Dieu a dit : "Et Je n'ai créé les djinns et les humains que pour qu'ils M'adorent" (Coran 51/56)

Dieu a dit :
"وَمَا خَلَقْتُ الْجِنَّ وَالْإِنسَ إِلَّا لِيَعْبُدُونِ {51/56} مَا أُرِيدُ مِنْهُم مِّن رِّزْقٍ وَمَا أُرِيدُ أَن يُطْعِمُونِ {51/57} إِنَّ اللَّهَ هُوَ الرَّزَّاقُ ذُو الْقُوَّةِ الْمَتِينُ {51/58"
:
"Et Je n'ai créé les djinns et les humains que pour qu'ils M'adorent. Je ne veux pas d'eux de subsistance, et Je ne veux pas qu'ils Me donnent à manger. Dieu est, Lui, [= Je suis, Moi,] Celui qui donne la subsistance, le Détenteur de la Force, l'Inébranlable"
(Coran 51/56-58)
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I) Quelques-uns des commentaires de la formule "لِيَعْبُدُونِ" ("pour qu'ils M'adorent") :

a) le commentaire de al-Kalbî : "لِيُوَحِّدُوْنِيْ" (cité dans Tafsîr ul-Qurtubî) : c'est-à-dire : "li yuthbitu-l-ulûhiyyata lî, wa yuwahhidûhâ fiyya" : "pour qu'ils reconnaissent Mon caractère divin et ne divinisent rien à part Moi" ;

b) le commentaire de 'Ik'rima : "لِيُطِيْعُوْنِيْ" : "pour qu'Ils M'obéissent" (Tafsîr ul-Qurtubî) ; une formule voisine est relatée de Mujâhid : "لآمرهم وأنهاهم" (Ibn Abî Hâtim cité in Majmû' ul-fatâwâ 8/52) ;

c) un autre commentaire relaté de Mujâhid, relaté aussi de Qatâda et de Ibn Jurayj : "لِيَعْرِفُوْنِيْ" : "pour qu'ils Me connaissent" (Tafsîr ul-Qurtubî ; al-Baghawî : MF 8/50 ; Ibn Abî Hâtim : MF 8/50).

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II) Une problématique évidente, et, par rapport à cette problématique, trois interprétations :

Si Dieu a créé les djinns et les humains avec cet objectif (gharadh) (cliquez ici), comment se fait-il que nombre d'entre eux n'y satisfont pas ?

w) Certains ulémas ont, pour éviter cette problématique, interprété ce verset en disant que Dieu y a parlé uniquement d'une 'ibâda involontaire, c'est-à-dire celle que tous, croyants et incroyants font sans même le savoir : il s'agit de leur soumission à l'ordre cosmique institué par le Créateur ("li yastaslimû li mashî'atî wa qud'ratî" / "li yuqirrû bi-l-'ubûdiyya taw'an wa kar'han") (cf. Tafsîr ul-Qurtubî 17/55) (cf. aussi MF 8/45-51 : les second, troisième et quatrième avis cités et discutés par Ibn Taymiyya renvoient à cette posture).

x) D'autres ulémas ont dit qu'ici Dieu parle bien de la 'ibâda volontaire, à laquelle seul un certain nombre de djinns et d'humains satisfont.

Parmi les ulémas de ce groupe x, ensuite :

--- x.y) certains – parmi lesquels adh-Dhahhâk, al-Farrâ', Ibn Qutayba – ont dit que Dieu a, dans ce verset, parlé uniquement des djinns et des humains qui sont croyants ; et qu'Il n'a pas évoqué ceux qui sont incroyants ; ce sont les premiers que Dieu a créés pour qu'ils L'adorent ; quand aux seconds, ils sont plutôt concernés par le verset 7/179 (Tafsîr ul-Qurtubî 17/55, MF 8/40) ;

--- x.z) d'autres – parmi lesquels Ibn Taymiyya – ont dit qu'ici Dieu a parlé de la volonté normative (irâda shar'iyya) qu'Il a : ce qu'Il veut des djinns et des humains c'est non pas que ceux-ci Lui rendent un service mais qu'ils Lui consacrent le culte (MF 8/51-52) ; ceci est ce que Dieu veut (irâda shar'iyya) de la part des djinns et des humains. Maintenant il est vrai dans les faits certains djinns et humains ne Lui rendent aucun culte ; cela se fait aussi selon la volonté divine, mais la volonté divine existentielle (irâda kawniyya).

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III) Appréhender les commentaires cités en I à la lumière de la troisième interprétation, celle de Ibn Taymiyya :

Les commentaires relatés de ulémas antérieurs et cités en I, les ulémas postérieurs partisans de l'interprétation w les ont interprétés dans un sens qui correspond à celle-ci (ath-Tha'labî, al-Baghawî, ont formulé cela) : il s'agit, selon eux, de la tawhîd, de la itâ'ah et de la ma'rifa que tous les hommes possèdent, croyants ou incroyants, et qui sont du genre de celles que Dieu mentionne en Coran 29/61, 31/25, 39/38, 43/9, en Coran 43/87, en Coran 23/84-85, en Coran 29/63, et qui représente la première strate du tawhîd ur-rubûbiyya (cliquez ici).

Mais étant donné que c'est l'interprétation x.z qui est correcte (sahîh), ci-après nous appréhenderons les commentaires cités en I dans le sens qui lui correspond : ces commentaires suscités sont donc des explications de ce qu'est la 'ibâda que Dieu veut (irâda shar'iyya) de tout homme et de tout djinn, même si dans les faits certains d'entre eux ne la font pas :

a) le commentaire "لِيُوَحِّدُوْنِيْ" ("pour qu'ils reconnaissent Mon caractère divin et ne divinisent rien à part Moi") désigne le fondement, la première strate (asl), de la 'ibâda – culte, adoration – volontaire de Dieu (il s'agit de la dimension B.a.a dans notre autre article), strate sans laquelle on n'est même pas "adorateur de Dieu" au minimum requis ;

b) le commentaire "لِيُطِيْعُوْنِيْ" ("pour qu'ils M'obéissent") peut quant à lui désigner l'une des deux choses suivantes :
--- b.a) la reconnaissance, en croyance, du fait que c'est Dieu Seul qui légifère, et l'adhésion, en croyances, à Sa Shar' : ceci relève du monothéisme, et renvoie donc au commentaire précédent, le a (cliquez ici) ; cependant, cette reconnaissance de l'Unicité de Dieu dans le caractère de législateur ne constitue qu'une partie de l'ensemble du minimum du monothéisme (cliquez ici) ;
--- b.b) l'obéissance concrète, dans les actions que l'on fait (actions du cœur autres que croyances fondamentales, actions de la pensée, et actions visibles de tous les domaines), à ce que Dieu agrée : il s'agit du fait d'accomplir concrètement ce que Dieu agrée et de s'abstenir concrètement de ce que Dieu déteste : ceci constitue le moyen par lequel on adore Dieu dans la dimension de perfection de celle-ci (soit la dimension B.b dans l'article sus-évoqué) ;

c) le commentaire "لِيَعْرِفُوْنِيْ" ("pour qu'ils Me connaissent"), appréhendé d'après toujours l'interprétation de Ibn Taymiyya, désigne le fait de connaître Dieu de la façon qu'Il le veut : ceci a deux dimensions : une de base, la seconde de perfection ;
--- c.a) la dimension de base relève du minimum du monothéisme (cliquez ici pour en savoir plus : il s'agit de la dimension 2.2.2) ; ceci renvoie donc de nouveau au commentaire a ;
--- c.b) la dimension de perfection constitue quelque chose de complémentaire autant que nécessaire, et concerne le fait de prendre connaissance de davantage d'éléments au sujet de Dieu (il s'agit de la dimension 2.2.2.1 dans l'article dont nous venons de donner le lien) et de mettre son cœur et son extérieur en conformité avec Dieu (cliquez ici) (il s'agit de la dimension 2.2.2.2) ; ceci renvoie à l'obéissance à ce que Dieu agrée, donc au commentaire b.b.

"Se faire connaître" (de la connaissance qui peut être acquise par l'homme et qui est conforme à ce que Dieu veut), cela relève donc de l'objectif (gharadh) pour lequel Dieu a créé les djinns et les humains.

Comme prolongement du commentaire relaté de Mujâhid [et également de Qatâda et de Ibn Jurayj] – "afin qu'ils Me connaissent" –, certains ulémas ont dit : "Si Dieu ne les avait pas créés [les djinns et les humains], Son existence et Son unicité n'auraient pas été connues" (Tafsîr ul-Qurtubî, Rûh ul-ma'ânî). Nous citons cependant ce propos de ces ulémas en l'appréhendant comme désignant l'adhésion au monothéisme pur et complet – lequel relève de la 'ibâdat-ullâh – (et non pas comme ne désignant que la simple croyance en l'existence du Créateur que même les polythéistes possèdent, comme certains ulémas l'ont appréhendé, citant alors les versets qui parlent de ce que même les polythéistes possèdent) (cf. Tafsîr ul-Qurtubî 17/38, Majmû' ul-fatawâ 8/50-51). Voici d'ailleurs ce que al-Alûssî a écrit : "(...) la ma'rifa qui est prise en considération est celle qui est obtenue par la 'ibâda de Dieu ; et non celle qui résulte d'autres moyens, comme la connaissance que les philosophes ont de Dieu""Wa la'alla-s-sirra fîhi : at-tanbîhu 'alâ anna-l-mu'tabara huwa-l-m'arifat ul-hâssilatu bi 'ibâdatihî ta'âlâ, lâ mâ yahsulû bi ghayrihâ, ka ma'rifati il-falâssifa" (Rûh ul-ma'ânî 14/22).

Le propos suivant de Blaise Pascal résume parfaitement cette différence (son auteur était malheureusement dans le kufr akbar, mais ce propos précis est une kalimat ul-hikma qui correspond à l'enseignement authentique des prophètes de Dieu) : "Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac, Dieu de Jacob, non des philosophes et des savants. Certitude. Certitude. Sentiment, Joie, Paix" : la conception du Dieu Créateur de l'Univers que les philosophes et les savants d'hier et d'aujourd'hui (comme d'ailleurs Albert Einstein) ont développée et présentée est différente de celle que Abraham, Isaac, Jacob et tous les autres prophètes ont enseignée. Selon la première, Dieu est l'explication de l'existence et du fonctionnement parfait de l'Univers, mais on ne peut rien savoir de Lui, et d'ailleurs Il ne se soucie pas de ce que les hommes font ou pas (God of the gaps, dit-on en anglais) ; la question de Se rapprocher de Lui ne se pose même pas. Par contre, selon la conception que les Prophètes ont transmise, Dieu est un Etre qui non seulement a créé et gère l'Univers, mais aussi S'est fait connaître à l'homme et S'est révélé à lui par le biais de Ses prophètes ; Il lui a aussi fait connaître  ce qu'Il agrée de lui et ce qu'Il n'aime pas de sa part ; et il s'agit pour l'homme de développer la certitude (yaqîn) en Son Existence et en ce qu'Il a dit, comme il s'agit de L'aimer de tout son être et de se conformer en actes à ce qu'Il veut, ce qui confèrera la paix et la joie intérieures (cliquez ici et ici) ; et Il est l'Etre de Qui l'homme doit chercher à se rapprocher spirituellement (cliquez ici) ; Dieu regarde, entend et sait (cliquez ici) ce que chaque homme croit, pense et fait sur Terre ; et alors Il rétribuera chaque homme pour ses croyances et ses actions, après l'avoir ressuscité et jugé.

Pour en revenir à ce que nous disions plus haut, c'est de cette ma'rifa particulière que Ibn Taymiyya parle quand il écrit : "Dieu a créé la création [= les hommes et les djinns] pour qu'ils fassent Sa 'ibâda, ce qui englobe qu'ils Le connaissent, se tournent vers Lui, L'aiment et agissent sincèrement pour Lui. Par Son évocation (dhikr) leurs cœurs s'apaisent, et par le fait de Le voir dans l'au-delà leurs yeux se rafraîchiront. Il n'y a rien qu'Il leur donnera dans l'au-delà qui leur sera plus aimé que de Le regarder, et il n'y a rien qu'Il leur donne en ce monde qui soit plus important que d'avoir foi en Lui (…) Sans cela ils n'auront ni bien (salâh) ni réussite, ni bonheur ni plaisir ; au contraire, celui qui s'est détourné du souvenir de son Pourvoyeur, celui-là aura une existence étroite, et (Dieu) le ressuscitera le jour de la résurrection aveugle" (MF 1/23).

Ibn ul-Qayyim écrit :
"وسمعت شيخ الإسلام أبن تيمية قدس الله روحه يقول: إن في الدنيا جنة من لم يدخلها لا يدخل جنة الآخرة.
وقال لي مرة: "ما يصنع أعدائي بي؟ أنا جنتي وبستاني في صدري، إن رحت فهي معي لا تفارقني، إن حبسي خلوة، وقتلي شهادة، وإخراجي من بلدي سياحة." وكان يقول في محبسه في القلعة: "لو بذلت ملء هذه القاعة ذهبا ما عدل عندي شكر هذه النعمة؛ أو قال: ما جزيتهم على ما تسببوا لي فيه من الخير"، ونحو هذا. وكان يقول في سجوده وهو محبوس: "اللهم أعني على ذكرك وشكرك وحسن عبادتك ما شاء الله." وقال لي مرة: "المحبوس من حبس قلبه عن ربه تعالى. والمأسور من أسره هواه." ولما دخل إلى القلعة وصار داخل سورها نظر إليه وقال: "فضرب بينهم بسور له باب باطنه فيه الرحمة وظاهره من قبله العذاب."
وعلم الله ما رأيت أحدا أطيب عيشا منه قط، مع ما كان فيه من ضيق العيش وخلاف الرفاهية والنعيم بل ضدها، ومع ما كان فيه من الحبس والتهديد والإرهاق، وهو مع ذلك من أطيب الناس عيشا، وأشرحهم صدرا، وأقواهم قلبا، وأسرهم نفسا، تلوح نضرة النعيم على وجهه. وكنا إذا اشتد بنا الخوف وساءت منا الظنون وضاقت بنا الأرض أتيناه، فما هو إلا أن نراه ونسمع كلامه فيذهب ذلك كله وينقلب انشراحا وقوة ويقينا وطمأنينة.
فسبحان من أشهد عباده جنته قبل لقائه، وفتح لهم أبوابها في دار العمل، فآتاهم من روحها ونسيمها وطيبها ما استفرغ قواهم لطلبها والمسابقة إليها"

"J'ai entendu Cheikh ul-islâm Ibn Taymiyya – que Dieu sanctifie son âme – dire : "Dans ce monde terrestre il y a un jardin, celui qui n'y est pas entré n'entrera pas dans le jardin de l'au-delà." Une fois il me dit : "Qu'est-ce que mes ennemis pourraient me faire ? Mon paradis, mon jardin se trouve dans ma poitrine ; où que j'aille il reste avec moi, ne me quitte pas. L'emprisonnement est pour moi une khalwa [= retraite spirituelle] ; le fait d'être tué est un shahâda [= martyre] ; le fait d'être exilé de ma ville est un siyâha [= érémitisme]"" (Al-Wâbil us-sayyib, p. 73). Ibn ul-Qayyim se souvient également : "Une fois il me dit : "Le (véritable) enfermé est celui dont le coeur a été enfermé par rapport à son Pourvoyeur. Et le (véritable) emprisonné est celui que ses désirs (hawâ) ont emprisonné"" (Ibid.). Ibn ul-Qayyim écrit encore de son professeur et maître : "Dieu sait que je n'ai jamais vu personne ayant une vie plus agréable que lui ; et ce malgré le fait que ses moyens étaient restreints et qu'il vivait dans le contraire du luxe et des bienfaits matériels, et malgré (ce qu'il a connu d') emprisonnement, de menaces et de harcèlement ; malgré tout cela il était parmi les hommes ayant la vie la plus agréable, à la poitrine la plus sereine, au coeur le plus fort, à l'âme la plus heureuse ; la fraîcheur du bienfait brillait sur son visage. Lorsque la crainte devenait dure sur nous et que nous avions des pensées noires et que la Terre nous semblait étroite, nous nous rendions auprès de lui ; nous ne l'avions pas regardé et n'avions pas entendu ses paroles que tout cela disparaissait de nous et laissait la place à une sérénité (inshirâh), une force, une conviction et une tranquillité" (Ibid., pp. 73-74).

C'est également de la ma'rifa particulière susmentionnée que Ibn ul-Qayyim parle quand il dit qu'adorer Dieu ("'ibâda"), Le connaître ("ma'rifa"), proclamer Son unicité et Le remercier, tout cela constitue le plus grand plaisir de l'âme et du cœur qui est en bonne santé ("'Ibâdatuhû wa ma'rifatuhû wa tawhîduhû wa shuk'ruhû : qurratu 'ayn il-insân wa afdhalu ladhdhatin li-r-rûh wa-l-qalb il-hayyân" : Ighâthat ul-lahfân 1/49 ; dans cette phrase il y a, de façon évidente, des 'atf-ul-khâss 'ala-l-âmm).

C'est toujours de cette ma'rifa particulière que Ibn ul-Qayyim parle quand il dit :
"Connaître Dieu ("ma'rifat-ullâhi sub'hânahû") est de deux types.
- Il y a la connaissance [de Lui] par reconnaissance (iqrâr) ; c'est celle que partagent tous [ceux qui ont apporté foi] : le pieux et celui qui ne l'est pas, l'obéissant et le désobéissant [en actes]
[il s'agit de la dimension classée, dans un autre article, comme étant la 2.2.2, et peut-être même de la 2.2.2.1 aussi].
- Et [puis] il y a la connaissance [de Lui] qui entraîne la pudeur par rapport à Lui, l'amour de Lui, la relation du cœur avec Lui, l'envie de Le rencontrer, la crainte par rapport à Lui, la sérénité ("
uns") par Lui, le fait de se détourner des créatures [pour se tourner] vers Lui ; cela c'est la connaissance [de Lui] qui est particulière, qui a cours dans le langage du qawm [= les soufis orthodoxes]. (…) Celui de toute la création qui Le connaît le plus [= le prophète Muhammad, sur lui soit la paix] a dit : "Je ne peux cerner une éloge à Ton sujet ; Tu es selon les éloges que Tu as faites de Toi-même" [Muslim 879, et d'autres] ; et il a informé que le Très Pur lui inspirera, le jour de la résurrection, parmi Ses louanges, ce qu'il ne connaît pas maintenant [al-Bukhârî 7072]" (Al-Fawâ'ïd, fasl 96).

Ibn ul-Qayyim écrit aussi : "Aimer Dieu, Le connaître, toujours penser à Lui, se tranquilliser vers Lui, et réserver pour Lui l'amour, la crainte, l'espoir, la confiance et le fait d'être en affaire (mu'âmala) de sorte que ce soit Lui Seul qui soit dominant dans les inquiétudes du serviteur [= de l'homme], ses décisions et ses intentions. C'est là le paradis de cette vie terrestre, et le bienfait auquel aucun autre bienfait ne ressemble. Et c'est là la fraîcheur des yeux des muhibbûn, et la vie des 'ârifûn" (Al-Wâbil us-sayyib, p. 74).

Il écrit encore : "إن الله عز وجل أرسل رسله، وأنزل كتبه، وخلق السماوات والأرض، ليعرف ويعبد ويوحد ويكون الدين كله لله، والطاعة كلها له، والدعوة له، كما قال تعالى: {وما خلقت الجن والإنس إلا ليعبدون}، وقال تعالى: {وما خلقنا السماوات والأرض وما بينهما إلا بالحق}، وقال تعالى: {الله الذي خلق سبع سماوات ومن الأرض مثلهن يتنزل الأمر بينهن لتعلموا أن الله على كل شيء قدير وأن الله قد أحاط بكل شيء علما}، وقال تعالى: {جعل الله الكعبة البيت الحرام قياما للناس والشهر الحرام والهدي والقلائد ذلك لتعلموا أن الله يعلم ما في السماوات وما في الأرض وأن الله بكل شيء عليم}. فأخبر سبحانه أن القصد بالخلق والأمر: أن يعرف بأسمائه وصفاته، ويعبد وحده لا يشرك به، وأن يقوم الناس بالقسط، وهو العدل الذي قامت به السماوات والأرض، كما قال تعالى: {لقد أرسلنا رسلنا بالبينات وأنزلنا معهم الكتاب والميزان} فأخبر سبحانه أنه أرسل رسله وأنزل كتبه ليقوم الناس بالقسط وهو العدل" (Al-Jawâb ul-kâfî, p. 128).

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

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