Le rôle du Murshid est d'accompagner et d'éduquer l'élève (Murîd / Mustarchid), et ce sur la Voie conforme aux enseignements du Coran et des Hadîths concernant l'extérieur et l'intérieur - par Mawlana Ashraf 'Alî Thânwî - المُرشِد مُعلِّم مُذكِّر ومُعالِج. Note : Le Murshid n'est pas et ne peut pas être une sorte d'intermédiaire entre Dieu et le Mustarchid

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Question : 

"(...)

On m'a dit aussi que l'amour qu'Allah déverse sur le cœur du Prophète dans sa tombe, on ne peut en bénéficier que si on fait la bay'a sur la main d'un cheikh, car alors on se relie ainsi à toute la chaîne (silsila) qui remonte de maître en maître jusqu'au Prophète, et l'amour d'Allah se reçoit par ce moyen."

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Réponse : 

Ce que tu as entendu là, à savoir que l'amour d'Allah descendrait sur le cœur du Prophète dans sa tombe et puis se transmettrait de cœur en cœur, de maître spirituel en maître spirituel lui ayant succédé, jusqu'à parvenir au murîd entré dans la chaîne par le biais de la Bay'a, ce que tu as entendu là est sans fondement aucun.

Le Murshid n'est pas un intermédiaire entre l'élève et Allah Ta'âlâ.
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le
Murshid ne fait qu'enseigner / rappeler ce qui se trouve dans le Coran et les Hadîths, en respectant le Ijmâ' des Mujtahidûn. Et il ne fait que prescrire des traitements adéquats pour améliorer les traits intérieurs et les rendre conformes à ce que le Coran et les Hadîths ont enseigné. Cette fonction de "prescripteur du traitement adéquat" sera évoquée au point IV.
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المُرشِد مُعلِّم مُذكِّر ومُعالِج

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A lire au préalable :

--- Ce qu'on appelle "Soufisme" est-il tout entier égarement ? ou bien existe-t-il un Soufisme Déviant et un Soufisme Orthodoxe car conforme à la Sunna ? هل التصوف اسم لمذهب باطل من أصله؟ أم يوجد تحت هذا الاسم ما هو موافق للسنّة وما هو بدعة؟.

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I) Un dit de Cheikh Ashraf 'Alî Thânwî :

"Chez les Salaf, "Fiqh" n'était pas le nom de la connaissance liée aux seules règles concernant les actions des membres du corps (ahkâm zâhira). Ils nommaient "Fiqh" : la connaissance liée à l'ensemble des ahkâm - zâhira et bâtina - ; en quoi [ce qu'on appelle aujourd'hui] "le Tassawwuf" est lui aussi inclus" (Fiqh-é hanafî ké ussûl-o-dhawâbit, p. 22).

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II) Un second dit de Cheikh Thânwî :

"La réalité du Sulûk – que l'on appelle aussi, dans le 'Urf : "Tassawwuf" –, c'est : bâtir son extérieur et son intérieur.
(Il s'agit de bâtir) son extérieur par les actions obligatoires devant être faites par les membres du corps ; et son intérieur par les croyances correctes et par les qualités telles que la sincérité, la reconnaissance, la patience, le zuhd, l'humilité, etc. Ceci constitue un premier niveau [dans le Sulûk / Tassawwuf].

Le second niveau consiste, en sus du premier niveau, à occuper l'extérieur à faire les actions facultatives, et l'intérieur à être continuellement dans le dhikr ullâh.

Acquérir le premier niveau est obligatoire (fardh 'ala-l-'ayn) sur chaque musulman. Et pour cela il y a la nécessité de deux choses, dont il faudra donc se préoccuper également. La première est d'acquérir la quantité nécessaire de Connaissance du Dîn, et ce, que ce soit par la lecture [d'ouvrages écrits par des ulémas] ou par des questions adressées aux ulémas ; ces lectures peuvent être en arabe, en persan ou en urdu. J'ai fait éditer Béhishtî Zéwar ; ce livre-là, ainsi que Safâ'ï-é Mu'âmalât, de même que le troisième chapitre de Miftâh ul-Janna, sont suffisants pour les nécessités de la vie quotidienne. La deuxième chose est d'avoir en soi une forte Détermination à agir selon (cette) Connaissance, de sorte que ni les (désirs de) sa personne ni les reproches des créatures ne puissent être un empêchement (à agir selon ce qu'Allah agrée). Ceci était donc l'explication du premier niveau.

Le second niveau est recommandé (mandûb). C'est lui que, la plupart du temps aujourd'hui, dans l'usage on nomme "tassawwuf". Pourtant, si par le fait que l'on soit occupé à (quelque chose de) ce second niveau, on vient à manquer ou bien à moins bien pratiquer un acte obligatoire du premier niveau, être occupé à ce (quelque chose du second niveau) sera malvenu. Comme le font certains ignorants, qui laissent épouse et enfants nus et affamés, et ensuite se réclament du soufisme !"


(Qasd us-sabîl, pp. 2-3).

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III) Un autre dit (écrit) de Cheikh Thânwî :

"On doit comprendre que l'objectif réel du Sulûk est l'Agrément d'Allah.

La voie (qui mène à ceci) est :
- la conformité aux règles de l'islam (ahkâm),
- et la constance dans le dhikr ullâh
.

C'est cela que l'éducateur [murshid] enseigne et qu'il rappelle.
L'élève [murîd] reste constant sur cela.
Même si ce dernier ne ressent aucune sensation intérieure (kayfiyya) et même s'il n'acquiert aucune perfection à ses propres yeux, c'est dans l'autre monde qu'apparaîtra son résultat : l'Agrément divin. Et par cet Agrément il obtiendra l'admission éternelle au Paradis ainsi que le salut par rapport à la Géhenne.

La réalité de la relation murshid-murîd est :
--- l'engagement, de la part du murshid, à enseigner cela ;
--- et l'engagement, de la part du murîd, à suivre (cet enseignement).
Cet enseignement et cette mise en pratique sont possibles sans la bay'a sous sa forme courante, certes, mais dans le fait de faire la bay'a il y a cette particularité naturelle que le murshid est plus attentionné, et le murîd a plus tendance à suivre. C'est cela même la sagesse qu'il y a à déterminer un seul éducateur, et à le suivre : cela augmente l'engagement des deux côtés.
Quant au fait de placer sa main dans la sienne [pour un homme], ou de faire tenir un vêtement ou autre à une dame, ces (deux actions étant faites) lorsque le murshid est proche physiquement, ce n'est rien d'autre qu'une coutume qui est bonne ; elle est faite pour renforcer l'engagement, mais n'est pas un élément constitutif de celui-ci ; c'est bien pourquoi cette coutume ne se fait pas lorsque (le mustarchid) est éloigné physiquement. Quant au fait que cette coutume soit "chose bien", (c'est parce qu')elle figure dans la Sunna : il est en effet relaté que des hommes plaçaient leur paume dans la paume (du Prophète, sur lui soit la paix) ; quant à prendre un vêtement, c'est l'équivalent de prendre la main."

(Qasd us-sabîl, pp. 6-7).
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Ici, faire bay'a à un murshid désigne seulement : rester dans la compagnie de ce murshid et suivre son éducation, et non pas mettre la main dans sa main : le fait est que Cheikh Thânwî lui-même a dit que cette dernière action n'est rien de plus que mubâh :
--- lire mon article plus détaillé, exposant ce dit de Cheikh Thânwî au sujet de faire
bay'a à un Murshid.

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IV) Un dit de Cheikh Thânwî au sujet de la fonction et de la prérogative du Murshid dans le Islâh un-nafs du Murîd :

"Les moyens que les Soufis prescrivent aux Sâlikû-t-Tarîq, ce ne sont pas des Ahkâm, de sorte qu'il faille chercher leur mention dans les textes du Coran et des Hadîths.
Ce ne sont que des moyens et remèdes pour la correction de l'intérieur. C'est bien pourquoi (ces remèdes) sont différents pour chaque personne, selon le caractère et l'état de celle-ci.

Par exemple, que l'orgueil est interdit, et que le faire disparaître (de soi) est obligatoire, ce sont des Hukm ; ils sont stipulés dans le Coran et la Sunna. Maintenant, pour faire disparaître l'orgueil, les Mashâ'ïkh ut-Tarîq prescrivent différents types de solutions, selon l'état de chaque [Mustarchid]. A l'un ils disent : "Redresse les chaussures de ceux venus accomplir la salât (en congrégation)". A un autre ils disent : "Parle de ton insignifiance". Ce ne sont que moyens et remèdes. Il n'est pas nécessaire à leur sujet qu'ils soient établis tels quels dans le Coran ou la Sunna" (Majâliss-é Hakîm ul-ummat, p. 193).

Il suffit en effet que ces remèdes ne constituent pas quelque chose que le Coran ou la Sunna a interdit (par exemple pour faire disparaître l'orgueil on ne peut pas s'humilier en révélant en public ses péchés, car révéler ses péchés en public est interdit dans les textes).

(Majâliss-é Hakîm ul-ummat, p. 193).

Attention : On aura bien noté que les moyens dont le Cheikh parle ici sont les moyens destinés à éduquer l'intérieur et à réformer ses traits (khuluq) ; ce ne sont pas les formes des actions purement cultuelles ('ibâdat ullâh) ! Ces actions et leurs formes, elles, ne peuvent pas changer par rapport à ce que la Sunna a enseigné.
Ainsi, le
Dhikr ullâh ne doit être fait que par les formes enseignées par le Prophète (sur lui soit la paix). Sinon on tombe dans la Bid'a.

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"Le résumé est que, pour les Ahkâm Shar'iyya, il est nécessaire qu'ils soient établis à partir des Sources Shar'î ainsi que du Ta'âmul des Salaf. Etablir comme Hukm ce qui ne figure pas dans le Coran, la Sunna, et le Ta'âmul des Sahâba et des Tâbi'ûn, cela s'appelle : "Bid'a".
Par contre, les choses qui empêchent naturellement l'être humain d'agir selon ces Ahkâm Shar'iyya ; les moyens auxquels on a recours pour enlever ces empêchants ne sont que des remèdes : il n'est pas nécessaire que ces moyens soient (eux aussi) établis dans le Coran et la Sunna."(Majâliss-é Hakîm ul-ummat, p. 193).

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Ensuite, après avoir fait le parallèle entre ces remèdes comportementaux destinés à améliorer l'intérieur, et prescrits par les Murshid, et les remèdes et diètes prescrits par les Médecins pour améliorer la santé physique, le Cheikh dit :

"Si quelqu'un suit le remède prescrit par un médecin, ainsi que les conditions qu'il a énoncées, en croyant cela être de la 'ibâdat ullâh, cela deviendra Bid'a.

Se soigner des maux intérieurs est établi du Coran, de la Sunna et de la façon de faire des Compagnons et des Tâbi'ûn : cela constitue de la ibâdat ullâh et rapportera des récompenses dans l'autre monde.
Cependant, décréter tel moyen, ayant telle forme précise [moyen qui a seulement été prescrit par un Murshid] comme étant le pivot de cette ibâdat ullâh et de cette récompense, au point de mal considérer celui qui n'a pas recours à ce moyen précis, cela fait entrer (ce moyen) à l'intérieur de la ligne de la Bid'a.
Il faut bien comprendre cela."

(Majâliss-é Hakîm ul-ummat, p. 194).

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V) Un Ghayr Mutamadh'hib de l'Inde demanda par écrit à Cheikh Thânwî l'autorisation de passer quelque temps auprès de lui :

Mais le Cheikh lui répondit par écrit : "Vu que vous (refusez de) suivre Abû Hanîfa en tant que Mujtahid, suivrez-vous ce que moi je vous enseignerai, ou pas ?"

Le musulman Ghayr Muqallid fut très ennuyé par ce retour du Cheikh, étant incapable d'y apporter une réponse satisfaisante, et il le lui exprima dans une nouvelle lettre.

Mais ensuite Cheikh Thânwî exposa aux gens présents dans sa Majlis du 21 Jumâdâ al-Ûlâ 1357 que les deux suivis ne sont en fait pas du même ordre. En effet, il expliqua ce qui suit...

--- Quand des Ghayr Mutamadh'hib considèrent interdit de suivre Abû Hanîfa en lui faisant confiance (taqlîd), c'est par rapport à la détermination des Ahkâm Shar'iyya, suite à leur extraction depuis les sources (Coran et Hadîths) : selon eux, il ne s'agit pas de suivre intégralement ni même globalement les Ahkâm Shar'iyya tels qu'ils ont été établis par Abû Hanîfa par le biais de ses Ijtihâd, mais de suivre directement les Hadîths authentiques, selon d'autres Ijtihâd.

--- Tandis que ce que lui [Cheikh Thânwî] prescrit en tant que Murshid, ce n'est que انتظامًا, dans les moyens et remèdes, tel qu'expliqué plus haut : or ce Ghayr Mutamadh'hib ne considèrera pas interdit de suivre quelqu'un en des choses de ce genre [Maslahî].

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VI) Un autre écrit du Cheikh concernant des perceptions erronnées existant chez de nombreux musulmans quant au fait de se prendre un Murshid :

"(…) Au sujet de l'Allégeance [faite au Murshid], des gens ont différents objectifs.

--- Certains veulent devenir par ce moyen des gens ayant des dévoilements (kashf) et faire des miracles (karâmât).
Or on vient de voir dans la directive 3 que la vision et le miracle ne sont pas choses inhérentes à la qualité de Murshid ; dès lors, comment le simple Murîd pourrait-il souhaiter ces choses (pour lui-même) ?

--- Certains croient que par le fait d'être entré dans la chaîne (silsila), quelles que soient les actions qu'on aura faites, le Cheikh sera garant de son pardon (auprès d'Allah), et ne laissera pas (son Murîd) aller dans la Géhenne.
Ceci aussi est entièrement faux. Le Prophète - qu'Allah l'élève et le salue - lui-même a dit à Fâtima : "Fâtima, préserve-toi du Feu, [je ne suis maître de rien pour toi face à Allah]".

--- Certains pensent que par un regard, le Cheikh nous fera atteindre la piété, nous n'aurons aucun effort à faire, nous n'aurons même pas à faire l'intention de nous préserver des péchés.
(Or) si les choses fonctionnaient ainsi, les Compagnons n'auraient eu aucun effort à faire, puisque qui peut être plus parfait du regard que le Prophète (qu'Allah l'élève et le salue) ? (…).

--- Certains voudraient que naisse (en eux) beaucoup d'entrain (jôsh) et de ferveur (mastî) (de sorte que) les péchés disparaissent d'eux-mêmes et que le désir même du péché soit effacé ; qu'il n'y ait plus le besoin de faire (des efforts sur soi-même pour faire) des bonnes actions, que celles-ci se fassent d'elles-mêmes ; que les mauvaises suggestions (waswassa) et les mauvaises pensées (khatarât) s'éteignent d'elles-mêmes ; bref qu'ils soient dans un état d'effacement.
Cette pensée-ci semble plus pure par rapport aux précédentes, mais [en réalité] elle est également due à de l'ignorance. Le fait est que ces choses font partie des états (kayfiyyât wa ahwâl), lesquels sont hors de son choix, et lesquels, même lorsqu'ils sont des choses bonnes (mahmûd), ne constituent pas des objectifs (maqsûd). A bien y réfléchir il apparaît même qu'en ce genre de souhait il y a une ruse subtile du nafs ; le fait est que le nafs recherche le confort, le plaisir et la célébrité ; or tout cela est présent dans ces états. (…) De plus cette personne souffre de deux problèmes. En effet, soit elle parviendra à ces états, soit elle n'y parviendra pas. Si elle y parvient, alors, par le fait d'avoir considéré cela comme l'objectif et le fruit, elle se croira avoir atteint la perfection, se suffira de ces (états) et ne se souciera pas de la taqwâ et des actes d'adoration ; ou, tout au moins, elle considérera de moindre importance ces actes d'adoration. Et si elle ne parvient pas [= à ces états], alors elle se rongera dans l'affliction. Celui qui recherche des choses qui sont hors du choix restera toujours pris dans l'affliction.

--- Certains croient que les ruqyâ (ta'wîdh) du Cheikh sont très efficaces et expérimentés ; (en devenant son élève) on pourra alors lui demander des ruqyâ. Ou encore qu'Allah accepte les du'as du Cheikh ; on obtiendra donc ses du'as lors de procès etc., et tout se passera selon ce que l'on veut – c'est comme si la divinité ("khudâ'ï") était dans les mains du Cheikh ! –, ou bien nous-mêmes nous apprendrons ce genre de choses de lui, afin que nous aussi nous devenions bénis, en sorte que quand nous soufflerons ou nous passerons notre main, le malade guérira. On peut même dire que ces gens croient tout le résumé de la piété comme étant ces pratiques et leurs effets.
Etant donné que tout ceci n'a aucun lien avec la piété et que avoir cette intention n'est que rechercher le dunyâ, (ce genre d'intention) est fausse.

--- Certains croient que le profit qu'on retire à faire le dhikr et les shughl est qu'on verra des lumières et qu'on entendra des voix (de l'invisible).
Ceci aussi n'est que conjecture et mauvaise compréhension : parce que primo il n'est pas certain que ces effets se produisent par le dhikr et le shughl, et ce n'en est pas l'objectif. Secundo parfois ces lumières et voix ne sont que le produit de son cerveau et non des choses du monde de l'invisible (ghayb). Tertio à supposer que certaines choses de ce monde-là se soient réellement dévoilées (kashf), quel en serait le profit ? La proximité (avec Allah) n'augmente par le dévoilement (de choses) d'aucun monde. Pour (obtenir et augmenter) cette proximité, ce sont les actes d'obéissance qui ont été institués. Parfois les shayâtîn voient des anges, et pourtant ils demeurent autant shayâtîn qu'ils étaient. De même, après la mort, à tous les kâfir sont dévoilés beaucoup de choses de ce monde-là ; quelle perfection y a-t-il dans ce qui est commun à même des kâfir ?

Etant donné que de toutes les choses venant d'être citées, aucune ne constitue l'objectif correct, on les fera toutes sortir de son cœur."


(Qasd us-sabîl, pp. 4-6).

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VII) La rencontre entre les prophètes Moïse et al-Khidhr ('alayhima-s-salâm) :

Les 3 actions que al-Khidhr (sur lui soit la paix) entreprit lorsque Moïse (sur lui soit la paix) l'accompagna, ne furent nullement contraires à la Sharî'a. Ce furent (surtout les 2 premiers) des cas constituant exception, dus au fait que al-Khidhr avait eu connaissance, par le biais d'une Révélation (Wah'y), d'éléments Kawnî allant se dérouler dans le futur.

Au sujet de cet épisode de la rencontre entre Moïse et al-Khidhr, Cheikh Thânwî dit :
"Voyez combien, dans tout ce récit, du côté des deux personnages il y a eu soin de respecter la Sharî'a.
Or les ignorants se réclamant du soufisme ont déduit de (ce récit) que la Sharî'a est une chose, alors que la Tarîqa [= Voie Spirituelle] est autre chose : les choses qui sont interdites dans la Sharî'a peuvent devenir autorisées dans la Tarîqa.
معاذ الله ! Voilà qui constitue un refus clair de la Sharî'a ! (Alors que) la réalité de la Tarîqa n'est rien de plus que de pratiquer la Sharî'a. Toute Tarîqa qui est contraire à la Sharî'a, cela est de la إلحاد et de la زندقة."

(Majâliss-é Hakîm ul-Ummat, p. 54).

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Toujours au sujet de ce que al-Khidhr fit (d'exception par rapport à la règle normale, et ce sur la base de ce dont il a su que cela allait se passer) :
"Il est également évident que ce cas de figure n'est possible que lorsque celui qui le fait est un Nabî, recevant le Wah'y.
Un Walî recevant le Kashf et le Il'hâm ne peut absolument pas faire ainsi, vu que le Kashf et Ilhâm n'est pas une Hujja Shar'iyya : sur sa base on ne peut pas faire de modification ni d'exception dans (quelque chose de) la Sharî'a.
Le fait que des Soufis ignorants ont pris ce récit comme argument pour faire des actions contraires à la Shar', cela est un égarement complet.
Aucun Nabî ne peut maintenant venir, personne ne peut recevoir le Wah'y, et aucune exception ne peut être instituée par rapport au Hukm Shar'î."

(Majâliss-é Hakîm ul-Ummat, p. 55).

"Certains ont (de ce récit) déduit de façon erronée que si le Pîr [= le Murshid] fait une action contraire à la Shar', on ne doit pas la désapprouver, car au sujet de ce récit, le hadîth dit que si Moïse - que la paix soit sur lui - avait fait preuve de patience, cela aurait été mieux. 
La réponse est que le fait que al-Khidhr - que la paix soit sur lui - faisait (des actions) parfaites, cela a été su par la Révélation ; et c'est pourquoi il était autorisé de rester silencieux (face à des actions qu'il faisait et qui paraissaient problématiques). Faire l'analogie d'autrui sur (al-Khidhr) est (donc) un (qiyâs) ma'a-l-fâriq !" 


(Bayân ul-Qur'ân, tome 6 p. 132).

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Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

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