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Il y a le Majâz Lughawî :
Il s'agit du terme employé pour signifier un sens autre que celui qui est véritablement le sien, mais qui comporte néanmoins un lien avec ce sens véritable ; il y a, de plus, un indice qui fait comprendre que ce terme n'a, ici, pas son sens véritable.
Cela à la différence du Haqîqa, qui est le terme employé avec son sens véritable.
– Voici trois exemples de Majâz Lughawî consistant en une Isti'âra (استعارة), "métaphore directe" (la métaphore étant toujours fille d'une comparaison, Tashbîh) :
--- Un verset dit : "Ils veulent éteindre la Lumière de Dieu par leur bouche..." : "يُرِيدُونَ أَن يُطْفِؤُواْ نُورَ اللّهِ بِأَفْوَاهِهِمْ وَيَأْبَى اللّهُ إِلاَّ أَن يُتِمَّ نُورَهُ وَلَوْ كَرِهَ الْكَافِرُونَ" (Coran 9/32) ; "يُرِيدُونَ لِيُطْفِؤُوا نُورَ اللَّهِ بِأَفْوَاهِهِمْ وَاللَّهُ مُتِمُّ نُورِهِ وَلَوْ كَرِهَ الْكَافِرُونَ" (Coran 61/8). Or les termes "la lumière de Dieu" n'évoquent pas, ici : l'Attribut de Lumière de Dieu (comme c'est le cas dans certains hadîths), mais : le Dîn, ou le Coran, ou encore les arguments exprimés dans le Coran pour étayer ses propos : cela a été comparé à une lumière dans la mesure où cela éclaire la voie pour les hommes. Ce qui est dit dans ces versets est donc que des gens veulent éteindre cette lumière par des contre-arguments. "قوله تعالى: {مثل نوره} في هاء الكناية أربعة أقوال: أحدها: أنها ترجع إلى الله عز وجل، قال ابن عباس: مثل هداه في قلب المؤمن" (Zâd ul-massîr). "يهدي الله لنوره} فيه أربعة أقوال: أحدها: لنور القرآن. والثاني: لنور الإيمان. والثالث: لنور محمد صلى الله عليه وسلم. والرابع: لدينه الإسلام" (Ibid.).
--- Au verset "إِنَّمَا الْمُؤْمِنُونَ إِخْوَةٌ فَأَصْلِحُوا بَيْنَ إخْوَتِكُمْ", "Les croyants ne sont que des frères. Aussi, établissez la concorde entre vos frères [qui se sont brouillés]" (Coran 49/10), le terme "frères" est employé deux fois :
----- dans la première des deux phrases, nous avons une métaphore annoncée (tashbîh balîgh) : ce qui est signifié c'est que tous les croyants (c'est-à-dire : ceux qui croient en le Messager dont c'est l'époque) sont comme des frères germains, et cela dans (waj'h ush-shabah) le fait d'avoir une affection, une compassion et une solidarité particulières les uns pour les autres ;
----- et dans la seconde phrase, nous avons une métaphore directe (isti'âra) : le terme "frères" a été employé avec le sens métaphorique de : "ceux qui doivent être l'objet d'affection, de proximité et de compassion de votre part".
--- Un autre verset dit : "(D)es juifs et (d)es chrétiens ont dit : "Nous sommes les fils de Dieu et Ses bien-aimés". Dis : "Pourquoi, alors, vous châtie-t-il à cause de vos péchés ? Vous êtes plutôt des humains, parmi (tous) ceux qu'Il a créés. Il pardonnera à qui Il voudra et châtiera qui Il voudra. (...)" : "وَقَالَتِ الْيَهُودُ وَالنَّصَارَى نَحْنُ أَبْنَاء اللّهِ وَأَحِبَّاؤُهُ قُلْ فَلِمَ يُعَذِّبُكُم بِذُنُوبِكُم بَلْ أَنتُم بَشَرٌ مِّمَّنْ خَلَقَ يَغْفِرُ لِمَن يَشَاء وَيُعَذِّبُ مَن يَشَاء وَلِلّهِ مُلْكُ السَّمَاوَاتِ وَالأَرْضِ وَمَا بَيْنَهُمَا وَإِلَيْهِ الْمَصِيرُ" (Coran 5/18). Les termes "fils de Dieu" ont ici le sens métaphorique de "bien-aimés", et cela a d'ailleurs été explicité par les mots qui les suivent : "et Ses bien-aimés" : "قيل: أرادوا أن الله تعالى لنا كالأب في الحنو والعطف، ونحن كالأبناء له في القرب والمنزلة" (Tafsîr ul-Baghawî) ; "نَحْنُ أَبْنَاءُ اللَّهِ وَأَحِبَّاؤُهُ} والابن في لغتهم هو الحبيب؛ ولم يريدوا البنوة الحقيقية، فإن هذا ليس من مذهبهم إلا مذهب النصارى في المسيح" (Tafsîr us-Sa'dî) ; "قالوا عن أنفسهم: {نَحْنُ أَبْنَاءُ اللَّهِ وَأَحِبَّاؤُهُ}؛ ولا يريدون أنهم أبناء الله بنوة الولادة، لأنه ما ادعى أحد منهم ذلك" (Tafsîr Ibn il-'Uthaymîn).
La formule "fils de Dieu" a ici un sens métaphorique : comme le fils est bien-aimé de son père, le terme "fils" a le sens métaphorique de "bien-aimé", "proche". Et le terme "père" a alors le sens métaphorique de "guide", "bienfaiteur", "affectueux et aimant".
--- On trouve ce sens métaphorique de "fils" et de "père" dans l'Ancien et dans le Nouveau Testaments :
----- dans le 2ème livre de Samuel, il est relaté que Natan a été chargé de transmettre ce propos de Dieu à David : "Je serai pour lui un père et il sera pour moi un fils ; s'il commet une faute, je le corrigerai en me servant d'hommes pour bâton et d'humains pour le frapper" (2Samuel, 7/14) : ce propos évoquerait Salomon ;
----- les propos suivants ont été relatés de Jésus : "Je m'en vais vers mon Père et votre Père, vers mon dieu et votre dieu" (Evangile selon Jean, 20/17) ; "Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent, afin de vous montrer fils de votre Père qui est dans les cieux, parce qu'Il fait lever Son soleil sur les mauvais et sur les bons et pleuvoir sur les justes et les injustes" (Evangile selon Matthieu, 5/45).
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– Et voici un exemple de Majâz Lughawî consistant en une Majâz Mursal (مَجاز مُرسَل), "métonymie" :
--- Dans le Coran, Jésus fils de Marie a été décrit comme étant "une parole provenant de Dieu" : "كَلِمَةٌ مِّنَ الله" (Coran 3/39) (voir aussi Coran 3/45, ainsi que 4/171).
Or Jésus n'est pas véritablement une parole de Dieu.
Il est la conséquence directe d'une parole de Dieu : la parole "Sois !" ("emploi de la cause pour la conséquence", ou : "مَجاز مُرسَل علاقته السببيّة").
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Pour plus de détails, lire notre article consacré au Majâz Lughawî.
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Et puis il y a le Majâz 'Aqlî, ou Majâz Isnâdî :
Cette fois, ce n'est plus (comme c'était le cas avec le Majâz Lughawî) un terme étant employé avec un sens autre que celui qui est véritablement le sien.
Cette fois, c'est la mise en relation d'un verbe évoquant une action, avec chose autre que ce qui est son sujet véritable. Ainsi, au lieu de dire : "7 (années) difficiles pendant lesquelles vous mangerez ce que...", formuler cela en les termes suivants : "7 (années) difficiles qui mangeront ce que...", cela consiste en un Majâz Isnâdî (ou : Majâz 'Aqlî). Le verbe "manger" a ici été mis en relation non pas avec "les hommes" (qui en sont le sujet véritable), mais avec la séquence de temps pendant laquelle ces hommes feront cette action.
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La Haqîqa 'Aqliyya - ou : Isnâdiyya - consiste à relier un verbe (ou un qualificatif dérivé d'un verbe) au sujet qui est l'acteur véritable de l'action que ce verbe exprime.
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A l'inverse, le Majâz 'Aqlî - ou : Majâz Isnâdî - consiste à relier un verbe (ou un qualificatif dérivé d'un verbe) à un sujet qui est autre que l'acteur véritable de l'action que ce verbe exprime, mais qui a quand même une relation avec cette action, relation autre que celle d'acteur : soit moment de l'action, soit cause de l'action, etc. إسناد الفعل - أو ما في معنى الفعل - إلى غير ما هو له الفاعل حقيقةً، لعلاقة بينهما، ومع قرينة تدلّ على أن إسناد الفعل ليس إلى فاعله الحقيقيّ.
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Ci-après quelques-uns des différents types de cette relation, avec au moins un exemple à chaque fois...
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– A) Mise en relation du verbe avec : le temps lors duquel l'action exprimée par ce verbe est faite par son sujet véritable - "إسناد فعل الشخص إلى الزمان الذي يُباشِر ذلك الشخصُ ذلك الفعلَ فيه" - ou : "مجاز عقليّ - أو: مجاز إسناديّ - علاقته الزمانيّة" :
--- Dieu, dans le Coran, relate la parole de Joseph (sur lui soit la paix) interprétant le rêve du roi d'Egypte : "Ensuite viendront 7 (années) difficiles, qui mangeront ce que vous aurez amassé pour elles" : "ثُمَّ يَأْتِي مِن بَعْدِ ذَلِكَ سَبْعٌ شِدَادٌ يَأْكُلْنَ مَا قَدَّمْتُمْ لَهُنَّ إِلاَّ قَلِيلاً مِّمَّا تُحْصِنُونَ" (Coran 12/48).
Or les années ne mangent rien, elles qui sont une séquence du temps ; mais c'était pendant cette séquence de temps que cette action se ferait - à savoir la consommation, par les humains, du grain que les autorités égyptiennes auraient amassé pendant les 7 années précédentes.
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– B) Mise en relation du verbe avec : le lieu où l'action exprimée par ce verbe est faite par son sujet véritable - "إسناد فعل الشخص إلى المكان الذي يُباشِر ذلك الشخصُ ذلك الفعلَ فيه" - ou : "مجاز عقليّ - أو: مجاز إسناديّ - علاقته المكانيّة":
--- "أَوَلَمْ يَرَوْا أَنَّا جَعَلْنَا حَرَمًا آمِنًا وَيُتَخَطَّفُ النَّاسُ مِنْ حَوْلِهِمْ" : "N'ont-ils pas vu que Nous avons suscité un Territoire Sacré sûr, alors que des hommes sont enlevés autour d'eux ?" (Coran 29/67). Or ce n'est pas le Territoire qui est en sécurité ("âmin"), ce sont les hommes s'y trouvant qui le sont. Mais ils bénéficiaient de cette sécurité au sein de ce territoire. C'est donc le territoire qui a été déclaré : "sûr".
--- Un autre exemple possible est la phrase : "تَجْرِي مِن تَحْتِهَا الأَنْهَارُ" : "au pied desquels coulent les rivières" ("an'hâr", pluriel de "nahar") (Coran) : or le "nahar" c'est "le lit de la rivière" ; et c'est en fait l'eau qui coule dans ce lit. Mais la relation du verbe "couler" a été faite vers le lieu où l'eau coule.
J'ai dit "possible" parce qu'ici, autre chose est également possible : que nous ayons plutôt un Majâz Lughawî wa Mursal, avec non plus la relation (Isnâd) du verbe faite par autre chose que son sujet véritable, mais bien le terme lui-même étant employé à la place d'un autre : il y aura eu ici l'"emploi du contenant pour le contenu", "majâz mursal 'alâqatuhû : al-mahalliyya".
--- Mêmes observations concernant la phrase : "أَنزَلَ مِنَ السَّمَاء مَاء فَسَالَتْ أَوْدِيَةٌ بِقَدَرِهَا" : "Il a fait descendre du ciel une eau, alors les oueds ont coulé d'après leur capacité" (Coran 13/17) : or le "wâdî" ("oued", pluriel : "awdiya"), c'est "le lit de l'oued" ; et c'est en fait l'eau qui coule dans ce lit. Mais la relation du verbe "couler" a été faite vers le lieu où l'eau coule. D'où un Majâz Isnâdî.
Ici encore, toutefois, il est possible qu'on ait en fait un Majâz Lughawî wa Mursal, avec l'"emploi du contenant pour le contenu" ("majâz mursal 'alâqatuhû : al-mahalliyya") : l'emploi du terme "oued" à la place de : "eau coulant dans l'oued".
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– C) Mise en relation du verbe avec : la cause qui a entraîné l'action exprimée par ce verbe à être faite par son sujet véritable - "إسناد فعل الشخص إلى الذي هو سبب مباشرة ذلك الشخص ذلك الفعلَ" ; ou : "مجاز عقليّ - أو: مجاز إسناديّ - علاقته السببيّة" :
–--- C.A) Soit il s'agit de la cause qui a entraîné le sujet véritable à faire l'action exprimée par ce verse - "إسناد فعل الإنسان إلى مَن حَرّك الفاعلَ في مباشرته الفعلَ" ; ou : "مجاز عقليّ - أو: مجاز إسناديّ - علاقته السببيّة المُحَرِّكيّة" :
----- Il y a ici ce verset : "إِنَّ فِرْعَوْنَ عَلَا فِي الْأَرْضِ وَجَعَلَ أَهْلَهَا شِيَعًا يَسْتَضْعِفُ طَائِفَةً مِّنْهُمْ يُذَبِّحُ أَبْنَاءهُمْ وَيَسْتَحْيِي نِسَاءهُمْ إِنَّهُ كَانَ مِنَ الْمُفْسِدِينَ" : "Pharaon s'était enorgueilli sur terre et avait fait de ses habitants des groupes ; il en considérait l'un faible, égorgeant ses fils..." (Coran 28/4). Or ce n'est pas Pharaon qui a fait cette action, mais ses hommes de main : Pharaon a en fait été la cause de cette action, par le fait d'avoir ordonné à son ministre d'ordonner à ses sbires de faire cette action. De même ici : "وَقَالَ فِرْعَوْنُ يَا هَامَانُ ابْنِ لِي صَرْحًا" : "Et Pharaon dit : "Hâmân, bâtis pour moi une tour afin que..." (Coran 40/36) : ce n'est pas Hâmân qui bâtissait : il se contentait d'ordonner que les subordonnés bâtissent cette tour.
Tous les versets où Dieu S'attribue des faits qui ont en réalité été faits par des anges relèvent eux aussi de ce cas de figure.
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----- Dans la Sunna est relaté le cas d'un jeune homme suivant Jésus (lorsque le message de ce dernier était encore en vigueur), qui guérissait miraculeusement l'aveugle de naissance, le lépreux et d'autres malades encore trouvaient la guérison par son moyen. Relatant son histoire, le prophète Muhammad (sur lui soit la paix) dit : "Et ce jeune homme guérissait l'aveugle de naissance, le lépreux, et (les personnes atteintes) d'autres maladies" : "وكان الغلام يُبرِئ الأكمه والأبرص، ويداوي الناس من سائر الأدواء" (Muslim, 3005) ; "فكان الغلام يُبرِئ الأكمه وسائر الأدواء ويَشفِيهم" (Ahmad, 23931). Pourtant, le Prophète a également relaté que, à un courtisan du roi, devenu aveugle, qui vint le trouver avec des présents et lui dit : "Tout ce qui est là est à toi si tu me guéris", ce jeune homme répondit : "Je ne guéris personne. Ce n'est que Dieu qui guérit. Si tu apportes foi en Dieu, je L'invoquerai, et alors Il te guérira" : "فسمع جليس للملك كان قد عمي، فأتاه بهدايا كثيرة، فقال: "ما هاهنا لك أجمع إن أنت شفيتني." فقال: "إني لا أَشفِي أحدا. إنما يَشفِي الله. فإن أنت آمنت بالله، دعوت الله فشفاك." فآمن بالله فشفاه الله" (Muslim, 3005 ; Ahmad, 23931).
Contradiction, ici, entre l'affirmation faite par le Prophète (sur lui soit la paix) dans ce récit ("ce jeune homme guérissait l'aveugle de naissance"), et la négation faite par le jeune homme et relatée par le Prophète (sur lui soit la paix) lui-même dans le récit ("Je ne guéris personne ; ce n'est que Dieu qui guérit. Si tu apportes foi en Dieu, je L'invoquerai, et alors Il te guérira") ?
Non :
------- la négation d'en être le sujet concerne cette action ("guérir") lorsque réalisée directement (Haqîqa Isnâdiyya) : "إني لا أشفي أحدا. إنما يشفي الله". Il voulait dire : "Je ne guéris personne [de par ma propre décision, ni de par un effet direct provenant de moi]. Ce n'est que Dieu qui guérit. Si tu apportes foi en Dieu, je L'invoquerai, et alors Il te guérira" ; cette négation s'applique à la relation véritable de l'action (isnâd haqîqî) : ce n'était effectivement pas ce jeune homme qui procédait à la guérison, mais Dieu ;
------- et l'affirmation d'en être le sujet concerne cette action ("guérir") lorsque réalisée par causalité (par Majâz Isnâdî) : "فكان الغلام يبرئ الأكمه وسائر الأدواء ويشفيهم". Le Prophète a voulu dire que c'est suite à l'intercession du jeune homme auprès de Dieu en faveur du malade que Dieu, acceptant cette intercession, guérissait celui-ci : "Et ce jeune homme guérissait l'aveugle de naissance, le lépreux, et (les personnes atteintes) d'autres maladies [par le fait d'invoquer Dieu en faveur de ceux qui apportaient foi, et, ainsi, d'intercéder en leur faveur auprès de Dieu. Or Dieu fait la faveur de beaucoup accepter l'intercession de ses pieux serviteurs en faveur de croyants]". Ce jeune homme était la cause (Sabab) du fait que Dieu accordait la guérison à ces malades, car Dieu exauçait ses invocations en ce sens. (Selon une autre perspective, les invocations adressées par ce jeune homme à Dieu étaient l'instrument - Âlah - que Dieu utilisait - par Faveur, de Sa part, d'honorer ce jeune homme - pour décider d'accorder la guérison à ces personnes.) En tous cas il s'agit d'un Majâz 'Aqlî.
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----- On peut également citer ici le propos suivant, que le Coran relate de juifs : "وَبِكُفْرِهِمْ وَقَوْلِهِمْ عَلَى مَرْيَمَ بُهْتَانًا عَظِيمًا وَقَوْلِهِمْ إِنَّا قَتَلْنَا الْمَسِيحَ عِيسَى ابْنَ مَرْيَمَ رَسُولَ اللّهِ وَمَا قَتَلُوهُ وَمَا صَلَبُوهُ وَلَكِن شُبِّهَ لَهُمْ" : "Et à cause de leur refus de croire, du fait d'avoir proféré au sujet de Marie une calomnie énorme, et de leur propos : "Nous avons tué le Messie Jésus fils de Marie" - alors qu'ils ne l'ont pas tué et ne l'ont pas crucifié mais l'affaire leur a été rendue confuse..." (Coran 4/156).
Quelqu'un pourrait objecter à cela que ceux des juifs que le Coran évoque ici n'ont pas dit : "Nous avons tué Jésus", pour qu'ensuite la contradiction "alors qu'ils ne l'ont pas tué et ne l'ont pas crucifié" ait du sens ; en effet, comment auraient-ils dit cela, alors que tout le monde sait que c'est Ponce Pilate, alors préfet romain de Judée, qui a ordonné qu'il soit tué !
Pourtant on retrouve bel et bien cette formulation chez Moïse Maïmonide, qui (quelques siècles après la révélation du Coran), parlant de Jésus le Nazaréen, écrira : "Il fut maîtrisé et nous y mîmes un terme lorsqu'il tomba entre nos mains, et son sort est bien connu" (Epître aux Gens du Yémen).
En fait nous avons ici un Majâz 'Aqlî : ces gens se sont attribués l'action "tuer Jésus" par causalité, dans la mesure où ce sont eux qui l'ont livré à Ponce Pilate et ont poussé ce dernier à le faire mettre à mort, lui disant : "Il pousse le peuple à la révolte par son enseignement. Il a commencé en Galilée, est passé par toute la Judée, et maintenant est venu jusqu'ici !" (Luc 23/5) ; "Nous avons trouvé cet homme en train d'égarer notre peuple. Il leur dit de ne pas payer les impôts à l'Empereur, et il prétend qu'il est lui-même le Messie, c'est-à-dire un roi" (Luc 23/2) ; "Si tu relâches cet homme, tu n'es pas un ami de l'Empereur ! Car tout homme qui se déclare roi est un ennemi de l'Empereur !" (Jean 19/12).
D'ailleurs Ponce Pilate aussi a ordonné que Jésus soit tué, il n'a pas fait les gestes mettant un homme à mort ; ceux qui disent : "Pilate l'a tué" emploient de nouveau un Majâz Isnâdî, avec relation de causalité.
En tous cas, le propose "Nous avons tué le messie Jésus fils de Marie" signifie donc : "Nous avons fait tuer Jésus fils de Marie". (Ce qualificatif "le messie" à son sujet était ironique de leur part.)
Quant au fait que certains de leurs coreligionnaires postérieurs aussi disent : "Nous avons fait tuer Jésus" (Maïmonide lui-même l'a dit), alors même qu'ils n'étaient pas encore nés lorsque Jésus prêchait puis fut arrêté, cela relève du Majâz Isnâdî du type D' (type que nous verrons plus bas).
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----- Le propos suivant, attribué à Jésus, relève lui aussi du Majâz Isnâdî de ce type C.A :
"Pourtant, je vous dis la vérité : il vaut mieux pour vous que je m'en aille, car :
--- si je ne m'en vais pas, le Paraclet ne viendra pas à vous ;
--- mais si je pars, je vous l'enverrai" (Evangile selon Jean, 16/7).
Or, envoyer le Paraclet, c'est une Action de Dieu, et pas de Jésus.
Mais il s'agit d'un Majâz Isnâdî par causalité : vu que le départ de Jésus (avec la Permission de Dieu) entraînera que Dieu, par Miséricorde, enverra un autre Paraclet parmi les hommes pour les guider, Jésus a attribué cette action d'"envoyer le Paraclet" à sa personne.
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En relation avec ce type C.A, lire notre article consacré au Majâz 'Aqlî avec relation de causalité (علاقته السببيّة المُحَرّكيّة).
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–--- C.B) Soit il s'agit de l'instrument utilisé par le sujet véritable pour réaliser l'action exprimée par ce verbe - "إسناد فعل الشخص إلى الآلة التي بها يفعله الشخص" ; ou : "مجاز عقليّ - أو: مجاز إسناديّ - علاقته السببيّة الآليّة" :
----- Dans le Coran, Dieu :
------- tantôt dit qu'Il raconte telle chose ("نَقُصُّ عَلَيْكَ" : plusieurs passages du Coran), qu'Il rend le jugement entre les hommes ("وَاسْأَلُوا مَا أَنفَقْتُمْ وَلْيَسْأَلُوا مَا أَنفَقُوا ذَلِكُمْ حُكْمُ اللَّهِ يَحْكُمُ بَيْنَكُمْ وَاللَّهُ عَلِيمٌ حَكِيمٌ" : Coran 60/10), qu'Il donne fatwa ("يَسْتَفْتُونَكَ قُلِ اللّهُ يُفْتِيكُمْ فِي الْكَلاَلَةِ" : Coran 4/176), qu'Il guide des personnes par le moyen du Coran ("قَدْ جَاءكُم مِّنَ اللّهِ نُورٌ وَكِتَابٌ مُّبِينٌ يَهْدِي بِهِ اللّهُ مَنِ اتَّبَعَ رِضْوَانَهُ سُبُلَ السَّلاَمِ وَيُخْرِجُهُم مِّنِ الظُّلُمَاتِ إِلَى النُّورِ بِإِذْنِهِ وَيَهْدِيهِمْ إِلَى صِرَاطٍ مُّسْتَقِيمٍ" : Coran 5/15-16 ; "يُضِلُّ بِهِ كَثِيراً وَيَهْدِي بِهِ كَثِيراً وَمَا يُضِلُّ بِهِ إِلاَّ الْفَاسِقِينَ" : Coran 2/26), etc. ;
------- mais tantôt dit que le Coran guide vers le chemin droit, et donne la bonne nouvelle aux croyants ("إِنَّ هَذَا الْقُرْآنَ يِهْدِي لِلَّتِي هِيَ أَقْوَمُ وَيُبَشِّرُ الْمُؤْمِنِينَ الَّذِينَ يَعْمَلُونَ الصَّالِحَاتِ أَنَّ لَهُمْ أَجْرًا كَبِيرًا" : Coran 17/9), que le Coran raconte telle chose ("إِنَّ هَذَا الْقُرْآنَ يَقُصُّ عَلَى بَنِي إِسْرَائِيلَ أَكْثَرَ الَّذِي هُمْ فِيهِ يَخْتَلِفُونَ" : Coran 27/76), que le Coran donne fatwa ("وَيَسْتَفْتُونَكَ فِي النِّسَاء قُلِ اللّهُ يُفْتِيكُمْ فِيهِنَّ وَمَا يُتْلَى عَلَيْكُمْ فِي الْكِتَابِ فِي يَتَامَى النِّسَاء الَّلاتِي لاَ تُؤْتُونَهُنَّ مَا كُتِبَ لَهُنَّ وَتَرْغَبُونَ أَن تَنكِحُوهُنَّ وَالْمُسْتَضْعَفِينَ مِنَ الْوِلْدَانِ وَأَن تَقُومُواْ لِلْيَتَامَى بِالْقِسْطِ" : Coran 4/127), etc.
Dans le premier cas, nous avons ces actions qui sont reliées avec leur sujet véritable (Haqîqa Isnâdiyya) : Dieu.
Dans le second cas, il s'agit d'un Majâz Isnâdî. En commentaire de "كَانَ النَّاسُ أُمَّةً وَاحِدَةً فَبَعَثَ اللّهُ النَّبِيِّينَ مُبَشِّرِينَ وَمُنذِرِينَ وَأَنزَلَ مَعَهُمُ الْكِتَابَ بِالْحَقِّ لِيَحْكُمَ بَيْنَ النَّاسِ فِيمَا اخْتَلَفُواْ فِيهِ" : "Les hommes formaient un groupe unique [dans le monothéisme] (puis ils divergèrent*). Alors Dieu suscita les prophètes en tant que donneurs de bonne nouvelle et en tant qu'avertisseurs, et Il fit descendre avec eux l'Ecriture avec la vérité, afin que (cette Ecriture) tranche entre les hommes au sujet de ce en quoi ils divergèrent" (Coran 2/213), al-Qurtubî écrit ainsi : "و{لِيحكمَ} مسند إلى "الكتاب" في قول الجمهور، وهو نُصِبَ بإضمار "أنْ"، أي: "لِأنْ يَحكمَ"، وهو مجاز مثل: {هذا كتابنا ينطق عليكم بالحق (Tafsîr ul-Qurtubî, 3/32), et ar-Râzî dit : "أقصى ما في الباب أن يقال: الحاكم هو الله، فإسناد الحكم إلى "الكتاب" مجاز" (Tafsîr ur-Râzî). (* Conformément à ce qui est dit explicitement dans cet autre verset : "وَمَا كَانَ النَّاسُ إِلاَّ أُمَّةً وَاحِدَةً فَاخْتَلَفُواْ" : "Et les hommes ne formaient qu'un groupe unique [dans le monothéisme], puis ils divergèrent" : Coran 10/19.)
De façon générale, Ibn Taymiyya écrit ceci à ce sujet : "فعلي - رضي الله عنه - لم يرد بقوله: "ما حكّمتُ مخلوقا، وإنما حكّمتُ القرآن": أي "ما حكّمتُ كلاما مفترى"! فإن الخوارج إنما قالوا له: "حكّمتَ مخلوقا من الناس" - وهما أبو موسى وعمرو بن العاص -، فقال: "لم أحكِّم مخلوقا، وإنما حكّمت القرآن، وهو كلام الله". فالحكم لله. وهو سبحانه يصف كلامه بأنه يحكم ويقص ويفتي، كقوله: {إن هذا القرآن يقص على بني إسرائيل}، وكقوله: {ويستفتونك في النساء قل الله يفتيكم فيهن وما يتلى عليكم في الكتاب في يتامى النساء} أي: وما يتلى عليكم يفتيكم فيهن، وقوله: {وأنزل معهم الكتاب بالحق ليحكم بين الناس فيما اختلفوا فيه}. وإذا أضيف الحكم والقصص والإفتاء إلى القرآن - الذي هو كلام الله -، فـالله هو الذي حكم به وأفتى به وقص به، كما أضاف ذلك إلى نفسه في غير موضع. فهذا هو مراد علي بن أبي طالب وجعفر بن محمد وغيرهما من أهل البيت - رضوان الله عليهم - وسائر سلف الأمة بلا ريب. فتبين أن هؤلاء الرافضة مخالفون لأئمة أهل البيت وسائر السلف في مسألة القرآن كما خالفوهم في غيرها" (Minhâj us-Sunna, 2/255 dans l'édition courante : ce passage manque dans l'édition que je possède, juste après 1/298).
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----- Aux versets suivants, l'action "faire pousser (les plantes)" est reliée avec son sujet véritable (Haqîqa Isnâdiyya) : Dieu : "هُوَ الَّذِي أَنزَلَ مِنَ السَّمَاء مَاء لَّكُم مِّنْهُ شَرَابٌ وَمِنْهُ شَجَرٌ فِيهِ تُسِيمُونَ يُنبِتُ لَكُم بِهِ الزَّرْعَ وَالزَّيْتُونَ وَالنَّخِيلَ وَالأَعْنَابَ وَمِن كُلِّ الثَّمَرَاتِ إِنَّ فِي ذَلِكَ لآيَةً لِّقَوْمٍ يَتَفَكَّرُونَ" (Coran 16/10-11) ; "أَمَّنْ خَلَقَ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضَ وَأَنزَلَ لَكُم مِّنَ السَّمَاء مَاء فَأَنبَتْنَا بِهِ حَدَائِقَ ذَاتَ بَهْجَةٍ مَّا كَانَ لَكُمْ أَن تُنبِتُوا شَجَرَهَا أَإِلَهٌ مَّعَ اللَّهِ بَلْ هُمْ قَوْمٌ يَعْدِلُونَ" (Coran 27/60) ; "أَفَرَأَيْتُم مَّا تَحْرُثُونَ أَأَنتُمْ تَزْرَعُونَهُ أَمْ نَحْنُ الزَّارِعُونَ لَوْ نَشَاء لَجَعَلْنَاهُ حُطَامًا فَظَلَلْتُمْ تَفَكَّهُونَ إِنَّا لَمُغْرَمُونَ بَلْ نَحْنُ مَحْرُومُونَ" (Coran 56/63-67).
----- Par contre :
------- au verset suivant, le 6/61, quand il est dit que la terre fait pousser des plantes, il s'agit d'un Majâz Isnâdî (ou : 'Aqlî) : la terre est l'outil que Dieu utilise pour faire pousser les plantes : "وَإِذْ قُلْتُمْ يَا مُوسَى لَن نَّصْبِرَ عَلَىَ طَعَامٍ وَاحِدٍ فَادْعُ لَنَا رَبَّكَ يُخْرِجْ لَنَا مِمَّا تُنبِتُ الأَرْضُ مِن بَقْلِهَا وَقِثَّآئِهَا وَفُومِهَا وَعَدَسِهَا وَبَصَلِهَا قَالَ أَتَسْتَبْدِلُونَ الَّذِي هُوَ أَدْنَى بِالَّذِي هُوَ خَيْرٌ اهْبِطُواْ مِصْراً فَإِنَّ لَكُم مَّا سَأَلْتُمْ" (Coran 6/61) ("وإضافة الإنبات إلى الأرض مجاز، إذ المنبت هو الله تعالى؛ لكنه لمّا جَعَل فيها قابليّة الإنبات، نَسَبَ الإنبات إليها" : Al-Bahr ul-muhît, Abû Hayyân al-Gharnâtî) ;
------- de même, dans la Sunna, au hadîth suivant, il est dit que c'est le ruisseau d'eau qui fait pousser des plantes : "إنه لا يأتي الخير بالشر. وإن مما يُنبِت الربيعُ يقتل أو يلم، إلا آكلة الخضراء أكلت حتى إذا امتدت خاصرتاها، استقبلت عين الشمس فثلطت وبالت ورتعت" (al-Bukhârî, 1396, Muslim, 1052) : il s'agit de nouveau de l'outil seulement ; nous avons donc encore un Majâz Isnâdî.
L'outil est cause de l'apparition de l'accident ('aradh) ; mais, en même temps, est instrument entre les mains de qui est cause supérieure et qui veut qu'apparaisse cet accident ('aradh).
الماء والأرض سببان مؤثِّران في نبات الزرع، وهما آلتان في يد الله لإنبات الزرع.
الدواء والدعاء سببان مؤثِّران في برء المريض، وهما آلتان في يد الله لإبراء المريض (كما قد يبرئه الله بغير أيٍّ مِن هاتين الآلتين).
والرسول ودعوته سبب مؤثِّر في اهتداء الإنسان، وهو آلة في يد الله لهداية الإنسان (و"الهداية" هنا بمعنى "التوفيق".
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ثم قد يُنسَب الفعل إلى الآلة القريبة مجازًا عقليًا، فيقال: "أَنْبتَ الماءُ والأرضُ الزرعَ.
كما قد يُنسَب الفعل إلى آلة أبعد، فيقال: "أَنْبتَ الحارثُ الزرعَ.
قال الراغب: "الزرع: الإنبات، وحقيقة ذلك تكون بالأمور الإلهية دون البشرية: قال: {أأنتم تزرعونه أم نحن الزارعون}، فنسب الحرث إليهم، ونفى عنهم الزرع ونسبه إلى نفسه. وإذا نسب إلى العبد، فلكونه فاعلا للأسباب التي هي سبب الزرع، كما تقول "أَنْبَتُّ كذا" أذا كنتَ من أسباب نباته" (المفردات).
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Ce qui est déterminant, pour savoir si le Majâz 'Aqlî est de type 'alâqa Sababiyya Muharrikiyya (dû à la causalité efficiente), ou Sababiyya Âliyya (dû à la causalité d'outillage) (هل علاقة المجاز الإسنادي: سببيّة مُحّرِّكيّة، أم سببيّة آلِيّة؟), c'est d'établir le sens premier du verbe utilisé :
– dans le cas des verbes Binâ' et Ikhrâj, le sens premier en est : "placer brique sur brique" et : "procéder à l'expulsion de quelqu'un manu militari" (respectivement). L'acteur véritable est donc celui qui fait chacune de ces actions. Quant aux autres acteurs entrant en jeu, ils sont alors forcément des Sabab Muharrik Ba'îd, Causes plus lointaines, ayant entraîné que l'acteur véritable de ces actions a fait celles-ci. Le Majâz 'Aqlî est donc, ici, de type 'alâqa Sababiyya Muharrikiyya ("C.A") ;
– tandis que dans le cas des verbes Inbât, Shifâ' et Hidâya, leur sens premier ne peut avoir pour acteur véritable que Dieu : "faire pousser les plantes" ; "guérir quelqu'un de sa maladie" ; "guider concrètement quelqu'un à la droiture". Les autres acteurs ne sont donc que des Âlah, Instruments entre les Mains de Dieu (et non pas des causes de Sa prise de décision). Le Majâz 'Aqlî est donc, cette fois, de type 'alâqa Sababiyya Âliyya ("C.B"). N'oublions pas que ces instruments, exerçant chacun à son échelle un effet contribuant au résultat, sont en même temps des causes ayant entraîné ces résultats : le fait est que chaque outil est une cause, mais que chaque cause n'est pas un outil ("كل آلة سبب؛ وليس كل سبب آلة") ; et que c'est selon une perspective donnée que l'outil est outil, vu que, selon une autre perspective, il est cause.
(Par contre, dans le cas du jeune homme sus-évoqué, son invocation peut être perçue comme la cause de la décision de Dieu de guérir le malade : le Majâz est, alors, du type C.A.)
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Voici un petit croquis exposant différents acteurs intervenant lors d'une action d'un sujet :
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Dans le Coran et la Sunna, certaines Actions données sont telles qu'on les trouve être attribuées à : "Allah et Son Messager" :
--- cela parfois alors que c'est le Messager qui fait véritablement cette action (laquelle consiste à dire quelque chose, ou à faire quelque chose) ; cependant, vu qu'il dit cela ou fait cela en étant dans le cadre de ce que Dieu lui a ordonné globalement, cela est attribué à Dieu aussi (en tant que Cause ordonnant, Sabab Âmir : "C.A") : "وَمَا كَانَ لِمُؤْمِنٍ وَلَا مُؤْمِنَةٍ إِذَا قَضَى اللَّهُ وَرَسُولُهُ أَمْرًا أَن يَكُونَ لَهُمُ الْخِيَرَةُ مِنْ أَمْرِهِمْ" (Coran 33/36 : au sujet de l'ordre donné à Zaynab bint Jahsh de se marier avec Zayd ibn Hâritha) ; "وَلَوْ أَنَّهُمْ رَضُوْاْ مَا آتَاهُمُ اللّهُ وَرَسُولُهُ وَقَالُواْ حَسْبُنَا اللّهُ سَيُؤْتِينَا اللّهُ مِن فَضْلِهِ وَرَسُولُهُ إِنَّا إِلَى اللّهِ رَاغِبُونَ" (Coran 9/59) ; "قال: "فأنت السواد الذي رأيت أمامي؟" قلت: "نعم"، فلهدني في صدري لهدة أوجعتني، ثم قال: "أظننت أن يحيف الله عليك ورسوله؟"، قالت: "مهما يكتم الناس يعلمه الله. نعم"" (Muslim, 974/130, an-Nassâ'ï : quand Aïcha exprima qu'elle s'était dite que le Prophète s'était peut-être rendu auprès d'une autre épouse, alors que c'était sa nuit à elle) ; "يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا لَا تُقَدِّمُوا بَيْنَ يَدَيِ اللَّهِ وَرَسُولِهِ وَاتَّقُوا اللَّهَ إِنَّ اللَّهَ سَمِيعٌ عَلِيمٌ" (Coran 49/1 : il s'agissait de la décision que le Prophète allait prendre concernant la nomination de l'émir pour les Banû Tamîm) ;
--- cela d'autres fois alors que c'est Dieu qui fait véritablement cette action, le Messager n'étant que l'instrument (الآلة) de transmission du propos, ou d'exécution de l'action : le verbe est alors malgré tout attribué au Messager aussi, en tant qu'instrument, Âlah : "C.B" : "وَمَا نَقَمُواْ إِلاَّ أَنْ أَغْنَاهُمُ اللّهُ وَرَسُولُهُ مِن فَضْلِهِ" (Coran 9/74) ;
--- cela, enfin parfois, alors que si, d'abord, il y a mention du nom de chacun d'eux, ensuite il y a un seul pronom, et celui-ci :
----- renvoie à Dieu : "وَاللّهُ وَرَسُولُهُ أَحَقُّ أَن يُرْضُوهُ إِن كَانُواْ مُؤْمِنِينَ" (Coran 9/62) ; "وَمَن يَعْصِ اللّهَ وَرَسُولَهُ وَيَتَعَدَّ حُدُودَهُ" (Coran 4/14) ;
----- renvoie au Messager : "وَإِذَا دُعُوا إِلَى اللَّهِ وَرَسُولِهِ لِيَحْكُمَ بَيْنَهُمْ إِذَا فَرِيقٌ مِّنْهُم مُّعْرِضُونَ وَإِن يَكُن لَّهُمُ الْحَقُّ يَأْتُوا إِلَيْهِ مُذْعِنِينَ. أَفِي قُلُوبِهِم مَّرَضٌ أَمِ ارْتَابُوا أَمْ يَخَافُونَ أَن يَحِيفَ اللَّهُ عَلَيْهِمْ وَرَسُولُهُ بَلْ أُوْلَئِكَ هُمُ الظَّالِمُونَ. إِنَّمَا كَانَ قَوْلَ الْمُؤْمِنِينَ إِذَا دُعُوا إِلَى اللَّهِ وَرَسُولِهِ لِيَحْكُمَ بَيْنَهُمْ أَن يَقُولُوا سَمِعْنَا وَأَطَعْنَا وَأُوْلَئِكَ هُمُ الْمُفْلِحُونَ" (Coran 24/48-51 : c'est le Prophète qui rend le jugement évoqué).
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– D) Mise en relation du verbe avec l'ensemble du groupe auquel s'identifient pleinement le locuteur (ou l'interlocuteur immédiat) du propos, bien que ce locuteur (ou cet interlocuteur immédiat) ne soit nullement le sujet véritable de l'action exprimée par ce verbe. S'agirait-il d'un "إسناد الفعل إلى كلّ الحزب الذي ينتسب المتكلِّم (أو المخاطَب) إليه" ? Et pourrions-nous appeler cela un : "مجاز عقليّ - أو: مجاز إسناديّ - علاقته الانتسابيّة" ?
--- Nous avons ce genre de mise en relation dans les hadîths suivants... Il s'agit de hadîths dans lesquels on voit le Prophète (sur lui soit la paix) s'adresser à des hommes se trouvant face à lui - des Compagnons, donc - et leur dire : "Vous ferez telle et telle actions", alors même que ces hommes-là ne sont pas ceux qui feront véritablement ces actions : ceux qui les feront viendront bien après les premiers, dans le futur. Et, dans certains de ces hadîths, on voit ses Compagnons lui répondirent alors : "Serons-nous alors ainsi ?", alors que ce ne sont pas eux qui seront ou ne seront pas ainsi, mais d'autres musulmans, qui viendront après eux. Cependant, étant donné que les Compagnons du Prophète et les Musulmans devant venir après eux s'affilient tous au même groupe - la Umma Muhammadiyya -, les verbes exprimant ces actions ont été affiliés aux premiers.
--- Voici quelques-uns de ces hadîths :
----- "عن نافع بن عتبة، أن رسول الله صلى الله عليه وسلم قال: "(...). ثم تغزون الدجال فيفتحه الله" (Muslim, 2900) ;
----- "عن سالم بن عبد الله، أن عبد الله بن عمر رضي الله عنهما، قال: سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلم يقول: "تقاتلكم اليهود" (al-Bukhârî, 3398, Muslim, 2921) ; "عن نافع، عن عبد الله بن عمر رضي الله عنهما: أن رسول الله صلى الله عليه وسلم قال: "تقاتلون اليهود" (al-Bukhârî, 2767, Muslim, 2921/79). Ibn Hajar écrit : "وفي قوله صلى الله عليه وسلم "تقاتلكم اليهود" جواز مخاطبة الشخص، والمراد من هو منه بسبيل، لأن الخطاب كان للصحابة، والمراد من يأتي بعدهم بدهر طويل" (FB, 6/745-746) ; "فيه جواز مخاطبة الشخص، والمراد غيره ممن يقول بقوله ويعتقد اعتقاده، لأنه من المعلوم أن الوقت الذي أشار إليه صلى الله عليه وسلم لم يأت بعد" (Ibid, 6/126) ;
----- "عن أبي هريرة رضي الله عنه، قال: "كيف أنتم إذا لم تجتبوا دينارا ولا درهما؟"، فقيل له: "وكيف ترى ذلك كائنا يا أبا هريرة؟"، قال: "إي والذي نفس أبي هريرة بيده، عن قول الصادق المصدوق"، قالوا: "عم ذاك؟"، قال: "تنتهك ذمة الله وذمة رسوله صلى الله عليه وسلم، فيشد الله عز وجل قلوب أهل الذمة، فيمنعون ما في أيديهم" (al-Bukhârî, 3009) ;
----- "عن أبي هريرة، قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "كيف أنتم إذا نزل ابن مريم فيكم، وإمامكم منكم" (al-Bukhârî, 3265, Muslim, 155) ;
----- "عن ثوبان، قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "يوشك الأمم أن تداعى عليكم كما تداعى الأكلة إلى قصعتها". فقال قائل: "ومن قلة نحن يومئذ؟"، قال: "بل أنتم يومئذ كثير، ولكنكم غثاء كغثاء السيل..." (Abû Dâoûd, 4297).
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--- Parlant de la bataille de Uhud, Dieu S'adresse à l'ensemble des Compagnons y ayant participé : "وَمَا أَصَابَـكُمْ يَوْمَ الْتَقَى الْجَمْعَانِ فَبِإِذْنِ اللّهِ" (Coran 3/166) ; "وَلِيَبْتَلِيَ اللّهُ مَا فِي صُدُورِكُمْ وَلِيُمَحَّصَ مَا فِي قُلُوبِـكُمْ وَاللّهُ عَلِيمٌ بِذَاتِ الصُّدُورِ" (Coran 3/154) ; "أَمْ حَسِبْتُمْ أَن تَدْخُلُواْ الْجَنَّةَ وَلَمَّا يَعْلَمِ اللّهُ الَّذِينَ جَاهَدُواْ مِنكُمْ وَيَعْلَمَ الصَّابِرِينَ" (Coran 3/142) ; "وَيَتَّخِذَ مِنكُمْ شُهَدَاء" (Coran 3/140). Cela est de l'ordre du normal. Or il y a quelques passages où ce sont seulement certains Compagnons qui ont fait une Khata', et pourtant, c'est à tous que Dieu S'adresse pour leur rappeler cette Khata' : cela en tant que collectivité, par rapport à la responsabilité dans ce qui arrive dans ce monde ; cependant, au niveau de la responsabilité devant Dieu (laquelle s'exprimera dans l'autre monde), la responsabilité demeure individuelle. En effet, Uhud il y eut un manquement dans la 'Amal (un abandon du strict impératif laissé par le Prophète, sur lui soit la paix) de la part de seulement 40 personnes (sur les 50 ayant été désignées au poste) ; et cela causa la défaite des 700 Compagnons présents. Or, lorsque Dieu en parla peu après, au sein des "vous" qui s'adressent à l'ensemble des croyants présents ce jour-là, il y a des "vous" suivis de l'action que seules ces 40 personnes firent : "وَلَقَدْ صَدَقَكُمُ اللّهُ وَعْدَهُ إِذْ تَحُسُّونَهُم بِإِذْنِهِ حَتَّى إِذَا فَشِلْتُمْ وَتَنَازَعْتُمْ فِي الأَمْرِ وَعَصَيْتُم مِّن بَعْدِ مَا أَرَاكُم مَّا تُحِبُّونَ مِنكُم مَّن يُرِيدُ الدُّنْيَا وَمِنكُم مَّن يُرِيدُ الآخِرَةَ ثُمَّ صَرَفَكُمْ عَنْهُمْ لِيَبْتَلِيَكُمْ وَلَقَدْ عَفَا عَنكُمْ وَاللّهُ ذُو فَضْلٍ عَلَى الْمُؤْمِنِينَ" : "Et Dieu vous avait dûment tenu Sa Promesse lorsque vous les* tuiez par Sa Permission ; jusqu'à ce que, lorsque vous faiblîtes, divergeâtes au sujet de l'affaire et désobéîtes, [Il cessa alors de vous aider] après qu'Il vous ait fait voir ce que vous aimez. Parmi vous il en est qui voulait le bas-monde, et parmi vous il en est qui voulait la vie dernière. Ensuite Il vous détourna d'eux**, afin qu'Il vous éprouve. Et Il vous a pardonné. Et Dieu est Celui accordant Faveur aux croyants" (Coran 3/152) * il s'agit de combattants parmi l'ennemi mecquois (de fait, 22 combattants ennemis perdirent la vie à Uhud) ; **"Ensuite Il vous détourna d'eux" : Il fit que vous cessâtes d'avoir le dessus sur eux.
--- "أَوَلَمَّا أَصَابَتْكُم مُّصِيبَةٌ قَدْ أَصَبْتُم مِّثْلَيْهَا قُلْتُمْ أَنَّى هَذَا قُلْ هُوَ مِنْ عِندِ أَنْفُسِكُمْ" : "Et est-ce que, lorsqu'une difficulté vous a atteints alors que vous aviez infligé deux fois son semblable, vous avez dit : "D'où cela (provient-il) ?". Dis : "Cela provient de vous-mêmes"" (Coran 3/165) : "فأما "المصيبة"، فما أصابهم يوم أحد، وكانوا قد أصابوا "مثليها" من المشركين يوم بدر، لأنهم قتل منهم سبعون، فقتلوا يوم بدر سبعين وأسروا سبعين؛ وهذا قول ابن عباس والضحاك وقتادة والجماعة. إلا أن الزجاج قال: "قد أصبتم يوم أحد مثلها، ويوم بدر مثلها": فجعل المثلين في اليومين. (...) قوله تعالى: {قل هو من عند أنفسكم}: فيه ثلاثة أقوال: (...) الثاني: أنه جرى ذلك بمعصية الرماة يوم أحد، وتركهم أمر رسول الله صلى الله عليه وسلم: قاله ابن عباس" (Zâd ul-massîr).
En fait, ici, c'est par Majâz Isnâdî que le propos est général. Ce qui n'empêche pas que le reproche de la part de Dieu ne concerne que les 40 personnes précisément (ces 40 personnes - ou une partie d'entre elles - ne furent pour leur part pas martyrisées ce jour-là, et étaient donc toujours vivantes lorsque ce passage coranique descendit). L'indice (qarîna) du fait que le reproche leur est spécifiquement adressé est que, immédiatement après, Dieu dit : "Parmi vous il en est qui voulait le bas-monde, et parmi vous il en est qui voulait la vie dernière" (Coran 3/152) : les premiers sont ceux qui quittèrent leur poste, et les seconds ceux qui y restèrent : "قوله تعالى: {منكم من يريد الدنيا}: قال المفسرون: هم الذين طلبوا الغنيمة وتركوا مكانهم، {ومنكم من يريد الآخرة} وهم الذين ثبتوا" (Zad ul-massîr). Ce qui vient d'être dit a été explicitement écrit par ar-Râzî : "السؤال الثاني: لمّا كانت المعصية بمفارقة تلك المواضع خاصة بالبعض، فلم جاء هذا العتاب باللفظ العام؟ والجواب: هذا اللفظ وإن كان عاما إلا أنه جاء المخصِّص بعده، وهو قوله: {منكم من يريد الدنيا ومنكم من يريد الآخرة" (Tafsîr ur-Râzî), et par al-Qurtubî : "ثم بين سبب التنازع فقال: {منكم من يريد الدنيا} يعني الغنيمة (...) {ومنكم من يريد الآخرة} وهم الذين ثبتوا في مركزهم ولم يخالفوا أمر نبيهم صلى الله عليه وسلم مع أميرهم عبد الله بن جبير؛ فحمل خالد بن الوليد وعكرمة بن أبي جهل عليه - وكانا يومئذ كافرين - فقتلوه مع من بقي، رحمهم الله. والعتاب مع من انهزم، لا مع من ثبت؛ فإن من ثبت فاز بالثواب. وهذا كما أنه إذا حل بقوم عقوبة عامة، فأهل الصلاح والصبيان يهلكون، ولكن لا يكون ما حل بهم عقوبة بل هو سبب المثوبة. والله أعلم" (Tafsîr ul-Qurtubî, 4/237).
De même, quand un peu plus loin dans le même verset Dieu dit : "وَلَقَدْ عَفَا عَنكُمْ", "Et Il vous a pardonné" (Coran 3/152), cela concerne le manquement fait par ces 40 personnes : Dieu le leur a pardonné. (Quant au manquement fait ensuite par d'autres Compagnons lorsque, subissant la contre-offensive de l'ennemi, ils s'enfuirent, ce manquement-là et le fait que Dieu l'a lui aussi pardonné, sont pour leur part évoqués plus loin, ainsi : "إِنَّ الَّذِينَ تَوَلَّوْاْ مِنكُمْ يَوْمَ الْتَقَى الْجَمْعَانِ إِنَّمَا اسْتَزَلَّهُمُ الشَّيْطَانُ بِبَعْضِ مَا كَسَبُواْ وَلَقَدْ عَفَا اللّهُ عَنْهُمْ إِنَّ اللّهَ غَفُورٌ حَلِيمٌ" : Coran 3/155.)
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--- On trouve quelque chose de voisin dans les versets où, parlant de la calomnie contre Aïcha (qu'Il soit Satisfait d'elle), Dieu S'est adressé à l'ensemble des musulmans de Médine pour leur dire : "Pourquoi, lorsque vous l'avez entendue, les croyants et les croyantes n'ont-ils pas pensé en bien d'eux-mêmes, et n'ont-ils pas dit : "Ceci est une calomnie évidente" ?" : "لَوْلَا إِذْ سَمِعْتُمُوهُ ظَنَّ الْمُؤْمِنُونَ وَالْمُؤْمِنَاتُ بِأَنفُسِهِمْ خَيْرًا وَقَالُوا هَذَا إِفْكٌ مُّبِينٌ" (Coran 24/12). Cela veut dire : "Pourquoi les uns n'ont-ils pas pensé en bien d'autres ?". Ar-Râzî écrit : "السؤال الثاني: ما المراد من قوله {بأنفسهم}؟ الجواب: فيه وجهان. الأول: المراد أن "يظن بعضهم ببعض خيرا"؛ ونظيره قوله: {ولا تلمزوا أنفسكم} وقوله: {فاقتلوا أنفسكم} وقوله: {فإذا دخلتم بيوتا فسلموا على أنفسكم}: ومعناه أي "بأمثالكم من المؤمنين الذين هم كأنفسكم". (...) والثاني: أنه جعل المؤمنين كالنفس الواحدة فيما يجري عليها من الأمور؛ فإذا جرى على أحدهم مكروه، فكأنه جرى على جميعهم. عن النعمان بن بشير قال عليه السلام: "مثل المسلمين في تواصلهم وتراحمهم كمثل الجسد إذا وجع بالسهر والحمى وجع كله"؛ وعن أبي بردة قال عليه السلام: "المؤمنون للمؤمنين كالبنيان يشد بعضه بعضا" (Tafsîr ur-Râzî).
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--- Nous avons le même phénomène avec ces versets du Coran dans lesquels Dieu S'adresse aux Fils d'Israël, donc à ceux d'entre eux qui étaient à l'époque de la révélation du Coran, ainsi qu'à ceux d'entre eux qui naîtront jusqu'à la fin des temps (comme Il l'a dit explicitement : "يَا بَنِي إِسْرَائِيلَ اذْكُرُواْ نِعْمَتِيَ الَّتِي أَنْعَمْتُ عَلَيْكُمْ وَأَوْفُواْ بِعَهْدِي أُوفِ بِعَهْدِكُمْ وَإِيَّايَ فَارْهَبُونِ وَآمِنُواْ بِمَا أَنزَلْتُ مُصَدِّقاً لِّمَا مَعَكُمْ وَلاَ تَكُونُواْ أَوَّلَ كَافِرٍ بِهِ وَلاَ تَشْتَرُواْ بِآيَاتِي ثَمَناً قَلِيلاً وَإِيَّايَ فَاتَّقُونِ" : Coran 2/40-41), mais dans lesquels Il leur dit ensuite : "Et lorsque vous fîtes ainsi", parlant là d'actions que leurs ancêtres ont faites à l'époque de Moïse : "وَإِذْ نَجَّيْنَاكُم مِّنْ آلِ فِرْعَوْنَ يَسُومُونَكُمْ سُوَءَ الْعَذَابِ يُذَبِّحُونَ أَبْنَاءكُمْ وَيَسْتَحْيُونَ نِسَاءكُمْ وَفِي ذَلِكُم بَلاء مِّن رَّبِّكُمْ عَظِيمٌ وَإِذْ فَرَقْنَا بِكُمُ الْبَحْرَ فَأَنجَيْنَاكُمْ وَأَغْرَقْنَا آلَ فِرْعَوْنَ وَأَنتُمْ تَنظُرُونَ وَإِذْ وَاعَدْنَا مُوسَى أَرْبَعِينَ لَيْلَةً ثُمَّ اتَّخَذْتُمُ الْعِجْلَ مِن بَعْدِهِ وَأَنتُمْ ظَالِمُونَ ثُمَّ عَفَوْنَا عَنكُمِ مِّن بَعْدِ ذَلِكَ لَعَلَّكُمْ تَشْكُرُونَ" (Coran 5/49/52). La même chose est valable pour la phrase dans laquelle Il leur dit : "souvenez-vous de Mon bienfait dont Je vous ai gratifiés, et que Je vous ai favorisés sur les (peuples du) monde (entier)" : "يَا بَنِي إِسْرَائِيلَ اذْكُرُواْ نِعْمَتِيَ الَّتِي أَنْعَمْتُ عَلَيْكُمْ وَأَنِّي فَضَّلْتُكُمْ عَلَى الْعَالَمِينَ" : Coran 2/47). Or leur préférence a alors cessé au moment de la révélation du Coran ; mais il s'agit soit de leur préférence pour l'Alliance dans le passé, soit du nombre de prophètes reçus dans leur peuple (aucun peuple n'en ayant reçu autant) : dans les deux cas, cela concerne le peuple israélite en tant qu'ensemble, et par rapport à ce qui a déjà passé.
Ces pronoms "vous" sont dus au fait que, les fils d'Israël de l'époque de la révélation du Coran et ceux du passé se considèrent comme formant un seul ensemble.
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--- Shâh Waliyyullâh écrit au sujet de Jésus (sur lui soit la paix) que s'il est avéré qu'il a affilié certains Actes de Dieu à sa personne aussi, c'est parce qu'il se réclame de la Cause de Dieu ; comme l'ambassadeur d'un roi disant à son interlocuteur : "Nous avons ouvert telle chose", alors que c'est le roi qui a fait cette action d'ouvrir, et pas l'ambassadeur ; mais vu qu'il s'identifie pleinement à ce que le roi fait et décide, il dit : "Nous avons fait ainsi"... : "وجواب الإشكال الثاني - وهو نسبة سيدنا عيسى عليه السلام بعض أفعال الله تعالى إلى نفسه (إذا سلمنا صحتها وثبوت نقلها عنه) - أنها على طريق الحكاية. مثل أن يحكي رسولُ المَلِك عنه فيقول: "فتحنا البلد الفلاني"، و"حطمنا القلعة الفلانية"، فظاهر أن هذا الرسول ليس إلا ترجمانًا للملِك ومبلغًا عنه، وحقيقة الفعل راجعة إلى نفسه" (Al-Fawz ul-kabîr, p. 35).
Dans l'une des versions de l'Evangile, le propos suivant est attribué à Jésus fils de Marie (sur eux soit la paix), s'adressant à ses disciples:
--- "Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et de l'Esprit Saint, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit" (Evangile selon Matthieu, 28/19-20).
Or, si Jésus a réellement dit exactement ces paroles, alors :
– "baptiser" c'était le rituel d'immersion dans l'eau, et cela se faisait en guise de repentir par rapport au kufr akbar, à un ou des péché(s) (moindres que le kufr akbar), ou pour entrer dans la religion voulue ;
– quant à la formule "au nom de..." :
----- elle ne signifie pas, ici : "avec la bénédiction du nom du..." (comparable alors à la formule que les musulmans emploient : "Bismillâh", "Avec le Nom de Dieu"), de sorte que ce propos établisse que Dieu c'est trois personnes en Un (avec le Fils et l'Esprit de Sainteté aussi) ;
----- ici elle signifie seulement : "en tant que chargés de mission par..." ; exactement comme on dit : "L'avocat signa les papiers au nom de son client".
Ce qu'il leur avait été demandé dans ce propos, ce fut simplement de prêcher à des gens cette religion (laquelle sera appelée plus tard : "le judéo-christianisme"), cela en tant que chargés de mission par Dieu, Son Messager Jésus, ainsi que l'ange Gabriel.
"فإن أصل تثليثهم مبني على ما في أحد الأناجيل من أن المسيح - عليه السلام - قال لهم: "عمدوا الناس باسم الآب والابن وروح القدس". فيقال لهم: هذا إذا كان قد قاله المسيح (...)، وإذا كان كذلك، كان في هذا ما يبين أنه ليس المراد بـ"الابن" كلمة الله القديمة الأزلية التي يقولون أنها تولدت من الله عندهم مع كونها أزلية، ولا بـ"روح القدس" حياة الله؛ بل المراد بـ"الابن" ناسوت المسيح، وبـ"روح القدس" ما أنزل عليه من الوحي والملك الذي نزل به؛ فيكون قد أمرهم بالإيمان بالله وبرسوله، وبما أنزله على رسوله، والمَلَك الذي نزل به. وبهذا أمرت الأنبياء كلهم" (Al-Jawâb us-sahîh).
Ici la question qui se pose est : N'est-ce pas Dieu Seul qui charge de prêcher ?
----- Un prophète de Dieu charge-t-il d'autres humains de mission religieuse, comme Dieu charge des humains de mission ?
Oui, parfois c'est ce prophète lui-même qui décide de charger ces humains (ses disciples) d'aller effectuer cette mission (n'ayant reçu sur le sujet aucun ordre détaillé mais seulement un ordre global de la part de Dieu) : c'est alors, au sens premier - Haqîqa Isnâdiyya - ce prophète qui a chargé ces humains de cette mission. Et, d'autres fois, ce prophète ne fait que transmettre à ces humains l'ordre de Dieu expresse les concernant, relatif à cette mission (il est alors l'instrument de Dieu : au sens premier - Haqîqa Isnâdiyya - c'est alors Dieu qui a chargé ces humains de cette mission ; mais, au sens second - Majâz Isnâdî -, ce prophète a lui aussi chargé ces humains de cette mission).
----- Et l'ange Gabriel, charge-t-il des humains non-prophètes de mission ?
Oui, au sens où il transmet les ordres de Dieu au prophète en question, lequel le retransmet aux humains en question (il est alors l'instrument de Dieu) : au sens premier - Haqîqa Isnâdiyya - c'est alors Dieu qui a chargé ces humains de cette mission ; mais, au sens second - Majâz Isnâdî -, Gabriel a lui aussi chargé ces humains de cette mission. Il y a même un verset où Dieu parle pour répondre de la part de Gabriel : "وَمَا نَتَنَزَّلُ إِلَّا بِأَمْرِ رَبِّكَ لَهُ مَا بَيْنَ أَيْدِينَا وَمَا خَلْفَنَا وَمَا بَيْنَ ذَلِكَ وَمَا كَانَ رَبُّكَ نَسِيًّا" (Coran 19/64) : sous-entendu : "Gabriel te répond : "Et nous ne descendons que par Ordre de ton Seigneur..."".
Concernant les décisions prises par des croyants non-prophètes, par contre, la formulation doit être plus prudente quand il y a eu ijtihâd fî fahm in-nass ou ijtihâd fi-l-wâqi' : Envoyant des hommes en campagne (c'était le contexte à l'époque où il vivait à Médine), le Prophète (sur lui soit la paix) dit ainsi à celui qu'il avait désigné pour être leur chef : "وإذا حاصرت أهل حصن فأرادوك أن تنزلهم على حكم الله فلا تنزلهم على حكم الله، ولكن أنزلهم على حكمك؛ فإنك لا تدرى أتصيب حكم الله فيهم أم لا" : "Et si tu assièges les gens d'une place fortifiée et qu'ils te demandent d'accepter leur reddition selon le jugement de Dieu, alors ne leur dis pas de se rendre selon le jugement de Dieu, mais dis-leur de se rendre selon ton jugement, car tu ne sais pas si tu atteindras le hukm de Dieu à leur sujet ou pas" (Muslim, 1731). Cette interdiction n'est pas spécifique à l'époque du Prophète, et elle est l'une des preuves que tout ijtihad ne conduit pas forcément à atteindre l'avis juste : un seul avis est juste (Shar'h Muslim, 12/40 ; Al-Qawl ul-mufîd, p. 1077).
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--- D') Un cas de figure plus accentué :
Il s'agit du cas où le même phénomène que celui évoqué jusqu'à présent est à l'oeuvre (mise en relation du verbe avec l'ensemble du groupe, y compris ceux de ses individus qui n'ont pas véritablement fait l'acte en question), mais, avec, en plus cette fois, une mise en responsabilité de même les individus qui n'ont pas fait véritablement l'action : cela se produit :
--- lorsque ces individus ont contribué indirectement mais volontairement à la réalisation de cette action (s'y trouve alors de la Sababiyya, citée plus haut en C) (voir le cas B.2.3 dans mon article parlant de Tassabbub) ;
--- ou lorsque ces individus approuvent explicitement ce que d'autres individus de leur groupe ont fait.
Il est un passage dans le Coran qui contient ceci : "Ceux qui ont dit : "Dieu a fait comme pacte avec nous que nous ne croyions en (un homme se présentant comme Son) Messager que si (cet homme) nous apporte une offrande que le feu mangera". Dis (leur) : "Des Messagers avant moi vous ont apporté des preuves évidentes (ainsi) que ce que vous mentionnez, alors pourquoi les avez-vous tués, si vous êtes véridiques ?"" : "لَّقَدْ سَمِعَ اللّهُ قَوْلَ الَّذِينَ قَالُواْ إِنَّ اللّهَ فَقِيرٌ وَنَحْنُ أَغْنِيَاء سَنَكْتُبُ مَا قَالُواْ وَقَتْلَهُمُ الأَنبِيَاء بِغَيْرِ حَقٍّ وَنَقُولُ ذُوقُواْ عَذَابَ الْحَرِيقِ ذَلِكَ بِمَا قَدَّمَتْ أَيْدِيكُمْ وَأَنَّ اللّهَ لَيْسَ بِظَلاَّمٍ لِّلْعَبِيدِ. الَّذِينَ قَالُواْ إِنَّ اللّهَ عَهِدَ إِلَيْنَا أَلاَّ نُؤْمِنَ لِرَسُولٍ حَتَّىَ يَأْتِيَنَا بِقُرْبَانٍ تَأْكُلُهُ النَّارُ قُلْ قَدْ جَاءكُمْ رُسُلٌ مِّن قَبْلِي بِالْبَيِّنَاتِ وَبِالَّذِي قُلْتُمْ فَلِمَ قَتَلْتُمُوهُمْ إِن كُنتُمْ صَادِقِينَ " (Coran 3/181-183). Ar-Râzî soulève ici comme question : "Comment le fait d'avoir tué des prophètes du passé a-t-il été attribué à ces gens qui vivent à une époque très postérieure à celle où cela s'est passé ?", puis avance deux réponses possibles, l'une d'elles étant que ces gens contemporains du prophète Muhammad (sur lui soit la paix) approuvaient en fait l'assassinat de ces prophètes - vu qu'ils les ont cru - à tort - être de faux prophètes - : "المسألة الثانية: في إضافة قتل الأنبياء إلى هؤلاء وجهان: أحدهما: "سنكتب ما قال هؤلاء، ونكتب ما فعله أسلافهم، فنجازي الفريقين بما هو أهله"، كقوله تعالى: {وإذ قتلتم نفسا أي قتلها أسلافكم وإذ نجيناكم من آل فرعون} {وإذ فرقنا بكم البحر}، والفاعل لهذه الأشياء هو أسلافهم، والمعنى أنه سيحفظ على الفريقين معا أقوالهم وأفعالهم. والوجه الثاني: "سنكتب على هؤلاء ما قالوا بأنفسهم، ونكتب عليهم رضاهم بقتل آبائهم الأنبياء صلوات الله عليهم أجمعين"؛ وعن الشعبي أن رجلا ذكر عنده عثمان رضي الله عنه وحسّن قتله، فقال الشعبي: "صرت شريكا في دمه"، ثم قرأ الشعبي: {قل قد جاءكم رسل من قبلي بالبينات وبالذي قلتم فلم قتلتموهم} فنسب لهؤلاء قتلهم وكان بينهما قريب من سبعمائة سنة" (Tafsîr ur-Râzî).
As-Suyûtî a avancé la même explication : "Le propos s'adresse à ceux qui étaient à l'époque de notre prophète Muhammad (que Dieu le bénisse et le salue) bien que l'action a été faite par leurs ancêtres, à cause de leur approbation de celle-ci" : "والخطاب لمن في زمن نبينا محمد صلى الله عليه وسلم - وإن كان الفعل لأجدادهم - لرضاهم به" (Tafsîr ul-Jalâlayn).
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W'Allâhu A'lam (Dieu sait mieux).