Quelle différence entre "Kâfir", "Munâfiq", "Murtadd", "Zindîq" et "Dhâll" ?

Qu'est-ce que le Munâfiq (Hypocrite dans la foi) ?
Quelle différence y a-t-il entre Munâfiq et Kâfir ?
Quelle différence y a-t-il entre Munâfiq et Murtadd ?
Qu'est-ce que le Zindîq ?
Et qu'en est-il du Dhâll ?

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Avant-propos :

Avant même d'apporter des éléments de réponse à ces interrogations, il faut se poser la question suivante : Qu'est-ce que cela change au niveau temporel ("fî ahkâm id-dunyâ") que les musulmans considèrent quelqu'un comme étant musulman ou comme étant non-musulman ?

La réponse est que, d'une part, il est des règles qu'il s'agit d'appliquer vis-à-vis de l'être humain en tant que tel, qu'il soit musulman ou non : on doit ainsi être juste et bien se comporter à l'égard des musulmans comme des non-musulmans. Cependant, d'autre part il est d'autres règles qu'un musulman ne peut appliquer que vis-à-vis d'un autre musulman : imaginez ainsi que quelqu'un vienne voir le imam d'une mosquée et demande qu'on accomplisse la prière funéraire musulmane sur son frère défunt ; la question que ce imam posera naturellement est : ce défunt est-il musulman, de sorte que les musulmans puissent accomplir sur lui la prière funéraire ?

Il est ainsi certaines règles de l'islam qui sont liées au fait qu'une personne soit reconnue musulmane : "Celui qui exprime qu'il est en islam ("man kâna muz'hiran li-l-islâm"), les règles extérieures de l'islam – telles que le mariage, l'héritage, le fait de lui donner le bain funéraire, d'accomplir la prière funéraire sur lui et de l'enterrer dans le cimetière des musulmans, ainsi qu'autres choses semblables – ont cours par rapport à lui" (Majmû' ul-fatâwâ 24/285). En effet, avec une musulmane, le mariage d'un musulman seulement est autorisé par l'islam (ceci est comparable au fait que les juifs orthodoxes considèrent interdit le mariage d'un juive avec un non-juif, de même que le mariage d'une juive avec un non-juif ; dans ce dernier cas, une telle union aura des répercussions même sur les enfants qui en résulteront, car d'après eux ceux-ci ne seront pas juifs) ; de même, le bain et la prière funéraires islamiques, ainsi que l'invocation en faveur du mort, ne peuvent être faits que vis-à-vis d'un défunt musulman ; d'après l'un des avis existant, il y a encore le fait d'adresser, de façon première, la formule de salutation "As-salâmu 'alaykum" à quelqu'un...

Ces "règles relatives à des actions apparentes" sont liées à l'islamité apparente d'une personne. Et il suffit pour cela qu'une personne ait prononcé la formule d'adhésion à l'islam et qu'aucune preuve n'existe qu'elle a abandonné l'islam (et c'est ce qui fait que ces règles extérieures et relatives à ce monde ont cours par rapport au Munâfiq aussi, comme nous le verrons plus bas). C'est pourquoi on dit à propos de la prononciation des deux témoignages de foi que, par rapport à ce monde, "cela est une condition (shart) pour que les règles extérieures de l'islam relatives à ce monde aient cours par rapport à la personne".

Il est par ailleurs d'autres règles qui sont liées au fait qu'une personne est musulmane, ou juive ou chrétienne : ainsi en est-il d'une autre règle du mariage, concernant cette fois l'homme musulman (qui ne peut se marier qu'avec une musulmane, une juive ou une chrétienne) et de la licité de l'animal abattu

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I) Qu'est-ce que le fait d'avoir la Foi, d'être Croyant (Mu'min) ?

La Foi (Îmân) consiste à croire en l'Existence de Dieu et en Son Unicité (dans le caractère divin), et d'adhérer au message de Son Messager du moment, au moins quant aux croyances (croyances pures et croyances relatives à des actions du cœur et des actions extérieures). Pour l'époque que nous vivons, il s'agit donc d'adhérer, sincèrement de son cœur, au message de Muhammad (sur lui soit la paix) (cela sera demandé par Dieu à tous les hommes à qui ce message est parvenu, en tant que dernier messager en date et de façon définitive).
Cela concerne le Minimum de Foi (أصل الإيمان) :
----- Que faut-il pour avoir le minimum de Foi (أصل الإيمان) ? - Déjà, pour "croire", suffit de "savoir que c'est vrai", ou faut-il aussi "reconnaître cela comme étant vrai" ? ou bien faut-il autre chose encore ? - Que faut-il donc pour avoir le minimum de Foi (أصل الإيمان) ?
----- Celui qui croit mais ne pratique aucune action de bien (tarku jins il-'amal), perd-il le minimum de foi (أصل الإيمان) ?

Et puis il existe la Perfection de la Foi (كمال الإيمان) :
----- La Foi (الإيمان), le Dîn, est comparable à un arbre : ses racines sont ancrées dans le sol ; son tronc et ses branches s'élèvent en hauteur, alimentées de l'intérieur par la sève ; le tout produit ombrage et fruits.

Certes, il existe un débat quant à savoir si on peut dire : "Je suis croyant", ou si on doit obligatoirement dire : "Je suis croyant inshâ Allâh". Cependant, cela s'enracine dans le fait que d'une part nul ne sait s'il aura la guidance de rester sur la foi jusqu'à son dernier souffle, et que, d'autre part et surtout, le terme "croyant", en arabe : "mu'min", employé de façon inconditionnelle, signifie : "ayant non seulement le Asl ul-îmân, mais aussi le Kamâl ul-îmân", et c'est pourquoi, comme on ne peut pas dire : "Je suis un Taqî", on ne peut pas dire : "Je suis Mu'min", sans devoir ajouter : "inshâ Allâh" (MF 7/446). Et, finalement, Ibn Taymiyya nuance les choses ainsi (en substance) : Si on veut parler du Asl ul-îmân (Îmân Muqayyad) seulement, alors on peut dire : "Je suis croyant" sans devoir rajouter : "inshâ Allâh" (cf. MF 7/448-449).

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II) Qu'est-ce que le Kufr Zâhir ? III) Et qu'est-ce que l'Hypocrisie (Nifâq Akbar / Nifâq I'tiqâdî) ?

En fait le Kufr consiste en le fait de s'être voilé le cœur spirituel et d'avoir donc renié l'existence, ou l'unicité de Dieu, ou bien toute autre croyance que l'homme connaît de par son seul cœur spirituel : toute croyance 'Aqla-qalbî (L'Intelligence du Cœur (العقل بالقلب) & la Révélation qu'on Entend (سمع الوحي بالأذن) : Lumière sur Lumière (نور على نور)). Renier un élément de cela, cela constitue du Kufr akbar.
Mais une fois que Dieu a suscité un messager avec un ensemble de croyances (croyances pures et croyances relatives à des actions), et qu'Il l'a pourvu de signes prouvant qu'il est bien suscité par le Créateur, se voiler le cœur ou la raison, et renier donc ce messager, cela constitue aussi du Kufr akbar.

Si une personne renie cela ouvertement, on appelle cela : du Kufr Zâhir.

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Si la personne adhère au Message par sa langue tout en le reniant en son cœur, cela constitue de l'Hypocrisie,
Nifâq Akbar.

L'Hypocrite, al-Munâfiq, est extérieurement considéré musulman par les hommes, alors qu'il n'est intérieurement pas croyant, pas musulman : il ne se dit musulman qu'en apparence, par intérêt personnel (par exemple avec l'unique intention de pouvoir se marier avec la musulmane qu'il aime), ou par convenance sociale (ce peut être le cas dans un pays musulman), cependant qu'en son for intérieur il n'adhère pas aux croyances de l'islam.

C'est ainsi que le Munâfiq se distingue du Kâfir bi kufr zâhir : ce dernier est ouvertement non-musulman.

Ibn Taymiyya écrit : "ولكن لفظ "النفاق" قد قيل: إنه لم تكن العرب تكلمت به لكنه مأخوذ من كلامهم فإن نفق يشبه خرج ومنه نفقت الدابة إذا ماتت: ومنه نافقاء اليربوع والنفق في الأرض قال تعالى: {فإن استطعت أن تبتغي نفقا في الأرض}. فالمنافق هو الذي خرج من الإيمان باطنا بعد دخوله فيه ظاهرا. وقيد النفاق بأنه نفاق من الإيمان. ومن الناس من يسمي من خرج عن طاعة الملك منافقا عليه. لكن النفاق الذي في القرآن هو النفاق على الرسول. فخطاب الله ورسوله للناس بهذه الأسماء كخطاب الناس بغيرها؛ وهو خطاب مقيد خاص، لا مطلق يحتمل أنواعا. وقد بين الرسول تلك الخصائص، والاسم دل عليها؛ فلا يقال: إنها منقولة ولا إنه زيد في الحكم دون الاسم؛ بل الاسم إنما استعمل على وجه يختص بمراد الشارع، لم يستعمل مطلقا" (MF 7/300).

Ici une question surgit qui est fréquemment posée :

Si le Munâfiq dissimulait qu'au fond de lui il est Kâfir, comment se fait-il que des Compagnons du Prophète disaient qu'Untel est Munâfiq, à Médine ?
Et si le Munâfiq exprimait ouvertement qu'il est Kâfir, comme se fait-il que le Prophète et ses Compagnons ne l'aient pas déclaré ouvertement Kâfir, et donc Murtadd, puisque, se disant musulman, il ensuite exprimé ouvertement qu'il a abandonné l'islam ?

La réponse est :

Primo il était certains Hypocrites dont nul humain – pas même le Prophète – ne savait qu'ils étaient Hypocrites, comme Dieu l'a dit : "Et parmi les bédouins qui vous entourent et parmi les gens de Médine il y a des Hypocrites ; ils se sont obstinés dans l'Hypocrisie. Tu ne les connais pas, Nous les connaissons" (Coran 9/101).
Secundo il est d'autres hommes dont Dieu a révélé qu'ils ont dit telle chose, et qu'ils sont des Hypocrites : des versets de la sourate at-Tawba vont dans ce sens.
Tertio, il est d'autres hommes que les Compagnons eux-mêmes connaissaient qu'ils étaient des Hypocrites, mais ceux-ci n'avaient pas de preuves – au sens juridique du terme –, de leur kufr.
Ibn Taymiyya écrit : "قلنا: إنما ذاك لوجهين: أحدهما: أن عامتهم لم يكن ما يتكلمون به من الكفر مما يثبت عليهم بالبينة بل كانوا يظهرون الإسلام ونفاقهم يعرف تارة بالكلمة يسمعها منهم الرجل المؤمن فينقلها إلى النبي صلى الله عليه وسلم فيحلفون بالله أنهم ما قالوها أو لا يحلفون وتارة بما يظهر من تأخرهم عن الصلاة والجهاد واستثقالهم للزكاة وظهور الكراهية منهم لكثير من أحكام الله وعامتهم يعرفون في لحن القول كما قال الله: {أَمْ حَسِبَ الَّذِينَ فِي قُلُوبِهِمْ مَرَضٌ أَنْ لَنْ يُخْرِجَ اللَّهُ أَضْغَانَهُمْ وَلَوْ نَشَاءُ لأَرَيْنَاكَهُمْ فَلَعَرَفْتَهُمْ بِسِيمَاهُمْ وَلَتَعْرِفَنَّهُمْ فِي لَحْنِ الْقَوْلِ} فأخبر سبحانه أنه لو شاء لعرفهم رسوله بالسيماء في وجوههم ثم قال: {وَلَتَعْرِفَنَّهُمْ فِي لَحْنِ الْقَوْلِ} فأقسم أنه لا بد أن يعرفهم في لحن القول ومنهم من كان يقول القول أو يعمل العمل فينزل القرآن يخبر أن صاحب ذلك القول والعمل منهم كما في سورة براءة ومنهم من كان المسلمون أيضا يعلمون كثيرا منهم بالشواهد والدلالات والقرائن والأمارات ومنهم من لم يكن يعرف كما قال تعالى: {وَمِمَّنْ حَوْلَكُمْ مِنَ الأَعْرَابِ مُنَافِقُونَ وَمِنْ أَهْلِ الْمَدِينَةِ مَرَدُوا عَلَى النِّفَاقِ لا تَعْلَمُهُمْ نَحْنُ نَعْلَمُهُمْ}. ثم جميع هؤلاء المنافقين يظهرون الإسلام ويحلفون أنهم مسلمون وقد اتخذوا أيمانهم جنة. وإذا كانت هذه حالهم فالنبي صلى الله عليه وسلم لم يكن يقيم الحدود بعلمه ولا بخبر الواحد ولا بمجرد الوحي ولا بالدلائل والشواهد حتى يثبت الموجب للحد ببينة أو إقرار. ألا ترى كيف أخبر عن المرأة الملاعنة أنها إن جاءت بالولد على نعت كذا وكذا فهو للذي رميت به وجاءت به على النعت المكروه فقال: "لولا الإيمان لكان لي ولها شأن". وكان بالمدينة امرأة تعلن الشر فقال: "لو كنت راجما أحدا من غير بينة لرجمتها". وقال للذين اختصموا إليه: "إنكم تختصمون إلي ولعل بعضكم أن يكون ألحن بحجته من بعض فأقضي بنحو مما أسمع فمن قضيت له من حق أخيه شيئا فلا يأخذه فإنما أقطع له قطعة من النار" فكان ترك قتلهم مع كونهم كفارا لعدم ظهور الكفر منهم بحجة شرعية" :
"La plupart d'entre eux ne prononçaient pas une parole de kufr d'une façon qui puisse servir de preuve [et qu'on puisse dire d'eux qu'ils sont kâfir] ; ils exprimaient au contraire leur appartenance à l'islam ; (cependant) leur hypocrisie se remarquait parfois par une parole (qu'ils prononçaient), et un croyant l'ayant entendue et relatée au Prophète, ils faisaient serment de ne pas l'avoir dit, ou parfois ne faisaient pas ce serment ; d'autres fois (leur hypocrisie) se remarquait par ce qui apparaissait d'eux : ils étaient [toujours] en retard dans leur participation aux prières et à la résistance, ils rechignaient à s'acquitter de l'aumône, et exprimaient de ne pas aimer de nombreuses règles énoncées par Dieu. La plupart d'entre eux se faisaient remarquer par le style qu'ils utilisaient dans leur propos ; Dieu l'a dit : "Tu les reconnaîtras certainement au ton de leur parler" [Coran 47/30]. (…) Il y en avait qui disait une parole ou faisait une action, et un verset coranique était révélé qui informait que l'auteur de telle parole ou de telle action fait partie d'eux ; cela a été le cas dans la sourate Barâ'ah [cf. par exemple les versets 58, 61, 75, 45]. Il y en avait d'autres que (non seulement le Prophète) mais les autres musulmans aussi connaissaient comme tels, par les indices et les signes (qu'ils laissaient). Enfin il en étaient qui n'étaient pas connus (bien qu'Hypocrites), comme Dieu l'a dit : "Et parmi les bédouins qui vous entourent et parmi les gens de Médine il y a des Hypocrites ; ils se sont obstinés dans l'Hypocrisie. Tu ne les connais pas, Nous les connaissons" [Coran 9/101]. Tous ces Hypocrites exprimaient leur appartenance à l'islam et faisaient serment qu'ils étaient musulmans ; "ils avaient pris leurs serments comme boucliers" [cf. Coran 63/2, 58/16]."
Et Ibn Taymiyya d'écrire également, à propos de certaines règles de l'islam, que le Prophète ne les appliquait pas à des personnes "par ce qu'il savait au sujet d'elles, ni par l'information qu'un seul homme lui aurait donnée au sujet d'elles, ni par la révélation seulement, ni par les indices" : il fallait une preuve juridiquement valable ("bayyina") ou un aveu ("iqrâr")" (As-Sârim, pp. 355-356).

Ceci explique pourquoi l'Hypocrite, bien qu'étant au fond de son cœur un kâfir et étant considéré ainsi par Dieu, est considéré musulman par la communauté musulmane. Et c'est là la différence entre un Munâfiq et un Kâfir bi kufr zâhir.

C'est pourquoi les règles apparentes de l'islam citées plus haut avaient cours par rapport au Croyant sincère ("Mu'min") autant qu'à l'Hypocrite ("Munâfiq"), dans la mesure où, extérieurement, ces deux personnes sont considérées musulmanes ("Muslim").

Ibn Taymiyya écrit : "وبالجملة فأصل هذه المسائل أن تعلم أن الكفر نوعان: كفر ظاهر وكفر نفاق؛ فإذا تكلم في أحكام الآخرة كان حكم المنافق حكم الكفار؛ وأما في أحكام الدنيا فقد تجري على المنافق أحكام المسلمين" : "En résumé, le principe de ces points juridiques est que tu saches que le kufr est de deux types : le Kufr Zâhir, et le Kufr-u Nifâq ; lorsque ce qui concerne l'au-delà est évoqué, le cas du Munâfiq est le même que celui des kuffâr ; quant à ce qui concerne ce monde, alors, les règles (ahkâm) liées aux musulmans ont parfois cours par rapport au Munâfiq" (MF 7/620-621).
"وقد اتفق العلماء على أن اسم المسلمين في الظاهر يجري على المنافقين لأنهم استسلموا ظاهرا؛ وأتو بما أتوا به من الأعمال الظاهرة بالصلاة الظاهرة والزكاة الظاهرة والحج الظاهر والجهاد الظاهر كما كان النبي يجري عليهم أحكام الإسلام الظاهر واتفقوا على أنه من لم يكن معه شيء من الإيمان فهو كما قال تعالى: {إن المنافقين في الدرك الأسفل من النار}" :
"Les ulémas sont d'accord à dire que le nom "muslim" est attribué dans l'extérieur aux Hypocrites, car ils se sont soumis extérieurement et ont effectué ce qu'ils ont effectué d'actions extérieures : prière, aumône, pèlerinage, effort ; cela comme le Prophète leur appliquait les règles de l'islam apparent. (Les ulémas) sont d'accord à dire que celui (d'entre les Hypocrites) qui n'a rien de la "îmân" avec lui, il est comme l'a dit Dieu le Très Haut : "Les Hypocrites seront dans le degré le plus bas du Feu""
(MF 7/350).
Cependant, d'après un des deux avis existant, le croyant qui sait d'un musulman précis qu'il est en réalité un Hypocrite ne doit pas accomplir la prière funéraire sur lui lorsqu'il meurt, ni demander le pardon divin en sa faveur ; d'après un autre avis, cela est autorisé par rapport au Munâfiq (mais jamais par rapport au Kâfir) (cliquez ici). "بل المنافقون الذين يكتمون النفاق يصلي المسلمون عليهم ويغسلون وتجري عليهم أحكام الإسلام. كما كان المنافقون على عهد رسول الله صلى الله عليه وسلم. وإن كان علم نفاق شخص لم يجز له أن يصلي عليه كما نهى النبي صلى الله عليه وسلم عن الصلاة على من علم نفاقه. وأما من شك في حاله فتجوز الصلاة عليه إذا كان ظاهر الإسلام. كما صلى النبي صلى الله عليه وسلم على من لم ينه عنه وكان فيهم من لم يعلم نفاقه. كما قال تعالى: {وممن حولكم من الأعراب منافقون ومن أهل المدينة مردوا على النفاق لا تعلمهم نحن نعلمهم}"
"(...) Même les Hypocrites qui cachent leur nifâq, les musulmans accompliront sur eux la prière funéraire et ils recevront le bain funéraire (musulman) ; les règles extérieures de l'islam auront cours sur eux, comme c'était le cas des Hypocrites à l'époque du Messager de Dieu, sur lui soit la prière et la paix. Même s'(il est vrai que) celui qui connaît d'une personne qu'elle est Hypocrite, il ne lui est permis d'accomplir la prière funéraire sur elle, comme il a été interdit au Prophète d'accomplir la prière funéraire sur celui dont il connaissait l'hypocrisie. Quant à celui dont on a des doutes quant à son état [réel], il est permis d'accomplir la prière funéraire sur lui du moment qu'il est apparemment en islam, comme le Prophète l'a accomplie sur celui à propos de qui cela ne lui avait pas été interdit et dont il ne connaissait pas l'hypocrisie (...). Mais la prière funéraire accomplie par le Prophète et les mu'min sur un Hypocrite ne sera en rien utile à celui-ci (...)"
(MF 24/287-288).

Différent est le cas du Murtadd : ce dernier est celui qui était musulman (soit sincèrement, du fond du coeur ; soit seulement en apparence, étant donc un Munâfiq) puis a ouvertement quitté l'islam (ou bien il a été établi à son sujet par une preuve juridique qu'il a quitté l'islam)

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IV) Qu'est-ce que l'apostasie (Ridda) ?

L'homme qui est ouvertement non-musulman sans avoir jamais été musulman (évoqué plus haut en II) : lui est dit : "Kâfir aslî" (et son incroyance est dite : "kufr aslî").
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Contrairement à l'homme qui, après avoir dûment été muslim, devient kâfir : lui est dit "Murtadd", ce qui signifie qu'il a quitté l'islam et n'est plus musulman.

Un homme qui avait adhéré à la formule des deux témoignages de foi islamique, un tel homme quitte l'islam ou est en danger de quitter l'islam, cela se produit par le fait que :

--- 1) ... par le fait qu'il exprime qu'il a quitté complètement l'islam (soit qu'il n'ait plus de religion, soit qu'il se convertisse à une autre religion, soit qu'on découvre par des preuves irréfutables qu'il n'était en fait jamais  entré en islam sincèrement et de coeur) ; cet homme auparavant musulman est alors considéré kâfir dès qu'il exprime qu'il a quitté l'islam / dès qu'on a découvert qu'il n'était pas entré en islam ;

--- 2) ...par le fait que, tout en continuant à s'affilier (soit sincèrement, soit hypocritement) à l'islam, il exprime qu'il a adopté une croyance qui contredit clairement ce qui constitue les fondements de l'islam (dharûriyyât ud-dîn).

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Dans les deux cas (1 & 2), l'affiliation de cet homme à l'islam s'est faite :

----- a) soit sincèrement : il était croyant, connaissant et adhérant aux fondements véritables de l'islam (ne tombant alors au moins pas dans des points du type A que nous allons voir), mais c'est ensuite qu'il a eu des doutes, lesquels se sont amplifiés au point de lui faire quitter la foi ;

----- b) soit Hypocritement mais c'est maintenant qu'on a découvert que depuis le début il dissimulait son incroyance ; c'est alors une des définitions de Zindîq (V).

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Et dans le cas 2 ("il s'affilie à l'islam mais fait des actions de kufr akbar ou prononce des paroles de kufr akbar"), il y a 2 possibilités...

----- A) S'il s'agit d'une croyance qui contredit directement et clairement les fondements premiers de la foi musulmane (l'homme dit par exemple qu'il est musulman mais ne pense vraiment pas que Muhammad était un vrai messager de Dieu), alors cette croyance constitue du kufr akbar entraînant son hukm dunyawî (hukm ul-kufr, aw hukm ur-ridda) sans besoin de iqâmat ul-hujja : le fait est que l'ignorance n'a pas d'incidence ici. Seul un cas de contrainte reconnue (ik'râh : cliquez ici et ici) constitue une excuse valable, dans la mesure où le cœur reste alors serein dans la foi et que seule la langue exprime ce à quoi l'homme est contraint, pour éviter la mise à exécution de la menace.

----- B) Et s'il s'agit d'une croyance qui contredit d'autres dharûriyyât ud-dîn, alors cette croyance constitue elle aussi du kufr akbar, mais vu que l'ignorance est ici une excuse, cette parole n'entraînera son effet (hukm dunyawî) lorsqu'on se sera assuré qu'il n'y a pas d'ignorance (iqâmat ul-hujja).

(Ibn Taymiyya a fourni un exemple d'éléments de ces deux catégories ici nommées "A" et "B" : cf. MF 1/153.).

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Il faut ici souligner que pour ce qui est de l'homme qui a adhéré à l'islam et était sincère mais ignorait certains des fondements même de l'islam :

----- s'il était tellement ignorant que depuis le début il a adhéré à des paroles du type A, cela conformément à sa perception ignorante, lui est demeuré kâfir bi kufr aslî (je pense notamment à un américain lambda qui, à l'époque, croyait Elijah Poole lui affirmant que l'islam enseigne que Wallace Fard était Dieu incarné). Un tel homme, malgré sa proclamation qu'il est musulman, était en fait demeuré kâfir bi kufr aslî, et c'est suite à sa prononciation de cette parole que les musulmans ont pris connaissance du fait qu'il n'était en fait jamais entré en islam ;

--- par contre, si dans son ignorance il adhérait dès le début à une parole ou faisait une action du type B "seulement", alors lui est bien entré dans l'islam et est muslim, mais sa parole ou action du type B est de kufr akbar : il faut lui expliquer.
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Il faut donc distinguer, au sein du cas 2, les sous-cas suivants :
--- primo) celui qui avait adhéré sincèrement mais était ignorant et mal renseigné depuis le début, et qui a donc adhéré dès le début à des points de type A ; lui est kâfir bi kufr aslî ;
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secundo) celui qui avait adhéré sincèrement et n'était pas aussi ignorant que celui du primo, mais ensuite a eu un doute qui lui a fait perdre la foi en les Dharûriyyât ud-dîn ; lui est murtadd (s'il a perdu la foi en un point de type A) ou risque de le devenir (s'il a perdu la foi en un élément de type B) ;
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--- tertio) celui qui n'était pas aussi ignorant que celui du primo, mais avait depuis le début adhéré à l'islam de façon hypocrite, et un jour par des preuves irréfutables on découvre qu'il n'était en fait entré en islam qu'en apparence ; lui est zindîq.

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------ Dans les cas 1 et 2.A, si c'est ouvertement que la personne affirme que, auparavant musulmane, elle s'est désormais convertie à telle autre religion, elle sera bien évidemment considérée comme étant devenue kâfir et murtadd : dans un pays non-musulman, la communauté musulmane ayant connaissance de cela n'accomplira donc pas la prière funéraire sur elle ni n'invoquera Dieu en faveur de Son Pardon. Cependant, s'il y a seulement un doute à propos d'une personne qui s'était dite musulmane ("Est-elle toujours musulmane ou est-il vrai qu'elle aurait désormais adopté une autre religion ?"), alors il faut savoir qu'il ne s'agit pas de déclarer "kâfir" un homme sur la base de simples doutes ; le fait est qu'il est nécessaire qu'il y ait une preuve juridiquement valable (cf. Al-Mughnî 12/136) (c'est justement l'absence de preuve juridique qui fait que, malgré non pas de simples rumeurs mais des soupçons fondés, les Munâfiq n'ont pas été déclarés kâfir par les hommes, bien que, en leur for intérieur ils l'étaient). Ceci concerne les cas 1 et 2.A.

------ Quant au cas 2.B, il faut faire la distinction entre :
le fait de dire que telle parole est une parole de kufr akbar : ceci ne relève pas des prérogatives des qâdhî et muftî seulement mais de tout musulman doté des connaissances voulues en la matière ;
et le fait d'affirmer que telle personne précise, auparavant musulmane, est devenue Kâfir et est donc Murtadd pour tenir un propos de kufr akbar : cette personne a prononcé une parole de kufr akbar, mais étant donné que la pensée qu'elle a ainsi exprimée peut avoir pour origine l'ignorance (al-jahl) (MF 3/354, 7/618), les personnes compétentes ont le devoir de lui expliquer au préalable son erreur (iqâmat ul-hujja) ; c'est seulement si elle persiste malgré toutes les explications voulues que le juge musulman (qâdhî) la déclarera "kâfir". Ceci relève d'un qâdhî (ou, en l'absence de pareille institution, d'un mufti de haut niveau), et non du commun des musulmans (cf. Jarîmat ur-ridda, pp. 48-52) ; l'action de ces derniers doit rester la da'wa.

--- Lire notre article au sujet de la iqâmat ul-hujja.

--- Lire aussi notre article au sujet de la question de savoir s'il y a une sanction terrestre pour l'apostasie en pays musulman.

--- Lire également notre article au sujet de Dhu-l-Khuwayssira, dont le cas s'insère ici : c'est une parole de kufr akbar qu'il prononça ce jour-là, donc une parole de ridda. De nombreux ulémas l'ont classé comme étant un "Munâfiq".Cependant, je me demande humblement si on ne pourrait pas, plutôt, dire qu'il était "seulement" déjà Dhâll, et que, par sa parole prononcée ce jour-là, il devint Murtadd.
La raison en est que (comme le Prophète l'a dit), Dhu-l-Khuwayssira fut le premier d'une (longue) série de Kharijites devant émerger plus tard : or ceux-ci ne furent pas des Munâfiqûn. Après qu'il les eut combattus, quelqu'un demanda à 'Alî à leur sujet : "Sont-ils des Mushrik ? - Du Shirk ils ont fui, répond-il. - Sont-ils des Munâfiq ? - Les Munâfiq n'évoquent Dieu que peu ! - Qui sont-ils donc ? - Des gens qui ont fait bagh'y contre nous" : "عن طارق بن شهاب، قال: كنت عند عليّ، فسئل عن أهل النهر: أهم مشركون؟ قال: من الشرك فروا! قيل: فمنافقون هم؟ قال: إن المنافقين لا يذكرون الله إلا قليلا! قيل له: فما هم؟ قال: قوم بغوا علينا"" (Ibn Abî Shayba, n° 39097 ; MS 3/94-95).
Ibn Taymiyya écrit que les Kharijites, à cause de leur manque de compréhension du Dîn, y ont exagéré, et cela les a conduits à des croyances fausses, qui ont entraîné de leur part des actions répréhensibles. Puis Ibn Taymiyya relate d'hérésiographes que les Kharijites considèrent que les prophètes peuvent commettre des péchés majeurs (kabâ'ïr), et c'est pourquoi ces Kharijites ne suivent pas toute la Sunna. Puis Ibn Taymiyya nuance ce propos en disant que ce sont en fait certains Kharijites qui disent cela (As-Sârim, pp. 184-185).

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V) Et qu'est-ce que la Zandaqa ?

Le terme "Zindîq" a été employé pour désigner certaines personnes de l'époque de 'Alî notamment : "عن عكرمة قال: أتي علي رضي الله عنه بزنادقة" (al-Bukhârî, 6524), mais fait l'objet d'interprétations différentes.

A l'origine "Zindîq" (un terme d'origine persane) désignait une certaine catégorie de non-musulmans : le manichéen (Fat'h ul-bârî 12/338/339), peut-être même : l'athée (Ibid.). (Notons en passant que celui qui est ouvertement non-musulman et a cette croyance manichéenne peut être résident permanent de la Dâr ul-islam (hormis le Hedjaz) (voir un avis voisin in Radd ul-muhtâr, 6/383).)

Cependant, dans l'usage des juristes, ce terme "Zindîq" possède un autre sens : "والمقصود أن الناس ينقسمون في الحقيقة إلى: مؤمن ومنافق - كافر في الباطن مع كونه مسلما في الظاهر - وإلى كافر باطنا وظاهرا. ولما كثرت الأعاجم في المسلمين تكلموا بلفظ "الزنديق"، وشاعت في لسان الفقهاء وتكلم الناس في الزنديق: هل تقبل توبته في الظاهر إذا عرف بالزندقة ودفع إلى ولي الأمر قبل توبته. ومن الناس من يقول: "الزنديق" هو الجاحد المعطل؛ وهذا يسمى الزنديق في اصطلاح كثير من أهل الكلام والعامة ونقلة مقالات الناس. ولكن الزنديق الذي تكلم الفقهاء في حكمه هو الأول؛ لأن مقصودهم هو التمييز بين الكافر وغير الكافر والمرتد وغير المرتد ومن أظهر ذلك أو أسره" (MF 7/471-472).
En fait :

certains juristes l'emploient comme synonyme de Munâfiq (Fat'h ul-bârî 12/339)  "والمقصود هنا: أن "الزنديق" في عرف هؤلاء الفقهاء هو المنافق الذي كان على عهد النبي صلى الله عليه وسلم؛ وهو أن يظهر الإسلام ويبطن غيره، سواء أبطن دينا من الأديان كدين اليهود والنصارى أو غيرهم، أو كان معطلا جاحدا للصانع والمعاد والأعمال الصالحة" (MF 7/471). Ibn Hajar explique que, historiquement, certains Manichéens se firent Munâfiq, d'où le nom "Zindîq" pour désigner désormais le Munâfiq. Si on retient cette définition, alors il y a "تساوي" entre Munâfiq et Zindîq ;

d'autres juristes l'emploient pour désigner un type particulier de Munâfiq : celui qui dissimulait qu'il n'est pas musulman – comme le fait tout Munâfiq –, mais ensuite une preuve a été établie contre lui qu'il dissimulait son incroyance. Ce fut le cas de ceux qui ont été évoqués dans le athar suscité, sous le califat de Alî (que Dieu l'agrée) : ils se disaient musulmans mais tout en adorant de façon secrète des idoles (jusqu'à ce que cela fut découvert) : "ومن وجه آخر عند بن أبي شيبة كان أناس يعبدون الأصنام في السر" (Fat'h ul-bârî 12/338) ; ce fut le cas, également, de Mu'tib ibn Qushayr. Si on retient cette définition, alors il y a "عموم وخصوص مطلقًا" entre Munâfiq et Zindîq ;

d'autres juristes emploient le terme "Zindîq" pour désigner l'homme qui "présente comme étant de l'islam ce qui est en réalité du kufr akbar" : "فإن الزنديق يموه كفره ويروج عقيدته الفاسدة ويخرجها في الصورة الصحيحة، وهذا معنى إبطان الكفر" (Radd ul-muhtâr 6/384). Cependant, parle-t-il là de l'essence, ou bien de l'incidence de la Zandaqa ? S'il parle de l'essence, cela en fait une définition. Et, alors :
----- il se peut que cet homme fasse ainsi en étant Munâfiq, conscient de chercher à falsifier l'islam de l'intérieur, pour le dénaturer ;
----- mais il se peut que cet homme fasse ainsi en étant un Ignorant (un Jâhil Murakkab) qui, croyant sincèrement réformer l'islam et voulant agir pour le bien des musulmans, falsifie en réalité des fondements de l'islam : son problème est le Jahl Murakkab : ignorant, il se croit savant et réformateur (cela est également une faute morale, mais elle est différente du cas précédent).
Si on retient cette définition, alors il y a "عموم وخصوص وجهيّان" entre Munâfiq et Zindîq.

Un livret existe qui est le compte-rendu d'un discours prononcé par Cheikh Yûssuf Ludh'yân'wî (un grand âlim de la péninsule indienne), qui parlait du Qadianisme. Cheikh Ludh'yân'wî y a adopté la troisième des définitions du terme "zandaqa", puis a donné une image un peu simple mais très parlante de ce qu'est cette zandaqa…
Imaginez, dit-il, quelqu'un qui présente aux gens une bouteille où se trouve de l'alcool, qui porte une étiquette exprimant la nature réelle du contenu (alcool) et qui leur dit : "C'est de l'alcool, cela procure du bien à l'homme". Au fond de lui, aucun musulman ne peut être d'accord avec cette dernière phrase (tant il connaît les méfaits de cette boisson), de même qu'au fond de lui il ne peut approuver qu'on invite ainsi les gens à consommer cette boisson. Le vendeur a cependant l'honnêteté de dire que le produit qu'il présente est de l'alcool.
Imaginez maintenant une autre personne, qui présente aux gens une bouteille contenant de l'alcool mais en y ayant apposé une étiquette mentionnant "Eau de Zamzam" et qui dit : "C'est de l'eau de Zamzam, elle procure du bien à l'homme". Ici nous avons affaire à beaucoup plus grave : non seulement cette personne propose aux gens une boisson connue pour ses méfaits, mais en plus elle la fait passer pour l'eau du puits de Zamzam, près de la Kaaba. C'est là, disait en substance al-Ludh'yânawî, l'image du kufr qui dit son nom et celle du kufr-zandaqa : ce dernier propose du kufr sous le nom de l'islam (Al-Farqu bayn al-Qâdiyâniyyîn wa bayna sâ'ïr il-kuffâr, pp. 4-5).

Et le cheikh de citer comme exemple le bahaïsme. Celui-ci repose sur les affirmations de deux personnes, Mirzâ 'Alî Muhammad de Shiraz (dit "le Bab") et Mirzâ Hussein 'Alî Nûrî (dit "Baha'ullah"), s'étant présentées comme deux prophètes appartenant à la même lignée que Abraham, Moïse, Jésus et Muhammad (sur eux soit la paix) et leur succédant, et ayant affirmé avoir reçu de Dieu une autre révélation divine : c'est du kufr, et nul musulman ne peut personnellement approuver ces croyances [la tolérance est autre chose, nous parlons seulement ici de l'approbation des croyances], tant il sait que Muhammad est le dernier prophète (et donc a fortiori le dernier messager). Cependant, les bahaïs ne se disent pas musulmans et se présentent comme une communauté religieuse distincte de celle des musulmans, distincte de la Umma muhammadiyya (exactement comme les musulmans croient en les messages reçus par Moïse et Jésus mais ne s'y réfèrent pas – lâ ya'tassimûna bih – et ne se disent donc pas disciples de Moïse et de Jésus) (Al-Farqu bayn al-Qâdiyâniyyîn wa bayna sâ'ïr il-kuffâr, p. 15).
Le cas du Qadianisme est plus accentué : non seulement Mirzâ Ghulâm Ahmad de Qadian s'est présenté comme étant un prophète appartenant à la même lignée que Abraham, Moïse, Jésus et Muhammad (sur eux la paix) et a affirmé avoir reçu de Dieu, par le biais d'une "réflexion" (in'ikâs) à partir du prophète Muhammad, une révélation divine qu'il faut désormais suivre pour être sur le droit chemin (sinon on devient kâfir, dit-il), mais en plus il a présenté ses croyances comme étant "l'islam" et le prolongement même du message de Muhammad. Voilà, conclut al-Ludh'yân'wî, un cas de Zandaqa.

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VI) Et les Dhullâl (pluriel de Dhâll), alors ? les Firaq Dhâlla ?

Il s'agit de ce qui est visé par ce hadîth : "عن عبد الله بن عمرو، قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "ليأتين على أمتي ما أتى على بني إسرائيل حذو النعل بالنعل، حتى إن كان منهم من أتى أمه علانية لكان في أمتي من يصنع ذلك، وإن بني إسرائيل تفرقت على ثنتين وسبعين ملة، وتفترق أمتي على ثلاث وسبعين ملة، كلهم في النار إلا ملة واحدة." قالوا: ومن هي يا رسول الله؟ قال: "ما أنا عليه وأصحابي" : "… Et ma Umma se divisera en 73 groupes : tous seront dans le Feu, sauf 1. – Quel est-il ? demanda-t-on. (C'est celui qui suivra) ce sur quoi moi et mes Compagnons nous sommes" répondit-il (at-Tirmidhî, 2641).

Eux demeurent musulmans en apparence, et le seul Dhalâl ne contredit pas le Asl ul-îmân mais le Kamâl ul-îmân al-wâjib, comme exposé dans notre article : Le cadre de l'orthodoxie en islam (as-Sunna wa-l-Jamâ'ah) (أهل القرآن والسُنّة والجَماعة).

Lire aussi sur le sujet les articles suivants :
--- Dans l'ensemble des propos que tiennent ceux qui se réclament de l'islam, qu'est-ce qui fait la différence entre : - le propos de kufr akbar ; - le propos de dhalâl ; - l'erreur ijtihâdî qat'î ; - et l'erreur ijtihâdî zannî ?
--- La personne qui se réclame de la Sunna et de la Jamâ'ah mais professe un avis de dhalâl, sera-t-elle systématiquement qualifiée de "dhâll", ou ne peut-elle l'être qu'après Iqâmat ul-hujja ?

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Les versets coraniques suivants parlent-ils de Munâfiqûn, ou bien de Murtaddûn ?

 

- Les versets suivants parlent de Munâfiqûn :

--- "إِنَّ الْمُنَافِقِينَ فِي الدَّرْكِ الأَسْفَلِ مِنَ النَّارِ وَلَن تَجِدَ لَهُمْ نَصِيرًا إِلاَّ الَّذِينَ تَابُواْ وَأَصْلَحُواْ وَاعْتَصَمُواْ بِاللّهِ وَأَخْلَصُواْ دِينَهُمْ لِلّهِ فَأُوْلَئِكَ مَعَ الْمُؤْمِنِينَ وَسَوْفَ يُؤْتِ اللّهُ الْمُؤْمِنِينَ أَجْرًا عَظِيمًا" : "Les Hypocrites seront dans l'étage le plus bas du Feu, et tu ne trouveras pour eux aucun auxiliaire. Exception faite de ceux qui se sont repentis et ont arrangé, se sont cramponnés à Dieu et ont réservé leur culte pour Dieu : eux seront avec les Croyants. Et Dieu donnera aux Croyants une récompense énorme" (Coran 4/145-146).

--- Suite à ce que Abdullâh ibn Ubayy dit un jour, lors d'un déplacement, Dieu révéla plusieurs versets, intitulée justement Les Hypocrites (63ème sourate du Coran) (al-Bukhârî 4618 : on y lit que ce sont les versets 1 à 8 de cette sourate qui furent alors révélés). Cela se passa :
- soit lors de la campagne des Banu-l-Mustaliq (cf. Fat'h ul-bârî, 8/821, 827) (laquelle eut lieu en l'an 4 ou en l'an 5 de l'hégire) ;
- soit lors de la campagne de Tabûk (cf. Fat'h ul-bârî, 8/821) (laquelle eut lieu en l'an 9 de l'hégire) (cette seconde possibilité implique que Abdullâh ibn Ubayy ait participé à la campagne de Tabûk ; or ce point a été discuté par des ulémas ; en tous cas cet Abdullah mourut en dhu-l-qa'da de cet an 9 : Fat'h ul-bârî 8/423).
On y lit ce verset : "ذَلِكَ بِأَنَّهُمْ آمَنُوا ثُمَّ كَفَرُوا فَطُبِعَ عَلَى قُلُوبِهِمْ فَهُمْ لَا يَفْقَهُونَ" : "Cela est dû au fait qu'ils ont apporté foi puis ont mécru, aussi un sceau a été apposé sur leur cœur, ils ne comprennent dès lors pas" (Coran 63/3). La question qui se pose est : Comment cette formule "ils ont apporté foi" a-t-elle été employée au sujet de Abdullâh ibn Ubayy Ibn Salûl et son groupe, alors qu'ils n'ont jamais apporté foi de cœur ?
La réponse est qu'en fait, c'était selon toute apparence, devant tout le monde (par les deux témoignages de la foi) que ces gens avaient apporté foi, et ce fut ensuite de façon discrète qu'ils exprimèrent leur kufr : devant leurs semblables seulement (car s'ils l'avaient fait ouvertement, ils seraient devenus Apostats).
"فإن قلت: المنافقون لم يكونوا إلا على الكفر الثابت الدائم، فما معنى قوله {آمنوا ثم كفروا
قلت: فيه ثلاثة أوجه، أحدها: {آمنوا}، أى: نطقوا بكلمة الشهادة وفعلوا كما يفعل من يدخل في الإسلام، {ثم كفروا}: ثم ظهر كفرهم بعد ذلك وتبين بما أطلع عليه من قولهم: "إن كان ما يقوله محمد حقا فنحن حمير"، وقولهم في غزوة تبوك: "أيطمع هذا الرجل أن تفتح له قصور كسرى وقيصر؟ هيهات"؛ ونحوه قوله تعالى {يحلفون بالله ما قالوا ولقد قالوا كلمة الكفر وكفروا بعد إسلامهم} أى: وظهر كفرهم بعد أن أسلموا؛ ونحوه قوله تعالى {لا تعتذروا قد كفرتم بعد إيمانكم}. والثاني: {آمنوا}: أى نطقوا بالإيمان عند المؤمنين، {ثم} نطقوا بالكفر عند شياطينهم استهزاء بالإسلام، كقوله تعالى {وإذا لقوا الذين آمنوا إلى قوله تعالى إنما نحن مستهزؤن}. والثالث: أن يراد أهل الردة منهم"
(Tafsîr uz-Zamakhsharî).
"فبين الله أن حالهم لا يخفى عليه، ولكن حكمه أن من أظهر الإيمان أجري عليه في الظاهر حكم الإيمان. {إنهم ساء ما كانوا يعملون} أي بئست أعمالهم الخبيئة - من نفاقهم وأيمانهم الكاذبة وصدهم عن سبيل الله - أعمالا. {ذلك بأنهم آمنوا ثم كفروا فطبع على قلوبهم فهم لا يفقهون} هذا إعلام من الله تعالى بأن المنافق كافر، أي: أقروا باللسان ثم كفروا بالقلب" (Tafsîr ul-Qurtubî).

--- On trouve la même formule "ils ont apporté foi" dans cet autre passage : "يَحْذَرُ الْمُنَافِقُونَ أَن تُنَزَّلَ عَلَيْهِمْ سُورَةٌ تُنَبِّئُهُمْ بِمَا فِي قُلُوبِهِم قُلِ اسْتَهْزِؤُواْ إِنَّ اللّهَ مُخْرِجٌ مَّا تَحْذَرُونَ. وَلَئِن سَأَلْتَهُمْ لَيَقُولُنَّ إِنَّمَا كُنَّا نَخُوضُ وَنَلْعَبُ. قُلْ أَبِاللّهِ وَآيَاتِهِ وَرَسُولِهِ كُنتُمْ تَسْتَهْزِؤُونَ. لاَ تَعْتَذِرُواْ قَدْ كَفَرْتُم بَعْدَ إِيمَانِكُمْ إِن نَّعْفُ عَن طَآئِفَةٍ مِّنكُمْ نُعَذِّبْ طَآئِفَةً بِأَنَّهُمْ كَانُواْ مُجْرِمِينَ" : "Et si tu les questionnes ils diront certainement : "Nous ne faisions que discuter et plaisanter." Dis : "Est-ce au sujet de Dieu, de Ses Signes et de Son Messager que vous vous moquiez ? Ne cherchez pas d'excuse, vous avez fait mécréance après que vous ayez apporté foi" (Coran 9/64-66).
"لا تعتذروا قد كفرتم بعد إيمانكم}. فإن قيل: كيف قال: كفرتم بعد إيمانكم، وهم لم يكونوا مؤمنين؟. قيل: معناه: أظهرتم الكفر بعدما أظهرتم الإيمان" (Tafsîr ul-Baghawî).
"وقوله تعالى: قَدْ كَفَرْتُمْ أي: قد ظهر كفركم بعد إظهاركم الإيمان وهذا يدل على أن الجِدَّ واللعب في إظهار كلمة الكفر سواء" (Zâd ul-massîr).
"قوله تعالى: {وَلَئِنْ سَأَلْتَهُمْ} في سبب نزولها ستة أقوال:
أحدهما: أن جَدَّ بنَ قيس، ووديعة بن خذام، والجُهَير بن خُمَير، كانوا يسيرون بين يدي رسول الله صلى الله عليه وسلم مرجعه من تبوك، فجعل رجلان منهم يستهزئان برسول الله صلى الله عليه وسلم، والثالث يضحك مما يقولان ولا يتكلم بشيء. فنزل جبريل فأخبره بما يستهزئون به ويضحكون فقال لعمار بن ياسر: "اذهب فسلهم عما كانوا يضحكون منه، وقل لهم: أحرقكم الله"، فلما سألهم وقال: أحرقكم الله، علموا أنه قد نزل فيهم قرآن، فأقبلوا يعتذرون إلى رسول الله صلى الله عليه وسلم، وقال الجُهَير: والله ما تكلَّمت بشيء، وإنما ضحكت تعجّبا من قولهم. فنزل قوله تعالى: لا تَعْتَذِرُوا يعني جَدَّ بن قيس، ووديعة إِنْ نَعْفُ عَنْ طائِفَةٍ مِنْكُمْ يعني الجهير نُعَذِّبْ طائِفَةً يعني الجدّ ووديعة. وهذا قول أبي صالح عن ابن عباس. والثاني: أن رجلاً من المنافقين قال: ما رأيت مثل قرائنا هؤلاء، ولا أرغبَ بطوناً، ولا أكذبَ، ولا أجبنَ عند اللقاء يعني رسول الله صلى الله عليه وسلم وأصحابه فقال له عوف بن مالك. كذبت، لكنّك منافق، لأخبرنّ رسول الله صلى الله عليه وسلم فذهب ليخبره، فوجد القرآن قد سبقه فجاء ذلك الرجل فقال: يا رسول الله، إنما كنا نخوض ونلعب، هذا قول ابن عمر وزيد بن أسلم والقرظي. والثالث: أن قوماً من المنافقين كانوا يسيرون مع رسول الله صلى الله عليه وسلم، فقالوا: إن كان ما يقول هذا حقاً، لنحن شرٌّ من الحمير فأعلم الله نبيه ما قالوا، ونزلت: وَلَئِنْ سَأَلْتَهُمْ. قاله سعيد بن جبير. والرابع: أن رجلاً من المنافقين قال: يحدثنا محمد أن ناقة فلان بوادي كذا وكذا، وما يُدريه ما الغيب؟ فنزلت هذه الآية. قاله مجاهد.  والخامس: أن ناساً من المنافقين قالوا: يرجو هذا الرجل أن يفتح قصور الشام وحصونها، هيهات فأطلع الله نبيّه على ذلك، فقال نبيّ الله صلى الله عليه وسلم: «احبسوا علي الرَّكب» ، فأتاهم، فقال: «قلتم كذا وكذا» ، فقالوا: إنما كنا نخوض ونلعب فنزلت هذه الآية، قاله قتادة. والسادس: أن عبد الله بن أُبيٍّ، ورهطاً معه، كانوا يقولون في رسول الله صلى الله عليه وسلم وأصحابه ما لا ينبغي، فإذا بلغ رسول الله صلى الله عليه وسلم قالوا: إنما كنا نخوض ونلعب، فقال الله تعالى: قُلْ لهم أَبِاللَّهِ وَآياتِهِ وَرَسُولِهِ كُنْتُمْ تَسْتَهْزِؤُنَ؟ قاله الضّحّاك" (Zâd ul-massîr).

--- Par contre, dans le verset suivant, c'est le terme "islam" qui a été employé à propos du même type de personnes : des Hypocrites : "يَحْلِفُونَ بِاللّهِ مَا قَالُواْ وَلَقَدْ قَالُواْ كَلِمَةَ الْكُفْرِ وَكَفَرُواْ بَعْدَ إِسْلاَمِهِمْ وَهَمُّواْ بِمَا لَمْ يَنَالُواْ" : "Ils font serment qu'ils n'ont pas dit (cela). Alors qu'ils ont dûment dit la parole de kufr, ont fait kufr après être entrés en islam, et ont tenté ce qu'ils n'ont (ensuite) pas atteint" (Coran 9/74).
"قوله تعالى: {يَحْلِفُونَ بِاللَّهِ ما قالُوا} في سبب نزولها ثلاثة أقوالأحدها: أنّ رسول الله صلى الله عليه وسلم ذكر المنافقين فعابهم فقال الجُلاس بن سويد: إن كان ما يقول على إخواننا حقاً لنحن شرٌّ من الحمير. فقال عامر بن قيس: والله إنه لصادق ولأنتم شرٌّ من الحمير وأخبر رسول الله صلى الله عليه وسلم بذلك، فأتى الجلاسُ فقال: ما قلت شيئاً، فحلفا عند المنبر، فنزلت هذه الآية. قاله أبو صالح عن ابن عباس، وذهب إِلى نحوه الحسن ومجاهد وابن سيرين. والثاني: أن عبد الله بن أُبيٍّ قال: والله لئن رجعنا إلى المدينة، ليُخرجن الأعزُّ منها الأذل، فسمعه رجل من المسلمين، فأخبر رسول الله صلى الله عليه وسلم، فأرسل إليه، فجعل يحلف بالله ما قال، فنزلت هذه الآية، قاله قتادة. والثالث: أن المنافقين كانوا إذا خَلَوْا، سبُّوا رسول الله وأصحابه، وطعنوا في الدين فنقل حذيفة إلى رسول الله صلى الله عليه وسلم بعض ذلك، فحلفوا ما قالوا شيئاً، فنزلت هذه الآية، قاله الضحاك.
فأما {كلمة الكفرفهي سبّهم الرّسول صلى الله عليه وسلم وطعنهم في الدّين.
وفي سبب قوله تعالى: {وَهَمُّوا بِما لَمْ يَنالُوا} أربعة أقوال:
أحدها: أنها نزلت في ابن أُبيّ حين قال: لئن رجعنا إلى المدينة، رواه أبو صالح عن ابن عباس، وبه قال قتادة. والثاني: أنها نزلت فيهم حين همّوا بقتل رسول الله صلى الله عليه وسلم. رواه مجاهد عن ابن عباس، قال: والذي همَّ رجل يقال له: الأسود. وقال مقاتل: هم خمسة عشر رجلاً، هَمُّوا بقتله ليلة العقبة. والثالث: أنه لما قال بعض المنافقين: "إن كان ما يقول محمد حَقّاً، فنحن شرٌّ من الحمير" وقال له رجل من المؤمنين: "لأنتم شرٌّ من الحمير"، همَّ المنافق بقتله، فذلك قوله تعالى: وَهَمُّوا بِما لَمْ يَنالُوا. هذا قول مجاهد. والرابع: أنهم قالوا في غزوة تبوك: إذا قدمنا المدينة، عقدنا على رأس عبد الله بن أُبيّ تاجاً نباهي به رسول الله " صلى الله عليه وسلم فلم ينالوا ما همّوا به" (Zâd ul-massîr).

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- Par contre les deux passages suivants parlent pour leur part d'Apostats, Murtaddûn (à retenir l'un des commentaires : Bayân ul-qur'ân) :

--- "كَيْفَ يَهْدِي اللّهُ قَوْمًا كَفَرُواْ بَعْدَ إِيمَانِهِمْ وَشَهِدُواْ أَنَّ الرَّسُولَ حَقٌّ وَجَاءهُمُ الْبَيِّنَاتُ وَاللّهُ لاَ يَهْدِي الْقَوْمَ الظَّالِمِينَ {3/86} أُوْلَئِكَ جَزَآؤُهُمْ أَنَّ عَلَيْهِمْ لَعْنَةَ اللّهِ وَالْمَلآئِكَةِ وَالنَّاسِ أَجْمَعِينَ {3/87} خَالِدِينَ فِيهَا لاَ يُخَفَّفُ عَنْهُمُ الْعَذَابُ وَلاَ هُمْ يُنظَرُونَ {3/88} إِلاَّ الَّذِينَ تَابُواْ مِن بَعْدِ ذَلِكَ وَأَصْلَحُواْ فَإِنَّ الله غَفُورٌ رَّحِيمٌ {3/89} إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُواْ بَعْدَ إِيمَانِهِمْ ثُمَّ ازْدَادُواْ كُفْرًا لَّن تُقْبَلَ تَوْبَتُهُمْ وَأُوْلَئِكَ هُمُ الضَّآلُّونَ {3/90" : "Comment Dieu guiderait-Il des gens qui ont mécru après avoir apporté foi, (après) avoir témoigné que le Messager est vrai et que les preuves évidentes leur sont venues ? Et Dieu ne guide pas les injustes. Eux, leur rétribution sera que sur eux sera la malédiction de Dieu, des anges et de tous les hommes, dans laquelle ils demeureront perpétuellement. Le châtiment ne sera pas allégé pour eux, ni un délai ne leur sera accordé. Sauf ceux qui se seront repentis après cela et qui auront arrangé, car Dieu est Pardonnant, Miséricordieux. Ceux qui ont mécru après leur foi, puis ont augmenté en mécréance, leur repentir ne sera pas accepté, et ceux-là sont, eux, les égarés" (Coran 3/86-90).
Selon at-Thânwî reprenant l'avis de ar-Râzî, le fait d'"augmenter en kufr" évoque simplement : le fait d'être demeuré dans le kufr jusqu'à mourir ainsi. ("وهذه الآية استثنت مَن تاب ممن لم يتب. وقد زعم قوم أنها نَسخت ما تضمنته الآيات قبلها من الوعيد. والاستثناء ليس بنسخ" (Zâd ul-massîr).

--- "إِنَّ الَّذِينَ آمَنُواْ ثُمَّ كَفَرُواْ ثُمَّ آمَنُواْ ثُمَّ كَفَرُواْ ثُمَّ ازْدَادُواْ كُفْرًا لَّمْ يَكُنِ اللّهُ لِيَغْفِرَ لَهُمْ وَلاَ لِيَهْدِيَهُمْ سَبِيلاً" : "Ceux qui ont apporté foi, puis ont mécru, puis ont apporté foi, puis ont mécru, puis ont augmenté en mécréance, Dieu n'en est pas à leur pardonner, ni à la guider sur une voie" (Coran 4/137).
("وروي عن الحسن قال: هم قوم من أهل الكتاب قصدوا تشكيك المؤمنين فكانوا يظهرون الإيمان ثم الكفر، {ثم ازدادوا كفراً} بثبوتهم على دينهم" : Zâd ul-massîr).

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Un autre article à lire également :

--- 1) On peut (et on doit) dire de telle croyance et de telle action qu'elles sont de Îmân / de Tâ'ah, ou au contraire de Kufr / de Ma'siya. Mais 2) pouvons-nous, humains, affirmer que telle personne précise (mu'ayyan) ayant cette croyance ou faisant cette action est Mu'min / Sâlih, ou au contraire Kâfir / Fâssiq ? Et 3) pouvons-nous dire de telle personne précise (mu'ayyan), qui est morte apparemment avec telle croyance, ou telle autre, qu'elle se trouve dans le Paradis, ou dans le Feu du Barzakh ?

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

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