Entre l'Objectif que l'on poursuit en faisant une Action (المقصود تحققه من مباشرة العمل), et la Forme de cette Action (شكلُ العملِ الكاملُ) - Une "bonne intention" ne suffit pas à faire de l'action quelque chose de "bien" : il faut que la Forme Complète de l'Action que l'on fait (شكلُ العملِ الكاملُ) soit, déjà, vertueuse - Par ailleurs, il faut qu'il y ait Adéquation (موافقة) entre l'Objectif que l'on a (ما يقصد الإنسان تحقيقه بعمله), et la Forme Complète de l'Action que, pour réaliser cet Objectif, on fait (شكلُ العملِ الكاملُ)

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I) Introduction relative à l'Intention :

Par rapport à l'Intention que l'on a en faisant telle Action, il existe 2 perspectives...

--- Primo il y a la perspective de l'intention que l'on a de réaliser telle Action : de conférer, à la Forme de l'Action que l'on fait, tel sens : cette intention distingue une Action d'une Autre : "تمييز العمل من العمل". Cela entre en jeu pour distinguer une action temporelle de l'action cultuelle (تمييز العبادة من العادة) ; de même que pour distinguer une action cultuelle obligatoire d'une action cultuelle recommandée (تمييز رتب العبادة بعضها من بعض). Ainsi, le fait de s'abstenir de manger, boire et d'avoir des relations intimes pendant quelques heures peut être fait sans aucune intention particulière (أي بالاتفاق) ; comme cela peut être fait avec un sens temporel : pour raison sanitaire ; comme cela peut être fait avec un sens cultuel ; c'est le sens qu'on lui donne dans son for intérieur qui en fera quelque chose du premier, du second, ou du troisième cas. D'où ce hadîth : "Celui qui n'a pas pris la résolution de jeûner avant l'aube, pas de jeûne pour lui" : "عن حفصة، عن النبي صلى الله عليه وسلم قال: "من لم يجمع الصيام قبل الفجر، فلا صيام له" (at-Tirmidhî, 730, Abû Dâoûd, 2454, an-Nassâ'ï) ; cela signifie que, pour l'accomplissement d'un jeûne de remplacement (qadhâ'), si ce n'est pas avant l'aube qu'on a eu l'intention de jeûner ce jour-là, alors le fait d'être resté depuis l'aube - mais sans intention particulière - sans manger ni boire et sans avoir eu de relations intimes, cela ne rend plus possible de faire, dans la matinée, l'intention a posteriori de faire un jeûne cultuel de cette action (n'avoir pas mangé, bu, ni n'avoir eu de relation intime) débutée sans intention cultuelle depuis le début de la journée. On le voit : c'est l'intention qui distingue l'action cultuelle de l'action temporelle.
Cela vaut pour les Paroles aussi : il y a l'intention d'avoir voulu conférer, aux Mots prononcés, tel sens. Ainsi, dire à son épouse : "Rejoins ta famille" ("الحقي بأهلك"), cela peut avoir le sens d'un divorce religieux, comme cela peut avoir un sens de mécontentement passager, comme cela peut avoir un simple sens de conseil pour quelques jours.
----- Jusque là nous avons parlé des
actions et des paroles qui, selon l'intention que l'on a, ont tantôt tel sens, et tantôt tel autre sens : c'est l'intention que l'on a qui détermine le sens de l'action ou de la parole.
-------- Par ailleurs, dans certaines circonstances, c'est la situation dans laquelle on se trouve qui indique elle-même (dalâlat ul-hâl) l'intention que l'on a : cette situation indique par exemple qu'on a conféré à l'action effectuée le sens de 'Ibâda : ainsi en est-il d'allumer une bougie dans une église : le fait d'être alors à l'intérieur de l'église indique que cette action a alors son sens cultuel. De même, telle situation indique qu'on a conféré à la parole prononcée tel sens précis, et pas tel autre sens (qui était en soi possible).
----- Cependant, par ailleurs encore, il existe d'autres actions qui, de par leur forme même, ont tel sens, sans que l'intention de celui qui les fait doive, ni puisse, être questionnée. La prière rituelle est, ainsi, "action cultuelle" de par sa forme même : "وأفاد [ابن عبد السلام] أن النية إنما تشترط في العبادة التي لا تتميز بنفسها. وأما ما يتميز بنفسه فإنه ينصرف بصورته إلى ما وضع له، كالأذكار والأدعية والتلاوة، لأنها لا تتردد بين العبادة والعادة. ولا يخفى أن ذلك إنما هو بالنظر إلى أصل الوضع؛ أما ما حدث فيه عرف كالتسبيح للتعجب، فلا" (Fat'h ul-bârî 1/19). De même, il existe des paroles qui sont univoques : elles ont tel sens, et tel sens seulement. Cela a une incidence sur la conclusion ou la dissolution de contrats : "بعتُ", "تزوجتُ", "أعتقتُ", "طلّقتُكِ" : ces formules ont le sens qui est connu, et celui qui prononce l'une d'elles volontairement ne peut pas prétendre n'avoir pas eu l'intention de signifier alors le sens qui lui échoit naturellement (c'est pourquoi l'intention de plaisanterie n'est pas retenue dans un cas de prononciation de la formule du mariage ou du divorce ; par contre, pour ce qui est de la prononciation par plaisanterie de la formule de la vente et de l'achat, les avis sont divergents entre les mujtahidûn).
Lire : Quand on prononce une Parole / on fait un Signe Gestuel / on fait certaines Actions / on arbore certains Objets : en tout cela, il y a : - ce dont le sens est extrêmement Clair (c'est telle chose, et rien d'autre) ; - ce qui est Clair (c'est tel de ses sens) ; - et ce dont le sens est Equivoque : cela peut être telle chose, ou bien telle autre chose (à probabilités égales) - الصريح والمحتمل.

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--- Et secundo il y a l'intention que l'on a de rechercher, par le moyen de telle Action ou de telle Parole, la réalisation de telle chose déterminée : cette intention-là distingue tel Objectif que l'Acteur vise en faisant cette Action ou en prononçant cette Parole (car il pense que cette Action / Parole va l'entraîner, ou bien est susceptible de l'entraîner), de tel Autre Objectif que la même Action / Parole entraîne aussi, ou aurait pu entraîner, mais que l'Acteur ne vise pas : "تمييز المعمول له من المعمول له", c'est-à-dire : "تمييز المقصود تحققه بالعمل، من مقصود آخر" ; en d'autres termes : "تمييز العمل الذي يصدر عن غير أيّ قصد عقليّ، من العمل الذي يباشر عن قصد عقليّ ولكن يباشر اتفاقًا (أي بغير إرادة تحقيق مقصود مخصوص بالمحلّ الذي وقع عليه العمل)، من العمل الذي يباشر عادةً، من العمل الذي يباشر مصلحةً، من العمل الذي يباشر تعبدًا".
Ainsi, le fait d'accomplir un jeûne (donc une action cultuelle) doit être fait avec l'objectif qu'il rapproche spirituellement le jeûneur de Dieu ; mais il peut arriver que quelqu'un le fasse avec pour seul objectif de se préserver du déshonneur lié au fait de ne pas jeûner. C'est l'objectif que la personne a en son for intérieur qui est ici déterminant.
On voit cela dans le célèbre hadîth : "Les actions ne sont [comptées auprès de Dieu] qu'en fonction de l'intention. Et chacun n'aura [comme récompense auprès de Dieu] que ce qu'il aura fait comme intention. Celui dont l'émigration [vers la Dâr ul-islâm] a été faite vers Dieu et Son Messager, son émigration sera (comptée par Dieu) comme ayant été faite vers Dieu et Son Messager. Et celui dont l'émigration [vers la Dâr ul-islâm] a été faite (en réalité) vers une affaire temporelle qu'il pourra [y] obtenir ou vers une femme avec laquelle il pourra se marier, alors son émigration sera (comptée par Dieu) comme ayant été faite vers ce vers quoi il a (réellement) émigré" : "عن عمر بن الخطاب رضي الله عنه قال: سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلم يقول: "إنما الأعمال بالنيات، وإنما لكل امرئ ما نوى. فمن كانت هجرته إلى دنيا يصيبها، أو إلى امرأة ينكحها، فهجرته إلى ما هاجر إليه" (al-Bukhârî, 1, Muslim, 1907, et bien d'autres) ; "إنما الأعمال بالنية، وإنما لامرئ ما نوى، فمن كانت هجرته إلى الله ورسوله، فهجرته إلى الله ورسوله. ومن كانت هجرته إلى دنيا يصيبها أو امرأة يتزوجها، فهجرته إلى ما هاجر إليه" (al-Bukhârî, 6311).
Un autre exemple : Suspendre ses armes à un arbre par Maslaha Dunyawiyya : par commodité pour pouvoir se reposer, cela est entièrement autorisé : "عن جابر بن عبد الله رضي الله عنهما، أخبر أنه غزا مع رسول الله صلى الله عليه وسلم قبل نجد، فلما قفل رسول الله صلى الله عليه وسلم قفل معه، فأدركتهم القائلة في واد كثير العضاه، فنزل رسول الله صلى الله عليه وسلم وتفرق الناس يستظلون بالشجر، فنزل رسول الله صلى الله عليه وسلم تحت سمرة وعلق بها سيفه، ونمنا نومة" (al-Bukhârî, 2753). Par contre, la même action, faite avec l'Objectif de Maslaha de Tabarruk (retirer la Baraka Dîniyya), ayant alors comme croyance que cet arbre conférera une bénédiction aux armes y ayant été suspendues, cela est une Bid'a (un Shirk Asghar) : "عن أبي واقد الليثي، قال: خرجنا مع رسول الله صلى الله عليه وسلم قبل حنين، فمررنا بسدرة، فقلت: يا نبي الله، اجعل لنا هذه ذات أنواط كما للكفار ذات أنواط، وكان الكفار ينوطون سلاحهم بسدرة، ويعكفون حولها، فقال النبي صلى الله عليه وسلم: "الله أكبر! هذا كما قالت بنو إسرائيل لموسى: {اجعل لنا إلها كما لهم آلهة}! إنكم تركبون سنن الذين من قبلكم" (Ahmad, 21900).

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La seconde perspective recoupe pour partie la première aussi : en effet, si on s'abstient de manger, boire et avoir des relations intimes avec l'objectif de se rapprocher de Dieu, cela confère forcément à cette abstention un sens cultuel (nous verrons cela plus bas).

Cependant, en même temps, cette seconde perspective diffère, pour autre partie, de la première : le jeûne, même fait avec le sens cultuel, doit être fait avec l'objectif intérieur réel de se rapprocher de Dieu ; or il arrive hélas qu'il soit fait avec l'objectif intérieur de se faire connaître comme "pieux" : "قال شداد: "فإني قد سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلم يقول: "من صلى يرائي فقد أشرك، ومن صام يرائي فقد أشرك، ومن تصدق يرائي فقد أشرك"" (Ahmad, 17140, dha'îf).

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Je ne parlerai ici que de l'Intention selon sa Seconde Perspective.

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II) Y a-t-il une différence entre Intention et Objectif ?

L'Intention ("Niyya"), c'est : "l'action – intérieure – de vouloir réaliser tel Objectif (Maqsûd) par le biais de telle Action, et ce que, ensuite, on passe à l'acte et qu'on fasse donc concrètement cette Action, ou qu'on ne le fasse pas" : "والنية: القصد" (Ibn Qudâma : Al-Mughnî, 1/129) : "قصد الإنسان بقلبه ما يريده بفعله" (al-Qarâfî : Adh-Dhakhîra) ; "انبعاث القلب نحو ما يراه موافقا لغرض من جلب نفع أو دفع ضر حالا أو مآلا" (al-Baydhâwî : Fat'h ul-bârî, 1/17 ; Al-Ashbâh wa-n-Nazâ'ïr, p. 112) ; "المعنى الباعث على العمل" (Shâh Waliyyullâh : Hujjat ullâh il-bâligha 2/222). Si on retient ces définitions-ci, il n'y a pas de différence entre "Niyya" et "Qasd" (au sens, ici, de "'Amal ul-Qasd") (et ce différemment, alors, de l'explication de Ibn ul-Qayyim : Badâ'i' ul-fawâ'ïd, pp. 512-513).

– Quant à l'Objectif ("Qasd" au sens, cette fois, de "Maqsûd"), c'est : "la chose que l'on cherche à réaliser par le moyen de l'Action ; et cela, qu'il s'agisse d'un Objectif Détaillé, d'un Objectif-Médian, ou d'un Objectif-Finalité".

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Ci-après, nous parlerons seulement de l'Objectif Détaillé et Ramifié (المقصود التفصيليّ) que l'individu, en son for intérieur, désire (بقصده) réaliser par le biais de l'Action Précise qu'il veut faire.
Nous ne parlerons pas de l'Objectif plus Global qu'il a alors (pas de la Finalité, ni même de l'Objectif-Médian).

La différence entre les deux (Objectif Ramifié, et Objectif plus Global) sera exposée au point V.

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L'Objectif (Détaillé) (Maqsûd Juz'î), c'est ce qui constitue, dans son for intérieur, le Mobile de l'action précise que l'on fait.
C'est :
--- ce que nous visons réellement à réaliser dans le concret - et à obtenir - par le biais de cette action ;
--- et qui est ce qui nous pousse à faire cette action.
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L'Objectif (
Maqsûd), c'est la "'Illa Ghâ'iyya" que l'on cherche à réaliser.
Et
chercher à réaliser, par le biais de telle action, cet "Objectif", c'est l'Intention que l'on a en faisant l'action (إرادة تحقق ذلك المقصود بذلك العمل، هو النية).
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"ثم لا بد أن يتعلق بها علتان:
إحداهما: السبب، وهي العلة الفاعلة؛
والثاني: الحكمة، وهي العلة الغائية؛ فذلك هو العلم والإرادة للأمور الأولية.
فإن السبب والفاعل أدل في الوجود العيني؛ والحكمة والغاية أدل في الوجود العلمي الإرادي.
ولهذا كانت العلة الغائية* علة فاعلية للعلة الفاعلية؛ وكانت هي في الحقيقة علة العلل، لتقدمها علما وقصدا، وأنها قد تستغني عن المعلول، والمعلول لا يستغني عنها، وأن الفاعل لا يكون فاعلا إلا بها، وأنها هي كمال الوجود وتمامه" (MF 18/308-309) *أي تصورها وإرادتها.

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III) La Forme Complète de l'Action que l'on fait (شكل العمل الكامل), est soit "interdite" (matlûb ut-tark), soit "autorisée" (mubâh), soit "requise" (matlûb). Et l'Objectif (مقصود) que l'on cherche à réaliser par le biais de cette Action est soit "mauvais", soit "absent", soit "bon". Ce qui nous donne 9 cas de figure :

Cas A) La forme complète de l'action que l'on fait est mauvaise en soi...

---– cas A.1) ... et l'objectif ramifié que l'on désire, dans son for intérieur, réaliser par le biais de cette action, cet objectif ramifié est lui aussi mauvais en soi ;

---– cas A.2) ... et on n'a alors pas d'objectif ramifié spécifique, que l'on désirerait, dans son for intérieur, réaliser par le biais de cette action ;

---– cas A.3) ... cependant, l'objectif ramifié que l'on désire, dans son for intérieur, réaliser par le biais de l'action, cet objectif ramifié est bon en soi.

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Cas B) La forme complète de l'action que l'on fait est en soi autorisée...

---– cas B.1) ... cependant, l'objectif ramifié que l'on désire, dans son for intérieur, réaliser par le biais de l'action, cet objectif ramifié est mauvais en soi ;

---– cas B.2) ... et on n'a alors pas d'objectif ramifié spécifique, que l'on désirerait, dans son for intérieur, réaliser par le biais de cette action ;

---– cas B.3) ... cependant, l'objectif ramifié que l'on désire, dans son for intérieur, réaliser par le biais de l'action, cet objectif ramifié est bon en soi.

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Cas C) La forme complète de l'action que l'on fait est requise en soi...

---– cas C.1) ... cependant, l'objectif ramifié que l'on désire, dans son for intérieur, réaliser par le biais de l'action, cet objectif ramifié est mauvais en soi ;

---– cas C.2) ... et on n'a alors pas d'objectif ramifié spécifique, que l'on désirerait, dans son for intérieur, réaliser par le biais de cette action ;

---– cas C.3) ... et l'objectif ramifié que l'on désire, dans son for intérieur, réaliser par le biais de l'action, cet objectif ramifié est lui aussi bon en soi.

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IV) Que signifie : "l'Action est, en sa Forme Complète, en soi "mauvaise", "neutre", ou "requise"" ?

Déjà, la Forme d'une Action implique :
--- le geste (الحَدَث) qui constitue cette action,
--- ainsi que, bien sûr, son acteur (الفاعل),
--- et ce dans tel environnement (متعلق الفعل),
--- mais aussi, si l'action est transitive, l'existence d'une catégorie précise d'objet (المفعول به ) sur lequel cette action puisse s'exercer pour exister sous le nom qu'elle a (car الفعل المتعدي لا يحدث إلا بالفاعل والمفعول به؛ فتحقُّق الأكل يقتضي وجود شيء يؤكل، وإلا فهو تحريك اللحيين فقط. وأحيانًا لا يتحقق الفعل المخصوص إلا بآلة خاصة، مثل الذبح لا يتحقق إلا بحديدة، وإلا فهو خنق).
Voici deux définitions données par al-Jurjânî : "المتعدي هو: ما لا يتم فهمه بغير ما وقع عليه" (
At-Ta'rîfât) ; "المفعول به هو: ما وقع عليه فعل الفاعل بغير واسطة حرف الجر، أو بها (أي بواسطة حرف الجر)، ويسمى أيضًا: ظرفًا لغوًا، إذا كان عامله مذكورًا، أو مستقرًا، إذا كان مع الاستقرار أو الحصول مقدرًا" (At-Ta'rîfât).

Manger est ainsi l'action de porter des aliments à sa bouche, et de les déglutir. Voilà la Forme de l'action "manger". Cependant, ici il s'est agi de la Forme de l'Action dans le Principe.

Or, dans cet article, nous parlons, plus précisément encore, de la Forme Complète de l'Action : telle qu'elle existe en situation Réelle...

Dès lors, par "la Forme Complète de l'Action", j'entends : l'Action ayant telle Forme précise, certes, mais : cette Action dans la perspective où :
--- elle est exercée par une personne de telle catégorie précise,
--- sur un objet de telle catégorie précise,
--- en lui ayant conféré - le cas échéant - tel sens précis (
ma'nâ),
--- alors que la personne se trouve en telle circonstance précise du réel (sabab, shart, 'illa).

Ainsi, une relation intime qui a lieu entre un homme et une femme, c'est, dans tous les cas, la même Forme d'Action.
Mais il s'agit, ici, de déterminer, de façon plus précise encore, si cet homme est marié à cette femme ou pas, et si cette femme est en état de menstrues ou pas, etc. : cela va influer sur le statut (hukm tak'lîfî) que cette Action a auprès de Dieu. C'est cela que j'entends par : la Forme Complète de l'Action.

De même, qu'un mari prononce le talâq à son épouse, en soi cela est déconseillé.
Cependant, il s'agit ici de déterminer, de façon plus précise, la situation dans laquelle le couple se trouve : cela influe sur le statut (hukm tak'lîfî) de cette Action, au point de rendre, dans certaines circonstances, "recommandé", voire "nécessaire", que ce couple se sépare (plutôt que de tomber dans chose beaucoup plus grave). Voilà, de nouveau, la Forme Complète de l'Action.

Le fait de la personne subisse une contrainte (Ik'râh) reconnue telle (shar'an), cela relève de la circonstance (sabab) dans laquelle l'individu se trouve. C'est pourquoi certaines des actions interdites, il devient alors autorisé de les faire : ces actions restent alors mauvaises en elles-mêmes, mais leur Forme Complète fait qu'elles deviennent alors "autorisées à pratiquer" (l'Objectif détaillé étant alors seulement : "repousser de sa personne ce par quoi la contrainte est exercée sur soi").

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C'est par référence aux sources (الاعتصام بالكتاب والسنّة) que l'on peut établir si l'Action, considérée en sa Forme Complète, est interdite, autorisée ou requise.
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Et la règle est qu'une Action qui, en sa Forme Complète, est interdite, une simple intention vertueuse ne peut pas la rendre autorisée (il s'agit du Cas A.3)
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Par exemple : pour l'individu X, prendre la nourriture dont il sait qu'elle appartient à Y, sans son autorisation, et alors que tout le monde se trouve en circonstance normale : cela est une action qui, en sa Forme Complète, est interdite.
Dès lors, le seul fait d'avoir comme intention de "donner cette nourriture dérobée à Z car ce dernier vit très pauvrement, afin de lui permettre d'améliorer son ordinaire", et ce au prétexte que Y (le propriétaire) en possède tellement qu'il peut se passer de ce qu'on lui a dérobé, cela ne rend pas cette action ("dérober cette nourriture") autorisée.

Par contre, une circonstance extérieure précise peut entraîner la prise en considération de l'intention de la personne. Ainsi, un cas d'extrême famine où Z allait mourir de faim, cela rend autorisé l'action sus-citée de la part de Z : prendre la quantité de nourriture nécessaire sans l'autorisation de Y (son propriétaire), et la manger (les ulémas ont divergé ensuite quant à savoir si la personne devra ultérieurement dédommager ce propriétaire, ou pas). Cependant, cette circonstance particulière participe de la Forme Complète de l'action. C'est pourquoi j'ai écrit :

J'entends par "Forme Complète de l'Action" : l'Action ayant telle Forme précise, certes, mais dans la perspective où :
--- elle est exercée par une personne de telle catégorie précise,
--- sur un objet de telle catégorie précise,
--- en lui ayant conféré - le cas échéant - tel sens précis (
ma'nâ),

--- alors que la personne se trouve en telle circonstance précise du réel (
sabab, shart, 'illa).

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Ainsi, mentir est action interdite.

Même une bonne intention telle que "se sortir d'une mauvaise passe dans laquelle on s'est soi-même placé", cela ne saurait rendre cette action autorisée.

C'est seulement dans certaines circonstances précises que la Sunna a autorisé de mentir, comme nous le rappellerons plus bas. Cependant, ces circonstances précises participent de la forme complète de l'action de mentir. On ne saurait donc déduire, du fait que mentir a été autorisé dans ces cas précis (notamment pour rétablir la concorde entre deux personnes brouillées), que, "de façon générale, du moment que l'intention est bonne, mentir est autorisé". Cette généralisation est fausse, simplificatrice et dangereuse.

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V) Et que désigne : "l'Objectif Ramifié et Détaillé" ?

J'entends par "Objectif Détaillé" : l'Objectif situé juste à l'échelon supérieur du recours à telle Forme d'Action (donc, dans la perspective où celle-ci est exercée par telle personne précise, sur tel objet précis, avec tel sens précis, alors que la personne se trouve en telle circonstance précise du réel (sabab, shart, 'illa).
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L'Objectif Détaillé d'une Action, c'est le fait d'avoir recours à cette Action avec comme intention que cette Action soit la Cause (
Sabab) de la naissance de tel Résultat (lequel est l'Objectif recherché)
.
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Ainsi, satisfaire son besoin sur le plan intime est une action qui est
bonne en soi ; dès lors, avoir comme objectif de satisfaire cela est un Objectif qui, en soi, est bon. Cependant, cela est un Objectif Global
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Or, ce n'est pas de cela que nous parlerons dans cet article. Ici, nous ne parlerons que de l'
Objectif Détaillé et Ramifié (المقصود التفصيليّ) que l'individu désire réaliser par le biais de l'Action Précise qu'il veut faire :
--- l'Action Précise "avoir des relations intimes avec un partenaire qui n'est pas licite pour soi" est interdite en sa Forme Complète ;
--- quant à l'Objectif Détaillé que la personne a alors, il est : "vouloir, par le biais de la relation intime avec cette personne précise, satisfaire sa pulsion sexuelle / parachever l'amour qu'on éprouve pour ladite personne"

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VI) Explications plus détaillées :

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Cas A) La forme complète de l'action est interdite en soi...

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Cas A.1) La forme complète de l'action est interdite en soi. Et l'objectif ramifié et détaillé que l'on désire réaliser par cette action est mauvais en soi :

--- L'action "descendre verbalement quelqu'un qui ne nous a rien fait qui, shar'an, justifie ce dénigrement", cela est une Forme Complète d'Action qui est interdite en soi.

--- Avoir, par le biais du dénigrement sus-cité, comme objectif détaillé de : "rabaisser celui qui menaçait notre renommée, pour l'écarter de notre ascension sociale", cela est un objectif interdit en soi (de toutes façons, de façon plus générale, la recherche de la renommée est un objectif (maqsûd) interdit en soi, cet objectif fût-il atteint par une action qui n'est pas interdite en soi).

--- Faire cette action interdite avec cet objectif interdit, cela ne peut être qu'interdit.

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--- Les 10 frères de Joseph (sur lui soit la paix) eurent comme objectif que leur père Jacob-Israël n'ait plus du tout d'attention que pour eux, et plus pour Joseph : cela constitue un objectif ramifié qui est interdit (car constituant du hassad : "تمني زوال النعمة عن الغير", vu qu'un père peut avoir davantage d'affection pour l'un de ses enfants, pourvu que cela ne le conduise pas à être inéquitable envers eux dans ce qui est obligatoire).

--- Et pour réaliser cet objectif interdit, ils eurent recours à l'action (également interdite) d'éloigner Joseph définitivement de leur père, en le faisant parvenir dans un pays lointain.

"إِذْ قَالُواْ لَيُوسُفُ وَأَخُوهُ أَحَبُّ إِلَى أَبِينَا مِنَّا وَنَحْنُ عُصْبَةٌ إِنَّ أَبَانَا لَفِي ضَلاَلٍ مُّبِينٍ اقْتُلُواْ يُوسُفَ أَوِ اطْرَحُوهُ أَرْضًا يَخْلُ لَكُمْ وَجْهُ أَبِيكُمْ وَتَكُونُواْ مِن بَعْدِهِ قَوْمًا صَالِحِينَ قَالَ قَآئِلٌ مَّنْهُمْ لاَ تَقْتُلُواْ يُوسُفَ وَأَلْقُوهُ فِي غَيَابَةِ الْجُبِّ يَلْتَقِطْهُ بَعْضُ السَّيَّارَةِ إِن كُنتُمْ فَاعِلِينَ" (Coran 12/8-10).

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Cas A.2) La forme complète de l'action est interdite en soi. Et on fait cette action sans avoir d'objectif détaillé spécifique que l'on désirerait réaliser par le moyen de ladite action :

--- Ainsi, tuer un humain (que rien, sur le plan légal, ne justifie de tuer) est en soi interdit.

--- Le faire volontairement mais en ayant été complètement dominé par la colère, c'est avoir eu, au moment de cet acte, la volonté (qasd 'aqlî) de le faire, mais n'avoir pas eu d'objectif ramifié particulier à réaliser ainsi (pas de maqsûd tafsîlî).

--- L'action n'en demeure pas moins interdite, et sera comptée comme homicide volontaire.

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Cas A.3) La forme complète de l'action est interdite en soi. Cependant, l'objectif ramifié et détaillé que l'on désire réaliser par cette action est bon en soi :

L'action que, en sa forme complète, la Shar' a interdite, une simple bonne intention ramifiée ne la rend pas : "autorisée", encore moins : "bonne".

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--- Ainsi, rendre visite à une personne malade, cela est une bonne action.

--- Avoir l'intention ramifiée, au fond de soi, en faisant cette action, de : seulement obtenir des récompenses auprès de Dieu (vu que cela a été fortement recommandé dans la Sunna) ; ou : également remonter le moral du malade ; ou encore : également entretenir de bonnes relations humaines : cela est bien.

--- Cependant, si le malade est une personne du sexe opposé, lui rendre visite alors qu'elle est seule chez elle, avec la bonne intention d'obtenir des récompenses, cela n'en fera pas une bonne action : se trouver seul avec une personne du sexe opposé qui n'est ni son conjoint ni un proche parent, cela est une action dont la forme même est interdite (seule une circonstance précise tel qu'un grave accident, où il n'y a pas d'autre solution, rend cette action autorisée, par nécessité).

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--- Ainsi encore, mentir est une action interdite.

--- Avoir comme intention globale de réaliser un objectif purement autorisé (mubâh), ou recommandé (mustahabb), cela est un objectif normal.

--- Mais avoir l'intention ramifiée, par le biais de l'action de mentir (et ce suite à la circonstance dans laquelle on s'est retrouvé sans s'y attendre), l'objectif ramifié de réaliser ce qui est purement autorisé (mubâh) ou recommandé (mustahabb), et qui ne peut être obtenu que par le biais du mensonge : cela ne fait pas du mensonge une action autorisée.

--- C'est seulement dans certaines circonstances précises que la Sunna a autorisé de mentir :
--- rétablir les relations entre deux personnes brouillées ;
--- de la part du mari vis-à-vis de son épouse, et de la part de l'épouse vis-à-vis de son mari [non pas pour pouvoir mentir la conscience tranquille à son conjoint tout en commettant l'adultère ; il s'agit plus exactement des cas où cela est nécessaire pour la bonne entente conjugale, comme à propos de n'avoir pas mangé le repas que l'autre avait minutieusement préparé, etc. : "وقد أباح عليه السلام كذب الرجل لامرأته فيما يستجلب به مودتها" (Al-Fissal 2/290)] ;
--- en cas de guerre [non pas pour trahir (ghadr) la parole donnée à l'ennemi (ce qui demeure interdit), mais pour l'induire en erreur.
"عن أم كلثوم بنت عقبة بن أبي معيط، وكانت من المهاجرات الأول، اللاتي بايعن النبي صلى الله عليه وسلم، أخبرته أنها سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلم وهو يقول: "ليس الكذاب الذي يصلح بين الناس، ويقول خيرا وينمي خيرا." قال ابن شهاب: ولم أسمع يرخص في شيء مما يقول الناس كذب إلا في ثلاث: الحرب، والإصلاح بين الناس، وحديث الرجل امرأته وحديث المرأة زوجها" (Muslim, 2605).
Cependant, ces circonstances précises participent de la forme de l'action. On ne saurait donc déduire du hadîth sus-cité que, de façon générale, du moment que l'intention est bonne (par exemple "se sortir d'affaire"), mentir est autorisé.

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De même, certes, l'exercice de la Muwâzana (évaluer) entre le bien (maslaha) que recèle "pratiquer une action vertueuse" et le tort (mafsada) que cela va entraîner à cause d'un réel particulier, cet exercice existe. Néanmoins, cela est dû aux circonstances extérieures, et participe donc de nouveau de "la forme complète de l'action".

Ainsi, voyager ensemble seuls, dans un lieu totalement désert, quand on est un homme et une femme n'étant ni mariés ni proches parents, cela a été interdit par la Sunna.
Cependant, dans la situation où Aïcha (que Dieu l'agrée) s'était retrouvée (sans s'y attendre) sur le chemin du retour de la campagne de Banu-l-Mustaliq (en l'an 5 de l'hégire), si elle appliquait cet interdit, cela entraînait qu'elle doive rester seule dans le désert plus longtemps encore (le temps que Safwân aille seul rattraper l'armée et informe le Prophète de ce qui s'était passé, et que celui-ci envoie un proche de Aïcha la récupérer). Or rester seule dans cette situation constituait une Mafsada plus grande encore... Aïcha accepta donc de cheminer seule avec Safwân, celui-ci marchant devant.

Lire à ce sujet mes 3 articles :
--- Lorsque, par rapport à la situation dans laquelle il se trouve dans le Réel (الواقع), le musulman a devant lui 2 actions en concurrence : il ne pourra pratiquer qu'une seule des 2 et devra délaisser l'autre. Comment devra-t-il faire pour évaluer l'importance de chacune de ces 2 actions, puis choisir ? "التعارض بين العملين، والموازنة بينهما، والترجيح ؛ الاستصلاح" ;
--- فقه المآلات : Le musulman a devant lui la possibilité de pratiquer telle Action de Bien. Cependant, par rapport à la situation dans laquelle il se trouve dans le Réel (الواقع), la pratique de cette Action de Bien est susceptible d'entraîner (في المآل) un Problème (Mafsada). Que devra alors faire ce musulman : pratiquer l'Action, sans autre considération ? ou bien considérer la nature et le degré de cette Mafsada, ainsi que la probabilité de son entraînement ? "التعارض بين العملين، والموازنة بينهما، والترجيح ؛ الاستصلاح" ;
--- Différentes catégories par rapport à la plus ou moins grande subtilité dans la prise en considération de la Maslaha / Mafsada que le Réel présente face à la mise en pratique de l'Action requise - "التعارض بين العملين، والموازنة بينهما، والترجيح ؛ الاستصلاح".

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Cas B) La forme complète de l'action est autorisée en soi...

Cas B.1) La forme complète de l'action est autorisée en soi. Cependant, l'objectif ramifié et détaillé que l'on désire réaliser par cette action est mauvais en soi :

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Cas B.2) La forme complète de l'action est autorisée en soi. Et on fait cette action sans avoir d'objectif détaillé spécifique que l'on désirerait réaliser par le moyen de ladite action :

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Cas B.3) La forme complète de l'action est autorisée en soi. Cependant, l'objectif ramifié et détaillé que l'on désire réaliser par cette action est bon en soi :

L'Action qui, en sa forme complète, est en soi autorisée, alors : selon l'Objectif ("mauvais", ou "bon") que l'on a en la faisant, cette action sera comptée soit comme péché, soit comme bonne action ; et si on n'a alors aucun Objectif détaillé, l'action ne sera ni péché ni bonne action.

Attention : Comme nous le verrons plus en détail en VII, ici, un objectif "bon" ne peut pas être "de ta'abbud", mais seulement "de maslaha", ou "de isti'âna" (s'appuyer cette action mubâh pour pouvoir accomplir une action requise, ou pour pouvoir se préserver de commettre une action mauvaise).

J'en ai déjà parlé dans les deux articles suivants :

----- Lorsqu'on accomplit une action purement autorisée (Mubâh), peut-on avoir l'intention que cela rapproche de Dieu ? ;

----- Une action qui est en soi purement autorisée (mubâh) peut revêtir un autre caractère (hukm) si l'accompagne une intention particulière (الاستعانة) ; ou bien si elle devient généralisée (kulliyyan) (d'où le hukm : مباح جزئيًّا و لكن مكروه كلّيًّا)Une action qui est en soi purement autorisée (mubâh) peut revêtir un autre caractère (hukm) si l'accompagne une intention particulière (الاستعانة) ; ou bien si elle devient généralisée (kulliyyan) (d'où le hukm : مباح جزئيًّا و لكن مكروه كلّيًّا).

Ainsi, se déplacer est une action mubâh.
--- Si je pratique cette action mubâh avec l'objectif de me rendre à la mosquée, ce déplacement me rapportera des récompenses dans l'autre monde.
--- Par contre, si je pratique cette action mubâh avec l'objectif de me rendre dans un lieu où j'ai, depuis le début, la ferme intention d'aller y commettre tel péché, alors ce déplacement me sera compté lui aussi comme péché.

Un autre exemple : en cas de nécessité véritable (idhtirâr), il devient autorisé de manger ce qui est interdit (comme la chair de porc).
--- L'objectif doit être alors seulement de rester en vie : on fait alors quelque chose qui est autorisé, et même, d'après la majorité des ulémas, nécessaire.
--- Mais si l'objectif secret dans le for intérieur est de tirer jouissance de la consommation de cette chair, ayant seulement profité de la situation de nécessité pour réaliser cet objectif, alors cela est un péché. "إِنَّمَا حَرَّمَ عَلَيْكُمُ الْمَيْتَةَ وَالدَّمَ وَلَحْمَ الْخِنزِيرِ وَمَا أُهِلَّ بِهِ لِغَيْرِ اللّهِ فَمَنِ اضْطُرَّ غَيْرَ بَاغٍ وَلاَ عَادٍ فَلا إِثْمَ عَلَيْهِ إِنَّ اللّهَ غَفُورٌ رَّحِيمٌ" (Coran 2/173) ; "وقال السدي: "غير باغ" في أكلها شهوة وتلذذا؛ "ولا عاد" باستيفاء الأكل إلى حد الشبع" (Tafsîr ul-Qurtubî).

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Cas C) La forme complète de l'action est requise en soi...

Cas C.1) La forme complète de l'action est requise en soi. Cependant, l'objectif ramifié et détaillé qu'on désire réaliser par cette action est mauvais en soi :

--- Ainsi, faire du nah'y 'an il-munkar est une action requise.

--- Avoir comme objectif détaillé de : "rabaisser celui qui a pour seul tort de ne pas faire partie de mon groupe, afin que mon groupe émerge", cela est un objectif interdit en soi.

--- Dès lors, faire cette bonne action, mais avec cet objectif interdit, cela est interdit.

Si c'est réellement avec le bon objectif (pour Dieu, li islâh il-mujtama') que je fais cette bonne action du nah'y 'an il-munkar, alors, lorsque la même mauvaise action (ou une mauvaise action plus grave encore) est faite par quelqu'un qui fait partie de mon groupe, je dois faire le nah'y 'an il-munkar avec autant d'ardeur (al-ghadhab illâh) que je le fais quand elle est faite par celui qui n'est pas de mon groupe.

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--- Dépenser de ses biens matériels pour aider les démunis, cela est une action excellente en soi.

--- Avoir comme objectif global l'acquisition de la renommée, cela est un objectif interdit en soi.

--- Dès lors, avoir, au fond de soi, par le biais de la forme de l'action "dépenser de mes biens matériels et aider les démunis", comme objectif détaillé : "que les hommes me reconnaissent comme généreux", cela est interdit.

Le Prophète (sur lui soit la paix) a dit, parlant de celui "qui avait acquis la connaissance (religieuse), l'avait enseignée, et récitait le Coran" : "on le fera venir [le Jour du Jugement]. (Dieu) lui rappellera alors les bienfaits dont Il l'avait comblé. Il les reconnaîtra. (Dieu) lui dira alors : "Quelle action as-tu fait par rapport à ces (bienfaits) ?" Il dira : "J'ai appris la connaissance (religieuse) et l'ai enseignée, et ai récité le Coran : pour Toi." (Dieu) lui dira : "Tu mens. Tu as appris la connaissance pour qu'on dise : "(C'est un) 'âlim !" ; et tu as récité le Coran pour qu'on dise : "C'est un qâri' !". Cela a déjà été dit." Ensuite ordre sera donné à son sujet, et il sera traîné face contre terre, jusqu'à être jeté dans le Feu".
Puis il dit la même chose au sujet d'un homme qui avait été riche et qui aura été prodigue de ses biens matériels : "on le fera venir. (Dieu) lui rappellera alors les bienfaits dont Il l'avait comblé. Il les reconnaîtra. (Dieu) lui dira alors : "Quelle action as-tu fait par rapport à ces (bienfaits) ?" Il dira : "Je n'ai pas délaissé un poste dans lequel Tu aimes qu'on y dépense sans que j'y ai dépensé pour Toi." (Dieu) lui dira : "Tu mens. Tu as fait (cela) afin qu'on dise : "(C'est un) généreux !". Cela a déjà été dit." Ensuite ordre sera donné à son sujet, et il sera traîné face contre terre, jusqu'à être jeté dans le Feu"
"عن أبي هريرة قال: سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلم يقول: "إن أول الناس يقضى يوم القيامة عليه رجل استشهد، فأتي به فعرفه نعمه فعرفها، قال: فما عملت فيها؟ قال: قاتلت فيك حتى استشهدت، قال: "كذبت، ولكنك قاتلت لأن يقال: جريء. فقد قيل"، ثم أمر به فسحب على وجهه حتى ألقي في النار. ورجل تعلم العلم وعلمه، وقرأ القرآن، فأتي به فعرفه نعمه فعرفها، قال: فما عملت فيها؟ قال: تعلمت العلم وعلمته وقرأت فيك القرآن، قال: "كذبت، ولكنك تعلمت العلم ليقال: عالم، وقرأت القرآن ليقال: هو قارئ. فقد قيل". ثم أمر به فسحب على وجهه حتى ألقي في النار. ورجل وسع الله عليه وأعطاه من أصناف المال كله، فأتي به فعرفه نعمه فعرفها، قال: فما عملت فيها؟ قال: ما تركت من سبيل تحب أن ينفق فيها إلا أنفقت فيها لك، قال: "كذبت، ولكنك فعلت ليقال: هو جواد. فقد قيل"، ثم أمر به فسحب على وجهه، ثم ألقي في النار"" (Muslim 1905).

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Cas C.2) La forme de l'action est requise en soi. Et on fait cette action sans avoir d'objectif détaillé spécifique que l'on désirerait réaliser par le moyen de ladite action :

--- Ainsi, garder la barbe est une action qui est requise de l'homme.

--- Cependant, celui qui s'est laissé pousser la barbe sans aucun objectif détaillé spécifique (par exemple il est malade, alité, et n'a pas le temps de penser à se raser la barbe ni à la garder), celui-là ne touchera pas de récompense pour cet acte, et n'aura non plus aucun péché (puisqu'il n'aura pas eu d'intention d'ostentation, etc.).

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Cas C.3) La forme de l'action est requise en soi. Et l'objectif ramifié et détaillé que l'on désire réaliser par cette action, est bon en soi :

Attention : Ce n'est pas toute bonne intention ramifiée qui peut mener à la recherche de sa réalisation ou de son parachèvement par toute bonne action. Il faut en sus qu'il y ait correspondance entre l'objectif que la Shar' a conféré à cette action, et l'objectif que nous avons en faisant cette action : il faut que cette action ait bien été instituée par la Shar' pour réaliser cet objectif ramifié.

C'est ce que nous allons voir un peu plus bas, en VII...

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Un Cas particulier) Certaines actions peuvent être temporelles (étant alors "autorisées" : cas B), ou cultuelles (pouvant dans ce cas être : soit "requises" en soi - relevant alors du cas C - ; soit "interdites" en soi - appartenant alors au cas A -) :

En effet, certaines Actions sont :
--- tantôt temporelles,
--- et tantôt cultuelles :
selon le Sens que, de par l'objectif que l'on a en son for intérieur ('amal ul-qasd), on leur confère.
Leur Forme Complète est alors différente, en fonction de ce Sens qu'on leur a donné.

C'est pourquoi j'ai écrit, plus haut :

J'entends par "Forme Complète de l'Action" : l'Action ayant telle Forme précise, certes, mais dans la perspective où :
--- elle est exercée par une personne de telle catégorie précise,
--- dans tel environnement précis,
--- sur un objet de tel catégorie précise,
--- en lui ayant conféré - le cas échéant - tel sens précis (
ma'nâ),
--- alors que la première personne se trouve en telle circonstance précise (
sabab, shart, 'illa).

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Or, certaines de ces actions sont telles que, bien que en soi neutres de par leur Forme, elles ne peuvent pas être pratiquées par le musulman en tant qu'actions cultuelles, car n'ayant pas été instituées par les Textes comme "moyens pour réaliser l'objectif (en soi bon) du rapprochement spirituel avec Dieu".

Ainsi :

Allumer une bougie :
--- est une action neutre si elle est faite alors qu'on lui confère un sens temporel ;
--- mais devient cultuelle si celui qui fait cette action lui confère un sens cultuel ; dans ce cas, le musulman considère cette action être interdite en sa Forme Complète, relevant donc du cas A.
Le tout dépend du sens (
ma'nâ) que la personne lui donne (ce qui relève de sa irâda, ou 'amal ul-qasd) ; et, comme nous l'avons vu plus haut, parfois, la situation (hâl) dans laquelle cette personne se trouve indique (dalâla) le sens qu'elle donne à cette action.

Lire à ce sujet mon article :
Quand on prononce une Parole / on fait un Signe Gestuel / on fait certaines Actions / on arbore certains Objets : en tout cela, il y a : - ce dont le sens est extrêmement Clair (c'est telle chose, et rien d'autre) ; - ce qui est Clair (c'est tel de ses sens) ; - et ce dont le sens est Equivoque : cela peut être telle chose, ou bien telle autre chose (à probabilités égales) - الصريح والمحتمل.

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VII) Concernant les Cas B.3 et C.3 : ce n'est pas toute Action "autorisée" et "requise" qui peut être affectée à la réalisation de tout Objectif qui est "bon" : il faut, en sus, que l'Action soit apte à (صالح لـ) être motivée par cet Objectif précis :

On ne peut en effet pas "croiser" n'importe quelle Action avec n'importe quel Objectif ramifié, selon sa propre perception...

Cela nous donne deux sous-cas : "a", et "b" :
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--- Cas B.3.
a) l'action "autorisée" n'est pas apte à constituer ce qui réalise cet objectif ramifié "bon" ;
--- Cas B.3.b) l'action "autorisée" est apte à constituer ce qui réalise cet objectif ramifié "bon".
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--- Cas C.3.a) l'action "requise" n'est pas apte à constituer ce qui réalise cet objectif ramifié "bon" ;
--- Cas C.3.b) l'action "requise" est apte à constituer ce qui réalise cet objectif ramifié "bon".

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– Cas B.3.a) L'Action est en soi autorisée, et l'Objectif ramifié que l'on a est en soi bon, mais l'Action n'est pas apte à constituer ce qui réalise cet Objectif :

--- Faire des allers-retours entre deux monticules présents par exemple à La Réunion, cela est une action purement autorisée (mubâh).
--- Chercher à se rapprocher de Dieu, cela est un objectif bon.
--- Cependant, on ne peut pas faire des allers-retours entre deux monticules autres que Safâ et Marwah en tant qu'action spirituelle.

Lire à ce sujet les 2 articles suivants :
Quelle est la différence entre "faire une action donnée" : "a) avec l'objectif de Ta'abbud" / "b) avec l'objectif de Maslaha Shar'iyya" / "c) par 'Âdah Shakhsiyya, habitude ou goût personnels" ? - ما الفرق بين مباشرة العمل بقصد التعبّد، وبقصد المصلحة، وبقصد العادة ؟ - Par ailleurs : Lorsqu'on accomplit une action purement autorisée (Mubâh), peut-on avoir l'intention que cela rapproche de Dieu ? ;
Que signifie "rendre telle action que l'on fait" : "une action de 'Âdah (une action temporelle)", ou, au contraire : "une action de 'Ibâda (une action spirituelle)" ? ما معنى جعل العمل عبادةً أو عادةً ؟.

La pratique des Sunna 'Âdiyya (ce que le Prophète a fait par pure coutume arabe, ou par goût personnel, ou "par hasard") : cela est mubâh (purement autorisé) (d'après l'un des avis).
Si quelqu'un veut les pratiquer en tant qu'expression (iz'hâr) d'affection pour le Prophète (sur lui soit la paix), il n'y a aucun problème.
Cependant, il ne peut pas les pratiquer avec l'objectif de se rapprocher de Dieu par leur moyen (ta'abbudan) (wassîlat ut-taqarrub ilallâh), vu que le Prophète ne les a pas faits avec l'objectif de se rapprocher de Dieu.
Dès lors, comment penser se rapprocher de Dieu par le biais de la pratique de la forme de ce que le Prophète a fait, mais avec un objectif différent de celui qu'il a alors eu ?
"فما فعله على وجه التقرب، كان عبادة تفعل على وجه التقرب. وما أعرض عنه ولم يفعله مع قيام السبب المقتضي، لم يكن عبادة ولا مستحبا. وما فعله على وجه الإباحة من غير قصد التعبد به، كان مباحا. ومن العلماء من يستحب مشابهته في هذا في الصورة، كما كان ابن عمر يفعل. وأكثرهم يقول: إنما تكون المتابعة إذا قصدنا ما قصد؛ وأما المشابهة في الصورة من غير مشاركة في القصد والنية، فلا تكون متابعة؛ فما فعله على غير العبادة، فلا يستحب أن يفعل على وجه العبادة، فإن ذلك ليس بمتابعة بل مخالفة" (MF 27/422).
"وأيضا فإذا فعل فعلا لسبب، وقد علمنا ذلك السبب، أمكننا أن نقتدي به فيه. فأما إذا لم نعلم السبب، أو كان السبب أمرا اتفاقيا، فهذا مما يتنازع فيه الناس - مثل نزوله في مكان في سفره -: فمن العلماء من يستحب أن ينزل حيث نزل، كما كان ابن عمر يفعل؛ وهؤلاء يقولون: نفس موافقته في الفعل هو حسن، وإن كان فعله هو اتفاقا ونحن فعلناه لقصد التشبه به. ومن العلماء من يقول: إنما تستحب المتابعة إذا فعلناه على الوجه الذي فعله؛ فأما إذا فعله اتفاقا، لم يشرع لنا أن نقصد ما لم يقصده؛ ولهذا كان أكثر المهاجرين والأنصار لا يفعلون كما كان ابن عمر يفعل" (MF 22/324).

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--- Cas C.3.a) L'Action est, en sa forme complète, en soi "requise", et l'Objectif ramifié que l'on a est en soi "bon", mais cette Action n'est pas apte à constituer ce qui réalise cet Objectif ramifié :

--- Enseigner le Coran à des personnes est une action requise, instituée par la Shar'.

--- Et chercher à acquérir de l'argent, cela est un objectif détaillé qui est bon en soi, reconnu par la Shar' (l'Objectif plus global étant de subvenir à ses besoins temporels sans dépendre de personne).

--- Cependant, enseigner le Coran avec l'intention principale (l'objectif détaillé principal, maqsûd) de pouvoir ainsi obtenir de l'argent, cela n'est pas du tout autorisé par la Shar' d'après un certain nombre de mujtahidûn.

Cette action Dînî ne peut pas servir d'instrument pour réaliser cet objectif ramifié Dunyawî, aussi légitime soit celui-ci.
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"Il y a une différence entre celui dont le Dîn est l'objectif [qu'il vise à réaliser par l'accomplissement de l'action de qurba], et le Dunyâ est le moyen [lui rendant par ailleurs possible l'accomplissement de cet objectif] ; et celui qui dont le Dunyâ est l'objectif [qu'il vise à réaliser par l'accomplissement de l'action de qurba], et le Dîn est le moyen : ce dernier, ce qui apparaît le plus c'est qu'il n'aura dans l'autre monde aucune part [de récompense pour l'acte de qurba qu'il aura fait avec cet objectif]" :
"وجماع هذا أن المستحب أن يأخذ ليحج، لا أن يحج ليأخذ. وهذا في جميع الأرزاق المأخوذة على عمل صالح: فمن ارتزق ليتعلم أو ليعلم أو ليجاهد، فحسن، كما جاء عن النبي صلى الله عليه وسلم أنه قال: "مثل الذين يغزون من أمتي ويأخذون أجورهم مثل أم موسى ترضع ابنها وتأخذ أجرها}: شبههم بمن يفعل الفعل لرغبة فيه كرغبة أم موسى في الإرضاع، بخلاف الظئر المستأجر على الرضاع إذا كانت أجنبية. وأما من اشتغل بصورة العمل الصالح لأن يرتزق، فهذا من أعمال الدنيا. ففرق بين من يكون الدين مقصوده [بمباشرته عمل القربة هذا]، والدنيا [أي أخذ الرزق على عمل القربة] وسيلة، ومن تكون الدنيا [أي أخذ الرزق على عمل القربة] مقصوده [بمباشرته عمل القربة هذا]، والدين وسيلة. والأشبه أن هذا ليس له في الآخرة من خلاق، كما دلت عليه نصوص ليس هذا موضعها" (MF 26/19-20).

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--- Faire du nah'y 'an il-munkar est une action requise.

--- Et avoir comme Objectif Ramifié de rendre la pareille verbalement (en restant dans la même proportion) à quelqu'un qui nous a fait un tort réel et conséquent (reconnu tel shar'an), cela est un objectif autorisé par Dieu.

--- Cependant, faire le nah'y 'an il-munkar d'une personne précise avec l'intention (l'objectif ramifié, maqsûd) de se venger d'elle parce qu'elle nous a fait du tort (par exemple elle nous a rabaissé sans raison shar'î), cela est interdit.
Car ce n'est pas cette action Dînî qui peut servir de moyen (wassîla) pour réaliser cet objectif Dunyawî légitime, vu qu'il est interdit d'utiliser le Dîn avec l'intention de réaliser un objectif Dunyawî, celui-ci fût-il autorisé.
"Tout ceci doit être fait en voulant le bien (de la personne) et par recherche de la Face de Dieu, et non par intérêt personnel vis-à-vis de l'humain. Une personne a par exemple de l'inimitié vis-à-vis de quelqu'un à cause d'une affaire temporelle, ou à cause d'une jalousie, d'une antipathie ou d'un conflit lié au pouvoir, et elle se met à parler du mal que fait cet homme en montrant qu'elle veut le bien, alors que son objectif est en réalité de le rabaisser et de se venger. Cela relève de l'action du Diable. "Les actions ne sont que par les intentions, et chacun n'aura (comme récompense) que l'intention qu'il aura eue"" : "وهذا كله يجب أن يكون على وجه النصح وابتغاء وجه الله تعالى، لا لهوى الشخص مع الإنسان، مثل أن يكون بينهما عداوة دنيوية أو تحاسد أو تباغض أو تنازع على الرئاسة، فيتكلم بمساوئه، مظهرا للنصح، وقصده في الباطن الغض من الشخص واستيفاؤه منه؛ فهذا من عمل الشيطان و{إنما الأعمال بالنيات وإنما لكل امرئ ما نوى}. بل يكون الناصح قصده أن الله يصلح ذلك الشخص وأن يكفي المسلمين ضرره في دينهم ودنياهم ويسلك في هذا المقصود أيسر الطرق التي تمكنه"  (MF 28/221).

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En fait Dieu a institué chaque Action pour qu'elle remplisse une Finalité :

Le croyant adopte les bonnes croyances ('Aqâ'ïd), et accepte les normes (Ahkâm), conformant sa façon de percevoir à ce que Dieu veut (قبلْتُ جميع أحكامه), et cela, que ces Ahkâm concernent des actions spirituelles ou temporelles : ce sont toutes des Ahkâm Shar'iyya / Dîniyya.

En termes de croyances et d'actions : qu'est-ce qui est bien et qu'est-ce qui ne l'est pas ; qu'est-ce qui est licite et qu'est-ce qui est illicite ; qu'est-ce qui est mashrû' et qu'est-ce qui est bid'a ; qu'est-ce qui est obligatoire / recommandé / purement autorisé / déconseillé / interdit : tout cela se sait en se référant à ce que le Coran et la Sunna ont dit.

Or, lorsque dans le concret de ses actions, on cherche à faire ce que Dieu aime et à se préserver de ce qu'Il déteste de notre part, on le fait avec (dans le même temps) 5 perspectives :
– par expression de soumission à Dieu ;
– par expression d'amour pour Lui (on ne fait donc que ce que l'Etre Aimé aime) ;
– par espoir d'être récompensé par Dieu dans l'autre monde pour les bonnes actions accomplies, et pour le fait de s'être abstenu des mauvaises, et par crainte d'y subir la sanction pour le fait d'avoir négligé des bonnes actions obligatoires et d'avoir commis des mauvaises ;
– parce que suivre un tel code confère en ce monde l'éducation de l'être (تهذيب النفس) ;
– parce que, lors de notre vie en ce monde même, il se trouve dans ce code le bien pour nous : Dieu ne nous a interdit que ce qui est mauvais pour nous, et ne nous a rendu obligatoire que ce qui est bien pour nous : sur le plan Dînî comme sur le plan Dunyawî.

Et c'est par rapport à cette dernière perspective  qu'entrent en jeu les Maqâssid...

En effet, ce que le Dîn a institué d'actions (A'mâl), ainsi que de règles (Ahkâm) s'appliquant à des actions (A'mâl), cela a des objectifs variés (مقصد) :
--- certaines actions sont motivées par un objectif spirituel (روحانيّ) ;
--- d'autres par l'objectif de servir l'islam (خدمة الإسلام) ;
--- mais d'autres encore par des objectifs temporels (دُنْيَوِيّ) aussi variés que :
------- la protection de la vie et de la santé (النفس) ;
------- le développement et la protection des biens matériels (المال) ;
------- le développement et la protection de la filiation et de la famille (النسل) ;
------- le développement et la protection d'une saine fraternité (الأخوّة) ;
------- le développement de l'équité (العدل) ;
------- etc.
C'est ce qu'on appelle : "مقاصد الشرع", les Objectifs Supérieurs de la Shar'.

Toutes les actions qui sont bonnes, quel que soit l'objectif pour lequel elles ont été instituées par le Dîn, il faut les faire effectivement pour Dieu ; et cela rapproche de Dieu (si cela est fait de la façon correcte, et avec l'intention correcte). Certes.
Mais cela n'empêche pas qu'il est possible de viser également l'obtention de l'objectif pour lequel chacune de ces actions a été instituée.

Par contre il ne faut pas tout mélanger dans la détermination des objectifs des actions. Par rapport à la 5eme perception (celle des Maqâssid), il faut en effet garder à l'esprit la nécessaire distinction entre les différentes Actions, selon l'Objectif pour lequel chacune d'elles a véritablement été instituée.

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Il faut avoir, en faisant l'action précise, l'objectif ramifié qui correspond à celui pour lequel Dieu a institué cette action :

A chaque action ta'abbudî, la Shar' a attribué un ou des objectifs.

Voici sur le sujet, l'extrait d'un "article précédent, exposant les actions obligatoires / interdites "en soi", et les actions obligatoires / interdites parce que conduisant au premier type d'actions".

Quasiment toute action qui a été déclaré "obligatoire" ou "interdite" dans le Dîn, l'a été à cause de ce qu'elle entraîne.
Quasiment toute action est donc une wassîla (un moyen), c'est-à-dire une dharî'a.
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Simplement, il existe (dans le regard du Dîn) :
--- i) d'une part le maqsad a'lâ (l'objectif supérieur) ;
--- et d'autre part :
----- ii) la wassîla vers le maqsad a'lâ ;
----- iii) enfin : la wassîla vers la wassîla du maqsad a'lâ.
Ainsi, l'accomplissement des 5 prières rituelles quotidiennes a été rendu obligatoire parce que cela construit le lien avec Dieu (Dîn), lequel lien constitue l'objectif supérieur. Et le fait de boire ce qui rend ivre a été interdit parce que cela nuit à l'intellect ('Aql), la préservation de ce dernier étant un objectif supérieur. La fornication a été interdite parce que cela nuit à la filiation (Nasl) et à la famille, ainsi qu'à la spiritualité.
Ibn 'Abd is-Salâm écrit :
"فصل في انقسام المصالح والمفاسد إلى الوسائل والمقاصد
الواجبات والمندوبات ضربان: أحدهما مقاصد، والثاني وسائل.
وكذلك المكروهات والمحرمات ضربان: أحدهما مقاصد، والثاني: وسائل.
وللوسائل أحكام المقاصد. فالوسيلة إلى أفضل المقاصد هي أفضل الوسائل، والوسيلة إلى أرذل المقاصد هي أرذل الوسائل"
(
Qawâ'ïd ul-ahkâm fî massâlih il-anâm, 1/74).

Ce qui précède parlait de l'objectif que la Shar' a attribué à l'action.

Or l'individu qui met en oeuvre une action a lui-même, en son for intérieur, un ou des objectif(s) déterminé(s) : il s'agit de ce que, au fond de lui, réellement il cherche à réaliser par le biais de cette action qu'il entreprend.

Il doit y avoir adéquation entre l'action donnée (le fait d'agir ainsi, selon "la forme de cette action", étant obligatoire, au moins autorisé), et le mobile ramifié et détaillé que l'on a en la faisant ; en effet, il faut que l'action donnée soit, dans le for intérieur de l'individu, "motivée" par le mobile ramifié qui lui correspond dans le regard de la Shar'...

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– Cas C.3.b) L'Action est en soi requise, et l'Objectif ramifiée est en soi bon, et cette Action ainsi que cet Objectif ont été justement institués l'un pour l'autre :

Les actions des 'Ibâdât (la prière, l'invocation, le dhikr, la récitation du Coran, le jeûne, le pèlerinage, etc.) ont pour objectif essentiel le développement de la spiritualité de l'homme vis-à-vis de Dieu.
Ainsi, jeûner, on doit le faire pour le développement de la spiritualité vis-à-vis de Dieu ; certes, cela a un avantage sur le plan de la santé physique, mais ce ne peut pas être notre objectif premier quand on jeûne.
C'est bien parce qu'on ne sait pas qu'il faut distinguer "Actions de 'Ibâdât" et "Actions des 'Âdât" (ce qui englobe et dépasse "Actions des Mu'âmalât") qu'on fait l'analogie (qiyâs) de la récitation du Coran avant chaque Nikâh (par iltizâm) avec le fait de jouer du tambourin lors des mariages (cela étant pour sa part institué dans la Sunna), et qu'on dit : "Lors des Nikâh à l'époque du Prophète (sur lui soit la paix), il y avait du tambourin, que certaines personnes pratiquaient par expression de joie. Eh bien nous, ici et aujourd'hui, c'est la récitation d'un passage du Coran qui en est l'équivalent : cela est fait par expression de joie". Ce raisonnement par analogie est impossible, vu que jour du tambourin est acte de 'Âdah, alors que réciter le Coran est acte de 'Ibâdah : pas d'analogie possible entre les deux.

A l'inverse, développer sa spiritualité vis-à-vis de Dieu, cela ne peut se faire que par le biais des actions de 'Ibâdât qui ont été instituées dans la Sunna, et pas par le biais d'autres actions, au motif qu'elles nous paraissent "adéquates".

Les actions de Ta'yîd ud-Dîn ont pour objectif de servir le Dîn. Pour certaines d'entre elles, on peut toucher de l'argent - c'est le cas en ce qui concerne l'enseignement de la science religieuse - 'ilm ud-dîn -, mais ce ne peut pas être l'objectif premier de sa pratique de cette action, lequel objectif doit rester : servir le Dîn.
Cela contrairement au fait d'ouvrir un commerce ou d'enseigner les mathématiques : là, on peut tout à fait avoir pour objectif premier de gagner de l'argent de façon licite : on sera récompensé par Dieu inshâ Allâh pour ce métier très temporel, même avec cet objectif de gagner de l'argent, dès lors qu'on garde à l'esprit que Dieu veut que nous travaillons pour subvenir (bi idhni-hî) à nos propres besoins ainsi qu'aux besoins de notre famille ; par ailleurs, pour être récompensé dans l'autre monde, il faut aussi pratiquer ce métier en respectant les interdits de Dieu et en s'acquittant des obligations liées à ce métier (entre autres en terme de paiement de la zakât).

Se marier parce qu'on s'aime d'un amour lui-même licite ?
Cela est autorisé : le Prophète (sur lui soit la paix) lui-même a dit : "Tu ne verras pas, pour deux personnes qui s'aiment, chose semblable au mariage" : "عن ابن عباس، قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "لم نر - ير - للمتحابين مثل النكاح" (Ibn Mâja, 1847).

Garder la barbe ?
Un impératif présent dans la Sunna, et qui a force de wujûb (obligation), oui. Mais un impératif motivé (d'après ce que des anciens ulémas ont écrit) par le fait que la barbe relève de la beauté masculine (هي من جمال الفحول). Du coup, certains 'ulamâ' (anciens) ont écrit qu'il est "autorisé de tailler le poil qui dépasse de façon désordonnée" (أخذ ما شذَّ من اللحية وتطاير) ; ce n'est qu'une autorisation, et pas une obligation, mais, au vu de l'objectif, et du moment que cela ne constitue pas un semi-rasage qui ne dit pas son nom, se limiter à couper les poils qui dépassent et qui contreviennent à l'objectif de beauté, cela n'est pas interdit inshâ Allâh.

Se purifier après avoir fait ses besoins naturels ?
L'objectif en est autant l'hygiène corporelle que la pureté rituelle, à visée cultuelle (pour pouvoir accomplir une prière rituelle qui soit valide).

A la différence du fait de procéder aux ablutions rituelles : l'objectif de cette action est pour sa part d'ordre purement cultuel : pouvoir accomplir les actions cultuelles qui ne sont autorisées qu'en état de pureté rituelle. Si quelqu'un a mouillé ces membres juste pour se rafraîchir, alors, seule l'école hanafite considère que les ablutions sont valides, mais elle aussi dit que la personne n'aura, alors, pas la récompense d'avoir fait ses ablutions : "وصفتها أن يقصد بطهارته استباحة شيء لا يستباح إلا بها، كالصلاة والطواف ومس المصحف؛ وينوي رفع الحدث، ومعناه إزالة المانع من كل فعل يفتقر إلى الطهارة. وهذا قول من وافقنا على اشتراط النية، لا نعلم بينهم فيه اختلافا. فإن نوى بالطهارة ما لا تشرع له الطهارة، كالتبرد والأكل والبيع والنكاح ونحوه، ولم ينو الطهارة الشرعية، لم يرتفع حدثه؛ لأنه لم ينو الطهارة، ولا ما يتضمن نيتها، فلم يحصل له شيء، كـالذي لم يقصد شيئا. وإن نوى تجديد الطهارة فتبين أنه كان محدثا، فهل تصح طهارته؟ على روايتين: إحداهما تصح؛ لأنه طهارة شرعية، فينبغي أن يحصل له ما نواه، وللخبر، وقياسا على ما لو نوى رفع الحدث؛ والثانية لا تصح طهارته؛ لأنه لم ينو رفع الحدث ولا ما تضمنه، أشبه ما لو نوى التبرد. وإن نوى ما تشرع له الطهارة ولا تشترط، كقراءة القرآن والأذان والنوم، فهل يرتفع حدثه؟ على وجهين، أصلهما: إذا نوى تجديد الوضوء وهو محدث. والأولى صحة طهارته؛ لأنه نوى شيئا من ضرورة صحة الطهارة، وهو الفضيلة الحاصلة لمن فعل ذلك وهو على طهارة، فصحت طهارته، كما لو نوى بها ما لا يباح إلا بها؛ ولأنه نوى طهارة شرعية، فصحت للخبر. فإن قيل: يبطل هذا بما لو نوى بطهارته ما لا تشرع له الطهارة؛ قلنا: إن نوى طهارة شرعية، مثل إن قصد أن يأكل وهو متطهر طهارة شرعية، أو قصد أن لا يزال على وضوء، فهو كمسألتنا، وتصح طهارته. وإن قصد بذلك نظافة أعضائه من وسخ أو طين أو غيره، لم تصح طهارته؛ لأنه لم يقصدها. وإن نوى وضوءا مطلقا أو طهارة، ففيه وجهان: أصحهما صحته؛ لأن الوضوء والطهارة إنما ينصرف إطلاقهما إلى المشروع، فيكون ناويا لوضوء شرعي؛ والوجه الثاني: لا تصح طهارته في هذه المواضع كلها؛ لأنه قصد ما يباح بدون الطهارة، أشبه قاصد الأكل، والطهارة تنقسم إلى ما هو مشروع وإلى غيره، فلم تصح مع التردد. وإن نوى بطهارته رفع الحدث وتبريد أعضائه، صحت طهارته؛ لأن التبريد يحصل بدون النية، فلم يؤثر هذا الاشتراك، كما لو قصد بالصلاة الطاعة والخلاص من خصمه" (Al-Mughnî, 1/131-132).

La circoncision ?
L'objectif essentiel en est l'hygiène corporelle. Le prépuce a son importance sur le plan physiologique (sinon Dieu ne l'aurait pas créé) ; c'est simplement par souci d'hygiène et de purification rituelle (tahâra par rapport aux gouttes d'urine restantes) que l'homme a recours à la circoncision : cela est le résultat d'une évaluation (muwâzana) entre l'avantage physiologique et l'inconvénient sus-cité. "هذا مع ما في الختان من الطهارة والنظافة (...). ولا يخفى على ذي الحس السليم (...) ما في إزالتها* من (...) التنظيف" (Tuhfat ul-mawdûd bi ahkâm il-mawlûd, Ibn ul-Qayyim, p. 130) * أي الغرلة. Voir aussi : MF 21/114 ; Fat'h ul-bârî, 10/420 ; Al-Fiqh ul-islâmî wa adillatuh, p. 2752.

L'objectif de la règle (présente dans la Sunna) de ne pas sortir d'une région où une épidémie sévit si on s'y trouve, et de ne pas y entrer si se trouve ailleurs ?
Éviter la propagation de la maladie.

On peut se renseigner ainsi concernant chaque action, auprès de ceux et celles qui ont étudié les sciences du Dîn.

Le fait de manger en prenant directement la chair avec ses dents, cela n'est par contre qu'un Amr Irshâdî (FB 9/675), c'est-à-dire : un simple conseil à visée de bien-être temporel, ne rapprochant même pas, en soi, de Dieu (puisque n'étant pas un Amr Ta'abbudî). Rien à voir, donc, avec un avantage spirituel...

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Le cas de l'action "émigrer vers la Dâr ul-islâm" :

Le célèbre hadîth parle de ce cas de figure : "Les actions ne sont [comptées auprès de Dieu] qu'en fonction de l'intention. Et chacun n'aura [comme récompense auprès de Dieu] que ce qu'il aura fait comme intention. Celui dont l'émigration [vers la Dâr ul-islâm] a été faite vers Dieu et Son Messager, son émigration sera (comptée par Dieu) comme ayant été faite vers Dieu et Son Messager. Et celui dont l'émigration [vers la Dâr ul-islâm] a été faite (en réalité) vers une affaire temporelle qu'il pourra [y] obtenir ou vers une femme avec laquelle il pourra se marier, alors son émigration sera (comptée par Dieu) comme ayant été faite vers ce vers quoi il a (réellement) émigré" : "عن عمر بن الخطاب رضي الله عنه قال: سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلم يقول: "إنما الأعمال بالنيات، وإنما لكل امرئ ما نوى. فمن كانت هجرته إلى دنيا يصيبها، أو إلى امرأة ينكحها، فهجرته إلى ما هاجر إليه" (al-Bukhârî, 1, Muslim, 1907, et bien d'autres) ; "إنما الأعمال بالنية، وإنما لامرئ ما نوى، فمن كانت هجرته إلى الله ورسوله، فهجرته إلى الله ورسوله. ومن كانت هجرته إلى دنيا يصيبها أو امرأة يتزوجها، فهجرته إلى ما هاجر إليه" (al-Bukhârî, 6311).

Celui dont le mobile de l'émigration vers la Dâr ul-islâm était seulement le mariage (Fat'h ul-bârî 1/23) n'aura pas la récompense d'avoir accompli une action cultuelle.
Mais aura-t-il également un péché pour avoir eu cet objectif en faisant cette action, ou n'aura-t-il non plus pas de péché ?
----- selon un avis, ce musulman aura commis un péché, car il aura "déguisé" la recherche de son intérêt personnel dunyawî - fût-il licite - sous la forme d'une action islamique lui conférant un titre dînî (d'après Mirqât ul-mafâtîh 1/46, lignes 11-13 ; Fat'h ul-bârî 1/23, lignes 19-22) ;
----- selon l'autre avis, ce musulman n'aura pas de péché, mais son voyage ne sera pas compté, auprès de Dieu, comme l'émigration vers Dieu et Son Messager, mais comme un voyage pour mariage (Mirqât ul-mafâtîh 1/46, lignes 9-11).

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Le cas de l'action "repousser ceux qui cherchent à envahir et occuper la Dâr ul-islâm" :

Cela n'est pas seulement autorisé, cela est un devoir, qui s'applique à chaque "envahi" en fonction des possibilités dont il dispose...

Or 3 cas de figure existent ainsi quant au musulman de la Dâr ul-islâm dont la terre est envahie et qui lutte pour repousser l'envahisseur :

--- soit il lutte avec la perspective que c'est là une terre d'Islam, et donc une terre où c'est l'Islam qui est le référent : il lutte donc non pas seulement pour repousser l'envahisseur et préserver sa terre et ses biens, mais également pour préserver le fait que c'est l'Islam qui est le référent de sa terre ; celui-là est "dans le chemin de Dieu" ;

--- soit il lutte seulement pour repousser, de la terre où il habite, l'agresseur, et ce...
----- ... sans autre perspective ; ce musulman-là n'est pas dans le chemin de Dieu, et ce par rapport à l'absence d'intention à finalité de dîn, mais ce qu'il fait est malgré tout légal (mashrû') : il est dans un cas de pur "دَفْعُ الصائل", "repousser l'agresseur" ; s'il meurt lors de cet effort, il meurt martyr (à condition qu'il se trouve dans la disposition intérieure qui, dans notre article sur les intentions, a été numérotée "3.2" ou "4") ;
----- ... avec, ensuite, le projet d'établir autre chose que l'Islam comme référent sur cette terre, là son intention est mauvaise.

En l'an 3 de l'hégire, aux Hypocrites (en apparence c'étaient aussi des Musulmans) qui s'en retournaient pour ne pas combattre l'agresseur mecquois arrivé aux portes de Médine, quelqu'un alla leur dire ce que Dieu relata plus tard ainsi :
"وَقِيلَ لَهُمْ تَعَالَوْاْ قَاتِلُواْ فِي سَبِيلِ اللّهِ أَوِ ادْفَعُواْ"
:
"Et il leur a été dit : "Venez, combattez dans le chemin de Dieu, ou (au moins) repoussez !""
(Coran 3/167).
Il s'agit bien des deux cas de figure sus-cités : "Si vous ne repoussez pas ces agresseurs de cette terre pour la cause du Dîn, eh bien venez les repousser au moins de la terre où vous habitez, pour la cause du Dunyâ : par rapport à vos biens ; et surtout par rapport à vos épouses et filles, car celles-ci risquent, en cas de victoire de l'ennemi, d'être emportées en captives" (c'est l'un des tafsîrs : "وفي المراد بالدفع ثلاثة أقوال: أحدها: أنه التكثير بالعدد؛ رواه مجاهد عن ابن عباس، وهو قول الحسن وعكرمة والضحاك والسدي وابن جريج في آخرين. والثاني: أن معناه: ادفعوا عن أنفسكم وحريمكم؛ رواه أبو صالح عن ابن عباس، وهو قول مقاتل.
والثالث: أنه بمعنى القتال أيضا؛ قاله ابن زيد" : cf. Zâd ul-massîr).

Extrait de : Quelle différence entre les cas de "légitime défense" ("دَفْعُ الصائل", littéralement : "repousser l'agresseur"), la guerre civile ("قتال الفتنة"), et le fait de combattre les insurgés ("قتال البغاة الخارجين على الأمير") ?.

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--- Un cas voisin, avec une perspective inversée : l'Objectif ramifié que l'on a est en soi "bon", mais c'est seulement telle Forme précise d'Action qui est apte à constituer ce qui réalise cet Objectif ramifié, alors que telle autre Forme n'est pas apte à le faire :

--- Acquérir la Baraka liée à un objet béni (Tabarruk), cela est un Objectif en soi bon.

--- Cependant, déterminer la Forme de l'Action pouvant constituer le moyen institué (mashrû') pour réaliser cet Objectif, cela diffère selon l'objet béni en question.

--- Ainsi, Dieu a conféré à la terre de La Mecque une bénédiction particulière ; cependant, en retirer la bénédiction se fait par le fait d'y séjourner, et non pas par le fait de prendre un peu de cette terre, de la mélanger à de l'eau et de boire celle-ci.
--- Cela alors même que cette forme de Tabarruk est instituée par rapport aux cheveux du Prophète (sur lui soit la paix).

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

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