Abraham (عليه السلام) était-il un chaldéen ? un akkadien ? un araméen ? - Langue proto-arabe, langue arabe et langue hébraïque

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I) Croquis de la descendance de Noé (عليه السلام), et de celle de Sem fils de Noé ; plus carte de la région :

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II) Quelle est l'origine des peuples dits "sémitiques" ?

Concernant les peuples dits "sémitiques" (peuples appelés ainsi à cause de leur langue, affiliée à la famille de langues du même nom), la théorie d'une origine endogène à la péninsule dite "arabique" existe, de même que celle d'une origine extérieure à cette péninsule.

Cependant, sachant...

--- que c'est au cours du IIIème millénaire avant J.-C. (Ardh ul-qur'ân, p. 96) que les peuples sémitiques ayant fini par s'installer en Basse Mésopotamie (Akkadiens, Araméens, Chaldéens) ont débuté leurs mouvements migratoires vers cette région-là ;
--- et que, justement, certains spécialistes datent la désertification de l'Arabie d'il y a de cela environ 5 000 ans, soit depuis le début du IIIème millénaire avant J.-C. (natureasia.com). Car, avant cela, une période de fortes précipitations avait donné "l'Arabie verte" (de - 11 000 à - 5 500). Mais ce fut ensuite, vers la moitié du IVème millénaire avant J.-C., que le climat commença à s'assécher (unige)...

... On peut souligner qu'il est difficile d'imaginer que des peuples quittent une contrée verdoyante pour s'installer dans cette contrée semi-aride qu'était devenue la Péninsule des Arabes depuis la première moitié du IIIème millénaire avant J.-C. C'est plutôt l'inverse qui semble plus probable : on quitte une contrée se désertifiant pour une contrée plus verdoyante.

En vertu de quoi, le plus probable est que les peuples dits "sémitiques" - nous allons revenir sur cette appellation - ont pour origine la Péninsule dite "arabique" ; celle-ci était jusqu'à peu de temps auparavant une savane ; et c'est à partir de la période de désertification de nombreuses régions de cette péninsule, que différents groupes ont commencé à quitter ces contrées devenues difficiles, pour aller s'installer en des régions plus clémentes, au nord-est et au nord-ouest, dans le croissant fertile.

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III) Pour autant : les langues dites "sémitiques" ont-elles pour source : Sem fils de Noé ?

Les peuples dits "sémitiques" sont ceux qui parlent une langue de la famille dite "sémitique". Les langues de cette famille ont comme point commun d'être composées de termes ayant une racine constituée le plus souvent de trois consonnes (trilittère), ayant un sens global défini, laquelle racine va donner plusieurs termes dérivés, par l'ajout de telle ou telle voyelle sur telle et telle consonnes, ainsi que par l'ajout d'autres consonnes (préfixes, infixes et/ou suffixes).

Or c'est seulement à la fin du XVIIIè siècle chrétien que ces langues ont pour la première fois été appelées ainsi - "langues sémitiques" -, et ce par August Ludwig von Schlözer. Voulant exprimer que les langues arabe, hébraïque, araméenne (et peut-être phénicienne) qu'il étudiait appartiennent à une seule et même famille, cet historien et philologue allemand emprunta le nom "Sem" à la Bible, et en fit cet adjectif : "sémitique". Plus tard, d'autres linguistes ajoutèrent d'autres langues à cette famille linguistique.

Sem est, d'après la Torah, l'un des trois fils de Noé.

Si les peuples dits "sémitiques" sont originaires de la Péninsule dite arabique, et si Noé vivait pour sa part en Mésopotamie (où se trouve le Mont Ararat / al-Jûdî : "وَقِيلَ يَا أَرْضُ ابْلَعِي مَاءكِ وَيَا سَمَاء أَقْلِعِي وَغِيضَ الْمَاء وَقُضِيَ الأَمْرُ وَاسْتَوَتْ عَلَى الْجُودِيِّ" : Coran 11/44), il est à supposer que c'est son fils Sem qui soit venu s'installer dans la Péninsule. Et qu'il l'ait fait avant la désertification de cette péninsule. Nous l'avons vu plus haut.

Cependant... ces langues étant parlées par les peuples dits "sémitiques" ; et Sem fils de Noé parlant lui aussi une de ces langues : la langue-mère ayant donné ces langues a-t-elle Sem pour source ?
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Car c'est ce que l'appellation adoptée par von Schlözer peut laisser croire : que c'est Sem qui fut la source de ces langues, et qu'elles sont toutes ramifiées à partir de la langue qu'il apporta depuis ailleurs, ou qu'il inventa…
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Or cela impliquerait que, pourtant tous trois fils du même père et ayant grandi dans le même lieu, Sem, Ham et Japheth furent, une fois s’étant installés dans des lieux différents, les sources des langues-mères sémitique, hamitique (ou : chamitique) et européenne respectivement (qu'ils apportèrent depuis le lieu où ils vivaient ensemble, ou qu'ils inventèrent de fond en comble) !
Chose qui paraît difficilement imaginable.

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Les choses ne seraient-elles pas plutôt comme suit
... Lorsque Sem s'installa dans la péninsule dite "arabique", il s'y trouvait déjà d'autres peuples (cela dès lors qu‘on retient l'avis selon lequel le Déluge de Noé fut régional et non pas universel). Sem dut alors apprendre la langue de ceux au milieu de qui il s'installa. Les enfants de Sem grandirent s'imprégnant des langue et culture présentes sur place, mêlant les langue et culture héritées de leur père et aux langue et culture locales. Plus tard, s'étant mariés localement, ils donnèrent naissance à plusieurs lignées qui se mirent à faire partie de la population locale. Et, ainsi, aux siècles suivants, les habitants de cette région où Sem s'était installé furent pour partie descendants de Sem (comme les Araméens, etc.), et pour partie pas.

(Ce phénomène - ici hypothétique - serait comparable à celui - pour sa part établi sur le plan des sources islamiques - que connut bien plus tard Ismaël fils d'Abraham, qui, lui aussi, fut installé en Arabie : c'est sur place qu'il apprit l'"arabe" [un proto-arabe], et, ainsi, ses 12 fils, nés sur place, devinrent "al-'Arab al-musta'riba" : "les Arabes par arabisation". Les Arabes leur étaient antérieurs, et, même après leur apparition, tous les Arabes de la Péninsule ne devinrent pas leurs descendants. Pourtant, ces fils d'Ismaël se marièrent dans les tribus locales, au point que certaines tribus arabes, bien que n'étant pas "ismaélites" par la patrilinéarité, ont une arrière grand-mère descendante d'Ismaël : ces tribus-là ne sont donc pas "ismaélites" mais sont quand même : "descendants d'Ismaël par une aïeule").

Si August Ludwig von Schlözer a appelé "sémitiques" les langues originaires de la péninsule dite "arabique", c'est parce que les tribus descendant de Sem sont toutes originaires de cette péninsule et parlent toutes une langue de cette famille. Cependant, cette famille de langues n'ont - selon l'hypothèse susmentionnée - pas véritablement pour source Sem fils de Noé : elles lui étaient antérieures.

Tous les descendants de Sem parlaient une langue appartenant à la famille "sémitique".
Mais tous ceux qui - depuis l’époque - parlaient une langue de cette famille n’étaient pas systématiquement des descendants de Sem : ils étaient antérieurs à ce dernier.

في اسم "اللغات الساميّة"، فالنسبة إلى العَلَم "سام" هي للتعريف، وليست لبيان المُنشِئ.

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Ce serait Sem qui quitta la Mésopotamie et vint s'installer dans la Péninsule dite "arabique", alors savane.
Là il apprit une des langues qui y étaient déjà parlées par les locaux (si on retient l'avis selon lequel le Déluge de Noé fut régional et non pas universel).

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Et ce serait plus tard, à partir de la désertification de cette péninsule, survenue au cours du IIIème millénaire avant J.-C., que différentes vagues humaines firent le chemin inverse : elle émigrèrent de la péninsule en voie de désertification, à la recherche de contrées plus verdoyantes, dans le Croissant fertile. 

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IV) Quelques peuples sémites s’étant installés dans le Croissant Fertile :

Les Akkadiens apparaissent en Basse-Mésopotamie (actuellement : sud de l'Irak) au cours du IIIème millénaire avant J.-C.
Sur place depuis le IVème millénaire avant J.-C. (- 3500) se trouvent déjà les Sumériens - qui, pour leur part, ne sont pas un peuple sémite -, un peuple ayant développé sur place une civilisation, avec des cités (notamment celle d'Ur) ; les Akkadiens vont absorber la culture sumérienne en même temps qu'ils vont subjuguer politiquement le peuple sumérien.

L'empire d'Akkad est fondé par Sargon vers - 2300 : il recouvre la Basse mais aussi la Haute-Mésopotamie, et a pour capitale Akkad (en Haute-Mésopotamie). Cet empire durera un siècle environ, puis s'effondrera.
Vers - 2100, un autre empire akkadien est fondé, cette fois dans la ville sumérienne d'Ur (en Basse-Mésopotamie). Il durera environ un siècle, puis tombera sous le coup des Elamites (déjà ennemis des Sumériens auparavant).

Plus tard les Amorrites - un autre peuple sémitique - fonderont un nouvel empire, faisant de Babylone (en Basse-Mésopotamie, sur la rive orientale de l'Euphrate) leur capitale. Le célèbre Hammourabi est un roi de cette dynastie.

Plus tard encore (vers - 1500), une autre cité (qui existe depuis longtemps), Assur (en Haute-Mésopotamie, sur la rive occidentale du Tigre), se met à émerger sur le plan militaire, jusqu'à devenir la capitale d'un empire : l'empire Assyrien. Ce sont des Akkadiens du Nord qui ont fondé cet empire. Il durera jusqu'en - 1100 environ, date à laquelle il s'effondrera sous l'effet des invasions araméennes.
Mais deux siècles plus tard, les Assyriens retrouvent leur puissance perdue, avec Assurnasirpal II. Bientôt l'empire assyrien établit sa capitale à Ninive (en Haute-Mésopotamie).

Plus tard encore (en - 626), les Chaldéens - des sémites eux aussi - fondent le néo-empire babylonien, faisant (de nouveau) de l'antique cité de Babylone leur capitale.

Assyriens et Chaldéens sont alors en rivalité, jusqu'à ce qu'un roi chaldéen, ayant fait alliance avec les Mèdes, détruit en - 612 Ninive, entraînant la chute de l'empire assyrien.
L'empire néo-babylonien durera ensuite presque un siècle, avant de tomber en - 539, conquis par Cyrus II le perse, lequel a réuni les Mèdes et les Perses dans l'empire achéménide.

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De l'autre côté, en Syrie, il y a les Araméens - d'autres sémites semi-nomades. Originellement ils sont de cette région (la partie occidentale du Croissant fertile), mais ensuite ils s'installent dans les régions voisines (vers le sud de la Syrie, mais aussi vers la partie orientale du Croissant fertile). Les cités-royaumes qu'ils ont fondées passent peu à peu sous la domination des Assyriens.

A l'ouest il y a encore les Phéniciens, qui s'établissent dans la partie occidentale du croissant fertile (vers le Liban).

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Ont été cités ici 5 peuples sémites :
--- les Akkadiens ;
--- les Amorrites ;
--- les Chaldéens (certains spécialistes les considérant comme distincts des Araméens ; tandis que d'autres disent qu'ils sont un sous-groupe des Araméens) ;
--- les Araméens ;
--- et les Phéniciens.

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V) Abraham (عليه السلام) :

D'après la relation de la Torah, Abraham (sur lui soit la paix) est né à Ur (Basse-Mésopotamie, aujourd'hui Tell al-Muqayyar, en Irak) (Genèse), et ce (selon une hypothèse) vers - 1955. Cette cité d'Ur avait été fondée (comme celles de Lagash et de Uruk) par les Sumériens.

La Torah relate que, accompagnant son père, Abraham s'est déplacé à Harrân (Genèse 11/31), en Haute-Mésopotamie (aujourd'hui dans le sud-est de la Turquie).

C'est à Harrân qu'il s'est séparé de son père et de là qu'il émigra : "قَالَ أَرَاغِبٌ أَنتَ عَنْ آلِهَتِي يَا إِبْراهِيمُ لَئِن لَّمْ تَنتَهِ لَأَرْجُمَنَّكَ وَاهْجُرْنِي مَلِيًّا قَالَ سَلَامٌ عَلَيْكَ سَأَسْتَغْفِرُ لَكَ رَبِّي إِنَّهُ كَانَ بِي حَفِيًّا وَأَعْتَزِلُكُمْ وَمَا تَدْعُونَ مِن دُونِ اللَّهِ وَأَدْعُو رَبِّي عَسَى أَلَّا أَكُونَ بِدُعَاء رَبِّي شَقِيًّا فَلَمَّا اعْتَزَلَهُمْ وَمَا يَعْبُدُونَ مِن دُونِ اللَّهِ وَهَبْنَا لَهُ إِسْحَقَ وَيَعْقُوبَ وَكُلًّا جَعَلْنَا نَبِيًّا" (Coran 19/46-49).
Abraham partit alors pour Canaan : "قُلْنَا يَا نَارُ كُونِي بَرْدًا وَسَلَامًا عَلَى إِبْرَاهِيمَ وَأَرَادُوا بِهِ كَيْدًا فَجَعَلْنَاهُمُ الْأَخْسَرِينَ وَنَجَّيْنَاهُ وَلُوطًا إِلَى الْأَرْضِ الَّتِي بَارَكْنَا فِيهَا لِلْعَالَمِينَ وَوَهَبْنَا لَهُ إِسْحَقَ وَيَعْقُوبَ نَافِلَةً وَكُلًّا جَعَلْنَا صَالِحِينَ" (Coran 21/69-72).

Restent l'épisode de la destruction des idoles, suivie de celui du jeté dans le feu (Coran 21/58-70 ; 37/88-98), celui de l'argumentation concernant les astres (relatée en Coran 6/75-81), enfin celui du débat avec le roi (relatée en Coran 2/258). Ces événements se sont-ils passés :
--- à Ur ?
--- à Harrân ?

--- Ibn Taymiyya écrit que tous ces événements se sont passés à Harrân.

Ce serait donc avec le roi de Harrân que Abraham (sur lui soit la paix) eut sa célèbre discussion évoquée dans le Coran "N'as-tu pas vu celui qui a argumenté face à Abraham, au motif que Dieu lui avait accordé la royauté ! Lorsque Abraham lui dit : "Mon Rabb est celui qui fait vivre et fait mourir." Il dit : "Moi je fais vivre et fais mourir." Abraham lui dit : "Eh bien mon Rabb fait venir le soleil de l'est, toi fais-le venir de l'ouest !" Celui qui ne croyait pas resta alors ébahi" : "أَلَمْ تَرَ إِلَى الَّذِي حَاجَّ إِبْرَاهِيمَ فِي رَبِّهِ أَنْ آتَاهُ اللَّهُ الْمُلْكَ إِذْ قَالَ إِبْرَاهِيمُ رَبِّيَ الَّذِي يُحْيِي وَيُمِيتُ قَالَ أَنَا أُحْيِي وَأُمِيتُ قَالَ إِبْرَاهِيمُ فَإِنَّ اللَّهَ يَأْتِي بِالشَّمْسِ مِنَ الْمَشْرِقِ فَأْتِ بِهَا مِنَ الْمَغْرِبِ فَبُهِتَ الَّذِي كَفَرَ" (Coran 2/258).

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--- Pour sa part, Ibn 'Âshûr soutient que le roi avec qui Abraham débattit fut roi de Babylone : "والذي حاجّ إبراهيم كافر لا محالة لقوله {فبهت الذي كفر}. وقد قيل: إنه نمرود بن فالخ بن عابر بن شالح بن أرفخشد بن سام بن كوش بن حام بن نوح، فيكون أخا رعو - جد إبراهيم -. والذي يعتمد أنه ملك جبار، كان ملكا في بابل، وأنه الذي بنى مدينة بابل، وبنى الصرح الذي في بابل، واسمه نمرود - بالدال المهملة في آخره، ويقال: بالذال المعجمة" (At-Tahrîr wa-t-tanwîr, commentaire de Coran 2/258).

Le Coran parle en une fois de la cité de Babylone, "Babel" ("Bâbil") : "وَمَا أُنزِلَ عَلَى الْمَلَكَيْنِ بِبَابِلَ هَارُوتَ وَمَارُوتَ وَمَا يُعَلِّمَانِ مِنْ أَحَدٍ حَتَّى يَقُولاَ إِنَّمَا نَحْنُ فِتْنَةٌ فَلاَ تَكْفُرْ فَيَتَعَلَّمُونَ مِنْهُمَا مَا يُفَرِّقُونَ بِهِ بَيْنَ الْمَرْءِ وَزَوْجِهِ" (Coran 2/102).
Et Ibn 'Âshûr écrit que "Babel" signifie : "Bâb Îlû", ou "Bâb Îl" : "Porte de Dieu" : بابل بلد قديم من مدن العالم. وأصل الاسم باللغة الكلدانية: "باب إيلو"، أي "باب الله"؛ ويرادفه بالعبرانية: "باب إيل". وهو بلد كائن على ضفتي الفرات بحيث يخترقه الفرات يقرب موضعه من موقع بلد الحلة الآن، على بعد أميال من ملتقى الفرات والدجلة. كانت من أعظم مدن العالم القديم. بناها أولا أبناء نوح بعد الطوفان - فيما يقال -؛ ثم توالى عليها اعتناء أصحاب الحضارة بمواطن العراق في زمن الملك النمروذ - في الجيل الثالث من أبناء نوح -؛ ولكن ابتداء عظمة بابل كان في حدود سنة 3755 ثلاثة آلاف وسبعمائة وخمس وخمسين قبل المسيح، فكانت إحدى عواصم أربعة لمملكة الكلدانيين، وهي أعظمها وأشهرها. ولم تزل همم ملوك الدولتين الكلدانية والأشورية منصرفة إلى تعمير هذا البلد وتنميقه. فكان بلد العجائب من الأبنية والبساتين ومنبع المعارف الأسيوية والعجائب السحرية وقد نسبوا إليها قديما الخمر المعتقة والسحر" (At-Tahrîr wa-t-tanwîr, commentaire de Coran 2/102).

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Si Abraham (sur lui soit la paix) est originaire de la Mésopotamie et parlait un dialecte mésopotamien, quand, plus tard il s'installa à Canaan, il dut nécessairement apprendre aussi le dialecte ayant cours dans cette région, afin de converser avec les habitants de celle-ci.
C'est probablement de la synthèse entre ces deux langues sémitiques (un dialecte mésopotamien et un dialecte canaanéen), à quoi s'est ajoutée l'émigration en Egypte des fils de Jacob-Israël - et donc leur isolement par rapport aux autres habitants de Canaan -, qu'est née peu à peu la langue hébraïque.

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VI) Abraham (عليه السلام) était-il chaldéen ? araméen ?

VI.I) Ci-après les écrits de trois érudits musulmans à ce sujet : Ibn Taymiyya, Ibn Kathîr et Ibn 'Âshûr :

Ibn Taymiyya a écrit que les Chaldéens formaient le peuple de Abraham. Ibn Taymiyya désigne le roi de Babylone aussi comme étant "roi des Chaldéens".
Le nom "nemrod", dit-il, n'est pas le nom propre d'un roi en particulier, mais un nom commun, qui désigne tout roi des Chaldéens. Cela comme le sont les noms communs "pharaon", "négus", "césar", etc. pour d'autres peuples et d'autres régions du monde.

En fait Ibn Taymiyya écrit que c'était, à cette époque-là, globalement la même religion qui était répandue autant à Babylone qu'à Harrân : l'adoration des astres, auxquels différents temples étaient dédiés. Et il nomme cette religion : "la religion des Chaldéens" (on trouve à ce sujet deux noms qu'il cite souvent ensemble : "الكشدانيّون", "les Kashdânî", et "الكلدانيّون", "les Kaldânî").

"والسبب الثاني: عبادة الكواكب فكانوا يصنعون للأصنام طلاسم للكواكب ويتحرون الوقت المناسب لصنعة ذلك الطلسم ويصنعونه من مادة تناسب ما يرونه من طبيعة ذلك الكوكب، ويتكلمون عليها بالشرك والكفر، فتأتى الشياطين فتكلمهم وتقضى بعض حوائجهم، ويسمونها روحانية الكواكب وهي الشيطان أو الشيطانة التي تضلهم. والكتاب الذي صنفه بعض الناس وسماه "السر المكتوم في السحر ومخاطبة النجوم"، فإن هذا كان شرك الكلدانيين والكشدانيين (وهم الذين بعث إليهم الخليل صلوات الله عليه)، وهذا أعظم أنواع السحر. ولهذا قال النبي صلى الله عليه وسلم في الحديث الذي رواه أبو داود وغيره: "من اقتبس شعبة من النجوم فقد اقتبس شعبة من السحر زاد ما زاد". ولهذا صنف تنكلوشاه البابلي كتابه في درجات الفلك. وكذلك شرك الهند وسحرهم من هذا، مثل كتاب طمطم الهندي. وكذلك أبو معشر البلغي له كتاب سماه "مصحف القمر". وكذلك ثابت بن قرة الحراني صاحب الزيج. فإن حران كانت دار هؤلاء الصابئة، وفيها ولد إبراهيم، أو انتقل إليها من العراق (على اختلاف القولين). وكان بها هيكل العلة الأولى هيكل العقل الأول هيكل النفس الكلية هيكل زحل هيكل المشتري هيكل المريخ هيكل الشمس وكذلك الزهرة وعطارد والقمر" (Ar-Radd 'ala-l-mantiqiyyîn).
نمرود هو ملك الصابئة الكلدانيين المشركين، كما أن كسرى ملك الفرس والمجوس، وفرعون ملك مصر، والنجاشي ملك الحبشة، وبطليموس ملك اليونان، وقيصر ملك الروم؛ فهو اسم جنس لا اسم علم" (MF 5/21).
"وأي منكر أنكر من عمل هؤلاء الأخابث سوس الملك وأعداء الرسل وأفراخ الصابئة عُبّاد الكواكب؟ فهل كانت بعثة الخليل (صلاة الله وسلامه عليه) - إمام الحنفاء - إلا إلى سلف هؤلاء؟ فإن نمرود بن كنعان كان ملك هؤلاء. وعلماء الصابئة هم المنجمون ونحوهم وهل عبدت الأوثان في غالب الأمر إلا عن رأي هذا الصنف الخبيث الذين يأكلون أموال الناس بالباطل ويصدون عن سبيل الله" (MF 35/395). "ومعلوم أنّ الكلدانيين والكشدانيين من أهل بابل وغيرهم أتباع نمرود بن كنعان البابلي وغيره، وأهلَ الهند، هم أعظم المم شركا؛ وهم أعداء إبراهيم الخليل إمام الحنفاء" (Naqdhu Assâd it-taqdîs).
هذا غلط من وجوه: أحدها: أن هذا القول لم يقله أحد من العقلاء، لا قوم إبراهيم ولا غيرهم، ولا توهم أحدهم أنّ كوكبا أو القمر أو الشمس خلق هذا العالم. وإنما كان قوم إبراهيم مشركين يعبدون هذه الكواكب زاعمين أن في ذلك جلب منفعة أو دفع مضرة، على طريقة الكلدانيين والكشدانيين وغيرِهم من المشركين أهلِ الهند وغيرهم - وعلى طريقة هؤلاء صنف الكتاب الذي صنفه أبو عبد الله بن الخطيب الرازي في السحر والطلسمات ودعوة الكواكب -. وهذا دين المشركين من الهند والخطا والنبط والكلدانيين والكشدانيين؛ ولهذا قال الخليل: {يا قوم إني بريء مما تشركون} وقال: {أفرأيتم ما كنتم تعبدون - أنتم وآباؤكم الأقدمون - فإنهم عدو لي إلا رب العالمين}، وأمثال ذلك" (MS 1/282-283).
"وظن هؤلاء أن قول إبراهيم عليه السلام {هذا ربي} أراد به: "هذا خالق السماوات والأرض، القديم الأزلي"، وأنه استدل على حدوثه بالحركة. وهذا خطأ من وجوه: أحدهما: أن قول الخليل {هذا ربي} ـ سواء قاله على سبيل التقدير لتقريع قومه، أو على سبيل الاستدلال والترقي، أو غير ذلك ـ ليس المراد به: "هذا رب العالمين القديم الأزلي الواجب الوجود بنفسه"، ولا كان قومه يقولون: "إن الكواكب أو القمر أو الشمس رب العالمين الأزلي الواجب الوجود بنفسه"، ولا قال هذا أحد من اهل المقالات المعروفة التي ذكره الناس (لا من مقالات أهل التعطيل والشرك الذين يعبدون الشمس والقمر والكواكب، ولا من مقالات غيرهم)، بل قوم إبراهيم صلى الله عليه وسلم كانوا يتخذونها أرباباً يدعونها ويتقربون إليها بالبناء عليها والدعوة لها والسجود والقرابين وغير ذلك؛ وهو دين المشركين الذين صنف الرازي كتابه على طريقتهم وسماه "السر المكتوم في دعوة الكواكب والنجوم والسحر والطلاسم والعزائم"؛ وهذا دين المشركين من الصابئين كالكشدانيين والكنعانيين واليونانيين وأرسطو وأمثاله من أهل هذا الدين؛ وكلامه معروف في السحر الطبيعي والسحر الروحاني. والكتب المعروفة بذخيرة الإسكندر بن فليبس الذي يؤرخون به، وكان قبل المسيح بنحو ثلاثمائة سنة. وكانت اليونان مشركين يعبدون الأوثان، كما كان قوم إبراهيم مشركين يعبدون الأوثان" (Dar' ta'ârudh il-'aql wa-n-naql, 1/311-312 ; 1/279 dans l'édition que je possède).
إبراهيم عليه السلام لم يقل: {لا أحب الآفلين} لما رأى الكوكب يتحرك، والقمر والشمس؛ بل إنما قال ذلك حين غاب واحتجب. فإن كان إبراهيم قصد بقوله الاحتجاج بالأفول على نفي كون الآفل رب العالمين - كما ادعوه -، كانت قصة إبراهيم حجة عليهم؛ فإنه لم يجعل بزوغه وحركته في السماء إلى حين المغيب دليلا على نفي ذلك؛ بل إنما جعل الدليل مغيبه؛ فإن كان ما ادعوه من مقصوده من الاستدلال صحيحا، فإنه حجة على نقيض مطلوبهم وعلى بطلان كون الحركة دليل الحدوث. لكن الحق أن إبراهيم لم يقصد هذا، ولا كان قوله {هذا ربي} أنه رب العالمين، ولا اعتقد أحد من بني آدم أن كوكبا من الكواكب خلق السموات والأرض وكذلك الشمس والقمر، ولا كان المشركون قوم إبراهيم يعتقدون ذلك؛ بل كانوا مشركين بالله، يعبدون الكواكب ويدعونها ويبنون لها الهياكل ويعبدون فيها أصنامهم. وهو دين الكلدانيين والكشدانيين والصابئين المشركين - لا الصابئين الحنفاء - وهم الذين صنف صاحب "السر المكتوم في السحر ومخاطبة النجوم" كتابه على دينهم. وهذا دين كان كثير من أهل الأرض عليه بالشام والجزيرة والعراق وغير ذلك، وكانوا قبل ظهور دين المسيح عليه السلام. وكان جامع دمشق وجامع حران وغيرهما موضع بعض هياكلهم: هذا هيكل المشتري وهذا هيكل الزهرة. وكانوا يصلون إلى القطب الشمالي؛ وبدمشق محاريب قديمة إلى الشمال. والفلاسفة اليونانيون كانوا من جنس هؤلاء المشركين يعبدون الكواكب والأصنام ويصنعون السحر وكذلك أهل مصر وغيرهم. وجمهور المشركين كانوا مقرين برب العالمين والمنكر له قليل مثل فرعون ونحوه" (MF 5/548-549).

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Ibn Kathîr a écrit la même chose :
"وروى ابن عساكر من غير وجه عن عكرمة أنه قال كان إبراهيم عليه السلام يكنى أبا الضيفان. قالوا: ولما كان عمر تارخ خمسا وسبعين سنة، ولد له إبراهيم - عليه السلام - وناحور وهاران؛ وولد لهاران لوط. وعندهم إن إبراهيم عليه السلام هو الأوسط؛ وأن هاران مات في حياة أبيه في أرضه التي ولد فيها - وهي أرض الكلدانيين، يعنون أرض بابل -؛ وهذا هو الصحيح المشهور عند أهل السير والتواريخ والأخبار، وصحح ذلك الحافظ ابن عساكر (...).
قالوا: فتزوج إبراهيم سارة، وناحور ملكا ابنة هاران - يعنون بابنة أخيه.

قالوا: وكانت سارة عاقرا لا تلد.
قالوا: وانطلق تارخ بابنه إبراهيم وامرأته سارة وابن أخيه لوط بن هاران، فخرج بهم من أرض الكلدانيين إلى أرض الكنعانيين، فنزلوا حران، فمات فيها تارخ وله مائتان وخمسون سنة. وهذا يدل على أنه لم يولد بحران، وإنما مولده بأرض الكلدانيين - وهي أرض بابل وما والاهاثم ارتحلوا قاصدين أرض الكنعانيين - وهي بلاد بيت المقدس -، فأقاموا بحران - وهي أرض الكشدانيين في ذلك الزمان، وكذلك أرض الجزيرة والشام أيضا؛ وكانوا يعبدون الكواكب السبعة؛ والذين عمروا مدينة دمشق كانوا على هذا الدين، يستقبلون القطب الشمالي ويعبدون الكواكب السبعة بأنواع من الفعال والمقال -- ولهذا كان على كل باب من أبواب دمشق السبعة القديمة هيكل لكوكب منها --، ويعملون لها أعيادا وقرابين؛ وهكذا كان أهل حران يعبدون الكواكب والأصنام؛ وكل من كان على وجه الأرض كانوا كفارا، سوى إبراهيم الخليل وامرأته وابن أخيه لوط عليهم السلام وكان الخليل عليه السلام هو الذي أزال الله به تلك الشرور وأبطل به ذاك الضلال"
(Al-Bidâya wa-n-Nihâya, 1/172-173).

Ibn Kathîr cite ici :
--- "الكشدانيّون", "les Kashdânî" - nom qui semble renvoyer sous sa plume aux adeptes de la religion astrolâtre qu'il décrit par ailleurs, et qui étaient selon lui présents dans tout le Croissant fertile à l'époque -,
--- et "الكلدانيّون", "les Kaldânî", "les Chaldéens" - nom qui renvoie à un peuple, qui habitaient la Basse-Mésopotamie.
Ibn Kathîr parle par ailleurs des "الكنعانيّون", "les Kan'ânî", c'est-à-dire "les Cananéens", nom qui renvoie aux habitants de la partie occidentale du Croissant fertile.

Ibn Taymiyya écrit pour sa part que (voir plus haut) que les "كنعانيّون", "les Kan'ânî", "les Cananéens" aussi étaient adeptes de la même religion que les "الكلدانيّون", "les Kaldânî", "les Chaldéens" : il s'agissait du Sabéisme : "وهذا دين المشركين من الصابئين كالكشدانيين والكنعانيين واليونانيين وأرسطو وأمثاله من أهل هذا الدين" (Dar' ut-ta'ârudh).

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Ibn 'Âshûr a qualifié la langue chaldéenne de : "langue de Abraham". Il écrit que "Bakka" signifie "cité" en chaldéen, et que de là provient le nom de la ville bien connue : "Baalbek", pour : "la cité de Baal". De là aussi proviendrait, selon lui, le nom "Bakka", pour La Mecque ("إِنَّ أَوَّلَ بَيْتٍ وُضِعَ لِلنَّاسِ لَلَّذِي بِبَكَّةَ مُبَارَكًا وَهُدًى لِّلْعَالَمِينَ" : Coran 3/96), et c'est Abraham qui aurait donné ce nom au lieu où il laissa son fils Ismaël : il souhaitait (ou savait) que ce lieu - alors désertique - deviendrait une ville : "والظاهر عندي أن "بكّة" اسم بمعنى "البلدة"، وضعه إبراهيم عَلَمًا على المكان الذي عيّنه لسكنى ولده بنِيّة أن يكون بلدًا؛ فيكون أصله من اللغة الكلدانية، لغة إبراهيم؛ ألا ترى أنهم سمّوا مدينة "بعلبكّ" أي "بلد بعل" - وهو معبود الكلدانيين-؟ ومن إعجاز القرآن اختيار هذا اللفظ عند ذكر كونه أول بيت، فلاحَظ أيضا الاسم الأول. ويؤيد ذلك قوله: {رب هذه البلدة} وقوله: {رب اجعل هذا البلد آمنا" (At-Tahrîr wa-t-tanwîr, commentaire de Coran 3/96).

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VI.II
) Voici quelques passages de la Torah :

Premier groupe de passages) La Torah nomme la cité de Ur : "Ur des Chaldéens" :
--- "Et Haran mourut en présence de Térah, son père, au pays de sa naissance, à Ur des Chaldéens" (Genèse, 11/28) ;
--- "Et Térah prit Abram, son fils, et Lot, fils de Haran, fils de son fils, et Saraï, sa belle-fille, femme d'Abram son fils. Ils sortirent ensemble d'Ur des Chaldéens, pour aller au pays de Canaan. Ils vinrent jusqu'à Haran, et ils y habitèrent" (Genèse, 11/31) ;
--- "L'Eternel lui dit encore : Je suis l'Eternel, qui t'ai fait sortir d'Ur des Chaldéens, pour te donner en possession ce pays" (Genèse 15/7).

Or, "les Chaldéens" sont un peuple particulier.

Dans ces passages de la Torah :
----- soit les Chaldéens existaient alors déjà, et ils étaient installés dans cette cité d'Ur. Cela signifie-t-il que Térah - et donc Abraham - étaient membres d'une tribu chaldéenne ?
----- soit les Chaldéens ne sont véritablement apparus - ou en tous cas n'ont émergé - que bien plus tard, et, ici, "Chaldée" est seulement le nom donné à la région où les Chaldéens devaient s'installer quelques siècles après Abraham, en Basse-Mésopotamie : cette formulation "Ur de Chaldée" date d'une époque ultérieure à Abraham, quand les Chaldéens y règnent ou bien y ont régné.

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Second passage) "Tu prendras encore la parole, et tu diras devant l'Eternel, ton Dieu : "Mon père était un Araméen nomade ; il descendit en Egypte avec peu de gens, et il y fixa son séjour ; là, il devint une nation grande, puissante et nombreuse. Les Egyptiens nous maltraitèrent et nous opprimèrent, et ils nous soumirent à une dure servitude" (Deutéronome 26/5-6).
Qui est ce "père araméen nomade" ?
----- Soit il s'agissait de Jacob (c'est l'avis de nombreux commentateurs de la Torah) ; et, alors, Jacob a été dit "araméen" parce que, à un moment donné de sa vie, il a dû quitter Canaan et s'exiler pour quelques années à "Aram" : il s'agit d'une région : "Aram Naharayn", "Aram des deux fleuves", c'est-à-dire : la Mésopotamie.
----- Soit il s'agissait d'Abraham (c'est l'avis de Rachbam) ; et, alors, il a été dit "araméen" parce qu'originaire de la région de "Aram Naharayn", la Mésopotamie.

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VII) Langue proto-arabe, langue arabe et langue hébraïque :

Les linguistes contemporains distinguent, au sein de la famille des langues qu'ils nomment conventionnellement "sémitiques", les branches :
--- nord-orientale (l'akkadien, avec ses deux filles : l'assyrien et le babylonien) ;
--- nord-occidentale (le phénicien, l'éblaïte, l'ougaritique ; ensuite l'hébreu, l'édomite, le moabite et l'ammonite) ;
--- centrale (qui regroupe l'arabe et certaines autres langues) ;
--- méridionale (qui comporte l'amharique et d'autres langues).

L'hébreu est considéré par ces linguistes comme faisant partie de la branche nord-occidentale (plutôt que comme étant apparentée à la branche nord-orientale).
Faut-il en déduire que le dialecte nord-oriental que Abraham parlait a été, suite à son installation à Canaan, tellement mêlé à un dialecte canaanéen, que ce sont les termes de ce dernier qui sont devenus dominants dans la langue hébraïque ?

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Il existait probablement une langue-mère (langue aujourd'hui inconnue, mais à partir de laquelle toutes les langues appelées conventionnellement "sémitiques" dérivent) à l'intérieur de la péninsule dite "arabique".
Une fois migré dans la Péninsule, Sem a appris soit cette langue-mère, soit une des langues-filles issues de cette langue-mère. Ses descendants ont ensuite continué, et, s'étant éparpillés, les langues de chaque tribu descendant de Sem se sont ainsi diversifiées. Sans compter les tribus ne descendant pour leur part pas de Sem, mais de personnages ayant vécu dans la péninsule avant l’immigration de ce dernier.

Plus tard, la désertification de cette savane entraîna le départ de certaines de ces tribus pour des régions plus verdoyantes, ce qui a entraîné la différenciation linguistique, par coupure du groupe migrant, et autonomisation.

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Apparemment, la langue arabe classique que nous connaissons depuis la venue du Coran n'est elle-même qu'une langue-fille de la langue-mère "sémitique".

Quelles idiomes demeurés à l'intérieur de la péninsule arabique (ce qui n'est évidemment pas le cas de : l'araméen, l'akkadien - le babylonien et l'assyrien -, l'hébreu ancien, etc.) et existant vers -3000 à -2000 peuvent-ils être qualifiés de "proto-arabes" ?

C'est là toute la question.

On notera seulement que certains spécialistes contemporains remarquent que la langue arabe classique - demeurée sur place, dans la Péninsule - est la langue qui a conservé des caractéristiques "sémitiques" que d'autres langues de la même famille ont perdues à cause de leur évolution au contact d'autres idiomes.

André Roman écrit ainsi : "Singulièrement, la langue arabe classique semble être née d'elle-même... Elle n'a aucune langue dans son passé sémitique" (cité dans L'extraordinaire histoire de la langue arabe, Mahboubi Moussaoui, p. 27) ; "Seuls les Arabes, singulièrement, ont gardé le même plan de leur langue à travers les millénaires" (Ibid., p. 25).

Le mot de la fin sera celui de Justus Olshausen, qui, dans son ouvrage consacré à l'hébreu, écrit que la langue arabe est la langue qui se rapproche le plus du sémitique primitif.

W‘Allâhu A‘lam (Dieu sait mieux).