourne. La Qibla est alors : "قبلة الشيء هي ما يُستقبَل لتوجيه العبادة إلى ذلك الشيء إذا لم يره العابد". Ou encore, en des termes voisins : "قبلة الشيء هي ما يُستقبَل ليقابَل الشيء غير المرئي".

La Kaaba est la Qiblat ul-muslimîn (dans le sens où c'est le lieu vers lequel les musulmans se tournent pour adorer Allah), et est la Qiblat ullâh (dans le sens où c'est le lieu vers lequel on doit se tourner pour se tourner vers Allah). Il est obligatoire de prendre la direction de la Qibla lorsqu'on se prosterne devant Dieu. Et il est recommandé de prendre la direction de la Qibla lorsqu'on invoque Dieu : "وفيه استحباب استقبال القبلة في الدعاء، ورفع اليدين فيه" (an-Nawawî sur Muslim, 1763).

Dieu ne se trouve pas dans la Kaaba, et la Kaaba ne symbolise pas non plus réellement Dieu. Dieu est Etabli sur Son Trône, au-dessus des sept cieux. Mais les hommes, vivant sur Terre, ont besoin d'un lieu sur Terre vers lequel le fait de se tourner (pour prier) symbolise le fait de se tourner vers Dieu, et vers lequel le fait de voyager (pour se rendre en pèlerinage) symbolise le fait de voyager vers Dieu.
La Bayt ul-maqdis et la Kaaba ont ainsi été nommés par Dieu (le fait de se tourner vers Bayt ul-Maqdis est désormais abrogé). Cependant, ce n'est pas arbitrairement que Dieu a désigné ces lieux : Dieu a créé ces lieux en leur conférant des qualités particulières, que les autres lieux n'ont pas, afin ensuite de pouvoir être choisis par Lui. Par contre, le jour du Jugement, Dieu étant venu, tous les humains seront invités à se prosterner devant Lui : et ce jour-là ce sera une prosternation devant Lui, alors qu'on Le verra.

Prendre la direction de la Kaaba pour "se prosterner devant Dieu" est, depuis la révélation de "قَدْ نَرَى تَقَلُّبَ وَجْهِكَ فِي السَّمَاء فَلَنُوَلِّيَنَّكَ قِبْلَةً تَرْضَاهَا؛ فَوَلِّ وَجْهَكَ شَطْرَ الْمَسْجِدِ الْحَرَامِ؛ وَحَيْثُ مَا كُنتُمْ فَوَلُّواْ وُجُوِهَكُمْ شَطْرَهُ" (Coran 2/144), désormais nécessaire (et le fait de se tourner vers Bayt ul-Maqdis est depuis lors abrogé).
Cependant, l'autre affirmation reste toujours vraie "فَأَيْنَمَا تُوَلُّواْ فَثَمَّ وَجْهُ اللّهِ" : "Où que vous vous tourniez, là est la Face de Dieu" (Coran 2/115) (bien que Qatâda a employé ici le terme "naskh", ce terme est donc à comprendre ici en son sens littéral et pas en son sens particulier : il n'y a pas eu naskh istilâhî).

D'ailleurs, même en ce qui concerne la prière rituelle, lorsque chevauchant sa monture lors de voyages, le Prophète (sur lui soit la paix) accomplissait des prières rituelles facultatives (nâfila), il restait dans la direction dans laquelle sa monture se trouvait : "عن جابر بن عبد الله رضي الله عنهما، قال: بعثني رسول الله صلى الله عليه وسلم في حاجة له، فانطلقت، ثم رجعت وقد قضيتها، فأتيت النبي صلى الله عليه وسلم، فسلمت عليه، فلم يرد علي، فوقع في قلبي ما الله أعلم به، فقلت في نفسي: لعل رسول الله صلى الله عليه وسلم وجد علي أني أبطأت عليه، ثم سلمت عليه فلم يرد علي، فوقع في قلبي أشد من المرة الأولى، ثم سلمت عليه فرد علي، فقال: "إنما منعني أن أرد عليك أني كنت أصلي". وكان على راحلته متوجها إلى غير القبلة" (al-Bukhârî, 1159, M 540) "عن جابر بن عبد الله، قال: كان رسول الله صلى الله عليه وسلم يصلي على راحلته حيث توجهت. فإذا أراد الفريضة نزل فاستقبل القبلة" (B 391), (voir aussi B 955, M 700), (B 1042, M 701). Certes, pour la légalité de prier ainsi, il y a divergence quant à savoir s'il faut que la personne soit simplement hors de la ville ou bien dans un voyage reconnu comme tel ; et s'il faut que, lors du takbîr du début de la prière, la personne ait dirigé sa monture vers la Kaaba ou bien si même cela n'est pas nécessaire. Cependant, on voit que le verset 2/115 est toujours applicable à ce cas de figure. C'est bien ce qu'exprime cette relation : "عن ابن عمر قال: كان رسول الله يصلي وهو مقبل من مكة إلى المدينة على راحلته حيث كان وجهه. قال: وفيه نزلت {فأينما تولوا فثم وجه الله}" (Muslim, 700).
D'ailleurs, dans ce verset "فَأَيْنَمَا تُوَلُّواْ فَثَمَّ وَجْهُ اللّهِ" précisément, Mujâhid et ash-Shâfi'î ont interprété les termes "وَجْهُ اللّهِ" s'y trouvant comme signifiant : "قِبْلَةُ الله", c'est-à-dire : "فَثَمَّ الجِهَةُ التي تُقابِلون فيها الله".
Mais, comme nous l'avons déjà dit plus haut, les hommes, vivant sur Terre, ont besoin d'un lieu sur Terre vers lequel le fait de se tourner (pour prier) symbolise le fait de se tourner vers Dieu, et vers lequel le fait de voyager (pour se rendre en pèlerinage) symbolise le fait de voyager vers Dieu.

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II) L'autorisation de la prosternation d'hommage, de respect (A.1.2) (laquelle se pratiquait vis-à-vis d'un être autre que Dieu) a été abrogée dans la Shar' de Muhammad (que Dieu le salue) :

Le Coran relate que le prophète Jacob (sur lui soit la paix) a accompli une prosternation devant son fils Joseph (sur lui soit la paix). Il s'agissait du second type de prosternation (A.1.2), car, dans la Shar' qu'il suivait, ce second type de prosternation était autorisé.

Cependant, le prophète Muhammad (sur lui soit la paix) a enseigné que toute prosternation est interdite devant autre que Dieu, fût-ce la prosternation d'hommage et de respect devant un être humain vivant. L'autorisation de se prosterner par simple hommage devant un homme (le second type de prosternation (A.1.2)) a donc été abrogée dans la Shar' de Muhammad (sur lui soit la paix).

--- "عن أنس بن مالك قال: كان أهل بيت من الأنصار لهم جمل يسنون عليه، وإن الجمل استصعب عليهم، فمنعهم ظهره، وإن الأنصار جاءوا إلى رسول الله صلى الله عليه وسلم فقالوا: إنه كان لنا جمل نسنى عليه، وإنه استصعب علينا، ومنعنا ظهره، وقد عطش الزرع والنخل، فقال رسول الله صلى الله عليه وسلم لأصحابه: "قوموا." فقاموا، فدخل الحائط والجمل في ناحيته. فمشى النبي صلى الله عليه وسلم نحوه، فقالت الأنصار: يا رسول الله، إنه قد صار مثل الكلب الكلب، وإنا نخاف عليك صولته. فقال: "ليس علي منه بأس". فلما نظر الجمل إلى رسول الله صلى الله عليه وسلم أقبل نحوه، حتى خر ساجدا بين يديه، فأخذ رسول الله صلى الله عليه وسلم بناصيته أذل ما كانت قط، حتى أدخله في العمل. فقال له أصحابه: "يا نبي الله، هذه بهيمة لا تعقل تسجد لك ونحن نعقل، فنحن أحق أن نسجد لك!" فقال: "لا يصلح لبشر أن يسجد لبشر. ولو صلح لبشر أن يسجد لبشر، لأمرت المرأة أن تسجد لزوجها، من عظم حقه عليها. والذي نفسي بيده، لو كان من قدمه إلى مفرق رأسه قرحة تنبجس بالقيح والصديد، ثم استقبلته تلحسه ما أدت حقه" (Ahmad, 12614 : la dernière phrase est une tafarrud de Hussein al-Marrûzi 'an Khalaf ibn Khalîfa, ce qui rend cette dernière phrase non-authentique).
On lit ici que des Compagnons demandèrent au Prophète (sur lui soit la paix) l'autorisation d'effectuer une prosternation devant lui. Il s'agissait évidemment d'une prosternation de grand respect, et non pas de culte. Mais le Prophète leur répondit : "Il ne convient pas à un être humain de se prosterner devant un être humain" (Ahmad, 12614).

--- "عن أبي هريرة أن رسول الله صلى الله عليه وسلم دخل حائطا من حوائط الأنصار، فإذا فيه جملان يضربان ويرعدان فاقترب رسول الله صلى الله عليه وسلم منهما، فوضعا جرانهما بالأرض، فقال من معه: سجد له، فقال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "ما ينبغي لأحد أن يسجد لأحد، ولو كان أحد ينبغي أن يسجد لأحد لأمرت المرأة أن تسجد لزوجها لما عظم الله عليها من حقه" (Ibn Hibbân, 4162).

--- "عن عبد الله بن أبي أوفى، قال: لما قدم معاذ من الشام سجد للنبي صلى الله عليه وسلم، قال: "ما هذا يا معاذ؟" قال: أتيت الشام فوافقتهم يسجدون لأساقفتهم وبطارقتهم، فوددت في نفسي أن نفعل ذلك بك، فقال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "فلا تفعلوا. فإني لو كنت آمرا أحدا أن يسجد لغير الله، لأمرت المرأة أن تسجد لزوجها، والذي نفس محمد بيده، لا تؤدي المرأة حق ربها حتى تؤدي حق زوجها، ولو سألها نفسها وهي على قتب لم تمنعه" (Ibn Mâja, 1853). A Mu'âdh qui, à son retour de Shâm, s'était prosterné devant lui, le Prophète dit : "Ne faites pas ainsi !".

--- "عن قيس بن سعد رضي الله عنه، قال: أتيت الحيرة فرأيتهم يسجدون لمرزبان لهم، فقلت: رسول الله صلى الله عليه وسلم أحق أن يسجد له. فأتيت رسول الله صلى الله عليه وسلم فقلت: إني أتيت الحيرة فرأيتهم يسجدون لمرزبان لهم، فأنت رسول الله صلى الله عليه وسلم أحق أن يسجد لك. قال: "أرأيت لو مررت بقبري أكنت تسجد له؟" قلت: لا، قال: "فلا تفعلوا، لو كنت آمرا أحدا أن يسجد لأحد، لأمرت النساء أن يسجدن لأزواجهن، لما جعل الله لهم عليهن من حق" (Abû Dâoûd, 2140, al-Hâkim, 2763, authentifié par adh-Dhahabî). A Qays ibn Sa'd qui, à son retour de al-Hîra, lui avait demandé l'autorisation de se prosterner devant lui, le Prophète dit : "Ne faites pas ainsi !".

Voilà ce qui fonde que, dans la Shar' du prophète Muhammad (sur lui soit la paix), même la prosternation d'hommage, de grand respect, est interdite vis-à-vis d'une créature. Et ce caractère "interdit" fait l'objet d'un consensus entre les ulémas de l'islam : "وأجمع المسلمون على أن السجود لغير الله محرم" (MF 4/358).

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Une question surgit ici : Quel est le degré de ce caractère "interdit" (de l'action "se prosterner devant une personne autre que Dieu") : cela peut-il être parfois "une Kabîra n'allant pas jusqu'au Kufr Akbar", et ce si la personne donne à la prosternation qu'elle fait une dimension de : prosternation d'hommage (A.1.2) seulement ? ou bien est-ce systématiquement "un acte de Kufr Akbar" ?

– Certains ulémas (parmi lesquels certains hanafites, tels que as-Sarakhsî, Shâh Waliyyullâh, etc., et d'autres ulémas n'étant pas hanafites) disent que, dans la Shar' de Muhammad, toute prosternation faite devant autre que Dieu est acte de kufr akbar, sans égard pour le sens que la personne dit avoir alors donné à cette prosternation en son coeur (selon eux, dans la Shar' de Muhammad, toute prosternation est une mazinnat ut-ta'lîh).

Certains autres ulémas (parmi lesquels adh-Dhahabî, ash-Shawkânî, az-Zayla'î, Ibn Nujaym etc.) disent que la gravité de cette action dépend du sens que la personne donne dans son coeur à cette action :
--- si elle lui donne un sens de culte (A.1.1), alors cela constitue du kufr akbar, puisqu'une telle prosternation constitue divinisation ;
--- par contre, si elle lui donne un sens d'hommage (ta'zîm mujarrad) (A.1.2), alors cela est certes interdit (comme nous l'avons vu ci-dessus), mais cela constitue une kabîra qui ne va pas jusqu'au kufr akbar.

Selon ces autres ulémas, tout dépend donc de la signification que, en son for intérieur, la personne donne à la prosternation qu'elle accomplit devant la personne vivante.

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Par contre on peut se demander si le sens de seul hommage est imaginable dans le fait de se prosterner devant la tombe de quelqu'un aussi, ou bien si, là, ce sera forcément un sens de culte ?

Adh-Dhahabî a bien qualifié une telle prosternation de "systématiquement interdite", cependant, elle non plus il ne l'a pas considérée comme acte de kufr systématique (cf. son ouvrage Mu'jam ush-shuyûkh). En fait, selon cet avis de adh-Dhahabî, le degré de gravité de la prosternation devant une tombe dépendrait de l'intention : cela peut être acte de kufr akbar, comme cela peut être acte de bid'a ghayr mukaffira.

Pourtant, alors même qu'il demandait au Prophète (sur lui soit la paix) l'autorisation de se prosterner par hommage devant sa personne vivante, Qays ibn Sa'd n'entendait jamais se prosterner (même par simple respect) devant la tombe du Prophète : c'est la base de l'argumentation que le Prophète (sur lui soit la paix) a utilisée pour le convaincre qu'il ne devait pas non plus se prosterner devant sa personne vivante : "عن قيس بن سعد رضي الله عنه، قال: أتيت الحيرة فرأيتهم يسجدون لمرزبان لهم، فقلت: رسول الله صلى الله عليه وسلم أحق أن يسجد له. فأتيت رسول الله صلى الله عليه وسلم فقلت: "إني أتيت الحيرة فرأيتهم يسجدون لمرزبان لهم، فأنت رسول الله صلى الله عليه وسلم أحق أن يسجد لك." قال: "أرأيت لو مررت بقبري أكنت تسجد له؟" قلت:"لا!" قال: "فلا تفعلوا! لو كنت آمرا أحدا أن يسجد لأحد، لأمرت النساء أن يسجدن لأزواجهن، لما جعل الله لهم عليهن من حق" (Abû Dâoûd, 2140, al-Hâkim, 2763).

Pour sa part, Ibn Taymiyya a qualifié la prosternation devant une tombe d'"acte de kufr" systématique : "وكذلك حجرة نبينا صلى الله عليه وسلم وحجرة الخليل وغيرهما من المدافن التي فيها نبي أو رجل صالح: لا يستحب تقبيلها ولا التمسح بها باتفاق الأئمة؛ بل منهي عن ذلك. وأما السجود لذلك فكفر. وكذلك خطابه بمثل ما يخاطب به الرب، مثل قول القائل: "اغفر لي ذنوبي" أو "انصرني على عدوي" ونحو ذلك" (MF 27/136).

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Par ailleurs encore :
--- est-ce que la dimension de simple hommage est imaginable devant une statue représentant un humain à qui personne ne rend de culte, comme une statue de l'aviateur Roland Garros ?
--- et est-ce que cette dimension de simple hommage est-elle imaginable devant une statue représentant un humain à qui un nombre conséquent d'humains rendent le culte, comme une statue de Jésus ou de Marie ?

Voici sur le sujet la réponse de Cheikh al-Barâk :
--- dans le premier cas l'intention prétendue peut être prise en considération (d'où une kabîra simple) ;
--- tandis que dans le second cas l'acte est systématiquement acte de kufr akbar :
"سئل الشيخ عبد الرحمن البراك: هل السجود لصنم زعيم من الزعماء، أو رجل من الكبراء، أو السجود للوثن يأتي فيه التفصيل؛ بأنه إن كان سجود عبادة فكفر وشرك، وإن كان للتحية والتعظيم فحرام؟ أم هو كفر مخرج من الملة، أي شرك أكبر؟
الجواب: الحمد لله.
من سجد لصنمِ ما يُعبد من دون الله، من غير إكراه، فهو مشرك بالله، وإن زعم أنه لم يقصد السجود له بقلبه، فإن الحكم على الظواهر.
ومن سجد لتمثال ملك من الملوك وزعم أنه يسجد تحية له لأنه عظيم، فهذا السجود معصية، لأنه وسيلة إلى الشرك الأكبر؛ إلا إن كان هذا المعظم من رؤوس الكفر والملاحدة فإن السجود له كفر، لأن ذلك يتضمن تعظيمه والرضا بما هو عليه. والكفر الأكبر أعم من الشرك الأكبر؛ فكل شرك أكبر فهو كفر أكبر، وليس كل كفر أكبر يكون شركاً؛ فعبادة غير الله شرك وكفر، وتكذيب الرسول صلى الله عليه وسلم كفر وليس بشرك. هذا، والله أعلم"
(fin de citation).

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Quant à ce passage que Ibn Taymiyya a écrit :
"والمقصود هنا أن القلب هو الأصل في جميع الأفعال والأقوال. فما أمر الله به من الأفعال الظاهرة فلا بد فيه من معرفة القلب وقصده. وما أمر به من الأقوال وكل ما تقدم، والمنهي عنه من الأقوال والأفعال إنما يعاقب عليه إذا كان بقصد القلب.
وأما ثبوت بعض الأحكام كضمان النفوس والأموال إذا أتلفها مجنون أو نائم أو مخطئ أو ناس، فهذا من باب العدل في حقوق العباد، ليس هو من باب العقوبة. فالمأمور به كما ذكرنا، نوعان: نوع ظاهر على الجوارح، ونوع باطن في القلب.
النوع الثاني - ما يكون باطنا في القلب كالإخلاص وحب الله ورسوله والتوكل عليه والخوف منه وكنفس إيمان القلب وتصديقه بما أخبر به الرسول -، فهذا النوع تعلقه بالقلب ظاهر، فإنه محله. وهذا النوع هو أصل النوع الأول، وهو أبلغ في الخير والشر من الأول.
فنفس إيمان القلب وحبه وتعظيمه لله وخوفه ورجائه والتوكل عليه وإخلاص الدين له، لا يتم شيء من المأمور به ظاهرا إلا بها؛ وإلا فلو عمل أعمالا ظاهرة بدون هذه كان منافقا؛ وهي في أنفسها توجب لصاحبها أعمالا ظاهرة توافقها، وهي أشرف من فروعها، كما قال تعالى: {لن ينال الله لحومها ولا دماؤها ولكن يناله التقوى منكم}.
وكذلك تكذيب الرسول بالقلب وبغضه وحسده والاستكبار عن متابعته أعظم إثما من أعمال ظاهرة خالية عن هذا، كالقتل والزنا والشرب والسرقة. وما كان كفرا من الأعمال الظاهرة (كالسجود للأوثان وسب الرسول ونحو ذلك) فإنما ذلك لكونه مستلزما لكفر الباطن؛ وإلا فلو قدر أنه سجد قدام وثن ولم يقصد بقلبه السجود له بل قصد السجود لله بقلبه، لم يكن ذلك كفرا؛ وقد يباح ذلك إذا كان بين مشركين يخافهم على نفسه فيوافقهم في الفعل الظاهر ويقصد بقلبه السجود لله كما ذكر أن بعض علماء المسلمين وعلماء أهل الكتاب فعل نحو ذلك مع قوم من المشركين حتى دعاهم إلى الإسلام فأسلموا على يديه ولم يظهر منافرتهم في أول الأمر"
(MF 14/120),

eh bien en réalité il y parle seulement du caractère essentiel du coeur dans ce que l'homme fait.

Argumentant cela, il rappelle que même les actions extérieures classées "actions de kufr akbar", si on pouvait supposer de telles actions faites sans l'acquièscement du coeur, elles ne seraient pas du kufr akbar. Cependant, cette absence d'acquièscement du coeur lorsqu'on fait de telles actions, cela n'est vérifié que lorsque des circonstances extérieures précises sont présentes : il s'agit de la contrainte, ik'râh : seule la présence d'une contrainte fait que l'action cesse réellement d'être "de kufr akbar", dès lors que le coeur est sauf (lire également l'explication de cheikh al-Barâk).

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III) Différent du fait d'adresser une prosternation à un être non-visible (A.1) en prenant la direction de quelque chose (A.2) est le fait de se prosterner en plaçant quelque chose face à soi (B), chose qu'on ne vise même pas par sa prosternation (à la différence du cas A.2) (السجود إلى شيء، بغير قصد التوجه إليه بل بقصد تعريضه فقط، ومع قصد السجود لشيء آخر) :

C'est le cas d'un mur, ou d'une sut'ra qui se trouve face à soi.
"عن ابن عمر أن النبي صلى الله عليه وسلم كان يصلي إلى راحلته" (Muslim 502, al-Bukhârî 485).
"عن عون بن أبي جحيفة، عن أبيه، قال: رأيت رسول الله صلى الله عليه وسلم في قبة حمراء من أدم، ورأيت بلالا أخذ وضوء رسول الله صلى الله عليه وسلم، ورأيت الناس يبتدرون ذاك الوضوء، فمن أصاب منه شيئا تمسح به، ومن لم يصب منه شيئا أخذ من بلل يد صاحبه، ثم رأيت بلالا أخذ عنزة، فركزها وخرج النبي صلى الله عليه وسلم في حلة حمراء، مشمرا صلى إلى العنزة بالناس ركعتين، ورأيت الناس والدواب يمرون من بين يدي العنزة" (al-Bukhârî 369, Muslim 503).

C'est aussi le cas d'adresser une prosternation à Dieu en prenant la direction de la Kaaba, mais de le faire alors qu'entre soi et la qibla se trouve une tombe. Ce cas est celui au sujet duquel le Prophète (sur lui la paix) a dit : "عن واثلة بن الأسقع، عن أبي مرثد الغنوي، قال: سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلم يقول: "لا تصلوا إلى القبور، ولا تجلسوا عليها" : "N'accomplissez pas la prière rituelle dans la direction des tombes (...)" (Muslim, 972).
Alî al-Qârî a écrit :
--- si quelqu'un a l'intention d'adresser la prosternation au défunt (A.1), alors c'est un acte de Kufr Akbar ;
--- par contre c'est le fait d'avoir bien l'intention d'adresser la prosternation à Dieu (A.1) et de prendre pour ce faire la direction de la Kaaba (A.2), mais de se trouver dans une situation telle qu'une tombe se trouve entre soi et la Qibla (B), c'est cela qui est visé dans ce Hadîth : et cela est Mak'rûh Tahrîmî :
"ولو كان هذا التعظيم حقيقة للقبر أو لصاحبه لكفر المعظم. فالتشبه به مكروه؛ وينبغي أن تكون كراهة تحريم. وفي معناه بل أولى منه: الجنازة الموضوعة؛ وهو مما ابتلي به أهل مكة حيث يضعون الجنازة عند الكعبة ثم يستقبلون إليها" (Mirqât ul-mafâtîh, commentaire de 1698).

De même, si on s'est rendu dans un lieu de culte non-musulman par hâja, on fera comme Ibn Abbâs faisait : on n'accomplira pas la prière dans un lieu de culte non-musulman où se trouvent des portraits ou des statues (voir Sahîh ul-Bukhârî, bâb us-salât fi-l-bî'ah ; voir Fat'h ul-bârî, 1/688).
--- L'école hanbalite
déclare mak'rûh d'accomplir la prière dans un lieu lorsque le portrait se trouve dans la direction de la Qibla.
--- Quant à l'école hanafite, elle déclare mak'rûh tahrîmî d'accomplir la prière dans un lieu où se trouve le portrait d'un être animé, dès lors que ce portrait ne traîne pas mais est posé ou suspendu, même s'il se trouve dans la direction opposée à celle dans laquelle on prie. Par contre, si le portrait est foulé ou traîne, accomplir la prière dans le lieu ne pose pas de problème, sauf s'il se trouve à l'endroit exact où l'on se prosterne. L'école hanafite précise que ce qui est le plus mak'rûh tahrîmî c'est de prier alors qu'entre soi et la qibla se trouve un portrait (Al-Hidâya, Radd ul-muhtâr, etc.). "وفي البحر قالوا: وأشدها كراهة ما يكون على القبلة أمام المصلي، ثم ما يكون فوق رأسه، ثم ما يكون عن يمينه ويساره على الحائط، ثم ما يكون خلفه على الحائط أو الستر. اهـ" (Radd ul-muhtâr).

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Ibn Taymiyya distingue le cas A.1 (lequel englobe les sous-cas A.1.1 et A.1.2) et les cas A.2 et B en les termes suivants :

"ثم يقال: السجود على ضربين: سجود عبادة محضة، وسجود تشريف" (MF 4/361).

"والجواب أن السجود كان لآدم بأمر الله وفرضه بإجماع من يسمع قوله.
ويدل على ذلك وجوه:
أحدها: قوله: "لآدم" ولم يقل: "إلى آدم"، وكل حرف له معنى؛ ومن التمييز في اللسان أن يقال: سجدت له وسجدت إليه؛ كما قال تعالى: {لا تسجدوا للشمس ولا للقمر واسجدوا لله الذي خلقهن إن كنتم إياه تعبدون} وقال {ولله يسجد من في السماوات والأرض}. وأجمع المسلمون على أن السجود لغير الله محرم؛ وأما الكعبة فقد كان النبي صلى الله عليه وسلم يصلي إلى بيت المقدس ثم صلى إلى الكعبة. وكان يصلي إلى عنزة ولا يقال لعنزة، وإلى عمود شجرة ولا يقال لعمود ولا لشجرة.
والساجد للشيء يخضع له بقلبه ويخشع له بفؤاده.
وأما الساجد إليه فإنما يولي وجهه وبدنه إليه ظاهرا كما يولي وجهه إلى بعض النواحي إذا أمه كما قال: {فول وجهك شطر المسجد الحرام وحيثما كنتم فولوا وجوهكم شطره}.
والثاني: أن آدم لو كان قبلة لم يمتنع إبليس من السجود أو يزعم أنه خير منه. فإن القبلة قد تكون أحجارا وليس في ذلك تفضيل لها على المصلين إليها. وقد يصلي الرجل إلى عنزة وبعير وإلى رجل ولا يتوهم أنه مفضل بذلك فمن أي شيء فر الشيطان؟ هذا هو العجب العجيب.
والثالث: أنه لو جعل آدم قبلة في سجدة واحدة لكانت القبلة وبيت المقدس أفضل منه بآلاف كثيرة إذ جعلت قبلة دائمة في جميع أنواع الصلوات"
(MF 4/358-359).

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

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